Archives de catégorie : Cahiers d’Asie centrale

Cahiers d’Asie centrale

Revue pluridisciplinaire dédiée à la recherche en science humaine et sociale dans l’aire centrasiatique

A multidisciplinary journal focusing on the study of Central Asia

26 | 2016 – 1989, année de mobilisations politiques en Asie centrale

couverture
ISBN 978-2-84743-161-2
300 p.

L’année 1989 symbolise, dans la mémoire collective, la fin du communisme en Europe, mais il faudra attendre plus de deux ans pour assister à la dissolution de l’Union soviétique et à l’accès des cinq républiques d’Asie centrale à leur indépendance. Pourtant, dès le début de l’année 1989, avant-même la chute du mur de Berlin, la région fut le siège de plusieurs signes avant-coureurs : le retrait de l’Armée Rouge en Afghanistan ; l’arrêt des essais nucléaires soviétiques au Kazakhstan ; l’apparition des premières tensions interethniques dans la vallée du Ferghana ; l’adoption par chaque république d’une loi sur la langue. Autant de moments qui montrent combien l’année 1989 a marqué l’histoire récente de l’Asie centrale.

Ce nouveau numéro des Cahiers d’Asie centrale est donc consacré à l’étude des transformations sociales et politiques survenues au cours de l’année 1989 afin de comprendre à quel point cette année constitue un moment fondateur des mobilisations politiques en Asie centrale. Couvrant un large spectre disciplinaire (histoire, anthropologie, sociologie, science politique), ce numéro est composé de dix articles écrits à parité égale par des auteurs centrasiatiques et occidentaux, apportant ainsi à la fois des analyses objectives et des témoignages de terrain de chercheurs ayant vécu les événement présentés ici.

Découpé en trois parties, l’ouvrage traite d’abord des nouvelles formes de culture et de discours politiques qui se sont développées en Asie centrale à la fin des années quatre-vingt à la faveur de la politique de reconstruction (perestroïka) et de transparence (glasnost) voulue par Mikhaïl Gorbatchev. Il explore ensuite les mobilisations politiques à l’œuvre en Asie centrale en 1989, en réponse au mécontentement social, économique et culturel de la population. Enfin, la dernière partie aborde le processus d’ethnicisation de l’action collective, en revenant sur trois exemples tragiques d’escalade violente des mobilisations politiques.

In collective memory the year 1989 symbolises the end of communism in Europe. However, it was not until 1991 that the Soviet Union disappeared and the five Central Asian republics became independent states. Yet from early 1989, even before the fall of the Berlin Wall, several early warning events took place in the region: the defeat and withdrawal of the Red Army from Afghanistan; the cessation of Soviet nuclear testing in Kazakhstan; the outbreak of the first interethnic tensions in the Ferghana Valley; the adoption by each republic of a Law on Language. Many moments that show how the events of 1989 have marked the recent history of Central Asia.

This new issue of Cahiers d’Asie centrale is dedicated to the study of the social and political transformations that took place in Central Asia in 1989, with the aim of understanding to what extent this year, which is so symbolic in world history, constitutes a founding moment of political mobilisation in Central Asia. Covering a wide disciplinary spectrum (history, anthropology, sociology, political science), this issue consists of ten articles written in equal numbers by Central Asian and Western scholars. It provides objective analyses as well as field testimonies of scholars who experienced - and, for some of them, took an active part in - the events discussed here.

Divided into three parts, the book first addresses the new forms of political culture and discourse that developed in Central Asia in the late 1980s in the context of the new policy of reconstruction (perestroika) and transparency (glasnost) initiated by Mikhail Gorbachev. The second part of the book explores the process of political mobilisation in Central Asia in 1989, in response to the social, economic and cultural discontent of the population. The third and last part proceeds from this logic of ethnicisation of collective actions, through a review of three tragic examples of violent escalation of political mobilisations.

26 | 2016 – 1989, année de mobilisations politiques en Asie centrale

couverture
ISBN 978-2-84743-161-2
300 p.

L’année 1989 symbolise, dans la mémoire collective, la fin du communisme en Europe, mais il faudra attendre plus de deux ans pour assister à la dissolution de l’Union soviétique et à l’accès des cinq républiques d’Asie centrale à leur indépendance. Pourtant, dès le début de l’année 1989, avant-même la chute du mur de Berlin, la région fut le siège de plusieurs signes avant-coureurs : le retrait de l’Armée Rouge en Afghanistan ; l’arrêt des essais nucléaires soviétiques au Kazakhstan ; l’apparition des premières tensions interethniques dans la vallée du Ferghana ; l’adoption par chaque république d’une loi sur la langue. Autant de moments qui montrent combien l’année 1989 a marqué l’histoire récente de l’Asie centrale.

