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3ème Forum du GIS MOMM « Au-delà des frontières. La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs au Maghreb et au Moyen-Orient »

Au-delà des frontières. La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs au Maghreb et au Moyen-Orient
Forum en ligne – 23 mars, 30 mars et 6 avril 2021
Inscriptions 

Depuis 2016, le GIS Moyen-Orient et mondes musulmans organise, en alternance avec son Congrès, un Forum annuel, visant à engager un débat large sur un aspect particulier lié aux pratiques de la recherche sur le Maghreb, le Moyen-Orient et les mondes musulmans. Après la question de l’enseignement (Enseigner les mondes musulmans, Lyon 2016), et celle des nouvelles formes d’écriture de la recherche, notamment numériques ((D’)écrire les mondes musulmans au XXIe siècle, Aix-en-Provence, 2018), le Forum 2020-21 sera l’occasion de s’intéresser aux dimensions régionales et aréales des recherches menées aujourd’hui concernant le Maghreb, le Moyen-Orient et les mondes musulmans.

À l’heure du tournant global de la recherche en sciences humaines et sociales, quelle peut être la pertinence des recherches menées à une échelle régionale, qui ne se cantonnent pas au seul cadre national, sans pour autant se situer à une échelle mondiale ? Quelles représentations régionales et aréales sont encore à l’œuvre dans les découpages épistémologiques et académiques qui innervent la recherche en France ? Dans quelle mesure sont-elles convergentes ou en décalage avec les dynamiques transnationales de la recherche ailleurs en Europe, dans le monde, et tout particulièrement au Maghreb et au Moyen-Orient ?

Au-delà de ces enjeux scientifiques, le Forum a pour ambition d’ouvrir un espace de travail commun rassemblant les laboratoires de recherche métropolitains membres du GIS, les UMIFRE du Maghreb et du Moyen-Orient, et un certain nombre d’acteurs locaux ou régionaux de la recherche. Accompagné de la publication d’un Cahier du GIS MOMM consacré aux dispositifs de recherche mis en place dans la région par l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ce Forum s’inscrit dans le travail mené par le GIS depuis 2017 sur les conditions de la recherche au Maghreb et au Moyen-Orient en temps de crise et permettra de poursuivre le dialogue sur ces sujets avec les pouvoirs publics.

L’organisation de ce Forum a bénéficié d’un soutien financier de la DGRI du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (plan SHS 2019).

Programme
Programme détaillé à paraître prochainement

23 mars 2021

9h15 Introduction, Eric Vallet & Elise Massicard (GIS Moyen-Orient et mondes musulmans)

9h30-11h Table-ronde 1 : Les instituts européens au Moyen-Orient : état des lieux et perspectives

11h15-12h45 : Table-ronde 2 : Favoriser le travail en réseau entre les UMIFRE : l’expérience de SOCOSMA (Séminaire d’Observation du Covid-19 dans les sociétés du Monde Arabe) et des Observatoires urbains.

14h-16h : Table-ronde 3 : La circulation des savoirs entre Europe et Moyen-Orient à l’âge du numérique : traduction et édition, recherche et réseaux sociaux

16h Conclusions

30 mars 2021

9-12h : Table-ronde 4 : La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs : Égypte, Proche-Orient, péninsule Arabique

6 avril 2021

9-10h30 : Table-ronde 5 : La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs : Maghreb

11h-13h : Table-ronde 6 : La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs : mondes turc et iranien, Asie Centrale

L’« islamogauchisme » n’est pas une réalité scientifique (Communiqué du CNRS)

Le GIS MOMM partage le communiqué du CNRS du 17 février 2021.

« L’islamogauchisme », slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. Ce terme aux contours mal définis, fait l’objet de nombreuses prises de positions publiques, tribunes ou pétitions, souvent passionnées. Le CNRS condamne avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique, indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques. Le CNRS condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance.

Concernant les questions sociales, le rôle du CNRS, et plus généralement de la recherche publique, est d’apporter un éclairage scientifique, une expertise collective, s’appuyant sur les résultats de recherches fondamentales, pour permettre à chacun et chacune de se faire une opinion ou de prendre une décision. Cet éclairage doit faire état d’éventuelles controverses scientifiques car elles sont utiles et permettent de progresser, lorsqu’elles sont conduites dans un esprit ouvert et respectueux.

La polémique actuelle autour de l’«islamogauchisme», et l’exploitation politique qui en est faite, est emblématique d’une regrettable instrumentalisation de la science. Elle n’est ni la première ni la dernière, elle concerne bien des secteurs au-delà des sciences humaines et des sciences sociales. Or, il y a des voies pour avancer autrement, au fil de l’approfondissement des recherches, de l’explicitation des méthodologies et de la mise à disposition des résultats de recherche. C’est là aussi la mission du CNRS.

