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Journée d’étude AFHRC : appel à communications sur l’histoire globale

Comme chaque année, l’AFHRC tiendra sa prochaine journée d’étude lors du dernier samedi de septembre, soit le 29 septembre 2018. Le thème choisi par le Bureau s’intitule : « Histoire globale et histoire religieuse contemporaine : quel dialogue ? ». Vous trouverez ci-dessous l’argumentaire ainsi que les modalités d’envoi des propositions. Soyez nombreux à répondre et relayez cet appel autour de vous. Merci d’avance !

Pour le bureau de l’AFHRC : Olivier Chatelan

Appel à communications pour la journée annuelle de l’AFHRC, Paris, 29 septembre 2018.

Histoire globale et histoire religieuse contemporaine : quel dialogue ?

L’histoire globale, relayée aujourd’hui par l’histoire connectée, n’a plus à démontrer sa légitimité. Depuis les années 1980 dans l’historiographie anglo-saxonne, depuis les années 2000 en France, elle s’est imposée comme un paradigme reconnu au sein de la communauté historienne. En dépit de la variété des démarches et malgré les critiques, fondées ou non, qui lui sont adressées, il n’est plus possible d’ignorer la pertinence d’une approche qui souhaite déplacer les questionnements et rapprocher les chronologies en dépassant la vision classique d’un diffusionnisme unilatéral à partir de centres (souvent occidentaux) vers des périphéries plus ou moins lointaines et passives dans leurs processus d’évolution. Si l’histoire économique et l’histoire culturelle, en particulier pour les Temps modernes, ont largement bénéficié de l’apport de la global history, qu’en est-il de l’histoire religieuse contemporaine ? L’ambition d’écrire une « histoire globale du religieux » a-t-elle une pertinence scientifique aujourd’hui, à quelles conditions peut-elle se construire et pour quels objets ?

À dire vrai, sans qu’ils trouvent parfois un intérêt particulier à l’afficher ou à expliciter leurs méthodes, bien des spécialistes de l’histoire du fait religieux contemporain ont adopté empiriquement dans leurs recherches des types d’approches ou des objets d’étude qui présentent des analogies avec l’histoire globale. Des réseaux de l’intransigeantisme contre-révolutionnaire à ceux des confréries soufies ; des missions outre-mer envisagées du point de vue des marges à évangéliser au maillage de la diplomatie vaticane ou aux circulations intellectuelles et militantes de l’islam politique ; des diasporas du christianisme oriental aux mobilités pèlerines : l’histoire des confessions religieuses se prête aisément à des approches transnationales ou mettant l’accent sur les circulations. Focalisation sur les espaces ou les lieux de contacts, étude des phénomènes de transferts et d’hybridation, jeux sur les échelles : tout un ensemble d’intuitions fondamentales pour rendre compte de phénomènes de croyances, de rites ou de savoirs religieux nourrissent déjà la réflexion des historiens du religieux contemporain.

L’AFHRC propose d’interroger ces pratiques de l’atelier de l’historien.  L’organisation d’un échange avec des auteurs venus de l’histoire globale (ou connectée) a pour but d’établir un dialogue entre des contextes historiographiques différents et d’enrichir potentiellement les interprétations. Sans céder à un phénomène de mode, il s’agit au contraire de saisir ce que l’histoire religieuse peut apporter à la compréhension d’ « évènements-monde » (de la construction des empires coloniaux à la participation des religieux à la Première Guerre mondiale ou aux contestations des années 1960-1970 par exemple).

Les communications accueillies lors de cette journée d’étude accorderont par conséquent une large place à l’explicitation des choix méthodologiques opérés, à partir de cas d’étude concrets. Elles pourront en particulier s’inscrire dans un ou plusieurs des questionnements suivants :

– quelle place les chercheurs spécialistes d’histoire globale accordent-ils dans leurs travaux au fait religieux contemporain ? Le traitement du religieux présente-t-il pour eux des spécificités ? Inversement, qu’ont à dire les historiens du religieux contemporain sur l’histoire globale telle qu’elle se lit ? Que peuvent-ils apporter à sa construction ? À quels types de difficultés se heurtent-ils (accès aux sources, maîtrise de la bibliographie…) et comment les résoudre ? Existe-t-il des difficultés méthodologiques et épistémologiques propres à l’approche globale du fait religieux ? Comment penser une histoire « à parts égales » du fait religieux ?

