Category Archives: Geographical areas, countries

Exploratory readings of Mahdist archives : spatializing discursive practices in Sudan during the early Mahdiyya

Thursday 22nd February, at 3:00pm – CEDEJ Khartoum: 
Exploratory readings of Mahdist archives : spatializing discursive practices in Sudan during the early Mahdiyya
Anael Poussier is a doctoral candidate from the University Sorbonne – Paris 1, working under the under the supervision of Pierre Vermeren (University Sorbonne Paris 1 – IMAF) on the the history of the Mahdiyya (1880-1898). His PhD thesis attempts to analyse the socio-economic factors that defined the mobilization of the Sudanese population in favor of the Mahdist regime, with a particular emphasis on the Eastern Sudan. More broadly, his interests span the pre-colonial economic history of the Sub-Saharan belt and the various forms of social mobilization in this region during the XIXth century.

Appel 2018 – Prix Ariane Deluz – Bourse de terrain

Aide à la recherche en ethnologie de l’Afrique subsaharienne (terrain)

Date limite du dépôt des dossiers : 15 mars

Créé en 2014 grâce au legs « Ariane Deluz » et géré par la FMSH, ce prix distingue un projet de terrain d’un doctorant préparant en France une thèse en ethnologie de l’Afrique subsaharienne. Le prix permet au lauréat d’effectuer un travail de terrain portant sur les principaux domaines de l’éthnologie (parenté, religion, arts et techniques, politiques etc…). Selon le souhait de la donatrice, l’anthropologue franco-suisse Ariane Deluz, ce prix doit contribuer au développement des travaux ethnologiques des futures générations d’africanistes.

Conditions

– Le prix Ariane Deluz s’adresse aux doctorants de toute nationalité qui préparent une thèse (seule ou en cotutelle) en ethnologie de l’Afrique subsaharienne dans un établissement d’enseignement supérieur français. Les jeunes africanistes en début de thèse sont encouragés à postuler.

– Le prix est d’un montant de 5 000 euros ; il apporte un complément de ressources au bénéficiaire, en participant à ses frais de voyage et/ou de séjour sur le terrain.

– Le lauréat s’engage à rédiger un rapport présentant les résultats de son terrain de recherche en Afrique subsaharienne. Il mentionnera le concours financier du prix Ariane Deluz de la FMSH à l’occasion de toute communication écrite ou orale (thèse, publications, participation aux colloques…).

Dépôts des dossiers

Le dossier de candidature, rédigé en français, est à présenter en un seul document (doc, docx ou pdf) et doit comporter les pièces suivantes :

• un formulaire de candidature rempli
• un CV de maximum 2 pages accompagné d’une liste de publications et travaux
• un programme de terrain de recherche, maximum 5 pages de 1500 signes par page
• une copie du projet de thèse signé par le directeur de thèse
• un bref résumé de la thématique, maximum 5 lignes

Les dossiers complets doivent être envoyés à la fois par voie électronique et par voie postale. Ils doivent porter la mention explicite « Prix Ariane Deluz » sur l’enveloppe et être adressés à la FMSH à l’adresse suivante :

Fondation Maison des sciences de l’homme
Pôle International – Prix Ariane Deluz –  c/o Olga Spilar
54 boulevard Raspail – 75006 Paris

Courriel : prix-ariane-deluz@msh-paris.fr

Les dossiers de candidature incomplets ou ne correspondant pas à la description ci-dessus ne seront pas pris en compte. Le comité de sélection se réunit en mai. Les résultats seront communiqués par e-mail fin mai 2018.

Calendrier

Dépôt des candidatures : 1er janvier – 15 mars 2018

Date limite du dépôt des dossiers : 15 mars

Evaluation : 15 mars– 30 mai

Sélection et notification des candidats : 30 mai

Remise du prix : début juin 2018

Séjour sur le terrain : 2018/2019

Pour plus d’information : http://www.fmsh.fr/fr/international/27936

 

Call for paper – 20th edition of the Workshop of the AJEI

Dear colleagues, You will find hereby attached the call for papers of the 20th AJEI workshop which will take place at the Jawaharlal Nehru University (JNU), New Delhi, on 2018, March 19th, 20th and 21st. The theme for this year is: Image(s) of India  [Click here to download the call for papers] Abstracts (500 words) are expected for February 10th 2018 at the following e-mail address: ateliers.ajei2018@gmail.com. Organizers: Apolline Bailleux (Université de Strasbourg), Maël Bayad (Université de Strasbourg) and Nicolas Lainé (Université de Strasbourg). xxx […]

Les émeutes en Tunisie : une fièvre et des méthodes anciennes

La situation est chaude en Tunisie. L’histoire contemporaine du pays enregistre  une « tradition » des mois de janvier tumultueux (1952, 1978, 1980,1984, 2008, 2011) et le souvenir de 2011 attise la conviction qu’on peut faire des choses « révolutionnaires ». La surprise de 2011 suffit à échauder contre toute envie de prédire ou de faire des pronostics, les inconnues restent grandes face à ce méga-événement et à ses conséquences jusqu’à ce jour. Les gens et les médias s’emballent sans prendre le temps de passer par des analyses approfondies des conditions et de ce qui entretient la tension et la violence apparents. La situation est effectivement difficile à décrypter ; elle exige une attention soutenue dans le temps et des enquêtes fines. On commence à en produire en Tunisie depuis 2011 et il suffirait de revenir par exemple aux rapports réguliers du Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux (FTDES). Malheureusement, on vit trop dans l’immédiateté et la médiatisation en pointillés, souvent surprise par les pics, contribue à l’incompréhension des faits.

Une secousse de plus

Il s’agit, vraisemblablement d’une secousse de plus – et les secousses arrivent souvent en janvier depuis 2011- coûteuse et douloureuse pour un pays qui n’arrive pas à redresser la situation économique qui empire depuis des décennies suite à des choix inopérants. 2011 a emporté Ben Ali, lâché par ses acolytes qui n’ont pas disparu puisque ils agissent dans le cadre de réseaux plus ou moins constitués. Réseaux et intérêts ne peuvent pas se défaire d’un coup de baguette. Le pays était depuis longtemps sous la férule d’une mafia installée dans les arcanes de l’administration et du pouvoir qui excluait les énergies non affiliées au système. L’ensemble des habitants du pays ne bénéficiait pas de la croissance de l’économie d’alors, engagée dans des stratégies économiques, actionnées par des intermédiaires choisis et productrices de privilèges de plus en plus fléchés.

La Révolution de décembre 2010/janvier 2011 a donné un coup dans la fourmilière, elle a ouvert la porte à de nouveaux acteurs et brouillé des cartes pour les anciens joueurs. Après l’effet de surprise et quelques accommodements,  beaucoup de joueurs sont revenus à la surface (en personne, avec des alliances nouvelles ou à travers des opportunistes avisés). En quelques années et avec des arrangements, on a remis de l’ordre politiquement entre les anciens (du RCD de Ben Ali principalement) et les nouveaux (islamistes d’Ennahdha surtout) qui ont partagé le gâteau de la direction politique, autour d’une grammaire simple :  « tu me tiens, je te tiens… : arrangeons-nous pour durer ensemble ».

