Sétif 1962 — « Que Dieu ait pitié des martyrs »

Sétif, 4 et 5 juillet 1962. Le décor, c’est d’abord les rues et les murs couverts d’affiches : « Référendum OUI à l’indépendance » ; « La révolution pour vaincre la Misère »…

Dans le stade de la ville, un meeting est organisé à la veille de l’indépendance. D’abord, on se promène sans but, profitant de l’atmosphère. Puis la foule immense se presse. Il fait chaud en juillet, et dans la mêlée, un homme est chargé de faire boire les enfants d’une bouteille. À l’orateur inconnu succède une oratrice ; derrière elle, trois combattantes en tenues kakis. Quand on a travaillé sur Ferhat Abbas, dont Sétif était le fief, on reconnait cette tribune où le vieux leader nationaliste avait parlé si souvent avant la guerre d’indépendance (c’est de là qu’il parle sur couverture du livre). Un autre homme est à la tribune. On nous indique justement que c’est Ferhat Abbas, mais les lunettes sombres de Benyoucef Benkhedda, le second président du Gouvernement provisoire de la République algérienne sont reconnaissables entre mille.((Ce texte comprend de courts extraits d’un article à paraître dans les Mélanges en l’honneur d’Omar Carlier, édités par M’hamed Oualdi et Morgan Corriou. L’article a été rédigé avant le récent voyage à Sétif dont il est aussi question ici.))

Dans le stade de Sétif, un homme fait boire les enfants. Capture d’écran du film d’Alain Olmi, alias Jean Kersco, avec son aimable autorisation.

Alain Olmi qui tient la caméra ce jour-là, avait été « officier des affaires algériennes », il avait été nommé adjoint de Section administrative spécialisée1 près de Sétif.2 Dans un entretien réalisé en septembre dernier, il m’a raconté comment il a demandé au sous préfet de l’époque, un certain Boudiaf, l’autorisation de filmer les festivités de l’indépendance. Boudiaf l’avait alors renvoyé vers l’organisateur des festivités à Sétif, Me Areski. (J’ai sursauté, parce que Me Areski n’est pas un inconnu : c’est un ancien responsable de l’UDMA et une figure influente de la ville.) Me Areski avait accepté immédiatement, mais refusé de fournir un document écrit : « ma parole suffira ».3 Il en tire des images rares et précieuses de la façon dont, hors d’Alger, on célèbre l’indépendance.

J’ai découvert la ville de Sétif pour la première fois très récemment, à l’occasion de la présentation de mon livre, L’UDMA et les Udmistes. Il s’agissait d’évoquer une recherche un peu ancienne, mais je m’y suis replongée volontiers, en partant à la recherche des lieux liés au parti de Ferhat Abbas, et en retraçant aussi le trajet de la manifestation du 8 mai 1945, événement fondateur de la politique de ce la décennie des partis politique, de 1946 à 1956. Dans mon tour de l’Algérie du nord pour présenter le livre, j’avais aussi en tête ce sur quoi je travaille en ce moment, un autre livre, portant celui-ci sur l’année 1962, notamment sur les festivités de l’indépendance. C’est ainsi que j’avais découvert les images tournées par Alain Olmi le 4 et le 5 juillet 1962 à Sétif, et dont il a réalisé plus tard un montage de 13 min, signé du pseudonyme de Jean Kersco.

Dans ce film, Kersco alias Olmi nous promène parmi les badauds qui dès le 4 juillet se promènent dans les rues de Sétif : les enfants sont déjà en tenue, un couple de parents montre fièrement leur fils à la caméra avec son calot vert blanc et rouge. Lorsque nous revoyons ces images ensemble, Alain Olmi se souvient qu’en le voyant filmer, ils ont crié : « Vive l’amitié franco-algérienne ! » Un homme en uniforme organise la circulation. Des hommes portant chemises et calots font le service d’ordre : ils tentent d’empêcher Jean Olmi de passer, avant que le seul nom de Me Areski ne lui ouvre en effet le passage.

