Archives de catégorie : Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée

Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée

Revue pluridisciplinaire proposant des dossiers thématiques sur l’ensemble du monde musulman actuel et sur son histoire

A multidisciplinary journal offering thematic issues on the Muslim world, past and present

Revista pluridisciplinaria que ofrece asuntos tematicos sobre el mundo musulman entero actual y sobre su historia

New Publication: Jerusalem Municipality and the First World War

  The new issue of the Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée is out. It includes the article by Falestin Naili, Open Jerusalem core team member, on “Chronique d’une mort annoncée ? La municipalité ottomane de Jérusalem dans la tourmente de la Première Guerre mondiale” (Chronicle of a Death Foretold? Jerusalem’s Ottoman municipality in the torment of the First World War). READ IT ONLINE

141 | 2017 – Par delà le théâtre européen de 14-18 : L’autre grande guerre dans le monde musulman

Le Lion_couv 141
ISBN 9791032001141

141 | 2017 – Par delà le théâtre européen de 14-18 : L’autre grande guerre dans le monde musulman

Le Lion_couv 141
ISBN 9791032001141

140 | 2016 – Arbitrage et conciliation dans l’Islam médiéval et moderne

TableauV2 de M. Lucas Robiquet

Les études sur la justice en terre d’Islam se sont surtout concentrées, jusqu’ici, sur la résolution des conflits dans le cadre institutionnel mis en place par les autorités musulmanes, les tribunaux, dont les juges étaient nommés par le pouvoir politique. Or, l’exemple de sociétés musulmanes contemporaines (comme au Yémen) montre combien, encore aujourd’hui, la justice coutumière prend souvent le pas sur la justice étatique, et l’on peut supposer qu’il n’en allait pas autrement aux époques médiévale et moderne.

L’arbitrage est ici défini comme un mode d’adjudication dans lequel les plaideurs choisissent d’un commun accord la personne qui devra les départager. L’arbitre n’a pas l’autorité de faire comparaître un individu contre son gré ; ce type d’adjudication est, en général, extra-étatique.

De son côté, la conciliation correspond à un mode extra-judiciaire de résolution des conflits. Les parties s’en remettent à un médiateur qui orchestre des négociations conduisant en général à la formulation d’un compromis.

Ces deux modes de résolution des conflits, quoique traités de façon marginale, ne sont pas absents  des sources islamiques médiévales : des chapitres de fiqh y furent dévolus dès une époque ancienne, des documents sur papyrus ou papier y font allusion, et les sources narratives recèlent également, à l’occasion, de précieuses informations sur ces deux formes de résolution des conflits.

Il s’agit ici de mieux comprendre les pratiques et les enjeux de l’arbitrage et de la conciliation dans l’Islam médiéval et moderne (époque ottomane), de mettre en évidence le fonctionnement et les usages qui purent être faits de ces modes de résolution des conflits et comment ces instances sont-elles définies, comment articulent-elles leurs rapports avec les institutions étatiques et quels sont les acteurs de cette justice parallèle.

140 | 2016 – Arbitrage et conciliation dans l’Islam médiéval et moderne

TableauV2 de M. Lucas Robiquet

La justice en Islam est souvent associée au personnage du cadi, juge nommé par le pouvoir. L’État n’eut cependant jamais le monopole de la résolution des conflits. L’arbitre et le médiateur proposaient deux alternatives possibles, fondées sur le consensus des parties. Tandis que le premier, doté d’un rôle décisionnel, pouvait rendre une sentence généralement considérée comme exécutoire, le second orchestrait un processus de négociation se concluant par un accord à l’amiable. Face à des modes d’adjudication visant à déterminer un vainqueur et un perdant, la conciliation était tenue en haute estime par les juristes comme par les justiciables. La recherche d’un moyen terme permettait non seulement à chacun des adversaires de garder la face, mais servait aussi à préserver l’apparence d’une communauté musulmane unie.

Les dix contributions à ce dossier thématique explorent le fonctionnement de l’arbitrage et de la conciliation dans divers contextes, maghrébins et moyen-orientaux, depuis l’apparition de l’Islam jusqu’à la fin du xviiie siècle. Dans le cadre de litiges aux fondements juridiques, ces deux procédés pouvaient soit offrir une alternative à la justice du pouvoir, soit s’y articuler pour assouplir la prise de décision et l’adapter aux réalités sociales. Au-delà de cette complexe articulation entre institutions judiciaires officielles et privées, la conciliation fut aussi un outil essentiel de gestion des rivalités politiques, tout particulièrement dans le milieu de la cour.

L’image idéale de consensus associée aux procédures de conciliation ne doit cependant pas occulter des stratégies peu avouables par les acteurs eux-mêmes. C’est que la transaction permettait, aussi, de contourner la loi islamique, parfois au détriment de l’équité. Cette livraison de la Remmm invite ainsi à une lecture dynamique des conflits et de leurs résolutions en rapport avec leurs contextes historiques.

