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Palmarès du prix de thèse 2018

Le jury du prix de thèse 2018 sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans de l’Institut d’étude de l’islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) et du Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Moyen-Orient et mondes musulmans s’est réuni le 9 avril 2018. Il a désigné les lauréats sur la base de rapports établis sur chaque candidature par les experts qu’il avait mandatés.

8 prix ont été décernés sur un total de 87 candidatures.

Le prix Mohammed Arkoun de la thèse d’islamologie, soutenu par le Bureau Central des Cultes (Direction des Libertés publiques et des Affaires juridiques) du ministère de l’Intérieur, a été attribué à Monsieur Youssouf Sangaré, « La notion de khatm al-nubuwwa (scellement de la prophétie) en Islam. Genèse et évolution d’une doctrine », thèse d’études arabes, sous la direction d’Eric Geoffroy, soutenue à l’Université de Strasbourg le 13 décembre 2016.

Le prix de la thèse francophone soutenu par la Direction régionale de l’AUF au Moyen-Orient, a été attribué à Madame Samah Mohamed, « État, pouvoir et territoire : le développement de l’État qasimite au Yémen (1006/1597-1127/1715) », thèse d’histoire du monde arabe et musulman, sous la direction de Michel Tuchscherer, soutenue à Aix-Marseille Université le 21 novembre 2016.

Les prix du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans ont été attribués à :

  • Le premier prix à Madame Charlotte Courreye, « L’association des Oulémas Musulmans Algériens et la construction de l’Etat algérien indépendant : fondation, héritages, appropriations et antagonismes (1931-1991) », thèse en littératures et sociétés, sous la direction de Catherine Mayeur-Jaouen soutenue à l’INALCO le 28 novembre 2016.
  • Le deuxième prix à Madame Ariane Zevaco, « Les enjeux de la « tradition ». Identités, pouvoirs et réseaux dans les pratiques musiciennes au Tadjikistan », thèse en anthropologie sociale et ethnologie, sous la direction de Gilles Tarabout soutenue à l’EHESS le 5 décembre 2016.
  • Le troisième prix à Madame Chloé Capel, « Sijilmassa et la Tafilalt (VIIIe-XIVe siècles) : éclairages sur l’histoire environnementale, économique et urbaine d’une ville médiévale des marges sahariennes », thèse en archéologie, ethnologie, préhistoire, sous la direction de Jean Polet soutenue à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne le 8 juin 2016.

Les prix de L’Institut d’étude de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) ont été attribués à :

  • Le premier prix à Monsieur Hayri Gökşin Özkoray, « L’esclavage dans l’Empire ottoman (XVIe-XVIIe siècle). Fondements juridiques, réalités socio-économiques, représentation », thèse d’histoire moderne et contemporaine, sous la direction de Nicolas Vatin, soutenue à l’EPHE le 11 décembre 2017.
  • Le deuxième prix à Monsieur Julien Levesque, « Être sindhi au Pakistan : nationalisme, discours identitaire et mobilisation politique (1930-2016) »,thèse en études politiques, sous la direction de Jean-Luc Racine, soutenue à l’EHESS le 28 novembre 2016.
  • Le troisième prix à Madame Najla Nakhle-Cerruti, « La Palestine sur scène, Une approche géocritique du théâtre palestinien (2006-2016) »,thèse en langues, littérature et civilisation, sous la direction de Luc Deheuvels, soutenue à l’INALCO le 30 novembre 2017.

Les mentions spéciales du jury ont été attribuées à :

  • Madame Viola Allegranzi, « Les inscriptions persanes de Ghazni, Afghanistan. Nouvelles sources pour une contribution à l’histoire culturelle et à la tradition épigraphique ghaznavides (Ve-VIe/XIe-XIIe) », thèse de Langues, sociétés et civilisations orientales, sous la direction de Maria Szuppe et Roberta Giunta, soutenue à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, le 27 octobre 2017.
  • Madame Gabrielle Angey, « Le mouvement Gülen entre la Turquie et l’Afrique subsaharienne : Expériences croisées d’une institution transnationale », thèse d’études politiques, sous la direction de Nathalie Clayer, soutenue à l’EHESS le 20 septembre 2017.
  • Madame Farah Cherif-Zahar, « Le Traité d’Aristote sur l’éternité du mouvement. Traduction et commentaire de Physique VIII. », thèse de philosophie, sous la direction de Marwan Rashed, soutenue à l’Université Paris Sorbonne, le 10 décembre 2016.
  • Monsieur Hadrien Collet, « Le sultanat du Mali (XIVe-XVe siècle). Historiographies d’un État soudanien, de l’Islam médiéval à aujourd’hui », thèse d’histoire, sous la direction de Bertrand Hirsch, soutenue à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, le 16 décembre 2017.
  • Monsieur Wissam Halabi-Halawi, « Le druzisme au IXe/XVe siècle. Entre Hagiographie Sayyidienne et réalités sociales », thèse d’histoire, sous la direction de Daniel De Smet et Françoise Micheau, soutenue à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, le 3 décembre 2016.
  • Madame Alexandra Bill, « La construction d’un objet historique : définition, conceptions et pratiques des instruments de musique en al-Andalus (IIIe/IXe-VIe/XIIe siècle) », thèse d’histoire, sous la direction de Christophe Picard et Anne-Marie Éddé, soutenue à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le 25 novembre 2017.

