Category Archives: Migration

Migration and Displacement In and From Darfur

Program Title: Migration and Displacement in and from Darfur: Conflict, livelihoods and food insecurity. A research project to examine migration trends and inform policy”

Partners: SOAS, ODI, Faculty of Economic and Social Studies – University of Khartoum, CEDEJ Khartoum, Oxfam Sudan

Project sponsored by: SOAS/EU Trust Fund REF; the Dutch Embassy in Khartoum

Summary

The proposed research aims to examine trends, processes and drivers of migration and displacement in and from Darfur, with a particular focus on migration flows during its protracted conflict.  The research will provide insights into current mobility patterns, explore the reasons for migration and displacement, how it builds on past migration patterns, and the decision-making processes of actual and potential migrants and refugees. The findings will lead to better understanding of the recent changes in migration flows, in particular towards Europe, and of the effect of current interventions targeting migrants.  The study also aims to identify appropriate responses to reduce levels of irregular or unsafe migration or create opportunities to stay safely at home.  This proposal provides the justification for doing the research, the proposed research questions, methods, timeframe and budget.  It also provides background information on the nature and types of migration in Darfur.

In 2015 and 2016, Sudanese formed the fifth and sixth largest categories of migrants coming into Italy respectively, representing between 6.5-7% of migrants, or an estimated 10,600 in 2015 and 8,600 in 2016 by September (UNHCR, 2016a and b). Refugee sites in Europe report a large proportion of Sudanese, for example a survey in the Calais camp in France in July 2016 found that out of 7,037 refugees, 32% were Sudanese (Refugee Rights Data Project, 2016).

However, beyond these aggregate figures little is known about the trends and causes of migration in and from Sudan, and specifically Darfur in terms of changing patterns, destinations, reasons, processes of migration, or who is leaving.  Migration is rarely covered in aid agency assessments.

  • To explore current trends, drivers and constraints in migration in and from Darfur, particularly into Europe.
  • To inform policy and programming responses, in Europe and in Sudan, and to advise on appropriate interventions and the likely effect of current interventions targeting potential and actual migrants and refugees.

Geographical scope and purposive sampling

Within Sudan the geographical focus of the research will be Khartoum and Darfur, most likely North Darfur State and Central and/or West Darfur States, where different patterns of migration have traditionally been an important part of livelihoods, and which are known to be the geographic point of origin for migrant flows to Europe.   In Europe, the geographic focus will be Italy, France and the UK, where Sudanese migrants are known to have congregated, or to pass through.

Within the respective Darfur states selected for the study, a purposive sampling frame of different population groups will be constructed, that takes account of traditional and recent migration patterns, different livelihood and ethnic groups, and different experiences of the conflict in Darfur, according to the following draft criteria:

  • groups with a long history and tradition of migration as part of their livelihood strategy, for example the Zaghawa from north-west Darfur, or the Fur from Jebel Si and Kebkabiya in west-central Darfur.
  • groups from which it is known that some have migrated to Europe, and that have experienced violent conflict and displacement, for example in camps for the displaced such as Abou Shook or Zamzam camps near El Fasher town.
  • groups in selected state capitals within Darfur, for example El Fasher or Geneina, from where it is known that migrants have left[1]
  • if possible, groups in opposition-controlled areas (for example in Central Darfur state) from where it is known that migrants have left, as well as in government-controlled areas
  • if feasible, groups living in areas where EU funded projects have been/are being implemented

Final report to be issued first semester of 2018.

Team

Coordinators: Susanne Jaspars, Research Associate, SOAS, London; Margie Buchanan-Smith, Senior Research Associate, HPG/ODI.

 

[1] There will be overlap between groups 1-3.  Some of those with a long history of migration will have been displaced, including both the Zaghawa and Fur.  Those with a long history of migration will also present in state capitals.

Programme de recherche : Negotiating the Nation: Implications of ethnic and religious diversity for national identity (NATION) (2012-2017)

Negotiating the Nation: Implications of ethnic and religious diversity for national identity (NATION).

Programme de recherche, Peace Research Institute, Oslo

https://www.prio.org/Projects/Project/?x=1564

NATION workshop

L’importance des partis d’extrême droite sur la scène européenne mais aussi les référendums en Ecosse, en Catalogne ou encore les mouvements d’opinion publique au lendemain des attentats terroristes rendent compte de la résurgence du fait national. Les expressions du nationalisme contemporain apparaissent comme fortement liées à la perception des migrations. La mutation des ethnoscapes occidentaux, pour reprendre l’expression d’Arjun Appadurai, pose à nouveau frais la question de l’idée nationale. Le programme NATION se propose d’analyser les avatars du nationalisme occidental au regard des transformations induites par la globalisation des mouvements humains.

Le colloque de clôture du programme NATION s’est tenu à Oslo ce lundi 20 Novembre à l’Université de Oslo. Piloté par Marta Bivan Erdal, il a rassemblé sept chercheurs de Norvège, Grande Bretagne et France. L’équipe, constituée de géographes et de sociologues, s’intéresse à l’idée de Nation telle qu’elle est vécue par les individus, notamment au contact de groupes issus de l’immigration. Une attention particulière est accordée aux moments de crise de l’identité nationale que sont les attentats : commis par Anders Breivik en Norvège, attentats islamistes depuis 2015 en France. Le projet s’articule autour de trois questions :

  • Quelles sont les limites autour desquelles les conflits relatifs au sens de l’identité nationale se cristallisent ?
  • Quels sont les effets de la diversité ethnique croissante sur l’expression de l’identité nationale ?
  • Comment les identités ethniques et religieuses interagissent-elles dans les négociations concernant le sentiment d’appartenance nationale ?

Pour aborder ces questions, le projet se décline en trois axes. Le premier porte sur l’idée de Nation telle est reproduite par les acteurs étatiques par le biais des législations ou encore des discours. Le second axe est centré sur le discours médiatique portant sur les questions migratoires et après les attentats. Le troisième porte sur le sentiment national exprimé par les individus, dans les salles de classes pour les jeunes, au moment de conflits tels que la construction de mosquées, etc…

L’objectif de ce projet est de confronter l’idée de Nation telle qu’elle transparaît dans les discours et textes officiels avec cette même idée telle qu’elle est vécue par les acteurs au quotidien. Tout semble opposer ces deux modalités d’expression. La première s’articule autour de mythes fondateurs immuables, elle est naturalisée par des rituels et discours sans cesse répétés. La seconde est le plus souvent tacite, contingente, soumise à d’infinie variations qui évoluent en fonction des évolutions sociales, politiques, religieuses, économiques… L’idée de nation se construit d’abord à partir d’une ligne de séparation. Elle définit un intérieur, une cohésion par delà les différences de ses membres forgée à partir d’une mythologie commune. Et dans un même mouvement, elle construit un extérieur, une limite stable dans le temps et l’espace. Or la migration vient brouiller cette limite : comment considérer des étrangers comme ne faisant pas partie de cet ensemble national alors même qu’ils partagent le vécu quotidien des nationaux ? La ligne de séparation externe devient une ligne de fracture interne qui déstabilise l’idée de nation, et suscite controverses, négociations, reformulations. Ce qui était tacite s’objective et se problématise au contact avec l’autre. Les travaux sur ce nationalisme du quotidien montrent à quel point l’idée de Nation est une construction instable. Les enquêtes menées dans les classes montrent que les enseignants n’abordent que très rarement la question, de peur de susciter des débats qu’ils ne sauraient résoudre. La recherche s’est penchée sur différents types d’événements qui font « surgir » l’idée de Nation dans l’espace public.