Au bout de 7 ans et quelques réalisations politiques (constitution 2014, élections 2011 et 2014…), on est toujours sans réformes de fond, sans politique publique innovante, sans investissement en faveur des plus défavorisés, sans choix économiques d’avenir (par exemple dans l’agriculture ou pour le transport public). On pense toujours paresseusement au retour du tourisme, à l’exportation de l’huile d’olive ou aux marchés de start up

Des signaux négatifs

Les manifestations actuelles ne sont pas les premières et hélas, pas les dernières. La dernière loi des finances entrée en vigueur le 1er janvier est le déclencheur mais des facteurs profonds agissent sur la vie et le moral des Tunisiens et des Tunisiennes usés par la politique de l’endettement, la hausse des prix, l’inflation, le chômage, l’absence de solutions visibles et palpables. Avec la politique fiscale qui ne rétablit pas les déséquilibres anciens (les professions libérales restent épargnées), la corruption non stoppée malgré quelques arrestations remarquables (on soupçonne des signes de vengeance de la part de « caïds » menacés dans les violences actuelles), la classe politique aligne depuis longtemps des signaux négatifs. La date des élections municipales a été retardée à trois reprises ; l’Instance Supérieure Indépendante des élections (ISIE) en crise depuis mai 2017 a fini par faire élire un 3ème président sans inspirer confiance pour les prochaines échéances (les municipales en mai 2018 et les présidentielles en 2019). Les élections partielles d’Allemagne de décembre 2017 ont révélé une défiance envers cette instance qui a eu pourtant le mérite de faire démarrer en 2011 des élections crédibles. Le fils du président de la République veut faire joujou avec la politique avec le parti créé en 2012 par son père ; l’héritier du père nonagénaire et sûrement dépassé -malgré sa réputation de vieux loup- s’incruste dans les rouages de l’Etat quitte à faire fuir les forces constructives. Le chef du gouvernement Youssef Chahed peine à se faire une stature d’homme d’Etat et à maintenir une attitude directe contre les méfaits affairistes (peur? blocages ? manque de soutien ? il est vrai que sa nomination en août 2016 est le fruit d’une entente préalable après 7 premiers ministres tournants et des cohortes de ministres éphémères). L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) est constituée de députés absentéistes, moutons de Panurge (surtout du côté islamiste), occupés à voter leurs avantages et des accords économiques proposés par l’exécutif (l’élection du président de l’ISIE a été un feuilleton cocasse). L’ Union Générale des Travailleurs de Tunisie (UGTT), qui possède une certaine force d’arbitrage, est en perte de vitesse et parfois même affaiblie par l’opportunisme et le corporatisme des militants et adhérents : dans cette organisation aussi, le renouveau tarde à arriver. Le pouvoir judiciaire est inchangé, conservateur et parfois franchement réactionnaire…Réfugiés dans l’opacité et sans législation de rechange, les juges participent à l’inertie générale contre la corruption de plus en plus apparente. Le pays se trouve sans direction ni morale politique minimum et la société est éreintée par le travail de division « identitaire » entretenu par les débats depuis 2011. La croissance ne suivant pas, la fragilité augmente avec les problèmes qui s’accumulent et les poches de frustrations qui se multiplient partout.

Manque d’imagination et impuissance

Classe politique, administration et médias sont en deçà d’une crise qui se manifeste régulièrement depuis 2011 parce qu’elle est réelle et globale. On parle des symptômes sans s’attaquer aux solutions, les déclarations se répètent ou se répondent, sans passer à des actes significatifs. Cette actualité fiévreuse entretient la matière médiatique, qui frise l’emballement, ici et ailleurs, comme si la Tunisie offrait un théâtre attendu pour une explosion. Certes les perturbations sont sérieuses ; elles alarment sur des difficultés croissantes et sur l’absence d’horizon, notamment au sein de la jeunesse désoeuvrée et sujette à plein de tentations (drogue, gains faciles dans l’informel, radicalisation, émigration légale et illégale…). Il faudrait prendre plus au sérieux ces « révoltes logiques » mais l’Etat est faible, manque d’ancrages concrets et locaux, d’outils d’action. Un exemple parmi d’autres, la police est dépassée par le mélange entre colère protestataire et infiltrations délinquantes : plus de 700 arrestations ont eu lieu ; les policiers se sentent en danger et ne s’habituent pas au nouveau regard de la population, moins terrorisée et moins déférente dans l’ensemble.

Les premières réactions des autorités ont été de s’en prendre aux députés du parti Front Populaire qui a appelé à des manifestations pacifiques. La réplique est maladroite et contre productive ; elle alimente des polémiques stériles (peut-on manifester la nuit ?). Ces réflexes impulsifs ne sortent pas de la facilité à se diaboliser les uns et les autres alors que nos politiciens doivent prendre des mesures, assumer en actes leur responsabilité. Nous avons besoin de gens qui se penchent sur le réel et non sur le commentaire à propos des communiqués réciproques. Cette fabrication sans fin de la rhétorique médiatico-politique est néfaste, elle recouvre une impuissance réelle dans les partis, dans le gouvernement et dans l’administration. Nos appareils d’Etat sont vieux, peu habitués à agir rapidement, dénués de moyens et de réflexes, ils ne disposent ni de lois nouvelles ni d’un sens de la responsabilité concrète…

Nous avons perdu du temps depuis 7 ans. Le choc de 2011 n’a pas engendré la construction des organes nécessaires à doter le pays d’un minimum d’institutions. Nous ne disposons pas à ce jour de la cour constitutionnelle prévue par la Constitution, ce qui laisse l’Assemblée des représentants du Peuple en roue libre et soumise aux consensus (souvent douteux) entre les deux grands partis (Nidaa Tounès et Ennahdha). Cela donne aussi au Président de la République une latitude très/trop grande (le fils en profite, on a des corps parallèles à la Présidence comme du temps de Ben Ali…) et bloque l’action du Premier Ministre (théoriquement choisi par la Présidence). La magistrature qui aurait pu avoir le temps d’opérer sa mue au cours de ces 7 ans se cantonne dans les anciens réflexes, et reste soumise aux manoeuvres des cercles malfaisants (les assassinats politiques ne sont pas élucidés, les scandales financiers se poursuivent, les marchés sont opaques…). Ce qui nous laisse à la merci de la magistrature militaire, seule à agir contre la corruption actuellement. Cette dépendance envers l’armée est moyennement rassurante pour la construction d’un Etat de droit.

La Tunisie patauge dans les affres d’une transition aux mains de responsables insuffisants et timorés alors que la situation appelle à plus d’imagination et de courage, à la clarté de l’action publique et davantage de fermeté de la part des institutions. La rouille de l’ancien est visible dans un pays qui n’en peut plus, entravé par les ententes affairistes et malsaines et dont l’opinion politique, en principe libre, n’est pas assez informée sur les possibilités qui existent ni sur les modes de décision des gouvernants.

Après 5 jours, la violence qui a commencé dans la nuit de dimanche 7 janvier semble se calmer depuis la dernière nuit (des casseurs sont arrêtés) mais nos politiques continuent de se consumer en palabres accusatrices, se renvoient la balle autour de questions stériles alors que les problèmes de fond qui rongent le quotidien et le moral des gens appellent à des solutions. Les manifestations prévues ce vendredi à Tunis par le collectif Fech nistanew [Qu’est-ce qu’on attend ?] donnent le sentiment qu’une dynamique protestataire s’organise face au chaos apparent et face à des méthodes politiques dépassées et à des médias à l’affût d’une matière intéressante à exploiter.

