Les non-jeûneurs, stars du mois de Ramadan au Maghreb

Depuis plusieurs années je suis régulièrement contacté par des journalistes lors du mois de Ramadan pour parler des non-jeûneurs, ces personnes qui refusent de pratiquer le jeûne sacré lors du mois de Ramadan. C’était jusqu’à présent ma seule façon de mesurer l’impact des non-jeûneurs au Maghreb: si le sujet était abordé dans la presse, si des personnes étaient condamnées, j’allais être contacté (alors que je ne suis pas spécialiste…). Or cette année, j’ai l’impression d’un changement assez notable, celui de la contestation généralisée au … Continuer la lecture de Les non-jeûneurs, stars du mois de Ramadan au Maghreb

Deux dialogues du nouveau langage françois italianizé et autrement desguizé, principalement entre les courtisans de ce temps par Henri Estienne

Parler vous franglais ?  questionnait Etiemble en 1964, l’année même de ma naissance. Contre le snobisme imbécile qui consiste à farcir notre langue d’anglicismes inutiles, car doublonnant avec des mots français, sa charge mériterait d’être relu aujourd’hui par certains de nos contemporains qui dispatchent ce qu’il faudrait répartir et nous parlent d’e-learning en lieu de formation en ligne.

Ce genre de comportement n’est hélas pas nouveau. Du temps où l’anglais n’apparaissait à tous que comme le baragouin d’un royaume périphérique, d’autres langues avaient leur heure de gloire, comme l’espagnol avant que l’Espagne n’ait entamé son déclin, mais aussi une autre langue latine, l’italien. Le fait que ce dernier ne fût parlé que dans une péninsule longtemps divisée en de multiples principautés ne plaidait pourtant pas en sa faveur, mais du temps où Catherine de Médicis, mère de trois rois, avait un rôle de premier plan dans le gouvernement du royaume de France, les snobs et les courtisans s’empressaient d’entrelarder leurs propos d’italianismes, d’autant plus que les Florentins étaient nombreux à la Cour…

Heureusement, il existe quand même à chaque époque des esprits capables de dénoncer les travers linguistiques de leur temps, que leurs adversaires traitent généralement de puristes réactionnaires, alors qu’il ne s’agit que de simples bon sens. Pourquoi farcir la langue de vocables étrangers alors que leurs équivalents existent déjà en bon langage françois ? Comme le  XXe siècle eût son Etiemble, le XVIe eût Henri Estienne, fameux imprimeur humaniste féru de grec et de philologie.

Ses Deux dialogues du nouveau langage françois italianizé parurent en 1578. Cet ouvrage forme une sorte de trilogie avec l’introduction à son Traité de la Conformité du langage François avec le Grec et sa Précellence du langage François. Après deux autres éditions en 1579 et 1583, il subit une éclipse jusqu’au XIXe siècle. Paul Ristelhuber (1834-1899) en donne une édition annotée en 1885, laquelle sera reproduite en fac-simile chez Slatkine en 1970. Chez ce même éditeur paraît une édition critique de Pauline Mary Smith.

La plupart de ces éditions sont disponibles sur Gallica.