Une première catégorie d’événements s’inscrit dans le quotidien des individus. Les analyses qui portent sur le choix des quartiers de résidence montrent que l’idée d’appartenance nationale est aussi présente parmi les étrangers. Les entretiens montrent que le choix d’un quartier avec ou sans concentration immigrée à Oslo est aussi relatif au choix de l’école pour leurs enfants et à l’adhésion à une identité norvégienne que ces derniers doivent adopter (ou pas). Le choix du lieu de résidence entre, pour les foyers d’immigrés, dans une logique de positionnement à l’égard de la communauté nationale norvégienne. Certains choisissent de sortir des quartiers de concentration immigrée pour que leurs enfants ne deviennent pas des « Yalla-Norvégiens ». En France, la question du voile islamique dans les espaces publics est à l’origine d’un débat sur l’identité nationale en 2009, débat d’ailleurs soigneusement cadré afin d’éviter que ne s’ouvre la boite de pandore des identités particulières. La cristallisation autour du voile est un avatar contemporain de la dispute qui caractérise le nationalisme français à propos de la place qui doit être faite à la religion. Elle trouve un écho dans les débats sur la place des juifs dans la société française au 19e siècle et sur le rôle de l’Eglise dans l’éducation au 20e siècle. En Grande-Bretagne, les chercheurs se sont penchés sur les négociations qui ont accompagné la construction de mosquées (architecture, sources des financements, etc.). Ces confrontations ne permettent pas de construire un consensus définitif. Tout se passe comme si ces micro événements ne permettaient que de fixer les lignes de fracture, de trouver un accord sur les désaccords qui traversent la société.

Il est une autre catégorie d’événements qui semble pourtant générer de tels consensus, du moins à court terme : les attentats. Par contraste avec les événements précédemment cités, ces derniers sortent du fonctionnement normal des sociétés. Or l’extra-ordinaire, pour reprendre les termes de Michel Maffesoli, est un terreau propice pour la formation d’un sentiment d’appartenance partagée. L’analyse des discours politiques et médiatiques qui suivent ces attentats montre à quel point ces derniers font référence à l’unité nationale. Cette dernière est un sentiment qui n’existe que dans sa spatialisation. Le besoin de s’approprier un espace commun, par des manifestations de rue (celles qui ont suivi les attentats du bataclan sont à ce titre exemplaire) ou encore par le dépôt de fleurs et de bougies sur le lieu de l’attentat. Mais cet élan d’unité ne dure pas et cède bientôt la place à de nouvelles lignes de fracture. L’accusation faites aux « beurs » de ne pas avoir participé aux manifestations post-« Charlie hebdo », ou plus récemment le débat sur « radicalisation de l’islam vs islamisation de la radicalité » montrent à quel point l’immigration et la diversité ethno-religieuse restent des points d’achoppement dans la formulation d’une idée nationale.

L’idée de Nation n’a pas été emportée par la mondialisation. Elle continue à unir et diviser nos sociétés par sa force de mobilisation collective. Cette recherche montre comment cette idée est manifeste non seulement dans les discours et pratiques de l’Etat, mais aussi dans le quotidien des individus. Elle montre également que le principe de la nation n’est pas simplement de tracer une limite entre « eux » les étrangers et « nous » les citoyens. Cette limite ne suffit pas à résoudre la complexité croissante de nos sociétés. Il s’agit dès lors de reconnaître pour transcender les lignes de fracture qui les traversent, de fonder un accord sur les désaccords.

Arrivée d’un stagiaire

Le CEDEJ Khartoum est heureux  de vous annoncer l’arrivée de Vladimir Cayol. Il sera présent au CEDEJ jusqu’au 31 mars 2018. Il travaillera sur les implications du processus de Khartoum. Il tachera dans le cadre d’une publication à venir de comprendre comment ce programme se met en place à l’échelle locale et comment se coordonnent les différents acteurs chargés de le mettre en oeuvre.

Crise des réfugiés, l’impasse des mots

En juillet 2016, l’Office des publications de l’Union européenne livrait un texte à destination de tous les citoyens européens sous le titre « L’UE et la crise des réfugiés » (1). Sa rédaction, faite en des termes très pédagogiques, est articulée autour de deux questions : 1. Qu’est-ce que la crise des réfugiés ? et 2. Que fait l’Union européenne ?

Les réponses apportées à la première des deux interrogations placent le lecteur dans un climat de tensions en réaffirmant dans un même mouvement d’écriture qu’un « grand nombre de personnes vulnérables viennent dans l’Union européenne pour y demander l’asile. Il s’agit d’une forme de protection internationale qui est accordée aux personnes qui fuient leur patrie et ne peuvent y retourner en raison d’une crainte fondée de persécution. » et que « toute personne arrivant en Europe n’a toutefois pas besoin de protection. ».

La structure de rédaction choisie pour répondre à la seconde question laisse se développer l’idée que l’action de l’UE s’exerce selon un gradient qui va d’une responsabilité empathique à une nécessaire reprise en mains de la situation comme en témoigne le crescendo des six objectifs définis pour faire face à la « crise des réfugiés » : 1. Aide humanitaire et aide au développement, 2. Sauvetages en mer et protection des frontières de l’UE, 3. Relocalisations, réinstallations et retours, 4. Accord avec la Turquie, 5. Arrêt de la migration irrégulière incontrôlée, et 6. Réforme des règles de l’UE en matière d’asile.

À l’approche du premier anniversaire de cette publication, nous apprenons par le Haut Commissariat des Nations unies (HCR) que les premiers mois de l’année 2017 ont vu le nombre de migrants disparus en mer atteindre un niveau encore jamais atteint : plus de 1700 morts, dont plusieurs centaines d’enfants (2) ; aujourd’hui même, dans un article publié par Libération (3), la presse française nous révèle les attaques dont sont l’objet les ONG qui œuvrent pour organiser le sauvetage de personnes embarquées au péril de leurs vies sur des embarcations de fortune dans l’espoir de trouver un refuge en Europe. On peut y lire que si le HCR tend à défendre l’engagement des ONG, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) n’hésite pas brandir l’argument que ces associations créent un « appel d’air » pour remettre en cause le bien-fondé de ces initiatives ; et hier, nous apprenions par la voix de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, « les conditions de vie inhumaines que subissent les exilés à Calais (…) Des atteintes aux droits fondamentaux d’une exceptionnelle et inédite gravité. » (4).

La lecture de ces éléments ne peut que nous conduire à poursuivre l’interrogation engagée par l’UE. L’expression « Crise des réfugiés » signale-t-elle d’un son juste la réalité et l’urgence de la situation ?  Pour reprendre une expression chère aux organisations internationales en charge des migrations et de l’asile, « le partage du fardeau » est-il ici équitable ? L’usage de cette expression tend à placer la responsabilité de cette situation d’un seul et même côté… Si la situation humanitaire à laquelle doivent faire face les États européens est indéniablement complexe et difficile à gérer, il n’en reste pas moins vrai que leurs gouvernants doivent s’astreindre à plus de réflexivité. S’il doit y avoir une crise des réfugiés, il y a avant tout une crise des valeurs européennes, une crise de l’hospitalité…

En cette journée du 15 juin 2017, alors qu’une large part de la jeunesse française planche sur l’épreuve de philosophie du baccalauréat, avec notamment pour question de savoir si « la raison peut-elle rendre raison de tout ? ». La tentation est grande d’engager cette discussion au prisme des actions conduites par l’UE, d’exercer la critique sur une raison, dont on peut avoir le sentiment qu’elle est avant tout construite sur le temps court de l’expertise plutôt que sur le temps long de la recherche. Pour exemple, n’oublions pas que les travaux de chercheurs comme ceux de Charles Heller et Lorenzo Pezzani sont venus contredire l’idée que l’action des ONG « favoriserait » l’immigration irrégulière, que leur connaissance peut -doit- nous protéger de la tentation d’experts qui, fort du mandat qui leur est confié, tendent à délégitimer toutes paroles plus modérées, plus mesurées (3 et 5). En contrepoint d’une raison portée par l’obsession sécuritaire, ne faut-il pas aussi laisser s’exprimer une vérité qui offre une place au doute. En 1986, face à la fermeture des portes européennes, Poul Hartling, alors Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, avait eu cette expression pour inciter les États européens à prendre un peu de recul sur leurs choix politiques en matière d’asile : « Accordez-leur le bénéfice du doute » (6).