Ce nouveau numéro des Cahiers d’Asie centrale est donc consacré à l’étude des transformations sociales et politiques survenues au cours de l’année 1989 afin de comprendre à quel point cette année constitue un moment fondateur des mobilisations politiques en Asie centrale. Couvrant un large spectre disciplinaire (histoire, anthropologie, sociologie, science politique), ce numéro est composé de dix articles écrits à parité égale par des auteurs centrasiatiques et occidentaux, apportant ainsi à la fois des analyses objectives et des témoignages de terrain de chercheurs ayant vécu les événement présentés ici.

Découpé en trois parties, l’ouvrage traite d’abord des nouvelles formes de culture et de discours politiques qui se sont développées en Asie centrale à la fin des années quatre-vingt à la faveur de la politique de reconstruction (perestroïka) et de transparence (glasnost) voulue par Mikhaïl Gorbatchev. Il explore ensuite les mobilisations politiques à l’œuvre en Asie centrale en 1989, en réponse au mécontentement social, économique et culturel de la population. Enfin, la dernière partie aborde le processus d’ethnicisation de l’action collective, en revenant sur trois exemples tragiques d’escalade violente des mobilisations politiques.

In collective memory the year 1989 symbolises the end of communism in Europe. However, it was not until 1991 that the Soviet Union disappeared and the five Central Asian republics became independent states. Yet from early 1989, even before the fall of the Berlin Wall, several early warning events took place in the region: the defeat and withdrawal of the Red Army from Afghanistan; the cessation of Soviet nuclear testing in Kazakhstan; the outbreak of the first interethnic tensions in the Ferghana Valley; the adoption by each republic of a Law on Language. Many moments that show how the events of 1989 have marked the recent history of Central Asia.

This new issue of Cahiers d’Asie centrale is dedicated to the study of the social and political transformations that took place in Central Asia in 1989, with the aim of understanding to what extent this year, which is so symbolic in world history, constitutes a founding moment of political mobilisation in Central Asia. Covering a wide disciplinary spectrum (history, anthropology, sociology, political science), this issue consists of ten articles written in equal numbers by Central Asian and Western scholars. It provides objective analyses as well as field testimonies of scholars who experienced - and, for some of them, took an active part in - the events discussed here.

Divided into three parts, the book first addresses the new forms of political culture and discourse that developed in Central Asia in the late 1980s in the context of the new policy of reconstruction (perestroika) and transparency (glasnost) initiated by Mikhail Gorbachev. The second part of the book explores the process of political mobilisation in Central Asia in 1989, in response to the social, economic and cultural discontent of the population. The third and last part proceeds from this logic of ethnicisation of collective actions, through a review of three tragic examples of violent escalation of political mobilisations.

  • Introduction [Texte intégral]
    Olivier Ferrando
  • Introduction (English) [Texte intégral]
    Olivier Ferrando
  • Perestroïka et glasnost : les nouvelles formes de culture et de discours politiques de la fin des années quatre-vingt en Asie centrale
    Perestroika and Glasnost: New Forms of Political Culture and Discourse in the Late 1980s in Central Asia
  • Un mécontentement social, économique et culturel à l’origine des mobilisations politiques
    A Social, Economic and Cultural Discontent at the Origin of Political Mobilisations
    • Tajikistan and the Ambiguous Impact of the Soviet-Afghan War [Texte intégral disponible en novembre 2017]
      Markus Göransson
      Le Tadjikistan et l’impact ambigu de la guerre soviétique d’Afghanistan. La mobilisation politique d’anciens participants à la guerre soviétique d’Afghanistan en 1989
      Таджикистан и противоречивые следствия советско-афганской войны. Политическая мобилизация бывших участников советско-афганской войны в 1989 году
    • Isaac Scarborough
      De février à février et de Ru ba Ru à Rastokhez. Mobilisation politique au Tadjikistan soviétique finissant (1989-1990)
      От февраля к февралю и от «Ру ба Ру» к «Растохез». Политическая мобилизация в Таджикистане в преддверии распада СССР (1989-1990)
    • Ajdarbek Kočkunov
      Land-Grabbing as a Form of Social Revolution. The Case of Kyrgyzstan in 1989
      Захват земель как форма социальной революции. Пример Кыргызской Республики 1989 года
    • Olivier Ferrando
      The Ethnicisation of Collective Mobilisations in Central Asia since 1989
      Этнитизация коллективных мобилизаций в Центральной Азии с 1989 года
  • L’escalade vers la violence intercommunautaire
    The Escalation Towards Inter-Communal Violence

