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Appel à contributions:Conférence internationale « Humanities in transition », Barcelone, 23-26/10 [date limite : 15/08]

The conference is structured round three main subject areas: (1) Humanist thinking today; (2) The subtle sciences vs hard sciences; and (3) Posthumanism: beyond humanism? Each of these thematic areas will consist of oral presentations (papers) as well as workshops conceived above all as spaces for dialogue and debate. 1. Humanist thinking today Guest speaker: Jordi Pigem (Philosopher of science and writer) We are all well aware that the humanities, inspired by humanist thinking, have changed the world. We are talking about values, ideals … Continuer la lecture de Appel à contributions:Conférence internationale « Humanities in transition », Barcelone, 23-26/10 [date limite : 15/08]

séminaire:Corpus hagiographique bourguignon (Ve-XVe siècles):19/06/2018, Paris

Corpus hagiographique bourguignon (Ve-XVe siècles) Atelier 2. Débats et recherches 19 juin 2018 10h-18h Sorbonne – Salle Perroy Galerie Jean-Baptiste Dumas, escalier R, 2e étage 1, rue Victor Cousin – 75005 Paris Dans le cadre du programme des CBMA (Corpus Burgundiae Medii Aevi – cbma-project.eu), et du projet de réalisation d’un corpus structuré et hétérogène de textes latins médiévaux, un premier sous-corpus de textes hagiographiques bourguignons (Ve-XVe siècles) est en cours de réalisation. Venant en contraste avec les 29 000 actes diplomatiques déjà numérisés … Continuer la lecture de séminaire:Corpus hagiographique bourguignon (Ve-XVe siècles):19/06/2018, Paris

Appel à contribution:Maîtriser le temps et façonner l’histoire[délai:30/09/2018]

Ce colloque international sur l’historiographie normande du Moyen Âge et de l’époque moderne vise à nourrir la réflexion des historiens autour de trois axes : « Dans l’atelier de l’historien : outils et sources indispensables à la maîtrise du temps et à l’écriture de l’histoire », « Écrire, réécrire, compiler, traduire : la part de l’auteur ? » et « Lire les historiens médiévaux et modernes aujourd’hui » Argumentaire Dix ans après le colloque de Cerisy consacré à l’historiographie médiévale normande et à ses … Continuer la lecture de Appel à contribution:Maîtriser le temps et façonner l’histoire[délai:30/09/2018]

Appel à communication : Traductio et Traditio Mediaevales: ciència, coneixement i ideologia:ciutat de Morella (Castelló), 14-16/03/2019[délai:30/09/2018]

Propostes de comunicació El Grup de Recerca d’Estudis Medievals Interdisciplinaris (GREMI) es complau d’anunciar-vos la celebració del Congrés Internacional Traductio et Traditio Mediaevales: ciència, coneixement i ideologia, que tindrà lloc a la ciutat de Morella (Castelló) els dies 14, 15 i 16 de març de 2019. El comitè organitzador acceptarà comunicacions sobre qualsevol aspecte relacionat amb la traducció i la transmissió cultural durant l’Edat Mitjana. Fins al 30 de setembre de 2018, les persones interessades poden enviar una proposta de participació al correu electrònic … Continuer la lecture de Appel à communication : Traductio et Traditio Mediaevales: ciència, coneixement i ideologia:ciutat de Morella (Castelló), 14-16/03/2019[délai:30/09/2018]

Sur Joseph Déjacque

Dernièrement, un collègue m’a demandé si je connaissais Joseph Déjacque. J’avoue que je savais rien  cet écrivain anarchiste. Il est pourtant l’auteur d’À bas les chefs ! dont le titre ne peut que me plaire même si ce n’est pas celui d’origine… et l’inventeur du néologisme « libertaire » dont il se servit pour le titre de son journal, Le Libertaire dont 27 numéros sont parus à New York de juin 1858 à février 1861. Car Déjacque fut un exilé ayant fuit le gouvernement de Louis-Napoléon Bonaparte et réfugié longuement aux Etats-Unis, où il signe en le manifeste inaugural de l’Association internationale des travailleurs (AIT). Bref, une personnalité plutôt intéressante, qui s’oppose, parmi les anarchistes, au misogyne Proudhon, et, parmi les proscrits, au modéré  Victor Hugo

