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Catholiques et Républiques dans la France contemporaine

mil-neuf-centMil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle vient de consacrer, sous la direction, de Jacques Julliard, un dossier explorant la question des Catholiques en République au cours du long XXe siècle.

Table des matières :

Jacques Julliard : Gauche et catholicisme.
Éric Thiers : La République et l’Église. Guerre impossible, paix improbable.
Patrice Rolland : Les catholiques et les libertés républicaines.
Julien Barroche : L’inconscient catholique de l’État républicain. Brèves réflexions sur une histoire française.
Gilles Candar : Un prêtre au parti ? Une controverse socialiste en 1909.
Yves Palau : La guerre civile espagnole et les catholiques français. Entre exacerbation de la controverse et confirmation des clivages internes.
Charles Mercier : Intellectuels catholiques ? Réflexions sur une éclipse.
Yann Raison du Cleuziou : Un ralliement inversé ? Le discours néo-républicain de droite depuis la Manif pour tous.
Marie Laurence Netter et Jean-Luc Pouthier : L’impossible religion civile républicaine.
Patrice Rolland : Documents. Deux catholiques dans l’Église et dans la République. Lettres de Raymond Saleilles à l’abbé Louis Birot (1906-1909).

Jacques Julliard (dir.), « Catholiques en République », Mil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle, 2016, n° 34, 256 p.

La religion quotidienne en Asie centrale aujourd’hui

Le numéro paru en 2016 d’Études mongoles & sibériennes, centrasiatiques & tibétaines consacre un dossier à la religion chez les pasteurs de Haute Asie et d’Asie intérieure.

Table des matières

Gillian G. Tan et Nicola Schneider : Introduction. Everyday Religion among Pastoralists of High and Inner Asia.
Benedikte V. Lindskog : Ritual offerings to ovoos among nomadic Halh herders of west-central Mongolia.
Bernard CharlierActions rituelles, mobilité et attachement au « pays natal » parmi des éleveurs nomades de Mongolie.
Gaerrang (Kabzung) : Tibetan identity and Tibetan Buddhism in trans-regional connection : the contemporary vegetarian movement in pastoral areas of Tibet (China).
Emilia Roza Sulek : Caterpillar fungus and the economy of sinning. On entangled relations between religious and economic in a Tibetan pastoral region of Golog, Qinghai, China.
Gillian G. Tan : « Life » and « freeing life » (tshe thar) among pastoralists of Kham: intersecting religion and environment.
Nicola Schneider : The monastery in a Tibetan pastoralist context. A case study from Kham Minyag.
Sonam Wangmo : The relationship between monastic and local communities: the example of Lhagang village in Kham Minyag.

Appel à communication. Le dialogue inter-religieux depuis les années 1960

dialogue-ir-lien-socialLes 12 et 13 octobre 2017, à l’initiative de l’Institut d’étude des faits religieux, se tiendra un colloque à l’Université d’Artois, qui portera sur la notion de dialogue inter-religieux.

Depuis les années soixante, s’est instaurée une ère de promotion de la « culture du dialogue ». Dialogue entre les Églises, dialogue inter-religieux, mais aussi dialogue social… La pratique du dialogue s’est imposée progressivement comme la garante d’une paix sociale, et pour ainsi dire le complément indispensable à toute pensée française de la laïcité. Si l’expression « culture du dialogue » s’est laïcisée depuis les années 1960, à l’origine, elle fut d’abord utilisée dans les milieux œcuménistes chrétiens, puis dans ceux du dialogue inter-religieux, avant d’être adoptée par d’autres milieux, non confessionnels.
Le christianisme, en ses différentes traditions, a cherché à définir en quoi consiste cette « culture du dialogue ». S’inscrivant dans le mouvement lancé au moment du second Concile de Vatican, l’Église catholique s’est particulièrement montrée volontaire dans ce domaine, en définissant le dialogue inter-religieux comme une condition nécessaire à la paix sociale (Evangelii Gaudium, 2013), et en cherchant à comprendre la place de « la culture du dialogue dans un monde globalisé » (thème de la rencontre interreligieuse entre catholiques et musulmans, organisée à Tripoli en 2002).
L’évolution des pratiques du dialogue inter-religieux depuis le début des années soixante interroge cependant. S’il a toujours été entendu que ce dialogue pouvait comprendre plusieurs niveaux, à la fois de rigueur et de convivialité, il semblerait que le plébiscite des médias et du pouvoir public aux formes démonstratives de rencontre interreligieuse ait produit ses effets sur la « culture du dialogue », bien souvent limitée à son aspect social.
Le dialogue théologique, exigeant et encadré, ne constitue pas la seule voie de rapprochement entre fidèles de communautés religieuses différentes. D’une certaine manière, son exigence intellectuelle et spirituelle le pose en exception dans le champ des rencontres interreligieuses. Ainsi, le document Dialogue et Annonce (1991), écrit conjointement par la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, distingue-t-il quatre formes de dialogue entre religions : le « dialogue de la vie », où les gens s’efforcent de vivre dans un esprit d’ouverture et de bon voisinage, le « dialogue des œuvres », où il y a collaboration en vue du développement intégral et de la libération totale de l’homme, le « dialogue des échanges théologiques », où des spécialistes cherchent à approfondir la compréhension de leurs héritages religieux respectifs et à apprécier les valeurs spirituelles les uns des autres, et le « dialogue de l’expérience religieuse », où des personnes enracinées dans leurs propres traditions religieuses partagent leurs richesses spirituelles.
Le colloque entend s’intéresser aux deux premières formes de dialogue définies par ce document, et à leurs réalisations dans le champ du lien social.

