Tous les articles par Jean Stouff

La place des femmes dans la science-fiction

Ce thème mériterait sans doute d’être développé. Pour l’heure, je vous propose cette sélection d’articles trouver sur le site de l’excellentissime magazine Usbek & Rica.

Sur les auteurs féminins de SF

Yannick Rumpala. Ce que la science-fiction doit aux écrivaines

Benjamin Hourcade. Science-fiction : pourquoi il faut absolument lire Ursula Le Guin

Sur l’image des femmes dans la SF

Philothée Gaymard. La Servante écarlate, un manuel pour les dystopies du XXIe siècle

Annabelle Laurent . Et si les femmes avaient « Le Pouvoir » ?

 

Le Shaker (hors-série 1)

Le Shaker poursuit sa route avec un premier hors-série consacré au  romancier Martin Page. Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas ou peu cet auteur, voici  une brève présentation de trois de ses ouvrages :

Son premier roman, Comment je suis devenu stupide, publié en 2001, a fait l’objet d’une adaptation en bande-dessinée par l’auteur et le dessinateur Nikola Witko dès 2004.

Son dernier livre, Les animaux ne sont pas comestibles, est le récit du parcours de l’auteur vers le véganisme, nécessairement marqué par la question animale.

Histoire de zombies post-apocalyptique sous le pseudonyme de Pit Agarmen dont le point de départ n’est pas sans rappelé Je suis une légende de Richard Matheson, La nuit a dévoré le monde vient d’être porté à l’écran par Dominique Rocher. Vous en trouverez ci-dessous deux critiques sur Youtube.

Grand merci aux collègues du Shaker de susciter des curiosités.

Sur Angelus Silesius et le Cherubinischer Wandersmann

Die Rose ist ohne Warum, sie blühet, weil sie blühet.
Sie achtet nicht ihrer selbst, fragt nicht, ob man sie siehet.

La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit,
N’a pour elle-même aucune attention, ne demande pas si on la voit.

 

Le distique ci-dessus est sans doute le plus célèbre de ceux  extraits du Cherubinischer Wandersmann. Ce n’est pourtant pas le seul, loin s’en faut, puisque cet ouvrage mystique, paru pour la première fois en 1657 sous le titre Geistreiche Sinn- und Schlussreime, ne contient pas moins de 1676 distiques et 10 sonnets.

Il a connu bien des rééditions depuis la seconde moitié du XVIIe siècle dont certaines sont accessibles en ligne :

Archive DTA GDZ Google Halle MDZ WDB
1657 oui oui
1675 oui oui
1701 oui
1737 oui
1827 oui
1829 oui
1862 oui oui
1895 oui

Par ailleurs, le texte de l’ouvrage a été reproduit sur Zeno.org et Gutenberg-DE.

Cherubinischer Wandersmann, 1674

https://books.google.fr/books?id=AQY7AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

https://books.google.fr/books?id=emUVAwAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

https://books.google.fr/books?id=LX0RAwAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

https://www.babelio.com/livres/Silesius-Le-Voyageur-cherubinique/483753

https://www.babelio.com/auteur/Angelus-Silesius/69631/citations

https://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=ASSR_166_0115

Cherubinischer Wandersmann, 1674

Traductions intégrales

Pèlerin chérubinique — « Cherubinischer Wandersmann », [bilingue], trad. d’Henri Plard, Paris, Aubier, « Classiques étrangers », 1946.

Le Pèlerin chérubique, [bilingue], trad. d’Eugène Susini, PUF, Paris, 1964, 2 tomes [bilingue]

Le Pèlerin chérubinique, trad. de Camille Jordens, Éditions du Cerf / Éditions Albin Michel, Paris, 1994.

Le Voyageur chérubinique, trad. de Maël Renouard, Payot & Rivages, Paris, 2004.

L’illettrisme : esquisse de biblio-webographie

Parfois, je me demande si mon travail en bibliothèque universitaire est bien utile par rapport à celui des collègues des bibliothèques municipales dont le rôle dans la découverte de la lecture et la lutte contre l’illettrisme est essentiel. L’ABF y consacre le n° 90-91 de la revue Bibliothèque(s).