Les drapeaux couvrent les monuments et les immeubles, et les enfants portent des tenues de fêtes tricolores, rouge-blanc-vert. Pour le transport, des dizaines de vélos, des carrioles et des camions. Les balcons sont pleins, les arbres aussi, on grimpe partout où c’est possible pour mieux voir. Du haut d’un balcon, quelqu’un filme : Olmi explique que c’est un français d’Algérie inquiet, ou peu désireux de venir se mêler à la foule. Et puis il y a encore ces index levés —déjà repérés dans d’autres photographies et qui m’intriguent—, sans que la bande son ne nous indique ce qu’on invoque, chante ou commémore avec ce geste.

Dans le lointain, puisque la caméra dernier cri d’Alain Olmi dispose d’un zoom, il saisi une réception au balcon d’une belle villa. Il explique aujourd’hui que c’est la villa réquisitionnée dans le Faubourg de la Gare pour Ferhat Abbas, mais je ne suis pas sûre que Ferhat Abbas ait été à Sétif en juillet 1962.

Il filme aussi un rassemblement à l’extérieur de la ville, un champ où l’on semble venir de loin, et où les femmes, auprès desquelles la caméra s’attarde, portent plus volontiers le haïk blanc. On propose à Alain Olmi de se rapprocher des officiers de l’ALN. Mais en ce 4 juillet, il est encore en tenue militaire française. Il craint qu’une image où il apparaîtrait avec eux ne puisse être utilisée contre lui, et préfère décliner. Au cœur même de la foule, de petits défilés d’enfants s’organisent dans la lumière de la nuit tombante.

Indépendance, Sétif 1962 de Jean Kersco (suivi d’un hommage à Jacques Zermati).

Le 5 juillet, Alain Olmi circule désormais en tenue civile, puisque c’est désormais l’indépendance. Il filme toujours. Sur ses images, la foule défile en grand nombre vers la ville, parfois encore en levant l’index. On danse aussi. La bande son utilisée pour le montage ne correspond pas aux images et pour ma part, j’ai préféré l’éteindre, car les images disent à elles seules le retentissement sonore de la foule : on chante, on crie, les mains battent le rythme sur le toit des véhicules, on applaudit. Une jeune femme scande de la main sur le toit de la voiture, et on reconnait aussitôt : Ta-hyal ja-za-ir (- – —). Une autre, agrippée qu’elle est à sa voiture, bat la mesure sur sa propre cuisse, et on lit sur ses lèvres : « Ta-hya – – Ta-hya – – » .

En ce mois de juillet, ce qui change par rapport aux festivités qui ont suivi le cessez-le-feu du 19 mars, c’est d’abord la possibilité d’occuper la rue et les espaces publics de tous les quartiers, y compris les centres-villes où la présence « européenne » était la plus marquée. L’automobile devient un objet central : parfois c’est la voiture, ou une moto et à défaut, un vélo, ou une charrette. Mais le véhicule roi, c’est le camion, utilisé comme une scène pour donner à voir les corps, les groupes, et finalement le corps collectif. Dans un double mouvement, la foule se montre du haut des camions, alors que depuis la rue, la même foule spectatrice se regarde. La hauteur et le point de vue que permet le camion, c’est aussi ce qui explique son ubiquité dans les sources photographiques et filmées. À défaut de camion, on recherche une hauteur permettant de contempler la foule qui constitue elle-même l’événement, c’est-à-dire de se voir : balcons, parapets, lampadaires ou arbres sont occupés par des grappes de gens.

Ce qui se joue là, c’est une spectaculaire inversion du regard. D’ailleurs durant les fêtes de juillet, la foule chantant et dansant est documentée, photographiée, filmée, décrite, et le fait que cette performance soit vue, enregistrée et retransmise participe de sa réussite. Les festivités traduisent un plaisir auquel participe le fait de « se voir », comme une réaction au déni de la période coloniale, ce temps où, selon Pierre Claverie4, les « indigènes » étaient aux yeux des « européens » aussi transparents que les animaux ou les pierres, à moins qu’ils ne soient convenablement orientalisés, c’est-à-dire représentés selon un imaginaire strictement européen dans un rapport hégémonique5.

