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Les thermes byzantins de Taposiris Magna : campagne 2015

Par Joachim Le Bomin (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Dans le cadre de l’étude de la ville romaine et byzantine de Taposiris Magna (Maréotide/Égypte), une quatrième campagne de fouille, dans la poursuite des opérations engagées par M. El-Amouri (Ipso-Facto) et Th. Fournet (IFPO Amman), a été effectuée dans les thermes byzantins de la ville moyenne[1]. Ces travaux s’intègrent dans le programme d’étude des bains byzantins de Maréotide engagé sous la direction de Th. Fournet et B. Redon (HiSoMA) et soutenu par les programmes Balnéorient et « Bains antiques et médiévaux » de l’IFAO.

Plan d'ensemble de la vile de Taposiris Magna, localisation des thermes byzantins (Plan Th. Fournet / MAFT 2015)

Plan d’ensemble de la vile de Taposiris Magna, localisation des thermes byzantins (Plan Th. Fournet / MAFT 2015)

Situés à 20 mètres à l’ouest de la grande voie dallée descendant du sanctuaire d’Osiris (converti en camp militaire), au port lacustre, ils s’organisent sur 40 x 18 m au maximum, selon un axe nord-est/sud-ouest dont seule la partie orientale d’accueil et d’usage est actuellement dégagée (à l’ouest, un épais remblai recouvre les salles de service et une partie des salles chaudes). Des fouilles anciennes ont été identifiées mais aucune archive n’a été, pour le moment, retrouvée.

En 2015, l’attention s’est portée sur la partie nord-ouest des thermes, soit sur les niveaux de service supérieurs. Une citerne de 8m 3, ayant connu plusieurs réaménagements, a été dégagée. D’épais niveaux de cendres, vestiges probables du fonctionnement des fours, ont également été trouvés. D’autre part, un sondage stratigraphique accolé contre le bâtiment, à l’extérieur, a permis de définir la chronologie du bâtiment entre la fin du ve s. et le début du viie s. apr. J.-C. Le terminus ante quem de l’abandon du bâtiment est donné par le mobilier céramique, homogène, présent dès les niveaux de destruction et de dépotoir. Le matériel comprend majoritairement des amphores d’importations méditerranéennes du Levant, de Chypre et de Cilicie et une grande quantité de pots à saqia.

Plan d'ensemble simplifié des bains byzantins de Taposiris Magna en fin de campagne 2015 (MAFT)

Plan d’ensemble simplifié des bains byzantins de Taposiris Magna en fin de campagne 2015 (M. El-Amouri / Th. Fournet / M. Vanpeene – MAFT 2015)

Parallèlement aux travaux de terrain, l’étude architecturale vise à définir le plan du complexe thermal et ses aménagements au cours de ses 100 à 150 années de fonctionnement. Il semble qu’au moins lors de la dernière phase, il s’agisse de thermes doubles à deux parcours rétrogrades (système fréquent dans les thermes romains tardifs et byzantins de Maréotide) séparant peut-être les hommes des femmes de l’exercice hygiénique et social que constitue la pratique des thermes.

Vue des thermes depuis le sommet du dépotoir à l’ouest, avec une partie des salles d’usages du complexe et la cour à galeries (MAFT 2015).

Vue des thermes depuis le sommet du dépotoir à l’ouest, avec une partie des salles d’usages du complexe et la cour à galeries (J. Le Bomin – MAFT 2015).

Les prochaines campagnes s’attacheront à dégager le reste des pièces d’usage du complexe ainsi que ses espaces de service, à étudier les aménagements hydrauliques associés (la présence d’une multitude de pots à saqia laisse supposer l’existence d’une telle machinerie à proximité). Il s’agira également d’insérer l’édifice dans le tissu urbain d’un point de vue architectural, spatial, économique et social.

Fragment de peinture murale trouvé dans les bains byzantins de Taposiris Magna (M. El-Amouri, MAFT 2009)

Fragment de peinture murale trouvé dans les bains byzantins de Taposiris Magna (M. El-Amouri, MAFT 2009)

[1] Mission Archéologique Française de Taposiris Magna, sous la direction de M.-Fr. Boussac (Paris Ouest-Nanterre), financée par le MAE et soutenue par l’IFAO. L’opération a été réalisée par J. Le Bomin (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et M. Vanpeene (architecte), avec l’aide de R. Saleh (Lyon 2 Lumière). Voir l’annonce de la première campagne sur le carnet Balnéorient.

