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Langues universelles et artificielles

Généralités sur les langues universelle et artificielles

Pour un premier panorama

De juin à août 2001, la bibliothèque de l’Institut avait organisé une exposition intitulée « Langues universelles et artificielle ».  Je vous invite à vous reporter :

si vous êtes pressés au texte de présentation de l’exposition

si vous avez plus de temps et que vous vous délectez de références bibliographiques au catalogue des livres de l’exposition

Voir aussi la liste des langues établie par Arika Okrent pour son ouvrage (voir plus loin).

Sur la création de langues

Bibliographie générale

Paolo Albani et Berlinghiero Buonarroti. Dictionnaires des langues imaginaires, Paris, Les Belles Lettres, 2001.

Vera Barandovská-Frank. Enkonduka lernolibro de interlingvistiko. 1995

André  Blavier. Les Fous littéraires. Editions des Cendres, 2000.

Ernest K. Drezen. Historio de la Mondlingvo, Moscou, 1928, nouv. éd. 1991.

Umberto Eco. La recherche de la langue parfaite, Paris, Seuil, 1994.

J. Feller. « Les langues artificielles », Revue belge de philologie et d’histoire, (1923) vol. 2 n° 4, pp. 575-582

Sarah Marlaud. « Les langues artificielles sont-elles des langues ? Étude contrastive de l’espéranto et de la caractéristique universelle », Syntaxe et sémantique, (1/2013) n° 14, p. 85-117.

Arika Okrent. In the Land of Invented Languages: Esperanto Rock Stars, Klingon Poets, Loglan Lovers, and the Mad Dreamers Who Tried to Build A Perfect Language. 2009. Plus d’info sur cet ouvrage.

Charles Porset, « Langues universelles, langues philosophiques, langues auxiliaires au XIXe. Essai de bibliographie », Romantisme,  1979   vol. 9 n° 25-26, p. 209-215.

Marina  Yaguello. Les Fous du langage : des langues imaginaires et de leurs inventeurs. Paris, Seuil, 1984.

Voir du même auteur « La langue universelle », Sciences & Avenir. Hors-série, n° 125, janvier 2001.

Encyclopédies en ligne

Ideopedia, la première encyclopédie collaborative en français traitant des langues et mondes imaginaires.

Sur les différentes langues construites

Esperanto

Bibliographie d’ouvrages en français sur l’esperanto

Biblioteko  Hyppolite Sebert, une bibliothèque en ligne d’ouvrages numérique en esperanto et en français

Esperantido
Pasigraphie et pasilalie

Joseph  de Maimieux

Pasigraphie, Premiers élémens du nouvel art-science d’écrire et d’imprimer en une langue de manière à être lu et entendu dans toute autre langue sans traductionParis, 1797.

Pasigraphie et Pasilalie… Livre au moyen duquel on peut apprendre, en quinze heures et sans Maître, ces deux nouveaux arts qui n’en font qu’un … Paris, 1801

Épître familière au sens commun sur la pasigraphie et la pasilalieParis, 1801

Stoechiophonie
Volapuk

Articles dans Idéopedia et Wikipedia

 

http://www.canalacademie.com/ida255-La-quete-des-hommes-pour-une.html

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_construite

http://users.skynet.be/maevrard/esperanto.htm

http://40000kilometres.wordpress.com/category/francais/

Dans les coulisses des langues

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_langues_construites

 

 

Socialisme et esperanto

http://www.sat-amikaro.org/article1245.html

Trois poème complémentaires qui nous parlent de la liberté… et de son contraire

Je vous propose ci-dessous trois poèmes sur la liberté et l’ordre établi, le vagabondage et sa répression. Et à toute personne qui trouverait déplacé d’avoir reproduit les textes les plus récents alors qu’il existe des « ayant-droit » – cela m’a déjà été reproché à propos de la chanson Nuit et brouillard de Jean Ferrat – je rétorquerai que ces poèmes sont déjà largement diffusés sur internet et que, si les ayant-droit eux-mêmes me contactent, je veux bien les retirer, mais cela ne m’empêchera pas de faire un lien vers les sites où on peut les trouver….

Ma bohème – Arthur Rimbaud

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Procès verbal – Jean Tardieu

Cet individu était seul.
Il marchait comme un fou
il parlait aux pavés
souriait aux fenêtres
pleurait en dedans de lui-même
et sans répondre aux questions
il se heurtait aux gens, semblait ne pas les voir.

Nous l’avons arrêté.

Vos nom, prénom… – Francis Blanche

Ne cherchez pas à lire mon nom sur mes papiers,
J’a lavé mes empreintes et j’ai perdu mon âge.
Appelez moi fumée, appelez moi nuage,
Laissez le reste en blanc sans rien me demander.

Je n’ai jamais volé que mes instants de chance,
Je n’ai jamais tué que le temps qui passait.
Mes poches sont percées, mais je garde en secret,
Le coquillage bleu du fond de mon enfance.

Vous n’avez pas le droit de prendre mes bretelles…
Ouvrez moi cette porte….rendez moi mes lacets!
Je n’ai rien demandé, simplement je passais.
Si je n’ai pas de nom, c’est que nul ne m’appelle.