Le postulat de départ est le suivant : la notion de dialogue inter-religieux, dont la genèse remonte aux années 1950 et 1960, semble aujourd’hui victime de son succès. Le langage médiatique et politique l’utilise sans précaution pour désigner des pratiques qui relèvent plus de la construction du lien social que du rigoureux dialogue de foi. Plus qu’à son tour, la notion de dialogue inter-religieux est invoquée et utilisée pour nommer des positionnements insuffisamment questionnés. Tout se passe comme s’il y avait aujourd’hui une contamination du dialogue inter-religieux par l’idéologie du « vivre-ensemble ». Cette dégradation fait courir le risque de vider de toute substance une notion pourtant complexe en la réduisant à une cohabitation qui n’impliquerait pas d’effets intra-religieux.
En réaction à cet état de fait, il apparaît urgent d’étudier la genèse complexe de la notion de « dialogue inter-religieux » afin de l’établir en objet de recherche, et d’éclairer ainsi en retour les enjeux et les limites du « dialogue pratique » actuel entre religions.

Le colloque invite, de manière non exhaustive, des historiens, des sociologues, des civilisationnistes et des philosophes, à s’interroger sur l’une des cinq questions suivantes :
1) Peut-on dater ce désir de dialogue inter-religieux, au sein des religions, de la société et des médias ?
2) Sa popularité actuelle correspond-elle à une crise du lien social ?
3) Quelles conséquences a cette notion sur le principe juridique de laïcité; contribue-t-elle à le préciser ?
4) Le dialogue inter-religieux a-t-il des conséquences au sein de chaque religion et des cultures, sur le plan national et international ?
5) Quelles conséquences auraient une définition et une étude claire du dialogue inter-religieux sur la recherche des causes de la radicalisation de certains de nos jeunes (en lien avec les politiques publiques de prévention) ?

Les propositions de communication (3.000 caractères maximum, espaces compris) ainsi qu’une notice bio-bibliographique sont à envoyer à Charles Coutel (charles.coutel[a]univ-artois-fr), Christophe Leduc (christophe.leduc[a]univ-artois-fr) et Olivier Rota (olivier.rota[a]univ-artois-fr) avant le 15 mars 2017.
La proposition doit être reliée explicitement à l’une des cinq entrées mentionnées.

Responsables scientifiques :
Charles Coutel, Université d’Artois, CDEP ;
Christophe Leduc, Université d’Artois, CREHS ;
Olivier Rota, Université d’Artois, T&C.

Comité scientifique :
Cécile Carra, Université d’Artois, LEM ;
Danielle Delmaire, Université de Lille 3, CECILLE ;
Charles Giry-Deloison, Université d’Artois, CREHS ;
Jan Goes, Université d’Artois, Grammatica ;
Charles Mériaux, Université de Lille 3, IRHiS ;
François Raviez, Université d’Artois, T&C ;
Catherine Vialle, Institut Catholique de Lille, Anthropologies théologique et philosophique ; Anne-Gaëlle Weber, Université d’Artois, T&C.

Colloque international. Les acteurs de Vatican II au travers de nouvelles archives

VATICANO II depliantDu 9 au 11 décembre 2015, se tiendra à la Cité du Vatican un colloque international portant sur le concile Vatican II et ses acteurs à la lumière des archives, organisé par le Comité pontifical des Sciences historiques.

Programme :

9 décembre 2015 (salle saint Pie X, Via della Concilazione)

Session inaugurale

16h : Bernard Ardura, président du Comité pontifical des Sciences historiques : Introduction.
16h10 : S. Ém. le Cardinal Laurent Monsengwo Pasiny, archevêque de Kinshasa : Le cardinal Malula : une vision africaine du concile Vatican II.
16h30 : John W. O’Malley, Georgetown University, correspondant du Comité pontifical des Sciences historiques : Deconstructing and Reconstructing a Cliché.
17h : Philippe Chenaux, directeur du Centre d’Études et de Recherches sur le concile Vatican II, Comité pontifical des Sciences historiques : Paul VI et le Concile.
17h30 : Son Exc. Filaret, évêque de Lvov et de Galicie, Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou) : Il Concilio Vaticano II e la Chiesa Ortodossa Russa.
18h : Michael Quisinsky, Université de Fribourg (Suisse) : L’héritage de Lukas Vischer sur Vatican II.

10 décembre 2015 (salle saint Pie X, Via della Concilazione)

Session I : I protagonisti rivelati dagli archivi.
Présidence : Ugo Baldini, Università degli Studi di Padova.

9h : début des travaux.
Saretta Marotta, Fondazione per le scienze religiose Giovanni XXIII di Bologna : Il Cardinale Agostino Bea a partire dallo studio del suo archivio privato.
Giuseppe Militello, Istituto Superiore di Scienze Religiose di Albenga-Imperia : L’opera del Cardinale Giuseppe Siri, dallo studio del suo Diario e della sua corrispondenza.
Christian Sorrel, Université Lumière Lyon 2, correspondant du Comité pontifical des Sciences historiques : Les journaux conciliaires des évêques français. Premier bilan d’une recherche.
Jean-Paul Messina, Université Catholique d’Afrique Centrale, Yaoundé, correspondant du Comité pontifical des Sciences historiques : Monseigneur Jean Zoa, Père africain du concile Vatican II.
Emilia Hrabovec, Univerzita Komenského v Bratislave, Comité pontifical des Sciences historiques, et Mgr Viliam Judák, évêque de Nitra : Eduard Nécsey, un protagonista conciliare sconosciuto da oltrecortina.
10h40-11h : pause.

Riccardo Burigana, Istituto di Studi Ecumenici « S. Bernardino », Venise : La redazione della Costituzione dogmatica Dei Verbum a partire dall’opera del Cardinale Ermenegildo Florit e del Padre Umberto Betti.
Mathijs Lamberigts, Katholieke Universiteit Leuven : The role of Mgr. Charue, vice-president of the theological commission during Vatican II.
Carlo Pioppi, Pontificia Università della Santa Croce : Álvaro del Portillo e la redazione del Decreto Presbyterorum Ordinis sulla vita e il ministero dei presbiteri.
Paul Gundani, University of South Africa (Pretoria), correspondant du Comité pontifical des Sciences historiques : Breathing life to “dry bones” (Ez 37:4): Bishop Donal (Raymond) Lamont’s perspective of mission at Vatican II.
Erich Leitenberger, directeur de Kathpress, Vienne : l cardinale Franz König al Concilio Vaticano II: fiducia nel Papa e considerazione dei teologi e dei laici.