Le jury, présidé par Élise Massicard, directrice de recherche CNRS, directrice adjointe du GIS Moyen-Orient et Mondes Musulmans, était constitué de volontaires du comité de pilotage de l’IISMM et du Conseil Scientifique du GIS Moyen-Orient et Mondes Musulmans :

    • Mohamed Hocine Benkheira, directeur d’études (EPHE), membre du GSRL
    • Pascal Buresi, directeur de recherche (CNRS), directeur d’études (EHESS), directeur de l’IISMM
    • Anne-Laure Dupont, maître de conférences (Université Paris-Sorbonne)
    • Frédéric Hitzel, chargé de recherches (CNRS), directeur adjoint du CETOBaC
    • Choukri Hmed, maître de conférences (Université Paris Dauphine)
    • Juliette Honvault, chargée de recherches (CNRS), membre de l’IREMAM
    • Marie Ladier-Fouladi, directrice de recherche (CNRS), membre du IIAC
    • Corinne Lefèvre, chargée de recherche (CNRS), co-directrice du CEIAS
    • Catherine Mayeur-Jaouen, professeur des Universités (Université Paris-Sorbonne)
    • Sabrina Mervin, chargée de recherche (CNRS), membre du CéSor
    • Jean Schmitz, directeur de recherche (IRD), membre de l’IMAF
    • Hélène Thiollet, chargée de recherche (CNRS), membre du CERI
    • Julien Thorez, chargé de recherche (CNRS), membre de Mondes iraniens et indiens
    • Éric Vallet, maître de conférences (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), directeur du GIS MOMM
    • Elise Voguet, chargée de recherche (CNRS), directrice adjointe de l’IISMM

Congrès du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans 2019 : Appel à contributions

Congrès des études sur le
Moyen-Orient et mondes musulmans
3 – 5 Juillet 2019
Appel à contributions

 

Après le succès des deux précédentes éditions (http://majlis-remomm.fr/le-congres-du-gis), le Groupement d’Intérêt Scientifique « Moyen-Orient et mondes musulmans » tiendra son troisième Congrès des études sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans les mercredi 3, jeudi 4 et vendredi 5 juillet 2019, dans les locaux de l’Université Panthéon-Sorbonne et en partenariat avec l’IISMM (Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman) et la SEMOMM (Société des Études sur le Moyen-Orient et Mondes Musulmans).

Les chercheurs (à partir du niveau doctorat) sont invités à envoyer des propositions d’atelier thématique au plus tard le 1er juin 2018 :

  • sous la forme d’un résumé en français ou anglais de 1 500 signes maximum (espaces compris),
  • en indiquant clairement le nom du ou des responsables de l’atelier et les intervenants pressentis (jusqu’à cinq),
  • en précisant l’adresse mail, l’institution et/ou le laboratoire d’appartenance pour chacun des participants,
  • en nommant le document selon le modèle : congres2019_NOMRESPONSABLE.doc

Les thèmes proposés peuvent relever d’un ou plusieurs domaines des sciences humaines et sociales (anthropologie, archéologie et histoire de l’art, droit, économie, géographie, histoire, islamologie et sciences religieuses, linguistique, littérature, philosophie, sociologie, science politique), dans une perspective globale ou régionale (Maghreb, Proche-Orient, Turquie, Iran, Asie Centrale, Islams en Asie, Afrique, Europe et Amérique), historique et/ou centrée sur le contemporain.

Comme les années précédentes, le congrès est une invitation à dépasser les cloisonnements disciplinaires et institutionnels, en rassemblant des chercheurs d’horizon divers, travaillant en France et partout dans le monde.

Les propositions collectives émanant de jeunes chercheurs, doctorants et post-doctorants sont encouragées. Contrairement aux années précédentes, les propositions de communication individuelle ne seront en revanche pas éligibles.

Les propositions seront examinées par le comité scientifique du GIS qui donnera sa réponse aux participants avant la mi-juillet 2018.

Une fois la proposition d’atelier acceptée, la liste des participants pourra être complétée ou amendée jusqu’au 15 décembre 2018. Le programme définitif de l’atelier devra être remis à cette date.

Pour toutes les propositions, l’envoi est à faire à l’adresse suivante : gis.congres@gmail.com

Frais d’inscriptions (à régler au premier trimestre 2019) :

  • 30 euros pour tous les participants (participants à un atelier et public)
  • Exonération pour les adhérents de la SEMOMM (Société des Études sur le Moyen-Orient et les Mondes Musulmans)
  • 10 euros pour les doctorants participants à un atelier
  • Exonération pour les autres étudiants (Licence et Master) mais avec inscription obligatoire

Les partenaires

SEMOMM
Société des Études sur le Moyen-Orient et
les Mondes Musulmans

APPEL À COMMUNICATIONS : Second Forum du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans « (D’)ÉCRIRE LES MONDES ARABES ET MUSULMANS »

APPEL À COMMUNICATIONS

Pour le colloque et les tables rondes du second Forum du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans

1-4 octobre 2018

« (D’)ÉCRIRE LES MONDES ARABES ET MUSULMANS »

Lieu : Ecole Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPE) – Aix Marseille Université

2 Avenue Jules Isaac
13626 Aix en Provence

Tous les deux ans, le Groupement d’Intérêt Scientifique Moyen-Orient et Mondes musulmans (http://majlis-remomm.fr/) organise un forum destiné à engager un dialogue entre les chercheurs travaillant sur cette aire culturelle et les acteurs de la société civile (enseignants du secondaire, journalistes, associations, grand public, etc.).

Écriture, production et circulation de la connaissance

A l’automne 2018, ce forum portera sur les pratiques d’écriture à travers lesquelles chercheurs, enseignants, mais aussi d’autres acteurs de la société (artistes, blogueurs, journalistes, éditeurs, réalisateurs) pensent, représentent et discutent des mondes arabes et musulmans. L’écriture ici est envisagée dans une acception élargie pour englober les textes, les arts plastiques, les films, les documentaires, le théâtre, les dispositifs numériques, etc.