– les études de confessions a priori plus polycentriques que le christianisme romain, comme les protestantismes, l’orthodoxie, l’islam ou le judaïsme, se prêtent-elles davantage à un traitement « global » qui valoriserait réseaux, connexions et circulations ? Qu’en est-il de l’hindouisme et du bouddhisme ? À quelles difficultés se heurte ce traitement ?

– jusqu’à quel point la mise en place de réseaux de chercheurs à l’échelle internationale, induite de façon croissante par des logiques de compétition et de financement par de vastes programmes de recherche, conduit-elle les historiens du religieux à s’inscrire dans le champ de l’histoire globale ? Une histoire globale du religieux est-elle imposée par un environnement institutionnel valorisant la coopération internationale et l’interdisciplinarité ? Quels en sont les risques et les apports pour l’histoire religieuse contemporaine ?

Les communications peuvent porter sur toutes les religions et toutes les aires géographiques à l’époque contemporaine. Merci d’adresser le titre et un résumé de la communication (1500 signes environ) ainsi qu’une courte présentation de l’auteur à : olivier.chatelan@univ-lyon3.fr

Date limite d’envoi des propositions de communication : 30 mars 2018. Réponse en mai 2018.

Le comité scientifique de la journée d’études est constitué des membres du Bureau de l’AFHRC : Isabelle Saint-Martin (EPHE/IESR) ; Nicolas Champ (Université Bordeaux-Montaigne / CEMMC) ; Olivier Chatelan (Université Lyon 3 / LARHRA) ; Anne Jusseaume (Labex EHNE SIRICE / CHSP) ; Charles Mercier (ESPE Bodeaux/ IUF) ; Florian Michel (Université Paris 1/SIRICE) ; Yann Raison du Cleuziou (Université de Bordeaux / Centre Émile Durkheim) ; Sarah Scholl (Fonds national suisse de la recherche scientifique) ; Olivier Sibre (SIRICE/EHNE), Chantal Verdeil (INALCO / IUF).

Bibliographie indicative

« Une histoire à l’échelle globale » (dossier), Annales. Histoire, sciences sociales, 2001/1.
« Histoire globale, histoires connectées : un changement d’échelle historiographique ? » (dossier), Revue d’histoire moderne et contemporaine, numéro spécial, 54-4 bis, 2007.
« Islamic history as global history » (dossier), Journal of Global History, 2, 2007/2.
Dale T. Irvin, « World Christianity: An Introduction », in Journal of World Christianity, 2008/1, p. 1-26.
Chloé Maurel, « Le tournant global de l’histoire. Récents développements en histoire globale dans le monde », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 121, avril-juin 2013, p. 127-152.
Pierre-Yves Saunier et Akira Iriye (dir.), Palgrave Dictionary of transnational history, Londres, Palgrave Macmillan, 2009.
Dominique Avon, Les religions monothéistes des années 1880 aux années 2000, Paris, Ellipses, 2009.

Christopher Alan Bayly, The Birth of the Modern World (1870-1914). Global Connections and Comparisons, Blackwell Publishing, 2004.
Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, Histoire du monde au XIXe siècle, Paris, Fayard, 2017.

 

 

 

Conversion religieuse et espace politique : nouveaux angles d’approche

Colloque international, Université Paris-Est Créteil, 24-26 janvier 2018 Mercredi 24 janvier 14h : Accueil des participants par les organisatrices du colloque Claire Sotinel, directrice du CRHEC et Isabelle Poutrin, coordinatrice de l’ANR POCRAM 1.     Conversion et construction politique / Conversion and State Building.  Présidence : Pierre Savy (Ecole française de Rome) 14h30 : Katell Berthelot (Centre Paul-Albert Février, CNRS) : Conversion to Judaism in the first three Centuries CE : The Impact of Roman Imperial Policies. 15h10 : Claire Sotinel (UPEC, CRHEC) : Des politiques de conversion à l’époque constantinienne ? 15h50 : Jean-Marie … Continuer la lecture de Conversion religieuse et espace politique : nouveaux angles d’approche

Monde ouvrier et religions au XXe siècle

L’AFHRC signale la tenue des 5es Rencontres d’histoire ouvrière sur la thématique « Monde ouvrier et religions au XXe siècle » organisées par le Groupe de recherches et d’études sur les mémoires du monde ouvrier stéphanois (GREMMOS), association loi 1901, qui se tiendront le vendredi 19 janvier prochain 2018 de 8 h 30 à 17 h 30 à l’ Université Jean-Monnet de Saint-Étienne (site Tréfilerie, amphithéâtre E01).

La manifestation est pensée afin de partager les fruits de la recherche scientifique et des témoignages au public le plus large possible.