Session 2 : Le reti di contatto e di opinioni.
Président de séance : Mgr Sergio Pagano, Archives secrètes vaticanes, Comité pontifical des Sciences historiques.

15h30 : début des travaux.
Karim Schelkens, Katholieke Universiteit Leuven : Monseigneur Willebrands et les observateurs non-catholiques, un réseau influent au concile.
Gilles Routhier, Université Laval, Québec : Vatican II: Carrefour d’une Église-monde. L’insertion des évêques canadiens dans des réseaux d’évêques.
Francis Thonippara, Dharmaram College, Bangalore : The interventions of the Indian Oriental Bishops in the Second Vatican Council for the rightful autonomy of the Oriental Catholic Churches in India.
András Fejérdy, Université catholique Péter Pázmány, Académie hongroise des Sciences (Budapest) : Tra Padri Conciliari e Governo ungherese. Il ruolo del giornalista cattolico Vid Mihelics durante il Concilio Vaticano II.
17h10-17h30 : pause.

Krisztina Tóth, Pázmány Péter Catholic University Piliscsaba of Budapest : The participation of the Hungarian Council fathers at the Second Vatican Council.
Paulo Anto Pulikkan, St. Mary’s Minor Seminary, Kerala : English speaking bishops on the Church in the Modern World.
Peter Pfister, Archiv des Erzbistums München und Freising : Reflections on Julius Cardinal Döpfner’s Networks during the Second Vatican Council.
Oleh Turiy, Ukrainian Catholic University, Lvov : Il cardinale Slipji e i greco cattolici ucraini.
Eduardo Chávez Sánchez, Instituto Superior de Estudios Guadalupanos, Villa de Guadalupe : Los obispos mexicanos en el Concilio Vaticano II y la exposición de retos existenciales.
Carlos Salinas Araneda, Université pontificale de Valparaíso, Comité pontifical des Sciences historiques : El Concilio Vaticano II vivido desde dos arzobispados del sur de América Latina: Lima y Santiago de Chile.

11 décembre 2015 (Université pontificale du Latran, aula Pio XI)

Session 3 : Le evoluzioni nel corso del Concilio.
Président de séance : Mgr Enrico Dal Covolo, Université pontificale du Latran, Comité pontifical des Sciences historiques.

9h : mots d’accueil de Mgr Enrico Dal Covolo, recteur de l’Université pontificale du Latran.
Gerald P. Fogarty, University of Virginia : Rediscovery of Collegiality by the American Bishops during the Second Vatican Council.
Fermina Alvarez Alonso, Centro Studi e Ricerche sul concilio Vaticano II: Casimiro Morcillo : una coscienza collegiale dell’episcopato spagnolo.
Tricia Pyne, Associated Archives at St. Mary’s Seminary and University, Baltimore : The influence of Vatican II on Cardinal Archbishop Lawrence J. Shehan of Baltimore.
Manuelita Nuñez, Panorama Católico – Panama : Pensiamento y acción del Padre Conciliar Marcos Gregorio McGrath en el Concilio Vaticano II y en el Postconcilio.
10h30-11h : pause.

Philippe Roy-Lysencourt, FRS-FNRS, Belgique; Université Laval, Canada : Le concile de l’abbé Victor-Alain Berto, théologien de Mgr Marcel Lefebvre et du Coetus Internationalis Patrum.
Piero Doria, Archivio Segreto Vaticano : La Chiesa del Concilio tra tradizione e aggiornamento nella visione del vescovo Luigi Maria Carli.
Maria Teresa Fattori, Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia : Liturgie e gesti simbolici nel concilio Vaticano II. I progetti del Cerimoniale e le proposte dei Padri conciliari.
Alberto Melloni, Fondazione per le scienze religiose Giovanni XXIII di Bologna : Concordanza degli Acta su « La riforma del linguaggio: gli interventi dei Padri e a loro expressio ».
Mgr Francesco Milito, évêque d’Oppido-Palmi : Monsignor Giuseppe Vairo : dal Sud d’Italia agli orizzonti della Chiesa in Concilio.

Session 4 : Vaticano II, cinquante anni dopo.

16h : Table ronde.
Introduction : Bernard Ardura, président du Comité pontifical des Sciences historiques.
En présence : Son Ém. le cardinal Georges Cottier, théologien honoraire de la Maison pontificale ; Philippe Chenaux ; Mgr Filaret : Alexeï Dikarev, Délégué du Département pour les Relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou ; l’archevêque David Moxon, représentant de l’archevêché de Canterbury auprès du Saint-Siège et directeur de l’Anglican Centre in Rome.
Avec un message du rabbin de Rome, Rav. Dr. Riccardo Di Segni.

Renseignements et informations :
Secrétariat du Comité pontifical des Sciences historiques, Piazza Pio XII, 3 ; 00120 Città del Vaticano ; courriel : applicato[a]historia.va

Dépliant-programme : Vatican II. Dépliant

Itinéraires de recherche en histoire religieuse contemporaine : E. Fouilloux et M. Fourcade

Fourcade-Fouilloux-001Vient de paraître, sous la plume de Michel Fourcade, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paul Valéry-Montpellier et d’Étienne Fouilloux, professeur émérite à l’Université Lumière Lyon 2, Religion, Culture et Histoire. Lignes de vie et de recherche.
Tous deux spécialistes des évolutions du christianisme contemporain, et très attentifs à son inscription dans la culture, les auteurs croisent les orientations de leurs recherches, leur ligne de vie autobiographique et leur propre parcours spirituel. L’histoire de la pensée et de la culture chrétiennes, dont ils refusent l’un et l’autre l’étude en vase clos, est ici rendue à l’histoire générale, dont les mutations religieuses constituent, à travers même la sécularisation ou la postmodernité, une clé d’intelligence essentielle. Leur ancrage générationnel et ecclésial différent donne aussi à ces deux témoignages, « au cœur du XX siècle religieux » (É. Fouilloux), une large surface de contact avec les transformations, les crises et les défis du catholicisme postconciliaire.