Dans Le Monde d’hier, Stefan Zweig livrait la pensée d’un européen confronté à la « défaite de la raison » et il avait choisi de mettre en exergue de son livre-témoignage, ces mots de Shakespeare « Faisons face au temps comme il vient et change ». Faire face à la crise, plutôt que perdre la face, nous enjoint à penser entre confusion des sentiments et confusion des temps, et nous invite à veiller à ne pas confondre futur et avenir. Si le projet de société porté par la Commission européenne a besoin d’un futur programmable, expertisé, il doit aussi savoir se produire dans un avenir qui revêt, comme nous l’a si bien expliqué Jacques Derrida, une part d’incontrôlé au sens où il est la venue de l’autre là où je ne peux pas le prévoir. Nier cette distinction, qui donne toute sa richesse à l’humanité, ne fait qu’ajouter à la crise, nous pousser un peu plus dans l’impasse.

Sources :

(1) : L’UE ET la crise des réfugiés, Commission européenne, version HTML, ISBN 978-92-79-60538-3 doi:10.2775/796634 NA-04-16-628-FR-Q, consulté en ligne le 15 juin 2017 : http://publications.europa.eu/webpub/com/factsheets/refugee-crisis/fr/

(2) : Derniers développements sur les opérations de sauvetage en mer en Méditerranée centrale, UNHCR, Point presse du 30 mai 2017 ; consulté en ligne le 15 juin 2017 :  http://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2017/5/592dab4ca/derniers-developpements-operations-sauvetage-mer-mediterranee-centrale.html

(3) : Les ONG sont-elles responsables de la crise des migrants en Méditerranée ?, Libération, Tribune rédigée par Antoine Pécoud et Marta Esperti, 14 juin 2017 ; consultée en ligne le 15 juin 2017 :  http://www.liberation.fr/debats/2017/06/14/les-ong-sont-elles-responsables-de-la-crise-des-migrants-en-mediterranee_1576723

(4) : Visite des services du Défenseur des droits le lundi 12 juin à Calais, Défenseurs des droits, mercredi 14 juin 2017, consulté en ligne le 15 juin 2017 : https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/node/23871

(5) : Voir Charles Heller et Lorenzo Pezzani, « Traces liquides : enquête sur la mort de migrants dans la zone-frontière maritime de l’Union européenne », Revue européenne des migrations internationales [En ligne], vol. 30 – n°3 et 4 | 2014, mis en ligne le 01 décembre 2017, consulté le 15 juin 2017. URL : http://remi.revues.org/7106

(6) : L ‘Europe, cœur large et porte étroite, Le Monde, daté du 11 février 1986.  Voir également : William Berthomière (2017) Les espaces de l’hospitalité, fonction-miroir de sociétés se pensant assiégées , Revue Science and Video. URL : http://scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr/Varia/Pages/berthomiere.aspx

Thèses en cours

Areen ABU HLAL

  • Libellé du sujet : S’affranchir de la société d’origine ou/et développer de nouveaux espaces de possibilité ? Transition culturelle de la femme palestinienne de la diaspora
  • Sous la direction d’Adelina Miranda

Lucie BACON

  • Libellé du sujet : L'(in)visibilisation de la présence étrangère dans un pays dit « de transit » : politiques migratoires et adaptabilité des migrants en Bosnie-Herzégovine.
  • Sous la direction de Nelly Robin et Pierre Sintes (TELEMME, Aix-Marseille)

Marine BERTRAND

  • Libellé du sujet : Pratiques de santé et dynamiques urbaines : représentations, pratiques et lieux de santé de migrants haïtiens à Santiago du Chili
  • Sous la direction de Véronique Petit et Josep Maria Comelles (Universitat Rovira i Virgili) – Comité de thèse Françoise Dureau et Anné-Cécile Hoyez

Emilie CHEVALIER

  • Libellé du sujet : Lectures, pratiques et gestion des mobilités insulaires au XXIe siècle : vers l’émergence d’un paradigme des migrations climatiques dans le Pacifique Sud ? Etude comparée de Vanuatu et de la Polynésie française
  • Sous la direction de Nathalie Bernardie-Tahir (Université de Limoges, GEOLAB) et de Véronique Lassailly-Jacob

Fanny CHRISTOU

  • Libellé du sujet : La territorialisation de la mobilisation politique de la diaspora palestinienne
  • Sous la direction de Kamel Doraï et Sari Hanafi (Univ. américaine de Beyrouth)

Bakary DIAKHITE

  • Libellé du sujet :  [provisoire] La circulation des jeunes d’origine soninké de Bakel entre la France et le Sénégal
  • Sous la direction de Nelly Robin

Julie LEMOUX

  • Libellé du sujet : Changement social, jeunesses et expériences migratoires : revisiter l’émigration/immigration algérienne
  • Sous la direction de Véronique Petit et Olivier Clochard

Zhipeng LI

  • Libellé du sujet : La diaspora wenzhou en France et ses relations avec la Chine
  • Sous la direction de Emmanuel Ma Mung

Paloma MAQUET

  • Libellé du sujet : De port en port : l’immigration à bord des navires de la marine marchande. Recherche dans les  »douves » de la forteresse européenne
  • Sous la direction de Emmanuel Ma Mung et Nelly Robin

Jordan PINEL

  • Libellé du sujet : La retraite transnationale : un phénomène émergent ? Nouveaux regards sur l’évolution du système migratoire franco‐maghrébin
  • Sous la direction de Adelina Miranda et Thomas Lacroix

Ahmad ZAKARIA

  • Libellé du sujet : Conflit et migration forcée : singularité du cas des réfugiés syriens au Liban
  • Sous la direction de Cédric Audebert et Cyril Roussel

SEMINAR – Syrians in Khartoum, by Alice Koumurian and Vivian Hartlief

CEDEJ Khartoum is pleased to organize a seminar on Sunday, May 7th, 2 pm, on Syrians in Khartoum by Alice Koumurian and Vivian Hartlief.

Alice Koumurian, Project officer in CEDEJ Khartoum, will present her research :

« Sudan: a Destination Country? The Case of Syrians Who Have Arrived After 2011 in Khartoum »

Summary :

Situated in the Horn of Africa, Sudan is at the heart of a particularly complex migration system. Sudan is affected by large influx of Eritrean, Ethiopian, Somali and South Sudanese migration flows. Furthermore, it is equally affected by large-scale internal displacements and therefore must face possible departure of its own citizens.

This study focuses on a particular group that recently augmented these flows: that of Syrians who have arrived in Sudan after 2011 and whose profile and aspirations still remain largely unknown. Since Sudan is one of the very few countries still granting them a visa-free entry into its territory, there has been an uninterrupted flow of Syrians to Sudan after the outbreak of the Syrian crisis in 2011.

Against the backdrop of the many discussions and initiatives by the European Union on the issue of migration, this study illustrates that although Sudan could be seen as a step-in-stone towards the illegal migration to Europe, it could equally well be considered a destination country. Thus, this study shows how Syrian migrants’ perceptions and aspirations, along with a genuine open-door and welcome policy from the Sudanese government towards Syrians, tend to challenge the spirit of the Khartoum Process, which merely considers Sudan as a transit territory.

Based on quantitative and qualitative research conducted from June 2016 to March 2017 in Khartoum, this study is based on a two-level approach. First, at the level of individuals, this study looks at the profile, the living conditions in Khartoum and at the aspirations of these Syrians. Second, it addresses governmental interventions in order to demonstrate the workings of what we consider as a “specific treatment” from the government of Sudan vis-a-vis this population hailing from Syria.

Vivian HARTLIEF, Master’s student in International Development Studies at Utrecht University, will present:

« Syrian Refugees and Their Livelihood »

Summary:

This research is aimed at studying the Syrian community living in Khartoum, to gain better insight on to what extent Syrian people living in Khartoum are capable of creating a (sustainable) livelihood and in particular what challenges they face. In order to do so there is looked into the context they are living in, the assets they are capable of obtaining, and the livelihood outcomes they pursue and experience.