S’intéresser aux interférences de la religion et des Églises avec le monde ouvrier au XXe siècle, c’est d’abord étudier comment certains catholiques et protestants ont tenté de reconquérir un monde ouvrier en partie déchristianisé. Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, des organisations chrétiennes, surtout catholiques, la CFTC, la JOC, l’ACO, les missions ouvrières, les prêtres ouvriers, etc., se sont donné cette mission, tout en étant souvent étroitement surveillés par l’Église et, pour certains d’entre eux, arrêtés dans le travail entrepris.

Dans le même temps, des institutions d’encadrement, pour l’essentiel mises en place au XIXe et au début du XXe siècle, accueillent les milieux ouvriers : écoles, jardins ouvriers, patronages, colonies de vacances, ouvroirs pour jeunes filles, etc.

Leur engagement dans le monde ouvrier a parfois transformé les militants chrétiens en militants syndicaux et politiques, les amenant à prendre des positions parfois opposées à celles de l’Église. En tout état de cause, à la fin du XXe siècle le monde ouvrier demeure un monde déchristianisé. Certains auteurs se demandent même « où sont passés les catholiques ».

En ce qui concerne l’Islam et ses rapports aux milieux ouvriers, les sources et les études sont moins importantes, mais la question se pose également : quelle a été l’influence de la religion sur un monde ouvrier où la part des travailleurs musulmans n’a cessé d’augmenter depuis la Seconde Guerre mondiale, et inversement ?

Dans ces 5es Rencontres, le GREMMOS propose de parcourir l’histoire de ces influences réciproques en s’appuyant sur des travaux de recherche, autant locaux que nationaux, et sur des témoignages.

Programme

8 h30 : Accueil des intervenants et des participants.

8 h 50 : Propos liminaires du président du GREMMOS.

9 h : Michelle Zancarini-Fournel : Ouverture : État des lieux et questionnements.

Présidence de la matinée : Michel Rautenberg

9 h 30 : Michèle Rault : Femmes chrétiennes engagées dans le monde ouvrier : l’exemple de la Fraternité dominicaine ouvrière (1948-1954).

10 h : Maurice Bedoin : L’Église, les catholiques de gauche et le monde ouvrier dans l’année 1963.

10 h 25 : pause

10 h 40 : Alban Graziotin : Le travail d’un groupe de l’ACO dans les années 1980 (titre provisoire).

11 h 05 : Jean-Paul Bénetière : La transformation des militants “chrétiens” en militants syndicaux et politiques.

11 h 20 : Table ronde : Évolution des rapports à l’Eglise et à la foi de trois anciens militants syndicaux chrétiens – animation : Jean-Paul Bénetière, avec André Momein, Michel Bouteille et Roger Millet.

11 h 50 : Débat : Discussion sur la table ronde et les interventions de la matinée.

12 h 30 : repas

Présidence de l’après-midi : Serge Proust

14 h : François Maguin : Enjeux de territoire et transformation du militantisme catholique : le quartier de Solaure.

14 h 30 : Julian Mischi : Les transformations contemporaines de l’engagement ouvrier : le rôle des valeurs religieuses.

15 h : Pause

15 h 15 : Allaoua Bakha : Témoignage : La place de l’Islam dans la culture ouvrière des mineurs immigrés (titre provisoire).

15 h 35 : Vincent Gay : Les enjeux sociaux et politiques liés à la question de l’Islam ouvrier et les évolutions des lectures du monde social et de la classe ouvrière dans l’industrie automobile (titre provisoire).

16 h 05 : Abdelkader Belhbari : Témoignage : les grèves de l’automobile comme premier signe du développement de l’Islam politique en France.

16 h 25 : Débat : Discussion sur les interventions de l’après-midi.

17 h : Michelle Zancarini-Fournel : Conclusions de la journée.

Intervenants de la journée :

Allaoua Bakha : ancien directeur du centre socioculturel de Terrenoire
Maurice Bedoin, historien et géographe
Abdelkader Belbahri, sociologue
Jean-Paul Bénetière, historien
Michel Bouteille, ancien militant de la JOC, de la CFDT et de la CGT
Vincent Gay, historien
Alban Graziotin, historien
Roger Millet, militant syndicaliste CFDT
François Maguin, historien
André Momein, ancien militant de la JOC et de la CFDT, militant syndicaliste FSU
Julian Mischi, sociologue
Serge Proust, sociologue
Michèle Rault, historienne et archiviste
Michel Rautenberg, socio-anthropologue
Michelle Zancarini-Fournel, historienne

Entrée libre.

