Category Archives: Cities, urbanities

International Conference on the History of the Bilâd al Shâm

The Center for Documents and Manuscripts and the Study of the Bilâd al Shâm of the University of Jordan (Amman) will host the 10th International Conference about the history of the Bilâd al Shâm from the 2nd to the 4th of April 2017. The event is organised by the University of Jordan and the University of Yarmouk. Among the speakers, Open Jerusalem researcher Falestin Naili will give a lecture about “The Ottoman municipality of Jerusalem and the application of the Tanzîmât reforms in Jerusalem”. Read … Continue reading International Conference on the History of the Bilâd al Shâm

Jerusalem through the Hebrew Press

Ifpo & IFJ are pleased to invite you to a public lecture by   تقدم محاضرة لـ  Abdul-Hameed Al-Kayyali (Ifpo, Research Associate, Department of Medieval and Modern Arabic Studies / Open Jerusalem) عبد الحميد الكيالي- المعهد الفرنسي للشرق الأدنى- عمّان Hassan Ahmad Hassan (University of Jordan, Faculty of Foreign Languages) حسن أحمد حسن- الجامعة الأردنية- كلية اللغات الأجنبية  القدس نهاية الفترة العثمانية في عيون الصحافة العبرية: مقاربة نقدية Late Ottoman Jerusalem Through the Eyes of the Hebrew Press : A Critical Approach Lecture in Arabic / المحاضرة بالعربية      (في … Continue reading Jerusalem through the Hebrew Press

The Politics of Archives and the Practices of Memory

Joukowsky Forum, Watson Institute, 111 Thayer Street, Providence, RI 02912 Thursday, Mar. 2 5:30-7:30 p.m. Critical Conversations Panel “Palestine-Israel in the Trump Era” with Rashid Khalidi, Sherene Seikaly,  and Brown Faculty J. Brian Atwood and Omer Bartov. Moderator: Beshara Doumani Joukowsky Forum, Watson Institute, 111 Thayer Street 7:45 p.m.                Dinner for Critical Conversations panel speakers and workshop presenters at Brown Faculty Club 9:30 P.M. Shuttle Faculty Club to Biltmore hotel, 11 Dorrance Street, Providence WORKSHOP PROGRAM Friday, March … Continue reading The Politics of Archives and the Practices of Memory

De-Municipalising Jerusalem

Les municipalités proche-orientales datent de la fin de l’époque ottomane et sont ainsi des témoins et des acteurs importants des changements qu’a connus la région au cours des 150 dernières années. L’échelon municipal permet d’appréhender les questions liées à l’espace social et politique des villes sur la longue durée. Ainsi, pour le cas de Jérusalem, l’analyse de la gouvernance urbaine (entre la fin de l’époque ottomane et la période mandataire) pointe la centralité de cet échelon afin de comprendre de manière plus nuancée les … Continue reading De-Municipalising Jerusalem

The politics of archives and the practices of memory

“The Politics of Archives and the Practices of Memory,” is the theme of the fourth annual meeting of NDPS, to be held March 3-4, 2017, at the Watson Institute, Brown University. New Directions in Palestinian Studies (NDPS) provides a platform for rigorous intellectual exchange on new directions in research and writing about Palestine and the Palestinians, supports the work of emerging scholars, and promotes the integration Palestinian studies into the larger streams of critical intellectual inquiry. The central question of the fourth annual meeting is: … Continue reading The politics of archives and the practices of memory

Compte rendu de : Henri Desbois, 2015, Les mesures du territoire et les mutations de la carte topographique

A propos de : Henri Desbois, 2015, Les mesures du territoire: aspects techniques, politiques et culturels des mutations de la carte topographique, Villeurbanne, Presses de l’ENSSIB, 240 p.

(à paraître dans Géocarrefour)