Hammam-Lif, le 12 janvier 2018

Paru sur Le Quotidien d’Oran, Samedi 13 janvier 2018

Publication : African Contributions to Peace Operations: Insights from the Military

African Contributions to Peace Operations: Insights from the Military

Journal of Eastern African Studies
Volume 12, n°1, 2018


A collection of five articles are to be published by the Journal of Eastern African Studies. They have already been made available online on the journal website. This collection of articles proceeds from the workshop organized by CFEE in Addis Ababa in April 2016 (https://cfee.hypotheses.org/1554), with the support of the Observatory of the Horn of Africa (LAM, Sciences Po Bordeaux, Région Nouvelle Aquitaine), the French National Centre for Scientific Research (CNRS) and the French Ministry of Defence.

 

The collection has been directed by Nina Wilén (FNRS, ULB), David Ambrosetti (CNRS, CFEE) and Jean-Nicolas Bach (CEDEJ Khartoum).


The five articles are:

Marco Jowell, “The unintended consequences of foreign military assistance in Africa: An analysis of peacekeeping training in Kenya”

 

Josefine Kuhnel Larsen & Nina Wilén, “Rwanda’s military as a people’s army: heroes at home and abroad”

 

Thomas Mandrup, “An uncertain future: South Africa’s national defence force caught between foreign-policy ambitions and domestic development”

 

Nina Wilén, Gérard Birantamije, David Ambrosetti, “The Burundian army’s trajectory to professionalisation and depoliticisation, and back again”

 

Paul Williams, “Joining AMISOM: Why six African states contributed troops to the African Union Mission in Somalia”


Conférence de Roland Marchal « Politique étrangère française en Afrique, perspectives »

Conférence-débat, lundi 15 janvier à 19h

Roland Marchal : « Politique étrangère française en Afrique, perspectives»

Chercheur au Centre de recherches internationales de Sciences Po (Paris), Roland Marchal est spécialiste de l’économie et des conflits armés en Afrique sub-saharienne. Il enseigne à Sciences Po et à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

 

Conférence en français, avec traduction simultanée en arabe

محاضرة ـ جلسة نقاش الاثنين 15 يناير ، 7:00م

رولان مارشال : “آفاق السياسة الخارجية الفرنسية”  

 

رولان مارشال ، باحث بمركز الأيحاث الدولية ، كلية العلوم السياسية بباريس ، متخصص في الاقتصاد والنزاعات المسلحة بافريقيا جنوب الصحراء. وهو ايضاً محاضر بكلية العلوم السياسية وبجامعة باريس 1 ، السوربون.

 

المحاضرة بالفرنسية مع ترجمة تتبعية للعربي

Arabness Islamity Sudanness – AUF/PCSI Program 2018/2020

Program Title: “ARABNESS, ISLAMITY, ‘SUDANNESS’. Reshaping belongings, local practices and state policies in Sudan after the separation of the South Sudan” (2018-2019)

Partners

CEDEJ Khartoum (IFRE, UMR 3123), Faculty of Economics and Social Studies – University of Khartoum (Sudan), Université Saint-Denis Paris 8 – LAVUE (France), Max Planck Institute for Social Anthropology (Germany)

Scientific coordinator: Barbara CASCIARRI, University Paris 8, Associate CEDEJ Khartoum

Summary

The project focuses on dynamics of arabization and islamization in relation with national identity building in Sudan, through the analysis of the three notions’ articulation within practical processes and social actors’ practices. The central socio-anthropological approach is based on a micro-scale perspective although paying attention to macro-scale phenomena, mainly state policies related to citizens’ affiliation to an identity forged on categories of Arabness, Islamity and national integration. Rooted in classical works on issues of ethnicity, religion and nationality, the project aims at renewing the scientific contribution of the debate on the relation between Arab identity and Islam and on the issues at stake in the relationship State/citizens in an African country where colonial legacy and ethno-cultural pluralism had made particularly complex the objectives of nation-building.

The project benefits of a coherent research team linked to an ancient and fruitful institutional partnership between CEDEJ, University of Khartoum and two European academic institutions, Paris 8 University and Max Planck Institute. Through interdisciplinarity it takes jointly into account social phenomena implied by the three targeted categories. An original approach brings together various case studies, analyzed through intensive ethnographic methodology, which deeply inquiry multiple paths in making and unmaking the focused groups’ identifications as a source of conflict or as a support to solidarity, searching in these processes breaking points or persistent elements, as well as underlying manipulations. Far for conceiving such categories as merely cultural or symbolic ones, the research looks for their interaction with 1/ urbanization processes and urban/rural interfaces in their moving dynamics ; 2/ territorial configuration and access to natural resources as a driver of belongings reformulation; 3/ the dialectics between ethno-tribal arrangements and state-driven frameworks of identity categorization; 4/ a globalized conjuncture where international actors take part in the redefinition of “Arab Muslim World” and its relation with “Western World”.

Finally, the project is carried out in a particular sociopolitical context : after the long civil war linked to the impasse of post-colonial nation-building, the CPA period (2005-2011) opened again the reflection on local meanings and policies of nationality and citizenship, then, after the separation of South Sudan, Khartoum government put again on the agenda the utopia of a seamless overlapping of ‘Sudanness’, Arabness and Islam. The complexity and historical depth of this context where Sudanese people practices take place and national political orientation are drawn, show the interest of a social sciences’ study on the articulation of the three categories which still define, materially and symbolically, the meaning of “being” and “being considered as” Arab, Muslim and Sudanese in contemporary Sudan.

Résumé

Ouverture d’un nouveau projet interdisciplinaire du CEDEJ: Arabité, islamité, ‘soudanité’. Enjeux de la redéfinition des appartenances, des pratiques locales et des politiques étatiques au Soudan après la séparation du Sud Soudan (AUF-PCSI 2018-2019).

Après la clôture du projet AUF-PCSI 2014-2017 METRO 2 [link], un nouveau projet AUF-PCSI vient d’être approuvé et sera menée sur les deux ans suivants par une équipe interdisciplinaire (Anthropologie, Sciences Politiques, Géographie, Linguistique, Droit, Histoire) et un partenariat scientifique rassemblant quatre institutions académiques: CEDEJ-Khartoum, Université Paris 8, University of Khartoum, Max Planck Institute for Social Anthropology. La présentation en français et anglais du projet est disponible dans les documents ci-joints [deux fichiers PDF]. Le projet démarrera en Janvier 2018, des missions de recherche seront effectuées en Février 2018 et un premier Workshop de l’équipe se tiendra au CEDEJ en Mars 2018

Team

Scientific coordinator: Dr. Barbara CASCIARRI, Maître de Conférence at University Paris 8, Associate CEDEJ Khartoum

Project leader: Dr. Jean-Nicolas BACH, coord. CEDEJ Khartoum

More details/Projet Detaillé:

Project AUF_PCSI 201819 Arabness Islamity Sudanness ENGL

Projet AUF_PCSI 2018_19 Arabité Islamité Soudanité

 

Atlas postdoctoral fellowship 2018

The Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), French Embassy in Sudan (AMB) and the Ministry of Higher Education and Scientific Research of Sudan (MOHE), offer short-term fellowships of two months in France for young postdoc researchers from Sudan who have presented their thesis from 2009.

This research stay is designed to enable researchers to conduct research studies in France: field enquiries, library and archives work.