Table des matières

Étienne Fouilloux : Préface

Étienne Fouilloux : Chemins intellectuels et spirituels

1. Une enfance sans Dieu
2. Une éducation laïque
3. Converti ?
4. Militant catholique
5. Historien catholique
6. « L’épreuve du feu »
7. « Troisième homme »
8. Un agnosticisme de principe
Conclusion

Michel Fourcade : Un itinéraire de recherches

1. Des origines
2. Histoire, coefficient philosophie
3. Une thèse
4. Du côté de la théologie politique
5. Un christianisme exculturé ?
6. Un catholicisme postmoderne ?

Michel Fourcade : Postface.

Étienne Fouilloux et Michel Fourcade, Religion, Culture et Histoire. Lignes de Vie et de Recherche, Châteauneuf-sur-Charente, CLD (Essai d’histoire), 2015, 278 p., 20 €

Colloque international. Religion et politique dans l’Europe post-napoléonienne

AfficheColloqueReligionPolitique1815Du 22 au 24 octobre 2015, se tiendra à Lyon un colloque international organisé par Paul Chopelin. Il s’agira d’examiner à nouveaux frais les relations entre Religion et politique dans l’Europe de 1815.

Au cœur de grandes synthèses classiques, comme celles, en langue française, de Jean Leflon, d’André Latreille et de Bernard Plongeron, l’histoire politico-religieuse de « l’ère napoléonienne » et des Restaurations a néanmoins longtemps été le parent pauvre de l’histoire religieuse moderne et contemporaine, écartelée entre les spécialités académiques des « dix-huitiémistes » et des « dix-neuviémistes ».
Pour les uns, les années 1810-1820 viennent clore l’étude du mouvement des réformes ecclésiastiques des Lumières, marqué par l’étatisation des Églises nationales et la sécularisation des sociétés. Pour les autres, la période des Restaurations est plutôt perçue comme un point de départ, un préambule à l’étude des réponses apportées par les Églises aux défis du libéralisme et de la démocratie à partir des années 1840, tandis que les « utopies réactionnaires » sombreraient peu à peu dans la marginalité. Quand l’Empire et les Restaurations ne sont pas englobés de façon anonyme dans une histoire « longue » des pratiques religieuses et de la « religion populaire ». En France, après les travaux pionniers de Guillaume de Bertier de Sauvigny, l’attention des historiens s’est de nouveau portée sur l’histoire ecclésiastique pour interroger les rapports, complexes, entre Église et État, de l’Empire (Bernard Plongeron, Jacques-Olivier Boudon) aux Restaurations (Philippe Boutry).
Ce renouveau a été récemment marqué par la tenue de deux journées d’études ouvrant de fructueuses perspectives de recherche pour les trois premières décennies du XIXe siècle, l’une, Le Concordat à l’épreuve (1808-1814), organisée par Jacques-Olivier Boudon et Rémy Hême de Lacotte en septembre 2010 (actes à paraître), et l’autre, L’union du Trône et de l’Autel, couvrant la période 1814-1830, à l’initiative de Matthieu Brejon de Lavergnée et d’Olivier Tort en septembre 2008.
Afin de poursuivre la réflexion ainsi réamorcée, l’objectif de ce colloque est de se pencher sur la supposée rupture de 1814-1815 dans l’histoire des rapports Églises/États en France et en Europe.

Peut-on encore écrire une histoire chronologiquement cloisonnée des Églises sous la Révolution, l’Empire et les Restaurations ? Quelle est la part des héritages du réformisme éclairé, des politiques révolutionnaires et impériales dans l’organisation des Églises, mais également dans la pastorale déployée par les différentes autorités ecclésiastiques européennes en 1815 ? Quel statut pour les minorités religieuses ? Quels ont été les effets de la transition politique de 1814-1815 sur le personnel ecclésiastique dans les territoires composant le défunt Grand Empire ? Assiste-t-on à la simple poursuite d’un processus de sécularisation des sociétés amorcé dans les années 1750 ? Pour les pays les plus exposés aux soubresauts politiques entre 1789 et 1820 (France, Italie, Espagne), comment le clergé a-t-il vécu les changements de régime successifs ? L’Église de France fut-elle ainsi une Église de « girouettes » ? On peut en effet s’interroger, en reprenant la réflexion de Pierre Serna autour des palinodies du personnel politique, sur le ressenti d’une génération de prêtres et de fidèles confrontée à quarante ans de querelles théologico-politiques et de débats autour des serments de soumission à l’autorité civile dans l’Europe catholique. Quelle a été l’attitude des croyants face aux aléas politico-militaires des années 1810 ? Dans ce contexte tourmenté, assiste-t-on à un réveil du providentialisme ? De quelles recompositions religieuses l’Europe a-t-elle été le théâtre après l’effondrement du système napoléonien ? Les pratiques de surveillance et d’encadrement tant du clergé que des fidèles ont-elles fondamentalement changé ?
Il est nécessaire de reprendre ici les pistes suivies lors du colloque Napoleon’s Legacy organisé à l’Institute of Historical Research de Londres en 1997 (publié en 2000), qui soulignait l’importance des continuités administratives et la persistance du modèle napoléonien dans l’Europe des Restaurations. En centrant le propos sur le « moment » 1814-1815, nous privilégions l’étude d’un temps court, mais celui-ci devra nécessairement être replacé dans une perspective chronologique plus longue, afin de nuancer l’importance du « tournant post-révolutionnaire » dans l’Europe du Congrès de Vienne.

Programme :

Jeudi 22 octobre

10h : Accueil des participants.
10h30 : Introduction.
11h : Kirsty Carpenter, professeur, Massey University, Nouvelle-Zélande : Conférence inaugurale. Expérience religieuse et retour d’émigration : le témoignage des femmes de lettres.

Aspects du providentialisme politique en 1815

14h : Marie-Pierre Rey, Paris I : La mystique de la paix du tsar Alexandre Ier.
14h30 : Anselm Schubert, Université d’Erlangen : Liturgy of War. Prussian Victory Celebrations (1814-1815).
15h-15h30 : Discussion et pause.
15h30 : Roberto Regoli, Université pontificale grégorienne : Les Restaurations à Rome.
16h : Paul Chopelin, Lyon III, LARHRA : Un manifeste théologico-politique. La cérémonie funèbre du 21 janvier 1815 dans la cathédrale Saint-Étienne de Vienne.
16h30-17h : Discussion.