Je suis très bien ainsi, laissez moi m’en aller.
Je ne mendiais pas, n’étais même pas ivre.
Et s’il faut à tout prix mettre un nom sur vos livres,
Appelez moi nuage, appelez moi fumée.

Le monastère dit de « la source du baptême » dans la région d’Hébron : une enquête de terrain en cours…

Figure 1 : Cadre environnemental du site (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 1 : Cadre environnemental du site (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Le monastère de ʿAin el-Maʿmoudiyeh, situé à 8 km à l’ouest d’Hébron, est considéré comme tel en raison d’une inscription grecque gravée sur un linteau monumental découvert à terre, en 1946, qui fait mention d’un certain « Démétrios et sa communauté » (fig. 1). En dehors de ce témoignage, peu d’éléments sur place indiquent l’existence d’un ensemble monastique semblable à ceux que l’on connaît dans les campagnes de Judée, si ce n’est sa situation isolée au fond d’un wādī aux pentes escarpées. On y trouve actuellement, au milieu des champs d’oliviers et des vignes aménagés en terrasse, les ruines d’une chapelle baptismale paléochrétienne et d’un bâtiment médiéval (fig. 2).

Figure 2 : Localisation des vestiges 1 : secteur de la chapelle baptismale ; 2 : secteur du bâtiment médiéval (© Geomolg)

Figure 2 : Localisation des vestiges 1 : secteur de la chapelle baptismale ; 2 : secteur du bâtiment médiéval (© Geomolg)

L’enjeu des travaux entrepris sur le site par l’Ifpo, en collaboration avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine, consiste à mettre au jour les différentes composantes architecturales du monastère afin de comprendre l’organisation et la fonction de cette communauté implantée dans ce lieu retiré, non loin d’une ancienne voie de communication reliant Gaza à la vieille cité d’Abraham. Une source souterraine qui jaillit des entrailles de la roche calcaire pourrait constituer l’élément fondateur de cet établissement. C’est elle qui a vraisemblablement dicté l’emplacement du baptistère dont le rôle au sein de cet ensemble pourrait avoir été central. Ces deux composantes, la source et le baptistère, sont à l’origine du nom du site qui nous est parvenu jusqu’à aujourd’hui sous l’appellation ʿAin el-Maʿmoudiyeh (« La source du baptême »,عين المعمودية). Cette association avait permis jadis à Clemens Kopp, fin connaisseur de l’histoire des pèlerinages de Terre sainte, d’évoquer le site comme le lieu du « désert » où saint Jean-Baptiste, dans sa jeunesse, a commencé son ministère avant de faire son entrée sur la scène biblique en se retirant dans la région du Jourdain (Luc. I, 80).

Le baptistère

L’analyse architecturale et l’étude du matériel archéologique permettent de situer la construction du baptistère au cours du ᴠɪe siècle. L’édifice adopte le plan d’une chapelle à nef unique dotée d’une abside inscrite à l’intérieur d’un chevet plat (figs. 3 et 4).

 

Figure 3 : Chapelle baptismale (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 3 : Chapelle baptismale (Tous droits réservés Bertrand Riba)

 

Figure 4 : Plan simplifié de la chapelle et des dispositifs qui lui sont associés (les hachures indiquent l’emplacement du bassin primitif) ; (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 4 : Plan simplifié de la chapelle et des dispositifs qui lui sont associés (les hachures indiquent l’emplacement du bassin primitif) ; (Tous droits réservés Bertrand Riba)

La cuve maçonnée, insérée dans le sol dallé devant l’abside, est l’une des plus grandes de Palestine avec un diamètre de 1,80 m et une profondeur de 1,30 m. Le système hydraulique mis en œuvre est conçu de manière à ce qu’elle soit alimentée en permanence : un souterrain creusé dans la paroi sud du wādī permet de capter la source 11 m plus loin afin d’acheminer l’eau vers la cuve par le biais d’un chenal creusé dans la roche. Un second orifice était destiné à évacuer l’eau par le nord vers l’extérieur du monument. Ce système ingénieux permettait d’obtenir une eau courante, sans cesse renouvelée, et non souillée. Ces fonts baptismaux se distinguent ainsi de la grande majorité des baptistères palestiniens dont les cuves étaient reliées à un réservoir par un conduit ou bien simplement remplies au moyen de récipients et vidées de la même façon. Cette conception peu commune renvoie aux premiers temps du christianisme, à une période où certains écrits, tels que la Didachè, préconisent de pratiquer le baptême dans une eau courante, « vivante », en mouvement, à l’image de celle du Jourdain où fut baptisé le Christ, ou de celles des sources sanctifiées par des baptêmes évangéliques. La chapelle de ʿAin el-Maʿmoudiyeh semble donc témoigner de la volonté de renouer avec une pratique attachée au souvenir d’épisodes bibliques liés à l’origine de ce sacrement. Rappelons également que le souci de conserver l’eau vive à l’état de pureté naturelle et l’aménagement de la cuve dans le sol correspondent aux conditions requises en ce qui concerne la pratique du bain rituel dans le judaïsme. Ainsi, la conception de la chapelle, inspirée des formes classiques issues du monde gréco-romain, telle que l’architecture thermale, paraît ici se conjuguer à une organisation particulière prévue pour répondre aux besoins de rites judéo-chrétiens précis.