This call is part of the Atlas short-term postdoctoral mobility programme offered by the FMSH and its partners.

http://www.fmsh.fr/en/international/24272

http://www.fmsh.fr/en/international/29060

Entretien avec Mohamed Talbi

Le texte qui suit est un entretien avec Mohamed Talbi (1921-2017) mené par Kmar Bendana[1] il y a déjà plusieurs années (avant 1997) dans le cadre d’un projet de publication par l’Institut de recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC, Tunis)[2] sur la vie intellectuelle à travers les revues tunisiennes. Une série d’entretiens a alors été menée avec plusieurs rédacteurs en chef de revues maghrébines, dont Mohamed Talbi qui a dirigé Les Cahiers de Tunisie entre 1969 et 1989 et en devient président d’honneur à partir de 1989.

Mohamed Talbi qui nous a quittés le 1er mai 2017 est connu surtout en tant qu’historien du Maghreb médiéval, auteur d’une thèse sur l’émirat Aghlabide (186-296/ 800-909) publiée à Paris (Maisonneuve) en 1966. Il est doyen de la faculté des Lettres et Sciences Humaines de Tunis de 1966 à 1970. Son rôle de penseur et d’islamologue a prévalu au cours des dernières décennies agitées par les débats intellectuels et politiques sur les sources de l’Islam et les controverses sur les liens entre islam et politique. En revanche, sa collaboration active à la vie de la revue Les Cahiers de Tunisie -par ses articles et comptes rendus dès 1956, puis comme directeur de la revue en 1969- est un aspect beaucoup moins mis en valeur par les divers hommages qui se sont exprimés depuis sa disparition.

            Rawafid a choisi de revenir sur la carrière scientifique de Mohamed Talbi en publiant ce témoignage sur un pan de l’histoire de l’université tunisienne où Mohamed Talbi a été un auteur significatif et un promoteur du passage entre la culture arabe et le savoir français, jugé nécessaire par les acteurs scientifiques de son époque. L’entretien nous renseigne sur l’homme, sur sa formation universitaire (agrégé d’arabe en 1952 et docteur es-lettres spécialité histoire de la Sorbonne en 1968) qui est à la base de son itinéraire intellectuel, et sur une revue qui accompagne l’émergence d’une université nationale dans le contexte de la décolonisation politique. Mohamed Talbi fut le témoin d’un moment de relais entre les hommes passés par des institutions anciennes (Revue tunisienne, Institut des Hautes Etudes de Tunis…) et les nouvelles recrues arrivées sur la place universitaire dans les années 1960. Selon le souvenir de l’interviewé, ce passage se passait sans heurts apparents mais non sans désaccords internes et conflits au sein du comité de rédaction.

Le lecteur est également renseigné sur les pratiques et les problèmes de fonctionnement d’une revue qui cherche sa voie, dans une configuration scientifique où le bilinguisme est de rigueur et où la discipline historique prétend à l’hégémonie. L’entretien apporte enfin des éclairages sur les débats menés par les principaux acteurs à propos de l’orientation éditoriale et des difficultés traversées par la revue dans une période d’édification de l’université tunisienne après l’indépendance du pays.

[1] Chercheure à l’Institut Supérieur d’Histoire de la Tunisie Contemporaine depuis 1982, Université de la Manouba et chercheure associée à l’IRMC depuis 1993.

[2] L’entretien a été publié dans La Lettre de l’IRMC  n°19, juin 2017, pp. 21-28.

Kmar Bendana

Votre nom apparaît pour la première fois dans Les Cahiers de Tunisie en 1956, en tant qu’auteur d’un article. Vous souvenez-vous des circonstances et des détails de ce début ?

Mohamed Talbi : 1956, année de l’indépendance, a été également pour moi l’année de mon retour en Tunisie. J’y avais enseigné auparavant, de manière discontinue, comme instituteur puis comme professeur du secondaire. En 1947, je suis parti en France, pour préparer une licence. Revenu à Tunis en 1949, pour des raisons financières, j’ai enseigné dans le secondaire. A la même époque, avec la création de l’Institut des Hautes Etudes, présidé par Jean Roche, et dirigé en fait par Pierre Marthelot, j’ai été amené à dispenser des cours dans cet Institut. J’ai ainsi fait connaissance avec Pierre Marthelot et, partant, avec Les Cahiers de Tunisie. Ce fut, en quelque sorte, mes débuts dans l’enseignement supérieur et dans la recherche. Auparavant j’avais écrit dans Arabica, revue publiée en France et dirigée par Lévy-Provencal, mon directeur de thèse.

J’étais entré en contact avec le Secrétaire Général des Cahiers de Tunisie, Jean Pignon, un homme de qualité, d’une très grande ouverture et qui aimait la Tunisie. Il était l’un des Français libéraux les plus engagés dans une voie de collaboration et d’amitié avec les Tunisiens. Chez lui comme chez Pierre Marthelot i1 n’y avait rien du colonisateur tel qu’on se le représente habituellement.

Alors que le marxisme était à l’apogée de son audience, Pierre Marthelot était de gauche mais non marxiste, caractéristique rare à l’époque. Ses convictions étaient celles d’un chrétien libéral. Une amitié est née entre nous. Nous étions liés également à un autre chrétien libéral, Hédi-Roger Idriss, français fidèle à ses origines tunisiennes, qui préparait sa thèse sur les Zirides. Le contact avec tous ces enseignants de l’Institut des Hautes Etudes et collaborateurs des Cahiers de Tunisie résume mes débuts dans cette revue tunisienne, dirigée à ce moment-là — c’était inévitable — par des Français. Le directeur en était Jean Roche et le rédacteur en chef, Jean Pignon. Avec Jean Roche, physicien, professeur au Collège de France, j’ai conservé des liens d’amitié bien longtemps après son départ de Tunisie.

Dans cette mouvance, un noyau de Français libéraux recherchaient des contacts avec les Tunisiens dans une perspective favorable à l’indépendance. Celle-ci, comparée à la situation qui a prévalu en Algérie, s’est déroulée dans de bonnes conditions, sans trop de casse ni d’animosité. Durant les années 1952-1956, les chocs, quelquefois violents, étaient amortis à l’échelle de l’Université, où les rapports restaient cordiaux…

K.B : Est-ce vous qui avez eu l’initiative de votre premier article ou vous l’a-t-on demandé ?

M.T. : Il m’a été suggéré à l’occasion d’un colloque sur l’armée, organisé par André Martel, auteur d’une thèse sur la Tunisie, et spécialiste d’histoire militaire. Dans le cadre de cette rencontre, j’ai traité de l’armée à partir de l’exploitation de certaines sources manuscrites disponibles à la bibliothèque Al Abdilliya, qui dépendait alors de la Mosquée de la Zitouna et était installée à proximité de celle-ci.

K.B. : Comment ont évolué vos rapports avec l’équipe qui animait Les Cahiers de Tunisie à leurs débuts ?

M.T. : J’ai dû quitter cette équipe pour repartir en France à la fin de l’année 1956. Je voulais consacrer davantage de temps à ma thèse et aux recherches de documentation, travailler sur des textes que je trouvais difficilement en Tunisie et qui étaient disponibles à la Bibliothèque Nationale à Paris.

K.B. : Vous avez cependant produit des notes de lecture pour les livraisons de 1958, 1959, 1960.

