Quatrième séminaire SOCOSMA 4 : 7 juillet 2020

Séance du 07 juillet 2020 (CEDEJ)
L’Egypte sous coronavirus: une épidémie en décalé
Collectif COCOMASR¹

La société politique égyptienne fait face à une épidémie qui, bien que constituée comme crise sanitaire globale depuis mars, a d’abord eu localement une visibilité limitée avant de se développer de façon exponentielle. Selon les chiffres officiels, le nombre journalier de nouveaux cas confirmés est subitement passé, entre le 18 et le 28 mai, d’environ 500 à plus de 1100, pour atteindre près de 1700 au 15 juin. Même si l’Egypte n’est en rien une exception (l’Inde, le Mexique, le Pérou ou encore l’Afrique du Sud connaissent une trajectoire similaire), ce pic est « tardif » par rapport à la temporalité mondiale, largement centrée sur l’Europe et la Chine.
Dans quelle mesure ce décalage temporel s’est-il traduit par des modalités spécifiques de construction de l’épidémie comme problème public en Egypte ? En quoi ceci a-t-il également façonné les modes de perception de la crise et de réception des politiques de gestion par les citoyens égyptiens ? Comment ce décalage temporel se combine-t-il à des décalages spatiaux, dans un contexte où les différences territoriales ne font pas doute mais demeurent invisibilisées ? Enfin, est-ce que ce pic à retardement s’accompagne de l’accélération de conflits politiques et sociaux ?
Pour ce séminaire, nous aborderons quatre points (13 mn chacun, suivi de 15 mn de débat après l’ensemble des interventions) :
1. Prise en charge et mise en visibilité politiques de la pandémie: premières observations (Sarah Daoud, Marine Poirier et Astrid Bourlond)
2. Freiner l’épidémie en Egypte: la gestion du COVID19 en milieu urbain dense (Florian Bonnefoi, Laura Monfleur, Agnès Deboulet, Inès Mir-Moreaux)
3. Coexister avec le COVID19 ? Pratiques sociales et spatiales dans le centre-ville du Caire (Observatoire localisé, Laura Monfleur et Sixtine Deroure)
4. « Coincés à l’étranger »: étude de cas sur les Egyptien.nes en France pendant la crise COVID-19 (Observatoire localisé, Sarah Boisson et Mayada Madbouli)

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris (13h Rabat et Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth et Koweit, 16h Abu Dhabi et Mascate).
L’inscription est obligatoire. Pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, veuillez écrire en précisant votre affiliation institutionnelle ou universitaire et votre domaine de recherche à socosma[at]pm.me

1. Co (collectif) Co (Covid) Masr=Egypte en arabe égyptien. Avec Sarah Boisson, Florian Bonnefoi, Naïma Bouras, Astrid Bourlond, Sarah Daoud, Agnès Deboulet, Sarah Defrawy, Adrien de Jarmy, Alban Delpouy, Sixtine Deroure, Mayada Madbouli, Inès Mir-Moreaux, Laura Monfleur, Marine Poirier, Marie Vannetzel. En gras, la personne qui présentera lors de ce séminaire.

18 | 2018 – Enjeux frontaliers et territoriaux au Sahel et au Moyen-Orient

Couverture EMA #18

ISBN 978-2-900956-01-4

Plus de sept après la naissance de l’État du Soudan du Sud et le début des « révoltes arabes », ce numéro explore le tournant frontalier et territorial au Moyen-Orient en observant comment sont gérés sur le terrain les territoires remodelés ou les bordures frontalières, y compris l’accès à leurs ressources.
Croisant des recherches appuyées sur des expériences de terrain, au Moyen-Orient et dans la zone sahélo-saharienne, les articles rassemblés traitent souvent de l’administration et du contrôle des espaces de confins dans un contexte actuel souvent conflictuel et/ou militarisé. L’ambition du volume est de fournir des clés de compréhension des changements territoriaux en cours, y compris parfois dans une perspective historique. Une large place est accordée aux travaux de jeunes chercheurs.
La majorité des contributions montre que le tournant frontalier amorcé avec les « printemps arabes » a fait long feu et se signale souvent par la réaffirmation des démarcations anciennes, d’origine coloniale (Soudan) ou non (région kurde autonome). Il ressort aussi que les déterminants économiques et leurs acteurs jouent ou continuent de jouer un rôle central dans les dynamiques de recomposition et de contrôle territoriales.
 