Récemment, les fouilles archéologiques ont mis au jour un état antérieur au baptistère. Le monastère n’a donc pas été édifié d’un seul tenant au ᴠɪe siècle pour célébrer une tradition naissante, comme on a pu le supposer, mais il s’inscrit dans une histoire plus ancienne. C’est ce qu’indique un bassin quadrangulaire dont le seul côté entièrement conservé présente une longueur de 2,10 m (fig. 5).

Figure 5 : Bassin primitif en cours de fouille découvert sous l’abside (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 5 : Bassin primitif en cours de fouille découvert sous l’abside (Tous droits réservés Bertrand Riba)

La profondeur exacte demeure inconnue puisque l’installation a été tronquée au moment de la construction de l’abside et de la pose d’un dallage, mais les parties restantes montrent que celle-ci dépassait 1,40 m. Le sol est pavé d’une mosaïque monochrome, tandis que les parois sont recouvertes d’un enduit hydraulique contenant des tessons qui ne semblent pas antérieurs au ve siècle. Dans l’état actuel de la recherche, la fonction de ce bassin primitif doit être précisée. Il pourrait s’agir d’un simple réservoir d’eau, mais sa situation à l’emplacement de la chapelle baptismale actuelle joue plutôt en faveur d’une installation destinée dès le départ à l’accomplissement de rites. L’hypothèse d’un baptistère plus ancien n’est pas à exclure.

Par ailleurs, l’édifice se distingue par le système d’évacuation mis en oeuvre et le parcours de l’eau à l’extérieur de l’édifice. Le liquide était d’abord récupéré par un bassin circulaire, de 0,54 m de profondeur pour 1 m de diamètre, surmonté d’une margelle de facture identique à celle de la grande cuve intérieure. Les dimensions de ce dispositif conviendraient parfaitement au baptême des enfants, mais rien pour le moment ne permet de s’en assurer. Cette petite cuve bénéficiait également d’une eau courante évacuée par deux orifices dont l’un seulement conserve un conduit de terre cuite par lequel le liquide s’écoulait vers une seconde cuve quadrangulaire juxtaposée à une troisième partiellement dégagée. Ce dispositif peu ordinaire de récupération et de redistribution de l’eau par l’emploi de trois bassins distincts soulève diverses interrogations sur la fonction de ces différents contenants et le statut de l’eau après son passage à l’intérieur de la chapelle. Si la première cuve était bien associée au baptême d’enfants, quel était le rôle des deux autres ? Ces installations étaient-elles liées d’une quelconque manière à la liturgie baptismale ou bien jouaient-elles un rôle d’ordre strictement pratique ? Les prochaines campagnes de fouilles permettront sans doute une meilleure compréhension de cette organisation particulière.

La quête des bâtiments communautaires

Si leur place varie dans les provinces de Palestine, les baptistères intègrent toujours un ensemble architectural cohérent destiné à répondre au mieux aux besoins de la liturgie. L’église, dans laquelle se déroule l’eucharistie, était rarement éloignée du lieu du baptême de façon à ce que les différentes étapes de la cérémonie de l’initiation puissent s’enchaîner. Les baptistères se placent donc tantôt dans l’une des annexes qui longent les collatéraux des basiliques, tantôt dans l’une des salles qui flanquent l’abside. D’autres, un peu plus éloignés du côté ouest, étaient accessibles par l’atrium ou le narthex. À ʿAin el-Maʿmoudiyeh, les travaux archéologiques n’ont pas permis de mettre en évidence le contexte architectural dans lequel s’inscrivait le baptistère en dehors d’une cour où se trouvaient les bassins évoqués plus haut. En revanche, les fouilles programmées dans le secteur du bâtiment médiéval, sur les premières hauteurs du versant septentrional du wādī, ont révélé les traces d’installations contemporaines du baptistère. La découverte d’un pavement de mosaïque soigné, malheureusement très endommagé par les constructeurs médiévaux et les pilleurs, indique l’emplacement d’un bâtiment paléochrétien adossé à la paroi rocheuse. Ce témoignage, malgré son aspect très fragmentaire, permet d’envisager l’existence d’une chapelle semi-rupestre semblable à celle que l’on trouve dans certains monastères établis dans les wādīs du désert de Judée. Les fouilles ont aussi mis au jour un second pan de mosaïque associé au même niveau de sol, caractérisé par un tapis de fleurettes comparable à ceux fréquemment employés dans les ensembles religieux du ᴠɪe siècle (fig. 6).

Figure 6 : Pavement de mosaïque d’un édifice protobyzantin (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 6 : Pavement de mosaïque d’un édifice protobyzantin (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Ce sol est connecté à la façade occidentale d’un bâtiment dont seul l’angle sud-ouest a été dégagé, dévoilant un nouveau sol de mosaïque situé à une hauteur supérieure et auquel correspond un conduit destiné à l’évacuation de l’eau depuis l’intérieur du bâtiment. La poursuite des travaux dans ce secteur devrait permettre de préciser le plan et la fonction de ce monument inédit.

