Category Archives: Libraries, manuscripts

La médiathèque accueille …

Vendredi 6 juillet, nous avons accueilli avec plaisir les participants de l’école thématique « Sources ottomanes : formation à la lecture des sources manuscrites : historiographie, épistémologie et philologie » organisée par le CETOBaC, l’Ifpo et l’IREMAM, avec le soutien de l’INSHS. Nos visiteurs, des étudiants  venus du monde entier, se sont montrés très intéressés par l’ensemble des ressources de la médiathèque notamment les ressources iconographiques et les archives de chercheurs présentées par notre responsable de l’iconothèque, Evelyne Disdier.

A propos de la série Horror humanum est

Un de mes collègues m’a fait découvrir dernièrement Horror humanum est. Cette série de vidéos visibles sur Youtube et sur Viméo nous narre quelques  échantillons de créativité humaine, à savoir divers épisodes sanglants et horrifiques de l’histoire de l’humanité. L’auteur, Cédric Villain, n’est pas historien de formation, d’où quelque petites erreurs et approximations bénignes qu’il souligne lui-même dans le mea culpa ci-dessous :

Il semble cependant s’être bien documenté sur la question, comme il le raconte dans une conférence sur l’autoproduction et diffusion d’une websérie animée (voir entre autre sa bibliographie) :

Graphiste de formation et professeur d’art appliqué à l’ESAAT de Roubaix, cela fait quelques temps q’il hante  internet avec un site, une chaîne Youtube et la série The Mad Scientist, sans parler du site de l’association Fous d’anim créée avec ses collègues et ses élèves. Ce n’est certes un novice dans l’animation et il n’en est pas non plus à son coup d’essai avec ces modèles de créations ironiques et décalées, qu’il aborde certains épisodes historiques…

… ou les clichés sur notre beau pays.

Pour en revenir à Horror humanum est, les différents épisodes de la séries  font entre 3 et 5 minutes pour la plupart. Une exception cependant : celui des vœux de bonne année 2018, consacré à la Première Guerre mondiale, dure plus d’une heure et quart.

Sur ce, je vous souhaite une bonne découverte.

Les archives de la MOM : un trésor inexploité

État des lieux
Archives salle Thessalie © Laure Bézard

À mon arrivée au sein de la  Maison de l’Orient et de la Méditerranée (MOM), je me suis aperçue que, même si quelques travaux sur les archives avaient été réalisés par des stagiaires au cours des années, du fait de l’absence d’un poste permanent d’archiviste au sein de la structure, ces travaux n’avaient pas été suivis. Nous avions donc trois états des lieux datant de 1997, 2003 et 2008, c’est-à-dire 10 ans avant mon arrivée et de nombreux changements avaient eu lieu durant ce laps de temps : déplacement des archives, archives ayant suivi le chercheur dans ses affectations, nouvelles missions… De plus, les conditions de conservation et de consultation étaient loin d’être optimales. En effet, il n’était pas rare de trouver du vrac, des boites à archives posées par terre à proximité de radiateurs ou des plans calques posés au sommet des étagères. Par ailleurs, les archives étaient conservées dans les bureaux des chercheurs mais il n’y avait pas de local dédié. Ce constat ayant été fait par la direction de la MOM, ma mission consistait à réaliser un inventaire de l’ensemble de ces archives, travail d’une ampleur considérable. La première action a donc consisté à définir un périmètre de travail en accord avec la responsable du service des archives de la Maison d’Archéologie et d’Ethnologie de Nanterre et, par ailleurs, archiviste reconnue par ses pairs : Élisabeth Bellon.

Périmètre de travail

Il fut donc décidé de se concentrer sur les archives intermédiaires qui regroupent les documents qui ont cessé d’être considérés comme archives courantes mais peuvent encore avoir une utilité pour le chercheur ; les archives physiques : papier, estampages, plans, cartes, diapositives … ; les archives se trouvant à la MOM ; les archives des laboratoires (Archéorient, HiSoMA : Histoire et Sources des Mondes Antiques, ARAR : Archéologie et Archéométrie et l’antenne lyonnaise de l’IRAA : Institut de Recherche sur l’Architecture Antique) et les archives scientifiques qui sont les plus intéressantes pour la recherche et les plus à même d’être consultées dans un premier temps.