More than seven years after the birth of the South Sudan State and the beginning of the Arab uprisings, this special issue explores the territorial and border turn in the Middle East. It observes how reshaped territories or borderland regions are managed on the ground which includes the access to their resources.
At the crossroad of fieldwork researches and experiences made in the Middle East and in the Sahel-Sahara zone, the papers collected here mainly focus on administration and control of state’s edges in a rather conflictual or militarised context. The ambition of this volume is to provide key of understanding on ongoing territorial changes, including in a more historical perspective. The volume dedicated space to young researchers’ work.
Most of the contributions show that the border turn that begin with the « Arab Spring » fizzle out and often manifest itself by the reiteration of the old delineations, be there from colonial origins (Sudan) or not (Kurdish autonomous region). Another output tends to show that economic determinants and their actors are playing and continue to play a key role in the reorganization dynamics and territorial control.
 

Troisième séminaire SOCOSMA 3 : 16 juin 2020

Séance du 16 juin 2020 (IFPO)
Confinement en situation d’effondrement économique et social :
une révolution suspendue au Liban ?
Joseph Bahout

La pandémie du Covid-19 est venue retrouver et amplifier une situation libanaise déjà au bord de l’effondrement ; huit mois après le déclenchement du soulèvement du 17 octobre, le pays se trouve aujourd’hui dans une triple crise — sanitaire, économico-financière et socio-politique. S’ajoute à tout ceci une situation régionale hautement volatile et appelée à le devenir plus encore dans les mois restants avant les élections américaines. Au niveau politique, l’ensemble des forces est dans l’impasse — un gouvernement paralysé et famélique, une opposition politique démonétisée et sans projet, et une révolution incapable de trouver un socle discursif commun ou tout semblant de direction. Les scénarios qui se profilent donc sont pour le moins noirs, et c’est autour de ceux-ci que l’analyse portera.
Joseph Bahout est chercheur non-résident au Carnegie Endowment (Middle-East Program), enseignant à Sciences-Po Paris, consultant permanent auprès du CAPS-MAEE. Docteur en Sciences Politiques, licencié en économie, il a longtemps enseigné au Liban (USJ), et y a été chercheur (CERMOC-IFPO). Il est anciennement chargé de mission à l’Académie diplomatique Internationale.

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris (13h Rabat et Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth et Koweit, 16h Abu Dhabi et Mascate)
L’inscription est obligatoire pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, auprès de socosma[at]pm.me

Appel à proposition – Séminaires doctoraux en islamologie

Appel à proposition
Séminaires doctoraux en islamologie

Dans le cadre de son programme d’appui à la formation et la recherche publique française en islamologie, soutenu par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Plan SHS / DGRI), le GIS Moyen Orient et Mondes Musulmans apporte un soutien financier pour l’organisation de deux séminaires de formation doctorale intensive d’une semaine en 2020-2021. Tous les aspects de l’islamologie peuvent être concernés : histoire des doctrines et des pratiques religieuses, droit musulman, pensée islamique contemporaine, selon une approche reposant sur les principes de l’analyse critique et du dialogue avec les différentes sciences humaines et sociales (notamment histoire, philosophie, sociologie, anthropologie). Le choix de thématiques ou de domaines en lien avec l’actualité de la recherche internationale sera particulièrement encouragé, ainsi que de formations tournées vers le renforcement des compétences philologiques (lecture, analyse, édition et/ou traduction de documents ou ouvrages, imprimés ou manuscrits). Ces séminaires sont destinés à la formation d’étudiants de niveau avancé (master 2/doctorants), inscrits dans une université française ou étrangère.

Les projets devront être portés par un ou plusieurs responsables scientifiques affiliés à l’une des structures membres du GIS (les autres intervenants ou formateurs peuvent être extérieurs aux structures du GIS). Les formations devront être organisées si possible sur le Campus Condorcet et se tenir avant mars 2021. Il conviendra de préciser les modalités envisagées en cas d’impossibilité à organiser le séminaire en présentiel.

Le dossier de candidature devra être composé d’un argumentaire présentant le thème, les axes et les dates proposées pour le séminaire (2 pages maximum), d’un budget prévisionnel indiquant des éventuels co-financements, le nom du ou des porteurs du projet et son/leur laboratoire de rattachement, le nombre estimé de participants et la liste des encadrants pressenti, français ou étrangers. Sont éligibles les dépenses : frais de déplacement et d’hébergement, repas, frais d’impression, dans la limite de 10.000 euros par séminaire de formation.
Les propositions seront évaluées sur la base d’expertises externes sollicitées par le GIS et sélectionnées par le conseil scientifique du GIS de septembre 2020.