Masculinités sacerdotales. Approches historiques (Xe-XXIe siècles)

L’AFHRC relaie l’appel à communications pour le colloque « Masculinités Sacerdotales – Approches historiques (Xe-XXIe siècles) » organisé par Jean-Pascal Gay (professeur, Université catholique de Louvain), Silvia Mostaccio (professeure, Université catholique de Louvain) et Josselin Tricou (doctorant, Université Paris VIII, LEGS) et qui se tiendra à Louvain-la-Neuve, UCL, les 6-8 mars 2018.

La recherche récente (conduite notamment dans le monde anglophone, en Belgique et aux Pays-Bas, et dans une moindre mesure en France où les études de ce type demeurent peu et mal reçues et sont essentiellement portées par de jeunes chercheur-e-s) a permis de très significatifs progrès dans l’exploration des rapports entre masculinité et religion, et dans l’étude de leur historicisation. Ces travaux ont permis de mettre en avant le rôle des religions dans la fabrique des rapports et des identités de genre et dans l’inculcation des normes genrées. Ils ont aussi, cependant, mis en avant le caractère potentiellement éversif, voire subversif de performances religieuses qui, en fonction du jeu social permis par les formes spécifiques d’organisation des communautés religieuses, interrogent et travaillent les normes de genre. Ceci vaut à la fois pour des situations de performances religieuses de « haute intensité » (mystique, engagements caritatifs radicaux, construction de communautés de « performers ») mais encore dans des contextes de performance religieuse plus routinières.
Dans le cas du catholicisme, en particulier pour l’époque contemporaine, l’étude des masculinités sacerdotales apparaît comme un lieu privilégié pour comprendre la contribution paradoxale du religieux à l’histoire des masculinités. Les travaux dont on dispose ont notamment souligné la spécificité des masculinités sacerdotales, et leur potentiel de distance, de tension et de conflits avec les normes dominantes de la masculinité. La participation du clergé catholique à la construction des régimes contemporains de la masculinité apparaît marquée par une contradiction interne entre contribution à la construction et l’inculcation d’une masculinité catholique elle-même dans un rapport paradoxal à la « masculinité hégémonique », et l’ambiguïté de la position cléricale en termes d’appartenance au monde masculin et de performance des codes de la masculinité. Historiquement, les modèles de la « masculinité sacerdotale » apparaissent en tension durable avec les modèles de masculinité des laïcs catholiques et plus largement des modèles de masculinité qui travaillent les sociétés contemporaines (masculinité féodale, masculinité nobiliaire, masculinité bourgeoise).
Certains travaux cependant, en lien avec la permanence d’une tradition de recherche sur l’histoire du sacerdoce, ont aussi parfois contribué à neutraliser la question de la masculinité sacerdotale. La qualification d’une masculinité sacerdotale comme « masculinité alternative », réduite à une altérité essentielle liée au caractère sacré de la position du prêtre, a pu ainsi servir à naturaliser à la fois la tension entre masculinité cléricale et modèles dominants de masculinité mais aussi la manière dont cette distance travaille et structure le monde sacerdotal (affectant le recrutement, mais aussi les formes et les conditions du ministère, les sociabilités cléricales).
Si donc le constat posé par Anne-Marie Sohn en 2006, selon lequel « le rôle des hommes, et particulièrement des ecclésiastiques, est resté au point aveugle de l’historiographie [du catholicisme] », n’apparaît plus guère d’actualité, le champ de l’histoire des masculinités sacerdotales se présente comme un chantier encore largement à ouvrir et susceptible de contribuer tant à l’histoire du catholicisme qu’à l’histoire des masculinités. L’exploration des masculinités sacerdotales du point de vue de l’histoire engage ensemble une histoire religieuse du genre qui analyse une performance de genre en fonction d’une performance religieuse, et une histoire du religieux par le genre, qui analyse une performance religieuse en fonction d’une performance de genre. Ce colloque entend donc d’abord inventorier les problématiques et les méthodes de cette histoire « en partie double » qu’est alors nécessairement une histoire des masculinités sacerdotales. Il se propose ainsi d’interroger, sur le temps long de l’histoire du christianisme (et plus précisément pour la période Xe-XXIe siècles) :