L’accomplissement de cette révolution du regard en 1962 est une élément central de la révolution algérienne. Cette foule de corps qui se révèlent le 5 juillet dans la danse, la marche, et le chant n’est plus « population colonisée » mais devient peuple aux yeux du monde, et cette transmutation participe de l’effervescence, de la ferveur, de l’ivresse des festivités.

A Sétif, ces garçons et filles, ces femmes sur les camions, ces hommes sur les toits des véhicules, tous marquent le rythme des battements de leur main et des saccades de leurs corps. Saisis par les images animées, ils disent mieux que les photographies la sonorité du moment. Des jeunes hommes semblables à des chefs d’orchestre encadrent les portions de défilé, mais quand on y regarde de plus près, chaque camion a son propre meneur, ou sa meneuse. On défile en tous sens, par sous-groupes : ici passe un groupe scout, là un autre, ou une école, ou un syndicat, ou une association. Une femme un peu âgée a soulevé son haïk noir et traverse seule la rue, très vite, en tenant à bout de bras la hampe d’un drapeau. C’est la dernière image du film.

A l’occasion de ma visite à Sétif, j’ai rencontré il y a quelques jours Abderrahmane Lamèche, l’un de ces chefs d’orchestre. Il fait partie de l’association des anciens des lycées Karwani et Malika Gaïd, qui m’avait invitée à présenter le livre sur l’UDMA dans la ville « berceau du parti ». Il avait 14 ans à l’indépendance, et sans connaître le film d’Olmi, son récit concorde sur bien des points. Néanmoins, pour lui, les festivités, ont commencé dès avant le mois de juillet, avec un premier grand rassemblement à l’occasion du passage de Ferhat Abbas dans la ville.6 On lui avait alors en effet prêté une maison sur le boulevard Jean Jaurès (aujourd’hui boulevard du Premier Novembre, la maison qui n’existe plus aujourd’hui appartenait selon lui à une famille suisse, la famille Chollet), et il avait prononcé un discours depuis le balcon. La foule était alors noire le monde, il me le répète à plusieurs reprises. Et quand Abbas a commencé à parler, le silence était total. On entendait les mouches voler.

Ancienne médersa al-Fath (auj. Shaykh Bachir Ibrahimi), Sétif, oct. 2017 ©M. Rahal

Lors des fêtes de juillet, le groupe scout dont Abderrahmane Lamèche faisait partie était chargé du service d’ordre qui apparaît clairement dans le film. Beaucoup de gens, submergés par l’émotion, s’évanouissaient. On avait de l’eau et du parfum pour essayer de les raviver et de les remettre sur pied, un peu de nourriture aussi. Certaines personnes étaient perdues, des enfants étaient égarés dont on essayait de localiser les parents grâce à des hauts parleurs. On disposait aussi de quelques ambulances, au cas où. Le siège du groupe scout où l’on ramenait les enfants perdus, c’était l’ancienne médersa al-Fath de l’Association des ‘Ulama. Elle avait été fermée en 1957 pour devenir le siège de la SAS, puis après le cessez-le-feu, elle avait servi à accueillir les prisonniers progressivement libérés des camps de Djorf ou de Qasr at-Tayr et du pénitencier de Lambèse [Tazoult]. Un comité d’accueil, équipé de listes établies par les autorités algériennes clandestines et de listes récupérées de l’administration française était chargé de les recevoir. On logeait et nourrissait les anciens prisonniers dans des hôtels, des bains et chez des particuliers avant de les grouper pour les renvoyer chez-eux.

Abderrahmane Lamèche se souvient aussi qu’à partir du mois d’avril, les gens préparaient les vêtements pour les fêtes de l’indépendance. Sa mère étant couturière, on venait lui demander de coudre robât tâ’ l-istiqlâl [les robes de l’indépendance]. On lui demandait les robes, mais surtout les jupes vertes, les kazaka [chemises] blanches, et pour les femmes, le ruban qui se nouait autour des cheveux. Il y avait aussi les cravates rouges. Il se souvient d’avoir vu dans la marche du 5 juillet un groupe de mozabites très organisés, tous portant la même chemise en nylon vert bouteille, et avec des brassards vert et blanc au croissant et à l’étoile. Ils étaient, dit-il, menés par le leader de la communauté ibadite de la ville, un certain Qassem.