25 | 2015 – L’eau en Asie centrale

Couverture
ISBN 978-2-84743-131-5

Asie centrale est terre de contrastes et de paradoxes. Comme son nom l’indique, cette Asie se situe au cœur du continent le plus massif, ce qui lui confère sa tonalité aride bien reconnaissable à l’extension des vastes étendues désertiques. En dépit de cette aridité continentale, la région n’est pas pour autant dépourvue d’eau, car de puissants fleuves la traversent et fécondent des cités entourées d’oasis parfois millénaires et de vastes périmètres irrigués développés depuis plus d’un demi-siècle. Ce singulier paradoxe de l’abondance de l’eau au cœur de l’immensité aride tient à l’existence d’un puissant encadrement montagnard méridional étiré de la Caspienne à la Chine. Les montagnes jouent le rôle de château d’eau pour les territoires de plaine et de piémont où se concentrent les sociétés humaines.
Pour autant, la question de l’eau en Asie centrale est désormais source de préoccupations. Sa disponibilité ne cesse de diminuer sous l’effet combiné de la croissance démographique, des progrès du développement urbain et des activités extractives. Il en résulte une inéluctable augmentation de la mobilisation de la ressource ainsi qu’une dégradation de la qualité des eaux, avec l’accroissement des rejets. La pénurie se mesure à l’aune de la disparition des écosystèmes humides (région de l’Aral, du Balkhach et du bas Tarim) et au recul des terres irriguées dans certaines régions d’Ouzbékistan, du Turkménistan et du Xinjiang.
Cette menace du manque d’eau exacerbe les réactions concurrentielles entre secteurs économiques (agriculture irriguée, hydroélectricité, demande urbaine ou industrielle), mais surtout entre États. Comme l’eau en Asie centrale a surtout pour caractéristique d’être internationale en raison de l’existence de nombreux cours d’eau transfrontaliers, la question du partage de l’eau est source de tensions. Il règne à l’heure actuelle une lutte d’intérêt entre les États montagnards de l’amont (Kirghizstan, Tadjikistan), pourvoyeurs de la ressource, et les États de l’aval, surtout consommateurs de la ressource (Ouzbékistan, Turkménistan, Kazakhstan).
Ce numéro présente huit contributions qui explorent la problématique générale de la gestion de la ressource, laquelle nécessite de se pencher sur les acteurs, les usages, les pratiques et les territoires de l’eau. Les analyses riches et variées sont portées par des chercheurs occidentaux et centrasiatiques qui recouvrent un large spectre disciplinaire (géographie, histoire contemporaine, économie, ethnologie, anthropologie, science politique, droit international). Elles invitent à débattre des tensions liées à l’eau qui relèvent surtout d’une crise de gouvernance.

Central Asia is a land of contrasts. This Asia is at the heart of the most massive continent, which gives its dry tone recognisable to the extension of its large desert stretches. Despite this continental aridity, the region is not lacking water. Powerful rivers have irrigated and fertilised ancient oasis cities and large agricultural lands for over half a century. This singular paradox of water profusion in the heart of an arid vastness is made possible thanks to a strong mountain range stretching from the Caspian Sea to China. Mountains are a water tower for plains and piedmonts concentrating human societies.
For all that, water has become a source of concern in Central Asia. Its availability has never stopped declining because of population growth, urban development and mining activities. This results in an inevitable increase of water withdrawal and a deterioration of water quality. The shortage can be measured through the disappearance of wetland ecosystems (regions of Aral, Balkhash and lower Tarim) and the decline of irrigated land in some regions of Uzbekistan, Turkmenistan and Xinjiang.
The threat of water scarcity exacerbates competitive responses between economic sectors (irrigated agriculture, hydropower, urban and industrial demand), but most importantly between states. In Central Asia water has an international dimension because of the existence of many transboundary rivers. The issue of water sharing is a source of tension, in particular between upstream states providing the resource (Kyrgyzstan, Tajikistan), and downstream states consuming it (Uzbekistan, Turkmenistan, Kazakhstan).
This issue of Cahiers d’Asie centrale regroups eight contributions, which explore water management through actors, uses, practices and water territories. The rich and varied analyses are provided by Western and Central Asian researchers from a wide disciplinary spectrum (geography, contemporary history, economics, ethnology, anthropology, political science, international law). They invite us to discuss water-related tensions falling mainly within a governance crisis.