Journée d’étude: « Objets dans la migration »

OBJETS DANS LA MIGRATION, OBJETS EN EXIL : STATUTS, USAGES, DEVENIRS

5 mai 2017, 9h15-18h  Amphithéâtre Max Weber, Université de Paris Nanterre / 200 av. de la République (au pied du RER Nanterre Université)

 Journée d’étude organisée en partenariat entre le Centre Espaces & Ecritures/ CREA (U.de Nanterre), le programme MIGROBJETS (Inalco) et NON-LIEUX DE l’EXIL

Entrée libre

Coordination scientifique : Corinne Alexandre-Garner (CREE, CREA Université de Paris-Ouest Nanterre) & Alexandra Galitzine-Loumpet (Cessma,  Migrobjets/ Inalco, Non-lieux de l’exil)

ARGUMENTAIRE

A propos des objets, Jean Baudrillard écrit qu’ils constituent des «‘mots de passe’ par excellence» (2004). A la fois communs, participant de la société de consommation, et uniques en ce qu’ils incarnent une expérience du sujet, des tactiques spécifiques d’usage dans les espaces du passage et de l’encampement, les objets sont des acteurs des liens sociaux, articulant récits et discours, participant des habitus et des recompositions en situation de migration, d’exil et de transmission. Paradoxalement, alors qu’ils assignent une identité à l’exilé/au migrant dans les médias et l’espace public et constituent, in fine, la seule trace matérielle d’un déplacement spatial et culturel subsistant bien au-delà de l’expérience du sujet dans des sphères diversifiées (du foyer au musée), les objets dans la migration et l’exil restent encore trop peu abordés.

Or, si la culture matérielle de la migration contribue à la construction de la figure de l’exilé et du migrant, le déplacement migratoire affecte aussi bien les usages sociaux de la culture matérielle que les modalités d’emboîtement des affects autour de l’objet usuel ou trouvé, transitionnel ou hérité. Objets-sujets dans le sens où ils se tiennent parfois à la place des individus, et peuvent se substituer à eux pour témoigner d’une situation, ils sont des objets de l’histoire qui peuvent devenir également des objets-mémoires, souvent des reliques soumises à des temporalités et des statuts particuliers, parfois des ancrages qui permettent autant de réagencements créatifs et de réinscriptions dans l’ailleurs.

Dans la poursuite d’une première rencontre organisée par les programmes Migrobjets (Inalco) & Non-lieux de l’exil tenue le 21 novembre 2016  sur la construction de la figure de l’exilé à travers les objets dans l’espace narratif, cette journée d’étude voudrait élargir le champ d’analyse en croisant statuts et devenirs des objets de la migration et de l’exil dans une perspective interdisciplinaire.

Il sera demandé à chaque intervenant(e) d’articuler sa réflexion théorique autour d’un objet majeur, présent ou manquant, que celui-ci appartienne aux registres juridiques (papiers d’identité, carte de séjour, acte de naissance, récépissé de l’OFPRA, photos d’identité…), ou à celui du nécessaire ou du vital (couverture, tente, gilet de sauvetage, sacs…), ou encore de l’intime (objets donnés au moment du départ ou objet acquis ou reçus lors de la migration ), du symbolique ou du patrimonial (objets transmis, hérités, muséographiés…). C’est à partir de  la confrontation de ces expériences intérieures ou extérieures à travers les objets de l’exil/de la migration que nous tenterons de penser les manières dont les sujets en déplacement se constituent à partir et avec l’objet dans nos différents champs de recherche.

PROGRAMME

9h Café d’accueil

MATINEE

9h15 : Ouverture –  Caroline Rolland Diamond (Directrice du Directrice du Centre de Recherches Anglophones (CREA, EA 370)

9h30 : Introduction générale – Corinne Alexandre-Garner (CEE/CREA) & Alexandra Galitzine-Loumpet (CESSMA, Non-lieux de l’exil & Migrobjets/ Inalco)

9h45 : RéflexionsMichel Agier (EHESS):

10h15 -Panel I Présidente de séance :   Geetha Ganapathy-Doré  (U. Paris 13)

10H30 : Karen Akoka (ISP / U. de Nanterre) – Deux certificats de réfugiés : carrière de « papiers »

11h : Anouche Kunth (Migrinter / CNRS) – Archive administrative et vies infimes : des intensités de papier

11h30-11h45  Pause-café

11h45 -Panel II  Président de séance : Albin Wagener (U. de Nantes)

12h : Claire Rodier (Gisti) – Les bracelets des exilés

12h30 : Eugenia Vilela (U.de Porto) –  Le gilet de sauvetage. Un objet paradoxal de l’exil

13h-14h : Buffet

APRES-MIDI

Panel III – Présidente de séance : Corinne Alexandre-Garner (CEE/CREA, U. Nanterre)

14h : Olivier Douville (U. de Nanterre) –  De l’objet rituel à l’objet exilique trouvé-créé

14h30 : Marie-Caroline Saglio Yatzimirsky (CESSMA, Inalco) –Papiers perdus, sacs troués : objets-symptômes des demandeurs d’asile

15h : Elise Biliard & Virginia Monteforte (Projet RIMA, Malte) – Disques de musique classique et haut-parleurs : Le refus du statut de migrant par un Libanais installé à Malte.

15h30  : Pause thé

Panel IV –  Présidente de séance :  Isabelle Keller-Privat (U. de Toulouse)

16h15 : Esther Heboyan (U. d’Artois) – Le kandjar et le fez dans America America (1963) d’Elia Kazan

16h45 : Kadhim Jihad Hassan (Inalco)  De la rivière Buwayb au caroubier de Birwa : Exil e(s)t poésie

17h15 : Cornelius Crowley (U. Nanterre)  Synthèse et conclusions

17h45 : Débat général

 Programme Non-lieux de l’exil 2016-2017 : https://nle.hypotheses.org/3861

RESUMES DES INTERVENTIONS PAR PANELS 

Karen Akoka (Univ. de Nanterre) – Deux certificats de réfugié : carrière de « papiers »

Je propose de mettre en perspective deux certificats de réfugié, délivré dans les années 1970 pour le premier et dans les années 2000 pour le deuxième. Chacun d’eux peut être appréhendé comme le support matériel d’une triple histoire : celle de l’individu qui le détient, de l’institution qui le délivre et de la catégorie qu’il fait exister. Je ferai parler les spécificités, de ces deux certificats (tampons, timbres fiscaux, signatures, noms, validités etc.) en les articulant à l’histoire de leur détenteur, pour saisir dans une approche synchronique les sens dont ils peuvent être investis à des moments historiques précis. Je les ferai également dialoguer entre eux pour saisir dans un mouvement diachronique l’histoire d’un « papier » qui a fait carrière. En suivant la carrière du certificat de réfugié c’est aussi l’histoire de la transformation d’un groupe social en catégorie sociale que l’on peut retracer, ou à une échelle plus individuelle le passage d’un réfugié, sujet de sa propre histoire, à un réfugié désigné de l’extérieur. L’histoire retracée ici s’arrête d’un coup en 2004 avec la suppression du certificat de réfugié. Le support de la reconnaissance comme réfugié se transforme désormais en un signe sur le titre de séjour. C’est dès lors cette disparition qu’il conviendra de faire parler.

 Anouche Kunth (CNRS) – Archive administrative et vies infimes : des intensités de papier

Ma rencontre avec des cartons poussiéreux, entreposés dans les sous-sols de l’OFPRA, a suscité une émotion sans commune mesure avec la sècheresse de la documentation qu’ils contiennent : des milliers de certificats d’identité, dressés au premier âge de l’asile moderne — l’entre-deux-guerres — par des agents arméniens en charge de représenter officiellement leurs compatriotes réfugiés en France. Cette intervention entend interroger le déplacement de sens qui s’opère autour de l’objet-certificat, devenu archive. L’étranger identifié hier dans un registre juridique est, à présent, entraperçu comme un sujet tiré de l’oubli. Un visage est donné, une filiation restituée, un nom rendu. Insensiblement, pourtant, l’attention se déplace vers les blancs, les silences, les notations marginales. Des pointillés apparaissent quand plus rien ne permet de restituer les éléments biographiques ou familiaux que le génocide de 1915 a abolis. Ce va-et-vient entre incarnation et effacement du sujet sera au cœur de la réflexion autour du certificat, objet en fuite invitant à proposer une sémiotique de l’absence à la manière de Perec face à la disparition des siens : quand il ne reste plus rien, tout se joue dans les détails.

