Se convertir dans la France laïque : juifs, chrétiens, musulmans

Dans la France actuelle, où la pratique religieuse et même l’affiliation à une religion sont en perte de vitesse [1], l’individu qui effectue une conversion religieuse se convertit, avant tout, à « l’engagement croyant » [2]. Il « entre en religion » dans une société où il n’est plus du tout évident de se revendiquer comme croyant et pratiquant, mais où, dans le même temps, le principe de laïcité (la séparation du politique et du religieux) rend possible cet engagement librement consenti. C’est ce constat qui est au départ de … Continuer la lecture de Se convertir dans la France laïque : juifs, chrétiens, musulmans

Le sport comme combat : la défaite de juin 2017 (2/2)

Adieu à beIn Sports, bienvenue à PBS

Avec une brutalité qui étonne au regard des traditions locales, davantage portées à d’infinies et subtiles négociations où il convient en principe d’éviter à l’adversaire une humiliation totale, l’Arabie saoudite et les Émirat ont donc édicté leurs « 13 commandements » à l’émirat du Qatar qui, bien entendu, juge que ces demandes ne sont « pas raisonnables ». Parmi les exigences de cette diplomatie aux allures de sport de combat et qui doit se conclure par un KO figure en bonne place celle de la fermeture d’Al-Jazeera, à laquelle doit s’ajouter, pour faire bonne mesure, celle de plusieurs sites d’information en ligne : Arabi21 (généraliste en arabe), Rassd (proche des Frères musulmans), Al-Arabi Al-Jadid (vitrine libérale bilingue, très inégale, confiée à l’ex-député palestinien Azmi Bishara عزمي بشارة ) et Middle East Eye (le plus intéressant à mon avis, en anglais et en français, avec quelques belles signatures).

À ma connaissance, la liste ne fait pas mention d’un autre joyau de la couronne médiatique qatarie, à savoir le groupe beIN media dont le patron, Nasser Al-Khelaïfi, est aussi celui du PSG (le club de foot de Paris pour ceux qui l’ignoreraient). Axé sur les événements sportifs, ce réseau international, avec des branches en France, Espagne, Australie, Turquie… et qui emploie quelque 2 500 employés de par le monde, subit à son tour les attaques saoudo-émiriennes depuis que le président de la Shamas (Saudi Media City) de Riyad a annoncé, il y a une dizaine de jour, le lancement, aussi rapide que possible, de PBS, une nouvelle chaîne sportive. Selon les sources, il s’agit, au choix, de « briser le monopole qatari sur les compétitions mondiales » , ou encore, en moins agressif, de « trouver une alternative au blocage de beIN » (version du Arab News, quotidien anglophone saoudien), notamment pour les téléspectateurs du Golfe privés de décodeurs depuis le 14 juin (voir le précédent billet).

En tout état de cause, le programme est aussi ambitieux qu’un jeune prince du Golfe pressé d’arrivé au pouvoir : déjà, un canal a été ouvert sur Arabsat (projet panarabe devenu quasi propriété exclusive des Saoudiens) pour la chaîne PBS dont les réels débuts se feront en décembre. 5 canaux HD pour commencer et 11 par la suite, un projet à hauteur de 7 milliards de dollars paraît-il… Pour faire tourner la boutique, et comme une sorte de match retour contre Al-Jazeera qui avait profité, pour son lancement, de bons professionnels en principe formés par la BBC pour les Saoudiens, la nouvelle chaîne sportive saoudienne devrait récupérer nombre de journalistes sportifs qui ont « choisi » de quitter la chaîne qatarie beIn sports (dès le 7 juin pour les premiers d’entre eux).

La véritable différence par rapport à beIN, c’est que les programmes de PBS ne seront pas chiffrés et donc gratuits, une excellente manière, surtout pour les (a)mateurs de sport à la télévision arabes ou même français, de vider de ses abonnés la chaîne qatarie, et de se faire beaucoup d’amis parmi les amateurs (arabes ou non) de sport. Pour autant, le combat pour la conquête des ondes sportives n’est pas gagné d’avance pour les Saoudo-émiriens. En effet, les accords de diffusion signés par beIN prévoient de lourdes sanctions financières au cas où ses émissions ne parviendraient pas à sa clientèle régionale, soit parce que le Qatar refuserait de servir certaines zones (ce qui n’est pas au programme), soit parce des pays priveraient leurs citoyens d’un signal en provenance d’un pays honni (d’où la solution actuelle des pays du bycott, qui consiste à supprimer les décodeurs !)