Visite de la chapelle expiatoire des Brotteaux (sur inscription)

Vendredi 23 octobre

Le positionnement politique des corps épiscopaux

9h : Andoni Artola, Université de Clermont-Ferrand, CHEC : Les évêques espagnols face au retour du roi (1814-1815).
9h30 : Francesco Buscemi, École normale supérieure de Pise : Les évêques et la reconquête religieuse de l’Italie. Liturgie, pastorale, politique (1814-1815).
10h-10h30 : Discussion et pause.
10h30 : Bettina Frederking, IHRF-CNRS : Dieu l’aura voulu. Les mandements des évêques français entre Louis XVIII et Napoléon.
11h : Bernd Klesmann, Université de Cologne : La vacance du siège d’Aix-la-Chapelle (1814-1821).
11h30-12h : Discussion.

La réorganisation des Églises

14h : Rémy Hême de Lacotte, Paris IV, Centre d’histoire du XIXe siècle : Heurts et recompositions du clergé français dans les premières années de la Restauration (1814-1816).
14h30 : Nicola Todorov, Paris I, Centre d’histoire du XIXe siècle : « Jamais l’aversion pour l’ordre ecclésiastique ne s’est manifestée davantage. » Les ecclésiastiques de l’ancien royaume de Westphalie face au tournant de 1813-1815.
15h-15h30 : Discussion et pause.
15h30 : Jean-Marc Ticchi, CéSor-EHESS : Aspects dévotionnels et miraculaires du retour du pape à Rome (1814-1815).
16h : Jean-Pierre Chantin, LARHRA : Les anticoncordataires et la Restauration, entre espoir et déception (1814-1817).
16h30 : Frédéric Libaud, Strasbourg : 1815 et les origines du mouvement d’Oxford.
17h-17h30 : Discussion.

Samedi 24 octobre

Minorités religieuses, entre dissidence et intégration

8h30 : Céline Borello, Université de Haute-Alsace, CRESAT : Entre régimisme et girouettisme : consistoires et pasteurs protestants face à la Restauration.
9h : Philippe Landau, Consistoire israélite de Paris : Des nations juives aux Français israélites : les enjeux de la Régénération (1784-1818).
9h30 : Silvia Richter, Université Humboldt, Berlin : La question de l’émancipation juive au congrès de Vienne et ses répercussions dans l’espace germanique.
10h : Pierre Triomphe, Montpellier-CRISES : Solidarités religieuses transnationales et enjeux de politique intérieure à l’époque de la Terreur blanche : les réponses des consistoires français aux offres de secours britanniques.
10h30-11h : Discussion et pause.
11h : Pierre Serna, Paris I-IHRF : Conclusions.

Les séances se tiendront à l’Université Jean Moulin Lyon 3, bâtiment de la recherche, salle de la Rotonde (18 rue Chevreul, 69007 Lyon).

Renseignements :
Téléphone : 04 78 78 71 65
Courriel : paul.chopelin[a]univ-lyon3.fr

Comité d’organisation :
Céline Borello, Université de Haute-Alsace-CRESAT ; Paul Chopelin, Lyon III-LARHRA ; Bettina Frederking, IHRF-CNRS ; Rémy Hême de Lacotte, Paris I-Paris IV-Centre d’histoire du XIXe siècle.

Comité scientifique :
Jacques-Olivier Boudon, Paris IV, Centre d’histoire du XIXe siècle ; Philippe Bourdin, Clermont-Ferrand, CHEC ; Jean-Claude Caron, Clermont-Ferrand, CHEC ; Gudrun Gersmann, Université de Cologne ; Jean-Philippe Luis, Clermont-Ferrand, CHEC ; Jean-Clément Martin, Paris I, IHRF ; Roberto Regoli, Université pontificale grégorienne, Rome ; Marie-Pierre Rey, Paris I, CRHS ; Pierre Serna, Paris I, IHRF ; Christian Sorrel, Lyon II, LARHRA ; Emmanuel de Waresquiel, EPHE.

Colloque international. Autour de la figure du Père Cestac. Religion, société et charité au XIXe siècle

Du 15 au 17 octobre 2015, se tiendra à Anglet un colloque international, sous la responsabilité scientifique de Marc Agostino et de Josette Pontet et sous la présidence d’honneur du professeur Philippe Levillain, membre de l’Institut, Autour de la béatification du père Cestac. Société, religion et charité au XIXe siècle.

Programme :

Jeudi 15 octobre

14h : Accueil des participants.
14h15 : Ouverture du colloque par M. le Maire d’Anglet.

L’Église et la béatification : un difficile périple
Président de séance : Philippe Levillain, professeur émérite, Université Paris-Ouest-Nanterre, membre de l’Institut.

14h30 : Philippe Loupès, professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne : Le long chemin vers la béatification : le cas de Jeanne de Lestonnac.
15 h : Sœur Louisette Saba, Servante de Marie, vice-postulatrice de la Cause du Père Cestac : Les chemins de la béatification du Père Cestac.
15h30 : Yves Chiron, historien, directeur du Dictionnaire de biographie française : Portrait spirituel et moral du Père Cestac.
16h : Questions-débats.
16h15 : Joachim Bouflet, docteur en histoire, consultant auprès de postulateurs à la Congrégation pour la cause des saints : Élise Cestac : la grandeur de la discrétion.
16h45 : Marc Agostino, professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne : La papauté du XXe siècle et la béatification et canonisation des grandes figures sociales de l’Église.
17h15-17h45 : Questions-débats.

18h : Marie-Bernadette Dufourcet-Hakim, professeur de musicologie, Université Bordeaux Montaigne, organiste honoraire de l’église Notre-Dame-des-Champs : Un concert d’orgue au temps du Père Cestac.

Vendredi 16 octobre

Le père Cestac et la société de son temps
Président : Jean-Michel Barate, maire-adjoint, délégué à la culture de la Ville d’Anglet.