 Claire Rodier (Gisti) – Les bracelets des exilés

L’objet choisi est le bracelet en plastique qui a été mis aux poignets des exilés évacués de la jungle de Calais en octobre 2016, destiné à différencier les régions de France vers lesquelles ils allaient être transférés pour être placés dans des centres d’accueil et d’orientation. Aux quatre couleurs correspondant aux quatre régions de destination, s’en ajoutait une (jaune) pour identifier les mineurs .A la même époque, les gestionnaires du camp de la Linière (Grande Synthe) ont décidé de munir les occupants d’un bracelet bleu, désormais nécessaire pour accéder au camp, pour des raisons de sécurité. Dans les deux cas, il s’agit d’une mesure destinée à « aider » ou à « protéger » les exilés. Je m’interrogerai sur les ressorts de l’utilisation, pour la « gestion » des personnes migrantes, du bracelet de plastique, qui évoque plus le marquage d’identification en vue de contrôle, que la clef, le code ou le badge, qui sont généralement les attributs destinés à identifier les occupants d’un lieu ou d’un espace.

Eugenia Vilela (U. de Porto) – Le gilet de sauvetage. Un objet paradoxal de l’exil

Les déplacements – mouvements violents de dépossession d’une vie – inscrivent dans les corps des refugiés une cartographie sensible d’expériences qui se constitue à travers d’objets qui, dans une métamorphose singulière, passent à appartenir à une mémoire intense de l’exil. Vital pour la dangereuse traversée de la méditerranée, dans le long périple vers l’Europe, le gilet de sauvetage se constitue en tant qu’objet paradoxal. Il perturbe une typologie possible des objets de l’exil. Dans un régime violent de déplacement, entre la disparition et la présence des corps, il se transforme en trace tangible de l’exil : il peut être la seule empreinte matérielle d’un déplacement spectral, ou le reste d’un geste qui subsiste dans le silence déchainé entre un corps et un objet.

Marie-Caroline Saglio Yatzimirsky (Inalco): Papiers perdus, sacs troués : objets-symptômes des demandeurs d’asile

Cette communication présente moins un objet qu’une expérience d’objet, moins un objet dans sa matérialité qu’un objet en creux. Cet objet est omniprésent dans le parcours, le discours et les représentations des demandeurs d’asile reçus en consultation dans la consultation de psychotrauma de l’hôpital Avicenne: il s’agit des papiers administratifs (récépissé, carte de séjour, passeport, etc.), dont l’obtention doit leur permettre, disent-ils, de sortir de la quête angoissante de l’asile et de leur donner la légitimité de demeurer. Ces papiers et le dossier administratif fait d’attestations et de certificats ne cessent pourtant d’être perdus, oubliés, cherchés, trop, « symptomatiquement » peut-être. Présentés comme la clé de leur délivrance, les papiers sont paradoxalement transportés dans des sacs troués. Au-delà de la précarité et de l’errance, au-delà du trauma et de ses symptômes, n’y a-t-il pas autre chose dans ces pertes et oublis ? Acte manqué ? Révolte du sujet refusant de voir leur identité réduite à un papier et rappelant que la violence de l’exil ne se limite pas à une histoire de formulaire ?

Olivier Douville (U. de Nanterre) – De l’objet rituel à l’objet exilique trouvé-créé

Je parlerai ici des objets qu’inventent ou présentent certains patients en exil qui ne font pas que les inscrire dans une identité culturelle dite d' »origine » mais sont des bricolages qui signent un parcours entre l’ailleurs et ici. Ces objets sont au croisement de plusieurs dynamiques de ruptures et de lien. Ils surgissent comme la signature de nouvelles subjectivations de la personne mais de l’Autre aussi. Je ferai le parallèle  avec les rapports aux objets dans les processus de deuil tel que j’ai pu les observer en Afrique chez des adolescents en reconstruction après une dé-socialisation violente.

Elise Billiard & Virginia Monteforte (RIMA, Malte) : Disques de musique classique et haut-parleurs : Le refus du statut de migrant par un libanais installé à Malte.

Nous voudrions ici concentrer notre regard sur A. qui a la particularité de ne pas se considérer comme un migrant comme les autres, même s’il a quitté le Liban pendant les années ‘80 et déménagé plusieurs fois. A. décrit ses objets comme « trop occidentaux », qu’ils soient ceux qu’il a pu amener avec lui ou ceux qu’il a dûlaisser derrière lui. Ces objets sont comme des reproches pour A., car ils sont la manifestation « de son statut privilégié » et du contexte sécurisé dans lequel il vit ; un privilège qui le gêne et qui en même temps lui permet de se distancier des autres migrants.

Les mots de A. nous permettent tout d’abord de réfléchir à une autre articulation des histoires d’exil. Une articulation dans laquelle l’identification ou le rejet de la catégorie “migrant” ou “exilé” par le sujet est effectuée par le sujet lui-même et non pas par la société qui l’entoure. Ainsi A. juge ses déménagements comme anodins, de même il considère ses objets comme “communs” à tout le monde et par conséquent incapables de porter son identité d’exilé

Esther Heboyan (Univ. d’Artois) : Le kandjar et le fez dans America America (1963) d’Elia Kazan

Cette histoire d’exil, qui commence dans un village d’Anatolie centrale à l’époque ottomane et s’achève à New York, est une histoire d’objets volés et d’objets auxquels on renonce. Au départ, le jeune Stavros, assoiffé de liberté et rêvant d’Amérique, reçoit les objets d’exception que sa famille juge nécessaires à sa traversée des espaces inconnus jusqu’à Constantinople. En chemin, Stavros est dépossédé de chaque objet monnayable. Il ne lui reste que sa détermination, son honneur et surtout le kandjar que sa grand-mère paternelle lui avait remis, en souvenir du grand-père et en prévision des périls du voyage. Lors du second exil à bord du paquebot en partance pour le Nouveau Monde, les espaces de passage, d’abord l’océan atlantique à l’approche de Long Island et ensuite Ellis Island, correspondent à la dépossession de deux objets symbolisant le passé : le fez et le sac en toile. Elia Kazan fait disparaître tous les objets matériels de l’exil. Le recommencement ailleurs ne semble possible qu’au prix d’un désencombrement ou d’un allègement. Le hammal de Constantinople embrasse le sol américain en toute candeur.  La mémoire de l’exil se reporte sur des objets immatériels. Les images-souvenirs tels le visage de la fiancée grecque ou la famille restée au village. Ou encore la musique grecque qui fait concurrence à la fanfare américaine et qui est la voix intérieure du protagoniste, comme une langue première qu’il ne parle plus mais qui ravive son espoir d’une vie meilleure.

Kadhim Jihad Hassan (Inalco)-  De la rivière Buwayb au caroubier de Birwa : Exil e(s)t poésie

À partir d’Ovide, Dante, Perse et de quelques poètes arabes classiques et modernes, dont notamment l’Irakien Badr Chakir Es-Sayyâb et le Palestinien Mahmoud Darwich, et en sollicitant la pensée, entre autres, d’Adorno, de Jankélévitch et d’Edward Saïd, l’auteur de cette contribution compte réfléchir sur l’exil en poésie, dans toutes les acceptions de l’expression : traversée de l’exil par des poètes, mais aussi la poésie elle-même comme parcours exilique. Une attention particulière sera prêtée à quelques objets, dans le sens élargi de ce terme, englobant quelques repères naturels et urbains par exemple.