L’essai que propose le géographe Henri Desbois, tiré de son habilitation à diriger les recherches, se présente sous la forme d’une histoire de la cartographie, à travers le cas particulier de la carte topographique, excluant donc notamment la cartographie thématique et la cartographie marine. Mais plus fondamentalement, c’est une réflexion critique sur la numérisation de la géographie, cette expression devant être entendue au double sens de la place accrue qu’occupent aujourd’hui les techniques quantitatives dans notre discipline, et de la colonisation de nos pratiques quotidiennes et de nos imaginaires par des modes de représentation du territoire dérivés de techniques cartographiques informatisées devenues quasiment hégémoniques. En opérant une déconstruction de l’histoire de la carte topographique sous ses dimension technique, plus exactement scientifique, politique et culturelle, Henri Desbois s’inscrit dans les courants critiques de la géographie. Son propos n’est pas simplement de montrer que la carte traduit, voire impose, une vision normative et informée par la logique du pouvoir étatique – et singulièrement la puissance des Etats-Unis – sur les formes de représentation du monde. Pour lui, il est impossible de mettre en question radicalement les bases scientifiques de la cartographie, dont « les triomphes sont trop éclatants pour qu’on puisse en ébranler la domination », et dont « l’efficacité pratique est démontrée quotidiennement » (p.202). En fait, c’est le monopole que cette hégémonie tend à conférer à ce mode de connaissance que conteste Henri Desbois. En  mettant en évidence ce qu’il dénomme les imaginaires cartographiques, c’est-à-dire « les idées et les sentiments communément associés aux cartes » (p.19), il entend « aborder le discours scientifique par l’extérieur et lui contester la prétention à être le seul régime de connaissance valide », ainsi que « réhabiliter des modes alternatifs d’appréhension du monde » (p.202). Cette forte ambition rappelle que ce géographe au parcours singulier n’est pas uniquement un spécialiste de géographie numérique, d’internet et de cartographie (il s’est familiarisé à cette technique durant son service militaire au sein d’un service spécialisé de l’armée, avant d’utiliser un SIG dans sa thèse sur la géographie urbaine de Tokyo). Il est également le tenant d’une géographie littéraire qui s’est illustré par des analyses savantes de l’Ulysse de Joyce, dont cet ouvrage comprend d’ailleurs un aperçu (une publication plus poussée sur Joyce est à paraître).

La cartographie entre technique et politique

L’ouvrage est structuré en trois parties, correspondant aux trois étapes de la décomposition critique annoncée. La première présente une synthèse consacrée à « L’invention de la précision: cartographie et technique de l’astrolabe au GPS ». Il s’agit d’une histoire de la mathématisation et des progrès scientifiques soutenant la production de cartes de plus en plus précises. Toutefois, à l’opposé d’une lecture positiviste de cette cartographie scientifique, H. Desbois s’attache à souligner les difficultés et problèmes techniques générateurs d’erreurs qui n’ont cessé de se poser. Dans une amusante analyse de l’avènement du GPS, il souligne que : « Traditionnellement le problème de la définition du référentiel était plutôt le souci des producteurs de cartes. Le GPS en fait une préoccupation des utilisateurs » (p.54). Il clôt cette analyse par l’évocation des lacunes selon lui irréductibles de la cartographie automatique numérique sur le plan de l’esthétique, tout en nuançant cette observation par l’idée qu’en fait, une nouvelle norme de l’esthétique cartographique est en train d’émerger : il annonce ainsi sa troisième partie. Cette première partie, fort intéressante, aurait gagnée à être accompagnée de quelques illustrations et/ou encadrés explicatifs sur les principes qui sous-tendent cette pratique scientifique de la cartographie, particulièrement concernant la question des ellipsoïdes et du géoïde global. Il est vrai qu’il n’est pas très difficile de se reporter à des sources explicatives extérieures mais cela rend la démonstration moins fluide.

La deuxième partie, moins technique, est en revanche toujours claire et s’avère particulièrement stimulante. Son propos est d’analyser les liens entre « La carte et l’Etat, de la Renaissance à l’internet ». L’exposé sur les dimensions symboliques (ou d’apparat) et administratives de la cartographie d’Etat est classique et attendu. Plus originale, à mes yeux, est l’analyse des liens entre  techniques cartographiques et enjeux militaires tout au long du vingtième siècle. Avec la Première guerre mondiale, les insuffisances du système de projection cartographique  lié aux cartes d’Etat-major apparaissent dans toute leur ampleur : la projection équivalente qui conserve les distances,  ne conserve en revanche pas les angles et ses déformations locales (dans l’Est de la France) sont telles qu’elle ne permet plus de viser avec précision des objectifs distants, imposant l’adoption d’un nouveau type de projection, dite conforme. Avec la guerre froide, l’apparition des missiles balistiques à longue portée impose l’unification ou au moins l’interconnexion des systèmes géodésiques, pour garantir la précision des menaces nucléaires. De même, à cette époque, l’imagerie satellitaire devient une source essentielle dans une logique d’espionnage entre les deux superpuissances. La partie se clôt par une analyse consacrée au développement des globes virtuels façon Google Earth, qui illustre la privatisation des données et une perte de souveraineté sur les représentations du territoire national, perceptible dans la mise à disposition d’images à haute résolution ou dans les conflits toponymiques. De même, l’émergence de pratiques de cartographie non étatiques, assises sur des ressources privées ou coproduites par les usagers (parfois appelées néogéographie), illustre cette érosion de la place des Etats.

