Category Archives: Religious persons/communities

Conversion forcée et crimes de masse

« Comment les religions sont-elles devenues des idéologies meurtrières ? » À cette question, lancinante aujourd’hui, du fanatisme et du terrorisme à fondement religieux, on peut tenter de répondre en se plongeant dans les textes sacrés des grandes religions monothéistes et en montrant que le fondamentalisme est une lecture biaisée, totalitaire, de ces religions [1]. À rebours de cette démarche, je propose ici de considérer l’une des modalités de la violence religieuse, la conversion forcée, en la replaçant dans le répertoire des violences politiques à l’encontre des minorités religieuses ou … Lire la suite Conversion forcée et crimes de masse

Journée d’études. Autour des 150 ans de la Bibliothèque du Saulchoir

bibliotheque saulchoir 150 programme defÀ l’occasion du 150e anniversaire de la Bibliothèque du Saulchoir, une journée d’études est organisée le vendredi 6 novembre 2015.
En effet, les frères dominicains, sous l’impulsion du P. Lacordaire, ont rouvert plusieurs couvents à partir de 1843 puis se sont organisés comme auparavant en plusieurs provinces. La Province de France (couvrant les deux tiers nord de la France), lors de la fondation de la Province de Toulouse, a transféré son studium au couvent de Flavigny-sur-Ozerain en Côte d’Or et y a établi une nouvelle bibliothèque en octobre 1865.
Après expulsions et déménagements, la bibliothèque du studium de la Province dominicaine de France élut domicile rue de la Glacière à Paris en 1973 sous le nom de Bibliothèque du Saulchoir, nom du couvent d’études d’où elle provenait. La vocation de cette bibliothèque est de participer à la mission des frères dominicains en étant au service de tous, clercs et laïcs, croyants et incroyants, et en contribuant autant qu’elle le peut à la recherche.
Le fonds de la bibliothèque, avec ses 250 000 volumes et 7 000 titres de périodiques dont 400 abonnements en cours, ses manuscrits dont les plus anciens datent de la fin du XIIe siècle, sa collection unique d’images de piété, de gravures et de tableaux, est directement hérité des premières acquisitions de Flavigny en 1865 et témoigne d’un enrichissement progressif et continu depuis cent-cinquante ans grâce au travail et à la compétence des frères dominicains bibliothécaires successifs et de leurs collaborateurs. La Bibliothèque du Saulchoir s’attache à préserver la richesse de son patrimoine tout en poursuivant inlassablement sa modernisation pour le service de ses lecteurs, frères dominicains, étudiants, enseignants, chercheurs et passionnés. La bibliothèque est gratuite et au service de tous pour l’étude ou la recherche.

Programme :

Accueil et ouverture

10h : frère Michel Mallèvre, président de la Bibliothèque du Saulchoir et Frédéric Pascal, président des Amis de la bibliothèque : Accueil.
10h30 : frère Michel Lachenaud, prieur provincial de la Province dominicaine de France : Ouverture.

La Bibliothèque provinciale des dominicains au service de tous
Présidence : frère Henri-Dominique Saffrey, ancien directeur de la Bibliothèque du Saulchoir.

10h45 : frère Pierre Januard, bibliothécaire provincial, directeur de la Bibliothèque du Saulchoir : Le fonds, les partenariats, la politique d’acquisition et l’accueil du Saulchoir.
11h30 : frère Michel Albaric, ancien directeur de la Bibliothèque du Saulchoir : Quelques belles pièces de la Bibliothèque du Saulchoir : manuscrits, incunables, gravures, images de piété, tableaux…

12h30 : Repas (sur inscription).

La Bibliothèque du Saulchoir, un fonds entre tradition et modernité
Présidence : frère Adriano Oliva, président de la Commission léonine.

14h : Marc Ozilou, directeur du Groupe de recherche Pierre Lombard (GRPL) : Étudier les Sentences de Pierre Lombard (XIIe siècle) grâce au fonds de la Bibliothèque du Saulchoir.
14h45 : frère Michel Mallèvre, directeur du centre Istina et de l’Institut supérieur d’études œcuméniques : Le fonds de la Bibliothèque du Saulchoir : perspectives œcuméniques.