 

BIO-BIBLIOGRAPHIES DES INTERVENANTS

Michel AGIER est anthropologue, directeur de recherche de classe exceptionnelle à l’Institut de Recherche pour le Développement et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Ses recherches portent sur les relations entre la mondialisation humaine, les conditions et lieux de l’exil, et la formation de nouveaux contextes urbains. Parmi ses nombreuses publications :   Le couloir des exilés. Être étranger dans un monde commun, éditions du Croquant 2011 ; La condition cosmopolite. L’anthropologie à l’épreuve du piège identitaire, Paris, La Découverte, 2013 ;  Un monde de camps (avec Clara Lecadet) La Découverte 2014, et dernièrement Définir les réfugiés (avec Anne-Virginie Madeira) PUF 2017. Michel Agier dirige le programme ANR Babels.

Karen AKOKA est sociologue, maitresse de conférence en science politique à l’Université Paris Nanterre et chercheuse à l’Institut des Sciences sociales du Politique (ISP). Ses recherches portent à la fois sur les circulations migratoires et les circulations entre les catégories de la migration. Son attention pour l’approche comparée dans le temps comme dans l’espace l’a plus particulièrement amenée à travailler sur les transformations historiques de la figure du réfugié et les modalités de dissociation entre réfugiés et migrants dans différents espaces nationaux. Elle a notamment publié « Pour une histoire sociale de l’asile politique en France », in Pouvoirs n°144, 2013, « Régime de confinement et gestion des migrations sur l’île de Chypre » in L’espace politique n°25, 2015 et « La demande d’asile en Israël » in Cambrezy L, et al. (dir.) L’asile au Sud, La Dispute, 2008. Elle a également co-dirigé : Migrants d’ici et d’ailleurs, du transnational au local, Poitiers, Atlantique, 2009.

 Corinne ALEXANDRE-GARNER est maître de conférences HDR hors classe à l’Université Paris Ouest Nanterre, angliciste en Sciences sociales et administration et au département d’études anglo-américaines. Elle est  directrice du Centre de Recherches Espaces/Ecritures (CREE au sein du CREA, EA 370) et responsable de la Bibliothèque de Recherches Lawrence Durrell. Membre du CA de la Bibliothèque de Documentation et  d’Information Contemporaine depuis 2011, elle siège comme membre extérieur du collège de l’Ecole doctorale de l’Inalco. Elle dirige deux collections aux Presses universitaires de Paris Ouest, dont la collection transdisciplinaire de sciences humaines  « Chemins croisés » autour des thématiques de l’étranger, des frontières, des migrations et des exils.  Elle a récemment publié une biographie littéraire de Lawrence Durrell aux éditions La Quinzaine Littéraire/ Louis Vuitton, Lawrence Durrell. Dans l’ombre du soleil grec,  dans la collection Voyager avec…. Parmi ses nombreuses publications, consacrées  aux écritures de la migration  : « Penser ailleurs » dans Frontières, marges et confins, C. Alexandre-Garner (ed.), (13-27), Presses universitaires de Paris Ouest, 2008; « When Elsewhere is Home : Mapping literature as Home in Lawrence Durrell’s « Cities, Plains and People » (avec I. Keller-Privat), Etudes britanniques contemporaines, n°37, déc. 2009); « Etranges mots étrangers et langue hantée » dans L’étranger dans la langue, E. Eells, C. Berthin, J.-M. Déprat eds) Presses universitaires de Paris Ouest, 2013; « Weaving otherness in Shauna Singh Baldwin’s «Rawalpindi 1919 » and «Toronto 1962 » : « The Text as Transitional Space » dans India in Canada, Canada in India, A. Navarro Tejero and T. Gupta eds) Cambridge Scholars’ Publishing, 2013; « L’objet migratoire dans La Grande maison de Nicole Kraus » dans Multicultures et écrits migratoires, E. Sabiston (ed.), Toronto, University of York Presses, 2014; « Le récit comme lieu de l’hospitalité » dans Migrations/Translations, M. Ahmed, C. Alexandre-Garner & al., (eds)  Presses universitaires de Paris Ouest, 2015.

Elise BILLIARD est docteure en ethnologie de l’université de Provence. Elle enseigne depuis plusieurs années l’anthropologie dans divers départements de l’université de Malte. Ses recherches se sont en partie orientées vers la culture matérielle qu’elle enseigne depuis 2009 et le nationalisme maltais ; mais ce n’est qu’en 2015 avec le projet RIMA, et en association avec Virginia Monteforte, qu’elle fait de la condition de l’exilé son objet de recherche anthropologique et artistique. Depuis 2016, elle est coordinatrice pour la Fondation Valletta 2018 (Ecoc) d’un programme d’événements culturels autour du thème de l’exil et du conflit. Elle a publié plusieurs livres et articles parmi lesquels: “Tkecnir” en 2011, avec Glen Calleja ; “Transit” en 2012, avec David Pisani ; et l’année dernière: “Undertow, Poetics of Displacement” avec Virginia Monteforte.

Cornelius CROWLEY est  professeur de civilisation britannique à l’université Paris Nanterre, Département Etudes anglo-américaines, UFR LCE, membre du CREA EA 370. Publications récentes :  « Travis Bickle’s Terminal Imitation of Christ in Taxi Driver », dans Au nom du père. Les réécritures contemporaines de la Passion, Maxime Decout et Emilie Walezak (eds), Paris,  Classiques Garnier, 2017 ; « L’Angleterre au miroir de « son » foot : le stade actuel de l’Europe »,  dans Gius Gargiulo et Bernd Zielinski, Hors-jeu le » football, une identité européenne, Michel Houdiard, 2016.  A coordonné le volume 4 de la revue Angles, French Perspectives on the Anglophone World, numéro intitulé « Unstable states, mutable conditions », février 2017,  http://angles.saesfrance.org/index.php?id=205.

Olivier DOUVILLE  est psychanalyste, maître de conférences à Paris Ouest la Défense, membre du laboratoire CRPMS Université Paris Diderot-Paris7, de l’Association Française des Anthropologues,  directeur de publication de Psychologie Clinique et rédacteur en chef de Figures de la Psychanalyse. Il a travaillé en Afrique de l’Ouest à la mise en place d’équipes mobiles et de lieux d’accueil des enfants et adolescents errants et s’est impliqué dans l’accompagnement et la re-socialisation d’enfants et d’adolescents dits « soldats ». Il est notamment l’auteur de Chronologie de la psychanalyse du temps de Freud (Dunod 2009) ; Clinique psychanalytique de l’exclusion (collectif, sous sa direction, Dunod, 2012) ; Les Figures de l’Autre, pour une anthropologie clinique (Dunod 2014), Guerres et Traumas (collectif, sous sa directionn Dunod 2016), De l’adolescence errante, variations sur les-non lieux de nos modernités (nouvelle édition revue et augmentée (Edition Les Alentours de l’Expérience, 2016).

Alexandra GALITZINE-LOUMPET est anthropologue, membre du bureau de l’Association Française d’Anthropologie. MCF à l’Université de Yaoundé I (Cameroun) de 1995 à 2008, elle travaille sur la culture matérielle en lien avec la mémoire et le politique. De retour en France, elle a notamment assuré la coordination de l’ANR EsCA (Espaces de la culture chinoise en Afrique 2011-2015). Depuis 2011, ses travaux portent également sur les objets dans la migration et l’exil et l’expérience de l’exil.  Co-fondatrice du programme de recherche Non-lieux de l’exi, qu’elle dirige depuis janvier 2016, du projet Displaced Objects elle co-dirige également (avec P. Stockinger) le programme Migrobjets, Représentation et circulation des objets de la culture matérielle des exilés dans les nouveaux médias et construction de la figure du migrant dans l’espace public (Inalco). Parmi ses publications : « Exil (Objets) », Glossaire des mobilités culturelles, Z. Bernd et N. Dei Cas (eds.), Peter Lang eds. 2014, pp.188-202  ;  « Habiter l’exil : le corps, la situation, la place », Décamper, de Calais à Lampedusa, S. Lequette et D. Le Vergos dir., Edition La Découverte, pp. 116-129 . Elle est également chargée de cours à l’Inalco et à l’Université de Paris-Descartes. Elle dirige (avec Ch. Makaremi, Ch. Vollaire & E. Vilela) le séminaire EHESS Non-lieux de l’exil. Elle prépare une HDR sur le thème « Exposer l’exil ».

