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Programme des conférences à l’Espace Mendès-France

LES ATELIERS DES CHERCHEUR(E)S:

ÉTUDIER LES MIGRATIONS INTERNATIONALES ET LES LUTTES CONTRE LES DISCRIMINATIONS

Cycle de conférences organisé par l’Espace Mendès-France en partenariat avec le laboratoire Migrations internationales: Espaces et Sociétés (MIGRINTER, UMR 7301 CNRS-Université de Poitiers). 

Lieu : Espace Mendès France, 1 Pl. de la Cathédrale, 86000 Poitiers

Programme 2015-2016

 Lundi 19 octobre 2015 – 18h30

La gestion frontalière au Moyen-Orient en période de conflits : circulations migratoires, enjeux économiques, stratégies sécuritaires

Conférence de Cyril Roussel, géographe, chargé de recherche CNRS, Migrinter.

 Jeudi 29 octobre 2015 – 18h30

L’intégration des descendants d’immigrés nés en France

Conférence de Emmanuelle Santelli, sociologue, directrice de recherche CNRS, Centre Max Weber, CNRS, Lyon.

 Jeudi 19 novembre 2015 – 18h30

Penser politiquement le monde afro-américain : questions d’identité et de minorité 

Pap N’Diaye, historien, professeur des universités à l’Institut d’études politiques de Paris.

Jeudi 21 janvier 2016 – 18h30

Personnes déplacées et guerre froide en Allemagne occupée

Conférence de Juliette Denis, historienne (sous réserve), docteur en histoire, enseignante au Collège universitaire français de Moscou.

Jeudi 28  janvier 2016-18h30

De l’esclavage à la liberté forcée.Histoire des travailleurs africains engagés dans la Caraïbe française du XIXe siècle

Conférence de Céline Flory, historienne, chargée de recherche CNRS, CERMA (CNRS-EHESS).

Jeudi 4 février 2016-18h30

L’usage des soins psychiatriques par les migrants chinois et leurs descendants

Conférence de Simeng Wang, sociologue, docteur en sociologie, École normale supérieure, Paris.

La circulation et le retour à l’épreuve des contraintes migratoires ?

 URMISCIST – MIGRINTER

JOURNEE  D’ETUDES.

La  circulation  et  le  retour  à  l’épreuve  des  contraintes migratoires ?

Dates : 25 septembre 2015 de 9h30 à 18h

Lieu : Université Paris-­Diderot, URMIS, Bâtiment Olympe de Gouges, Salle 267

Comité d’organisation :

  • Céline Bergeon (Maître de Conférences, Université de Poitiers, UMR 7301, MIGRINTER)
  • Florence Boyer (Chargée de Recherche, IRD, UMR 205, URMIS)
  • France Guérin‐Pace (Directrice de Recherche, INED)
  • Odile Hoffmann (Directrice de Recherche, IRD, UMR 205, URMIS)
  • Naik Miret (Maître de Conférences, Université de Poitiers, UMR 7301, MIGRINTER)

Les dynamiques migratoires contemporaines sont à inscrire dans le contexte de changements politiques et sociaux majeurs, qui nous conduisent à revenir sur les catégories d’analyse utilisées autant dans les travaux sur les migrations internationales depuis une trentaine d’années, que par les acteurs de ces migrations (Cohen R., 1996 ; Castles S. & Miller M.J., 2003 ; Piché V. 2013). En effet, si les politiques migratoires et leurs effets de contraintes sur les parcours individuels sont relativement bien connus, les acteurs intervenant dans ce jeu de limitations de la mobilité le sont moins alors qu’ils se diversifient : des acteurs formels (Etats, organisations internationales, associations…) y jouent un rôle, de même que dans certains cas, divers mouvements de rébellion ou organisations criminelles, tout comme les pratiques de corruption instituées au long de plusieurs routes. On sait que les routes et les pratiques migratoires s’adaptent, se réorientent ou se conforment à ces ensembles de contraintes et d’obstacles ; cependant, ces derniers modèlent de plus en plus fortement les trajectoires de vie des migrants, conférant un éclairage nouveau aux catégories en usage.

Dans cette perspective, nous souhaitons interroger plus particulièrement les notions de circulation et de retour ; la première parce qu’elle est devenue centrale dans la compréhension des migrations internationales au cours des trente dernières années et la seconde, parce qu’à l’inverse, elle a été l’objet d’un questionnement moindre sur la même période.

L’émergence des notions de circulation, circulation migratoire ou encore de transnationalisme, au tournant des années 1980‐1990, renvoie à un changement progressif de paradigme dans l’appréhension des migrations. A la logique binaire distinguant départ et arrivée se substitue une perspective plus complexe, s’appuyant sur l’analyse des liens existant entre plusieurs lieux et/ou des appartenances multiples (Cortes G., Faret L., 2009 ; Bauböck R., Faist T., 2010 ; Imbert C., Dubucs H. et alii, 2014 ). Le mouvement est placé au cœur de ces approches ouvrant ainsi sur l’usage devenu courant aujourd’hui de la notion de mobilité. Sans remettre en cause ce changement de paradigme, et ses apports dans une approche globale des migrations internationales, l’objectif est de le confronter aux contextes contemporains de contraintes et d’obstacles politiques, économiques qui s’instituent au long des parcours migratoires.