Quels enjeux pour aujourd’hui ?
Présidence : frère Hervé Ponsot, bibliothécaire du couvent des dominicains de Lille, ancien directeur de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.

15h45 : Isabelle Séruzier, bibliothécaire en chef de la Bibliothèque du Saulchoir : Réalisations et projets.
16h15 : Christophe Langlois, directeur des bibliothèques de l’Institut catholique de Paris : Bibliothèques de sciences religieuses, quelles dynamiques, quels enjeux ?
16h45 : Jean-François Colosimo, président du directoire des Éditions du Cerf : Regard d’un éditeur sur une bibliothèque de sciences religieuses.
17h15 : Table ronde : La Bibliothèque du Saulchoir dans le paysage des bibliothèques de recherche.

18h : Visite de l’exposition, de la Bibliothèque du Saulchoir et de ses magasins, suivie d’un apéritif et d’un buffet dînatoire.

Les séances se tiendront, salle Dumont, 45 rue de la Glacière (75013 Paris ; métro Glacière).

Renseignements et inscriptions au déjeuner : 01 44 08 71 90 ; direction[a]bibliothequedusaulchoir.org

Rencontre autour de Pie XI et le fascisme

pie XILe 28 octobre 2015, dans le cadre de la première séance du séminaire 2015-2016 du Groupe de recherche sur l’Italie contemporaine, aura lieu une rencontre autour de l’ouvrage de David L. Kertzer (Brown University), consacré à The Pope and Mussolini and The Rise of Fascism in Europe (Oxford, Oxford University Press, 2014).
Le débat se fera en présence de l’auteur, sous la présidence de Marc Lazar (Sciences Po, directeur du CHSP) et sera animé par Marie-Anne Matard Bonucci (Paris 8, CHSP) et Laura Pettinaroli (Institut catholique de Paris).

La séance aura lieu de 17h à 19h au Centre d’histoire de Sciences Po (56 rue Jacob, 75006 Paris), salle du Traité, 1er étage. Les interventions auront lieu en français et en anglais.

Rencontre autour des « transitions funéraires »

Programme_TransitionFuneraireDepuis les années 1960, une « transition funéraire » s’observerait-elle ? Y aurait-il un changement de régime funéraire et de rapport social dominant à la mort comparable à ce qui a pu se produire en France, dans les années 1770-1840, quand est né le cimetière moderne et le « culte des morts » dont il a été le support, celui-là même qui achève de se défaire sous nos yeux ?
Cette hypothèse, qui paraît effectivement émerger des observations et travaux contemporains, est à l’origine d’une rencontre, Transitions funéraires. Cultures et sociétés de l’Antiquité à nos jours, qui aura lieu le 2 novembre 2015 à l’Université Paris Est Créteil, à l’initiative de Nicolas Laubry et Guilaume Cuchet, et qui rassemblera des spécialistes de plusieurs périodes, désireux de comparer des « transitions funéraires » d’époque et peut-être de nature différente, de manière à essayer de préciser la notion et à en tester la pertinence scientifique.

Programme :

13h30 : Accueil.
13h45 : Nicolas Laubry et Guillaume Cuchet, UPEC : Remarques introductives.
14h : Nicolas Laubry : Transition(s) funéraires(s) dans la Rome de la fin de la République et aux premiers temps de l’Empire : contextes et échelles.
14h30 : Éric Rebillard, Cornell University, Ithaca, NY : Religion et transition funéraire dans l’Antiquité tardive (250-450).
15h : Régis Bertrand, université de Provence : Y a-t-il eu une transition funéraire entre Louis XV et Louis-Philippe ?
15h30 : Guillaume Cuchet : Sommes-nous en train de vivre une « transition funéraire » ?
16h : Discussion générale.

La séance se tiendra salle i1-211 (campus Centre, Université Paris Est Créteil).