Sensibilisation et médiation : un passage obligé

Avant d’expliquer le processus de travail qui a été mis en place, il me semble indispensable de revenir sur le travail de sensibilisation et de médiation qu’il a fallu effectuer auprès des chercheurs et enseignants-chercheurs afin de leur faire comprendre l’importance d’une gestion raisonnée de leurs archives. Pour ce faire, il a fallu leur expliquer qu’en archivistique, nous fonctionnons par producteur et non par mission archéologique. En effet, quand l’archiviste est confronté à un arriéré d’archives, ce qui a été mon cas, il va prendre en compte l’ensemble des documents tels qu’ils se présentent et définir leur producteur. Par exemple, on va parler d’un fonds Christine Chataigner et non d’un fonds mission Caucase parce qu’au moment du récolement, l’archiviste a trouvé des documents relatifs à la mission Caucase mais également à des séminaires, des colloques et des programmes de recherche auxquels Christine Chataigner a participé. En revanche, nous aurions pu parler d’un fonds Mission Caucase si l’archiviste avait réfléchi avec l’ensemble des participants de cette mission à une organisation des documents en amont du début des activités. Par ailleurs, fonctionner par producteur permet de conserver l’ensemble des documents produits ou reçus par un chercheur, ce qui n’est pas le cas si nous fonctionnons par mission puisque nous risquerions de renvoyer au domicile des chercheurs leurs productions qui ne concernent pas des aires géographiques. Or, rappelons que les documents produits ou reçus par un chercheur qu’il soit rattaché à l’université ou au CNRS sont des archives publiques et donc librement communicables sous respect du code de la propriété intellectuelle. De plus, il a fallu faire preuve de pédagogie et de médiation afin de ne pas froisser les susceptibilités et de pouvoir travailler dans les meilleures conditions possibles.

Processus de travail


Il se déplie en cinq étapes : la rencontre avec le chercheur, la réalisation de l’inventaire détaillé, le conditionnement des archives, leur cotation et la réalisation d’une description archivistique par l’intermédiaire du logiciel AtoM que nous allons détailler.

  1. La rencontre avec le chercheur

Elle est indispensable pour comprendre le contexte de production des archives, leur localisation et leur histoire. Elle permet aussi de se familiariser avec les archives et de récupérer l’ensemble des travaux effectués auparavant à leur sujet mais qui, bien souvent, n’ont pas été rassemblés et partagés. Elle soulève également les besoins et attentes du chercheur mais aussi ses réticences, ce qui permettra par la suite de déterminer les fonds à traiter en premier puisque nous privilégierons ceux que le chercheur souhaite rendre accessibles.

  1. L’inventaire détaillé

Cet inventaire sera un atout pour retrouver facilement les archives puisqu’il décrit précisément le contenu de chaque boite (ou plus souvent le titre que l’on trouve sur chacune des boites quand ces dernières sont déjà constituées), l’étagère, le meuble et la salle auxquels elle appartient, le métrage linéaire qu’elle représente et la cote par laquelle elle est identifiée. Cet inventaire évoluera au fil du travail effectué sur le fonds puisqu’au début, il n’est ni conditionné ni coté mais sert de base pour ces deux étapes. En revanche, une fois que le fonds sera coté, l’inventaire sera définitif et a-priori non évolutif sauf en cas de tri effectué par le chercheur ou de déménagement.

  1. Le conditionnement

Cette étape est nécessaire pour garantir une bonne conservation des archives. Elle consiste à ranger dans des boites à archives, des meubles à plans ou à diapositives les archives conservées en vrac afin de les protéger de la lumière, de l’humidité et de la poussière. Il est à noter que j’ai été obligée de parer au plus pressé et ai donc conservé les anciennes boites à archives qui mériteraient d’être changées ou les classeurs qui devraient être remplacés par des boites à archives à partir du moment où ils représentaient une unité matérielle. Cette étape a également permis de renforcer la sécurité des personnels en prenant conscience de la non fixation d’étagères ou d’étagères menaçant de s’écrouler et en faisant le nécessaire pour que les services techniques de l’université puissent intervenir.

  1. La cotation

Elle est facilitatrice pour la consultation des archives puisqu’elle permet de relier chaque unité matérielle à un numéro unique. La cotation choisie pour les archives de la MOM en accord avec la direction comprend le nom de la fédération de recherche en abrégé (MOM), le nom entier ou abrégé du laboratoire de recherche (HiS pour HiSoMA, ARC pour Archéorient, ARAR, IRAA), les initiales du producteur (MP pour Maurice Pillet) et le nombre d’articles (de 1 à n).

