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l’Année du Maghreb

L’Année du Maghreb, publiée par l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM, UMR 7310, CNRS/Aix-Marseille Université), a succédé à L’Annuaire de l’Afrique du Nord (1962-2003) dont la première parution aux Éditions du CNRS remonte à 1962.

Cette revue a deux vocations : porter une attention particulière à l’actualité́ de la région durant une année de référence (dynamiques internes des Etats et sociétés du Maghreb, configuration et transformation de leur environnement international et de leurs relations extérieures) ; accueillir des travaux originaux de sciences sociales sur le Maghreb, valorisant l’approche de terrain et le travail sur des sources inédites.

Elle livre ainsi tous les ans des chroniques politiques de l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, assorties d’un ou plusieurs « gros plans » et de notes traitant de débats d’actualité, ouverts notamment aux questions culturelles, économiques, juridiques ou de relations internationales qui traversent les sociétés du Maghreb. En première partie de chacun de ses numéros, L’Année du Maghreb accueille également un dossier de recherche thématique, centré sur le Maghreb faisant écho tant à l’actualité qu’aux débats pluridisciplinaires en cours dans le champ des sciences sociales.

L’Année du Maghreb est présente en ligne, dans le cadre du programme OpenEdition Freemium qui permet la prise de connaissance immédiate, et dans leur intégralité, des textes les plus récemment publiés. Ouverte à des contributions en français, en arabe ou en anglais, elle entend participer à l’animation et à la consolidation d’un réseau international de chercheurs en sciences sociales travaillant sur le Maghreb contemporain.

The journal is to analyse Maghrebi current affairs over the preceding year

15 | 2016 – Dossier : Profession journaliste

Année du Maghreb n°15 2016 vol II
ISBN 978-2-271-09358-5

Le dossier "profession journaliste" traite des transformations des paysages médiatiques des différents États du Maghreb en portant le regard sur les conditions d'exercice du métier de journaliste. En se plaçant au cœur du système, on perçoit les transformations de l'espace économique, la diversité des espaces de travail dans lesquels ils exercent et son effet sur la labilité des identités professionnelles.

Comme chaque année, les chroniques dressent un bilan de la vie politique dans les différents pays du Maghreb au cours de l'année qui précède. L'année 2015 montre à son tour la spécificité des trajectoires politiques des États et des sociétés de la région.

14 | 2016 – Dossier : Musiques et sociétés

L'Année du Maghreb 2016, n°14, vol I
ISBN 978-2-271-09199-4

sous la direction de Yvan Gastaut

La chanson de variété au Maghreb nous raconte des histoires de migrati ons et de circulations. Nombreuses sont les figures du Panthéon de la chanson populaire maghrébine à avoir chanté les aff res de l’exil. L’héritage des écoles arabo-andalouses croise le dynamisme de la tradition orale berbère, le savoir-faire des grands maîtres de l’Andalou de confession juive, et la chanson de variété moderne qui naît en terre d’exil. Dans un contexte socio-politique et linguistique tourmenté, la chanson devient un miroir de l’histoire sociale de ces territoires et du monde post-colonial qui en est issu.
Ce numéro rassemble aussi des varia, adressés à la Rédaction de façon spontanée. Avec trois études consacrées à la Tunisie post-révoluti onnaire, aux enjeux sécuritaires et d’autres remontant à un passé plus lointain, c’est un incessant va-et-vient entre passé et présent et une
perception du caractère contingent des normes des sociétés du Maghreb qui se donnent à voir.

13 | 2015 – Dossier : Pratique du droit et propriétés au Maghreb

L'Année du Maghreb 2015|13, vol.II
ISBN 978-2-271-08831-4

Sous la direction de Baudouin Dupret et Yazid Ben Hounet

Dans les mondes musulmans, l’étude du droit et des institutions judiciaires peine à se défaire de la référence à l’islam. Cette survalorisation du référent islamique, qui s’accompagne de nombreuses erreurs d’interprétation, est d’autant plus forte que des acteurs politiques revendiquent l’application de « la sharî‘a islamique », mouvements islamistes et gouvernants finissant par s’aligner sur un même registre de discours.