La fête avait commencé la veille, dès le 4, vers 3 ou 4 heures de l’après-midi. Les gens sortaient déjà, et se rassemblaient en foule. A l’heure où Jean Olmi cessait de filmer pour la nuit, les habitants, eux, ne rentraient pas chez eux et la fête devait durer jusqu’au lendemain. Pour Abderrahmane Lamèche, la soirée du 4 est même l’apothéose de la ferveur. Ce n’est que le soir du 5 que les choses se sont calmées d’elles-mêmes, par épuisement, les festivités se prolongeant sporadiquement dans les différents quartiers. Au cours de notre entretien, il est très précis sur tous les détails. Il se souvient de slogans sur les banderoles et des slogans chantés.

Et puis il y avait des gens qui pleuraient. Je me souviens de gens qui pleuraient à chaudes larmes et ils criaient « Allah yarham ash-shuhada » [Que Dieu prenne les martyrs en sa miséricorde]…

En prononçant ces mots, il lève l’index, et je sursaute :

— Avec le doigt ?
— Avec le doigt : « Allah yarham ash-shuhada. Allahu akbar. Allah yarham ash-shuhada. »

J’ai déjà entendu ce très impressionnant « Yarham ash-shuhada ! » dans un autre documentaire tourné à Alger, mais c’est la première fois que pour moi, le geste rejoint la voix.

— « Allahu akbar. Allah yarham ash-shuhada. Allahu akbar. Allah yarham ash-shuhada. » Quand on pense… [silence] Vous êtes émue… ? Moi aussi j’ai la chair de poule. Je me souviens bien. Il y a des visages que je n’oublierai jamais. Quelqu’un, un brun qui était garçon de café, dans un café européen. Il pleurait à chaudes larmes. Ooooh lala. « Yarham ash-shuhada ! »

Lorsque les hommes et femmes marchent en levant ensemble l’index, ce sont les martyrs qu’ils chantent. Les foules de juillet 1962 célèbrent donc, au double sens du terme : elles fêtent l’indépendance tout en commémorant les morts pour la première fois de façon publique, collective et au cœur même des villes et des villages.

L’index levé, elles s’adressent à Dieu pour demander — pour exiger — qu’il prenne soin des âmes des martyrs.

Bd du Premier Novembre (anc. Jean Jaurès) : cette portion du futur tramway suit le trajet de la manifestation du 8 mai 1945. Sétif, oct. 2017 ©M. Rahal
  1. Les SAS sont des unités créées en 1955 et qui ont un double but de pacification (c’est-à-dire de répression) et d’action psychologique.
  2. « Jean Kersco. En Algérie pour maintenir la paix, il filme les fêtes du 5 juillet 1962 à Sétif. J’ai choisi d’aller en Algérie pour montrer qu’il était possible de faire la paix », El Watan, 7 juillet 2012. Le montage dure 13 minutes, et indique précisément les sources de la bande son reconstituée. Seules les images datent de juillet 1962.
  3. Entretien avec Alain Olmi, alias Jean Kersco, Paris, le 20 septembre 2017.
  4. Pierre Claverie (1938-1996) était né français d’Algérie à Bab el-Oued. Il est devenu prêtre, puis archevêque d’Oran après l’indépendance et a été assassiné en 1996.
  5. Edward W. Said, Orientalism: Western Conceptions of the Orient, Londres, Penguin Books, 1995, p. 1‑7. Pour une approche plus spécifiquement algérienne de la question de l’image photographique, voir aussi Omar Carlier, « L’émergence de la culture moderne de l’image dans l’Algérie musulmane contemporaine (Alger, 1880-1980) », Sociétés & Représentations, 24, 2008, pp. 321‑352.
  6. Entretien avec Abderrahmane Lamèche, né en 1948, Sétif, 22 octobre 2017.

