Category Archives: Migration

Call for papers: Refugees and forced migration in the East and Horn of Africa: Current trends and future directions, 24-26 October, Kenya

Introduction

East and Horn of Africa not only experience conflicts and political instability but also chronic poverty and extreme climatic variability, all of which lead to different forms of mobility and human displacement. The region plays the dual role of producer and host to refugees and asylum seekers. Latest statistics released by UNHCR indicate that by the end of 2017, there were over 3.2 million refugees originating mainly from the Democratic Republic of Congo, Somalia, and South Sudan. In addition, there are 5.76 million internally displaced persons within the countries of Somalia, South Sudan and Sudan. Efforts to provide life-saving assistance, protection, and related humanitarian activities as well as to find durable solutions to this situation continue to be made through international and local interventions. Driving the current collective effort is the Comprehensive Refugee Response Framework (CRRF). Despite the joint efforts, these regions continue to experience significant forced migrants and refugee flows as evidenced in Djibouti, Somalia, South Sudan, Eritrea and Ethiopia. Forced displacement continues to exert strains on regional governments and resources, as well as in other continents such as Europe and America. The increased numbers of refugees and undocumented migrants arriving in Europe by boats despite the numerous deaths in the Mediterranean Sea is evidence enough to interrogate refugee protection and assistance as well as other forms of migration in and out of Africa. While intervention measures to mitigate and manage forced migration have been put in place, they however remain insufficient. This insufficiency in mitigation can be attributed to weak collaboration between knowledge production, policy formulation and practice in the region. The planned conference is therefore an effort to provide a convergence platform for reflections on forced displacement and related migrations in these two regions.
The horn and eastern regions of Africa are experiencing various developments in the dynamics of refugeehood and forced migration. While there is a wide range of institutional responses to refugees including protection, humanitarian assistance and search for durable solutions, there are also justifiable concerns on problems associated with forced migration. These are issues of internal displacement, human trafficking as well as mixed migration flows. This conference seeks to address several issues. First, enable a scholarly and policy interrogation of the relationship between forced displacement and other forms of migration (Mixed migration flows). Secondly, assess and analyse new knowledge and developments in migration policies and management in Africa. Third, discuss how these mixed migrations flows influence and are in turn influenced by the political economy of international migration. In discussing these broad dynamics, the conference aims to help in shaping future directions of the forced displacement discourse, interventions and policy in the Horn and East Africa . This is also important in identifying potential avenues for collaboration between policy makers, researchers, international institutions, practitioners and governments in their pursuit to address issues related to forced migration. This is done with the objective of broadening the discussion in order to come up with much longer-term and multifaceted approaches to addressing issues of forced migration.

Themes

The themes that will be addressed in the conference will include the following:
• The economics of forced displacement
•The effects of displacement on the displaced and host communities
• Legal regimes governing displacement
• Negotiating institutional responses to displacement
• Humanitarian space and spaces of protection
• What is a human being worth? Human trafficking today
•Protracted urban displacement: the minefield of needs and interests
• Security and displacement
• What next? The dynamics of evolving protection space
• Durable solutions to displacement
• South-South Vs South-North forced migration
• Local, National, Regional and Global perspectives on the rights of forced migrants
• Development Induced Displacement and Resettlement
• Refugee health and Psychosocial issues

Format

The conference will have two keynote addresses, presentation of papers and round-table discussions.

Submission, Review Process and Announcement of Acceptance

All papers will be subject to a review process. Papers submitted will be categorized into working papers and full papers.

Important Deadlines

July 10, 2018: Submission of Abstracts
July 20, 2018: Acceptance Notification
September 10, 2018: Submission of full papers

Contact Information

Michael Omondi Owiso, PhD,
School of Development and Strategic Studies
Maseno University–Kenya
P. O. Box Private Bag/Maseno
Kenya
Johannes Dragsbaek Schmidt
Associate Professor
Aalborg University

Réfugiés soudanais en Jordanie : une vie sur pause ?

Les Carnets de l’Ifpo accueillent également des textes rédigés par des étudiant·e·s de niveaux Master et Master 2 travaillant sous la direction d’enseignant·e·s et de chercheur·e·s de l’Institut ou ayant effectué un stage ou un terrain en lien avec ses activités scientifiques. Compte-rendus de lecture et de stage, retours de terrain, synthèses de premiers travaux de recherche rédigés par ces étudiant·e·s sont appelés à alimenter régulièrement les Carnets de l’Ifpo. Marie Hénique étudiante de 3e année de Sciences Po. est l’auteure de ce texte.