9h : abbé Philippe Fabas, docteur en histoire, Université Bordeaux Montaigne : Le retentissement de l’action de l’abbé Cestac dans le diocèse de Bayonne.
9h30 : Josette Pontet, professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne : Misère et précarité dans les sociétés urbaines au XIXe siècle : l’exemple de Bayonne.
10h : Anne Oukhémanou, docteur en histoire, Université Bordeaux Montaigne : Le Consistoire israélite de Bayonne et la bienfaisance au XIXe siècle.
10h30-10h45 : Questions-débats.
10h 45-11h : Pause.
11h : Étienne Rousseau-Ploto, professeur d’histoire au Lycée Maurice Ravel : La figure du Père Cestac dans l’iconographie locale ou régionale.
11h30 : Marc Agostino, professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne : Réflexions sur l’historiographie du Père Cestac.
12h-12h15 : Questions-débats.

Les congrégations religieuses au XIXe siècle et leur essor
Président de séance : Philippe Loupès, professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne.

14h30 : Nicolas Champ, maître de conférences, Université Bordeaux Montaigne : Les Servantes de Marie, une congrégation enseignante majeure du Sud-Ouest aquitain au XIXe siècle.
15h : José Andrès-Gallego, professeur émérite de l’université CEU San Pablo, docteur ad honorem du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC), Madrid : L’essor des congrégations féminines espagnoles au XIXe siècle : quelques singularités.
15h30 : Christian Sorrel, professeur, Université Lyon 2 Lumière : La société française et les congrégations religieuses : le patrimoine en débat.
16h-16h15 : Questions-débats.
16h30 : Visite des Bernardines.

20h30 : Chapelle Notre-Dame du Refuge : Concert donné par l’ensemble vocal Ascèse et des solistes de l’orchestre Bayonne-Côte basque.

Samedi 17 octobre

Église, foi et charité
Président de séance : Marc Agostino, professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne

10h : Philippe Levillain, professeur émérite, Université Paris-Ouest-Nanterre, membre de l’Institut : Hagiographie, histoire, sainteté autour du Père Cestac.
10h30 : Antón M. Pazos, Consejo superior de investigaciones centificas, Santiago de Compostela : Plus que pèlerins. Charité et œuvres de charité à Saint-Jacques de Compostelle à la fin du XIXe siècle.
11h : Anne Jusseaume, Centre d’histoire de Sciences-Po, Paris : Vocations charitables de la Restauration à la laïcisation : devenir sœur de charité au XIXe siècle en France.
11h30 : Séverine Pacteau de Luze, Institut d’Études politiques de Bordeaux : Traduire la foi en actes : les œuvres de charité du protestantisme bordelais au XIXe siècle.
12h-12h15 : Questions-débats.

Œuvres charitables et action sociale
Président de séance : Jean-Pierre Moisset, maître de conférences, Université Bordeaux Montaigne.

14h15 : Catherine Maurer, professeur, Université de Strasbourg : Les œuvres charitables dans les villes allemandes au XIXe siècle.
14h45 : Hélène Lanusse-Cazalé, docteur en histoire, Université de Pau et des Pays de l’Adour : De la charité à l’action sociale : les œuvres protestantes dans le Sud-Ouest aquitain.
15h15 : Céline Leglaive-Perani, EHESS : La communauté juive française et l’assistance aux jeunes filles en difficulté entre 1860 et 1930.
15h45-16h : Questions-débats.

16h : Annie Lenoble-Bart, professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne : Conclusions.
16h30 : clôture du colloque.

Les séances se tiendront à Notre-Dame du Refuge, 36 promenade de La Barre (Anglet).

Programme et renseignements pratiques : Autour du Père Cestac. Programme

Colloque international. Chrétiens et Juifs à l’époque contemporaine

Programme colloque mission opti-001Les 19 et 20 novembre, se tiendra un colloque organisé par Danielle Delmaire, Philippe Loiseau, Marie-Hélène Robert et Olivier Rota qui portera sur De nouvelles approches entre chrétiens et Juifs (XIXe-XXIe siècles). D’une mission identitaire à une mission diversifiée.
Ce colloque pluridisciplinaire poursuit la thématique relations judéo-chrétiennes débutée en 2013 par la journée d’études Histoire et théologie des relations judéo-chrétiennes (Paris, Parole & Silence, 2014), et prolongée en novembre 2014 par la manifestation scientifique Représentations juives du christianisme (XIXe-XXe siècles)  (Tsafon, à paraître en automne 2015).
La présente manifestation s’inscrit dans le cadre des célébrations d’automne 2015 autour du 50e anniversaire de la déclaration conciliaire Nostra Aetate (dont le quatrième paragraphe porte sur les relations de l’Église catholique aux Juifs) pour intensifier, dans un cadre universitaire, le dialogue entre deux champs disciplinaires fortement liés : l’histoire et la théologie. Les différents textes promulgués par le second Concile de Vatican ont mis en tension la vocation missionnaire de l’Église catholique et ses nouvelles dispositions pour le dialogue interreligieux. Dans ce contexte, la mission aux Juifs, prônée par certains secteurs de l’Église catholique depuis la première moitié du XIXe siècle, apparaît sans objet. La relation aux Juifs, progressivement déplacée vers le champ de l’œcuménisme au cours des années 1950, appelle à penser à nouveaux frais la vocation des Juifs dans la pensée chrétienne. Biblistes, exégètes et théologiens redécouvrent après Vatican II le contexte historique des premières communautés chrétiennes. Parmi eux, certains se risquent à penser la vocation de l’Église en lien avec la vocation de la Synagogue. S’appuyant sur des travaux historiens consacrés aux relations judéo-chrétiennes des premiers siècles de notre ère, ils formulent en termes nouveaux la mission de l’Église et redéfinissent son identité.

Programme :

19 novembre. Approche historique
Journée coordonnée par Danielle Delmaire et Olivier Rota

9h : Accueil des participants
9h15 : Danielle Delmaire, Philippe Loiseau, Marie-Hélène Robert et Olivier Rota : Quelques mots d’introduction.