M.T. : En effet, je suis revenu en Tunisie en 1958, au moment de la création de l’Ecole Normale Supérieure de Tunis. Ahmed Abdessalem, le fondateur de l’Université de Tunis et de cette Ecole, était un ami de longue date. Il m’a demandé d’y enseigner, ce que j’ai fait tout en continuant à collaborer avec Les Cahiers de Tunisie. Mais, en 1962, je suis reparti à Paris où j’ai dirigé la Maison de Tunisie, tout en achevant et soutenant ma thèse. En 1966, j’étais de retour en Tunisie.

K.B. : Vous avez pris la direction des Cahiers de Tunisie en 1969. Avec vous s’est constitué un véritable comité de rédaction. Comment fonctionnait alors la revue avec son comité de redaction ?

M.T.: Si mes souvenirs sont exacts, j’ai collaboré avec la revue, dès 1966. Un poste était vacant du fait du départ de Pierre Marthelot en 1962. Ahmed Abdessalem lui a succédé comme directeur tandis qu’André Nouschi remplaçait Jean Pignon à la rédaction.

K.B. : Vous avez donc connu plusieurs rédacteurs en chef. Le premier fut Paul Sebag.

M.T. : Paul Sebag a joué un rôle primordial dans le sauvetage des Cahiers de Tunisie. Lorsque nous l’avons prise en main, elle était agonisante, pour de multiples raisons. L’équipe qui l’avait animée à ses débuts n’était plus là. En outre, il y avait alors pénurie d’articles. L’Université de Tunis venait juste d’être créée et les collaborateurs susceptibles de nourrir scientifiquement une revue étaient peu nombreux. Les Cahiers de Tunisie avaient déjà accueilli beaucoup d’articles d’enseignants étrangers. Dans le creux de la vague, il fallait quelqu’un pour dynamiser la revue. Ahmed Abdessalem a pris la relève de Pierre Marthelot en 1961 et André Nouschi a remplacé Jean Pignon en qualité de rédacteur en chef. Mais Ahmed Abdessalem était surchargé de travail ; investi de la responsabilité de créer une Université, il ne pouvait pas consacrer tout son temps à la revue. André Nouschi, également, était absorbé par les tâches d’enseignement. Or, faire vivre une revue requiert beaucoup de dynamisme : programmer des articles, solliciter des auteurs, sélectionner les textes dans le souci de maintenir un certain niveau. La revue ne paraissait plus que par intermittence. Pour assurer la continuité, on publiait des numéros doubles, triples ou quadruples, souvent peu volumineux. On a eu recours à des « réimpressions ». On essayait de faire l’impossible pour que la revue ne meure pas. Le résultat a été atteint, l’on a sauvé la revue.

K.B. : Comment avez-vous procédé ?

M.T. : Nous nous sommes livrés à un travail de redressement, pour lequel Paul Sebag a joué un rôle capital. Cet homme extraordinaire d’érudition, qui aspirait à la plus grande perfection, n’a malheureusement jamais publié sa thèse. Sociologue apprécié de ses nombreux amis tunisiens et français, -il a produit un grand nombre d’articles sur Tunis. Grâce à son dynamisme et à son dévouement -et à ceux de son épouse qui corrigeait toutes les épreuves et mettait au point les tables analytiques- nous sommes arrivés à faire renaître une revue de qualité, avec un minimum d’imperfections techniques. Progressivement, nous avons réussi à multiplier le nombre de nos collaborateurs et à recevoir de nombreux articles qui venaient de toute part. Sur l’initiative de Paul Sebag, on a également reproduit dans chaque numéro des Cahiers de Tunisie un article ancien, de très grande qualité, ou devenu introuvable.

K.B. : C’est la rubrique « Réimpressions ». Pourquoi a-t-elle été interrompue en 1980 ?

M.T. : On en a beaucoup parlé au sein du comité de rédaction. Elle a été suspendue parce qu’elle exigeait de trouver des articles qui s’imposaient ou que les érudits recherchaient. Cela nécessitait un travail de prospection et de recherche extrêmement long et difficile. Le dévouement des débuts a fait place à la lassitude. On a dû renoncer à cette activité qui relevait plus ou moins de la documentation que de la recherche.

K.B. : Puisque nous parlons des rubriques, expliquez-nous comment se préparait la chronique scientifique, qui a été très riche et très suivie.

M.T. : Dès le départ, sous l’impulsion de Paul Sebag, nous avons considéré que cette chronique scientifique était capitale. Nous en avons débattu au sein du comité qui était désigné par le comité scientifique de la Faculté. Nous avons pensé qu’une revue comme Les Cahiers de Tunisie, pour prétendre tenir sa place dans le monde scientifique, devait proposer non seulement des articles de fond mais également des comptes rendus d’ouvrages de qualité. Le public auquel nous nous adressions était légitimement désireux de se tenir informé sur les publications les plus importantes dans les domaines d’intérêt des Cahiers de Tunisie. Cela a nécessité un investissement dans la mesure où les services de presse étaient tributaires de l’image et de la réputation de la revue chez les maisons d’édition. Paul Sebag a fourni en ce domaine un travail considérable. Par ailleurs, nous avons mis en place des formules d’échange des Cahiers de Tunisie avec d’autres revues. Tout cela a fait l’objet de débats au sein du comité de rédaction.

K.B. : Comment se passaient les réunions du comité de rédaction ?

M.T. : On se réunissait souvent, parfois toutes les semaines, pour trouver les moyens de rendre à la revue sa place. Peu à peu, nous avons reçu en grand nombre, des ouvrages pour compte rendu. Certains numéros des Cahiers de Tunisie rendent compte de la place de plus en plus importante de cette rubrique. Les ouvrages recensés couvraient les sciences humaines (géographie, histoire, sociologie), vecteur choisi par Les Cahiers de Tunisie. Avec la multiplication des ouvrages devant faire l’objet de comptes rendus, s’est posé le problème de leur distribution. Certains livres étaient très demandés alors que d’autres ne trouvaient pas preneurs. Dans certains cas, nous choisissions nous-mêmes, au sein du comité, le collègue auquel nous confierions l’ouvrage.

K.B. : Même quand ce collègue ne faisait pas partie du comité de rédaction ?

M.T. : Oui. Les membres du comité rédigeaient des comptes rendus. Comme ils étaient les premiers à voir les ouvrages, ils pouvaient faire leur choix. Les difficultés survenaient avec les collègues extérieurs au comité. En coulisses, dans les salles des professeurs, nos critères de choix étaient critiqués. L’attribution des ouvrages entraînait des tensions entre collègues qui pouvaient aller jusqu’à l’altercation. Pour couper court aux critiques, nous avons distribué à tous les collègues une liste des ouvrages reçus ; ceux qui désiraient faire tel ou tel compte rendu devaient cocher la case correspondante. Cela n’a rien résolu. Pour certains ouvrages, nous recevions presque ou pas du tout de propositions, tandis que pour les plus chers, les plus beaux ou les plus intéressants, nous étions confrontés à de nombreuses demandes. Ainsi, avec un peu plus d’organisation et de démocratie, on se retrouvait devant la même difficulté. Le comité de suivi tranchait tantôt à l’unanimité, tantôt au prix de grandes tensions. On débattait très ouvertement et on parvenait toujours à une solution. On avait institué un registre de procès-verbaux des débats, à la demande de nombreux collègues.