L’occupation du site à partir de la période médiévale

Il est trop tôt pour préciser les modalités de l’occupation du site à partir de la conquête arabo-musulmane de la région survenue au ᴠɪɪe siècle. En revanche, la période franque est bien représentée par le matériel céramique et les vestiges de l’édifice qui s’élèvent actuellement contre le flanc nord du wādī, dans la zone des bâtiments protobyzantins évoqués ci-dessus (fig. 7).

Figure 7 : Ruine du bâtiment médiéval (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 7 : Ruine du bâtiment médiéval (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Un mur massif, large de 2 m, est relié à la paroi rocheuse par une voûte en arc brisé surbaissé. La construction se distingue par la présence d’un oculus quadrilobé typique de l’architecture latine. Cette ouverture zénithale, singulière par son emplacement dans la voûte à l’aplomb du passage entre la paroi rocheuse taillée et le mur (fig. 8), s’explique par le besoin d’aérer et d’éclairer l’espace qu’il surplombe.

Figure 8 : Oculus quadrilobé (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 8 : Oculus quadrilobé (Tous droits réservés Bertrand Riba)

L’attestation ou non d’un étage permettra de préciser si l’oculus captait directement la lumière du soleil ou bien s’il était inséré dans le sol d’une pièce supérieure. Le labour des cultures situées devant ces ruines n’a laissé aucun vestige en place, mais les tranchées réalisées à cet endroit ont permis d’observer des entailles dans le substrat dont la présence indique l’emplacement d’un mur parallèle, également épais de 2 m. L’amorce d’une voûte visible à la hauteur de la dernière assise du mur conservé témoigne du type de couverture autrefois mis en œuvre entre les deux constructions. Par ailleurs, du côté ouest, le départ d’un grand arc brisé aplati perpendiculaire aux vestiges en place révèle l’existence d’un second corps de bâtiment aujourd’hui disparu. Ce constat permet d’envisager une croisée de voûte au niveau du coude dessiné par les deux ailes du bâtiment. Ainsi, malgré le caractère très mal préservé des ruines, l’analyse architecturale en cours donne l’occasion de mieux comprendre le plan initial de l’édifice. Enfin, l’occupation du site se poursuit au-delà du retrait des Croisés. La période mamelouke est particulièrement bien représentée par des foyers, de la vaisselle et quelques monnaies. Cette population se contente de réoccuper les lieux en y apportant quelques remaniements mineurs.

Conclusion

Cette brève présentation a pour but de mettre en lumière l’importance qu’il convient d’accorder au site de ʿAin el-Maʿmoudiyeh. À ce jour, les récents travaux engagés sur le terrain ont permis de mieux saisir les caractéristiques particulières du baptistère, de localiser certaines composantes architecturales inédites et de préciser l’histoire du lieu. Le site est aussi l’un des rares ensembles archéologiques conservés à offrir l’occasion d’étudier le développement d’un établissement monastique à partir d’une source sanctifiée. La conception de la chapelle et sa relation avec l’eau naturelle appuient en effet l’hypothèse formulée par Clemens Kopp selon laquelle il convient d’enraciner dès l’Antiquité une tradition médiévale relative à la jeunesse de saint Jean-Baptiste administrant le sacrement du baptême à cet endroit. L’ancrage de cette tradition pourrait être le fait de la communauté religieuse soucieuse de hisser le site, en termes de notoriété, au niveau des lieux bibliques renommés attachés à la pratique du baptême. Cette stratégie a pu constituer un bon moyen de susciter l’attrait des fidèles qui sillonnaient les routes de Palestine, et si de prime abord la situation isolée du site à l’écart des axes principaux ne semble guère propice à la pratique du pèlerinage, les prospections récentes ont mis en évidence son accessibilité. Il était relativement aisé, en réalité, d’emprunter cet itinéraire bis par l’embouchure ouest du wādī et de suivre celui-ci jusqu’au monastère avant de remonter ses pentes vers l’est en direction de la prestigieuse cité des patriarches (Hébron) située à quelques kilomètres de là. La présence d’un petit fortin protobyzantin au point culminant d’une colline qui domine le site, renforce l’idée d’un lieu de passage fréquenté. Au cours de la période médiévale, le site continue d’être occupé, mais son rôle à cette époque reste encore à préciser.

Bibliographie

  • C. Kopp et A.-M. Steve, “Le désert de Saint Jean près d’Hébron”, Revue Biblique n° 53, p. 547-575, 1946. Consultable sur JSTOR : http://www.jstor.org/stable/44091167

Pour citer ce billet : Bertrand Riba, « Le monastère dit de « la source du baptême » dans la région d’Hébron : une enquête de terrain en cours… », Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), le 07 février 2018. [En  ligne] http://ifpo.hypotheses.org/7573

Betrand Riba

Betrand Riba

Bertrand Riba est chercheur à l’Ifpo, Territoires palestiniens. Il dirige les travaux archéologiques sur le site de ʿAin el-Maʿmoudiyeh, dans la région d’Hébron, en collaboration avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine. Son domaine de recherche se concentre sur le phénomène du pèlerinage chrétien au cours de la période protobyzantine au témoignage de l’archéologie.