– les lieux de construction et de performance de la masculinité des membres du clergé et la manière dont la masculinité structure le monde clérical marqué par l’homosocialité (socialisation, sociabilités, hiérarchies internes).
– la manière dont les modèles de masculinité sacerdotale s’articulent à la masculinité catholique et aux différents régimes de la masculinité hégémonique.
– la variabilité des formes, des perceptions et des représentations de l’appartenance des clercs au monde masculin.
– le lien entre le caractère « sacré » du clerc et sa performance, notamment liturgique, et la masculinité sacerdotale.
– les lieux (mouvements, formes de militantisme, confréries) d’un travail réciproque entre masculinités laïques et masculinités cléricales
– le rapport entre spiritualité et fonction spirituelles (notamment dans le contexte de la direction) et la masculinité
– l’articulation d’un « pouvoir pastoral » avec la performance d’une masculinité potentiellement à distance de la masculinité hégémonique.
– le lien entre le partage sexuel et genré du public de l’action cléricale et la masculinité sacerdotale.
– la variabilité des modèles de masculinités sacerdotales en fonction de contexte ecclésiaux et pastoraux (organisations, droits canons locaux, missions)
– le rôle des clercs comme éducateurs de la masculinité et la reconfiguration de ce rôle en fonction de la perception catholique des évolutions des rapports de genre et de leur importance religieuse, politique et sociale
– la manière dont l’étude des masculinités sacerdotales permet d’interroger les thèses de la « féminisation » et de la « remasculinisation » du catholicisme.
Au-delà de ces questions particulières et de celles que les communications pourront faire émerger, l’enjeu d’une rencontre de chercheurs venu de l’un ou l’autre des champs engagés par l’étude des masculinités sacerdotales est aussi théorique. Il s’agira tout d’abord de pointer la manière de penser ensemble des performances (la croyance et le genre) souvent analysées de manière disjointe et ce que leur analyse conjointe permet de comprendre sur différents régimes de performativité. Il s’agira aussi en réfléchissant sur le temps long, d’interroger l’essentialisme de nos catégories, leur capacité à construire une projection du présent sur l’histoire, et d’essayer de comprendre si l’historicisation conjointe du « sacerdotal » et du « masculin » conduit à réviser les catégories et les paradigmes de l’analyse du religieux et de la masculinité.

Les organisateur-e-s assument pleinement la perspective historique choisie, tout en restant particulièrement attentifs aux suggestions de la sociologie religieuse et de la sociologie tout court : une discipline qui travaille la notion et les manifestations genrées en société et qui aidera les historien-ne-s dans la définition des frontières épistémologiques pertinentes pour cette enquête collective.

La date de réception des propositions est fixée au 15 décembre 2017. Les propositions d’environ 500 mots, accompagnées d’une note biographique doivent être envoyées à josselintricou[a]gmail.com, silvia.mostaccio[a]uclouvain.be et jpgay[a]uclouvain.be. Une réponse d’acceptation ou de refus sera retournée début janvier 2018. Le comité d’organisation sera attentif à valoriser les propositions émanant de jeunes chercheur-e-s.

Femmes et catholicisme en Europe (1960-1970)

L’AFHRC relaie l’appel à communications du colloque « Femmes et catholicisme en Europe (1960-1970) organisé par Bruno Dumons (CNRS / LARHRA) qui se tiendra à Lyon les 26 et 27 septembre 2018.

Le “moment 68” constitue un temps de grand bouleversement social et culturel dans les sociétés occidentales. Les communautés religieuses n’ont pas échappé à ce séisme sociétal, et tout particulièrement la catholicité européenne. Parmi les secousses qui ébranlent l’Église catholique durant ces premières “années conciliaires”, se distingue une révolution plus invisible que silencieuse, celle que les femmes catholiques ont imposé à l’institution ecclésiale. Cette “armée de réserve”, composée de pratiquantes et de militantes, avait jusque-là érigé un “catholicisme au féminin”. Or, l’aggiornamento conciliaire ne les concerne guère. Leurs paroles sont tues, leurs présences silencieuses tout au plus tolérées. C’est alors ignorer la lame de fond qui bouleverse les mondes sociaux et culturels de plusieurs générations de femmes européennes des années 1960. Celles de confession catholique sont particulièrement ébranlées. Leurs pratiques fournissent une explication majeure à la “rupture de la pente religieuse de 1965” et la réception d’Humanæ Vitæ (1968) engendre autant de révoltes que d’incompréhensions. Ce “coup de grâce” libère alors une parole et des comportements pour la décennie suivante qui étaient néanmoins déjà perceptibles auparavant.

L’impact de ce “moment 68” n’a guère été étudié pour ce qui concerne les femmes catholiques européennes, tant dans leurs comportements que leurs rapports à l’institution ecclésiale. Au vu de l’ampleur des possibles perspectives de recherche, cinq angles d’approche thématique seront privilégiés : fécondité et sexualité ; paroles et journaux intimes ; congrégations religieuses ; femmes et mouvements ; féminisme et catholicisme.