Un imaginaire géographique conquérant fondé sur la figure de la carte

La troisième partie est sans doute la plus originale, au sens où elle propose des analyses inédites directement menées par l’auteur, au contraire des deux premières parties, de nature plus synthétique même si elles portent incontestablement la marque de sa démarche. Il s’agit d’identifier les formes variées et évolutives des imaginaires géographiques, à partir d’une série d’analyses sur un corpus constitué de textes littéraires, de Jules Verne aux textes de l’auteur de science-fiction William Gibson, en passant par Stevenson, Balzac, Flaubert, Hugo, Joyce et d’autres. La peinture et le cinéma sont aussi plus brièvement étudiés. Henri Desbois met en avant une diffusion, presqu’un envahissement, des techniques de représentation issues de la cartographie ou plus largement liée à la géographie numériques dans une multiplicité de supports textuels et iconographiques, allant de pair avec l’émergence  nouveaux genres (la science-fiction littéraire comme cinématographique). Les techniques géographiques numériques colonisent et transforment de ce fait les représentations que nous pouvons nous faire de l’espace urbain, par le biais des technologies aussi bien militaires, destinées à la surveillance, que ludiques, avec les jeux vidéo qui en empruntent les modes d’expression. Cette diffusion va parfois jusqu’au corps humain, comme l’illustrent les « géo-tatouages » de l’actrice Angelina Jolie, sur l’épaule de qui sont inscrites les coordonnées des lieux de naissance ou d’adoption de ses six enfants. La thèse défendue, sous couvert de l’étude de cette invasion, est celle d’une profonde transformation de nos représentations de l’espace géographique, où la cartographie acquiert un primat et même une hégémonie qui marginalise d’autres modes de représentation. Or, cette hégémonie va de pair avec un ensemble de finalités et de pratiques, auxquelles il est difficile d’échapper, telles que la surveillance militaire ou étatique. Pour Henri Desbois, l’approche critique de la géographie dont il se réclame contribue à déconstruire de fausses évidences, au premier rang desquelles « la confusion entre la carte et le territoire représenté » (p.200), et s’inscrit donc dans une forme de « résistance ».

Il existe de nombreux travaux, en histoire de la géographie ou plus largement dans les sciences sociales qui, dans l’héritage de Foucault, se donnent pour objectif la déconstruction des fausses évidences d’un discours scientifique et en entreprennent la généalogie dans le but de dégager les enjeux politiques et les formes de domination qu’il recèle et qui imprègnent représentations du monde et pratiques savantes, ainsi que pratiques sociales tout court. Par rapport à ce corpus, l’originalité de ce livre réside dans sa troisième partie exhumant un imaginaire et ses mutations, c’est-à-dire tout un aval de la carte, son espace de réception et les pratiques qui s’y déploient. Certes, se saisir de ce riche matériau constitué de multiples produits culturels pour montrer en quoi il est porteur de logiques informées par la cartographie permet d’aller au-delà d’une classique critique épistémologique et d’enregistrer les signes clairs de la transformation culturelle massive qu’il identifie. Pour autant, il est difficile d’accorder à l’auteur que sa démarche dévoile l’existence de modes de connaissance, ou même simplement d’appréhension du monde, alternatifs à la cartographie scientifique. Son travail peut sans doute constituer un préalable à un tel objectif. Ses analyses littéraires ou cinématographiques, si elles témoignent des intuitions et de la sensibilité des artistes étudiés, ne sauraient cependant passer pour donner corps à cette prétention.