La présentation du 7 Hills Skatepark sur le site de l’association Make life, Skate life (https://makelifeskatelife.org/projects/jordan/)

La Jordanie accueille aujourd’hui environ 680 000 réfugiés et 35 615 demandeurs d’asile enregistrés auprès du Haut-Commissariat des réfugiés des Nations-Unies (HCR, septembre 2017). Si ceux-ci sont principalement issus des pays en conflit dans la région (Syrie, Irak, Yémen), il existe également une minorité numérique de réfugiés venus d’Afrique subsaharienne et principalement du Soudan. Ainsi, au terme d’un parcours migratoire complexe (Hénique, 2017) commencé en 2003 avec le début du conflit au Darfour, quelque 4000 Soudanais (nombre de personnes enregistrées au HCR, septembre 2017) ont dû fuir vers la Jordanie. Beaucoup d’entre eux se retrouvent aujourd’hui dans une situation « d’attente forcée », bloqués à Amman, la capitale jordanienne, dans l’attente d’être relocalisés dans un pays tiers. L’interdiction de travailler pour les réfugiés autres que Syriens, les empêche de s’établir durablement dans le pays pour y construire une nouvelle vie.

Leur quotidien se structure autour de cette incertitude quant à leur futur qui ne leur permet pas de s’intégrer réellement dans la ville. Plusieurs questions se posent pour décrire cette situation : quelles sont leurs conditions de vie dans cette période particulière de pause dans leur parcours migratoire ?  Quels facteurs freinent leur intégration et leur appropriation d’Amman et ses différents quartiers ? Quelles réponses permettent-ils d’apporter? Quels acteurs se mobilisent? Quelles actions mènent-ils ?

Afin de répondre à ces questions, je me suis appuyée sur cinq interviews de réfugiés soudanais (quatre hommes et une femme entre 19 et 35 ans) ainsi que des membres d’ONG agissant auprès de réfugiés soudanais à Amman (Jesuit Refugee Service, Seven hills skate parc, Jesuit Centre). J’ai également observé la vie du Jesuit Centre d’Amman durant un mois et demi de septembre à octobre 2017. Ce centre est géré par des pères jésuites Américains et situé à Jabal al-Hussein.

1 Le mirage de la relocalisation

La population soudanaise d’Amman est composée à 70% d’hommes selon le chargé de protection du HCR (entretien octobre 2017), dont la majorité a entre 18 et 35 ans. Les jeunes hommes seuls étant considérés comme moins vulnérables par le HCR, ils doivent attendre plusieurs années pour être relocalisés vers un pays tiers. Peu de Soudanais bénéficient de cette procédure. Selon l’ONU seulement 2 à 5% d’entre eux finissent par partir de la Jordanie (entretien octobre 2017). Les personnes que j’ai pu rencontrer sont arrivées dans le pays depuis au moins quatre ans et n’ont toujours pas de perspective quant à une future relocalisation. Certains, comme un trentenaire réfugié en Jordanie depuis 2013, envisagent même de repartir vers le Darfour. Celui-ci est pourtant recherché par le gouvernement soudanais qui l’accuse injustement de s’être converti au christianisme et risque donc des persécutions.

Je n’ai rencontré qu’une seule famille, composée d’une mère seule et de ses quatre enfants, dont la relocalisation vers la Géorgie aux États-Unis a été approuvée par l’Organisme International des Migrations. Cependant, à cause du « Travel ban » instauré par Donald Trump en 2017, leur départ a été reporté indéfiniment. Le retrait récent du Soudan de la liste n’a pas, pour l’instant, fait évoluer leur situation.

La précarité des réfugiés soudanais en Jordanie ne fait pas figure d’exception dans la situation générale des réfugiés soudanais dans le monde. En 2009, Fabienne Le Houérou décrivait déjà les conditions de vie critiques des Soudanais réfugiés au Caire, dont la majorité, ne possédant pas le statut officiel de réfugié, est autorisée à rester en Egypte sans avoir accès à l’assistance humanitaire ou à la relocalisation (Le Houérou, 2009).

2 Une appropriation de la ville difficile, voire impossible

Alors que certaines personnes que j’ai rencontrées sont à Amman depuis plusieurs années, leur appropriation de l’espace urbain et leur mobilité dans la ville sont relativement limitées et les lieux qu’ils fréquentent se réduisent souvent à leur quartier de résidence (Jabal Amman, Jabal al-Weibdeh).  Cette absence d’appropriation de la ville peut s’expliquer par plusieurs facteurs.