Geetha GANAPATHY-DORE est maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches à la Faculté de droit, sciences politiques et sociales, Université de Paris 13, Sorbonne Paris Cité. Elle est l’auteur de The Postcolonial Indian Novel in English (2011). Elle a dirigé et codirigé plusieurs ouvrages parmi lesquels On the Move, The Journey of Refugees in New Literatures in English (2012), Images de la décolonisation (2013) et Projections of Paradise: Ideal Elsewheres in Postcolonial Migrant Literature (2011). Ses recherches récentes tournent autour des relations entre l’Inde de l’UE, les questions des droits humains, le développement durable et le cinéma postcolonial. Elle a traduit quelques nouvelles et des poèmes du tamoul en français. Auparavant responsable des comptes rendus de livres pour la revue Postcolonial Text, elle siège actuellement au comité éditorial d’Atlantis, la revue de l’Association espagnole d’études anglo-américaines. Elle est l’actuelle présidente de la Société d’activités et de recherches sur le monde indien.

Kadhim Jihad HASSAN, né au Sud de l’Irak, naturalisé français, Kadhim Jihad Hassan est poète, traducteur, critique littéraire et professeur des universités au département d’études arabes à l’INALCO à Paris. Il a publié, en arabe et en français, des recueils de poèmes et d’essais critiques, dont notamment : Chants de la folie de l’être et autres poèmes, traduit de l’arabe par lui-même en collaboration avec Serge Sautreau (éd. Tarabuste, 2001), et La Part de l’étranger – La traduction de la poésie dans la culture arabe (Sindbad/Actes Sud, 2007). Parmi ses traductions en arabe, La Divine Comédie de Dante, les œuvres poétiques d’Arthur Rimbaud, celles de Rainer Maria Rilke et des essais philosophiques de Gilles Deleuze et de Jacques Derrida. Il vient d’obtenir le Prix international de traduction Gherardo da Cremona.

Esther HEBOYAN est maître de conférences à l’Université d’Artois (UFR de Langues étrangères, Pôle d’Arras) depuis 1996. Ses enseignements et ses travaux portent sur le cinéma et la littérature nord-américains ainsi que sur le contact des langues et cultures. Elle est membre du centre de recherche Textes et Cultures, EA 4028. Elle a dirigé Les Variations Jarmusch (Arras : APU, Juin 2017) et co-dirigé La Poétique du genre en Asie Orientale (Arras : APU, 2012). Ses articles récents : « La poésie du hors-champ musical dans Down by Law de Jim Jarmusch : L’exemple de La promenade du maquereau de John Lurie. » in Les Variations Jarmusch ; « Passages, figurations et dé-figurations dans Stranger Than Paradise de Jim Jarmusch » in Migrations/Translations. Corinne-Alexander Garner et al. (Nanterre : Presses Universitaires Paris Ouest, 2015). Elle est également auteure et traductrice. Traduction de l’anglais : Moris Farhi, Cantates des deux continents (Songs from Two Continents, Londres : Saqi, 2011). Saint-Pourçain : Bleu autour, 2013. Traduction du turc : Nedim Gürsel, De ville en ville. Ombres et traces (Izler ve gölgeler, Istanbul : Dogan Kitap, 2005) Paris : Seuil, 2007).Fiction et poésie : « Le nchkhark de ma mère », displacedobjects.com, 2016. « Au-delà du pont de Galata » in Une enfance turque. Saint-Pourçain : Bleu autour, 2015. Beyond the Galata Bridge, Create Space, Amazon, 2016. Comme un dimanche d’août à Burgaz, Paris : Empreinte temps présent, 2011. Les Rhododendrons, Paris : Empreinte temps présent, 2009. Les Passagers d’Istanbul, Marseille : Parenthèses, 2006.

Isabelle KELLER-PRIVAT  est Maître de conférences – HDR à l’université de Toulouse II – Jean Jaurès, membre du CAS et membre associé du CREA. Elle enseigne la littérature britannique, la poésie et la traduction. Elle a publié plusieurs articles sur Lawrence Durrell, et s’intéresse également à l’œuvre de V. S. Naipaul, de Jon McGregor, de Paul Farley et de Michael Symmons Roberts. Elle a publié en 2015 aux Presses universitaires de Paris Ouest le premier essai consacré à la poésie de Lawrence Durrell : Between the Lines. L’écriture du déchirement dans la poésie de Lawrence Durrell.

 Anouche KUNTH est historienne, docteur de l’EHESS en Histoire et Civilisations, chargée de recherche au CNRS (Migrinter). Elle a consacré sa thèse à l’exil en France d’Arméniens issus du monde russe, abordant ainsi l’histoire de la Grande Diaspora par l’étude d’un groupe méconnu de réfugiés arméniens, minoritaire tant par le nombre que par ses caractéristiques sociales, son vécu migratoire, ses liens avec l’émigration anti-bolchevique. Ses travaux actuels sur la dispersion des Arméniens ottomans abordent l’événement génocidaire depuis ses retombées humaines les plus irréductibles au retour à la paix. Elle est l’auteur de : Exils arméniens. Du Caucase à Paris (1920-1945), Paris, Belin, Coll. Contemporaines, 2016 ; Arméniens en France, du chaos à la reconnaissance, Toulouse, L’Attribut, 2010, co-écrit avec Claire Mouradian. Elle coordonne, avec l’anthropologue Chowra Makaremi, un séminaire à l’EHESS intitulé : « Violences de masse : enquêter par l’intime. Sources, méthodes, épistémologie ».

Virginia MONTEFORTE est anthropologue et photographe. Titulaire d’un doctorat en Anthropologie sociale et Ethnologie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (iiAC-LAIOS) en 2015 et d’un master en Ethno-Anthropologie de La Sapienza (Rome) en 2005, elle a travaillé tout d’abord dans le champ de la publication et de la traduction littéraire et ensuite comme co-directrice de projets anthropologiques-artistiques dans l’île de Malte, son terrain d’étude principal depuis 2004, avec des recherches d’anthropologie politique, littéraire et sur la mémoire sociale. Parmi ces projets, il y a Din mhix tazza (Ceci n’est pas une tasse) sur les objets de mémoire d’un groupe de femmes dans la ville de Cospicua et Rima, toujours en cours et en association avec Elise Billiard, qui aborde la migration sous différents angles (objets, discours et rhétoriques autour du sujet, convergences et sentiments communs à partir d’histoires diverses). Ces deux projets reposent sur une riche et active collaboration avec les informateurs et les artistes. Parmi les publications de Virginia Monteforte on trouve: « The facing island » préface d’une section dédiée à la littérature maltaise contemporaine dans  New Yorkers, a jazz serenade, intitulé ‘Storie, All write’, n.62-63 (2008) ; « Dal piccolo », Kieku l-ikel jitkellem/If food could speak, The right to the food, Inizjamed, Fair trade Worldfest (2009) ; « Come un’isola ricorda. Riflessioni dal fieldwork», Journal of Maltese History, Volume 1, n.2; Din mhix tazza (2013) et Undertow. Poetics of displacement (2016) dont elle est co-autrice.

Claire RODIER  est juriste, cofondatrice du réseau euro-africain Migreurop et travaille au Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s). Ses recherches portent plus particulièrement sur les politiques européennes d’immigration et d’asile. Elle a participé à de nombreuses publications sur ces thèmes, codirigé l’ouvrage collectif Immigration : fantasmes et réalités (La Découverte, 2008) et collaboré à l’Atlas des migrants en Europe (Armand Colin, 2012). Derniers ouvrages parus : Xénophobie business (La Découverte, 2012) ; Migrants et réfugiés. Réponse aux indécis, aux inquiets et aux réticents (La Découverte, 2016).