Pour en savoir plus

Sa biographie dans le Maitron

Ses œuvres sont pour la plupart en ligne sur les sites suivants

BA BL Ga In JD Li NF Wi
La proclamations de la République (1848) oui 
Aux ci-devant dynastiques, aux tartufes du peuple et de la liberté (1848) oui oui oui 
Les Lazaréennes, fables et poésies sociales (1851, puis 1857) oui
Discours prononcé le 26 juillet 1853 sur la tombe de Louise Julien, proscrite oui  oui
La question révolutionnaire (1854) oui oui  oui
De l’être-humain mâle et femelle. Lettre à P.J. Proudhon (1857) oui oui oui oui oui
 Béranger au pilori (1857) oui  oui  oui
L’Humanisphère, utopie anarchique (1858) oui  oui  oui  oui  oui  oui
De quoi vous plaignez-vous ? (1858) oui oui
L’autorité – La dictature (1859) = À bas les chefs ! oui oui oui oui  oui
La guerre servile (1859) oui
 Lettre à Pierre Vésinier (1861)  oui

 

Publication – « Medieval Europe in Motion. The Circulation of Artists, Images, Patterns and Ideas from the Mediterranean to the Atlantic Coast (6th-15th centuries) », dir. Maria Alessandra Bilotta

Notions of movement and mobility are central to understanding many aspects of medieval society. Essentially, movement involves connections across time, objects, people, and space. The essays in this volume investigate how the circulation, motion, and mobility of people, patterns, and ideas influenced artistic creation between the 6th and 15th centuries – from the Mediterranean to the Atlantic coast. Scholarship in the volume manifests the international scope of current research on artistic and cultural circulation and mobility in the European Middle Ages. In it, readers … Continuer la lecture de Publication – « Medieval Europe in Motion. The Circulation of Artists, Images, Patterns and Ideas from the Mediterranean to the Atlantic Coast (6th-15th centuries) », dir. Maria Alessandra Bilotta

Langues universelles et artificielles

Généralités sur les langues universelle et artificielles

Pour un premier panorama

De juin à août 2001, la bibliothèque de l’Institut avait organisé une exposition intitulée « Langues universelles et artificielle ».  Je vous invite à vous reporter :

si vous êtes pressés au texte de présentation de l’exposition

si vous avez plus de temps et que vous vous délectez de références bibliographiques au catalogue des livres de l’exposition

Voir aussi la liste des langues établie par Arika Okrent pour son ouvrage (voir plus loin).

Sur la création de langues

Bibliographie générale

Paolo Albani et Berlinghiero Buonarroti. Dictionnaires des langues imaginaires, Paris, Les Belles Lettres, 2001.

Vera Barandovská-Frank. Enkonduka lernolibro de interlingvistiko. 1995

André  Blavier. Les Fous littéraires. Editions des Cendres, 2000.

Ernest K. Drezen. Historio de la Mondlingvo, Moscou, 1928, nouv. éd. 1991.

Umberto Eco. La recherche de la langue parfaite, Paris, Seuil, 1994.

J. Feller. « Les langues artificielles », Revue belge de philologie et d’histoire, (1923) vol. 2 n° 4, pp. 575-582

Sarah Marlaud. « Les langues artificielles sont-elles des langues ? Étude contrastive de l’espéranto et de la caractéristique universelle », Syntaxe et sémantique, (1/2013) n° 14, p. 85-117.

Arika Okrent. In the Land of Invented Languages: Esperanto Rock Stars, Klingon Poets, Loglan Lovers, and the Mad Dreamers Who Tried to Build A Perfect Language. 2009. Plus d’info sur cet ouvrage.

Charles Porset, « Langues universelles, langues philosophiques, langues auxiliaires au XIXe. Essai de bibliographie », Romantisme,  1979   vol. 9 n° 25-26, p. 209-215.

Marina  Yaguello. Les Fous du langage : des langues imaginaires et de leurs inventeurs. Paris, Seuil, 1984.

Voir du même auteur « La langue universelle », Sciences & Avenir. Hors-série, n° 125, janvier 2001.