Y figure entre autre un entretien avec Philippe Munsch, auteur du mémoire Combattre l’illettrisme en lecture publique (Enssib, 2017). Ce dernier a écrit un article de fonds sur ce même sujet dans le dossier sur les publics empêchés paru dans le n° 11 du Bulletin des bibliothèques de France. De nombreux articles sur ce thème sont d’ailleurs parus dans cette revue depuis les années 1980, ce qui peut donner une idée de l’évolution de la réflexion sur le sujet.

Dans la bibliothèque numérique de l’Enssib vous trouverez plusieurs travaux universitaires (mémoires, rapports de stage), un rapport ministériel, l’Outil bibliothèque qui favorise l’intégration des personnes éloignées de l’écriture et de la lecture et des populations étrangères dans les bibliothèques édité par le ministère de la culture de la Communauté française de Belgique. Toujours sur le site de l’Enssib, plusieurs questions/réponses portent sur le sujet et la notice du dictionnaire est plutôt bien faite

Enfin, je vous signale cette bande dessinée sensible parue en 2014. Elle nous décrit le quotidien d’une petite fille et de son papa illettré selon 2 points de vue différents. Une petite merveille.

Cliquez sur l’image pour lire les premières pages sur le site de Glénat
Dernière page de l’histoire du point de vue de la petite fille
Dernière page de l’histoire du point de vue du papa

Quelques ouvrages du XIXe siècle sur le bouddhisme

Je rassemble ici quelque ouvrages du XIXe siècle sur le bouddhisme. C’était le temps de la (re)découverte de cette école de pensée par l’Occident, avec ce que cela peut comporter de  fascination et de malentendus  soulignés par Roger-Pol Droit (Le culte du néant : les philosophes et le Bouddha) et Frédéric Lenoir (La rencontre du bouddhisme et de l’Occident).

La présente liste fera l’objet de mises à jour plus ou moins régulières. Les titres y figurent en ordre chronologique avec des renvois vers les versions en ligne quand elles existent et vers les notices biographiques des auteurs.

1830

Jean Jacques Boechinger (1802-1831). La vie contemplative, ascétique et monastique chez les Indous et chez les peuples bouddhistes. Strasbourg : F. G. Levrault, 1831. Voir un autre exemplaire en ligne

1840

Félix Nève (1816-1893). De l’état présent des études sur le bouddhisme et de leur application. Gand: impr. P. van Hifte, 1846. Extrait de la Revue de Flandre Tome Ier p.  457-477 ; p. 527-549.

1850

Schoebel, Charles (1813-1888). Le Bouddha et le bouddhisme. Paris : Benjamin Duprat, 1857.

1860

James-Alfred Porret (1843-1924).  Le Bouddha et le Christ : fatalité ou liberté. Lausanne : Imer, 1879.

1870

Eugène Virieux. Le Bouddha, sa vie et sa doctrine : essai d’histoire des religion. Paris : Ernest Leroux, 1884. Avec une préface de James-Alfred Porret.

Edwin Arnold (1832-1904). The Light of Asia or The Great Renunciation. London : Trübner & Co, 1879.

Cet ouvrage eut un grand succès et fut traduit en plusieurs langues. La première édition en français, La Lumière de l’Asie : le grand renoncement, paraît en 1899 chez Chamuel, dans une traduction de Léon Sorg. D’autres éditions suivront, cette fois aux éditions Adyar, qui dépendent de la Société théosophique. La troisième édition, publiée en 1931, est accessible en ligne. La dernière date de 2017.

1880

Henry Steel Olcott (1832-1907).  A Buddhist catechism. Madras, 1881.

Ce catéchisme a été rédigé par le président de la Société théosophique du temps où, nouvellement converti, il s’était mis en tête de revivifier le bouddhisme Ceylan. L’ouvrage a même été approuvé par un éminent moine bouddhiste, Hikkaduwe Sumangala (1827-1911). Dès 1883 à Paris paraît chez Ghio une traduction en français, Le Bouddhisme selon le canon de l’Église du Sud, sous forme de catéchisme de Dominique, Albert Courmes (1843-1914),  théosophe et traducteur de plusieurs ouvrages de membre de la Société théosophique. Cette traduction sera plusieurs fois rééditée et certaines de ces éditions sont accessibles en ligne : celle de 1905 aux Publications théosophiques ou celle de 1830 publiée par les Editions Adyar.  Ces dernières ont réédité cet ouvrage en 2017 sous le titre Premiers principes du bouddhisme.