Interroger les pratiques d’écritures présente un double intérêt : d’une part, celui de mieux comprendre les processus d’élaboration du savoir et, d’autre part, celui de mieux cerner ses modalités de circulation.

Les recherches sur les textes académiques ont montré combien ceux-ci sont consubstantiels à la production de la connaissance scientifique[1], et combien l’écriture est au cœur du processus de construction de nos objets de savoir[2]. Sur le terrain ou lors de recherches dans les archives, c’est à travers elle que sont consignées les données récoltées ainsi que les premières réflexions. Les processus de classement et d’indexation participent à des mises en forme et « font sens »[3], faisant de nos pratiques d’écriture des dispositifs à la fois d’objectivation et de subjectivation[4].

Loin d’être neutres, les textes académiques sont profondément normés, standardisés. Depuis le 17ème siècle, l’écriture scientifique s’est progressivement constituée en opposition à la littérature en excluant un certain nombre de mécanismes expressifs de son répertoire légitime (la rhétorique, la fiction et la subjectivité)[5]. Forte de ces conventions et de celles que leur ont imposées progressivement les différentes disciplines, les formes d’écritures académiques ont fonctionné comme de puissants facteurs de reproduction sociale et ont régulé les conditions de production et de circulation du savoir. En définissant les façons légitimes de rendre compte du réel, les conventions d’écriture qui régissent la production des textes scientifiques fonctionnent comme autant de répertoires de distinction et de hiérarchisation. Ils jouent un rôle fondamental dans la reproduction des frontières entre les disciplines, mais aussi entre le monde académique et le reste de la société.[6]

Écriture et production de savoirs scolaires

Les mondes arabes et musulmans constituent également un objet de l’histoire scolaire que les évènements récents ont parfois conduit à appréhender au seul prisme du problème et de l’urgence, gommant l’appréhension d’enjeux culturels et artistiques indispensables à la compréhension plus fine du monde contemporain. La valorisation de telles approches passe par l’usage de nouveaux supports de transmission qui convoquent les outils numériques autant que la production artistique pour une mise en récit renouvelée.

Enseignants et étudiants sont donc invités à s’approprier les différents moments de cette rencontre en proposant retours d’expériences et projets innovants. La présence d’acteurs issus de divers milieux (scientifiques, artistes, journalistes, …) permettra par ailleurs aux publics scolaires de découvrir une palette de mondes professionnels intéressés à une thématique commune.

Un format inédit

Afin d’engager une réflexion critique autour des pratiques d’écritures sur les mondes arabes et musulmans, ce forum adoptera un format inédit en mettant en tension sept dispositifs de communication et d’échanges avec le public : un colloque international, des tables rondes, une exposition d’œuvres arts-sciences, des projections de films, des représentations de spectacles vivants, un parcours éducatif et des workshops avec des artistes-enseignants.

L’objectif de cet évènement n’est donc pas de valoriser une forme d’écriture aux dépends d’une autre, ni de revendiquer une nouvelle doxa, mais plutôt d’articuler et de confronter différentes modalités de production de la connaissance et de la création qui se rencontrent encore trop rarement. Ce faisant, le forum du Groupement d’intérêt scientifique Moyen-Orient et Mondes Musulmans ouvrira un espace d’expérimentation au sein duquel l’ensemble des participants pourront aborder et mettre à l’épreuve librement des formes d’échange et de circulation de la connaissance qui ne sont pas toujours reconnues comme légitimes dans leurs champs respectifs. Ce format permettra donc de réfléchir et d’expérimenter d’autres formes d’engagement du chercheur dans la société. Reposant sur divers supports, il offrira également différents niveaux de lecture accessibles à tous types de publics.

Intervenants

Cet appel à communication s’adresse aux étudiants, enseignants et aux chercheurs de toutes disciplines, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs impliqués dans la production d’écritures sur les mondes arabes et musulmans : artistes, éditeurs, blogueurs, journalistes, réalisateurs, documentaristes, etc.

Thèmes des communications présentées pour le colloque et tables rondes

Les communications pourront porter sur l’un des six thèmes suivants :

  • Les écritures contemporaines : enjeux épistémologiques, méthodologiques et politiques,
  • Les défis des écritures contemporaines à l’aune d’expériences passées,
  • Traduction, édition, diffusion, valorisation : les passeurs de savoir,
  • Supports et formats de l’enseignement,
  • Écritures et expérimentations art-science,
  • Recherche et écritures dans le monde numérique.

Envoi des projets de communication

Les projets de communication seront envoyés au comité de sélection à l’adresse forumgismom@sciencesconf.org avant le lundi 2 avril 2018, sous la forme d’un résumé de 300 à 400 mots. Les projets artistiques ou documentaires pourront être appuyés par des visuels (formats PDF) ou des liens vers des vidéos.

Sélection

La sélection des communications sera faite par le comité scientifique et artistique du Forum. Les résultats seront communiqués aux candidats le 2 mai 2018.