Tout d’abord, l’interdiction de travailler pour les réfugiés (excepté la mise en place d’un quota pour les Syriens) ajoutée au nombre extrêmement réduit de Soudanais recevant une assistance financière du HCR, poussent beaucoup d’entre eux à se tourner vers l’économie souterraine. Certains travaillent sur les chantiers de construction, certaines dans des salons de beauté. Souvent ces emplois sont difficiles aussi bien physiquement que mentalement et peu rémunérés. À cela s’ajoute le risque d’être arrêté par les autorités jordaniennes. L’amende pour un réfugié travaillant illégalement est de 3000 dinars jordaniens selon les réfugiés interrogés. Ils peuvent donc être renvoyés au Soudan s’ils sont arrêtés. Cette situation les pousse donc à être en permanence sur le qui-vive lors du trajet et sur leur lieu de travail pour ne pas être repérés par la police, et être prêt à fuir le cas échéant. A., un homme de 33 ans arrivé en Jordanie en 2013 après avoir fui les persécutions religieuses du gouvernement de Khartoum, a déjà été arrêté deux fois par les autorités hachémites alors qu’il travaillait dans un laboratoire pharmaceutique. Il n’a toutefois pas été expulsé vers le Soudan car ses arrestations sont antérieures à la mise en place de l’amende de 3000 dinars.

Cette forme de subsistance ne leur assure que de très modestes revenus. Or, Amman étant une ville étendue où les transports en commun sont limités, ils n’ont pas les moyens de multiplier les allers et retours en taxi dans la ville.

Un autre facteur important est l’existence limitée de lieux publics à Amman comme des parcs par exemple. Les rassemblements se font plutôt dans les appartements que se partagent les célibataires ou les familles. J’ai pu me rendre à un mariage organisé dans l’appartement d’une famille soudanaise à Jabal Amman. Lors de cet événement, une femme m’a confié que tous les hommes présents étaient particulièrement heureux de se voir car ils résident dans des quartiers différents et n’ont que rarement l’occasion de se retrouver.

A cela s’ajoute la discrimination et le racisme dont les Soudanais, mais aussi Somaliens, Erythréens et Ethiopiens sont souvent victimes en Jordanie. Dans la rue, dans le bus ou à l’école, il est fréquent qu’ils soient interpellés par les noms péjoratifs d’ “Abu Samra” ou “Chocolate”.  N, âgé de 19 ans, a abandonné l’école alors qu’il était scolarisé à Jabal al-Weibdeh. Il ne parvenait pas à suivre les cours à cause de la barrière de la langue et ne supportait pas de se sentir discriminé en tant que seul élève noir de la classe. Cette stigmatisation limite également leur présence dans l’espace public en les poussant à ne pas se faire remarquer et à rester le plus possible dans leurs lieux d’habitation.  Enfin une dernière raison qui m’a été rapportée et qui freine leur appropriation de la ville est le dépaysement.  M, qui est arrivé en mai 2017 à Amman, trouve la ville trop bruyante et ne parvient pas à dormir la nuit.

L’interdiction de travailler pour les réfugiés autres que Syriens, leur accès limité aux services du HCR, des ONG et des autorités jordaniennes, ainsi que le racisme auquel ils doivent faire face quotidiennement, empêchent leur réelle intégration dans l’espace urbain d’Amman. Plusieurs associations tentent de remédier à cette situation par l’organisation d’activités favorisant la création de lien social.

3 Des réponses associatives pour créer du lien social

Pour répondre à cette situation, plusieurs initiatives associatives tentent de créer du lien social en fédérant la communauté soudanaise d’Amman et notamment par la rencontre des différentes populations de réfugiés.

Le skate parc 7 Hills, situé à l’entrée de Jabal al-Weibdeh, organise chaque lundi un cours de skate dédié aux enfants soudanais. Le parc, construit par l’association Make Life Skate Life et principalement géré par des volontaires, rencontre beaucoup de succès auprès des enfants comme des parents. Environ une cinquantaine d’enfants de deux ans à 16 ans se retrouvent à chaque séance pour apprendre à faire du skate et jouer dans le parc pendant deux à trois heures. Des enfants jordaniens du quartier participent également à l’initiative en aidant à encadrer l’activité en échange d’une planche de skate neuve. Cela favorise la rencontre et la naissance d’amitiés entre les enfants jordaniens et soudanais. Les après-midi au skate parc sont également un lieu de rendez-vous pour les parents – surtout les mères, et quelques pères- qui profitent que leurs enfants soient encadrés par les membres de l’association pour discuter tranquillement. Cette appropriation du lieu par certaines familles soudanaises m’est apparue quand je me suis rendue au parc un jour où la « session soudanaise » avait été annulée. Plusieurs mères s’y étaient malgré tout donné rendez-vous pour y passer l’après-midi avec leurs enfants.