Dossier thématique “Le hammam en Méditerranée”

INSANIYAT – Revue algérienne d’anthropologie et de sciences sociales

Crasc-Oran n° 63-64, janvier-juin 2014 (vol. XVIII, 1-2)

SOMMAIRE-HAMMAM

Insaniyat est une revue algérienne d’anthropologie et de sciences sociales valorisant l’activité de recherche sur le terrain. Largement ouverte aux différentes disciplines ayant pour objet l’homme et la société, elle s’inscrit dans le vaste projet anthropologique. Insaniyat rend compte des travaux menés sur tout le territoire national algérien par les chercheurs travaillant dans le cadre de projets initiés par les institutions de recherche. Elle tâche aussi de se constituer en un carrefour accueillant pour d’autres scientifiques en Algérie ou à l’étranger.

Sommaire du dossier thématique

  • PrésentationKhadidja ADEL, Nouria BENGHABRIT-REMAOUN (français / arabe)
  • Le modèle socioculturel du hammam et de son environnement, Heidi DUMREICHER, Bettina KOLB
  • Les hammams : espaces controversés, Bettina PROKOP
  • La rencontre entre la science et le public : l’interaction des résidents locaux et des décideurs autour du hammam, Ilse MARSCHALEK
  • Hammam : pratiques et rituels aujourd’hui, KhadidjaADEL, Nouria BENGHABRIT-REMAOUN
  • Un bain à coupole dans une demeure algéroise de l’époque ottomane, Nadjiba DRIOUECHE -DJAALALI
  • Les Hammams historiques entre la sauvegarde et la réhabilitation, Alaa EL HABACHI (en arabe)
  • La demande sociale du “hammam” en Egypte contemporaine, Dina KAMEL ELDIN SHEHAYEB (en arabe)
  • Les hammams traditionnels dans le tissu urbain des villes musulmanes de Méditerranée : étude comparative, Roula ABOU KHATER (en arabe)
  • Les enjeux sociaux du corps. Le hammam maghrébin (XIXe-XXe siècles), lieu pérenne, menacé ou recréé, Omar CARLIER (en arabe)
  • Le hammam populaire à Tlemcen, El Hadi BOUOUCHMA (en arabe)

 

Contact :

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), Bir El Djir 31000 Oran

Tél. : (213) 41.72.07.05 / insaniyat@crasc.dz / revues@crasc.dz / crasc@crasc.dz

Étude archéologique du site de Khirbat al-Dusaq (Jordanie)

Le site de Khirbat al-Dūsaq s’élève dans le sud de la Jordanie, à 6km à l’est de la forteresse de Shawbak. Longtemps, sa nature comme sa datation, sont restées inconnues. Le site n’ayant jamais fait l’objet de fouilles, les auteurs en fournissaient des interprétations différentes. S’agissait-il d’un caravansérail, d’une station de pèlerinage, d’un palais, d’un fort ? Datait-il de l’époque croisée, ayyoubide, mamelouke ou ottomane ?

Vue d’ensemble du site (2013, ©Mission K. al-Dusaq/Vigouroux)

Vue d’ensemble du site (2013, ©Mission K. al-Dusaq/Vigouroux)

En 2008, l’Institut français du Proche-Orient s’est engagé dans l’étude de ce site constitué de nos jours de trois bâtiments visibles. Une première mission de relevés architecturaux fut menée par des membres de l’Ifpo [Chrystelle March, Norig Neveu, Jean-Paul Pascual]. Cette opération constituait le préalable à une première campagne de fouille conduite au printemps 2009, dans le cadre du programme Anr Balnéorient, par une équipe de l’Ifpo [Jean-Paul Pascual (Cnrs/Ifpo), René Elter (Université de Lorraine), Chrystelle March (Ifpo) et Élodie Vigouroux (Ifpo)]. Ces missions confirmèrent la présence d’un iwān doté d’un bassin mais elles révélèrent également l’existence d’un bain dont la salle chaude, richement décorée, avait été fouillée1. L’existence d’un iwān (bâtiment A) et d’un hammam (bâtiment C) ont conduit à éliminer l’hypothèse de l’ensemble croisé et celle du caravansérail. Il s’agirait donc d’un complexe de plaisance, vraisemblablement médiéval, en lien avec la forteresse de Shawbak, toute proche.

Plan général du site (©Mission Kh. Al-Dusaq/relevés et dessin Ch. March 2008-2009 & R. Elter 2014)

Plan général du site (©Mission Kh. Al-Dusaq/relevés et dessin Ch. March 2008-2009 & R. Elter 2014)

En 2014, une mission de diagnostic (Ifpo/Cnrs) sur ce site menacé a pu être menée afin d’évaluer les possibilités et les priorités d’une nouvelle étude. Les remblais issus de fouilles clandestines ont été évacués et une nouvelle pièce du bain a été dégagée. Au printemps 2015, une opération (Ifpo/Cnrs) dirigée par Élodie Vigouroux et René Elter a permis de poursuivre la fouille du hammam. L’étude du matériel céramique alors mis au jour a été confiée à Julie Monchamp (Ifao) et permettra d’affiner la datation du site. Le projet va se poursuivre dans les années à venir, il doit s’intéresser aux deux bâtiments résidentiels, au système d’approvisionnement en eau du site ainsi qu’à l’analyse de son environnement naturel. Une nouvelle mission est prévue pour le printemps 2016, elle a d’ores et déjà obtenu le soutien financier de l’Ifpo et de la Fondation Max Van Berchem2