Membres du comité scientifique et artistique :

Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU ; IMéRA, AMU)
Katia Boissevain (IDEMEC, CNRS/AMU)
Jean Cristofol (Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence)
Sylvie Denoix (Orient Méditerranée)
Karima Direche (TELEMME, AMU, CNRS)
François Dumasy (IEP, Aix-en-Provence)
Aurélia Dusserre (IREMAM, AMU, CNRS)
Benoit Fliche (IDEMEC, CNRS/AMU)
Anna Guilló (LESA, AMU)
Juliette Honvault (IREMAM, CNRS/AMU)
Julien Loiseau (IREMAM, AMU/CNRS)
Elise Massicard (CERI, CNRS/Sciences Po, GIS MOMM)
Christine Mussard (IREMAM, CNRS/AMU)
Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)
Audes Signoles (IEP, Aix-en-Provence)

Comité d’organisation

Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU ; IMéRA, AMU)

Katia Boissevain (IDEMEC, CNRS/AMU)

Jean Cristofol (Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence)

Sylvie Denoix (Orient Méditerranée)

Karima Direche (TELEMME, AMU, CNRS)

François Dumasy (IEP, Aix-en-Provence)

Aurélia Dusserre (IREMAM, AMU, CNRS)

Aurélie Fillod Chabaud (IREMAM, CNE, AMU, CNRS)

Benoit Fliche (IDEMEC, CNRS/AMU)

Anna Guilló (LESA, AMU)

Juliette Honvault (IREMAM, CNRS/AMU)

Julie Karsenty (Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence)

Carole Le Cloierec (IDEMEC, CNRS/AMU)

Frédéric Leval (DAAC, Académie d’Aix Marseille)

Julien Loiseau (IREMAM, AMU/CNRS)

Élise Massicard (CERI, CNRS/Sciences Po, GIS MOMM)

Christine Mussard (IREMAM, CNRS/AMU)

Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)

Boris Petric (CNE, EHESS/CNRS/AMU)

Audes Signoles (IEP, Aix-en-Provence)

Partenaires

Institut de recherche et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM, CNRS, AMU)

Institut d’ethnologie européenne méditerranéenne et comparative (IDEMEC, CNRS, AMU)

Centre Norbert Elias (EHESS, CNRS, AMU)

Ecole supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE, AMU)

Groupement d’Intérêt Scientifique Moyen Orient Monde Musulman (CNRS)

CHERPA (Institut d’études politiques d’Aix en Provence)

École Supérieure d’Art d’Aix en Provence

Institut d’études avancées d’Aix

Marseille Université (IMéRA)

Institut de recherche sur le

Maghreb contemporain (MAEDI, CNRS)

Revue Moyen-Orient

 

[1] David Pontille, 2003, « Formats d’écriture et mondes scientifiques », Questions de communication [En ligne], 3, mis en ligne le 01 juillet 2003, consulté le 22 avril 2017. URL : http://questionsdecommunication.revues.org/7445 ; DOI : 10.4000/questionsdecommunication.7445

[2] Jack Goody, 1979, La Raison graphique, Paris, Éd. de Minuit.

[3] Jérôme Denis et David Pontille, 2002, « L’écriture comme dispositif d’articulation entre terrain et recherche », Alinéa, Revue de Sciences Sociales et Humaines, n°12, p. 93-106.

[4] Béatrice Fraenkel, 2007, « Actes d’écriture : quand écrire c’est faire », Langage et société, 3/2007 (n° 121-122), p. 101-112 ; voir aussi Bernard Stiegler (Dir.), 2014, Digital Studies : organologie des savoirs et technologies de la connaissance, Limoges, Fyp éditions.

[5] James Clifford et George E. Marcus, 1986, Writing Culture, The Poetics and Politics of Ethnography, Berkeley, UCP.

[6] David Pontille, 2003, op. cit.

Communiqué de presse : « Un partenariat pour renforcer la recherche en islamologie »

Le CNRS et la Fondation de l’Islam de France signent aujourd’hui un partenariat autour d’une mission commune : renforcer la recherche en islamologie, c’est-à-dire l’étude scientifique du fait religieux islamique, en France. Le CNRS est représenté par le Groupement d’intérêt scientifique Moyen-Orient et mondes musulmans (GIS MOMM), un réseau créé en 2013 à son initiative pour rassembler les centres de recherche français spécialisés sur l’étude de l’Islam.

Le GIS MOMM a pour but de soutenir les filières de formation et de recherche sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans. Renforcer l’islamologie, l’étude scientifique du fait religieux islamique, est l’un de ses principaux objectifs. Ce groupement a montré en 20141 que la plupart des domaines composant cette discipline, les études coraniques, l’étude des hadîths2, le droit musulman (fiqh) et la méthodologie du droit (usûl al-fiqh), la théologie (kalâm), le soufisme et la philosophie, n’étaient que très peu enseignés et étudiés au sein des universités françaises. Ils souhaitent ainsi rapprocher cette discipline des standards internationaux de la science, qui reposent sur les principes de l’analyse critique et du dialogue avec les différentes sciences humaines et sociales (notamment l’histoire, la philosophie, la sociologie et l’anthropologie).

De son côté, la Fondation de l’Islam de France, fondation laïque reconnue d’utilité publique créée en 2016, compte parmi ses missions le soutien au développement de pôles d’enseignement et de recherche en islamologie. C’est à ce titre que le GIS MOMM et la Fondation de l’Islam de France ont établi un partenariat. Dans ce cadre, trois actions principales du GIS MOMM seront soutenues par la Fondation :

–    fédérer et accompagner la constitution d’un réseau de formateurs et de chercheurs français en islamologie notamment grâce au financement de contrats doctoraux et de bourses de master sur une période de trois ans (2018-2021) et le financement d’un séminaire de formation doctorale.

–    combler la pénurie de manuels universitaires et d’ouvrages de référence en islamologie en langue française en proposant notamment un programme de traduction d’ouvrages de synthèse, à l’origine en anglais ou en allemand. Ce programme sera accompagné par la réalisation de quatre manuels universitaires en langue française sur les études coraniques, sur l’étude des hadîths, sur le droit musulman et sur la théologie. La création de recueils de textes bilingues, rassemblant des textes en arabe (ou, le cas échéant, en turc, persan, ourdou) et leur traduction en français, et la traduction d’auteurs réformistes musulmans en français sont également prévues.