Date limite d’envoi des candidatures : 15 juillet 2020.
Adresse d’envoi : francesco.chiabotti[at]inalco.fr

Veille de l’IREMAM : Covid-19 et mondes arabes et musulmans

Suite à la pandémie, de nombreux articles et autres initiatives en lien avec le Covid-19 et les sociétés des mondes arabes et musulmans ont été publiés Depuis fin mars, l’IREMAM a entrepris une veille documentaire, non exhaustive. Celle-ci comprend une sélection d’articles, de podcasts, de vidéos, de séminaires en ligne, d’appels et d’autres initiatives.
Pour plus d’informations

Podcast : Histoire des épidémies au Proche et au Moyen Orient

Épisode 2. Avec Anne-Marie Moulin
Contagion

 

Comment les sociétés proche et moyen-orientales réagirent-elles face aux épisodes épidémiques qui touchèrent durement la région à travers l’histoire ? Dans quelle mesure les épidémies modifièrent-elles l’évolution du Moyen-Orient ?  Des historiens, des linguistes et des philosophes répondent à nos questions.

Anne-Marie Moulin, directrice de recherche émérite au CNRS et médecin, revient avec nous sur les grandes épidémies qui ravagèrent le Proche-Orient, surtout la Peste noire au XIVe siècle. Elle nous explique comment les savants, notamment les médecins et les théologiens, furent aux prises, chacun à leur manière, avec la question de la contagion. Comment la maladie se transmet-elle d’un individu malade à un individu sain ? Se transmet-elle, d’ailleurs, ou n’est-elle que la marque de la colère divine ? Comment briser la chaîne de la transmission ? Voici quelques questions qui sont abordées dans cet épisode.

Bibliographie

A.-M. Moulin, « Épidémies et contagion dans le monde arabe médiéval », dans La médecine au temps des califes. À l’ombre d’Avicenne, Paris, 1996, p. 247-260.

Ibn Ḫātima (1342-1369), La grande peste en Espagne musulmane au XIVe siècle, éd. et trad. S Gigandet, Beyrouth, IFPO, 2010 (https://www.ifporient.org/978-2-35159-166-6/).

Sur Ibn Al-Ḫatīb, voir François Clément, « À propos de la Muqni‘at al-sā’il d’Ibn al-Ḫaṭīb sur la peste à Grenade en 1348-1349 », dans Épidémies et épizooties. Des représentations anciennes aux approches actuelles, éd. F. Clément, Rennes, 2017, p. 43-56. Lire aussi : https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/21/francois-clement-a-voir-la-legerete-de-certains-on-douterait-des-progres-accomplis-depuis-la-peste-noire_6033920_3232.html

_________________

Épisode 1. Avec Abbès Zouache
La mort qui rôde. Épidémies et guerres.

 

Comment les sociétés proche et moyen-orientales réagirent-elles face aux épisodes épidémiques qui touchèrent durement la région à travers l’histoire ? Dans quelle mesure les épidémies modifièrent-elles l’évolution du Moyen-Orient ?  Des historiens, des linguistes et des philosophes répondent à nos questions.

Abbès Zouache, historien au CNRS et directeur du Centre français d’archéologie et de sciences sociales (CEFAS), revient avec nous sur le lien intrinsèque entre épidémie et guerre. Il nous emmène au Proche Orient (Égypte et Bilad al-Sham) au XIIe siècle, un siècle qui s’ouvre et se clôt par des épidémies, et traversé par des combats successifs. Propagation de la maladie dans les armées, tentation du châtiment divin et réponse sanitaire sont quelques-uns des thèmes abordés dans cet épisode.

Bibliographie

Zouache, Abbès « La mort qui rôde. Épidémies, sociétés et guerre au Proche-Orient (XIIe siècle) », in Épidémies, épizooties. Des représentations anciennes aux approches actuelles, éd. F. Clément, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, p. 93-120.

Carayon, A., « Représenter son identité, imposer son pouvoir. Les jeux guerriers des Mamelouks et  la symbolique guerrière de  la furûsiyya », dans Guerre et paix dans le Proche-Orient médiéval (Xe-XVe siècle), éd. M. Eychenne, S. Pradines et A. Zouache, Le Caire, Ifao-Ifpo, 2019.

Mitchell, P.D, Intestinal parasites in the crusades: evidence for disease, diet, and migration. In: Boas, A. (éd) The Crusader World, Routledge, 2015 p. 593-606.

Lien de l’IFPO : https://www.ifporient.org/podcast-histoire-des-epidemies-au-proche-et-au-moyen-orient/

230 | 2018 – Photographies contestataires, usages contestés

Couverture Cahiers d’Études africaines, 2018, numéro 230

ISBN 978-2-7132-2742-4