  1. La réalisation d’une description archivistique

Elle se fait grâce au logiciel AtoM et a pour objectif de rendre accessibles et donc communicables et consultables les archives présentes en son sein. Cette description est fondée sur la norme ISADG pour la description des archives, ISAAR pour la description des producteurs et ISDIAH pour la description des organismes. Précisons que vous ne trouverez sur ce logiciel qu’une description au niveau du fonds et non au niveau des sous-fonds, des séries organiques, sous-séries organiques et pièces.

Chaque description de fonds d’archives renvoie à :

  • Une zone d’identification qui comprend la cote, le titre du fonds, les dates de production ou d’accumulation du fonds, le métrage linéaire, le nombre d’unités matérielles et leur support
  • Une zone du contexte qui comprend le producteur et l’institution de conservation ou de dépôt
  • Une zone du contenu et de la structure qui comprend une description du contenu et l’accroissement
  • Une zone des conditions d’accès et d’utilisation qui détaille ces dernières
  • Une zone des sources complémentaires (facultative) qui comprend les lieux de conservation des originaux ou des copies
  • Une zone de mots-clés qui permet une recherche thématique

Chaque notice d’autorité comprend :

  • Une zone d’identification qui décrit le type d’entité et la forme autorisée du nom
  • Une zone de description qui précise les dates d’existence de la personne et sa biographie
  • Une zone de contrôle qui définit l’identifiant de la notice

Chaque service d’archives (dans notre cas, cela correspond au laboratoire de recherche) est composé :

  • D’une zone d’identification qui comprend l’identifiant du service et la forme autorisée du nom
  • D’une zone de contact qui précise l’adresse et les coordonnées de la personne à contacter quand on souhaite consulter les archives
  • D’une zone de description qui retrace l’historique du laboratoire en question

Comme nous venons de le voir, ce logiciel permet de décrire précisément chaque fonds d’archives traité.

Précisons que, dans le cadre de mon travail, j’ai traité, pour le moment, une quinzaine de fonds essentiellement de chercheurs retraités ou disparus : 5 pour le laboratoire Archéorient : Olivier Aurenche, Jacques Besançon, Christine Chataigner, France et Jean Métral et Jean-Claude David ; 6 pour HiSoMA : Christof Wolters, Jean-Claude Decourt, Paul Roesch, Maurice Pillet, Michel Azim et Jean-François Salles avec l’aide d’une stagiaire de l’ENSSIB pour ce dernier, 1 pour ARAR : Maurice Picon et 1 pour l’IRAA : Roland Martin.

Actions complémentaires

Dans le cadre de ma mission, j’ai également été amenée à participer à la bonne gestion et à la migration des archives dans le cadre du plan campus mis en place par l’université, ce qui a consisté entre autres à vérifier que, dans la mesure du possible, les archives ne soient pas dispersées et à travailler en collaboration avec les secrétariats généraux de chaque laboratoire pour accélérer, le cas échéant, les déménagements et vérifier que des directives compréhensibles et respectueuses des archives avaient été données aux entreprises de déménagement. Par ailleurs, j’ai guidé et conseillé les stagiaires travaillant sur les archives durant la période de mon contrat.

Partager et pérenniser ses données

Le partage et la pérennisation des données étant essentiel dans une fédération de recherche telle que la MOM, il m’a semblé naturel d’utiliser la gestion électronique de document de la MOM : Nuxeo d’autant que je n’ai pas pu conditionner et coter l’ensemble des fonds inventoriés.

Capture d’écran Nuxeo © Laure Bézard

J’ai donc décidé de rendre accessible dans la GED l’ensemble de mes documents de travail à savoir les questions posées à chaque chercheur, les comptes rendus de rendez-vous, les inventaires détaillés avant conditionnement et cotation, les préparations aux fiches AtoM sur Word, les préparations à la cotation et l’ensemble des documents collectés lors de ces rendez-vous.

Capture d’écran Nuxeo Drive © Laure Bézard

En effet, ces documents sont indispensables à la compréhension du travail que j’ai effectué et à son prolongement si un poste frais d’archiviste venait à être accordé à la Maison de l’Orient dans les prochaines années.