25 | 2015 – L’eau en Asie centrale

Couverture
ISBN 978-2-84743-131-5

Asie centrale est terre de contrastes et de paradoxes. Comme son nom l’indique, cette Asie se situe au cœur du continent le plus massif, ce qui lui confère sa tonalité aride bien reconnaissable à l’extension des vastes étendues désertiques. En dépit de cette aridité continentale, la région n’est pas pour autant dépourvue d’eau, car de puissants fleuves la traversent et fécondent des cités entourées d’oasis parfois millénaires et de vastes périmètres irrigués développés depuis plus d’un demi-siècle. Ce singulier paradoxe de l’abondance de l’eau au cœur de l’immensité aride tient à l’existence d’un puissant encadrement montagnard méridional étiré de la Caspienne à la Chine. Les montagnes jouent le rôle de château d’eau pour les territoires de plaine et de piémont où se concentrent les sociétés humaines.
Pour autant, la question de l’eau en Asie centrale est désormais source de préoccupations. Sa disponibilité ne cesse de diminuer sous l’effet combiné de la croissance démographique, des progrès du développement urbain et des activités extractives. Il en résulte une inéluctable augmentation de la mobilisation de la ressource ainsi qu’une dégradation de la qualité des eaux, avec l’accroissement des rejets. La pénurie se mesure à l’aune de la disparition des écosystèmes humides (région de l’Aral, du Balkhach et du bas Tarim) et au recul des terres irriguées dans certaines régions d’Ouzbékistan, du Turkménistan et du Xinjiang.
Cette menace du manque d’eau exacerbe les réactions concurrentielles entre secteurs économiques (agriculture irriguée, hydroélectricité, demande urbaine ou industrielle), mais surtout entre États. Comme l’eau en Asie centrale a surtout pour caractéristique d’être internationale en raison de l’existence de nombreux cours d’eau transfrontaliers, la question du partage de l’eau est source de tensions. Il règne à l’heure actuelle une lutte d’intérêt entre les États montagnards de l’amont (Kirghizstan, Tadjikistan), pourvoyeurs de la ressource, et les États de l’aval, surtout consommateurs de la ressource (Ouzbékistan, Turkménistan, Kazakhstan).
Ce numéro présente huit contributions qui explorent la problématique générale de la gestion de la ressource, laquelle nécessite de se pencher sur les acteurs, les usages, les pratiques et les territoires de l’eau. Les analyses riches et variées sont portées par des chercheurs occidentaux et centrasiatiques qui recouvrent un large spectre disciplinaire (géographie, histoire contemporaine, économie, ethnologie, anthropologie, science politique, droit international). Elles invitent à débattre des tensions liées à l’eau qui relèvent surtout d’une crise de gouvernance.

Central Asia is a land of contrasts. This Asia is at the heart of the most massive continent, which gives its dry tone recognisable to the extension of its large desert stretches. Despite this continental aridity, the region is not lacking water. Powerful rivers have irrigated and fertilised ancient oasis cities and large agricultural lands for over half a century. This singular paradox of water profusion in the heart of an arid vastness is made possible thanks to a strong mountain range stretching from the Caspian Sea to China. Mountains are a water tower for plains and piedmonts concentrating human societies.
For all that, water has become a source of concern in Central Asia. Its availability has never stopped declining because of population growth, urban development and mining activities. This results in an inevitable increase of water withdrawal and a deterioration of water quality. The shortage can be measured through the disappearance of wetland ecosystems (regions of Aral, Balkhash and lower Tarim) and the decline of irrigated land in some regions of Uzbekistan, Turkmenistan and Xinjiang.
The threat of water scarcity exacerbates competitive responses between economic sectors (irrigated agriculture, hydropower, urban and industrial demand), but most importantly between states. In Central Asia water has an international dimension because of the existence of many transboundary rivers. The issue of water sharing is a source of tension, in particular between upstream states providing the resource (Kyrgyzstan, Tajikistan), and downstream states consuming it (Uzbekistan, Turkmenistan, Kazakhstan).
This issue of Cahiers d’Asie centrale regroups eight contributions, which explore water management through actors, uses, practices and water territories. The rich and varied analyses are provided by Western and Central Asian researchers from a wide disciplinary spectrum (geography, contemporary history, economics, ethnology, anthropology, political science, international law). They invite us to discuss water-related tensions falling mainly within a governance crisis.