–    contribuer au développement des ressources numériques sur la connaissance du fait religieux musulman afin que tous puissent aborder, avec tous les outils de l’analyse critique à disposition, les questions qui sont au cœur des débats et des représentations sur cette religion et son histoire, et de déconstruire, de façon argumentée et en s’appuyant sur les textes, les visions simplificatrices de l’Islam.

Télécharger le communiqué de presse

Notes :

1 Voir Le livre blanc des études sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans élaboré par le GIS (2014).
2 Recueil des actes et paroles de Mahomet et de ses compagnons, à propos de commentaires du Coran ou de règles de conduite.

Source et auteur de l’article : Alexiane Agullo, presse CNRS
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/5425.htm?theme1=9

Prix Michel Seurat 2018

PRIX MICHEL SEURAT

APPEL À CANDIDATURES 2018

 Monde arabe contemporain

Le Prix Michel Seurat a été institué par le CNRS en juin 1988 pour « honorer la mémoire de ce chercheur du CNRS, spécialiste des questions islamiques, disparu dans des conditions tragiques.

Ce programme vise à aider financièrement chaque année un jeune chercheur, ressortissant d’un pays européen ou d’un pays du Proche-Orient ou du Maghreb, contribuant ainsi à promouvoir connaissance réciproque et compréhension entre la société française et le monde arabe ».

Depuis 2017, l’organisation du Prix a été déléguée au GIS « Moyen-Orient et mondes musulmans », en partenariat avec l’IISMM-EHESS et Orient XXI.

D’un montant de 15 000 € en 2018, le Prix est ouvert aux titulaires d’un master 2 ou d’un diplôme équivalent, âgés de moins de 35 ans révolus et sans condition de nationalité, de toutes disciplines, travaillant sur les sociétés contemporaines du Proche-Orient et/ou du Maghreb.

Il a pour vocation d’aider un jeune chercheur à multiplier les enquêtes sur le terrain, dans le cadre de la préparation de sa thèse.

Les enquêtes doivent avoir lieu à l’étranger. La maîtrise de la langue du pays concerné est une condition impérative.

Date limite de dépôt des candidatures :

Dimanche 15 avril 2018 (minuit, heure de Paris)

Constitution du dossier impérativement en langue française:

  • un plan et un projet de recherche détaillés précisant de manière claire les enquêtes qui seront menées sur le terrain (10 pages maximum) ;
  • un curriculum vitae ;
  • une copie des diplômes obtenus, assortie le cas échéant de leur traduction en français ;
  • une ou plusieurs attestations de personnalités scientifiques : attestations récentes et en rapport avec la candidature au Prix.

Adresser votre dossier uniquement par voie électronique impérativement aux deux adresses suivantes :

Règlement du 30 janvier 2018 à consulter

Cours d’initiation Arts de l’Islam / Musée du Louvre

Pour ce nouveau cycle d’initiation aux arts de l’Islam, le Louvre invite Christiane Gruber, professeur d’art islamique à l’université du Michigan, à s’intéresser aux représentations de personnages religieux et profanes, de la période médiévale aux débuts du 20e siècle dans les arts de l’Islam.

Vendredi 16 février à 19 h
Images et idoles : un débat de longue date
Aujourd’hui plus que jamais se pose cette question : les images des êtres humains sont-elles interdites en terres d’Islam ?
Cette première séance se penche sur les discussions et les débats concernant les idoles et les arts figuratifs.

Vendredi 23 février à 19 h
Représentations figuratives du Prophète en Islam
Les images du Prophète Muhammad existent-elles ou sont-elles interdites ?
Cette deuxième séance explore le développement de ces images et en quoi elles répondaient à une variété d’attentes dévotionnelles, pédagogiques et spirituelles.

Vendredi 2 mars à 19 h
L’art du portrait, du manuscrit au décor architectural
Comment furent représentés les souverains, leur entourage et d’autres personnages avant l’avènement de la photographie en terres d’Islam ?
Cette dernière séance porte sur l’art du portrait à travers ses différents supports.

Les conférences des 16 et 23 février sont suivies d’une médiation dans les salles du département des Arts de l’Islam par des étudiants de l’École du Louvre.

Rés. : 01 40 20 55 00 / fnac.com
De 4 € (- de 26 ans) à 8 €,
gratuit pour les étudiants en art, histoire de l’art et architecture
et les adhérents Louvre Professionnels

Pour plus d’information : https://www.louvre.fr/cycles/decouvrir-les-arts-de-l-islam-figures-sacrees-portraits-profanes/au-programme#tabs

Appel à candidatures IISMM – Session d’études doctorales 2018 – « Space, Place and Dwelling »

L’École doctorale de l’IISMM 2018 se tiendra à Tirana, en Albanie du lundi 19 mars au vendredi 23 mars 2018