Ce numéro de L’ Année du Maghreb procède à une étude du droit dans les sociétés maghrébines, en opérant des comparaisons avec d’autres espaces africains, comme le Soudan. Il questionne ainsi les relations du droit à l’islam, en dressant une série de constats qui se fondent sur les acquis de l’anthropologie du droit. Soucieux de combler le déficit d’attention accordée à cette question, les chercheurs ici réunis tentent de substituer à l’anthropologie du droit musulman une anthropologie du droit dans les mondes musulmans en se donnant un objet précis au coeur du droit : la propriété, le contrat qui la constitue et sa transmission.

À travers une ethnographie du droit de la propriété et de son transfert, ce numéro permet d’identifier en contexte et à l’oeuvre les gens impliqués dans ces activités. Il vise aussi à montrer combien, dans les pratiques quotidiennes, le référencement à l’islam s’avère occasionnel. Loin d’y être subordonnée, la dynamique du droit s’en affranchit largement.

12 | 2015 – Dossier : Villes et urbanités au Maghreb

Année du Maghreb n°12|vol.I 2015
Sous la direction de Saïd Belguidoum, Raffaele Cattedra et Aziz Iraki Le fait urbain est au cœur des mutations que vit le Maghreb. En quelques décennies l’urbanisation a été massive, rapide et parfois brutale tant les bouleversements dans les modes de vie et les structures sociales ont été profonds. Produit des transformations de la société, la ville est elle-même génératrice d’importantes mutations sociales. De tels processus interpellent la recherche urbaine, dont le dynamisme reflète toute l’acuité des problèmes posés par la transition en cours. Pour saisir cette complexité, les coordonnateurs de ce dossier et la rédaction de L’Année du Maghreb ont opté pour une entrée « par le bas », à l’échelle de ceux qui vivent la ville au quotidien. Les contributions portent sur les processus de production de l’urbain, du bâti et des espaces, les modes de vie, les pratiques et les représentations sociales induites par la ville, la construction des territoires urbains, le rapport entre l’espace voulu et l’espace vécu, la question de la gestion des cadres de vie, l’interaction enfin entre les politiques publiques et l’action collective. L’univers des signes par lesquels se disent et se lisent les villes est aussi le lieu où s’exprime l’exigence de nouvelles citoyennetés, déclinées du quartier à l’espace mondialisé, en passant par toutes les échelles de l’accès au politique.

11 | 2014 – Dossier : Routes migratoires africaines et dynamiques religieuses

L'Année du Maghreb n°11, 2014-II
ISBN 978-2-271-08327-2

Quelles articulations observe-t-on entre les parcours migratoires d’individus, les pratiques et les institutions religieuses qui jalonnent ces itinéraires ? Comment les pratiques religieuses des migrants africains se réajustent-elles en situation de migration dans le nord de l’Afrique, et comment les instances confessionnelles s’organisent-elles pour les accompagner ?

Ce dossier de L’Année du Maghreb tente de répondre à ces questions. Il est conçu à partir de travaux de terrain allant du Sénégal au Liban en passant par le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, le Soudan, et le Burkina Faso. Réalisés par des chercheurs de diverses disciplines, ils montrent que ces changements ne se situent pas seulement au niveau de la pratique religieuse, mais aussi – et c’est l’angle original des articles présentés – qu’ils participent à la redéfinition de certaines institutions, des représentations de soi et du monde environnant. Des étudiants africains d’Al-Azhar aux migrants chrétiens accueillis par l’Église évangélique au Maroc, les analyses témoignent que la religion représente souvent une ressource lors de la migration ; mais aussi que la migration africaine questionne les institutions religieuses à travers l’ensemble de l’Afrique méditerranéenne. Les migrants africains, chrétiens ou musulmans, étudiants, aventuriers, travailleurs, pèlerins ou commerçants sont aujourd’hui les nouvelles figures d’altérité avec lesquelles les sociétés au nord du continent doivent composer. Cette présence migratoire, inédite par son ampleur, invite des sociétés qui se sont construites sur un discours nationaliste valorisant l’homogénéité à prendre acte d’un possible pluralisme religieux.