C’est dans cet esprit que le CNRS pourra participer à la production de l’étude souhaitée par la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation visant à apporter un éclairage scientifique sur les champs de recherche concernés. Ce travail s’inscrirait dans la continuité de travaux d’expertise déjà menés sur le modèle du rapport « Recherches sur les radicalisations, les formes de violence qui en résultent et la manière dont les sociétés les préviennent et s’en protègent » réalisé en 2016 par l’alliance Athena, qui regroupe l’ensemble des forces académiques en sciences humaines et sociales dans les universités, les écoles et les organismes de recherche, ou du rapport « Les sciences humaines et sociales face à la première vague de la pandémie de Covid-19 – Enjeux et formes de la recherche », réalisé par le CNRS en 2020.

Source : http://www.cnrs.fr/fr/l-islamogauchisme-nest-pas-une-realite-scientifique

« Islamo-gauchisme » : stopper la confusion et les polémiques stériles (communiqué de la CPU)

Le GIS MOMM partage le communiqué de la Conférence des présidents d’université (CPU) du 16 février 2021.

« Interrogée sur CNews, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation a annoncé qu’elle allait demander « notamment au CNRS » de faire une enquête sur « l’ensemble des courants de recherche » à propos de « l’islamo-gauchisme » à l’université, « de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ».

La CPU fait part de sa stupeur face à une nouvelle polémique stérile sur le sujet de l’« islamo-gauchisme » à l’université. «L’islamo-gauchisme» n’est pas un concept. C’est une pseudo-notion dont on chercherait en vain un commencement de définition scientifique, et qu’il conviendrait de laisser, sinon aux animateurs de Cnews, plus largement, à l’extrême droite qui l’a popularisé. Utiliser leurs mots, c’est faire le lit des traditionnels procureurs prompts à condamner par principe les universitaires et les universités.

Comme l’avait justement rappelé dans une tribune le 26 octobre dernier la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, « l’université n’est ni la matrice de l’extrémisme, ni un lieu où l’on confondrait émancipation et endoctrinement. L’université n’est pas un lieu d’encouragement ou d’expression du fanatisme, » mais « le lieu où s’apprennent le doute comme la modération ainsi que la seule de nos institutions capable d’éclairer l’ensemble de la société, de l’école aux médias, par une connaissance scientifiquement établie, discutée et critiquée collégialement. » Rien ne saurait justifier un changement de discours à ce sujet.

La CPU regrette donc la confusion entre ce qui relève de la liberté académique, la liberté de recherche dont l’évaluation par les pairs est garante, et ce qui relève d’éventuelles fautes ou d’infractions, qui font l’objet si nécessaire d’enquêtes administratives (par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche), ou d’enquêtes pénales. La CPU s’étonne ainsi de l’instrumentalisation du CNRS dont les missions ne sont en aucun cas de produire des évaluations du travail des enseignants-chercheurs, ou encore d’éclaircir ce qui relève « du militantisme ou de l’opinion ». La CPU réclame, au minimum, des clarifications urgentes, tant sur les fondements idéologiques d’une telle enquête, que sur la forme, qui oppose CNRS et universités alors que la recherche est menée conjointement sur nos campus par les chercheurs et les enseignants-chercheurs.

La CPU appelle à élever le débat. Si le gouvernement a besoin d’analyses, de contradictions, de discours scientifiques étayés pour l’aider à sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce, les universités se tiennent à sa disposition. Le débat politique n’est par principe pas un débat scientifique : il ne doit pas pour autant conduire à raconter n’importe quoi »

Source : http://www.cpu.fr/actualite/islamo-gauchisme-stopper-la-confusion-et-les-polemiques-steriles/

Prix Michel Seurat 2021

APPEL À CANDIDATURES 2021
Sociétés contemporaines du Proche-Orient et du Maghreb

Le Prix Michel Seurat a été institué par le CNRS en juin 1988 pour « honorer la mémoire de ce chercheur du CNRS, disparu dans des conditions tragiques. Ce programme vise à aider financièrement chaque année un jeune chercheur, ressortissant d’un pays européen ou d’un pays du Proche-Orient ou du Maghreb, contribuant ainsi à promouvoir connaissance réciproque et compréhension entre la société française et le monde arabe ».

Depuis 2017, l’organisation du Prix a été déléguée au GIS « Moyen-Orient et mondes musulmans », en partenariat avec l’IISMM-EHESS et Orient XXI.