Le Centre Jésuite d’Amman, situé à Jabal al-Hussein et géré par des pères jésuites américains, organise tous les jours des activités culturelles et éducatives gratuites destinées aux réfugiés vivant à Amman. Ils peuvent participer aux cours d’anglais, de chants, de théâtre, d’arts plastiques, de danse et à la séance hebdomadaire de cinéma suivie d’un débat en Anglais. Beaucoup de réfugiés irakiens, soudanais et quelques Syriens, Somaliens et Erythréens se rendent quotidiennement au centre pour participer aux activités et suivre les cours d’anglais, mais également pour tuer le temps en discutant entre amis. Ces activités ont différents buts. L’importance de l’anglais, langue utilisée pour communiquer dans chaque activité, vise à préparer les réfugiés qui, s’ils sont relocalisés dans un autre pays, le seront sûrement au Canada ou aux États-Unis. En effet, parmi les trente-sept pays membres du programme de relocalisation du HCR, ce sont ceux qui accueillent le plus de réfugiés. D’autre part, les activités sont organisées de manière à favoriser les interactions entre les différentes nationalités. Par exemple, durant les exercices de théâtres, il est interdit de se mettre en binôme avec quelqu’un du même pays. Ainsi les réfugiés soudanais fréquentant le centre régulièrement forment un groupe soudé et sont très investis dans les activités auxquelles ils participent. Certains d’entre eux sont même volontaires au sein du centre. C’est le cas de deux jeunes Soudanais trentenaires que j’ai rencontrés. Un donne des cours d’anglais à d’autres réfugiés soudanais, irakiens, et somaliens. Il tente de faire venir un maximum de Soudanais sans activités au centre pour empêcher que ceux-ci ne restent chez eux et soit démoralisés par l’inactivité. En effet, le nombre important de Soudanais fréquentant le Centre et participant à ses activités illustre leur absence d’occupation en dehors du Centre (absence de lieu de sociabilité, absence de travail). Par exemple N, qui comme précisé plus haut ne va plus à l’école et ne travaille pas non plus, participe à pratiquement toutes les activités artistiques et suit les cours d’anglais du Centre.

Conclusion

La situation d’attente forcée dans laquelle se trouvent de nombreux réfugiés soudanais en Jordanie est une source quotidienne de souffrance psychologique. L’accès peu aisé aux services du HCR, l’interdiction de travailler et l’intégration relativement limitée au sein d’Amman et de la société jordanienne les placent dans une situation d’inactivité permanente et d’incertitude quant au futur. Plusieurs associations comme Seven Hills skate parc ou le Jesuit Centre d’Amman tentent de pallier ces problèmes en proposant une large gamme d’activités culturelles et sportives. Néanmoins, si les personnes que j’ai pu interroger apprécient ces opportunités, elles sont surtout désireuses d’accéder à l’éducation, au travail légal et à plus long terme à la relocalisation.

Bibliographie

Articles Scientifiques

Articles de Presse

Rapports

  • ARDD-Legal Aid (2017). Putting Needs over Nationality – Meeting the Needs of Somali and Sudanese Refugees During the Syrian Crisis. [online] Amman: ARDD-Legal Aid Legal Assistance Department. Available at: https://ardd-jo.org/sites/default/files/resource-files/ardd-la_-_putting_needs_over_nationality.pdf
  • Refugees, United Nations High Commissioner for, ‘Resettlement’, UNHCR, http://www.unhcr.org/resettlement.html
  • UNHCR, GLOBAL TRENDS FORCED DISPLACEMENT IN 2016, 2016, pp. 60-64, http://www.unhcr.org/5943e8a34.pdf
  • UNHCR, Statistical Report On Registered Sudanese Currently Residing In Jordan (Amman: UNHCR Jordan, 2017)

Pour citer ce billet : Marie Hénique, « Réfugiés soudanais en Jordanie : une vie sur pause ? », Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), le 18 juin 2018. [En  ligne] http://ifpo.hypotheses.org/7887

Marie HéniqueMarie Héniqueest étudiante en troisième année du Bachelor Europe – Afrique de Sciences Po
Paris. Dans ce cadre, elle effectue deux stages de recherche en Jordanie (IFPO et ARDD) et
travaille sur les réfugiés Soudanais en Jordanie en étudiant leurs itinéraires migratoires, leurs
réseaux de solidarité et leur quotidien en Jordanie.

Vladimir Cayol: Scientific assistant and intern in CEDEJ

Vladimir Cayol holds a master’s degree in the field of Africa and the Middle East and International Cooperation from the University Paris 1 Panthéon-Sorbonne. He has been an intern in CEDEJ Khartoum where he has been assisting the coordinator with administrative tasks, and also working on migration issues from September 2017 to April 2018. He started working on this topic in EHESS while writing a research paper on the migration of Soninke people for his master’s degree in Anthropology.