Page personnelle et bibliographie sur le site de l’Ifpo : http://www.ifporient.org/bertrand-riba

Être prêtre et démocrate, des Lumières à la Restauration

L’AFHRC relaie la campagne de souscription lancée par les Amis des Archives de Franche-Comté pour la publication du livre de Vincent Petit, Un prêtre comtois constitutionnel et démocrate, Maurice Vernerey, curé du Luhier, prêtre, théologien, professeur, de la Révolution à la Restauration.

Maurice Vernerey (1762-1834) est aujourd’hui totalement tombé dans l’oubli. Il est même souvent absent de l’historiographie de la Révolution et de l’histoire de l’Église. Celui qui ne fut que desservant de la modeste cure du Luhier, dans le Haut-Doubs, a pourtant été en son temps un ecclésiastique respecté et un théologien engagé représentatif de ce clergé éclairé, acquis aux réformes religieuses, politiques et sociales. Des Lumières jusqu’à la Restauration, il a travaillé sans relâche pour améliorer la formation des prêtres et des fidèles, pour concilier démocratie et christianisme, pour promouvoir une religion au service de l’intérêt commun. Il a entretenu une correspondance nourrie avec l’abbé Grégoire à partir de 1795, qui est ici publiée dans son intégralité. D’autres documents inédits apportent de nouveaux éléments pour faire l’histoire de l’Église constitutionnelle dans le Doubs et le Jura, sur la persécution dont elle a été victime, et sur son absorption au sein de l’Église concordataire. Ces documents qui embrassent l’Ancien Régime, la Révolution, l’Empire et la Restauration dévoilent tout un pan de l’histoire religieuse, politique et sociale franc-comtoise. A travers la vie et l’œuvre de l’abbé Vernerey se comprend l’engagement difficile des prêtres qui prêtèrent serment à la Constitution civile du clergé et jurèrent fidélité à la nation. A travers la vie et l’œuvre de l’abbé Vernerey se déploie le destin malheureux de ces prêtres qui virent dans l’avènement d’une société plus juste, plus égalitaire et plus démocratique la réalisation de la religion qu’ils prêchaient.

Vincent Petit est professeur agrégé et docteur en histoire.

  • Édition des Amis des Archives de Franche-Comté : 300 pages – Format : 16 x 24 cm.
  • Sortie le 23 mars 2018 – Tirage limité
  • Date limite de souscription: 20 février 2018 au prix de 20 €. Prix public après la souscription : 26 €.

L’ouvrage est à réserver dès maintenant en envoyant le bon de souscription avant le 20 février 2018, avec règlement par chèque à l’ordre de : Archives de Franche-Comté ; 3 rue Beauregard ; F-25000 BESANÇON

Bulletin de souscription à imprimer sur le site : http://www.amis-archives-franche-comte.fr

Poste:MCF Histoire des mondes musulmans médiévaux (XIe-XVIe), Paris 7 Diderot [Délai : 07/03/2018]

Profil : Histoire des mondes musulmans médiévaux (XIe-XVIe siècles) Mots Clefs : Histoire médiévale ; Histoire des mondes musulmans ; Histoire connectée ; Circulations ; Sociétés musulmanes Présentation de l’université : Ouverte sur la ville et sur le monde, Paris Diderot est une université de recherche pluridisciplinaire. Carrefour des savoirs, en prise avec les grands débats qui animent la société contemporaine, elle est un creuset qui stimule les échanges et les innovations. Pluridisciplinaire depuis sa création en 1970, elle s’est toujours attachée à faire dialoguer les savoirs et développe de … Continuer la lecture de Poste:MCF Histoire des mondes musulmans médiévaux (XIe-XVIe), Paris 7 Diderot [Délai : 07/03/2018]

Poste:MCF Histoire du Moyen-Age occidental (XIe-XVe), Paris 7 Diderot [délai : 07/03/2018]

Profil : Histoire du Moyen-Age occidental (XIe-XVe siècles). Cultures : pratiques et acteurs. Mots clefs : Histoire de l’Occident médiéval ; Histoire des pratiques culturelles ; Pratiques de l’écrit ; Circulation des savoirs ; Histoire sociale   Présentation de l’université : Ouverte sur la ville et sur le monde, Paris Diderot est une université de recherche pluridisciplinaire. Carrefour des savoirs, en prise avec les grands débats qui animent la société contemporaine, elle est un creuset qui stimule les échanges et les innovations. Pluridisciplinaire depuis … Continuer la lecture de Poste:MCF Histoire du Moyen-Age occidental (XIe-XVe), Paris 7 Diderot [délai : 07/03/2018]

Sur Angelus Silesius et le Cherubinischer Wandersmann

Die Rose ist ohne Warum, sie blühet, weil sie blühet.
Sie achtet nicht ihrer selbst, fragt nicht, ob man sie siehet.