Appel à communication. Religion et médecine. Guérir les corps, guérir les âmes

Dans l’Occident contemporain, religion et médecine sont de plus en plus séparées, mais, au cours d’une grande partie de leur histoire, elles furent étroitement liées, soit, parfois, sous la forme de conflits, mais également sous celle d’une réelle coopération. Des points de vue religieux ont guidé la compréhension et l’approche de la santé et de la maladie, tandis que le personnel religieux occupa une part déterminante dans l’offre sanitaire. Les institutions religieuses ont été, en outre, souvent, en première ligne pour répondre aux urgences médicales et proposent des lieux majeurs de la guérison, au travers des hôpitaux et des sites de pèlerinage.
Sous la responsabilité scientifique de Katherine Harvey, John Henderson et Carmen Mangion, le colloque Religion et médecine. Guérir le corps et l’âme du Moyen Âge à l’époque contemporaine qui se tiendra à l’Université de Londres (Birkbeck College) les 15 et 16 juillet 2016, cherchera à explorer les liens unissant religion et médecine dans le passé, sur la longue durée et dans un vaste cadre spatial. Si l’approche privilégiée est résolument historique, une méthodologie interdisciplinaire sera la bienvenue.
Quatre thèmes principaux sont proposés, les déclinaisons suggérées n’étant pas limitatives.

1. Guérir le corps et guérir l’âme

– traditions médicales : l’environnement culturel et les « passions de l’âme » ;
– traditions religieuses (par exemple, les Pères de l’Église, les sermons et la littérature de dévotion).

2. Les religieux et la médecine

– les connaissances et les pratiques médicales du personnel religieux (séculier et régulier) ;
– le personnel infirmier et les soins ;
– les médecins et les autorités religieuses face à la régulation des activités et des pratiques médicales.

3. Les réponses religieuses

– les réponses aux épidémies (de la lèpre et de la peste jusqu’à celles de la variole et du choléra) ;
– les missions médicales en Europe et dans le reste du monde ;
– religion, causes humanitaires et soins médicaux.

4. Contextes de guérison et religions

– guérisons grâce à la religion (miracles, pèlerinages) ;
– soins médicaux institutionnels (hôpitaux, dispensaires et maisons de convalescence).

Les propositions de communication consisteront en un bref résumé (inférieur à 300 mots), une courte biographie (inférieure à 400 mots) à adresser à l’adresse électronique : religionandmedicineconference[a]gmail.com avant le 30 octobre 2015.
Une réponse sera faite au début du mois de décembre.

Appel à communication en anglais : Religion et médecine. Appel à communication

Une revue catholique au cœur des débats de l’après-guerre

FouillouxÀ travers cette monographie, Étienne Fouilloux, professeur émérite de l’université Lumière Lyon 2, se propose de reconstituer l’histoire d’une revue prestigieuse, Dieu vivant (1945-1955), animée par Marcel Moré, Jean Daniélou et Louis Massignon, mûrie sous l’Occupation et dans la résistance, et qui accompagna par sa dominante théologique et sa spiritualité « eschatologique » les angoisses de la Guerre froide, la vogue de « l’existentialisme », les approfondissements du dialogue œcuménique et interreligieux et les renouvellements de la pensée catholique dans le moment préconciliaire.

Entre Esprit (E. Mounier), Critique (Bataille) et Les Temps modernes (J.-P. Sartre), très liée à l’itinéraire spirituel de son principal animateur Marcel Moré (1887-1969), la revue marqua l’un des principaux carrefours intellectuels du moment, laissant ensuite une trace profonde par la qualité et la variété de ses collaborations, le tranchant dialectique de ses positionnements et l’intensité de ses sommaires. Sartre, Bataille, Queneau ou Klossowski, Michel Leiris, Brice Parain ou Jean Hyppolite, mais aussi les Pères de Lubac, Fessard, Bouyer, Urs von Balthasar, Monchanin, Claudel, Maurice de Gandillac ou Gabriel Marcel ont croisé son histoire, à des titres divers, faisant ainsi de Dieu vivant le principal organe de la « nouvelle théologie » d’après-guerre.