In Sudan, his researches focused on the European Union’s migration policies and more specifically on the implementation of the European Union Trust Fund. This financial tool, which was financed by 3.4 Billion euros, aims at “addressing root causes of irregular migration and forced displacement”, protecting migrants along the migratory roads, and fighting against criminal networks which organize illegal migration. Vladimir organized a seminar at CEDEJ to present his work.

JOB OFFER – PROGRAM SPECIALIST FOR THE INTERNATIONAL MIGRATION INITIATIVE (IMI) AT THE OPEN SOCIETY FOUNDATIONS – LONDON

The Open Society Foundations seeks a Program Specialist to provide support to the International Migration Initiative (IMI), and specifically to its Fair Work program area. IMI seeks a dynamic and committed program specialist to support the design, planning and implementation of IMI’s Fair Work program area. The position requires knowledge of labor migration issues as well as passion to improve the situation of migrant workers as part of a broader movement for economic, gender and racial justice.

IMI’s Fair Work program area’s strategy aims to improve government policies and business practices to ensure a fair deal for migrant workers; to build migrant workers’ voice, power, and influence through organizing activities and coalition-building, and to challenge the culture of impunity by expanding migrants’ access to legal remedies.

Essential duties and responsibilities include:

  • Supporting programmatic efforts by conducting a wide range of activities related to the grant making process as well as analytical work in support of strategy development and the design and evaluation of program work.
  • Keeping abreast of key issues and developments in the labor migration field.
  • Assessing partner organizations, including evaluating aspects of their financial health.
  • Administrative responsibilities.
  • Developing concept notes, agendas, and other materials for convenings.
  • Participate in preparing and presenting portfolio reviews.

Candidate Profile:

  • 3-5 years of progressively responsible experience in a situation relevant to the duties of this role is typically required to develop the skills required for this role.
  • Knowledgeable on issues relating to labor migration, workers’ rights and worker organizing.
  • Excellent written and spoken communication in English.
  • Highly skilled in researching, processing large amounts of information, and analyzing its importance in informing OSF programs and strategies.
  • Ability to recognize and work effectively in compliance with internal policies and external constraints.
  • Organized; strong project management ability; self-directed on work initiatives; strong attention to detail.

Application deadline : June 11, 2018

Interested candidates should attach to their application a cover letter and a curriculum vitae. All call for applications at the Open Society Foundations are open to women and men of all cultures, backgrounds, and experiences. The IMI Department is committed to  providing reasonable accommodations so that people with disabilities are able to fulfill the essential functions of the job.

For more information, please visit the offer’s page (link above).

HDR Thomas Lacroix le 4 Mai 2018, Université de Paris Est Marne La Vallée

La soutenance de l’HDR de Thomas Lacroix, intitulée « le transnationalisme: espace, temps, politique » aura lieu le 4 Mai prochain à l’université de Marne La Vallée. Elle se tiendra finalement de 14 à 18h au bâtiment Bienvenüe, salle A017 (plot A, Rdc), 14-20 Bd Newton, près de la station du RER A Noisy Champs.

Membres du jury: Olivier Clochard, Janine Dahinden, Géraud Magrin, Jean-Baptiste Meyer, Elise Massicard, Swanie Potot, Serge Weber et Catherine Wihtol de Wenden.

Résumé :

L’approche transnationaliste des migrations internationales est apparue à la fin des années 1980 aux États-Unis. Son adaptation dans le champ des recherches francophones fut à la fois tardive, lente et mal articulée avec les approches déjà en place. Ce travail présenté dans le cadre d’une habilitation à diriger des recherches revient sur vingt années de recherche sur les pratiques transfrontalières de groupes aussi divers que les Marocains, les Algériens, les Indiens ou les Polonais. En s’appuyant sur un corpus théorique novateur, il propose une conceptualisation du transnationalisme sous le chapitre du paradigme de la multiplicité. L’analyse explore ses ressorts socio-psychologiques chez les migrants ; la construction d’un espace-temps transnational ; le jeu de l’économie morale qui structure les relations entre migrants et non migrants ; l’épistémologie libertarienne qui sous-tend l’approche des migration ; elle s’attarde sur les mutations de l’État au Nord comme au Sud qui cherche à encadrer ou contrôler les flux transnationaux. Ce travail revient enfin sur le parcours de l’auteur pour proposer une réflexion sur l’internationalisation de la recherche et ses conséquences sur le plan scientifique.

Le fonds documentaire de MIGRINTER labellisé Collections d’excellence

Le groupement d’intérêt scientifique CollEx-Persée (http://www.collex.eu/) vient de labelliser le fonds documentaire de Migrinter. Il est attribué pour 5 ans (2018-2022).