Une posture critique ambiguë

La posture même de l’auteur n’est d’ailleurs pas sans ambiguïté. Alors que, comme le montre les passages cités dans l’introduction de cette recension, il s’interdit d’attaquer de front les fondements scientifiques de la cartographie, on peut se demander jusqu’à quel point il assume la scientificité de la posture critique dont il se revendique. De ce point de vue, l’introduction de l’ouvrage n’offre guère de point d’appui. Elle situe son ambition dans un projet collectif plus global consistant à interroger l’essor des technologies numériques, en tant que pratiques centrales des sciences mais aussi en tant que transition majeure de nos sociétés. Elle justifie de manière convaincante le choix de l’objet cartographique dans cette perspective. En revanche, cette introduction ne s’attarde guère sur le positionnement scientifique de l’auteur, tant sur le plan théorique que sur celui de la méthode. On saura gré à Henri Desbois d’user avec bonheur d’une écriture dépouillée de tout jargon, directe et souvent ironique: la lecture en est aisée et plaisante. Mais il est surprenant que la référence aux travaux critiques de la cartographie de Brian Harley et de quelques-uns de ses épigones figure au cœur même de la troisième partie, comme à l’égal des autres matériaux étudiés. Les textes de sciences sociales ne constituent-ils qu’un autre corpus, où relever les variations de conception de la cartographie, entre discours positiviste et approches déconstructrices ? C’est-à-dire finalement un discours comme un autre, aux prétentions même moins assurées, en termes de solidité des connaissances, que la cartographie scientifique? L’auteur revient bien sur cette référence à Harley en fin de volume (p. 197), mais sans dissiper cette ambiguïté. Faut-il voir là un détail de la construction d’un texte qui se singularise par un rejet implicite des codes d’écriture dominant des sciences sociales ou bien la revendication assumée de modestie pour lesdites sciences sociales, au risque de fragiliser l’édifice même de la réflexion qui nous est livrée ? La stimulante critique dont ce plaisant ouvrage est porteur aurait tout à gagner à ce que son auteur clarifie cette ambiguïté.

L’Atlas du Liban. Les nouveaux défis en librairie et au Salon du Livre de Beyrouth

30086225300_268d70c4f2_nJ’ai le plaisir d’annoncer la parution aux Presses de l’IFPO de l’Atlas du Liban. Les nouveaux défis, que j’ai co-dirigé avec Ghaleb Faour et avec l’appui du CNRS Liban, co-éditeur. Mouin Hamzé, le secrétaire général de cette institution, a été l’initiateur de ce projet et lui a assuré un indispensable soutien institutionnel et financier. Claire Gillette, cartographe, a joué un rôle irremplaçable dans la coordination technique du projet en plus de ses immenses compétences professionnelles.

Un travail d’équipe

Cette nouvelle édition a été véritablement un travail collectif et franco-libanais à parts égales. Je salue d’une part les chercheurs du CNRS Liban qui ont mis à disposition et collaboré pour une analyse des riches données produites dans le centre de télédétection sous des angles inédits, en liaison avec Claire Gillette. De même, je me réjouis d’avoir travaillé avec la jeune équipe du Centre d’études et de recherches sur le développement et l’aménagement (CERDA), au sein de département d’urbanisme de l’Université Libanaise, où Jihad Farah a remarquablement coordonné la dernière partie de l’ouvrage consacré à la gouvernance urbaine et aux questions d’aménagement. Il propose un regard très original sur l’échelon local au Liban, face à la faillite de l’Etat central. D’autre part, nous avons eu aussi le plaisir de travaillé avec plusieurs jeunes chercheurs français qui font bénéficier l’ouvrage de leurs regards neufs et qualifiés sur des thématiques essentielles et parfois sous-étudiées dans la précédente édition de l’ouvrage: c’est le cas du chapitre de Bruno Dewailly sur les déséquilibres socio-économiques du Liban, de Marie Bonte dans son travail sur les inégalités de genre et de Christèle Allès sur la problématique de l’eau (il faut prendre le temps de regarder son très beau documentaire Ghaniyé bil Miyah, sur les conséquences de la réforme de l’eau dans la région du Akkar, au nord du Liban, réalisé avec Joëlle Puig).

Une impossible mise à jour

Cet ouvrage n’est pas tant la mise à jour que le prolongement de Atlas du Liban. Territoires et sociétés dont plusieurs sections conservent toute leur actualité, quand bien même certaines données peuvent paraître périmées. En effet, une véritable mise à jour aurait supposé l’existence et la disponibilité de données récentes prolongeant les séries utilisées dans la première édition. Or, malgré la collaboration de l’administration libanaise des statistiques, de telles données, pour l’essentiel, n’existent pas. Nous aurions certes pu demander à utiliser les données détaillées du recensement des immeubles et établissements de 2004. Mais ces enquêtes sont déjà largement périmées et de plus, elles ont été largement mises en question, notamment sur le plan démographique. Cette première édition reste accessible en ligne. Les analyses proposées sur la trajectoire géopolitique libanaise au cours du 20e s., sur la construction inachevée de l’Etat à travers la production et la visualisation du territoire, sur les transformations du peuplement, etc. restent largement valables.