Les modalités de la mission aux Juifs

9h30 : Danielle Delmaire, Université Lille 3 : Quelques conversions forcées au XIXe siècle.
10h15 : Daniel Moulinet, Université catholique de Lyon : Mgr Gaume et la « conversion finale des Juifs ».
11h : Pause-café.
11h15 : Olivier Rota, Université d’Artois : Une mission catholique aux Juifs des années 1920 à la fin des années 1950 ?
12h : Repas.

Les voies du renouvellement

14h : Anaëlle Lévi, doctorante EPHE : Jean de Menasce (1902-1973) et l’apostolat des juifs : sciences et théologie du judaïsme.
14h45 : Danielle Delmaire et Oliver Rota : L’Œuvre Saint Jacques : un nouveau modèle missionnaire en Israël.
15h30 : Pause-café
15h45 : Eliezer Schilt, doct. Ben Gourion University : De vives réactions juives à la mission chrétienne en Israël.
16h30 : Yves Chevalier, Université de Tours, directeur de la revue Sens : Témoignage.
17h : Fin de la première journée.

20 novembre : approche théologique
Journée coordonnée par Philippe Loiseau et Marie-Hélène Robert

Les lieux du renouvellement : la compréhension des Écritures

9h30 : François Lestang, Université catholique de Lyon : Y a-t-il une mission vers des non-Juifs dans les Actes des Apôtres ? Nouveauté et réception des positions de Jacob Jervell.
10h15 : Marc Rastoin, Institut Biblique Pontifical, Rome : Lire et relire les épîtres de Paul.
11h : Pause-café.
11h15 : Patrick Andrist, Privat-docent à l’Université de Fribourg, Suisse : Lire les Pères de l’Église dans leur contexte historique.
12h : Repas.

Prospectives théologiques et exégétiques

14h : Thierry Vernet, Faculté Notre-Dame, Paris : Le cardinal Lustiger : une pensée eschatologique pour les Juifs et les chrétiens ?
14h45 : Philippe Loiseau, Université catholique d’Angers : Israël et les nations : une prospective théologique.
15h30 : Pause-café.
15h45 : Marie-Hélène Robert, Université catholique de Lyon : Résoudre la tension entre mission et dialogue : de nouvelles perspectives.
16h30 : Charles Coutel, Université d’Artois, directeur de l’IEFR : Conclusions.

Chaque intervention de 30 minutes est suivie d’échanges avec les participants et les auditeurs.

Les séances se dérouleront à salle des colloques de la la Maison de la Recherche de l’Université d’Artois.

Contact : olivier.rota[a]univ-artois.fr (03 21 60 38 11).

Programme-dépliant : Nouvelles approches entre Chrétiens et Juifs. Programme

Colloque. Le catholicisme dans la France contemporaine, un fait minoritaire ?

Dans le cadre du projet « Minorel », se tiendra à Paris les 15 et 16 octobre 2015 un colloque portant sur Le(s) catholicisme(s) en France aujourd’hui: une minorité ?

Programme

Jeudi 15 octobre 2015

9h15 :
Accueil par la direction du CéSor.
Anne-Laure Zwilling, CNRS : Présentation du programme Minorel.
Rita Hermon-Belot, EHESS : Introduction des journées.

Session 1 : Le catholicisme français comme minorité

9h45 : Danièle Hervieu-Léger, EHESS : Minorité et visibilité: une nouvelle donne de l’affirmation identitaire du catholicisme en France.
10h15 : Pause.
10h30 : Céline Béraud, Université de Caen-IUF : Laisser la place. Quand le catholicisme devient un culte comme les autres dans les aumôneries de prison et d’hôpital.
11h : Blandine Tardif, EHESS : Mise en forme d’un discours de la minorité dans Famille Chrétienne, entre utopie et pragmatisme.
11h30 : Michel Deneken, Faculté de théologie catholique, Université de Strasbourg : Être minoritaire change-t-il la nature du catholicisme? Quelques considérations sur le catholicisme en France aujourd’hui.
12h-12h30 : discussion générale.

Session 2 : Un catholicisme romain au pluriel ?

14h : Yann Raison du Cleuziou, Université de Bordeaux : Distinctions, alliances et rapports de force au sein du catholicisme français aujourd’hui.
14h30 : Marie Balas, Université de Strasbourg : “Tout dépend de l’actualité politique” : la publicisation des causes chez la jeunesse catholique traditionnaliste.
15h : Pause.
15h30 : Vincent Soulage, EPHE : Faut-il enterrer les cathos de gauche ?
16h : Denis Pelletier, EPHE : Benoît XVI en France (juillet 2008).
16h30-17h : discussion générale.

Vendredi 16 octobre 2015

Session 3 : Hors de l’obédience romaine

9h30 : Jean-Pierre Chantin, Université Lyon III : Les trois voies de la dissidence catholique depuis le XIXe siècle.
10h : Luc Perrin, Faculté de théologie catholique, Université de Strasbourg : Généalogie de l’intégrisme-traditionalisme, XXe-XXIe siècles.
10h30 : Pause.
11h : Paul Airiau, IEP Paris : Les catholicismes dits « traditionalistes » et « intégristes » : essai cartographique.
11h30 : Discussion générale.
12h-12h30 : Frédéric Gugelot, Université de Reims Champagne-Ardennes : Conclusions.

Les séances se tiendront à l’EHESS (bâtiment Le France, 190-198 avenue de France, 75013 Paris, Salle du Conseil).

Le projet de recherche interdisciplinaire Dynamiques religieuses et groupes minoritaires: évolutions récentes du paysage français est porté par les équipes de recherche DRES, GSRL, ISERL, CéSor (http://mineurel-france.sciencesconf.org/).

Colloque international. Des diocèses dans la Grande Guerre

diocèses en guerreLes 22 et 23 octobre 2015, se tiendra à l’Université catholique de Lille, sous la direction scientifique de Jean Heuclin, un colloque international portant sur Les diocèses en guerre.