Des trésors à préserver

Lors de ma pérégrination dans les archives, j’ai retrouvé des trésors inestimables à la fois pour la Maison de l’Orient mais aussi pour la recherche française et internationale. En effet, dans les archives d’Olivier Aurenche, une VHS, datant de la création de la bibliothèque en 1995 et réalisé par Pierre Lombard pour le fondateur de la maison Jean Pouilloux qui ne pouvait plus se déplacer, présente la bibliothèque au moment de sa création ainsi que les bibliothécaires au travail. On trouve aussi dans ces archives des cassettes audios d’émissions radio réalisées en hommage à Francis Hours. Par ailleurs, le laboratoire Archéorient travaillant beaucoup en Syrie, des documents inestimables sur ce pays sont conservés en son sein. Enfin, l’ensemble des travaux réalisés par les différents laboratoires de la MOM apporte un éclairage nouveau pour la recherche française et peut compléter les fonds d’autres institutions telle que la Maison d’Archéologie et d’Ethnologie de Nanterre par exemple.

Quelques conseils

Pour finir ce long billet, il me semble pertinent d’insister sur quelques conseils de bonnes pratiques afin d’optimiser la gestion des archives de la Maison de l’Orient :

  • Centraliser les archives : afin de garantir des conditions de conservation respectueuses de la température, de l’humidité et de la lumière, il est indispensable de définir un local dans lequel les archives seraient regroupées. Le manque de place étant flagrant au sein de la MOM, le mieux serait d’envisager la centralisation des archives à l’extérieur de celle-ci mais dans un endroit proche et facile d’accès. Une deuxième option consisterait à récupérer dans les espaces déjà existants des salles d’archives après une reconfiguration des lieux.
  • Trier les archives : Ce tri doit être effectué par chaque chercheur en consultation avec les services compétents (archivistes) et doit être réalisé dès la création du document afin d’obtenir un gain de temps non négligeable dans la gestion des archives.
  • Utiliser la GED Nuxeo : une GED étant mise en place au sein de la MOM, les chercheurs doivent prendre l’habitude de l’utiliser et ne pas hésiter à se rapprocher du service informatique qui gère la GED pour toute question ou demande afin de l’adapter à ses besoins et attentes.
  • Migrer les données : Les archives de la MOM comprennent de nombreuses VHS, cassettes audios, disquettes et diapositives. Ces supports sont anciens et un budget doit être alloué à la migration des données qu’ils contiennent sous peine d’une perte partielle ou totale de ces données, ce qui serait dommageable pour la MOM comme nous l’avons vu dans le cadre des archives d’Olivier Aurenche.
  • Standardiser le nommage des fichiers numériques : les chercheurs doivent prendre l’habitude d’uniformiser le nommage de leurs fichiers numériques. Chaque fichier doit comprendre à minima un titre compréhensible par tous, une date de création, une date de modification et des métadonnées.

Laure Bézard

Pourquoi les gauchers ?

Comme j’ai pu vous le signaler dans une précédente chronique, je suis gaucher. Aussi est-ce avec un certain intérêt que j’ai regarder la vidéo ci-dessous qui pose cette question toute simple : Comment expliquer qu’il n’y ait environ que 10% de gauchers dans la population ?  Et la réponse est bien loin d’être simple.

Cette vidéo fait partie de la chaîne Youtube Science étonnante que je vous invite à explorer, de même le blog qui la complète.

Le Maroc de Désiré Sic : ouvrage de Colin Miège

En septembre 2015, sur proposition de l’association Mémoires Méditerranéennes, Colin Miège, avait présenté les archives photographiques de son grand-père, Désiré Sic, à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme. Son objectif était de faire connaître aux chercheurs ce fonds exceptionnel rassemblant des photographies prises par Désiré Sic au Maroc, entre 1912 et 1933. Ces photographies n’étaient pas destinées à être publiées à l’époque. Désiré Sic était alors un  jeune officier du Génie de l’armée française, nommé au Maroc,  état qui venait d’être placé sous … Continuer la lecture de Le Maroc de Désiré Sic : ouvrage de Colin Miège

Histoire de la médecine arabe à la médiathèque

La médiathèque vous propose deux nouvelles éditions de textes de médecine arabe (Avicenne et Ibn Hubal) acquises lors de la mission effectuée à la 49e Foire internationale du livre du Caire, en février 2018 (voir photographie ci-dessus). Elles ont été imprimées par le service des publications de Misr University for Science and Technology (جامعة مصر للعلوم والتكنولوجيا), nouvelle université égyptienne située dans la ville du 6 Octobre. D’autres éditions de textes d’histoire des sciences arabes ont été publiées par cette même maison. La médiathèque … Continuer la lecture de Histoire de la médecine arabe à la médiathèque

Disponible à la médiathèque : la revue استشراف = Istishraf

La médiathèque vous propose une nouvelle revue  استشراف = Istishraf Istishraf est une revue annuelle à comité de lecture  produite par le Centre Arabe pour la Recherche et les Études Politiques (ACRPS).  Le premier numéro a été publié à l’été 2016. Cette revue comprenant des articles en arabe et en anglais est consacrée aux questions de prospective. La médiathèque vous propose les deux premiers numéros  :  cote P-2141.