Encyclopédies en ligne

Ideopedia, la première encyclopédie collaborative en français traitant des langues et mondes imaginaires.

Sur les différentes langues construites

Esperanto

Bibliographie d’ouvrages en français sur l’esperanto

Biblioteko  Hyppolite Sebert, une bibliothèque en ligne d’ouvrages numérique en esperanto et en français

Esperantido
Pasigraphie et pasilalie

Joseph  de Maimieux

Pasigraphie, Premiers élémens du nouvel art-science d’écrire et d’imprimer en une langue de manière à être lu et entendu dans toute autre langue sans traductionParis, 1797.

Pasigraphie et Pasilalie… Livre au moyen duquel on peut apprendre, en quinze heures et sans Maître, ces deux nouveaux arts qui n’en font qu’un … Paris, 1801

Épître familière au sens commun sur la pasigraphie et la pasilalieParis, 1801

Stoechiophonie
Volapuk

Articles dans Idéopedia et Wikipedia

 

http://www.canalacademie.com/ida255-La-quete-des-hommes-pour-une.html

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_construite

http://users.skynet.be/maevrard/esperanto.htm

http://40000kilometres.wordpress.com/category/francais/

Dans les coulisses des langues

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_langues_construites

 

 

Socialisme et esperanto

http://www.sat-amikaro.org/article1245.html

Trois poème complémentaires qui nous parlent de la liberté… et de son contraire

Je vous propose ci-dessous trois poèmes sur la liberté et l’ordre établi, le vagabondage et sa répression. Et à toute personne qui trouverait déplacé d’avoir reproduit les textes les plus récents alors qu’il existe des « ayant-droit » – cela m’a déjà été reproché à propos de la chanson Nuit et brouillard de Jean Ferrat – je rétorquerai que ces poèmes sont déjà largement diffusés sur internet et que, si les ayant-droit eux-mêmes me contactent, je veux bien les retirer, mais cela ne m’empêchera pas de faire un lien vers les sites où on peut les trouver….

Ma bohème – Arthur Rimbaud

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Procès verbal – Jean Tardieu

Cet individu était seul.
Il marchait comme un fou
il parlait aux pavés
souriait aux fenêtres
pleurait en dedans de lui-même
et sans répondre aux questions
il se heurtait aux gens, semblait ne pas les voir.

Nous l’avons arrêté.

Vos nom, prénom… – Francis Blanche

Ne cherchez pas à lire mon nom sur mes papiers,
J’a lavé mes empreintes et j’ai perdu mon âge.
Appelez moi fumée, appelez moi nuage,
Laissez le reste en blanc sans rien me demander.

Je n’ai jamais volé que mes instants de chance,
Je n’ai jamais tué que le temps qui passait.
Mes poches sont percées, mais je garde en secret,
Le coquillage bleu du fond de mon enfance.

Vous n’avez pas le droit de prendre mes bretelles…
Ouvrez moi cette porte….rendez moi mes lacets!
Je n’ai rien demandé, simplement je passais.
Si je n’ai pas de nom, c’est que nul ne m’appelle.

Je suis très bien ainsi, laissez moi m’en aller.
Je ne mendiais pas, n’étais même pas ivre.
Et s’il faut à tout prix mettre un nom sur vos livres,
Appelez moi nuage, appelez moi fumée.

Le monastère dit de « la source du baptême » dans la région d’Hébron : une enquête de terrain en cours…

Figure 1 : Cadre environnemental du site (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 1 : Cadre environnemental du site (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Le monastère de ʿAin el-Maʿmoudiyeh, situé à 8 km à l’ouest d’Hébron, est considéré comme tel en raison d’une inscription grecque gravée sur un linteau monumental découvert à terre, en 1946, qui fait mention d’un certain « Démétrios et sa communauté » (fig. 1). En dehors de ce témoignage, peu d’éléments sur place indiquent l’existence d’un ensemble monastique semblable à ceux que l’on connaît dans les campagnes de Judée, si ce n’est sa situation isolée au fond d’un wādī aux pentes escarpées. On y trouve actuellement, au milieu des champs d’oliviers et des vignes aménagés en terrasse, les ruines d’une chapelle baptismale paléochrétienne et d’un bâtiment médiéval (fig. 2).