Les thèmes traités

L’originalité de la présente édition réside donc dans l’accent placé sur les transformations brutales que connaît le Liban depuis 2005, à savoir le retour de la violence politique. Si nous avions pu traité, in extremis, des conséquences de la guerre de 2006 dans le précédent opus, nous détaillons la montée des milices et groupes armés, la décomposition politique (dont on peut douter que le dénouement politique attendu cette semaine puisse réellement la contienne durablement), et la fragmentation territoriale qui en découle. L’installation à n’en pas douter durable des réfugiés syriens dans le pays bouleverse les équilibres démographiques à l’échelle du pays mais aussi des différentes régions. Il faut souligner que leur accueil a été remarquablement apaisé eut égard au caractère massif de ce mouvement de population, et au contexte régional brulant. Mais la présence des réfugiés risque de devenir un fardeau social, économique et budgétaire durable qui mettra à l’épreuve cette hospitalité première, illustrée par de multiples analyses (bien étudiée par exemple par Marianne Madoré dans le cas de Borj Hammoud).

Par ailleurs, nous montrons l’épuisement du modèle économique mis en place dans les années de reconstruction et la dramatique extension de la pauvreté qui en résulte. L’arrivée des réfugiés syriens, même si elle fait tourner la machine économique, contribue à étendre la pauvreté. Il faudra revenir, dans un prochain billet, sur les tensions de genre qui traversent la société libanaise, et sur le déni dont elle font l’objet. Dans la continuité du précédent atlas, nous avons insisté sur la dégradation environnementale liée à l’extension mal contrôlée (voire pas du tout) de l’urbanisation. L’accaparement du littoral, particulièrement à Beyrouth, illustre parfaitement cette problématique. Certains enjeux, notamment la vulnérabilité sismique, semblent particulièrement préoccupants selon les premières données dont on dispose, issues du programme ANR Libris initié par les géologues de Grenoble en partenariat avec des équipes libanaises de l’USJ et du CNRS Liban. C’est un point qui mérite des approfondissements.

Un des angles originaux retenus dans ce livre est le décryptage des enjeux à travers la mise en évidence de controverses socio-spatiales, selon une idée proposée par Jihad Farah. Les différents chapitres alternent donc des doubles pages où nous présentons objectivement certains thèmes à travers l’analyse de données spatialisées, et d’autres centrées des controverses, donnant à voir une diversité de points de vue, d’acteurs en opposition et leurs répertoires d’action pour défendre leurs intérêts. Cela renvoie à l’une des thèses de l’Atlas sur la pluralisation et la conflictualisation de l’action publique, non pas uniquement à travers la montée d’acteurs militarisés contestant à l’Etat son « monopole de la violence légitime » mais aussi, de manière plus pacifique, par l’action d’associations, de groupes de citoyens très actifs et « vocaux » actuellement sur les enjeux d’occupation du littoral libanais. La crise des services publics, eau, électricité, déchets en constitue l’une des illustrations les plus manifestes de ces controverses, tout comme les débats portant sur les reconstructions et l’aménagement de diverses localités dans le pays, analysée dans le dernier chapitre (voir à ce sujet l’excellent article de J. Farah sur les controverses d’aménagement à Beyrouth).

Un atlas à faire connaître au public le plus large

L’Atlas du Liban. Les nouveaux défis paraît en même temps en traduction arabe, et je remercie notre fidèle traducteur, Mohamad Dbiyat, et mon collègue Ghaleb Faour qui a assuré le suivi efficace et très lourd de cette édition arabe. L’Atlas sera ainsi immédiatement accessible pour le public le plus large. Je me réjouis d’avoir une fois encore travaillé avec les Presses de l’IFPO (Nadine Méouchy, Tony Eid), à la fois pour la qualité de leur suivi scientifique et technique, et pour la solidité de leur ancrage local, garantie d’une diffusion efficace et durable, sous forme papier aussi bien qu’en ligne.

La première étape de cette diffusion sera la présentation publique lors du Salon du livre francophone de Beyrouth, le 11 novembre à 18 h. Nous aurons le plaisir d’écouter Jad Chaabane discuter notre travail et de débattre avec le public. Vous y êtes tous cordialement invités.

A télécharger: Table des matières et introduction (PDF 1,2 Mo)