Lady Caithness (1830-1995). La théosophie universelle : théosophie bouddhiste. Paris : Georges Carré, 1886.

L’ouvrage de la fondatrice de la Société théosophique d’Orient et d’Occident, branche française de la Société théosophique.

1890

Charles Dollfus (1827-1913). La plainte humaine. Paris : Fischbacher, 1891.

La deuxième édition de 1893 porte le titre La plainte humaine : Jésus, Bouddha, Darwin.

Paul Carus (1852-1919). The Gospel of Buddha. Chicago : The Open Court Publishing Company, 1894.

Cet ouvrage a été écrit pour populariser cette religion en Occident à la suite des conversations de l’auteur lors du Parlement des religions en 1893 et a connu un certain succès en Occident. Une traduction en français réalisée par Léon de Milioué, L’Évangile du Bouddha. a été publiée à Paris chez Ernest Leroux en 1902. Plus récemment, une édition de cette traduction a paru à Paris en 1996 aux éditions Bibliothèque et archives des grands initiés.

1900

Hendrik Kern (1833-1917). Histoire du bouddhisme. Paris : Ernest Leroux, 1901-1903. 2 volumes : tome I ; tome 2.

Ouvrage d’un éminent professeur de l’université de Leyde.  Initialement paru en néerlandais, il a été traduit par Gédéon Huet (1860-1921). La traduction a d’abord été publiée dans la Revue de l’histoire des religions :

Tome 4 (1881) p. 149-165 : Introduction

Remarque 1

Peut-être aurez-vous remarqué que plusieurs auteurs ou éditeurs  font partie de la Société théosophique. Comme pour les Yoga Sutras de Patanjali , celle-ci a joué un certain rôle dans la diffusion de la connaissance du bouddhisme en Occident.

Remarque 2

La liste ci-dessus a notamment été réalisée en explorant les richesses de Gallica avec la clé de recherche suivante, astérisque servant de troncature :

(mot du titre = bouddha*) ou (mot du titre = bouddhique*) ou (mot du titre = bouddhisme*) ou (mot du titre = bouddhiste*) ou (mot du sujet = bouddha*) ou (mot du sujet = bouddhique*) ou (mot du sujet = bouddhisme*) ou (mot du sujet = bouddhiste*)

Cela donne au moment où j’ai cherché 374 résultats, mais de nouvelles mises en ligne sont toujours possible. Parmi eux, 106 livres imprimés que j’ai triés par date croissante pour obtenir une liste de travail que vous pouvez  consulter si vous le souhaitez.

Mais bien évidemment, il faut compléter cette recherche par d’autres dans Archive.org, Google livres…

L’Alsace en 1903 et en 1910

J’ai trouvé dernièrement dans Gallica un ouvrage d’André Hallays paru en 1911, En flânant à travers l’Alsace. L’auteur y évoque plusieurs voyages successifs et y confie ses réflexions sur l’état de cette province perdue, notamment dans deux chapitres intitulés « L’Alsace en 1903 » et « L’Alsace en 1910 » que je vous invite à découvrir. Ils constituent tout autant un témoignage sur l’Alsace de l’époque que sur ce que pouvait en penser un visiteur français cultivé plutôt bien informé.

Lettres à Émilie sur la mythologie et quelques autres ouvrages sur le même sujet

Quand j’étais enfant, je m’étais familiarisé avec la mythologie grecque dans un livre de Mario Meunier intitulé La Légende dorée des Dieux et des Héros. Plus tard, je découvrais l’ouvrage plus ardu de Robert Graves sur Les mythes grecques.

Aurais-je vécu à la fin du XVIIIe ou dans la première moitié du XIXe siècle, ç’aurait sans doute été grâce aux Lettres à Émilie sur la mythologie que j’aurais abordé ce domaine. L’édition en trois volumes pubilée à Londres conservée dans une annexe de la bibliothèque familiale date de 1797, mais cet ouvrage en plusieurs volumes de Charles-Albert Demoustier a connu de nombreuses éditions de 1786 à 1883.  Selon certains, la première édition un peu soignée est de 1801 et celle publiée par Antoine-Auguste Renouard en 1809 est, paraît-il, particulièrement élégante. Pour plus d’informations, je vous renvoie  à l’étude sur les éditions illustrées de cet ouvrage publiée en 1894 par Armand Després. D’autre part, si vous souhaitez lire cet ouvrage, plusieurs éditions sont en ligne de manière plus ou moins complète, notamment celles de 1835, de 1860, de 1870 et de 1883.  