139 | 2016 – Les Fatimides et la Méditerranée centrale Xe-XIIe siècles

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ISBN 979-10-320-0065-6

Si la Méditerranée centrale (Adriatique, Grèce, Italie, Sardaigne, Sicile, Libye, Maghreb central et Ifrîqiya) a été perçue comme un ensemble pendant la première moitié du Moyen Âge, la structuration des domaines de spécialité, géographiques ou dynastiques, a amené à une sorte d’amnésie de l’histoire de cet espace. Les Fatimides eux-mêmes sont le plus souvent envisagés avant tout en relation avec l’Égypte, l’Orient et la mer Rouge. Or, dans le prolongement de tendances qui avaient émergé au ixe siècle, la Méditerranée centrale semble acquérir une importance particulière au moment du morcellement durable du califat, qui débute au xesiècle et se poursuit jusqu’au xiie siècle alors que les Byzantins reprennent l’offensive en Méditerranée et au Levant. Elle voit naître un nouveau califat, fatimide, qui s’affirme à partir de cette base régionale (Ifrîqiya, Sicile dont la conquête est achevée après un siècle et demi), où elle développera des formes de délégation après son transfert en Égypte à partir de 973. Les circulations intellectuelles, artistiques et commerciales apparaissent plus clairement aujourd’hui que par le passé et permettent peut-être de retracer une histoire révisée de cet espace au cours de ces trois siècles. Une ouverture sera ménagée vers al-Andalus et le Maghreb al-Aqsâ sans lesquels il est difficile de comprendre une partie de ces circulations. La compétition califale ne se joue en effet pas seulement avec l’Orient du Dār al-islām, mais aussi beaucoup avec le califat d’Occident, avec pour enjeu, non seulement l’emprise territoriale proprement dite, mais aussi le contrôle de la mer et des pistes transsahariennes. Si ce point est bien établi aujourd’hui, il est important d’en tirer toutes les conséquences.

Il s’agit donc moins de préciser l’histoire de la dynastie fatimide ou de la Méditerranée centrale entre les xe et xiie siècles que d’avancer des éléments nouveaux permettant de repenser les circulations méditerranéennes en redonnant toute sa place à un espace qui n’a pas toujours fait l’objet de l’attention que l’importance de son rôle aurait justifié.

139 | 2016 – Les Fatimides et la Méditerranée centrale Xe-XIIe siècles

ISBN 979-10-320-0065-6

Si la Méditerranée centrale (Adriatique, Grèce, Italie, Sardaigne, Sicile, Libye, Maghreb central et Ifrîqiya) a été perçue comme un ensemble pendant la première moitié du Moyen Âge, la structuration des domaines de spécialité, géographiques ou dynastiques, a amené à une sorte d’amnésie de l’histoire de cet espace. Les Fatimides eux-mêmes sont le plus souvent envisagés avant tout en relation avec l’Égypte, l’Orient et la mer Rouge. Or, dans le prolongement de tendances qui avaient émergé au ixe siècle, la Méditerranée centrale semble acquérir une importance particulière au moment du morcellement durable du califat, qui débute au xesiècle et se poursuit jusqu’au xiie siècle alors que les Byzantins reprennent l’offensive en Méditerranée et au Levant. Elle voit naître un nouveau califat, fatimide, qui s’affirme à partir de cette base régionale (Ifrîqiya, Sicile dont la conquête est achevée après un siècle et demi), où elle développera des formes de délégation après son transfert en Égypte à partir de 973. Les circulations intellectuelles, artistiques et commerciales apparaissent plus clairement aujourd’hui que par le passé et permettent peut-être de retracer une histoire révisée de cet espace au cours de ces trois siècles. Une ouverture sera ménagée vers al-Andalus et le Maghreb al-Aqsâ sans lesquels il est difficile de comprendre une partie de ces circulations. La compétition califale ne se joue en effet pas seulement avec l’Orient du Dār al-islām, mais aussi beaucoup avec le califat d’Occident, avec pour enjeu, non seulement l’emprise territoriale proprement dite, mais aussi le contrôle de la mer et des pistes transsahariennes. Si ce point est bien établi aujourd’hui, il est important d’en tirer toutes les conséquences.

Il s’agit donc moins de préciser l’histoire de la dynastie fatimide ou de la Méditerranée centrale entre les xe et xiie siècles que d’avancer des éléments nouveaux permettant de repenser les circulations méditerranéennes en redonnant toute sa place à un espace qui n’a pas toujours fait l’objet de l’attention que l’importance de son rôle aurait justifié.

138 | 2015 – Révolutions arabes : un événement pour les sciences sociales ?

Le Caire

Les soulèvements aussi inattendus que spectaculaires qui se sont produits à partir de la fin de l’année 2010 au sud et à l’est de la Méditerranée ont bouleversé des sociétés entières, bien au-delà du champ politique. Leurs prolongements tout aussi divers, imprévisibles et parfois dramatiques, continuent d’affecter l’ensemble de la région, au-delà des pays directement concernés.