Plus compliquée encore est la question des programmes. Même si elle a été dépossédée de quelques-unes de ses émissions phares (Ligue des champions et Ligue Europa), beIN conserve ses droits pour l’essentiel des grandes compétitions sportives pour plusieurs années encore. Pirater la chaîne en transmettant illégalement, un match peut coûter très cher : 2 milliards de dollars par exemple pour la télévision égyptienne qui n’avait pu résister au plaisir d’offrir à ses téléspectateurs la rencontre entre l’équipe nationale et le Ghana lors de la dernière Coupe d’Afrique. Une autre solution consisterait à racheter leurs droits à d’autres chaînes, mais cela risque d’être fort long et compliqué. Il n’est donc pas impossible que les très violentes menaces saoudo-émiriennes tournent aux rodomontades, sur la scène sportive comme sur le reste, le « vilain petit Qatar » se révélant plus vaillant que prévu…

Après la défaite de juin 67 qui précipita le déclin de l’arabisme, suivie par la mort de Nasser quelques années plus tard, rien ne semblait devoir s’opposer à l’hégémonie, dans la région et sans doute au-delà, de l’Arabie saoudite, porteuse d’un contre-projet d’union islamique en guise d’alternative à l’échec des régimes se réclamant du nationalisme arabe. Tout juste 50 ans plus tard, on peut imaginer que l’aventurisme de quelques jeunes décideurs, les « deux Mohammed » (d’Arabie saoudite et des Emirats) comme les appelle une partie de la presse régionale, entraîne une nouvelle défaite, prélude nécessaire à des changements radicaux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le monde arabe en a besoin.

Appel à candidatures / Atelier doctoral (2-5 oct. 2017 à Bielle) : « Les cultures politiques dans la péninsule Ibérique et au Maghreb (VIIIe-XVe siècle) » – LIMITE : 07/07/2017

Séminaire international de formation avancée Les cultures politiques dans la péninsule Ibérique et au Maghreb (VIIIe-XVe siècle) Session 2017 : le recours aux armes 2 octobre – 5 octobre 2017 à Bielle (Pyrénées-Atlantiques) Inscriptions au...

Images et imaginaires urbains : villes de la péninsule Arabique à l’épreuve de leurs représentations

Quatre ans après un premier dossier thématique d’Arabian Humanities sur les villes et dynamiques urbaines dans la péninsule Arabique, le présent appel à contributions propose un retour sur les formes d’urbanité propres à cette aire régionale, au prisme cette fois des images et des imaginaires de la ville.

Le cadre de vie des élites : luxe et ostentation de l’Iran préislamique à l’Inde moghole

Cette table ronde internationale sera l’occasion de réfléchir via les sources textuelles et/ou matérielles sur le phénomène du luxe de l’empire des steppes à l’époque des Ilkhans et des Timourides en intégrant les héritages du milieu mésopotamien et iranien et ce, depuis l’époque préislamique. Les réflexions porteront aussi sur les éléments de la culture nomade qui y sont incorporés, qu’ils soient associés à la personne du souverain, à l’aristocratie dans un ensemble de codes, d’artefacts ou de symboles, ou au contraire dispensés par le biais de la troisième fonction (distributions de biens, de denrées, de présents) à destination des populations concernées. Cette rencontre sera l’occasion de mesurer, en dehors des thèmes convenus, les composantes du luxe chez les Iraniens, les Turco-Mongols et leurs descendants, entre ostentation et objets de prestige personnel, et d’évaluer le poids de l’acculturation autour de ce concept.

Appel à projet commun Institut du Genre – MSH Paris Nord « Violence extrême, itinéraire de l’engagement djihadiste et genre »

Appel ouvert du 15 juin au 15 septembre 2017. Les projets retenus seront financés sur l’année 2018 et pourront être renouvelés une fois. Ils devront être interdisciplinaires et engager plusieurs institutions ou équipes de recherche.