Dans la première moitié du XIXe siècle, d’autres ouvrages sur ce thème sont utilisés. Ils apparaissent dans les catalogues de libraires et de bibliothèques. En voici quelques uns :

Pierre Blanchard. Mythologie élémentaire à l’usage des écoles et pensions. Paris, Le Prieur, 1805.

Pierre Chompré. Dictionnaire abrégé de la fable pour l’intelligence des poetes, des tableaux et des statues dont les sujets sont tirés de l’histoire poétique. Paris, Desaint et Saillant, 1786; 1 vol. in-12°.

François Noël. Dictionnaire de la fable ou mythologie grecque, latine, égyptienne, celtique, persanne, syriaque, indienne, chinoise, mahometane, rabbinique, slavone, Scandinave, africaine, américaine, iconologique, cabalistique, etc. Paris, Lenormant, 1810; 2 vol. in-8°.

L’abbé de Claustre. Dictionnaire de mythologie pour l’intelligence des poetes, de l’histoire fabuleuse, des monuments historiques, des bas reliefs, des tableaux. Paris, Briasson, 1745; 3 vol. in-12°.

L’abbé deTressan. La mythologie comparée avec l’histoire. Lyon, Rusand, 1830; 2 vol. in-12°.

Le temple des Muses orné de LX tableaux où sont représentés les évènements les plus remarquables de l’antiquité fabuleuse dessinés et gravés par B. Pi car t le Romain et autres habiles maitres et accompagnés d’explications et de remarques qui découvrent le vrai sens des fables et le fondement qu’elles ont dans l’histoire. Amsterdam, Chatelain, 1742; 1 vol. in-f°

Lectures d’enfances, une série d’été France Culture

Quelles sont vos premières lectures, vos lectures d’enfance ? C’est la question posée par la réalisatrice Marguerite Gateau à trente comédiens en 1988. Cette collection toute simple a un double mérite :
Elle s’entend comme une série de rencontres avec des comédiens et comédiennes que nous aimons ou avons aimés, dont les voix nous ravissent. Et elle nous replonge dans nos propres souvenirs de lectures.
S’il existe une mémoire collective, c’est peut-être celle de l’enfance, constituée de toute une littérature transmise de génération en génération. Et l’on s’étonnera d’entendre parler d’une époque où l’on se cachait pour lire, le soir, sous les couvertures. La lampe électrique est l’héroïne de cette collection qui s’entend aussi comme la trace d’une pratique et d’une époque, celle où l’on cherchait tout dans les livres. Cette collection s’adresse aux adultes nostalgiques et aux enfants en quête de belles histoires.
La collection sera suivie en fin d’été par une série de lectures de contes d’Oscar Wilde et de contes du monde entier.

Ecouter les émissions

La polémique autour de L’homme révolté d’Albert Camus

La parution de L’homme révolté d’Albert Camus suscita une de ces polémiques, dont les intellectuels français sont si friants, avec comme principaux protagonistes, outre l’auteur :

les surréalistes autour d’André Breton qui mènent une vigoureuse critique dans plusieurs fascicules de la revue Arts  à partir d’octobre 1951 et un numéro spécial de La rue intitulé Révolte sur mesure,

les existentialistes Francis Jeanson et Jean-Paul Sartre qui écrivent des articles peu amènes  dans les numéros de mai et d’août 1952 des Temps modernes,

Georges Bataille qui prend la défense de Camus contre les surréalistes dans « Le temps de la révolte » paru dans les n° 55 et 56 de la revue Critique en décembre 1951 et janvier 1952, puis en décembre 1952, avec un nouvel article, « L’affaire de L’homme révolté », cette fois contre Sartre, dans le n° 67 de la même revue (ces deux articles sont

Vous trouverez d’autres documents sur l’affaire Camus sur le site dédié à André Breton.

Voir aussi l’article suivant : Marina Galletti. « Notes sur Bataille, Camus et le surréalisme« . Les Temps Modernes, 2005/1, n° 629, p. 35-42.