CollEx-Persée est une infrastructure en information scientifique et technique, inscrite dans la feuille de route nationale 2016 des infrastructures de recherche. Elle vise à contribuer à la performance de la recherche française en développant des services documentaires au plus près des besoins des chercheurs.

CollEx-Persée a pour mission d’accompagner la mise en œuvre des actions de préservation mutualisées menées en coopération entre les bibliothèques de recherche et les opérateurs en IST sur lesquels elles peuvent s’appuyer (Centre technique du livre de l’enseignement supérieur, Bibliothèque nationale de France, CNRS-INIST, CINES).

Le fonds MIGRINTER

Le fonds Migrinter (Migrations internationales) est spécialisé dans l’étude des migrations internationales et des relations interethniques. Il compte plus de 5000 ouvrages liés aux thématiques des migrations internationales, plus de 4000 fascicules de revues dont une trentaine de titres de périodiques vivants, plus de 600 documents dits de «littérature grise» et des dossiers de presse réalisés de 1990 à 2000 (15 à 20000). Essentiellement en français et anglais, il couvre l’ensemble des disciplines de sciences humaines et sociales.

Ce fonds possède sa propre base de données bibliographique, « Migrinternet », actuellement en reformatage pour être plus accessible. Créée en 1996 et aujourd’hui constituée de plus de 23000 notices bibliographiques, elle offre un catalogue spécialisé donnant accès aux documents issus du fonds.

Migrinter a également créé en 2008 sa propre collection dans l’archive ouverte HAL-SHS (https://halshs.archives-ouvertes.fr/MIGRINTER) destinée au dépôt et la diffusion d’articles scientifiques émanant de ses propres chercheurs. Cette archive contient près de 1300 signalements bibliographiques, avec 675 documents directement accessibles en texte intégral, et environ 200 autres en passant par des plateformes en « open access« .

Dans l’année qui suit, MIGRINTER prévoit de réaliser le catalogue du fonds « ancien », de lancer une campagne de reliure des revues disparues mais qu’il possède au complet (Documentation réfugiés, Migrations études, Actualités migrations…) et compte réorganiser ses collections pour leur offrir une meilleure visibilité.

Bienvenue à José Manuel Maroto Blanco

José Manuel Maroto BlancoLe laboratoire est heureux d’accueillir pour une période de trois mois (d’avril à juin) José Manuel Maroto Blanco qui a obtenue une bourse ERASMUS.

José Manuel est chercheur à l’Institut des migrations et membre du Département d’Histoire Contemporaine de l’Université de Grenade.

Actuellement, il prépare une thèse de doctorat sur la représentation des Africains noirs en Espagne et leurs l’expériences vécues depuis le régime de Franco  jusqu’à présent. La réalisation de cette thèse est possible grâce au soutien du Ministère de l’Education, de la Culture et du Sport du Gouvernement espagnol (FPU15 / 01266).

Parmi ses thèmes de recherche, nous pouvons souligner la coopération espagnole au développement en Afrique, les préjugés et le racisme dans l’histoire récente de l’Espagne.

Sélection de publications de José Manuel Maroto Blanco :

  • La Ayuda Oficial al Desarrollo española en Guinea Ecuatorial: un análisis crítico (2014) en Cuadernos Geográficos
  • Os problemas internos da África Central e Ocidental francófona como entravesaodesenvolvimento económico e social: umavisâo crítica das elites africanas (2015) en Simbiotica
  • The Lack of European Awareness Regarding the African Continent The Case of Spanish Universities (2016) enG200 Youth Forum
  • “Ayudarnos es parte de nuestra cultura”. Estrategias de los migrantes ante la crisis económica: El caso de la población senegalesa en Granada (2017) en la Revista Internacional de Estudios Migratorios
  • Miedos y prejuicios de una nación. La negritud y la figura del negro en la historia reciente de España a través del cine (1959-2002) en Revista de Historia Social.

José Manuel est installé dans le bureau des doctorants où on peut le rencontrer. Il participera au cinquième Séminaire Annuel organisé à la M.S.H.S. de Poitiers sur le thème « Humanité et fermeté : lire les frontières au prisme des discours et des dispositifs migratoires ».

Pour en savoir plus, rendez-vous sur sa page personnelle sur le site de l’Université de Grenade : https://ugr.academia.edu/JoseManuelMarotoBlanco

Et pour le contacter : jmmaroto[at]ugr.es

Carmen Clara Bravo Torres à MIGRINTER

Le laboratoire est heureux d’accueillir pour une période de trois mois (avril / juin) Carmen Clara Bravo Torres qui a obtenue une bourse ERASMUS. Clara est chercheuse à l’Institut d’Anthropologie et des Migrations de l’Université de Grenade, elle prépare une thèse de doctorat sur la gestion de la diversité dans le contexte éducatif grâce à une subvention du Ministère de l’Education espagnol (FPU).