Appel à candidature : Ateliers doctoraux des Arts Visuels au Maghreb et au Moyen-Orient — XIXe-XIXe siècle (2ème session), “Moderne” et “contemporain” : usages et enjeux historiographiques comparés Paris, 12-14/02/2018 — LIMITE : 30/11/2017

Image à la une : English version Les Ateliers doctoraux des Arts Visuels au Maghreb et au Moyen-Orient — XIXe-XIXe siècle  (2ème session) “Moderne” et “contemporain” : usages et enjeux historiographiques comparés Paris, 12-14 février 2018 Un projet de l’ARVIMM, organisé avec le partenariat de l’Unité d’arabe de l’Université de Genève, de l’Institut d’étude de l’Islam et des Sociétés du Monde Musulman  (IISSMM-EHESS) et de la Chaire Moyen-Orient Méditerranée de PSL à l’École normale supérieure Avec la collaboration du département Recherche et Mondialisation du MNAM … Continuer la lecture de Appel à candidature : Ateliers doctoraux des Arts Visuels au Maghreb et au Moyen-Orient — XIXe-XIXe siècle (2ème session), “Moderne” et “contemporain” : usages et enjeux historiographiques comparés Paris, 12-14/02/2018 — LIMITE : 30/11/2017

OFFRE DE BOURSE (S) POUR ETUDIANT-E-S DE MASTER

Le CEDEJ propose pour 2018 plusieurs bourses de stage d’une durée d’1 à 3 mois pour un-e étudiant-e de Master 1 ou 2 souhaitant réaliser un mémoire en SHS sur l’Egypte contemporaine. Date limite : 26 novembre 2017

Conditions générales

– L’étudiant-e en Master doit être inscrit-e dans une université française, égyptienne ou étrangère dans une discipline des sciences humaines et sociales. Les sujets sur l’alimentation ou la santé sont les bienvenus.

– Il/elle s’engage à acquérir, avant son stage, des connaissances de base sur l’Egypte et sur le thème choisi. Des connaissances de base en arabe sont recommandées.

– L’étudiant-e devra faire preuve de capacités d’adaptation et d’autonomie dans l’organisation de son travail et de qualités relationnelles pour s’insérer dans l’équipe du CEDEJ.

Date limite : 26 novembre 2017

Lieu : CEDEJ, Le Caire, Egypte

Durée : 1 mois à 3 mois (préciser la durée) au cours du 1er semestre 2018

Rémunération : 5 000 LE/mois ou équivalent rémunération de stage. Pas de prise en charge du billet d’avion.

Pour postuler

Envoyez CV + lettre de motivation à ayda.yakout@cedej-eg.org, copie à karine.bennafla@cedej-eg.org

Quelques ouvrages du XIXe siècle sur le bouddhisme

Je rassemble ici quelque ouvrages du XIXe siècle sur le bouddhisme. C’était le temps de la (re)découverte de cette école de pensée par l’Occident, avec ce que cela peut comporter de  fascination et de malentendus  soulignés par Roger-Pol Droit (Le culte du néant : les philosophes et le Bouddha) et Frédéric Lenoir (La rencontre du bouddhisme et de l’Occident).

La présente liste fera l’objet de mises à jour plus ou moins régulières. Les titres y figurent en ordre chronologique avec des renvois vers les versions en ligne quand elles existent et vers les notices biographiques des auteurs.

1830

Jean Jacques Boechinger (1802-1831). La vie contemplative, ascétique et monastique chez les Indous et chez les peuples bouddhistes. Strasbourg : F. G. Levrault, 1831. Voir un autre exemplaire en ligne

1840

Félix Nève (1816-1893). De l’état présent des études sur le bouddhisme et de leur application. Gand: impr. P. van Hifte, 1846. Extrait de la Revue de Flandre Tome Ier p.  457-477 ; p. 527-549.

1850

Schoebel, Charles (1813-1888). Le Bouddha et le bouddhisme. Paris : Benjamin Duprat, 1857.