Auteur : Élodie Vigouroux – Ifpo

1 Les résultats de ces deux missions seront publiés en 2015 dans le volume 92 de la revue Syria.

2 La Fondation Max Van Berchem constituée en 1973 en hommage à Max van Berchem (1863-1921), le fondateur de l’épigraphie arabe en tant que discipline. Établie à Genève, la Fondation a pour vocation de promouvoir l’étude de l’archéologie, de l’histoire, de la géographie, de l’histoire de l’art, de l’épigraphie, de la religion, de la littérature islamiques et arabes.

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Cultes et cultures de l’eau en Méditerranée au 1er millénaire avant notre ère

HYDRΩMED

La première table ronde HYDRΩMED  se tiendra à Athènes les mercredi 15 et jeudi 16 juillet 2015.

Voir en ligne le programme, la liste des participants et les informations pratiques de cette rencontre, sur le carnet de recherche hypothèse dédié.

HYDRΩMED, “gestion des ressources en eau en Méditerranée pendant le 1er millénaire avant notre ère” (Fondation universitaire A*MIDEX), est un projet coordonné par le Centre Camille Jullian (CCJ) de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH, Aix-en-Provence), par Sophie Bouffier, professeur d’histoire grecque et directrice de la MMSH / département d’Aix-Marseille Université.

 

Exposition “Regards posés. Hammams de la médina de Tunis”

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Depuis 2013, l’association L’Mdina Wel Rabtine – Actions citoyennes en Médina a initié un projet de revalorisation des hammams historiques de la médina de Tunis. Un fonds photographique inédit, constitué dans le cadre du projet Regards posés, a mobilisé 19 photographes tunisiens et étrangers. Il est actuellement en cours de traitement en vue de l’édition d’un ouvrage rassemblant l’ensemble des résultats de recherche et des propositions concrètes de sauvetage des hammams en péril. Une sélection de 114 tirages avait été présentée au Musée de la Ville de Tunis – Palais Kheireddine de juillet à octobre 2014.

Pour cette nouvelle exposition en partenariat avec l’Institut Français de Tunisie, Regards Posés s’enrichit de courts métrages produits par les étudiants de l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis. Pendant 4 mois, 65 étudiants se sont attelés à réaliser des relevés détaillés de 16 hammams, des images de synthèse restituant leurs volumétries et architectures, mais aussi des fictions mises en scène dans les hammams et des entretiens avec les usagers, le personnel… Leurs travaux illustrent l’ancrage profond des hammams dans le tissu social de la médina et reflètent, en filigrane, les défis et la passion de la dernière génération de propriétaires. Sur 50 hammams historiques inventoriés depuis le XIXème siècle et cartographiés par l’association, seuls 26 demeurent encore en activité aujourd’hui et sont menacés de disparition si aucune requalification stratégique n’est initiée, privant ainsi le cœur historique de la capitale d’un patrimoine fascinant.

Fondée en janvier 2012, l’association L’Mdina Wel Rabtine réunit habitants, commerçants et amis de la Médina de Tunis autour d’une vision partagée de gouvernance démocratique et participative du patrimoine. Elle se mobilise pour renforcer la participation des citoyens dans la définition des priorités, des enjeux et des moyens de sauvegarde en Médina, domaine jusque-là longtemps réservé aux seuls spécialistes et aux professionnels. Les projets de l’association se veulent multidisciplinaires et tentent d’expérimenter des approches créatives de valorisation durable du patrimoine.

L’association remercie les photographes ainsi que les étudiants de l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme et leur encadreur, Monsieur Ali BOUZOUITA, pour leur disponibilité et leur implication dans le projet.

Exposition menée en partenariat avec la Maison de l’Image, avec le soutien précieux de l’Institut Français de Tunisie et l’Ambassade de Suisse en Tunisie et en coopération avec l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme.

Commissaire de l’exposition : Olfa FEKI

Photographie de l’affiche : Yassine HAKIMI

En savoir plus :

Balnéorient aux Rendez-vous de l’Histoire du monde arabe

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À l’invitation des organisateurs des premiers « Rendez-vous de l’Histoire du monde arabe » l’ouvrage Balnéorient 25 siècles de bain collectif en Orient a été présenté le 6 juin à Paris.

La conférence de M.-Fr. Boussac, S. Denoix, Th. Fournet et B. Redon est désormais visible en ligne, ainsi que l’ensemble des communications de cet événement organisé par l’Institut du Monde Arabe.

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