Pour sa part, le «retour» ne peut plus être considéré comme une simple migration à rebours (Petit V., 2007) tant les conditions de circulation brouillent toute notion de trajet direct et de relation entre lieux de départ et lieux de destination, les uns comme les autres pouvant être multiples selon les critères valorisés au moment d’en rendre compte. «Revenir» et «retourner» deviennent alors des catégories d’action et de représentation de soi qui informent à la fois la construction de trajectoires individuelles et collectives complexes et les situations migratoires dans lesquelles ces trajectoires se sont construites. Trois axes de questionnement principaux se dégagent, ceux‐ci pouvant se décliner dans des contextes géographiques divers :

  • Alors que la notion de circulation apparaît comme porteuse de la possibilité infinie de mouvement, comment, au niveau individuel et social, se négocient intentionnalité de circulation et succession d’opportunités ou d’obstacles, attendus ou inattendus, au déplacement ? Si la notion de transit (Streiff‐Fénart J., Segatti A., 2012) s’est imposée pour qualifier à la fois des moments et des lieux d’attente ou d’arrêt, elle est liée à la figure de la frontière (que le lieu du transit se situe effectivement ou non sur une frontière) (Doraï K., Puig N., 2012), et à la possibilité, supposée ou réelle, de poursuite du mouvement à court ou moyen terme. L’objectif est d’interroger ici des «moments» d’arrêt de la circulation, qui ne sont pas liés à des situations de frontière : autrement dit, comment les migrants négocient‐ils leur place, au sens de temporalités et de spatialités originales, quand le champ de contraintes les conduit à renoncer, temporairement ou définitivement, au mouvement ? Il s’agit ainsi d’adopter une posture critique face à la notion de circulation en l’ancrant plus particulièrement dans ce moment non seulement d’arrêt de la migration, mais aussi de renoncement à la possibilité même d’une poursuite, même temporaire, du mouvement ? Ce moment plus ou moins durable est‐il forcément synonyme de renoncement ou bien constitue‐t‐il le reflet de nouvelles opportunités de vie ?
  • Si l’arrêt du déplacement conduit à introduire dans la réflexion l’émergence d’un processus d’installation, celui-ci ne peut être envisagé uniquement sous l’angle d’une relation de contrainte et réaction à la contrainte. L’hypothèse est que la mise en œuvre d’une réflexion sur la notion de retour, permet d’une analyse de situations de contrainte, au sens où elle autorise la réintroduction de la possibilité du choix et de l’autonomie face à ces mêmes contraintes. Pour engager cette réflexion, il peut être opportun d’interroger la distinction entre deux termes exprimant un champ d’actions et de significations ayant trait au retour : d’une part, que signifie retourner ? Et d’autre part quel sens donner au fait de revenir ? «Retourner» et «revenir» peuvent-ils constituer des pratiques et représentations originales du mouvement comme de l’installation ?
  • Que ce soit dans la circulation, le transit ou dans la fin du mouvement, certains lieux ou espaces relationnels – systèmes de lieux – constituent des contextes sociaux plus ou moins attractifs ou répulsifs. Certaines situations migratoires (camps de transit, d’attente, d’habitat temporaire, lieux de coprésence, institutions collectives…) sont ainsi créatrices de stabilité sociale ou affective offrant à ces lieux des perspectives d’ancrage inattendues. Ainsi, comment revisiter les notions classiques de champ et de filière migratoires au prisme de ces effets de lieux qui contingentent les parcours migratoires individuels ou collectifs, les contraignant ou les facilitant ? Plus largement, quels sont les lieux qui se construisent autour du fait de transiter/retourner et/ou de revenir ? Dans ce contexte contemporain de limitation des mobilités, le retour n’est-il pas amené à changer de sens dans la construction des trajectoires individuelles, s’appuyant à la fois sur des lieux et des acteurs jusque là inédits dans le champ d’analyse des migrations internationales ?

Cette journée d’études s’articulera autour de ces trois axes thématiques. A partir de situations migratoires diverses, d’expériences de recherche, l’objectif est de susciter une réflexion collective sur les catégories d’analyse des migrations internationales dans le contexte contemporain.