L’École permettra aux doctorants, aux masters dont la thématique de recherche est l’Islam et les sociétés du monde musulman et de spécialisations et d’horizons divers, de partager leurs recherches, leurs approches et leurs expériences dans des sessions au cours desquelles ils coopèreront avec des chercheurs avancés.
Thème
Space, Place and Dwelling is the theme of the Spring School to be held in Tirana, Albania, in March 2018. Spatiality is an underrated but very fundamental aspect of religious practice and religious reasoning. According to Tweed (2006), religious practice comes down to basically two forces: crossing and dwelling. Terrestrial crossing refers to physical movement, such as pilgrimage, certain spatial rituals, and spiritual travel indicating a movement across time and place. Corporeal crossing refers not only to the religious understanding of life cycles and modes of temporality, but also to the embodied limits and constraints in life and the concomitant registers of meaning provided by religion to confront them. Cosmic crossing refers to transcendental dynamics of boundaries, and to the religious language that provides meaning to crossing.  We could also think of movement that is not religiously inspired but may well impact on notions of religion. Migration, displacement, or refugees for religious reasons.
Dwelling, on the other hand, involves three overlapping processes: mapping, building and inhabiting. Mapping refers to orientation and the location of the individual in a cosmos. It also refers to registration and order building by authorities, including narratives that envision ideals about origin, presence and future. Building is the next step signifying the productive work of making a home and producing locality. The third step, inhabiting, refers to processes of how people inhabit created life-worlds and how they live by these imagined geographies.
Spatiality is about how religious traditions formulate notions of home and community, the inside and the outside, but also about movement, transgression and direction. In short, spatiality of whatever sort is social action that unfolds within Muslim traditions. Hajj, the pilgrimage to Mecca, hijra, the obligation to move to places under Islamic law, ziyara, the visiting of shrines, and rihla, the quest for knowledge, are Islamic obligations. But also the qiblah, the direction for ritual prayer, the mosque literally meaning ‘place of gathering’, and the concept of Dar al Islam as against the placeless ummah, the global community of believers, point at specific understandings of place and mobility. Also ‘static’ practices such as retreat, hermitage, reclusion or confinement as forms of self-discipline have a clear spatial dimension.
Materializing space
As it refers to the materializing of space, concrete attention will be paid to the ways in which the spatial nature of many Muslim practices can be apprehended through the study of the plural becomings of built environment and materiality. Studies on Muslim heritage and the religious (re) appropriation of space are very significant in this respect, particularly when linked to the understandings of identity and memory.
Mapping space
Mapping space is closely linked to the enactment of certain cartographies of religious life and religious practice, building order, the invention of tradition and of course narratives on nation-building.
Inhabiting space
By inhabiting space, individuals and collectivities can communicate their sense of dwelling, but also notions of longing and belonging.
We invite PhD candidates and Research Master students to reflect on notions of space, movement, place, crossing and dwelling in their own work and to present their ongoing work from the angle of spatiality. We also invite students to bring forward their ideas on various sub-themes, such as narratives of space and place, the contestation and (re)appropriation of space, imaginative spaces, mapping of religious cultures, bridges and boundaries, built spaces and built environments and their religious and socio-political understandings, the spatial framing of religious experiences, memory, storytelling and space, practices of place-making, shifting religious landscapes, rural and urban spatiality, (de)territorialisation, spatial politics, spatial traumas, religious (dis)placement, emotional landscapes, knowledge production linked to space, place and dwelling, etc.

Disciplines
Histoire – Histoire de l’art – Archéologie – Anthropologie – Sociologie – Philosophie – Islamologie – Géographie – Sciences politiques.

Organisation
Cette session est organisée par l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) en partenariat avec le Netherlands Interuniversity School for Islamic Studies (NISIS), le  Instituti i Antropologjisë Kulturore dhe Studimit të Artit, ASA (IAKSA), le Center for Near and Middle Eastern Studies (CNMS, Marburg University) et le Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC) de Madrid.
Les programmes des précédentes Écoles doctorales de Printemps se trouvent sur le site de l’IISMM.

Enseignants
Prof. Nathalie Clayer (CNRS-EHESS)
Prof. Dick Douwes (Erasmus University Rotterdam)
Dr Oskar Verkaaik (University of Amsterdam)
Prof. Armand Vokshi (Faculty of Architecture and Urbanism Polytechnic University of Tirana)
D’autres conférenciers seront annoncés ultérieurement.
Déroulement de la session
Les matinées sont consacrées à des exposés magistraux par l’équipe encadrante ; les après-midis sont réservés à des ateliers de travail autour des recherches doctorales des étudiants qui participent à la session. Les débats et les interventions se dérouleront en anglais. La participation exige une bonne compréhension de l’anglais, ainsi qu’une véritable capacité à s’exprimer dans cette langue.

Candidatures

Les étudiants inscrits dans une université française ou espagnole seront sélectionnés par l’IISMM. Une douzaine de candidatures sera retenue.
Le dossier de candidature devra comporter les pièces suivantes :
– une lettre de motivation en anglais (1 à 2 pages maximum),
– un résumé de la thèse en anglais (2 pages maximum),
– une proposition d’intervention en relation avec le thème de la session (titre et résumé de la présentation en anglais, max. 250 mots) une courte biographie (50 mots en anglais) *
– un CV (rédigé en français ou en anglais),
– une lettre de soutien du directeur de thèse.
* Si la candidature est retenue cette présentation sera utilisée dans le programme de l’école doctorale 2018  qui sera publiée en ligne.

Les candidats retenus s’engagent à assister à la totalité de la session. Leurs frais de mission étant pris en charge, ils s’engagent également à respecter les dates de départ et de retour qu’implique la session.

Les candidatures seront à envoyer par courrier électronique (pièces à fournir en un seul document PDF) à Sophie Bilardello sophie.bilardello@ehess.fr ainsi qu’à Pascal Buresi (directeur de l’IISMM) : direction.iismm@ehess.fr ou par voie postale à : IISMM, 96 bd Raspail, 75006 Paris (Candidature École doctorale 2018)  avant le 15 janvier 2018

Appel à candidatures du Prix de thèse 2018

Appel à candidatures pour le Prix de thèse 2018 sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans

L’Institut d’étude de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM-UMS2000) et le GIS Moyen-Orient Mondes musulmans du CNRS organisent en 2018 la sixième édition du Prix de thèse sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans. Sont éligibles des travaux soutenus en français ou en France entre le 1er septembre 2015 et le 31 décembre 2017, dans toutes les disciplines des lettres et sciences humaines et sociales.

Plusieurs prix seront attribués et remis solennellement le mercredi 27 juin 2018 :

  • Les prix du GIS et de l’IISMM.
  • Le prix Mohammed Arkoun en islamologie, avec le soutien du Bureau Central des Cultes (BCC-Direction des Libertés Publiques et des Affaires Juridiques), ministère de l’Intérieur, et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
  • Le prix de la thèse francophone décerné par la Direction régionale de l’AUF au Moyen-Orient.