La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit,
N’a pour elle-même aucune attention, ne demande pas si on la voit.

 

Le distique ci-dessus est sans doute le plus célèbre de ceux  extraits du Cherubinischer Wandersmann. Ce n’est pourtant pas le seul, loin s’en faut, puisque cet ouvrage mystique, paru pour la première fois en 1657 sous le titre Geistreiche Sinn- und Schlussreime, ne contient pas moins de 1676 distiques et 10 sonnets.

Il a connu bien des rééditions depuis la seconde moitié du XVIIe siècle dont certaines sont accessibles en ligne :

Archive DTA GDZ Google Halle MDZ WDB
1657 oui oui
1675 oui oui
1701 oui
1737 oui
1827 oui
1829 oui
1862 oui oui
1895 oui

Par ailleurs, le texte de l’ouvrage a été reproduit sur Zeno.org et Gutenberg-DE.

Cherubinischer Wandersmann, 1674

https://books.google.fr/books?id=AQY7AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

https://books.google.fr/books?id=emUVAwAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

https://books.google.fr/books?id=LX0RAwAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

https://www.babelio.com/livres/Silesius-Le-Voyageur-cherubinique/483753

https://www.babelio.com/auteur/Angelus-Silesius/69631/citations

https://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=ASSR_166_0115

Cherubinischer Wandersmann, 1674

Traductions intégrales

Pèlerin chérubinique — « Cherubinischer Wandersmann », [bilingue], trad. d’Henri Plard, Paris, Aubier, « Classiques étrangers », 1946.

Le Pèlerin chérubique, [bilingue], trad. d’Eugène Susini, PUF, Paris, 1964, 2 tomes [bilingue]

Le Pèlerin chérubinique, trad. de Camille Jordens, Éditions du Cerf / Éditions Albin Michel, Paris, 1994.

Le Voyageur chérubinique, trad. de Maël Renouard, Payot & Rivages, Paris, 2004.

La chanteuse ‘Itab, icône « Google » de la « nouvelle » Arabie saoudite

‘Itab en icône sur la page de recherche de Google (avec la mention « stars égyptiennes » en rouge !!!)

Selon une tradition bien établie, Google choisit régulièrement d’honorer une personnalité en plaçant son portrait sous forme d’icône sur la page d’accueil de son moteur de recherche. Pour le monde arabe, il y a eu ainsi, entre autres exemples qui m’auront échappé, l’écrivain Taha Hussein en 2010 ou encore le chanteur Abdel-Halim Hafez l’année suivante. En ce moment, le géant des moteurs de recherche a eu l’idée de sortir de l’oubli la Saoudienne ‘Itab à l’occasion du 70e anniversaire de sa naissance (en 1947 donc). Je ne sais qui préside, chez Google ou ailleurs, à l’élection des personnalités ainsi mises en vedette mais, sans l’ombre d’une hésitation, le choix de cette figure de la chanson populaire tombe à un moment rêvé pour tous ceux qui souhaitent du bien au nouveau pouvoir saoudien.

Depuis qu’il a pris, officiellement ou presque, les rênes du royaume, on sait que le prince régent, le désormais très célèbre Mohammed Ben Salman, fait de la « distraction » (tarfîh) et de l’industrie des loisirs une arme de combat économique et plus encore politique (voir ce billet et celui qui le suit). Après des décennies de rigorisme moral, et même de puritanisme, MbS a choisi de rompre avec le passé récent en espérant capter à son profit le soutien des « libéraux », notamment au sein de la jeunesse, tout en redorant le blason d’un Royaume devenu, aux yeux de l’opinion mondiale, le symbole d’un despotisme bigot et moyenâgeux. Il va de soi qu’un tournant aussi brutal suscite l’opposition, ouverte ou non, de tous ceux qui ont à y perdre, au sein de l’institution religieuse naturellement, mais également parmi les différents centres de pouvoir qui subissent les assauts d’un jeune leader pour le moins assez impulsifs (parmi les billets récents sur ce pays, voir en particulier celui qui précède, « Le funambule et les fatwas… »).

À travers la chronique de la vie culturelle saoudienne, le sort de nombreux projets qui aboutissent, sont annulés ou déprogrammés permet de se rendre compte des luttes sourdes que se livrent partisans du changement et hérauts de la tradition. Le combat est particulièrement intense sur la scène musicale, symbole, plus encore que le cinéma, de tout ce que le conservatisme wahhabite exècre. Ainsi, les médias (à la botte) du Royaume ont beaucoup relayé la prestation réussie à Jeddah, il y a quelques semaines, de la « chanteuse des Émirats », Belqis (بلقيس أحمد : née en réalité au Yémen et naturalisée émirienne depuis 2012 seulement). La jeune vedette – qui n’oublie pas d’interpréter les hymnes nationaux des Émirats et du Royaume saoudien dans ses tours de chant – est même apparue sur la chaîne nationale saoudienne, ce qui n’était pas arrivé à une chanteuse, selon cet article dans Al-Akhbar , depuis près d’un demi-siècle ! En revanche, dans l’autre sens si l’on veut, on vient d’apprendre (information dans The New Khalij) l’annulation des concerts que devaient donner (devant des publics féminins, n’exagérons rien !) trois grandes stars de la scène arabe, la Koweïtienne Nawal, la Syrienne Asala et la Libanaise Majida El Roumi (dans ce cas, il s’agirait seulement d’un report au mois de février).