Le langage des géographes par François de Dainville

  1. Le langage des géographes : termes, signes, couleurs des cartes anciennes, 1500-1800, vient d’être réédité aux éditions du CTHS. Il s’agit d’un ouvrage important pour l’histoire de la cartographie, dont l’auteur est l’historien et géographe François de Dainville (1909-1971), auteur de nombreux ouvrages et articles en ce domaine. La première édition date de 1964, chez Picard. Une autre est parue chez le même éditeur en 2002.

Pou en savoir plus, je vous invite à lire les compte-rendus suivants :

Geoges Chabot. Dainville (François de, S.J.), Le langage des géographes, 1964. In: L’information géographique, volume 28, n°5, 1964. p. 228

Paul Claval. Le langage des géographes. In: Revue Géographique de l’Est, tome 5, n°2, avril-juin 1965. p. 240-242.

Louis Gaillard. François de Dainville, S.J. Le langage des géographes. Termes, signes, couleurs des cartes anciennes, 1500-1800. In: Revue d’histoire de l’Église de France, tome 51, n°148, 1965. pp. 152-154.

Emmanuel Poulle. François de Dainville. Le langage des géographes ; termes, signes, couleurs des cartes anciennes (1500-1800), avec le concours de Françoise Grivot. Paris, A. et J. Picard ,1964.. In: Bibliothèque de l’école des chartes. 1965, tome 123, livraison 1. pp. 293-295

F. Russo. François de Dainville, Le langage des géographes : termes, signes, couleurs (1500-1800). In: Revue d’histoire des sciences et de leurs applications, tome 19, n°1, 1966. p. 94-95.

Pierre George. Le Langage des géographes, de François de Dainville. In: Annales de Géographie, t. 75, n° 407, 1966. p. 85-86.

Pierre Marthelot. F. de Dainville, Le Langage des Géographes.. In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 22ᵉ année, n° 5, 1967. p. 1153-1155.

Le travail des enfants : quelques références

L’ONU et l’Organisation International du Travail (OIT) ont déclaré ce 12 juin 2018, Journée mondiale contre le travail des enfants.  A cette occasion nous vous proposons quelques titres issus de notre fonds sur ce sujet : Enfants au travail : attitudes des élites en Europe occidentale et méditerranéenne aux XIXe et XXe siècles / sous la dir. de Roland Caty. Aix-en-Provence : Publications de l’Université de Provence , 2002. ISBN : 2-85399-501-1. Cote médiathèque : 330 ENF Consultable en accès libre sur Openedition Books. … Continuer la lecture de Le travail des enfants : quelques références

Autour d’un entretien entre Joseph Staline et H. D Wells

Dans le n° 96-97 de La Correspondance international  daté du 27 octobre 1934, j’ai remarqué un entretien (ou interview si vous préférez le franglais) entre Joseph Staline et H. G. Wells. Je ne vais pas vous présenter ici le Petit Père des Peuples…… ni l’immortel auteur de romans et nouvelles qui ont fait date dans l’histoire de de science-fiction. J’insisterai plutôt sur le périodique où est paru cet entretien et vous donnerai quelques précisions sur ce dernier ainsi que des accès à ses versions en ligne.

La Correspondance internationale

Ce qui suit doit beaucoup aux information que j’ai trouvé sur PANDOR, le Portail Archives Numériques et Données de la Recherche de l’Université de Bourgogne que j’ai complété notamment avec la notice bibliographique du SUDOC.

Un périodique communiste de l’Entre-Deux guerres

Lancée en octobre 1921,  La Correspondance internationale était une publication éditée et produite sous la responsabilité de l’Internationale Communiste  créée à Moscou en mars 1919.

Comme d’autres journaux publiés par cette organisation (Troisième Internationale en 1918 à  ; L’Internationale communiste de 1919 à 1925) , elle a eu des éditions en d’autres langues :

l’allemand : Internationale Presse Korrespondenz

l’anglais : International press correspondence

l’espagnol :  La correspondencia internacional

Alternativement bi-hebdomadaire ou hebdomadaire, elle couvrait l’actualité internationale (vie politique, mouvements sociaux) et l’activité des partis communistes, fonctionnant une agence de presse du mouvement communiste international.