1860

James-Alfred Porret (1843-1924).  Le Bouddha et le Christ : fatalité ou liberté. Lausanne : Imer, 1879.

1870

Eugène Virieux. Le Bouddha, sa vie et sa doctrine : essai d’histoire des religion. Paris : Ernest Leroux, 1884. Avec une préface de James-Alfred Porret.

Edwin Arnold (1832-1904). The Light of Asia or The Great Renunciation. London : Trübner & Co, 1879.

Cet ouvrage eut un grand succès et fut traduit en plusieurs langues. La première édition en français, La Lumière de l’Asie : le grand renoncement, paraît en 1899 chez Chamuel, dans une traduction de Léon Sorg. D’autres éditions suivront, cette fois aux éditions Adyar, qui dépendent de la Société théosophique. La troisième édition, publiée en 1931, est accessible en ligne. La dernière date de 2017.

1880

Henry Steel Olcott (1832-1907).  A Buddhist catechism. Madras, 1881.

Ce catéchisme a été rédigé par le président de la Société théosophique du temps où, nouvellement converti, il s’était mis en tête de revivifier le bouddhisme Ceylan. L’ouvrage a même été approuvé par un éminent moine bouddhiste, Hikkaduwe Sumangala (1827-1911). Dès 1883 à Paris paraît chez Ghio une traduction en français, Le Bouddhisme selon le canon de l’Église du Sud, sous forme de catéchisme de Dominique, Albert Courmes (1843-1914),  théosophe et traducteur de plusieurs ouvrages de membre de la Société théosophique. Cette traduction sera plusieurs fois rééditée et certaines de ces éditions sont accessibles en ligne : celle de 1905 aux Publications théosophiques ou celle de 1830 publiée par les Editions Adyar.  Ces dernières ont réédité cet ouvrage en 2017 sous le titre Premiers principes du bouddhisme.

Lady Caithness (1830-1995). La théosophie universelle : théosophie bouddhiste. Paris : Georges Carré, 1886.

L’ouvrage de la fondatrice de la Société théosophique d’Orient et d’Occident, branche française de la Société théosophique.

1890

Charles Dollfus (1827-1913). La plainte humaine. Paris : Fischbacher, 1891.

La deuxième édition de 1893 porte le titre La plainte humaine : Jésus, Bouddha, Darwin.

Paul Carus (1852-1919). The Gospel of Buddha. Chicago : The Open Court Publishing Company, 1894.

Cet ouvrage a été écrit pour populariser cette religion en Occident à la suite des conversations de l’auteur lors du Parlement des religions en 1893 et a connu un certain succès en Occident. Une traduction en français réalisée par Léon de Milioué, L’Évangile du Bouddha. a été publiée à Paris chez Ernest Leroux en 1902. Plus récemment, une édition de cette traduction a paru à Paris en 1996 aux éditions Bibliothèque et archives des grands initiés.

1900

Hendrik Kern (1833-1917). Histoire du bouddhisme. Paris : Ernest Leroux, 1901-1903. 2 volumes : tome I ; tome 2.

Ouvrage d’un éminent professeur de l’université de Leyde.  Initialement paru en néerlandais, il a été traduit par Gédéon Huet (1860-1921). La traduction a d’abord été publiée dans la Revue de l’histoire des religions :

Tome 4 (1881) p. 149-165 : Introduction

Remarque 1

Peut-être aurez-vous remarqué que plusieurs auteurs ou éditeurs  font partie de la Société théosophique. Comme pour les Yoga Sutras de Patanjali , celle-ci a joué un certain rôle dans la diffusion de la connaissance du bouddhisme en Occident.

Remarque 2

La liste ci-dessus a notamment été réalisée en explorant les richesses de Gallica avec la clé de recherche suivante, astérisque servant de troncature :

(mot du titre = bouddha*) ou (mot du titre = bouddhique*) ou (mot du titre = bouddhisme*) ou (mot du titre = bouddhiste*) ou (mot du sujet = bouddha*) ou (mot du sujet = bouddhique*) ou (mot du sujet = bouddhisme*) ou (mot du sujet = bouddhiste*)

Cela donne au moment où j’ai cherché 374 résultats, mais de nouvelles mises en ligne sont toujours possible. Parmi eux, 106 livres imprimés que j’ai triés par date croissante pour obtenir une liste de travail que vous pouvez  consulter si vous le souhaitez.