Conditions générales de candidature :

  • Avoir soutenu entre le 1er septembre 2015 et le 31 décembre 2017 une thèse en français ou en France sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans en lettres et sciences humaines et sociales.
  • Avoir obtenu les félicitations du jury (dans les universités où cela se pratique).
  • Avoir envoyé un dossier complet à l’IISMM selon les modalités ci-dessous, au plus tard le vendredi 12 janvier 2018.

Conditions particulières pour le prix de l’AUF :

  • Le candidat, citoyen d’un des treize pays couverts par la Direction régionale de l’AUF au Moyen-Orient, doit avoir soutenu sa thèse en français, soit dans son pays, soit en France même, dans les délais et sur les sujets indiqués ci-dessus.

Composition du dossier :

  • Un exemplaire électronique de la thèse au format PDF.
  • Deux exemplaires du rapport du jury sur papier. Pour les universités étrangères où il n’existe pas de rapport, prière de joindre deux lettres de recommandation : la première du directeur de thèse, la seconde d’un autre universitaire.
  • Un CV et une liste des publications sur papier.

NB : Si le rapport n’est pas disponible le 12 janvier 2018, il est possible de le faire parvenir ensuite.

Dossier à envoyer :

Le règlement du Prix sera bientôt disponible.

              

Article du Journal du CNRS : « Portraits croisés du Moyen-Orient »

Rapport au corps, migrations, réformisme religieux, conflits armés… La création en 2013 du groupement d’intérêt scientifique autour du Moyen-Orient et des mondes musulmans a dynamisé la recherche sur cette aire culturelle. Le point avec Mercedes Volait, directrice adjointe de ce GIS dont le 2e congrès se tient à Paris du 5 au 8 juillet.

 

Les révolutions arabes et les conflits actuels mettent le Moyen-Orient et les mondes musulmans au cœur de l’actualité. Selon vous, qui êtes la nouvelle directrice adjointe du groupement d’intérêt scientifique (GIS) centré sur cette « aire culturelle », quels sont les sujets de recherche les plus importants ou innovants de ces dernières années ?
Mercedes Volait : Les études sur la Turquie connaissent un essor remarquable que le projet, désormais avorté, de rapprochement avec l’Europe a certainement stimulé au départ ; elles sont actuellement confrontées à toutes les formes de violence politique que connaît le pays. Les « printemps arabes » ont évidemment suscité beaucoup d’attentes, d’interrogations et de perplexité, et conduit les chercheurs à s’intéresser de plus près à des sujets tels que l’utilisation des réseaux sociaux ou l’invention d’une contre-culture dans des régimes très autoritaires. Il est fascinant de voir, en Arabie saoudite ou en Iran par exemple, les libertés qui peuvent être prises dans l’espace privé. Parallèlement, il y a eu un vif intérêt pour les questions liées à la sexualité, à la fabrique du genre et au féminisme au Moyen-Orient. Mais l’attrait pour des sujets qui ne sont pas directement connectés à l’actualité, comme l’étude des pratiques alimentaires au Moyen Âge ou de tout ce qui touche à la langue parlée et écrite1, reste fort. À la suite du bilan dressé par le GIS dans son livre blanc – rédigé entre 2013 et 2014 –, l’islamologie renaît peu à peu. Il faudra du temps, bien sûr, car c’est une discipline particulièrement exigeante : il ne suffit pas d’apprendre l’arabe, mais il faut se plonger dans l’exégèse des textes coraniques… Cela prend des années !

Comment concilier ce « temps long » de la recherche et l’incitation exercée par la société à répondre aux questions sur l’islamisme, le djihadisme ou encore la radicalisation ?
M. V. : Il y a deux attitudes : certains chercheurs sont plus enclins à aborder des questions d’actualité brûlante, à prendre la parole dans le débat public, à travers les médias notamment, mais ils sont minoritaires.

Un grand nombre de Français sont convaincus que les Turcs et les Iraniens parlent arabe et sont du même coup arabes, or ce n’est pas le cas.

Les autres préfèrent rester en retrait car il est souvent extrêmement difficile d’exposer une situation complexe dans le cadre médiatique. Bien sûr, il est possible d’essayer de donner un éclairage sur la crise que traverse la Turquie ou sur les élections iraniennes, par exemple. Mais il faudrait pouvoir exposer d’abord quelques bases avant d’entrer dans le vif du sujet, et ce n’est pas toujours évident dans l’espace médiatique.

Par exemple, un grand nombre de Français sont convaincus que les Turcs et les Iraniens parlent arabe et sont du même coup arabes, or ce n’est pas le cas2 ! Beaucoup de chercheurs pensent d’ailleurs que la compréhension de l’actualité sera bien meilleure au sein de la population lorsque quelques fondamentaux de ce type seront mieux intégrés à notre culture générale. C’est aussi pour cela que le travail du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans paraît essentiel.

L’intitulé même de votre groupement de recherche n’est pas une évidence pour tout un chacun : que sont « le Moyen-Orient et les mondes musulmans » ?
M. V. : La question n’a rien de simpliste en effet et, en réalité, on ne peut pas y répondre de façon tranchée. Nous avons donc opté pour une définition aussi large que possible : il s’agit de la zone allant du Maghreb à l’Indonésie, en incluant les populations de confession musulmane, qui vivent par exemple en Europe ou aux États-Unis. L’enjeu était tout à la fois de créer un corrélat avec l’expression américaine « Middle East » (afin d’établir des ponts avec la recherche anglo-saxonne), d’inclure les pays du Maghreb, et aussi de pouvoir travailler sur les musulmans vivant hors de ces pays. Nous tenons compte du fait géographique, du fait culturel (se situant entre culture et religion, l’Islam est ambivalent à cet égard), et nous nous intéressons également aux populations non musulmanes ou aux groupes minoritaires et/ou hétérodoxes dans des pays où l’islam est la religion majoritaire, comme les chrétiens d’Orient ou les alévis en Turquie, par exemple. L’idée est davantage de fédérer les équipes françaises, d’encourager la pluridisciplinarité, plutôt que de définir un champ strict, qui pourrait être excluant en pratique.