24 | 2015 – Littérature et Société en Asie centrale

Couverture
ISBN 978-2-84743-112-4

La littérature de ce que l’on a convenu d’appeler « l’Asie centrale » a été composée dans une grande variété de langages sur un vaste territoire qui inclut non seulement les cinq républiques de l’ex-Union soviétique (Turkménistan, Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan), mais aussi l’Azerbaïdjan, l’Afghanistan, la Mongolie, le Tibet, le Népal, le Bhoutan, ainsi que certaines régions de la Russie et de la Chine (la région autonome ouïgoure du Xinjiang pour ne citer qu’elle). Inutile de dire que les œuvres produites dans ce vaste ensemble forment une somme considérable de matériaux, à la fois écrits et oraux, qui auraient peut-être requis davantage d’attention que celle que l’on leur a accordée jusqu’ici, au moins dans les recherches réalisées en Occident. Compte tenu du déficit de publications dans ce domaine, le fait que les Cahiers d’Asie centrale consacrent un numéro à ce sujet mérite toute notre attention.

Mais ce volume est certainement plus qu’une contribution à l’étude de la littérature centrasiatique. En se concentrant sur les défis sociétaux tels qu’ils se reflètent dans la production littéraire, cet ouvrage aimerait bien entendu apporter des réponses, mais aussi des nouvelles formes de questionnements sur la façon dont les différentes sociétés et les populations de cette aire ont représenté leur propre cheminement historique. Avec la perspective d’étudier comment la littérature pouvait être utilisée telle une véritable source historiographique, et plus généralement avec l’intention d’évaluer le niveau d’intrication de la littérature avec la société qui la produit, les différents contributeurs ont consacré une attention particulière au problème des relations établies entre culture et pouvoir. A cet égard, la période historique ici considérée s’étend du XVe siècle jusqu’à nos jours. Elle commence avec la fin de l’époque médiévale, lorsque la Renaissance Timouride offre ses plus belles heures, et s’achève avec la situation de la littérature kirghize contemporaine, incluant dans l’intervalle l’époque pré-moderne envisagée du point de vue des écrits mystiques d’un poète du Turkestan oriental, ainsi que la période de la colonisation russe et l’ère soviétique qui lui succède directement.

 The literature of what has been labelled ‘Central Asia’ has been produced in a variety of languages and across a huge area, which includes not only the five republics of the former Soviet Union (Turkmenistan, Uzbekistan, Kazakhstan, Kyrgyzstan, Tajikistan), but also Azerbaijan, Afghanistan, Mongolia, Tibet, Nepal, Bhutan, and parts of Russia and China (the Uyghur Autonomous Region). Needless to say the literary works produced in this vast space represent a considerable amount of material, both oral and written, which would maybe require more attention than they are actually given thus far, at least in the Western academic world. Given the scarcity of publications in the field, the fact that the Cahiers d’Asie centrale is devoting a single issue to this matter is something that deserves due attention.

But this issue is certainly more than a contribution to the study of Central Asian literature. Indeed, by aiming to focus on the societal challenges reflected by Central Asian literary production, this volume would like to bring answers, as well as new kinds of question regarding the way the various societies and peoples of this geographic area have depicted their own historical trajectories. Within the perspective of examining the way literature can be used as a source of historiography, and more generally speaking with the aim of assessing the interconnectedness of society and literature, the various contributors have devoted a specific attention to the issue of the relationships between culture and power. In this regard the historical timeline that is encompassed extends from the fifteenth century up to the present day. It begins with the end of the medieval times, when the Timurid Renaissance achieved the production of its finest hours, and ends with the situation of contemporary Kyrgyz literature, including in the period between the early modern times looked at from the viewpoint of the mystical writings of an Eastern Turkestanese poet, as well as the Russian colonisation and the Soviet era.