La perspective européenne de cette rencontre invite à la participation d’intervenant(e)s suggérant des analyses historiennes plus générales ou des études de cas nationaux comme l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Portugal, la Suisse,… La participation à cette rencontre sera donc prioritairement ouverte aux collègues étranger(e)s, intervenant en langue française dans la mesure du possible. Accompagnées d’une rapide présentation biographique d’auteur, les propositions, munies d’un titre précis et d’un résumé d’une dizaine de lignes (en français), sont à envoyer avant le 15 janvier 2018 à : Bruno Dumons (CNRS-LARHRA-Lyon) : bruno.dumons[a]ish-lyon.cnrs.fr

 

Les circulations au sein du catholicisme transnational (XIXe-XXe siècles) : nouvel appel à communications

L’AFHRC relaie l’appel à communications publié par le groupe de recherche international « Transcath » qui tiendra sa quatrième session à Lyon les 10 et 11 octobre 2018. Ce groupe s’est donné pour objectif de développer une histoire transnationale du catholicisme contemporain. Après Bruxelles, Montréal et Fribourg, la prochaine rencontre sera consacrée aux processus de circulation des dévotions, des liturgies et des spiritualités dans le monde catholique (XIX°-XX° siècles). Les espaces envisagés porteront essentiellement sur le territoire européen et les échanges transatlantiques sans que cela interdise, le cas échéant, des éclairages sur l’Asie, l’Afrique et l’Océanie.

L’approche considérée privilégiera une histoire sociale et culturelle de ces circulations transnationales. Celles-ci pourront envisager aussi bien la mobilité des acteurs (clercs et laïcs), le rôle des congrégations religieuses, le rayonnement des mouvements de spiritualité, l’attractivité des pèlerinages, l’inculturation du culte des saints que la réception du rite romain, la marchandisation des objets de dévotion ou l’émergence d’un tourisme religieux. Il s’agira par conséquent de décrire et de contextualiser les formes possibles de ces circulations, les conditions dans lesquelles elles s’effectuent et leurs logiques, à partir de corpus de sources identifiés.

La participation à ces deux journées sera prioritairement ouverte aux intervenants étrangers, mais en intervenant en langue française dans la mesure du possible. L’hébergement et le repas du colloque seront pris en charge tandis que les frais de déplacement ne seront pas assurés.

Accompagnées d’une rapide présentation biographique d’auteur, les propositions, munies d’un titre précis et d’un résumé d’une dizaine de lignes (en français), sont à envoyer aux trois organisateurs avant le 15 février 2018. Celles-ci seront sélectionnées en fonction des aires culturelles proposées et des possibilités d’accueil. Les auteurs seront informés de la suite donnée à leur proposition dans le mois qui suit.

Organisateurs

Olivier Chatelan (Université Jean Moulin – Lyon 3 / LARHRA) : olivier.chatelan[a]univ-lyon3.fr

Bruno Dumons (CNRS / LARHRA-Lyon) : bruno.dumons[a]ish-lyon.cnrs.fr

Christian Sorrel (Université Lumière – Lyon 2 / LARHRA) : christian.sorrel[a]wanadoo.fr

Comité scientifique

Olivier Chatelan (Université Lyon III-LARHRA) ; Bruno Dumons (CNRS-LARHRA-Lyon) ; Catherine Foisy (UQÀM – Montréal) ; Franziska Metzger (Université de Lucerne) ; David Neuhold (Université de Fribourg) ; Christian Sorrel (Université Lyon II-LARHRA) ; Cécile Vanderpelen-Diagre (Université Libre de Bruxelles) ; Jean-Philippe Warren (Université Concordia-Montréal).