Table des matières

Introduction

Chapitre I. « Le très curieux Marcel Moré »
Chapitre II. « Rencontres spirituelles » 1941-1944
Chapitre III. Des « rencontres » aux Cahiers
Chapitre IV. Refus de la modernité
Chapitre V. Un christianisme eschatologique.
Chapitre VI. Dialogues.
Chapitre VII. « Nouvelle théologie » ?
Chapitre VIII. Épilogue et résurgences.

Conclusion

Étienne Fouilloux, Christianisme et eschatologie. Dieu vivant, 1945-1955, Châteauneuf-sur-Charente, CLD (Essai d’histoire), 2015, 184 p., 18 €

Retour sur la réception de l’Histoire d’une âme de Thérèse de l’Enfant-Jésus

langlois-001Historien de catholicisme contemporain, Claude Langlois, directeur d’études honoraire à l’École pratique des Hautes Études (Sciences religieuses) et spécialiste du « catholicisme au féminin », a consacré plusieurs ouvrages aux écrits de Thérèse de Lisieux. Il s’intéresse ici à la première réception d’Histoire d’une âme, depuis la parution, en octobre 1898, de ce qui allait être le plus grand succès de la littérature spirituelle au XXe siècle, jusqu’à la canonisation en mai 1925 de la jeune carmélite (morte en 1897).

Thérèse Martin, en religion Thérèse de l’Enfant-Jésus, morte à 24 ans le 30 septembre 1897, a laissé des manuscrits et des « paroles » que le carmel de Lisieux a fait connaître dans l’Histoire d’une âme : cette rapide publication, en octobre 1898, allait déclencher une impressionnante ferveur populaire et révéler une spiritualité nouvelle, consacrée en 1997 par le titre de docteur de l’Église. Or la première réception de ce livre hors norme, réédité jusqu’en 1955, n’avait jamais été étudiée. L’enquête de l’auteur permet de dresser un portrait de groupe de ces premiers thérésiens, hommes et femmes, anonymes ou célèbres, laïques, clercs et surtout religieux, qui reçoivent Thérèse tout à la fois comme une figure d’exception et une présence immédiatement familière, inscrite dans une tradition et porteuse d’un nouveau modèle.
Trois temps distincts sont proposés. Les deux premiers, très ciblés, portent sur les « lecteurs-commentateurs » des tout débuts (1898-1900), comme son préfacier le P. Madelaine, et sur les dépositions significatives du procès diocésain (1910-1911). Le troisième, plus ample, part de la profusion des témoignages avant-guerre, pour aboutir à la faveur des papes Benoît XV et Pie XI (1921-1925) en passant par le débat renouvelé sur l’actualité de la mystique.
Dans ce vaste cortège d’hommes et de femmes, à côté de figures connues, tels Marc Sangnier ou l’abbé Bremond, se rencontrent par centaines des oubliés, voire des inconnus, laïques, clercs, et souvent religieux ; y sont entendus les carmélites, premières destinataires de l’Histoire d’une âme, des doctes comme le jésuite Auriault, des spirituels comme le trappiste dom Lehodey. Saisissant portrait collectif, qui prend sens dans un paysage religieux en plein bouleversement : exil des congrégations, Séparation, crise moderniste, Première Guerre mondiale, nouvelles perspectives missionnaires.

Table des matières

Introduction.
Avertissement.
Table des sigles et abréviations.

I. Les premiers lecteurs-commentateurs de L’Histoire d’une âme (1898-1900)

Chapitre 1. L’Histoire d’une âme et son présentateur, le père Madelaine

L’Histoire d’une âme et l’hagiographie contemporaine.
Le père Madelaine relecteur et préfacier de l’Histoire d’une âme.
Le père Madelaine, premier commentateur de l’Histoire d’une âme.