Fondé en 2012 à l’initiative de l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS, l’Institut du Genre est un groupement d’intérêt scientifique (GIS) qui réunit une trentaine de partenaires institutionnels. S’appuyant sur des UMR (unités mixtes de recherches) et des équipes explicitement engagées dans la recherche sur le genre, il constitue un lieu de coordination, de référence et d’accueil scientifique des recherches françaises sur le genre et les sexualités.

L’Institut du genre et la MSH Paris Nord financent en commun un appel à projets sur le thème « Violence extrême, itinéraire de l’engagement djihadiste et genre ».

Conditions et modalités
Cet appel est ouvert du 15 juin au 15 septembre 2017. Les projets de recherche retenus seront financés sur l’année 2018 et pourront être renouvelés une fois.
Les projets proposés devront être interdisciplinaires et engager plusieurs institutions ou équipes de recherche. Chaque projet devra identifier un porteur et une équipe. Les projets doivent être originaux. Ils ne pourront donc pas être conjointement proposés comme réponse aux appels à projet propres de l’Institut du Genre et de la MSH Paris Nord. Ils seront expertisés conjointement par l’Institut du Genre et la MSH Paris Nord.

Orientations
LES SHS A L’ÉPREUVE DU DJIHADISME
Depuis les attentats de 2015, nous savons qu’il est de la responsabilité partagée des chercheur.e.s et des actrices et acteurs sociaux de comprendre les racines et les itinéraires de cette violence meurtrière inédite dans ses formes et son ampleur. Des recherches ont été engagées et financées dans l’urgence. Elles révèlent l’ampleur du travail qui reste à faire et la mise à l’épreuve des sciences humaines et sociales dans la lecture de processus qui échappent bien souvent aux paradigmes et aux catégories habituels. Le succès même du mot « radicalisation », dont le sens reste pour le moins incertain, est à la mesure de notre difficulté à identifier les processus en cours.

LA NÉCESSITE DE L’ENQUÊTE
Au-delà de ceux qui sont passés à l’acte et de ceux qui ont été arrêtés à temps par les services de police, combien de candidates et candidats potentiels ? Quelles sont les logiques du basculement et de Appel à projets MSH Paris Nord 2017 18
l’engagement djihadistes ? Diffèrent-elles des processus déjà analysés par les travaux sur les autres formes de violences politiques ? Partant de l’hypothèse selon laquelle ces passages à l’acte trouvent leurs racines dans les fractures de la société française elle-même, un accent sera mis sur les enquêtes de terrain, les recherches-actions avec les professionnels de l’éducation et de la prévention et les comparaisons internationales. Les comparaisons internationales et la mise en perspective avec les apports des sciences humaines et sociales seraient pertinentes.

LA QUESTION DU GENRE
Prévenir et comprendre, comprendre pour prévenir : la mobilisation des chercheurs et des acteurs ne peut pas s’abstenir d’une lecture et d’une problématique de genre au cœur de la violence extrême, de ses mobiles et de son organisation. En effet, si la participation de femmes, parfois de très jeunes filles, interpelle davantage que celle des hommes, ne faut-il pas aussi s’interroger sur les stéréotypes à l’oeuvre dans cet étonnement ? Tous les stéréotypes de genre mobilisés dans ces engagements extrêmes doivent être interrogés et analysés. Ces itinéraires, leurs réceptions questionnent frontalement les sciences humaines et sociales. Les projets de recherche qui s’y attacheront seront privilégiés.

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124 | 2015 – Mobilité des activités et recomposition des territoires en Méditerranée

1 de couverture Méditerranée 124
ISBN 979-1-03200-013-7
A4, 110 p.

En étudiant la mobilité des activités, ce numéro de la revue Méditerranée s’inscrit dans une réflexion sur l’une des transformations majeures de ces trente dernières années : l’essor considérable de l’internationalisation des entreprises, sous l’effet de la libéralisation des mouvements de capitaux et de l’ouverture des marchés. Ayant favorisé un redéploiement significatif de la géographie des activités, cette dynamique s’incarne, selon le lieu, dans les phénomènes de délocalisations facteurs de crise territoriale – ou dans l’émergence de nouveaux territoires, porteurs de croissance et d’attractivité. Nous abordons la mobilité des activités comme un processus multiforme, en privilégiant trois entrées principales : la mobilité des capitaux et les flux d’investissement ; la mobilité des opérateurs économiques (commerçants, cadres et chefs d’entreprises) ; la mobilité des modèles de développement (complexes touristiques, zones franches, technopôles ou pôles de compétitivité…). Ces transformations sont notables en Méditerranée qui, depuis le processus de Barcelone, se trouve au cœur d’un projet de zone de libre‑échange, elles sont aussi marquées par les soubresauts de la crise actuelle et du « printemps arabe ». Mais au-delà du contexte, ne font-elles pas partie des dynamiques de plus longue durée en Méditerranée ? Ce numéro de la revue Méditerranée se saisit de la question au travers d’un panel pluridisciplinaire de contributions.