24 | 2015 – Littérature et Société en Asie centrale

Couverture
ISBN 978-2-84743-112-4

La littérature de ce que l’on a convenu d’appeler « l’Asie centrale » a été composée dans une grande variété de langages sur un vaste territoire qui inclut non seulement les cinq républiques de l’ex-Union soviétique (Turkménistan, Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan), mais aussi l’Azerbaïdjan, l’Afghanistan, la Mongolie, le Tibet, le Népal, le Bhoutan, ainsi que certaines régions de la Russie et de la Chine (la région autonome ouïgoure du Xinjiang pour ne citer qu’elle). Inutile de dire que les œuvres produites dans ce vaste ensemble forment une somme considérable de matériaux, à la fois écrits et oraux, qui auraient peut-être requis davantage d’attention que celle que l’on leur a accordée jusqu’ici, au moins dans les recherches réalisées en Occident. Compte tenu du déficit de publications dans ce domaine, le fait que les Cahiers d’Asie centrale consacrent un numéro à ce sujet mérite toute notre attention.

Mais ce volume est certainement plus qu’une contribution à l’étude de la littérature centrasiatique. En se concentrant sur les défis sociétaux tels qu’ils se reflètent dans la production littéraire, cet ouvrage aimerait bien entendu apporter des réponses, mais aussi des nouvelles formes de questionnements sur la façon dont les différentes sociétés et les populations de cette aire ont représenté leur propre cheminement historique. Avec la perspective d’étudier comment la littérature pouvait être utilisée telle une véritable source historiographique, et plus généralement avec l’intention d’évaluer le niveau d’intrication de la littérature avec la société qui la produit, les différents contributeurs ont consacré une attention particulière au problème des relations établies entre culture et pouvoir. A cet égard, la période historique ici considérée s’étend du XVe siècle jusqu’à nos jours. Elle commence avec la fin de l’époque médiévale, lorsque la Renaissance Timouride offre ses plus belles heures, et s’achève avec la situation de la littérature kirghize contemporaine, incluant dans l’intervalle l’époque pré-moderne envisagée du point de vue des écrits mystiques d’un poète du Turkestan oriental, ainsi que la période de la colonisation russe et l’ère soviétique qui lui succède directement.

 The literature of what has been labelled ‘Central Asia’ has been produced in a variety of languages and across a huge area, which includes not only the five republics of the former Soviet Union (Turkmenistan, Uzbekistan, Kazakhstan, Kyrgyzstan, Tajikistan), but also Azerbaijan, Afghanistan, Mongolia, Tibet, Nepal, Bhutan, and parts of Russia and China (the Uyghur Autonomous Region). Needless to say the literary works produced in this vast space represent a considerable amount of material, both oral and written, which would maybe require more attention than they are actually given thus far, at least in the Western academic world. Given the scarcity of publications in the field, the fact that the Cahiers d’Asie centrale is devoting a single issue to this matter is something that deserves due attention.

But this issue is certainly more than a contribution to the study of Central Asian literature. Indeed, by aiming to focus on the societal challenges reflected by Central Asian literary production, this volume would like to bring answers, as well as new kinds of question regarding the way the various societies and peoples of this geographic area have depicted their own historical trajectories. Within the perspective of examining the way literature can be used as a source of historiography, and more generally speaking with the aim of assessing the interconnectedness of society and literature, the various contributors have devoted a specific attention to the issue of the relationships between culture and power. In this regard the historical timeline that is encompassed extends from the fifteenth century up to the present day. It begins with the end of the medieval times, when the Timurid Renaissance achieved the production of its finest hours, and ends with the situation of contemporary Kyrgyz literature, including in the period between the early modern times looked at from the viewpoint of the mystical writings of an Eastern Turkestanese poet, as well as the Russian colonisation and the Soviet era.

23 | 2014 – Le Kazakhstan en mutation

Couverture
ISBN 978-2-84743-095-0

Peu connue dans nos contrées, l’histoire des steppes kazakhes nous interpelle. Elle nous fascine par le puissant appel au voyage qu’elle suscite en Europe depuis le Moyen Age, comme par l’énigme géopolitique qu’elle continue de poser depuis le début du xxe siècle, quant à sa réalité et son impact dans l’histoire de ses voisins.