Mais bien évidemment, il faut compléter cette recherche par d’autres dans Archive.org, Google livres…

Offre de bourse(s) du CEDEJ pour étudiant(e)s de Master

Le CEDEJ propose pour 2018 plusieurs bourses de stage d’une durée d’1 à 3 mois pour un-e étudiant-e de Master 1 ou 2 souhaitant réaliser un mémoire en SHS sur l’Egypte contemporaine.
Conditions générales
  • L’étudiant-e en Master doit être inscrit-e dans une université française, égyptienne ou étrangère dans une discipline des sciences humaines et sociales. Les sujets sur l’alimentation ou la santé sont les bienvenus.
  • Il/elle s’engage à acquérir, avant son stage, des connaissances de base sur l’Egypte et sur le thème choisi. Des connaissances de base en arabe sont recommandées.
  • L’étudiant-e devra faire preuve de capacités d’adaptation et d’autonomie dans l’organisation de son travail et de qualités relationnelles pour s’insérer dans l’équipe du CEDEJ.
Date limite : 26 novembre 2017
Lieu : CEDEJ, Le Caire, Egypte
Durée : 1 mois à 3 mois (préciser la durée) au cours du 1er semestre 2018
Rémunération : 5 000 LE/mois ou équivalent rémunération de stage. Pas de prise en charge du billet d’avion.
Pour postuler
Envoyez CV + lettre de motivation à ayda.yakout@cedej-eg.org, copie à karine.bennafla@cedej-eg.org

Workshop: « Rulers as Authors in the islamic World: Knowledge, Authority and Legitimacy » – CSMC Hamburg University, 18-19/12/2017

Organized by: Sonja Brentjes (Max Planck Institute), Maribel Fierro (ILC-CCHS, CSIC), and Tilman Seidensticker (CSMC) Place: Centre for the Study of Manuscript Cultures (CSMC), Hamburg UniversityOn December 2017, Monday 18-Tuesday 19 WORKSHOP REGISTRATION Sponsored...

Le compte rendu de la table-ronde Bibliothèques, archives et ressources numériques du 2ème Congrès du GIS

À l’occasion du Deuxième Congrès du GIS « Moyen-Orient et mondes musulmans » de 2017 une Table-ronde a été organisée par Anne-Cathelineau, responsable de la Bibliothèque Orient – Monde arabe

Avec la participation de :

  • Zouhour Chaabane, chargée du signalement des manuscrits arabes BULAC
  • Jean-Charles Coulon, chargé de recherche CNRS
  • Hassan Moukhlisse, responsable Ressources numériques et valorisation MMSH
  • Pierre Mounier, ingénieur d’études CNRS
  • Muriel Roiland, ingénieure d’études au IRHT, CNRS
  • Michel Tuchscherer, professeur émérite Aix-Marseille Université
  • Mercedes Volait, directrice de recherche au CNRS, directrice du laboratoire InVisu
Cette table-ronde était composée de trois binômes : Ingénieurs d’études ou bibliothécaires / chercheurs ou enseignants-chercheur et a eu pour objectif de présenter les projets numériques en cours et la richesse d’un travail commun sur des fonds d’archives et de manuscrits du Moyen-Orient (collecte, traitement, diffusion, partage, exploitation).