Chapitre 2. Thérèse, de femme à femmes

L’empressement des premières bénéficiaires de l’Histoire d’une âme.
Les carmélites : adhésion mesurée, appropriation collective.
Les carmélites : du patriotisme d’ordre au partage amoureux.

Chapitre 3. La première Thérèse des clercs

Les curés lecteurs de l’Histoire d’une âme.
La Thérèse des séminaires.
Une jeunesse conquise.
Thérèse, prédication et mission.

Chapitre 4. La précieuse caution des réguliers en 1899

Le soutien de deux responsables de familles religieuses.
Le panégyrique de Mgr Jourdan de La Passardière.
Le témoignage spontané d’un vieux père passionniste.

Chapitre 5. La discrète présence des carmes

Faire parvenir l’Histoire d’une âme à Léon XIII.
Le carmel de Lisieux, la béatification de Thérèse et les carmes romains
Autres perspectives carmes : du père Kalinowski à Hyacinthe Loyson.

II. Autour du procès ordinaire (1910-1911)

Chapitre 6. Henri Bremond, et l’Histoire d’une âme (1904-1916)

La Légende d’argent et l’écriture hagiographique.
Bremond et Thérèse.
Bremond et le modernisme littéraire.
Appendice : le jugement de Bremond sur l’Histoire d’une âme.

Chapitre 7. Carme et prémontré : deux témoins essentiels du procès ordinaire (1910-1911)

Le choix des témoins parmi les prêtres proches de Thérèse.
Le porte-parole des carmes : le père Élie de la Mère de Miséricorde.
La déposition attendue du préfacier de Thérèse, le père Madelaine.

Chapitre 8. La doctrine thérésienne : anti-modernisme et certification miraculaire

Le jésuite Auriault, Thérèse et le modernisme.
L’apparition miraculeuse comme certification de la doctrine.

Chapitre 9. Un épiscopat modérément thérésien (1910-1911)

Un épiscopat français partagé.
Les bonnes raisons des évêques.
Deux plaidoyers épiscopaux pour Thérèse.
Le témoignage de dom Marmion, abbé de Maredsous.

III. Thérèse entre prolifération, banalisation et promotion

Chapitre 10. Découverte de Thérèse : aveux tardifs et témoignages immédiats

Enquête sur des témoins sous influence.
Thérèse lue, Thérèse vue.
Thérèse et la soumission de Marc Sangnier.
Autres témoignages immédiats.

Chapitre 11. Figures vendéennes (1908-1923) : mère Saint- Justin et le père Gabriel Martin

Prédication thérésienne à une congrégation vendéenne (1908).
Le père Gabriel Martin, le nouveau frère de Thérèse (1908).
Le père Martin, de la conversion à l’écriture (1908-1923).

Chapitre 12. Doctrine thérésienne et saint abandon (1915-1919)

La doctrine de l’abandon au procès apostolique.
Thérèse et le saint abandon de dom Vital Lehodey (1919).

Chapitre 13. Actualité de la mystique féminine (1910-1920) : Thérèse et les autres

Trois perspectives différentes sur la mystique contemporaine (1914-1920).
Trois figures mystiques au temps du procès de Thérèse.

Chapitre 14. Thérèse sur les autels : Benoît XV, Pie XI et l’enfance spirituelle (1921-1925)

La sainteté de Thérèse entre politique pontificale et questionnement psychologique.
Benoît XV, le carmel de Lisieux et la voie d’enfance spirituelle.
Propos paradoxaux de Pie XI.