Conçu comme une succession de terroirs parfois difficilement identifiables, l’espace kazakh résiste à l’analyse des structures de pouvoir, des échanges, des flux économiques, des contraintes sociales, des permanences culturelles, telle qu’on la pratique pour les sociétés sédentaires voisines de Transoxiane, comme de Russie ou de Chine. Il faut donc s’efforcer de combler ces lacunes, au moins d’y contribuer, car il existe une nouvelle école d’études kazakhes qui, à l’échelle locale comme internationale a porté ses fruits depuis deux décennies. La tâche est ardue tant elle est d’envergure, par le silence des sources sur de nombreuses questions et leur forme parfois difficilement exploitable scientifiquement. C’est pourquoi il faut privilégier les études « micro-régionales » ponctuelles, sur des thèmes précis, tout en croisant des approches différentes : historique, politique, sociologique, démographique, anthropologique.

C’est là le but du présent ouvrage qui a toute sa place dans la prestigieuse bibliographie des Cahiers d’Asie centrale. Offrir au lecteur occidental soucieux de mieux connaître ce nouvel État du Kazakhstan surgi des décombres de l’Urss, en plein essor économique aujourd’hui, un détour historique par le xixe siècle et le début du xxe, afin d’éclairer ce qui fonde sa personnalité spécifique dans le concert des nations contemporaines.

Dédié à Nurbulat Massanov, disparu prématurément le 6 octobre 2006, ce recueil dirigé par Catherine Poujol rassemble, outre les dédicaces d’Irina Erofeeva et de Vincent Fourniau et un article d’érudition de Nurbulat Massanov, les contributions de plusieurs spécialistes du monde kazakh, historiens et anthropologues : Kassym Aouelbekov, Laure du Teilhet, Xavier Hallez, Marlène Laruelle, Isabelle Ohayon, Sébastien Peyrouse, Laura Yerekesheva, qui, en une succession de chapitres très documentés, offrent au lecteur français, un livre rare, s’appuyant sur un corpus de sources difficilement accessibles et pourtant fort utiles pour découvrir la richesse historique et culturelle d’un pays et d’un territoire encore largement méconnus.

23 | 2014 – Le Kazakhstan en mutation

Couverture
ISBN 978-2-84743-095-0

Peu connue dans nos contrées, l’histoire des steppes kazakhes nous interpelle. Elle nous fascine par le puissant appel au voyage qu’elle suscite en Europe depuis le Moyen Age, comme par l’énigme géopolitique qu’elle continue de poser depuis le début du xxe siècle, quant à sa réalité et son impact dans l’histoire de ses voisins.

Conçu comme une succession de terroirs parfois difficilement identifiables, l’espace kazakh résiste à l’analyse des structures de pouvoir, des échanges, des flux économiques, des contraintes sociales, des permanences culturelles, telle qu’on la pratique pour les sociétés sédentaires voisines de Transoxiane, comme de Russie ou de Chine. Il faut donc s’efforcer de combler ces lacunes, au moins d’y contribuer, car il existe une nouvelle école d’études kazakhes qui, à l’échelle locale comme internationale a porté ses fruits depuis deux décennies. La tâche est ardue tant elle est d’envergure, par le silence des sources sur de nombreuses questions et leur forme parfois difficilement exploitable scientifiquement. C’est pourquoi il faut privilégier les études « micro-régionales » ponctuelles, sur des thèmes précis, tout en croisant des approches différentes : historique, politique, sociologique, démographique, anthropologique.

C’est là le but du présent ouvrage qui a toute sa place dans la prestigieuse bibliographie des Cahiers d’Asie centrale. Offrir au lecteur occidental soucieux de mieux connaître ce nouvel État du Kazakhstan surgi des décombres de l’Urss, en plein essor économique aujourd’hui, un détour historique par le xixe siècle et le début du xxe, afin d’éclairer ce qui fonde sa personnalité spécifique dans le concert des nations contemporaines.

Dédié à Nurbulat Massanov, disparu prématurément le 6 octobre 2006, ce recueil dirigé par Catherine Poujol rassemble, outre les dédicaces d’Irina Erofeeva et de Vincent Fourniau et un article d’érudition de Nurbulat Massanov, les contributions de plusieurs spécialistes du monde kazakh, historiens et anthropologues : Kassym Aouelbekov, Laure du Teilhet, Xavier Hallez, Marlène Laruelle, Isabelle Ohayon, Sébastien Peyrouse, Laura Yerekesheva, qui, en une succession de chapitres très documentés, offrent au lecteur français, un livre rare, s’appuyant sur un corpus de sources difficilement accessibles et pourtant fort utiles pour découvrir la richesse historique et culturelle d’un pays et d’un territoire encore largement méconnus.