Venant après des « géants » tels que Taha Hussein et Abdel-Halim Hafez, le choix par Google d’honorer la mémoire de la chanteuse saoudienne ‘Itab s’accompagne donc, incontestablement, d’un fort parfum de cuisine politique. Donner la vedette, sur la page la plus fréquentée par les internautes du monde, à cette figure saoudienne de la chanson arabe sera à coup sûr perçu par la société locale comme le signe que quelque chose est en train de changer dans l’image qu’on veut donner du Royaume. Ou bien, à l’inverse, comme le signe que l’impudence des modernisateurs, avec le soutien manifeste de l’industrie informatique des USA, ne connaît plus de limite.

Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler le parcours de cette star de la scène musicale arabe qui eut son heure de célébrité, surtout dans les années 1980. Née à Riyad, elle commence, dès l’âge de 13 ans, à se produire dans les fêtes familiales, accompagnée par deux autres musiciennes. Une carrière professionnelle en tant que musicienne étant une chose aussi inimaginable pour sa famille que pour le reste de la société saoudienne, c’est au Koweït, un pays particulièrement libéral pour la Péninsule à cette époque, que la jeune femme, âgée d’une vingtaine d’années, connaît ses premiers succès. Elle y rencontre notamment le grand chanteur égyptien, Abdel-Halim Hafez, un de ceux qui l’aideront quelques années plus tard lorsqu’elle s’installera au Caire, au début des années 1980. C’est là qu’elle donnera toute la mesure de son talent, en se produisant dans un style, celui du ghinâ’ isti3râdhî (un peu l’équivalent de ce qu’on appelle la « revue » dans la tradition française du spectacle).

À mille lieues par conséquent de la bigoterie régnant dans son pays natal, auquel elle restera attachée par sa manière de chanter et son accent qu’elle n’a jamais cherché à masquer en l’« égyptianisant » à la différence de bien d’autres vedettes de la chanson. C’est probablement la seule chose qui autoriserait l’actuelle Arabie saoudite à revendiquer aujourd’hui la mémoire de cette grande interprète noire (voir à ce sujet un beau papier de Gamal Nkrumah intitulé Daughter of Arabia : « Itab the Shulammite »). D’autant plus que plusieurs de ses biographies (ici par exemple) mentionnent le fait qu’elle aurait dû quitter le « royaume des hommes » sur l’ordre express du roi de l’époque, Khaled ben Abdelaziz Al Saoud.

Elle est magnifique dans cette interprétation de son grand succès (un traditionnel irakien), Gani al-asmar (جاني الأسمر : le beau brun est arrivé). Un autre visage de l’Arabie saoudite !

Compte rendu de Beyond the Networked City: Infrastructure Reconfigurations and Urban Change in the North and South, livré dirigé par Olivier Coutard et Jonathan Rutherford

Ma recension du livre Beyond the Networked City: Infrastructure Reconfigurations and Urban Change in the North and South dirigé par Olivier Coutard et Jonathan Rutherford vient d’être publiée. Référence complète:

Verdeil, Eric. 2017. ‘Oliver Coutard and Jonathan Rutherford (Eds.) 2016: Beyond the Networked City: Infrastructure Reconfigurations and Urban Change in the North and South. London: Routledge’. International Journal of Urban and Regional Research 41 (6):1031–32. https://doi.org/10.1111/1468-2427.12573.

This collection comprises eleven chapters exploring the post-network city hypothesis. Editors Olivier Coutard and Jonathan Rutherford––both from LATTS, a research unit at Paris-Est University––began developing this idea a decade or so ago. The book represents a collective, sometimes contradictory, effort to explore and discuss the scope of a set of interrelated transformations affecting infrastructure and cities. All the chapters seek to challenge the domination of the network as a material infrastructure, an ideology and the object of political economy. According to the editors, the currently observed changes helping to define the post-networked city comprise ‘a shift from … homogeneity’ to ‘diversity (and targeted selectivity) of infrastructural spaces; reconfigurations and rescalings in the “spaces of solidarity” … (large scale solidarities are recombining with forms of local “autonomy”); socio-spatial solidarity increasingly based on the division of resources …; a shift from collective to more individualised or diversified practices, norms and expectations’ (which leads to ‘customized infrastructure’); ‘the rise of new forms of individual and collective appropriation of infrastructure’; and ‘international and interurban circulation of models supporting these shifts’ (p. 7).