K.B. : Peut-on prendre connaissance de ce registre ?

M.T. : A vrai dire, je crois qu’il ne s’agissait pas d’un registre mais plutôt de procès verbaux sur papier libre, distribués aux collègues. Je regrette de ne pas les conservés. Les séances de ce comité étaient très animées. Parfois des discussions  acides opposaient Paul Sebag et Béchir Tlili. Ce dernier, homme très dévoué décédé en 1986, était très vif dans ses réactions. Ce n’est pas un hasard s’il a succédé à Paul Sebag. Tous deux étaient tellement préoccupés de la revue qu’ils pouvaient en arriver jusqu’aux frictions.

K.B. : La chronique scientifique était donc une responsabilité consciemment remplie par tous les membres du comité. Et la rubrique « Réimpressions » ?

M.T. : C’était une initiative de Paul Sebag, de même que la rubrique « Etat des travaux et des recherches », dont je déplore la disparition. Quelquefois, nous prenions des décisions bonnes dans l’absolu mais très difficiles à réaliser. En particulier pour cette rubrique,  nous nous heurtions à la difficulté d’alimenter régulièrement une information sur la vie scientifique. Paul Sebag s’est beaucoup donné à ce genre de tâches qui nécessitent érudition, méthode, esprit de suite… C’était essentiel mais cela dépassait nos moyens.

K.B. : Au cours des dix premières années, on remarque une tendance à concevoir des numéros autour de thèmes assez vastes : la numismatique, l’eau, etc… Petit à petit, la place des varia devient plus Importante. Puis on en vient à la publication de colloques.

M.T. : C’est vrai. Tout cela était le fruit des débats de l’ensemble de la rédaction. Nous avions eu l’ambition de réaliser des numéros sur des sujets déterminés afin de susciter des recherches, impulser celles-ci plutôt que de subir, en ordre dispersé, les propositions des uns et des autres. Mais cette ambition s’est avérée excessive par rapport aux moyens qui s’offraient.

K.B. : Les moyens du comité ou le paysage de la recherche ?

M.T. : Par rapport aux deux… Chaque thème exigeait de disposer de spécialistes en nombre suffisant et qui acceptent de produire pour la revue un article sur commande. Pour nourrir des numéros différents et pointus, il était aussi difficile de trouver les spécialistes,  de les persuader de participer. Nous y avons quelquefois réussi mais nous avons dû renoncer à une entreprise au-dessus de nos moyens. Notre université était trop petite à ses débuts, et nous avions vu trop grand pour ses débuts. Cette formule serait plus réalisable aujourd’hui. Nous avons maintenant plusieurs universités et disposons de spécialistes dans de nombreux domaines des sciences sociales. De plus, la revue s’est ouverte sur d’autres disciplines, comme, par exemple, la philosophie, qui n’étaient pas inscrites dans sa ligne directrice de lancement.

 

K.B. : Mais elle s’est fermée à la littérature qui, en revanche, figurait dans les premiers numéros.

M.T. : Oui. Aujourd’hui, les nouveaux responsables des Cahiers de Tunisie pourraient tenter de monter des livraisons thématiques… Mais les échos que j’en ai ne me permettent pas d’être optimiste. La revue ne dispose toujours pas d’une masse suffisante de propositions de bons articles. Les jeunes collègues sont absorbés par leurs thèses, d’autres sont sollicités à l’étranger parce qu’ils s’y sont fait connaître entretemps ; lorsqu’ils travaillent pour des colloques internationaux, leurs recherches vont ipso facto aux Actes de ces rencontres.

K.B. : Selon vous, la scène universitaire tunisienne serait partagée par des célébrités et des chercheurs qui achèvent leurs thèses ?

M.T. : Non. Mais l’université est quand même jeune. Le nombre d’universitaires occupés par la préparation de leur thèse est très élevé. Ceux qui ont soutenu la leur et ne sont pas trop sollicités par la recherche internationale ne sont pas nombreux. Or, ce sont ces chercheurs qui pourraient nourrir une revue d’une manière soutenue… Cependant, la revue continue et c’est là l’essentiel. Je dis toujours à mes collègues de ne pas se montrer trop exigeants, tout en évitant les publications qui n’apportent rien et porteraient tort à la revue. Il faut rechercher une ligne moyenne qui maintienne la réputation des Cahiers de Tunisie.

K.B. : Il y a eu, sous votre direction, des tentatives d’ouvrir Les Cahiers de Tunisie à l’Afrique.

M.T. : Nous avions essayé de nous ouvrir sur l’Afrique subsaharienne, le Sénégal par exemple. Nous avions l’ambition de promouvoir la recherche africaine et d’entretenir des échanges l’Afrique noire pour donner davantage de rayonnement aux Cahiers de Tunisie. Nous souhaitions leur ouvrir un nouveau marché, leur faire une place dans les différentes universités africaines qui trouveraient ainsi dans la revue une matière les concernant. Cela n’a pas été une réussite : nous avons bien publié quelques articles de collègues de pays d’Afrique subsaharienne, mais cela n’a jamais été probant. Dans l’ensemble, je pense qu’il y a trop peu d’articles émanant de collègues européens et étrangers.

K.B. : Dans une perspective chronologique longue, on passe d’une revue de sciences humaines (géographie, histoire, sociologie) qui touche à la littérature et à la philosophie à une revue qui les abandonne en cours de route en affermissant la place de la discipline historique. J’aimerais connaître votre sentiment à ce sujet, même a posteriori.

M.T. : Cette évolution est le fruit des débats au sein du comité de rédaction des Cahiers de Tunisie. Par souci de qualité et d’ouverture, nous cherchions à publier des textes scientifiquement valables à un niveau international, ce qui était une très grande ambition. Une revue scientifique de qualité à Oxford ou à Paris est possible, dans la mesure où vu le vaste champ culturel couvert est vaste. Mais dans un pays de tradition universitaire récente, ce n’est ni évident, ni facile. Nous ne pouvions donc pas publier tout ce qui nous était proposé. Au prix de très sérieux ennuis, nous avons refusé des articles, demandé des corrections, relu des textes au sein d’un comité en désaccord, soumis des articles à des spécialistes extérieurs au comité voire à des collègues étrangers. Tout cela rendait délicats les débats de la rédaction des Cahiers de Tunisie et nous a conduits à opérer des choix. Ainsi, par exemple, après la création d’une revue littéraire à la Faculté des Lettres, nous avons décidé de ne plus publier d’articles de littérature Nous avons agi de même, après le lancement d’une revue de géographie, qui parait toujours.

K.B. : Ces décisions de publier de nouvelles revues ne découleraient-elles pas précisément du fait que certains articles ne trouvaient pas leur place dans Les Cahiers de Tunisie ?

M.T. : C’est possible…

K.B. : Pourtant Les Cahiers de Tunisie se sont posés, dès le départ, comme une revue de sciences humaines.

M.T. : Avec Pierre Marthelot comme géographe et Jean Pignon comme historien, il y a eu en effet une conjonction entre ces deux disciplines. Pour prendre le relais de la Revue tunisienne, revue de sciences humaines et en particulier, Les Cahiers de Tunisie, se sont définis comme une revue de géographie, d’histoire et de sociologie. Ce créneau n’a pas été toujours tenu avec rigueur. Il y a eu des tentatives  vers la littérature qui touche aux sciences humaines. Cette discipline n’est pas seulement rhétorique ou style, elle recouvre également un contenu. Il y a donc eu des flottements. Tantôt on voulait mettre l’accent sur les sciences humaines au sens strict, tantôt on pensait à une ouverture vers la philosophie… En effet, pourquoi la sociologie et non la philosophie ? Aussi avons-nous demandé à des philosophes de siéger parmi nous.