 

Le compte rendu de la table-ronde est désormais en ligne : Compte rendu de la table-ronde « Bibliothèques, archives et ressources numériques »

ISMSN : pour des identifiants uniques et stables pour les manuscrits

Alors que plusieurs projets d’identifiants stables des manuscrits existent déjà pour des groupes de livres définis, par langue (par exemple pour le grec, Diktyon) ou par genre, par exemple pour les manuscrits musicaux, la possibilité de créer un identifiant unique pour tous les manuscrits, quelle que soit la langue, le contenu et le lieu de conservation, a peu à peu émergée. Les différentes possibilités ont été longuement discutées lors de la journée Manuscript IDs organisée par l’IRHT et Biblissima en avril 2017, et l’IRHT a alors été mandaté pour préparer un premier prototype, tandis que Biblissima se voyait confier la tâche de réfléchir aux modalités pratiques d’agrégation des données autour de cet identifiant (on trouvera ici un relevé des conclusions de cette rencontre). Ce projet a été présenté lors du colloque CENSUS, dont on trouvera ici un résumé de la première et de la seconde journée.

L’utilité de tels identifiants n’est plus à démontrer. Ils permettent de lever toute ambiguïté sur le manuscrit ainsi désigné – alors que la cote, complexe et longue si on veut l’exprimer dans tous ses détails, laisse parfois ouvertes des possibilités de confusion, entre bibliothèques, entre cotes anciennes et nouvelles, entre numéros de catalogue et cote en usage dans la bibliothèque, par exemple. Ils permettent également de mettre en relation de manière simple les différentes ressources électroniques qui les utilisent, au niveau le plus évident qui est celui des manuscrits eux-mêmes. L’utilisation de tels identifiants numériques permet une mise en relation des bases de données, catalogues, ,bibliothèques numériques, mais aussi un moissonnage des ressources qui en offrent la possibilité (par exemple via un entrepôt OAI-PMH) ou leur interrogation directe via une API.

Un premier prototype a été développé par le pôle numérique de l’IRHT, en particulier par Henri Seng et Cyril Masset. Fondé sur une API afin de faciliter l’interaction avec l’ensemble des autres ressources électroniques, il propose également une interface de consultation publique. La structure en est très simple : les manuscrits sont identifiés par Pays, Ville, Dépôt, Fonds, Cote ; une interface de recherche simple ou complexe est disponible, ainsi qu’un champ de recherche par identifiant. La recherche est facilitée par l’intégration dans le référentiel des formes équivalentes en langues multiples et géonames qui a été rendue possible par le travail antérieur de plusieurs collaborateurs de l’IRHT. Le référentiel actuel dispose de l’ensemble des cotes en usage à l’IRHT, en particulier dans la base de données Medium et dans d’autres bases du laboratoire, en attendant d’être alimenté par l’ensemble des partenaires.

Les fiches fournissent l’identification du manuscrit, son numéro identifiant ISMSN, ainsi qu’une adresse ark. Elles proposent également des liens, qui pour le moment sont issus des bases de données utilisées, mais qui pourront ensuite être librement complétés par les bibliothèques et centres de recherche partenaires, mais également par le travail d’agrégation des ressources en ligne qui a été en particulier confié à Biblissima.

La fiche type présente également les formes alternatives de la cote, qui peuvent être caractérisées (cotes anciennes, cotes catalogues, etc.).

Maintenant, que faire ? Il est évident qu’un tel projet ne pourra se développer que grâce à un large cercle de partenaires, qui dépasse largement ceux qui étaient réunis en avril 2017 ou lors du colloque CENSUS (résumé du premier et du second jour). Il faut maintenant élargir ce premier cercle, le formaliser, et envisager ensemble le développement et la collaboration autour de ce projet. En particulier, les modalités d’alimentation, de vérification et de validation du référentiel doivent être définies de manière commune. En outre, le moissonnage automatisé des ressources électroniques qui utilisent l’identifiant doit être prévu et développé, en particulier par Biblissima.

Enfin, la réflexion doit également être poursuivie afin de traiter des cas limites ou complexes. Le choix a été fait, dans un premier temps, de s’en tenir aux cotes de manuscrit, et de procéder, pour les parties de manuscrits ou les déplacements de manuscrits, en reliant les différentes instances, solution qui a déjà été appliquée avec succès dans plusieurs bases de données (voir par exemple Pinakes, où ce procédé est appliqué tant pour les cotes anciennes que pour les parties de manuscrits). Il faudra bien évidemment discuter en détail de tous les cas limites, qui ne doivent cependant pas venir entraver le processus général.