Second volume de l’année 2014, le numéro 11 de L’Année du Maghreb intègre aussi les chroniques politiques détaillées de l’année2013 dans les cinq États composant le Grand Maghreb. Parmiles premières tentatives d’écrire l’histoire en train de se faire, ceschroniques constituent un outil indispensable à la compréhensiondes enjeux d’une actualité brûlante.

10 | 2014 – Dossier : Besoins d’histoire

Couverture Année du Maghreb 2014, n°10
ISBN 978-2-271-08257-2

Le surgissement de la révolution en Tunisie, en Égypte puis en Libye, inonde depuis des mois nos agendas scientifiques. Dans cette profusion de discours, différentes références ont servi de grilles de lecture pour appréhender  l’événement. Les uns l’ont observé à la lumière de l’histoire des révolutions européennes, avec pour principale référence le printemps des peuples de 1848, les autres l’ont rattaché à des traditions et à des normes culturelles, à des cadres religieux. Ce numéro de L’Année du Maghreb s’inscrit dans ce courant d’interrogations, à sa manière, en faisant de l’histoire, de ses expressions et de ses usages, son fil rouge. Les multiples recours sociaux et politiques au passé qui, au Maghreb, accompagnent ou font écho à ce moment révolutionnaire, ont en effet des résonnances temporelles plus anciennes.

La saturation des mémoires, les usages politiques du passé font ressortir avec d’autant plus de force un Besoin d’histoire. Le temps révolutionnaire tend à bousculer les modèles des sciences sociales et le rapport aux sources de l’enquête. Les usages et appropriations de l’histoire témoignent de ce que, depuis les indépendances, les rapports au passé se sont sensiblement transformés, au gré des mutations du contexte politique et social. Ce numéro revêt enfin une dimension programmatique : l’impact profond et le caractère traumatique de l’expérience coloniale sur les sociétés maghrébines ne peut nous exonérer de la nécessité d’explorer l’histoire en amont et à l’aval du colonial. Cela afin de laisser ouvertes toutes les virtualités de l’avenir.

IX | 2013 – Dossier: Le Maghreb avec ou sans l’Europe ?

Annee du Maghreb 2013
ISBN 978-2-271-07965-7

L’importance des relations euro-maghrébines justifie que L’Année du Maghreb, qui leur a déjà consacré plusieurs dossiers dans le passé, s’y intéresse à nouveau, dans le contexte changeant et incertain des révolutions arabes. Les différents projets euro-maghrébins, les accords d’association avec l’Union européenne et les multiples accords bilatéraux de coopération entre chacun des pays du Maghreb et chacun des pays européens constituent la trame d’un tissu de relations denses, prenant incontestablement l’allure d’un partenariat privilégié. Si ces nouvelles relations ont remplacé les anciens liens de domination coloniale, on peut néanmoins s’interroger sur la nature et les effets de ce partenariat non seulement sur chacun des pays maghrébins mais aussi et surtout sur le Maghreb comme ensemble régional encore à construire. La proximité avec l’Europe et les relations privilégiées entretenues ne compromettentelles pas l’intégration régionale du Maghreb et une meilleure insertion dans les échanges économiques internationaux ? La réflexion actuelle qui traverse l’espace public sur le degré de dépendance du Maghreb vis-à-vis de l’Europe et sur la possibilité de développer des relations ou des partenariats avec d’autres pays ou régions du monde méritait d’être interrogée. Tout d’abord, pour tenter de dresser un panorama, dans un certain nombre de domaines, des relations euromaghrébines, mais aussi pour établir un bilan prospectif des différents aspects des relations du Maghreb en dehors de l’Europe, qu’il s’agisse des principales puissances économiques ou des pays émergents, mais aussi des relations infra et supra-nationales. Le Maghreb et le partenariat euro-méditerranéen ont-ils encore leur place dans un monde globalisé ? Et si oui, laquelle ?