K.B. : La sociologie avait eu sa place dans la Revue Tunisienne.

M.T. : On se disait alors que la sociologie avait sa revue et son institution avec le Centre d’Etudes et de Recherches Economiques et Sociales (CERES). En tant qu’historiens, nous avions, certes, fait partie du CERES. J’avais même été chargé d’y diriger un département d’histoire. En introduisant cette discipline au CERES et en publiant les textes relatifs à l’histoire dans les collections de ce Centre, il y avait une certaine osmose.

K.B. : Quelles sont les disciplines les plus présentes dans Les Cahiers de Tunisie ?

M.T. : Cette définition disciplinaire a été toujours été liée aux fluctuations de l’enseignement supérieur en Tunisie, par exemple, lorsqu’un département de psychologie et de pédagogie se crée, il y a là un nouvel espace de création d’articles pour la Revue. A l’inverse, lorsque celui-ci disparaît, cet espace se rétracte. Si un institut spécialisé de pédagogie se crée ailleurs a avec sa revue et ses moyens propres, nous sommes obligés de nous aligner sur cette évolution.

K.B. : Vous parlez là d’institutions créées en dehors de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Or, celle de Al Hawliyyat s’est faite au sein de cette même Faculté. Quels étaient les rapports entre Al Hawliyyat et les Cahiers de Tunisie, deux revues d’une même institution ?

M.T. : Il n’y a pas eu de problèmes. Al Hawliyyat publient en arabe tandis que Les Cahiers de Tunisie, pendant longtemps, n’ont accepté que des articles en français, très rarement en anglais, en italien ou en espagnol. Les Cahiers de Tunisie avaient plus de vingt ans d’âge quand le comité de rédaction a décidé de l’arabiser et cela, en rapport avec l’enseignement : pendant longtemps, l’Université de Tunis, à l’exception de la section d’arabe, a eu recours au français comme langue d’usage. Moi-même, j’ai enseigné l’histoire en français avant de dispenser mes cours en arabe. Le premier texte en arabe est paru dans la revue en 1978.

 

K.B. : Etes-vous le premier auteur tunisien à avoir publié dans Les Cahiers de Tunisie ?

M.T. : Tant que la langue française était prédominante et que nos collègues français étaient les plus nombreux, il n’y avait presque pas de contributions tunisiennes. Les articles étaient signés André Nouschi, André Martel, Jean Ganiage, Jean Pignon. L’arabisation a été discutée au sein du comité et affichée sur la couverture des Cahiers de Tunisie en 1978. Ce souci d’ouverture à l’arabe peut apparaître aujourd’hui comme-très tardif. Il n’en a pas moins été un sujet de débat au sein du comité, divisé à ce sujet. Nous aspirions à devenir une revue internationale et nous avons estimé que la place d’une revue en arabe venait d’être prise par Al Hawliyyat.

K.B. : La nouvelle revue Al Hawliyyat publiait également des articles d’histoire…

M.T. : Oui. Dans une certaine mesure, on peut dire qu’il y a eu concurrence puisque Al Hawliyyat ne publiaient pas uniquement autour de la littérature. L’arabe leur était réservé pour ainsi direz  tandis Les Cahiers de Tunisie conservaient, maintenaient avec le français, un profil de revue « internationale ».

K.B. : La langue d’expression des articles a-t-il été le seul critère de distinction entre Al Hawliyyat et Les Cahiers de Tunisie ?

M.T. : En principe, Al Hawliyyat s’occupaient de littérature arabe avec un regard porté sur la « civilisation ». Or, on ne peut prétendre étudier et comprendre la civilisation sans avoir recours à l’histoire, sans aller au-delà de l’événementiel. En histoire, l’événementiel prime de moins en moins : pour l’Ecole des Annales, pour Fernand Braudel, le plus important réside dans les mouvements lents qui permettent de comprendre le passé. Al Hawliyyat et Les Cahiers de Tunisie avaient des points communs et des différences. Dans la première de ces revues, on ne peut pas trouver d’article sur les lainiers en Italie au XIVe siècle par exemple, tandis que la seconde ne publierait pas un article sur la philologie ou la linguistique.

K.B. : Il y a cependant eu des versions d’un même article dans les deux revues…

M.T. : Cela est arrivé parce que des collègues voulaient publier leurs textes dans les deux langues, alors que tout article se doit d’être inédit. Toutefois, cette exigence est parfois difficile à faire respecter dans les faits… La gestion au jour le jour avait ses difficultés. II fallait accepter des compromis et le résultat se reflétait quelquefois dans l’aspect et le niveau général de la revue.

K.B. : Dans ce comité où les débats tiennent une grande place, qui s’occupait des aspects pratiques ? Qui assumait la préparation technique de la revue ?

M.T. : La fabrication des Cahiers de Tunisie était une source quotidienne d’ennuis et de soucis de tous genres, qu’il s’agisse des problèmes budgétaires ou des rapports avec les imprimeurs et les éditeurs. C’est l’Imprimerie Officielle, avec sa bureaucratie, qui nous a donné le plus de mal. Une fois le manuscrit confié à l’imprimerie, on ne savait jamais quand la revue allait paraître. Nous passions toujours après les imprimés administratifs. Le secrétaire général de la revue puis le rédacteur en chef étaient littéralement « submergés ». Il leur fallait se battre tous les jours pour que la revue fût prête dans des délais acceptables. Elle ne paraissait jamais aux dates prévues ; des retards énormes survenaient toujours au cours de cette phase technique. Paul Sebag, Béchir Tlili, Mounira Chapoutot, autres rédacteurs en chef de la revue, ont beaucoup œuvré pour que la fabrication se déroule dans de bonnes conditions.

K.B. : Quand vous devenez le directeur de la revue en 1969, celle-ci change de couverture. Avez-vous gardé le souvenir de la préparation de cette couverture ?

M.T. : C’est Paul Sebag qui a suscité le changement de couverture car il estimait que «  le temps du chameau était terminé. Certes, la couverture était très belle, mais elle appartenait à une époque révolue. Pour en finir avec la vision folklorique de l’Arabe liée au chameau ou à un dessin berbère, il fallait remplacer l’ancienne couverture. Paul Sebag a contacté des dessinateurs qui nous ont proposé des maquettes puis nous avons procédé à un choix, en comité.

K.B. : Cette couverture demeurera jusqu’en 1992. A-t-il été question de la changer avant cette date?

M.T. : Seulement quand nous avons voulu paraître dans les deux langues. Nous avons alors discuté pour que la couverture fût bilingue. Le dernier changement de 1992 est venu à point. Une revue doit évoluer dans sa présentation-, sinon elle est menacée par la routine. Un effort considérable a été fourni depuis cette date pour la rénovation de l’ensemble et pour une parution sous une forme mieux adaptée au marché, aux idées actuelles etc… Il faut qu’une revue, de temps en temps, change de maquette.

K.B. : Comment jugez-vous, aujourd’hui, l’expérience des Cahiers de Tunisie ?