21/22 | 2013 – L’archéologie française en Asie centrale

Couverture
ISBN 978-2-7018-0347-0
638 p.

L’archéologie est une discipline scientifique, complexe mais de plus en plus précise, dont l’objectif essentiel est de mieux connaître l’Homme et la société, depuis la Préhistoirejusqu’à l’époque moderne, grâce à l’étude des éléments matériels mis au jour (édifices, infrastructures,poteries, outils, armes, ossements...). L’archéologue, dans une approche diachronique, trouve l’essentiel de sa documentation grâce à des travaux de terrain (prospections, sondages,fouilles, voire études de collections). Les résultats permettent de mettre en lumière une culture ouune civilisation, une ou des population(s), les étapes d’un passé méconnu.

L’Histoire de l’Asie centrale est complexe et jalonnée d’épisodes mouvementés. La grande diversitégéographique et orographique en a fait un lieu privilégié où se sont développés de grandes civilisationset de puissants empires, dont il nous reste encore beaucoup à découvrir : la civilisation del’Oxus, les empires des Achéménides, d’Alexandre le Grand, des Kouchans, des Sassanides, des Turcs,des Arabes, des Mongols...

Il y a douze ans, le numéro IX des Cahiers d’Asie centrale publiait les résultats des découvertesarchéologiques françaises réalisées dans cette région. Cette abondante moisson prenait en compteun immense travail initié par Jean-Claude Gardin en 1979. Aujourd’hui, ce nouveau numéro doubledes Cahiers amplifie notre connaissance de l’Asie centrale grâce aux trente deux articles pluridisciplinairesassociant les sciences humaines et sociales aux sciences de la terre ; et il nous faitdécouvrir les résultats des recherches archéologiques menées depuis plus de trois décennies,mettant en exergue le travail scientifique et la méthodologie, l’excellente coopération entre leschercheurs centrasiatiques et français, le souci de formation et de valorisation. Et nous espéronsqu’au fil des pages l’archéologue, l’historien ou les lecteurs avertis trouvent dans cet ouvrageles éléments d’une histoire pluridisciplinaire, constamment enrichie.

21/22 | 2013 – L’archéologie française en Asie centrale

Couverture
ISBN 978-2-7018-0347-0
638 p.
L’archéologie est une discipline scientifique, complexe mais de plus en plus précise, dontl’objectif essentiel est de mieux connaître l’Homme et la société, depuis la Préhistoirejusqu’à l’époque moderne, grâce à l’étude des éléments matériels mis au jour (édifices, infrastructures,poteries, outils, armes, ossements...). L’archéologue, dans une approche diachronique,trouve l’essentiel de sa documentation grâce à des travaux de terrain (prospections, sondages,fouilles, voire études de collections). Les résultats permettent de mettre en lumière une culture ouune civilisation, une ou des population(s), les étapes d’un passé méconnu. L’Histoire de l’Asie centrale est complexe et jalonnée d’épisodes mouvementés. La grande diversitégéographique et orographique en a fait un lieu privilégié où se sont développés de grandes civilisationset de puissants empires, dont il nous reste encore beaucoup à découvrir : la civilisation del’Oxus, les empires des Achéménides, d’Alexandre le Grand, des Kouchans, des Sassanides, des Turcs,des Arabes, des Mongols... Il y a douze ans, le numéro IX des Cahiers d’Asie centrale publiait les résultats des découvertesarchéologiques françaises réalisées dans cette région. Cette abondante moisson prenait en compteun immense travail initié par Jean-Claude Gardin en 1979. Aujourd’hui, ce nouveau numéro doubledes Cahiers amplifie notre connaissance de l’Asie centrale grâce aux trente deux articles pluridisciplinairesassociant les sciences humaines et sociales aux sciences de la terre ; et il nous faitdécouvrir les résultats des recherches archéologiques menées depuis plus de trois décennies,mettant en exergue le travail scientifique et la méthodologie, l’excellente coopération entre leschercheurs centrasiatiques et français, le souci de formation et de valorisation. Et nous espéronsqu’au fil des pages l’archéologue, l’historien ou les lecteurs avertis trouvent dans cet ouvrageles éléments d’une histoire pluridisciplinaire, constamment enrichie.