Palmarès du Prix de thèse 2017

Palmarès du Prix de thèse 2017 sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans

Le jury du prix de thèse 2017 sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans organisé par l’Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman (IISMM – UMS2000 EHESS-CNRS) et le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Moyen-Orient et mondes musulmans s’est réuni le 15 mai 2017. Il a désigné les lauréats sur la base de rapports établis sur chaque candidature par les experts qu’il avait mandatés.

3 prix ont été décernés sur un total de 49 candidatures :

Le prix Relations internationales/Sciences politiques soutenu par le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère des Affaires Étrangères a été attribué à :

Tristan Leperlier, Une guerre des langues ? Le champ littéraire algérien pendant la « décennie noire » (1988-2003). Crises politiques et consécrations transnationales, thèse de sociologie soutenue à l’EHESS le 4 décembre 2015, sous la direction de Madame Gisèle Sapiro.

Le prix Rémy Leveau, sur l’islam en France et en Europe soutenu par le Bureau central des cultes (BCC) du ministère de l’Intérieur a été attribué à :

Benjamin Bruce, Governing Islam Abroad: The Turkish and Moroccan Muslim Fields in France and Germany, thèse de science politique soutenue à Sciences Po Paris le 15 janvier 2015, sous la direction de Madame Catherine Wihtol De Wenden.

Le prix de la thèse francophone décerné par le Bureau Maghreb de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) – Maghreb a été attribué à :

Hassan Chahdi, Le muṣḥaf dans les débuts de l’islam. Recherches sur sa constitution et étude comparative de manuscrits coraniques anciens et de traités de qirā’āt, rasm et fawāṣil, thèse d’études coraniques/codicologie soutenue à l’EPHE le 11 octobre 2016, sous la direction de Monsieur François Déroche.

Le jury, présidé par Anne-Laure Dupont, maître de conférences en histoire à l’université Paris-Sorbonne, était constitué de volontaires du comité de pilotage de l’IISMM et du conseil scientifique du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans :

  • Hocine Benkheira, directeur d’études (EPHE)
  • Anne-Marie Brisebarre, directrice de recherche émérite (CNRS, LAS-Collège de France)
  • Pascal Buresi, directeur de l’IISMM, directeur de recherche (CNRS) et directeur d’études (EHESS-CNRS)
  • Nathalie Clayer, directrice de recherche (CNRS), directrice d’études (EHESS)
  • Anne-Laure Dupont, maître de conférences (Université Paris-Sorbonne)
  • Claire de Galembert, chargée de recherche (CNRS)
  • Marie Ladier-Fouladi, directrice de recherche (IIAC-CNRS)
  • Stéphanie Latte-Abdallah, chargée de recherche (CNRS, CERI-Sciences Po)
  • Pierre Lory, directeur d’études (EPHE)
  • Catherine Mayeur-Jaouen, professeur des universités (INALCO)
  • Anne-Marie Moulin, directeur de recherche émérite (CNRS, Paris 7)
  • Matthieu Rey, chargé de recherche (IREMAM-CNRS)
  • Tal Tamari, directrice de recherche (DR2-CNRS)
  • Élise Voguet, directrice adjointe de l’IISMM, chargée de recherche (IRHT-CNRS).

Prolongement de 2 appels à projets « Islam, religion et société » 2017 – Bureau central des cultes (DLPAJ), Ministère de l’intérieur — LIMITE : 07/08/2017

Prolongement de la date limite de 2 appels à projets des crédits recherche ‘Islam, religion et société’ 2017 (DLPAJ-Bureau central des cultes du ministère de l’intérieur, en part. avec le ministère enseignement supérieur et de la recherche), jusqu’au lundi 7 août 2017 (envoyer à bureau-central-cultes@interieur.gouv.fr) :