Clara est anthropologue diplômée de l’Université de Grenade (2011-2015), elle a étudié pendant un an à l’Université de Maynooth, en Irlande (2013-2014) où elle a terminé une maîtrise en études sur la migration (2015-2016) et préparé une maîtrise en politique et démocratie.

Actuellement, elle enquête dans le cadre de sa thèse sur l’identification de la diversité dans l’environnement normatif et politique concernant le contexte éducatif. Par conséquent, ses sujets d’étude sont le contexte éducatif, les migrations, l’altérité, la politique européenne, entre autres.

Elle participe à deux projets de recherche :

  • Construyendo diferencias en la escuela. Estudio de la trayectoria de las ATAL en Andalucía, de su profesorado
    y de su alumnado
  • Multilevel Governance of cultural diversity in a comparative perspective EU-Latin America

Installée dans le bureau des doctorants où on peut la rencontrer, elle analyse les discours politiques et normatifs concernant l’immigration. Prochainement, elle assistera au congrès EVASCOL qui se tiendra à Paris et participera aux différents séminaires qui auront lieu à MIGRINTER.

Pour la contacter : bravotorres93@ugr.es

Omar Tcham à MIGRINTER

Le laboratoire Migrinter est heureux d’accueillir depuis le 12 mars dernier M. Omar TCHAM, enseignant à l’École Supérieure d’Économie d’Oran et doctorant en Sciences Économiques à l’Université d’Oran 2 –Mohamed Ben Ahmed.

Il prépare une thèse sous la direction du professeure Najat ZATLA, dont la problématique de recherche est axée sur la fuite des cerveaux, la circulation des compétences et le développement en Algérie, avec un intérêt pour la migration des médecins.

Il a bénéficié d’un stage de courte durée de l’ESE-Oran, et compte profiter de son séjour dans notre laboratoire pour enrichir sa bibliographie en exploitant le fonds du centre de ressources, et s’entretenir avec les chercheurs, les enseignants-chercheurs et les doctorants afin de discuter et éclaircir les différents questionnements auxquels il est confronté dans son travail de recherche.

Omar Tcham restera dans nos murs jusqu’au 21 mars.

Courriel :tchamomar@gmail.com

Les campagnes françaises à la loupe des migrations internationales

Qu’il s’agisse du rôle que les migrants peuvent jouer dans le peuplement d’espaces en déclin démographique, dans le développement économique de secteurs en crise ou encore du redéploiement actuel des dispositifs d’accueil des demandeurs d’asile, la contribution potentielle des migrations internationales à la dynamique des territoires ruraux fait l’objet d’une attention renouvelée de la part de la communauté scientifique et des décideurs politiques.

Les dynamiques migratoires européennes et mondiales, en lien avec l’instabilité politique de certaines régions du monde, l’intensification de la circulation en Europe et l’internationalisation du marché du travail, ne vont pas sans poser de nombreuses questions de société. Plus que par le passé, les campagnes françaises sont concernées par l’ampleur et la diversification des mouvements migratoires de portée internationale. À la présence déjà ancienne d’immigrés sud-européens et maghrébins et des saisonniers agricoles étrangers, sont venus s’ajouter de nouveaux résidents d’origine nord-européenne (Britanniques pour la plupart) et plus récemment des demandeurs d’asile issus de pays « en crise ». Il en résulte une diversification des profils de migrants dont les parcours et les modes d’insertion locale demeurent largement méconnus.

Rendre visible la diversité des profils

Des géographes se sont récemment engagés dans le programme CAMIGRI visant à éclairer la dynamique de changement des campagnes à partir d’une analyse centrée sur les migrations internationales. Leur attention est principalement portée sur les enjeux de cohésion sociale qui évoluent dans des campagnes où les habitants ont des expériences de mobilité, des modalités d’insertion dans des circuits économiques, des engagements, des valeurs et des modes de vie de plus en plus diversifiés, et souvent, des intérêts divergents… Les lacunes de l’appareil statistique et la perception pérenne dans les représentations collectives du « migrant » comme personne « immigrée » ou « étrangère » au sens des définitions statistiques, amène l’équipe de chercheurs à proposer une lecture des campagnes en termes de « circulation internationale », se situant ainsi dans le prolongement des travaux développés depuis plusieurs décennies au laboratoire MIGRINTER. Le laboratoire est spécialisé dans l’étude des migrations internationales et des relations inter-ethniques. Il contribue notamment à défendre, dans ses travaux et la conduite de son projet scientifique, une approche dynamique des migrations internationales en termes de « circulation » qui anime et transforme à la fois les espaces de départ, les espaces traversés et les espaces d’accueil des migrants.