Dans le cadre du GIS, des recherches sont menées sur les minorités religieuses comme les alévis, qui appartiennent à un courant hétérodoxe de l’islam et se trouvent principalement en Turquie.

Le GIS a été créé en janvier 2013 pour rassembler historiens, géographes, politologues, islamologues, linguistes et autres spécialistes des mondes arabes, musulmans, et du Moyen-Orient. Y avait-il de graves manques dans les études sur cette aire culturelle ?
M. V. : Le livre blanc sur les études françaises sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans (link is external), a fait état d’une situation plus difficile qu’on ne pouvait le croire. Bien que la France soit traditionnellement très présente, il n’y avait quasiment plus d’islamologue, et très peu de chercheurs étaient habilités à diriger des thèses sur l’histoire du monde arabe. Dans ma propre contribution, j’ai rappelé que peu d’enseignants en histoire de l’art ou en archéologie sont spécialistes de l’Islam. Nous disposons de collections extraordinaires, mais bien peu de personnes ont les compétences nécessaires pour les étudier ! C’est notamment une difficulté propre à l’université française : nous formons beaucoup d’experts pour la France et l’Europe, moins pour d’autres cultures. Nous ne bénéficions d’ailleurs pas d’un système performant en matière d’apprentissage des langues, ce qui complique encore les choses. Le GIS a permis d’inciter au recrutement d’une quinzaine d’enseignants-chercheurs pour combler les manques, mais il reste encore beaucoup à faire. D’autant que la France dispose d’une implantation extraordinaire au Maghreb et au Moyen-Orient et d’accès facilités aux institutions et aux collections locales.

Quel est l’intérêt de se concentrer sur des aires géographiques et culturelles plutôt que de se contenter d’une approche plus traditionnelle par champ disciplinaire ?
M. V. : C’est une autre façon de travailler. Un politologue « généraliste », non spécialisé sur une aire culturelle, est en réalité spécialiste du monde français ou européen. Ou alors il travaille à partir de modèles théoriques supposés s’appliquer à n’importe quel environnement. Tandis que penser la recherche en termes d’aire culturelle nous pousse à reconnaître que notre point de vue est toujours un tant soit peu situé, ancré dans notre propre culture, et cela oblige à travailler à partir d’enquêtes de terrain très poussées avant d’élaborer des hypothèses. Si vous travaillez sur l’architecture égyptienne, par exemple, vous ne pouvez pas faire l’économie d’une immersion dans l’histoire, la langue ou encore la culture de ce pays. Enfin, c’est aussi une autre façon d’envisager les collaborations scientifiques : personnellement, en tant qu’historienne de l’art dans le monde arabe, spécialiste de l’Égypte moderne, j’ai plus d’affinités avec un politologue ou un anthropologue travaillant sur la même aire culturelle qu’avec un historien de l’art qui se consacre à la Renaissance italienne.

Cette approche par aire culturelle contribue-t-elle à l’internationalisation des recherches françaises en sciences humaines et sociales ?
M. V. : Les études par aire culturelle poussent naturellement à l’internationalisation des projets et des collaborations.

Si vous travaillez sur l’architecture égyptienne, vous ne pouvez pas faire l’économie d’une immersion dans l’histoire, la langue ou la culture de ce pays.

Il paraît nécessaire de travailler avec des Égyptiens, des Turcs ou encore des Indonésiens lorsque votre recherche porte sur l’adaptation de l’islam aux traditions locales par exemple. À l’inverse, un spécialiste de l’industrie textile dans le nord de la France sera moins poussé à développer ce type d’échanges.
Nous sommes donc tous très internationalisés au sein du GIS : nous rencontrons des chercheurs de tous pays, issus du monde arabo-musulman, moyen-oriental, ou spécialistes de ces régions.

Les échanges d’informations et les communications entre des labos du monde entier sont constants. De jeunes doctorants se rendent régulièrement dans des centres de recherche locaux et nous en accueillons également. Outre l’aspect collaboratif et le gain de visibilité pour la recherche française, cette situation nourrit entre les chercheurs des échanges informels qui génèrent de nouveaux projets à long terme. Une meilleure circulation des individus et de l’information est toujours une source de progrès scientifique.
Consultez le programme du 2eCongrès Moyen-Orient et mondes musulmans  qui se tient à l’Inalco, à Paris, du 5 au 8 juillet 2017.

Notes

  • 1. Par exemple, l’abandon en Turquie de la graphie arabe pour une graphie latine en 1928, la question de la littérature en arabe dialectal, etc.
  • 2. Les Iraniens parlent le persan et les Turcs, le turc. Ces deux langues partagent avec l’arabe certains vocabulaires mais elles ont des structures radicalement différentes de l’arabe.

Auteur

Fabien Trécourt

Formé à l’École supérieure de journalisme de Lille, Fabien Trécourt travaille pour la presse magazine spécialisée et généraliste. Il a notamment collaboré aux titres Sciences humaines, Philosophie magazine, Cerveau & Psycho, Sciences et Avenir ou encore Ça m’intéresse.

29 | 2017 – Villes nouvelles au Maghreb. Discours et réalités

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