D’un montant de 15 000 € en 2021, le Prix est ouvert aux titulaires d’un master 2 ou d’un diplôme équivalent, âgés de moins de 35 ans révolus et sans condition de nationalité, de toutes disciplines, dont la recherche doctorale en cours porte sur les sociétés contemporaines du monde arabe, domaine envisagé comme ouvert et en interaction avec d’autres contextes et traditions intellectuels.

Il a pour vocation d’aider un jeune chercheur ou une jeune chercheuse à multiplier les enquêtes sur le terrain, dans le cadre de la préparation de sa thèse. Les enquêtes doivent avoir lieu sur le terrain. La maîtrise de la langue arabe est une condition impérative.

Date limite de dépôt des candidatures : jeudi 15 avril 2021
(minuit, heure de Paris)

Constitution du dossier

  • un plan et un projet de recherche détaillés précisant de manière claire les parties réalisées du travail et celles qui restent à faire, notamment les enquêtes qui seront menées sur le terrain (10 pages maximum, exclusivement en français) ;
  • un curriculum vitae (exclusivement en français) ;
  • une copie des diplômes obtenus, assortie le cas échéant de leur traduction en français ;
  • une ou plusieurs attestations ou lettres de soutien émises par des personnalités scientifiques connaissant de près le travail et/ou le parcours du candidat ou de la candidate : attestations récentes et en rapport avec la candidature au Prix Seurat (lettres en français, en anglais ou en arabe).

Les dossiers sont à adresser uniquement par voie électronique, impérativement aux deux adresses suivantes :

Règlement du 30 janvier 2018 à consulter ici.

Une initiative inter-GIS pour accompagner la transition numérique dans les études moyen-orientales, africaines et asiatiques en France

Les GIS MOMM, Asie et Études africaines ont réuni le 2 novembre 2020 leurs membres dans le cadre de la préfiguration d’un consortium en Humanités numériques auprès de la Très Grande Infrastructure de Recherche pour les SHS, Huma-num. Cette initiative fait suite à la publication d’un Livre Blanc sur la transition numérique de la recherche française sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans (Février 2020) et la tenue en ligne d’une première Action nationale de formation inter-GIS le 9 juin 2020. Grâce au soutien du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Plan SHS 2020), 3 post-doctorants, Julie Erismann, Noëmie Lucas et Mehdi Sakatni, ont été recrutés pour travailler à ce projet. La demande de labellisation, soumise en septembre 2020, a été définitivement validée par les instances de pilotage d’Huma-num en janvier 2021. La prochaine étape est la construction en concertation d’un programme de travail à 4 ans, à soumettre en mai 2021.

Une communauté d’intérêts réunit les 3 GIS en matière de numérique. Ils travaillent avec des langues à graphie non-latine, pour lesquelles les outils d’océrisation et de HTR (Handwritten Text Recognition) sont moins performants que pour d’autres langues. Leurs recherches sont conditionnées par les politiques de numérisation menées dans les pays où se situent leurs terrains, lesquelles présentent des coûts accès et des standards très différents de ce qui se pratique en Europe. Enfin, les séjours sur le terrain s’avèrent de plus en plus difficiles, au-delà même de la pandémie actuelle, en particulier au Moyen-Orient.

La réunion tenue en ligne a réuni quelque 45 à 50 participants, représentant de façon équilibrée doctorants et post-doctorants, enseignants-chercheurs et chercheurs, responsables de bibliothèques, personnels relevant des fonctions-support. Elle a permis de dresser un panorama précis des projets en cours et des attentes. La richesse des échanges dément l’idée selon laquelle les communautés SHS s’intéressent peu au numérique. Des retours d’expérience sur le pilotage de consortium Huma-num, sur ce que peuvent en retirer leurs membres, ou encore sur le dispositif innovant des résidences numériques, ont complété les interventions des participants.

La rencontre a permis de s’accorder sur la création de 4 groupes de travail :

  • Groupe de travail 1 : Fouille de textes en graphie non-latine
  • Groupe de travail 2 : Production de ressources numériques pérennes (enrichissement et/ou stabilisation des outils de signalement, développement de référentiels, interconnexion de catalogues, etc.)
  • Groupe de travail 3 : Publication en ligne de données enrichies (pourquoi et comment utiliser Médi-HAL, Nakala, Omeka, QGis, etc.)
  • Groupe de travail 4 : Questions éthiques et juridiques (dont Propriété intellectuelle et juridique des données)

Des réunions par groupes de travail vont être organisées dans les semaines qui viennent afin de fixer un programme d’activité à 4 ans.