Conclusion
Bibliographie
Index

Claude Langlois, Les premiers thérésiens. De l’Histoire d’une âme (1898) à la canonisation de Thérèse de l’Enfant-Jésus (1925), Paris, Honoré Champion (Mystica), 2015, 424 p., 70 €

Itinéraires de recherche en histoire religieuse contemporaine : E. Fouilloux et M. Fourcade

Fourcade-Fouilloux-001Vient de paraître, sous la plume de Michel Fourcade, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paul Valéry-Montpellier et d’Étienne Fouilloux, professeur émérite à l’Université Lumière Lyon 2, Religion, Culture et Histoire. Lignes de vie et de recherche.
Tous deux spécialistes des évolutions du christianisme contemporain, et très attentifs à son inscription dans la culture, les auteurs croisent les orientations de leurs recherches, leur ligne de vie autobiographique et leur propre parcours spirituel. L’histoire de la pensée et de la culture chrétiennes, dont ils refusent l’un et l’autre l’étude en vase clos, est ici rendue à l’histoire générale, dont les mutations religieuses constituent, à travers même la sécularisation ou la postmodernité, une clé d’intelligence essentielle. Leur ancrage générationnel et ecclésial différent donne aussi à ces deux témoignages, « au cœur du XX siècle religieux » (É. Fouilloux), une large surface de contact avec les transformations, les crises et les défis du catholicisme postconciliaire.

Table des matières

Étienne Fouilloux : Préface

Étienne Fouilloux : Chemins intellectuels et spirituels

1. Une enfance sans Dieu
2. Une éducation laïque
3. Converti ?
4. Militant catholique
5. Historien catholique
6. « L’épreuve du feu »
7. « Troisième homme »
8. Un agnosticisme de principe
Conclusion

Michel Fourcade : Un itinéraire de recherches

1. Des origines
2. Histoire, coefficient philosophie
3. Une thèse
4. Du côté de la théologie politique
5. Un christianisme exculturé ?
6. Un catholicisme postmoderne ?

Michel Fourcade : Postface.

Étienne Fouilloux et Michel Fourcade, Religion, Culture et Histoire. Lignes de Vie et de Recherche, Châteauneuf-sur-Charente, CLD (Essai d’histoire), 2015, 278 p., 20 €

Colloque. La mission, miroir d’un catholicisme transnational (XIXe-XXe siècles)

 Le Groupe de recherche en histoire transnationale du catholicisme vient de publier un appel à communications pour le colloque international “La mission dans tous ses états (XIXe-XXe siècles). Circulations, rencontres, échanges et hybridités” qui se tiendra les jeudi et vendredi 9 et 10 juin 2016 à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), Canada. Voici le texte de cet appel à communications :
La mission comme terrain d’étude des enjeux posés par la rencontre interculturelle et interreligieuse se prête aisément à une analyse transnationale des dynamiques contemporaines du christianisme. Or, il se trouve que la plupart des travaux réalisés sur la mission au XXe siècle s’arrêtent fréquemment à l’orée des grands changements effectués depuis les années 1960 (Sappia et Servais, 2010; Fitzpatrick Behrens, 2012; Stornig, 2013). Ce colloque souhaite prendre la mesure des transformations culturelles, politiques et socioecclésiales advenues tout au long du XXe siècle, sur l’action des missionnaires chrétiens issus du monde francophone. Ce colloque cherche à appréhender le cadre globalisé et diversifié dans lequel s’insère l’histoire missionnaire contemporaine (Langewiesche, 2012; Stornig, 2012), en identifiant les connexions transnationales existant entre divers réseaux, actifs tant au Nord qu’au Sud, parmi lesquels circulent les acteurs et les actrices de la mission. Les lieux et milieux de mission visés sont ceux du monde entier, incluant des espaces culturels et religieux comme le Nord de l’Afrique, le Proche-Orient et le Moyen-Orient, où les populations se sont très peu converties au christianisme (Saaïdia, 2004; Heyberger et Madinier, 2011; Sanchez-Summerer, 2012; Reeves-Ellington, 2013; Hauser, 2015).