La Première Guerre mondiale déclenchée de façon impromptue sur fond d’exaspération des nationalismes a suscité très tôt dans les clergés chrétiens de part et d’autre du Rhin une virulence de propos qui dépassèrent les simples justifications militaires et stratégiques. La violence péremptoire des termes employés dans les sermons et lettres pastorales par les ministres du culte ouvrait la porte à un sentiment religieux de peur, nouvelle eschatologie dont certains attendaient un revival religieux. L’image du Christ martyr fut de part et d’autre largement utilisée, mais qui était ce Christ auquel on identifiait la souffrance du soldat au fond de sa tranchée ?
On invoqua également une guerre sainte sous la houlette d’un Christ en croix, les bras tendus vers le Ciel, implorant le Père, belle image romantique sur fond de ciel tourmenté où le saint combat serait en soi une prière. Mais était-elle juste ?
Quoi qu’il en soit, l’image même de l’universalisme chrétien volait en éclat en dépit d’un recours partagé au sens du sacrifice nécessaire et à la fortification de l’âme intérieure en une sorte de semaine sainte continuellement répétée d’où découlerait naturellement, la victoire dans la joie de Pâques. Mais pour qui ? Le dialogue entre frères ennemis devint très vite impossible, chacun cherchant alors à montrer par des actes sa bonne volonté fraternelle envers ses propres troupes rejetant sur l’autre, atrocités, destructions et exactions.
Cent ans plus tard ces comportements conduisent les historiens à réinterroger les sources des diocèses en guerre, pour questionner les comportements au quotidien. Il ressort que les doutes naquirent, des prêtres face à la mort de masse s’interrogèrent sur cette théologie de guerre qui, de facto, en jouant sur les peurs tournait le dos au message de l’espérance. Enfin certains convenaient qu’un jour, il faudrait renouer les fils rompus du dialogue entre frères… « Malgré tout chrétiens ».

Programme :

Jeudi 22 octobre

L’épiscopat dans la guerre
Présidence : Dominique Foyer, Université catholique de Lille, IFAC.

9h30 : Accueil.
10h : B. Bethouart, Université du Littoral-Côte d’Opale : Le diocèse d’Arras : de la tourmente à la renaissance.
10h30 : C. Biencourt et O. Georges, archives de Cambrai : Mgr Chollet : diriger une Eglise en territoire occupé.
11h : Hernn Dipl.Theol. Dominik Schindler : Der Speyerer Bischof Michael von Faulhaber im Ersten Weltkrieg unter besonderer Berücksichtigung der Besuche an der Westfront. (L’évêque de Spire Michael von Faulhaber et ses visites du front de l’Ouest lors de la première guerre mondiale)
11h30 : Y. Metivier et R. Verhaeghe, professeurs agrégés : Les visites pastorales de deux cardinaux allemands sur le front occidental en 1916 : Felix von Hartmann et Franziskus von Bettinger.
12h- 12h45 : discussions.
12h45-14h : Repas.

Prêtres et religieux en guerre
Présidence : Emmanuel Debruyne, Université catholique de Louvain.

14h : C. Maurer, Université de Strasbourg : Les diocèses et l’organisation de la charité en Allemagne pendant la Grande Guerre.
14h30 : V. Malfait, diplômé de l’Université Catholique de Louvain : Le clergé namurois durant la première occupation allemande.
15h : P. Salson, Académie d’Amiens, CRID 14-18 : L’ordinaire du prêtre dans le diocèse de Soissons occupé.
15h30 : Discussions-pause
16h : Dr. Phil. M. Sinderhauf, Archives de l’Évêché de Trèves : Seelsorge an der Front – der Metzer Felddivisionspfarrer Julius Langhaeuser, « Priester zwischen den Fronten ». (La pastorale près du front – le curé messin Julius Langhaeuser « prêtre entre les fronts ».)
16h30 : Arne Steinberg, doctorant, Université de Marburg : « Verzicht auf Revanche ». Das Kriegstagebuch 1914/18 des Divisionspfarrers der Landauer Garnison Dr. Anton Foohs. (Les journaux de guerre et la renonciation à la revanche).
17h : Discussion.

Vendredi 23 octobre 2015

Clergé catholique et résistance
Présidence : Annette Becker, Université Paris-Ouest Nanterre-Défense.

9h : J.-C. Desquiens, Université catholique de Lille : Les milieux catholiques et la presse clandestine du Nord.
9h30 : C. Cannuyer, Université catholique de Lille : Un service d’espionnage et de résistance « inspiré » dans le diocèse de Tournai : le Service du Sacré-Cœur de l’abbé Liévin-Joseph Thésin.
10h : C. Leduc, Université d’Artois : J. Peter, curé de Maroilles, pastorale, résistance et marché noir.
10h30 : Discussions et pause.
11h : C. Masson, Université catholique de Lille : Une congrégation diocésaine pendant la Première Guerre mondiale : les Filles de l’Enfant Jésus.
11h30 : R. Rigaut, Université d’Artois : Les juifs dans les diocèses en guerre.
12h : Discussions.
12h30 : Repas.

La Guerre en débat
Présidence : Bruno Béthouart, Université du Littoral-Côte d’Opale.

14h : J. Heuclin, Université catholique de Lille : La Correspondance catholique mensuelle. L’impossible dialogue des frères ennemis !
14h30 : D. Foyer, Université catholique de Lille – IFAC : « Guerre « juste » ou guerre « sainte » ? Tentatives théologiques pour interpréter et justifier la guerre.
15h : T. Scholtes, Archives de l’État de Saint-Hubert : La construction de la mémoire de la grande guerre par le clergé belge.
15h30 : Discussions et pause.
16h : X. Boniface, Université de Picardie : La mémoire des prêtres morts à la guerre dans les diocèses du Nord de la France.
16h30-17h : M.-J. Maisonneuve, Université Lille III : Les églises de la reconstruction.
17h: Discussions et conclusion par Xavier Boniface.

Les séances se tiendront à l’Université catholique de Lille (60 boulevard Vauban, 59000 Lille), au studio 125 (Association d’Entraide Universitaire). L’entrée est libre.

Programme et résumés : Diocèses en guerre. Programme et résumés