Face à l’accélération de l’histoire, la demande sociale s’intensifie pour mieux comprendre. Dans le concert d’expertise mobilisée, l'ensemble des sciences sociales et humaines est mis à contribution. Ce dossier propose d’examiner comment les chercheurs de diverses disciplines (histoire, science politique, sociologie, anthropologie, linguistique…) ont pu répondre à l’épreuve de cette interpellation à partir d’expériences concrètes et comparées fort diverses.

Investissement professionnel et personnel à la fois, la recherche en sciences sociales ne peut faire l’économie d’une réflexion sur les conditions de production du savoir, sur la façon d’écrire et de décrire une histoire dans laquelle les observateurs sont eux-mêmes engagés. Les révolutions arabes invitent à une démarche réflexive qui interroge la position du chercheur, la spécificité de son métier et sa capacité à rendre intelligibles les événements majeurs de l’histoire récente.

Les auteurs rassemblés dans ce volume s’interrogent donc sur l’évolution des grilles de lecture, l’émergence d’objets originaux ou de pistes de recherche inédites, l’activation de nouveaux débats à l’intérieur des disciplines ou entre elles. Mais ils se penchent aussi sur les conditions pratiques de la recherche à un moment où certains terrains d’enquêtes se ferment et d’autres s’ouvrent, où de nouveaux espaces et objets d’investigation se créent, où l’apparition de sources, l’ouverture d’archives ne peut faire oublier que des pans entiers de sociétés sont menacés de destruction.

138 | 2015 – Révolutions arabes : un événement pour les sciences sociales ?

Le Caire

Les soulèvements aussi inattendus que spectaculaires qui se sont produits à partir de la fin de l’année 2010 au sud et à l’est de la Méditerranée ont bouleversé des sociétés entières, bien au-delà du champ politique. Leurs prolongements tout aussi divers, imprévisibles et parfois dramatiques continuent d’affecter l’ensemble de la région, au-delà même des pays directement concernés.

Face à l’accélération de l’histoire, la demande sociale s’intensifie pour mieux comprendre. Dans le concert d’expertise mobilisée, l'ensemble des sciences sociales et humaines est mis à contribution. Ce dossier propose d’examiner à partir d’expériences concrètes et comparées comment les chercheurs de diverses disciplines (histoire, science politique, sociologie, anthropologie, linguistique…) ont pu répondre à l’épreuve de cette interpellation.

D’un point de vue théorique, les textes rassemblés dans ce volume s’interrogent sur l’évolution des grilles de lecture, l’émergence d’objets originaux ou de pistes de recherche inédites, l’activation de nouveaux débats à l’intérieur des disciplines ou entre elles. Mais leurs auteurs se penchent aussi sur les conditions pratiques de la recherche à un moment où autant de terrains d’enquêtes se ferment qu’il ne s’en ouvre de nouveaux, où l’apparition de sources, l’ouverture d’archives ne peut faire oublier que des pans entiers de sociétés sont menacés de destruction.

Investissement professionnel et personnel à la fois, la recherche en sciences sociales ne peut faire l’économie d’une réflexion sur les conditions de production du savoir, sur la façon d’écrire et de décrire une histoire dans laquelle les observateurs sont eux-mêmes engagés. Les révolutions arabes invitent à une démarche réflexive qui interroge la position du chercheur, la spécificité de son métier et sa capacité à rendre intelligibles les événements majeurs de l’histoire récente.

137 | 2015 – La nationalité dans le monde arabe des années 1830 aux années 1960

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ISBN 978-2-85399-986-1

La nationalité est devenue une clé d’accès à des droits sociaux, économiques et politiques : marchés du travail, élections, possibilité de se déplacer dans le monde… Du fait de cette centralité dans nos vies contemporaines, la nationalité a surtout suscité pour le monde arabe des études juridiques, de sociologie voire de sciences politiques tandis que l’écriture de son histoire a longtemps été reléguée, éclipsée par celle de la nation, jugée plus fascinante. Dans la lignée de récentes recherches sur la nationalité dans le monde arabe, ce présent dossier propose d’explorer les dimensions historiques de cette notion comme lien légal noué entre des États et des individus.

Les études ici réunies permettent de confronter les appréhensions et usages de la nationalité au Maghreb et au Proche Orient, des années 1830 au cours des années 1960, de la fin de l’emprise ottomane aux lendemains des temps coloniaux. Deux premiers articles suivent des trajectoires de vie du second xixe siècle selon les effets et usages du droit de la nationalité. Un second ensemble de contributions se situe à l’échelle des empires ottoman, britannique et français afin d’explorer les capacités d’actions de sujets et de groupes, dans des successions d’États, lorsque des normes juridiques d’appartenance aux États sont transformées ou renégociées. Un troisième et dernier volet explore enfin l’enjeu qu’ont constitué les migrants et la migration pour les États, pour la définition de leur souveraineté et de leurs limites d’action.