VIII | 2012 – Dossier : Un printemps arabe ?

Tunis, 14 janvier 2011
ISBN 978-2-271-07554-3

La période inaugurée par la chute du régime de Ben Ali constitue une rupture dans l’histoire des régimes autoritaires arabes. Le souffle des protestations sociales, qui est parti de Tunisie, a emporté le régime de Ben Ali le 14 janvier 2011, puis celui de Moubarak en Égypte un mois plus tard, et enfin celui du colonel Kadhafi, en Libye, le 20 octobre de la même année. Le départ du despote tunisien a ainsi ouvert la voie à un cycle protestataire sans précédent au Maghreb et au Moyen-Orient.
L’Année du Maghreb ne pouvait ne pas s’intéresser au « printemps » ou aux « révolutions » arabes, d’autant plus que les dynamiques politique et sociale qui ont ébranlé les bases des régimes autoritaires de la région et ont remis « en cause un certain nombre de présupposés scientifiques sur le caractère inéluctable de l’autoritarisme ». Le dossier de recherche, coordonné par Vincent Geisser, s’attèle justement à déconstruire un certain discours des sciences sociales tout en montrant que le « processus de fissuration des régimes autoritaires n’a pas commencé avec le Printemps arabe de 2010-2011 ». Dans le même temps, les articles de ce numéro mettent l’accent sur le rôle joué par les divers acteurs dans les processus de mobilisation et fournissent aussi des éléments de compréhension des nouvelles réalités sociopolitiques qui émergent des mouvements protestataires et de leur gestion par les différents régimes autoritaires.

Éric Gobe,
Rédacteur en chef et responsable scientifique de L’Année du Maghreb

VII | 2011 – Dossier : Sahara en mouvement

Appareil à élever l'eau dans les oasis de Fezzân
ISBN 978-2-271-07282-5

La période qui s’étend de la fin de l’année 2010 au début de 2011 constitue une rupture dans l’histoire des régimes autoritaires arabes. Le souffle des protestations sociales est parti de Tunisie et a emporté le régime de Ben Ali le 14 janvier 2011, puis celui de Moubarak, en Égypte, un mois plus tard. La Tunisie est donc au cœur de la seconde partie de L’Année du Maghreb qui traite de l’actualité maghrébine. Si l’onde de choc de la « révolution » tunisienne a occulté les enjeux sahariens, le Sahara constitue toujours un sujet de préoccupations des médias occidentaux : refuge d’al-Qaïda au Maghreb, cette région est analysée en termes strictement sécuritaires. Zone d’instabilité, le Sahara est perçu comme l’aire de jeu des terroristes et le lieu de passage des « hordes d’émigrés » en partance pour l’Europe.

Le dossier de recherche de L’Année du Maghreb, coordonné par Dominique Casajus et ancré dans une perspective historique, donne du Sahara l’image beaucoup plus nuancée d’une région en mouvement. Aire géographique nourrissant les utopies techniciennes et littéraires, le Sahara a toujours été pris dans un réseau de relations, inséparables de ses marges. Alors que l’Europe de Schengen s’obstine à voir dans le Sahara un lieu vide dont il faut à tout prix empêcher qu’il ne soit traversé, il est en réalité une zone où poussent les villes, se déploient des réseaux commerçants transnationaux, se développent des échanges licites et des trafics illicites, s’affirment des mouvements politiques qui instrumentalisent les États et/ou sont instrumentalisés par eux.

Éric Gobe, Rédacteur en chef et responsable scientifique de L’Année du Maghreb
Dominique Casajus, Directeur de recherches au CNRS, Centre d’études des mondes africains