Pour atteindre ces objectifs, ce colloque privilégiera ces quatre axes de recherche :
– Les grands documents missionnaires (déclarations, encycliques, lettres, etc.), tant du point de vue de l’analyse de leur contenu que de leur réception dans les milieux missionnaires. À travers les thèmes récurrents de l’indigénisation des Églises locales du Sud, du développement d’un laïcat missionnaire, de la prise en considération de la culture locale, de l’appui des acteurs et actrices de la mission à l’auto-détermination politique des peuples ainsi que la formation d’élites, les autorités religieuses n’ont eu de cesse de défendre une conception supranationale des missions. Les rapports entre centre romain et périphéries missionnaires de même qu’entre les différentes confessions chrétiennes ont d’ailleurs fait l’objet de constantes reconfigurations, s’aménageant au gré des diverses alliances diplomatiques. Par exemple, être Québécois, Français, Suisse ou Belge dans un pays d’Afrique sous contrôle impérial n’implique-t-il pas, suivant les diverses époques du XXe siècle, des attitudes, des actions et des pratiques missionnaires différentes? Et que dire de l’impact de l’appartenance confessionnelle des missionnaires sur ces mêmes éléments ?
Le renouveau des hautes études missionnaires puis l’essor de la missiologie qui s’ensuit au cours des années 1930 de même que la fondation d’instituts de formation dès les années d’après-guerre (l’Institut œcuménique pour le développement des peuples – INODEP de Paris, le Centre Lebret – IRFED de Paris, le Centre tricontinental – CÉTRI de Louvain, L’Entraide missionnaire de Montréal, le Centro intercultural de documentación – CIDOC de Cuernavaca), qui seront investis par les missionnaires, représentent aussi des espaces où s’amorcent, se construisent, se négocient et se consolident les transformations qui s’opèrent alors dans le champ missionnaire.
La mise en exergue des relations entre individus et groupes en situation de mission ainsi que de l’émergence de nouvelles circulations des personnes et des pratiques, qui ne se font non plus uniquement selon un mode Nord-Sud, mais désormais selon des axes Sud-Nord et Sud-Sud. Les réseaux missionnaires implantés en occident contribuent donc aussi à la circulation des théologien(ne)s de la libération et de leur pensée vers les chrétiens des pays du Nord. L’accueil de réfugiés politiques (Algériens, Chiliens, Vietnamiens, etc.) dans les pays occidentaux illustre la manière dont les flux de populations influencent la mission.
– Enfin, depuis cinquante ans, l’Église catholique a vu naître de nouvelles communautés religieuses, spécialement encouragées sous le pontificat de Jean-Paul II, alors que la « Nouvelle évangélisation », vise ni plus ni moins qu’à rechristianiser la culture contemporaine sécularisée. Cette globalisation qui affecte le catholicisme permet aussi d’entrevoir de nouvelles pistes de recherche, notamment dans les intersections et les interactions entre croyants et Églises des pays du Sud et ceux de l’Occident, de même qu’avec les religions concurrentes (évangélismes, néo-pentecôtisme et Islam, principalement), également en croissance. Assiste-t-on à une mission inversée, où le Sud ré-évangélise le Nord ? Quels en sont les principaux défis et contraintes, notamment du point de vue culturel ?

Les propositions de communications (250 mots), accompagnées d’une notice biographique (100 mots), doivent parvenir au plus tard le 1er décembre 2015 à Catherine Foisy, Professeure, Département de sciences des religions (UQÀM) : foisy.catherine@uqam.ca.

Les frais de déplacement sont à la charge des participant(e)s. Sur présentation d’un dossier scientifique, après démonstration du besoin financier et selon les ressources disponibles, des bourses peuvent être octroyées aux participant(e)s issus de pays autres que l’Amérique du Nord et l’Europe.

Comité scientifique
Olivier Chatelan (Université Jean Moulin – Lyon 3)
Bruno Dumons (CNRS & Institut des sciences de l’homme de Lyon)
Catherine Foisy (Université du Québec à Montréal)
Franziska Metzger (Haute école pédagogique de Lucerne)
Florian Michel (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
David Neuhold (Université de Fribourg)
Matteo Sanfilippo (Università della Tuscia)
Christian Sorrel (Université  Lumière – Lyon 2)
Cécile Vanderpelen-Diagre (Université libre de Bruxelles)
Chantal Verdeil (Institut national des langues et civilisations orientales – Paris)
Jean-Philippe Warren (Université Concordia)