M.T. : Je pense que la revue se livre à un effort continu d’adaptation. Il faut qu’une revue soit vivante, qu’elle s’adapte. Le nouveau comité prend les initiatives nécessaires en ce domaine. La revue a actuellement un aspect plus attrayant.

K.B. : Les Cahiers de Tunisie nous avaient habitués à une revue d’historiens. L’orientation récente ne tente-t-elle pas -de réserver une plus grande -place aux autres disciplines enseignées à la Faculté ?

M.T. : Ce choix avait été opéré lorsque je dirigeais la revue. Il n’y a pas eu de virage mais un équilibrage. Nous étions déjà ouverts à des textes de philosophie, par exemple.

K.B. : Mais vous conviendrez que la place relative de l’histoire était dominante.

En effet, aujourd’hui encore, le directeur de la revue est historien, et la revue continue à privilégier l’histoire, ce qui, à mes yeux, est normal. Mais tout en continuant à le faire, elle ne veut pas s’y cantonner parce que les sciences humaines englobent d’autres disciplines que l’histoire. Par fidélité à la vocation de la revue, il faut que l’histoire ait sa part. Toutefois, Les Cahiers de Tunisie n’ont jamais été exclusivement une revue d’histoire, comme les Annales par exemple jusqu’en 1994[1].

K.B. : A travers la structure du comité de rédaction et son contenu, on constate également une forte présence de la discipline historique au détriment d’autres : la psychologie, les littératures française et anglaise avaient été peu à peu réduites à la portion congrue dans les derniers numéros des Cahiers de Tunisie, avant le changement de 1992.

M.T. : Dès le départ, l’histoire a été une discipline dominante et elle l’est restée. Toutes les ouvertures ont cherché un équilibre en faveur d’une plus grande représentativité des autres sciences humaines, tout en gardant son importance à l’histoire

K.B. : Est-ce pour vous lié à une corporation dominante ou est-ce un problème strictement scientifique ? La Faculté ne serait-elle pas une institution où les historiens ont une place plus importante, plus voyante ?

M.T. : Il est très difficile de distinguer entre les deux aspects, l’un scientifique et l’autre corporatif. Il est évident que dans Les Cahiers de Tunisie, l’histoire a eu une part importante dès le départ, avec Jean Pignon. Ce n’est pas un hasard si le directeur des Cahiers de Tunisie a toujours été par la suite. un historien. On peut juger aujourd’hui que l’histoire reste envahissante dans Les Cahiers de Tunisie, mais c’était un choix. Je parle subjectivement : l’histoire, est, dans les sciences humaines, la discipline la plus importante. C’est mon point de vue d’historien. Un sociologue me contesterait peut-être, mais je ne peux m’empêcher de considérer que les sciences humaines sont très largement historiques, regardent vers le passé. Certes, les sciences d’actualité, comme la sociologie ou la pédagogie, ont leur importance, mais les sciences humaines prennent en charge tout le passé de l’humanité.

K.B. : Croyez-vous qu’il n’y a que les historiens qui puissent parler du passé ?

M.T. : Par définition, un historien fait de l’histoire ; il ne peut pas parler de l’actualité.

K.B. : Un philosophe aussi regarde le passé, tout comme un texte littéraire charrie une part d’histoire.

M.T. : Oui. Il y a une histoire de la philosophie mais elle n’en est qu’une petite partie. La philosophie est surtout une pensée vivante sur l’actuel. Si Michel Foucault est un grand historien, c’est parce qu’il n’est pas seulement un historien de la philosophie.

K.B. : Cela n’exclut pas que la philosophie soit représentée dans une revue comme Les Cahiers de Tunisie.

M.T. : Mais nous sommes ouverts à la philosophie ! Nous l’avons toujours considérée comme une science humaine extrêmement importante ! Elle est une réflexion vivante et actuelle sur les phénomènes humains dans leur sens le plus large. Les plus grands philosophes étaient des créateurs et non pas des historiens de la philosophie. L’histoire revendique pour elle tout ce qui s’inscrit dans le passé, y compris la philosophie. L’histoire des idées est une part extrêmement importante de l’histoire. Les historiens qui ont étudié l’histoire de la pensée font peut être concurrence aux philosophes lorsque ces derniers se font historiens : la pensée de Spinoza, par exemple, fait partie du passé. Elle tombe ipso facto dans le domaine de l’histoire et le philosophe qui étudie des idées du passé se fait malgré lui historien. De même, il y a des domaines communs entre l’histoire et la démographie, lorsqu’il s’agit de démographie historique. L’historien est toujours amené à chasser sur le territoire d’autres disciplines, c’est inévitable.

K.B. : Pensez-vous que Les Cahiers de Tunisie doivent refléter la recherche, en particulier dans les relations qui régissent les différentes disciplines entre elles, quitte à ce que certaines prennent plus de place que d’autres ?

M.T. : Si les collègues qui prennent actuellement en charge la revue me demandaient mon avis, je leur dirais que Les Cahiers de Tunisie ont un devoir, celui d’être dynamiquement fidèles à leurs origines : que la revue ne néglige jamais l’histoire et pas seulement l’histoire événementielle, mais également celle des idées et des institutions, de la civilisation et de la pensée humaine. A mon avis, mais ce n’est peut-être pas celui des dirigeants actuels, il faut « naviguer » avec cette revue, de telle sorte qu’elle puisse retrouver son impulsion première : celle d’une revue de sciences humaines où l’histoire occupe une place extrêmement importante, sinon prédominante.

[1] Fondée en 1929 par Marc Bloch et Lucien Febvre, la revue Les Annales, Histoire, Sciences Sociales (1929-1938), a changé plusieurs fois de titre qui comportait le mot Histoire, sauf celui publié entre 1946-1993sous le titre : Annales, Economies, Civilisations ou Annales ESC. Le dernier  (1994) paraît sous le titre : Annales, Histoire, Sciences Sociales ou Annales, HSS.

Publié dans Rawafid n° 21, 2016, pp. 109-123

Pouvoirs et altérité dans la déclaration des zones humides d’intérêt international en Afrique : construction, légitimation et confrontation des savoirs sur la nature (SavNat-Afrique)

Partenaires : Laboratoire SAGE UMR 7363, Institut d’Ethnologie- Faculté de Sciences Sociales, Université de Strasbourg, ONCFS, CEDEJ (centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales) Antenne Khartoum. MAEDI/USR 3123 CNRS
Résumé
Dans le cadre de la déclaration d’une zone humide d’intérêt international au Soudan sous les conventions internationales RAMSAR et AEWA, ce projet s’intéresse à la production de savoirs sur les oiseaux migrateurs. A partir d’une ethnographie multi située nous nous proposons d’étudier les dispositifs pédagogiques développés dans ce contexte ; d’analyser différentes situations d’échange, voire de controverse, autour de la légitimité des savoirs sur les oiseaux et les zones humides et d’interpréter les représentations graphiques ainsi que les discours concernant les espaces protégés et les différents acteurs impliqués dans le processus de conservation.

 

Équipe

Responsable scientifique : Luisa ARANGO

Post-doctorant : Guillaume CHRISTEN

Master Students : Eurydice DEVOS, Aurélien LOSSER, Romain DENIMAL

Artistic work: Alice LOULIN

SavNat Afrique (présentation) 24.04.2017