Caroline ROLLAND-DIAMOND est professeure d’histoire et civilisation américaines à l’Université Paris Nanterre. Spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux aux Etats-Unis au XXe et XXIe siècles, elle est notamment l’auteure de Black America. Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle) (La Découverte, 2016) et de Chicago : le moment 68. Territoires de la contestation étudiante et répression politique (Syllepse, 2011). Elle est la directrice du Centre de Recherches Anglophones (EA 370) à l’Université Paris Nanterre.

Marie-Caroline SAGLIO YATZIMIRSKY est professeur en anthropologie de l’Inde à l’INALCO, chercheur au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (UMR Paris Diderot, INALCO, IRD) et membre de l’Institut Universitaire de France. Elle est également psychologue clinicienne dans la consultation de psycho traumatologie à l’hôpital Avicenne auprès de demandeurs d’asile. 
Chercheur invité à l’Université de São Paulo (2004-2007), elle a dirigé un programme ANR sur l’exclusion sociale en Inde et au Brésil. Elle a notamment publié Dharavi: from mega slum to urban paradigm (Routledge, 2013) et Mega city slums (avec F. landy Imperial College Press, 2014). Membre du programme Non-lieux de l’exil, elle poursuit ses recherches sur les demandeurs d’asile à la croisée de l’anthropologie, de la clinique et de la psychanalyse. Ses travaux récents portent sur les réfugiés, le trauma et la culture (revues Le Débat, Anthropology and Medecine, Adolescence, Migrations Société, etc). Elle est membre du programme Non-lieux de l’exil.

Eugenia VILELA est professeur au Département de philosophie de la Faculté de lettres de l’Université de Porto (Portugal), docteur en philosophie de l’Université de Porto, et directrice du groupe de recherche Esthétique, Politique et Art de l’Institut de Philosophie. Auteur de conférences et textes dans le domaine de la Philosophie et des Arts, elle a publié, parmi d’autres textes dans des œuvres collectives, les livres « Du corps équivoque » (1998) et « Silences Tangibles. Corps, résistance et témoignage dans les espaces contemporains d’abandon » (2010). Son travail se développe dans l’espace d’intersection entre l’esthétique, la philosophie politique contemporaine et l’art. Elle est membre des programmes Non-lieux de l’exil et Migrobjets et coordonne (avec A. Galitzine-Loumpet, Ch. Makaremi, Ch. Vollaire), le séminaire EHESS Non-lieux de l’exil.

Albin WAGENER est enseignant-chercheur en sciences du langage, directeur adjoint du laboratoire CoDiRe (Construction discursive des représentations linguistiques et culturelles – EA 4643) à l’Université de Nantes. Spécialiste de l’approche critique des concepts de culture et d’identité, et notamment de leur mise en discours dans les corpus numériques ou politiques et institutionnels, il a notamment publié les ouvrages « Le débat sur l’identité nationale » (L’Harmattan, 2010) et « L’échec culturel » (Peter Lang, 2015) et prépare pour 2017 une habilitation à diriger des recherches autour d’une théorie systémique du discours appliqués aux problématiques identitaires et interculturelles. Il participe aux projets de recherche Antimoine (ANR 13 CORD 002) et Migrobjets (INALCO), tout en étant membre actif des réseaux de recherche internationaux R2DIP (Réseau de recherche des discours institutionnels et politiques) et Alternative Academia et de plusieurs comités de lecture, comme pour les revues International Journal of Intercultural Relations ou International Journal of Bias, Identity and Diversities in Education. Ancien doyen de la Faculté des Humanités de l’UCO à Angers, il est notamment professeur invité à la KUL d’Anvers (Belgique), l’Université de Luxembourg (Luxembourg) ou encore l’Université de Jyväskylä (Finlande). Ses activités peuvent être consultées sur sa page personnelle : http://albinwagener.wixsite.com/awagener

 

28 avril 2017, Journée d’étude « Un siècle de représentations des réfugiés »

L’enjeu de cette Journée d’étude n’est pas d’ajouter à la réflexion sur le bienfondé, l’évolution et les limites du statut de réfugié mais d’interroger, dans une perspective diachronique et interdisciplinaire, la réception des phénomènes de déplacement massif, d’apatridie et de dispersion migratoire, appelés à se répéter dramatiquement au long du xxe siècle, jusqu’à nos jours. Il sera postulé que les grandes scansions du refuge ont tendu aux sociétés européennes – et leur tendent encore, nonobstant l’édification supranationale de l’Union européenne – le miroir inversé de leurs propres constructions idéologiques, dans un contexte croissant de « judiciarisation du statut de l’homme » (Dzovinar Kévonian) et de territorialisation des appartenances nationales.

Journée d’étude pluridisciplinaire sous la direction scientifique de Frédérik Detue et Anouche Kunth (FoReLL B3 / Migrinter)

PROGRAMME

1) Journée d’étude

MUSÉE NATIONAL DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION

Auditorium

Matinée

9h45      Accueil des participants à l’accueil administratif du Musée

10h00    Introduction de la Journée d’étude

10h15-12h30   Catégories, pratiques, perceptions

Séance animée par Anouche Kunth (CNRS)

Elie-Benjamin Loyer (Université Paris X Nanterre), Du réfugié à l’indésirable : qu’est-ce que la justice doit faire des heimatlos dans l’entre-deux-guerres ?

Julia Maspero (EHESS), Des réfugiés russes d’avant-guerre parmi les personnes déplacées d’après-guerre : définition, enregistrement et prise en charge par les autorités françaises d’occupation d’Allemagne et d’Autriche (1945-1951)

 Caroline Zekri (Université Paris-Est Créteil), « Tout d’abord nous n’aimons pas que l’on nous traite de réfugiés » : la fabrique de la « charité politique » au service de l’ordre national

 12h30-14h00   Pause déjeuner

Après-midi

14h00-15h15   Représentations des réfugiés au cinéma

Séance animée par Marie Martin (Université de Poitiers)

Jérôme Gidoin (Université Paris-Descartes Sorbonne), Les représentations à l’écran de la Cinémathèque française de Maxime Samel, un enfant de rapatriés-réfugiés du camp de Sainte-Livrade-sur-Lot

Lucie Leszez (EHESS), Quand un film documentaire donne corps aux Spectres

15h15-15h40   Pause café

15h40-17h00   Représentations des réfugiés dans les écrits

Séance animée par Frédérik Detue (Université de Poitiers)

Mathilde Bataillé (Université d’Angers) & Beatrice Scutaru (Université de Padoue), De Bucarest à Paris : l’écriture de l’exil chez Dimitru Tepeneag et Virgil Tanase

Tristan Leperlier (CNRS), Le refus du refuge : les écrivains algériens exilés en France dans les années 1990

17h00    Conclusion de la Journée d’étude

 

2) Table ronde

Auditorium de la Bulac

Soirée

19h00-21h00       Réfugiés d’hier, réfugiés d’aujourd’hui : paroles croisées

                            Table ronde présidée par Richard Rechtman (EHESS)

Avec:

Jamshid Golmakani (réfugié, exilé d’Iran depuis le début des années 1980)

Carlos Pérez Gómez (réfugié, exilé du Chili depuis fin 1983)

Nour Allazkani (réfugié, exilé de Syrie depuis 2013) 

Informations pratiques

Venir au Musée national de l’histoire de l’immigration

Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil – Paris 12e

Transports en commun

En métro : station Porte Dorée (ligne 8)
En bus : 46
En tramway : ligne T3a (Porte Dorée)

Venir à la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC)

65 rue des Grands Moulins – Paris 13e

Transports en commun

En métro ou RER : station Bibliothèque François-Mitterrand (ligne 14 / RER C)
En bus : 27, 62, 64, 89, 132, 325
En tramway : ligne T3a (avenue de France)