Elle cesse de paraître le 26 août 1939, le jour même où Édouard Daladier interdit la presse communiste en France. Il est vrai que trois jours plus tôt, le pacte germano-soviétique a été signé, mettant les communiste français en bien mauvaise posture. Mais ceci est une autre histoire…

Où ce périodique est-il accessible ?

A en croire la notice qui sur PANDOR accompagne la version numérisée du périodique,

c’est seulement au laboratoire d’histoire de l’Université de Bourgogne (Centre Georges Chevrier UMR 7366) et à la MSH de Dijon qu’une collection, en mauvais état, de cette revue était consultable en son intégralité […] et la numérisation, le traitement documentaire et la mise en ligne de cet instrument de recherche doit permettre aux chercheurs d’accéder à cette publication dont les collections papiers sont très rares et difficiles d’accès, y compris dans les grandes bibliothèques publiques.

Ceci mérite deux commentaires. Effectivement ce titre est peu représenté dans les collections patrimoniales. Pour ne parler que des bibliothèques universitaires, le SUDOC ne signale que douze localisations, souvent lacunaires. Quant à la BNF, elle ne semble pas mieux lotie. Cependant j’émets quelques réserves sur la numérisation telle qu’elle a été effectuée à l’Université de Dijon. Il s’agit en fait de la numérisation de microfilms réalisés en 1965. Malheureusement, la qualité de ces derniers est parfois assez médiocre et cela s’en ressent pour la lecture en ligne, comme j’ai pu le constater en voulant lire les fascicules d’octobre 1934.

La version française de la revue a été réimprimée par la Fondation Feltrinelli à Milan où elle est consultable sous sa forme papier. Quant à sa version allemande, elle a a été microfilmée par la Fondation Friedrich Ebert où elle est accessible.

Existence d’une revue homonyme

De 1967 a 1973 a été publié à Paris un périodique intitulé La Correspondance internationale  et édité par le Comité international pour la reconstruction de la IVe Internationale. Il s’agit d’un supplément de La Vérité, organe central du Parti communiste internationaliste, Section française de la IVe Internationale. Il s’agit donc d’une revue trotskyste, sans lien avec la précédente. Quelques un de ses fascicules sont accessibles en ligne.

L’entretien entre Staline et Wells
Un résumé de l’entretien
Une parenthèse sur les entretiens accordés par Staline

Comme il est indiqué dans La Correspondance internationale, l’entrevue a eu lieu le 23 juillet 1934. Et j’ajouterai : de 16h00 à 19h00. Comment peut-on le savoir ? C’est qu’il est possible de consulter en ligne le registre des entrées et sorties du bureau personnel de Staline au Kremlin des années 1920 à sa mort en mars 1953 sur  le site du MelGROSH (Melbourne Gataway to Research on Soviet History).

Grâce à cela, il est possible de savoir que Staline n’a reçu que deux personnes dans son bureau le 23 juillet 1934 : H. G. Wels et, après son départ, un nommé Goloded pour une dizaine de minutes. Il semble que ce Goloded ait eu neuf entretiens avec Staline entre le 17 juin 1931 et le 29 mai 1937. De qui s’agit-il ? Mystère. Il n’est pas impossible non plus que ce soit des homonymes…

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette source exceptionnelle, je vous invite à lire l’article de Romain Ducoulombier consultable sur ANR PAPRIK@2F (Portail Archives Politiques Recherches Indexation Komintern et Fonds français).

Publications de l’entretien et accès en ligne

D’abord paru en russe dans le n° 17 du Bolchevik , la revue théorique du PC. de l’URSS, l’entretien est rapidement repris dans d’autres langues. Le 27 octobre 1934, il paraît simultanément en anglais dans un supplément spécial du New Stateman et en français dans le n° 96-97 de La Correspondance international.

Cette première traduction en français est de K. Oumanski. Sans doute s’agit-il du diplomate Konstantin Umansky qui travaillait à l’époque au département de la presse et de l’information du ministère soviétique des Affaires étrangères.

C’est une autre traduction qui est publiée dans le tome XIV des Œuvres de Staline (Paris, 1977) Vous pouvez la trouver sur Marxiste.fr et là sur Communisme-Bolchevisme.net.  Quant à la version anglaise, on peut la trouver  sur le site du New Stateman,  sur la Tribune marxiste léniniste et sur le blog de Pedro Amota.