«…connaître leurs parcours de vie et leurs modes « d’habiter la campagne ».»

Le projet s’attache d’abord à dresser un portrait détaillé des migrants internationaux dans les campagnes françaises. Les données statistiques ont été obtenues suite à une demande auprès du Centre d’Accès Sécurisé aux Données qui permet un accès à des données individuelles très détaillées* et donc soumises à des conditions de sécurité élevée pour les chercheurs. Elles feront l’objet d’analyses descriptives à l’échelle nationale qui seront approfondies, à l’échelle de terrains d’étude ciblés, par de nouvelles sources** susceptibles de relier les dynamiques migratoires aux dynamiques rurales locales. Ce premier corpus de données sera complété par des observations prolongées et des enquêtes de terrain conduites dans l’Ouest de la France. Trois zones d’études ont été sélectionnées. Elles correspondent approximativement aux limites des Parcs Naturels Régionaux (PNR) : Loire-Anjou-Touraine, Périgord-Limousin et Pyrénées ariégeoises.

Comprendre les nouvelles dynamiques d’installation

Partant des principales fonctions constitutives de la vie des campagnes – résidentielle, agricole et politique – il est question d’illustrer le rôle des différentes figures migrantes dans l’évolution des campagnes. Des enquêtes par questionnaires biographiques sont envisagées auprès des migrants afin de mieux connaître leurs parcours de vie et leurs modes « d’habiter la campagne ».

De nombreuses interrogations demeurent sur les pratiques résidentielles et les conditions de logement des migrants, surtout lorsqu’ils sont installés de manière temporaire mais récurrente dans les territoires ruraux, comme c’est le cas par exemple de nombreux britanniques ou des ouvriers saisonniers. Grâce aux enquêtes menées dans le Périgord Vert en particulier, il s’agit également de voir si les migrants produisent des formes particulières de systèmes productifs agricoles ou s’ils s’insèrent dans des formes agricoles communes sur un territoire. Enfin, une attention particulière est portée à la gestion locale de l’installation des populations migrantes. En effet, les campagnes du Grand Ouest sont particulièrement affectées par l’installation de nouveaux migrants et le redéploiement du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile dans le cadre de la dynamique de placement suite à la fermeture de la « Jungle de Calais ». L’observation porte certes, sur les centres d’accueil pour demandeurs d’asile implantés dans les campagnes, mais aussi sur d’autres pratiques de prise en charge des migrants en transit, des mineurs isolés, des demandeurs d’asile non accueillis en CADA.

Ouvrir le dialogue

Si le programme de recherche a vocation à produire de nouveaux éléments de connaissance sur les questions migratoires et de développement rural, il ouvre aussi l’espace de débat et de réflexion au-delà des mondes scientifique et académique. En effet, les politiques publiques sont à la fois confrontées aux problèmes et aux carences en termes de moyens financiers et professionnels pour la gestion de l’accueil et de l’insertion des populations migrantes sur le territoire et, en parallèle, au défi du développement local dans certains espaces ruraux en déclin (vieillissement, disparition de l’offre de services, fermeture de commerces etc.). Le projet CAMIGRI est une occasion de constituer au fil de la recherche et des enquêtes de terrain, un répertoire d’acteurs (politiques, économiques, associatifs) à mobiliser afin de diffuser les résultats scientifiques et de nourrir le dialogue public. Un effort particulier de vulgarisation des travaux sera porté sur la production de supports photographiques et dessinés (BD) pour stimuler les échanges avec ces différents acteurs.

 

  • * Recensements de la population, échantillon démographique permanent, enquête famille logement
  • ** Recensement agricole, base de données PERVAL sur les transactions foncières et immobilières par nationalité, données OFPRA et OFII, Chambres de commerce et Offices de tourisme etc

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CAMIGRI « Campagnes françaises dans la dynamique des migrations internationales » est un projet de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). Il implique une équipe de 10 chercheurs rattachés à MIGRINTER (MIGRINTER – UMR 7301 CNRS/Université de Poitiers) et RURALITES (Rural, URbain, Acteurs, Liens, Territoires, Environnement, Sociétés – EA 2252 Université de Poitiers), PASSAGES (UMR 5319 – CNRS/Université Bordeaux Montaigne/Université de Bordeaux/Université Pau Pays de l’Adour/ENSAP Bordeaux) et associe des compétences multiples et complémentaires en matière d’enquêtes, d’observations ethnographiques et de traitement de données sur les mobilités spatiales et les territoires.