This research endeavor largely unfolds from debates initiated by the book Splintering Urbanism. Many authors who took part in those discussions, including Stephen Graham and Simon Marvin, feature in this book. The book comes back in a way to the interpretation of the causal link between the neoliberalization of infrastructure and urban fragmentation. The literature on global South cities highlights the fact that the modern infrastructural ideal was barely implemented in such cities and points instead to the prevailing infrastructural diversity. Research on urban environmental change and urban political ecology has also emphasized that the production of infrastructure is a strongly politically contested process which may result in unexpected changes in the way infrastructures are conceived and implemented, and in their urban impact. Specifically, environmental concerns for the preservation of resources and a more circular economy have garnered support in many cities. This, in turn, is believed to favor the advent of a post-network city.

A strength of the book is the wide diversity of case studies it uses to discuss this hypothesis. Regarding infrastructure, we find case studies on water supply, sanitation, waste collection and treatment, electricity and heat supply, as well as roads and (more surprisingly) volumetric urbanism (i.e. domes or––to use a phrase of Simon Marvin’s––‘domic ecologies’). Geographically, the case studies located in the global South (Vietnam, India, Brazil and Columbia, plus a broader review of sub-Saharan African cases) balance out those located in Europe (Paris, Berlin, Manchester, Birmingham and Aberdeen) and the US.

The main development emergent from the chapters is a shift from the post-network city hypothesis to what is encapsulated by the book’s title: ‘beyond the networked city’. ‘Shifting forms of infrastructure never consist of big, paradigm-busting transitions from one large technical network to another’ (p. 6), observe the editors. Instead, the authors depict incremental changes, small-scale adjustments and repairs, experiments and sometimes failures. The hypothesis helps us to properly address the diversity and coexistence of infrastructural systems that the chapters identify, illustrating the waning of exclusive belief in the network as the sole way to legitimately access urban services. In this respect, the experience of infrastructural diversity in the global South is very illuminating, at a time when many local authorities are beginning to recognize the contribution of non-networked solutions to resource delivery imagined by urban dwellers themselves. But what Sylvy Jaglin describes as ‘a pragmatic turn’ (that she identifies in African cities) doesn’t mean that the network disappears from the aspirations of urban dwellers and city officials.

This trend towards diversity of infrastructural systems is also evident in cities of the global North, albeit less strikingly so than in the global South. There is, for instance, the recent promotion of heating districts in the UK, or the rediscovery of the value of the non-potable water network in Paris. In the UK, as well as in Berlin, the promotion of shorter circuits connects two arguments: one that envisions energy decentralization as a democratic development empowering local actors; and one that sees these new circuits as more environmentally sound. This argument is to be found in the European case studies alone. These examples also demonstrate how misleading the notion of post-network can be, since all these infrastructural systems still rely on networks: some at a meso-scale (heating districts), others still at city scale (Paris, Berlin). Barles et al. even propose the notion of ‘the hyper-networked city’ to acknowledge this fact. Other chapters also point to the fact that these networks in fact exceed the scale of the city, rendering the study of ‘infrastructural hinterlands’ essential.

On a final note, the editors stress that ‘the socio-political significations of ongoing urban infrastructural transitions [are] fundamentally ambivalent’ (p. 21). In some cases, they seem to reinforce neoliberal trends and social polarization, while in others they are seen as serving progressive agendas. Taking the case of Mumbai, Graham et al. analyze hydropolitics as the expression of a ‘revanchist urbanism’ by urban elites targeting illegal, as well as legal but provisory, connections in slum areas. De-networking the poor is the counterpoint of strategies of infrastructural secession among the middle and upper classes, thanks to rainwater harvesting and grey-water recycling. Jaglin interprets the African ‘infrastructural pragmatic turn’ in less dramatic terms. For her, legalizing ‘hybrid delivery configurations [is] a way for African state authorities to negotiate the urban transition: a partial regularisation of the informal sector facilitates the provision of essential services, in exchange for a civil order that also benefits the urban elites and dominant classes’ (pp.193–4), because they are among the customers of the new hybrid infrastructures. Several chapters also highlight (in contrast to the trend towards privatization) the increased role for public authorities in dealing with and planning for more diverse infrastructural systems.

Soundly grounded in theory, this book builds on rigorous and diverse case studies. It innovatively highlights the mutually constituting relations between changing infrastructure and urban environments. Its prudent conclusions open up avenues for future research focusing on the global inflexions of urban paradigms while also willing to grant due consideration to situated and contextualized trends.

Journée d’étude: « Bâtir, nourrir la ville au Moyen Âge : produits, acteurs et réseaux », Namur, 8/12/17.

37e journée d’étude du RMBLF Informations et inscription (souhaitée avant le 4 décembre) : frederic.chantinne[at]spw.wallonie.be Programme : Séance du matin 9h15-12h45 Pierre Paquet (Inspecteur général f.f. Patri- moine/SPW) – Introduction Josiane Pimpurniaux (SPW) – Vers une politique wallonne de la ville : une Politique de Promotion de la qualité architecturale et du patrimoine Laetizia Puccio (Archives de l’État à Namur) et Dolorès Ingels (SPW) – Chièvres : archéologie et histoire urbaine Catherine Péters (SPW) – Huy et l’archéologie : des bribes de passé dans une ville en mouvement … Continuer la lecture de Journée d’étude: « Bâtir, nourrir la ville au Moyen Âge : produits, acteurs et réseaux », Namur, 8/12/17.