Si vous souhaitez participer à cette journée, un résumé d’une page maximum de votre intervention est attendu pour le 5 septembre 2015. Les résumés sont à envoyer à cette adresse : florence.boyer@ird.fr

Bibliographie indicative :

  • Bauböck R., Faist T. (eds), 2010 – Diaspora and transnationalism : Concepts, theories and methods. Amsterdam University Press, Amsterdam, 352 p.
  • Castles S., Miller M. J., 2003 – The Age of Migration : International Population Movements in the Modern World, The Guilford Press, New York, 338 p.
  • Cohen R. (ed.), 1996 -­ Theories of Migration, Deward Elgar Publishing Ltd., Cheltenham (UK)/Brookfield (US), 512 p.
  • Cortes G., Faret L., 2009 – Les circulations transnationales : lire les turbulences migratoires contemporaines , Armand Colin, Paris, 244 p.
  • Doraï K., Puig N., 2012 – L’urbanité de marges. Migrants et relégué dans les villes du Proche-­Orient, Tétraèdre/IFPO, 145 p.
  • Imbert C., Dubucs H., Dureau F., Giroud M. (eds), 2014 – D’une métropole à l’autre. Pratiques urbaines et circulations dans l’espace européen, Armand Colin, Paris, 484 p.
  • Petit V., 2007 – Migrations internationales de retour et pays d’origine, CEPED, Paris, 208 p.
  • Piché V. (ed), 2013 -­ Les théories de la migration, INED Editions, Paris, 536 p.
  • Streiff‐Fénart J., Segatti A., 2012 – The Challenge of the Threshold. Border Closures and Migration Movements in Africa, Lexington Books, Plymouth, 269 p.

Soutenance de thèse – Guillaume Le Roux – Changement urbain à Bogota

Soutenance de thèse pour l’obtention du doctorat en géographie

présentée par Guillaume Le Roux

Lundi 6 juillet 2015, 14 h 00, salle Mélusine (MSHS)

(Re)connaître le stade de peuplement actuel des grandes villes latino-américaines. Diversification des parcours des habitants et des échelles du changement urbain à Bogotá (Colombie).

(sous la direction de Françoise Dureau et Christophe Imbert)

Cette thèse propose une analyse du changement urbain récent à Bogotá en termes de « stade de peuplement ». Ce dernier se caractérise actuellement dans la capitale colombienne par un ralentissement de la croissance démographique et une diversification des origines des flux migratoires. Il fait suite à un stade au cours duquel Bogotá a connu, à l’image de nombreuses autres grandes villes latino-américaines, un exode rural massif et des taux de croissance sans précédent. A travers une approche par les mobilités spatiales, cette thèse explore les caractéristiques de ce nouveau stade de peuplement. Elle montre la manière dont les changements de composition de la population et les évolutions des expériences des habitants, dans et hors de la ville, accompagnent la superposition croissante de processus de métropolisation et de densification de l’espace urbanisé, et contribuent à la complexification des divisions sociales de l’espace. La méthode proposée s’appuie sur l’exploitation de deux enquêtes biographiques sur les mobilités spatiales réalisées à Bogotá à 16 ans d’intervalle et de données de recensement géolocalisées. Elle combine une approche à l’échelle globale de l’agglomération et une autre à l’échelle de quartiers illustratifs de transformations en cours.

Membres du jury :

  • Françoise DUREAU, Directrice de recherche honoraire, IRD
  • Christophe IMBERT, Maître de conférences, Université de Poitiers
  • Jean-Pierre LÉVY, Directeur de recherche, CNRS
  • Evelyne MESCLIER, Directrice de recherche, IRD
  • Marie PIRON, Chargée de recherche, IRD
  • Lena SANDERS, Directrice de recherche, CNRS

Soutenance de thèse – Victoire Cottereau – Les “invisibles” à l’hôpital

Soutenance de thèse pour l’obtention du doctorat en géographie

présentée par Victoire Cottereau

Mercredi 24 juin 2015, 14 h 00, salle Mélusine (MSHS)

“Les “invisibles” de l’hôpital: Parcours et projets migratoires des praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) dans la région Poitou-Charentes”

(sous la direction d’Emmanuel Ma Mung, directeur de recherche au CNRS, et d’Anne-Cécile Hoyez, chargée de recherche au CNRS)

 

Composition du jury

  • Sébastien Fleuret, Directeur de recherche CNRS, ESO, Université d’Angers (examinateur)
  • Anne-Cécile Hoyez, Chargée de recherche CNRS, ESO, Université de Rennes 2 (co-directrice)
  • Emmanuel Ma Mung, Directeur de recherche CNRS, MIGRINTER, Université de Poitiers (co-directeur)
  • Jean-Baptiste Meyer, Directeur de recherche IRD, LPED, Université d’Aix-Marseille (rapporteur)
  • Nelly Robin, Chargée de recherche (HDR), IRD, CEPED & MIGRINTER, Université de Poitiers (examinatrice)
  • Alain Vaguet, Maître de conférences (HDR), MTG, Université de Rouen (rapporteur)

 Après la soutenance, l’impétrante vous invitera à un cocktail chaleureux.