Une nouvelle collection sur le monachisme

Sous la direction scientifique de Daniel-Odon Hurel (CNRS, PSL Research University Paris, LEM, UMR 8584), vient d’être lancée une collection chez Riveneuve Éditions qui regroupera des travaux sur le Monachisme moderne et contemporain.
Depuis les années 1990, l’intérêt pour l’histoire du monachisme chrétien, bénédictin en particulier, a largement dépassé la seule période médiévale. Les thèses et les monographies sur le monde bénédictin et cistercien des XVI-XIXe siècles, se sont multipliées. Parallèlement, les approches historiques se sont diversifiées. Moines, moniales et monastères sont dorénavant étudiés comme des « acteurs » constitutifs d’une société moderne, tant sur le plan spirituel qu’économique, normatif, architectural et liturgique. Cette diversification des approches révèle la complexité d’un rapport au monde en perpétuelle évolution et d’une dynamique interne.
Dans ce cadre, les XIX et XXe siècles font aussi l’objet de nouveaux travaux qui concernent la restauration monastique française et européenne du XIXe siècle, la mondialisation monastique, bien souvent liée, en France, aux lois anti-congréganistes du tournant des XIXe et XXe siècle mais aussi à l’histoire de la colonisation et de la décolonisation, et enfin les réponses monastiques aux exigences d’adaptation posées par le concile Vatican II et sa réception.
Cette collection se veut être le reflet de ce renouvellement historiographique. Elle a pour but de recueillir les travaux de spécialistes du monde monastique moderne et contemporain, français et international. Sont attendus des ouvrages issus de thèses de doctorat, des livres collectifs et des monographies.
Par monachisme, sont comprises les traditions issues du premier monachisme, qu’il soit oriental ou occidental. Pour l’Occident, sont en particulier comprises les traditions issues des règles de saint Augustin et de saint Benoit. Néanmoins, la collection est aussi ouverte aux traditions franciscaines et carmélitaines.
Les ouvrages sont limités à environ 600 000 signes et les illustrations sont possibles. Les projets doivent être envoyés à Daniel-Odon Hurel (dohurel[a]laposte.net). Il sera soumis pour avis à des spécialistes.
Une subvention de 3 000€ est demandée.

Approche du dialogue islamo-chrétien dans l’entre-deux-guerres.

Vient de paraître, sous la plume de Rémi Caucanas, un ouvrage portant sur Chrétiens et musulmans en Méditerranée. Ombres et lumières de l’entre-deux-guerres (1919-1939).
En effet, avant d’en devenir le trait officiel à l’occasion du concile Vatican II, le dialogue s’est installé progressivement, non sans difficultés, sur l’horizon des relations islamo- chrétiennes. Paradoxalement, l’entre-deux-guerres méditerranéen (1919-1939) a été l’un des moments propices à ce déploiement. Alors que la colonisation atteint son apogée et que la modernisation bouscule les cultures et les sociétés, le regard chrétien porté sur l’islam se transforme. Les missions et l’islamologie chrétiennes se laissent interpeller par l’altérité tandis qu’un nouvel humanisme tente d’éclairer la scène méditerranéenne.

Rémi Caucanas, Chrétiens et musulmans en Méditerranée. Ombres et lumières de l’entre-deux-guerres (1919-1939), (préface de Mgr Jean-Marc Aveline), Marseille, Chemins de dialogue, 2017, 210 p., 15 € (contact : acdd[a]cathomed.cef.fr]

L’Action catholique spécialisée (1945-1965). Expériences de militants.

L’AFHRC signale la tenue d’une journée d’étude intitulée « L’Action catholique spécialisée (1945-1965). Expériences de militants : JAC-MRJC, JEC, JIC, JMC, JOC » qui se tiendra le 7 décembre 2017 aux Archives départemental­es du Val-de-Marne, 10 rue des Archives à Créteil, dans le pavillon des Archives. Organisée par le Pôle de conservation des archives des associations de jeunesse et d’éducation populaire (PAJEP), cette manifestation a pour but d’étudier les expériences et l’influence des mouvements français de jeunesse catholique (Jeunesse agricole catholique, Jeunesse étudiante chrétienne, Jeunesse ouvrière chrétienne, etc.) entre 1945 et 1965.

 Le 1er octobre 1927, autour d’un prêtre de Clichy, se retrouvent quelques jeunes hommes décidés à rendre une fierté et à apporter la foi aux ouvriers. C’est la première réunion de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) française, qui ouvre la voie au lancement d’autres mouvements d’apostolat pour le milieu agricole (JAC), pour les jeunes scolarisés (JEC), pour les jeunes tournés vers les métiers de la mer (JMC) ou pour les autres (JIC). Depuis, l’Église catholique, les militants et les scientifiques ont souvent souligné l’intérêt et la fécondité de ces initiatives, regroupées sous le terme d’Action catholique « spécialisée ». Mais ce vocable traduit-il la réalité de ce qu’ont vécu les militants ?
Le 7 décembre 2017, le PAJEP propose de confronter le concept d’Action catholique spécialisée à la diversité de ses mises en pratique en France, entre 1945 et 1965, lorsque l’influence de ses mouvements fut la plus efficiente. En mêlant les éclairages scientifiques aux témoignages d’anciens militants ou aumôniers, cette journée d’étude ouverte aux chercheurs, aux militants de la jeunesse et de l’éducation populaire et à toutes celles et tous ceux qui font et ont fait l’Action catholique offrira un point d’étape dans les progrès de la recherche, qu’elle appuiera sur un bilan historiographique, archivistique et bibliographique inédit, précieux soubassement au lancement de recherches novatrices.

Programme

9h45 Marie-Andrée Corcuff, directrice des Archives départementales du Val-de-Marne : Ouverture.

10h00 Yvon Tranvouez, professeur émérite à l’Université de Bretagne Occidentale : Introduction.

Première séance présidée par Yann Raison du Cleuziou, maître de conférences à l’Université de Bordeaux

10h30 Vincent Flauraud (maître de conférences à l’Université de Clermont-Auvergne) : Expériences jacistes. Ego-récits de militant-e-s aveyronnais-es dans les années 1950.

11h10 Claire Bailly (doctorante à l’Université Lumière – Lyon 2) : Origines, parcours et vécus de militant(e)s de la JAC-F jurassienne dans les années 1950.

11H40 Échanges avec le public .

12h00-13h30 Pause déjeuner

Deuxième séance présidée par Marie-Andrée Corcuff, directrice des Archives départementales du Val de Marne.

13h30 : Luc-André Biarnais (archiviste du diocèse de Gap), Fréderic Douat (directeur adjoint des Archives départementales des Hauts-de-Seine), Valentin Favrie (archiviste au CNAEF) et Jonathan Landau (archiviste Fonjep, chargé de la mission PAJEP): Des sources pour l’histoire de l’Action catholique, état des lieux d’un archivage dispersé.

14h10 Échanges avec le public

Troisième séance présidée par Arnaud Baubérot, maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil.

14h25 P. Jacques Meunier, prêtre du diocèse de Saint-Denis, ancien militant de la JEC : La JEC, école d’ouverture à la vie militante et à une foi agissante.

14h55 Échanges avec le public.

15h10 Jean Divo, professeur honoraire, auteur de L’Aubier, la JOC et la JOC-F dans le diocèse de Besançon (1927-1978) : La JOC-F, une école, un corps représentatif.

15h40 Jacqueline Garet, ancienne militante de la JOCF : La JOC, chemin pour un engagement citoyen et la recherche d’une foi en vérité.

16h10 Échanges avec le public.

16h25 Bernard Giroux, agrégé d’histoire, auteur de La Jeunesse étudiante chrétienne des origines aux années 1970 (1927-1978) : Synthèse.

17h00 Fin de la journée d’étude.

Pour vous y inscrire, merci d’écrire à  contact@pajep.fr.
Accès par les transports en commun
Métro : Créteil-Préfecture (ligne 8). Bus : lignes 117, 308, 317, 181 et 281, arrêt Créteil-Préfecture ou Lycée SaintExupéry, TVM, arrêt La Haye aux Moines.
Station Cristolib (vélo en libre-service) : avenue de la Brèche. Station Autolib (voiture en libre-service): rue des Archives.
Accès piéton
Depuis le métro Créteil préfecture, suivre la signalisation
Sortir du métro en prenant la passerelle sur la droite. Descendre l’escalier en fer à droite. Longer la voie express jusqu’au pont. Au niveau de l’abribus, tourner à gauche pour rejoindre l’avenue du Général de Gaulle. Longer la station essence jusqu’au feu. Traverser l’avenue du Général de Gaulle (le bâtiment des Archives est en face). Prendre le chemin piétonnier longeant le jardin des Archives. Tourner à gauche dans la rue des archives afin de rejoindre l’entrée principale des Archives.
Accès en voiture
Par les autoroutes A4, A86 : sortie Créteil-centre, puis prendre la direction Créteil-Préfecture. Suivre le panneau « Archives départementales ». À proximité immédiate : parking de la Brèche, 10 rue de la Brèche et parking du centre commercial Créteil Soleil, gratuits pendant 3h.
Accessibilité aux personnes à mobilité réduite
Des places de stationnement sont disponibles pour les personnes à mobilité réduite ; l’accès au hall d’accueil s’effectue par l’ascenseur extérieur signalé depuis le parking.
DÉJEUNER
Un repas-buffet sera organisé sur place. Une participation de 8 euros par chèque est demandée à celles et ceux qui veulent s’y joindre et que nous souhaitons les plus nombreux possible, ce temps permettant également de poursuivre les échanges. Les chèques devront être faits à l’ordre de l’Adajep et envoyés avant le 1er décembre à l’attention du FONJEP, 51 rue de l’amiral Mouchez, 75013 PARIS.