Figure 2 : Localisation des vestiges 1 : secteur de la chapelle baptismale ; 2 : secteur du bâtiment médiéval (© Geomolg)

Figure 2 : Localisation des vestiges 1 : secteur de la chapelle baptismale ; 2 : secteur du bâtiment médiéval (© Geomolg)

L’enjeu des travaux entrepris sur le site par l’Ifpo, en collaboration avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine, consiste à mettre au jour les différentes composantes architecturales du monastère afin de comprendre l’organisation et la fonction de cette communauté implantée dans ce lieu retiré, non loin d’une ancienne voie de communication reliant Gaza à la vieille cité d’Abraham. Une source souterraine qui jaillit des entrailles de la roche calcaire pourrait constituer l’élément fondateur de cet établissement. C’est elle qui a vraisemblablement dicté l’emplacement du baptistère dont le rôle au sein de cet ensemble pourrait avoir été central. Ces deux composantes, la source et le baptistère, sont à l’origine du nom du site qui nous est parvenu jusqu’à aujourd’hui sous l’appellation ʿAin el-Maʿmoudiyeh (« La source du baptême »,عين المعمودية). Cette association avait permis jadis à Clemens Kopp, fin connaisseur de l’histoire des pèlerinages de Terre sainte, d’évoquer le site comme le lieu du « désert » où saint Jean-Baptiste, dans sa jeunesse, a commencé son ministère avant de faire son entrée sur la scène biblique en se retirant dans la région du Jourdain (Luc. I, 80).

Le baptistère

L’analyse architecturale et l’étude du matériel archéologique permettent de situer la construction du baptistère au cours du ᴠɪe siècle. L’édifice adopte le plan d’une chapelle à nef unique dotée d’une abside inscrite à l’intérieur d’un chevet plat (figs. 3 et 4).

 

Figure 3 : Chapelle baptismale (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 3 : Chapelle baptismale (Tous droits réservés Bertrand Riba)

 

Figure 4 : Plan simplifié de la chapelle et des dispositifs qui lui sont associés (les hachures indiquent l’emplacement du bassin primitif) ; (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 4 : Plan simplifié de la chapelle et des dispositifs qui lui sont associés (les hachures indiquent l’emplacement du bassin primitif) ; (Tous droits réservés Bertrand Riba)

La cuve maçonnée, insérée dans le sol dallé devant l’abside, est l’une des plus grandes de Palestine avec un diamètre de 1,80 m et une profondeur de 1,30 m. Le système hydraulique mis en œuvre est conçu de manière à ce qu’elle soit alimentée en permanence : un souterrain creusé dans la paroi sud du wādī permet de capter la source 11 m plus loin afin d’acheminer l’eau vers la cuve par le biais d’un chenal creusé dans la roche. Un second orifice était destiné à évacuer l’eau par le nord vers l’extérieur du monument. Ce système ingénieux permettait d’obtenir une eau courante, sans cesse renouvelée, et non souillée. Ces fonts baptismaux se distinguent ainsi de la grande majorité des baptistères palestiniens dont les cuves étaient reliées à un réservoir par un conduit ou bien simplement remplies au moyen de récipients et vidées de la même façon. Cette conception peu commune renvoie aux premiers temps du christianisme, à une période où certains écrits, tels que la Didachè, préconisent de pratiquer le baptême dans une eau courante, « vivante », en mouvement, à l’image de celle du Jourdain où fut baptisé le Christ, ou de celles des sources sanctifiées par des baptêmes évangéliques. La chapelle de ʿAin el-Maʿmoudiyeh semble donc témoigner de la volonté de renouer avec une pratique attachée au souvenir d’épisodes bibliques liés à l’origine de ce sacrement. Rappelons également que le souci de conserver l’eau vive à l’état de pureté naturelle et l’aménagement de la cuve dans le sol correspondent aux conditions requises en ce qui concerne la pratique du bain rituel dans le judaïsme. Ainsi, la conception de la chapelle, inspirée des formes classiques issues du monde gréco-romain, telle que l’architecture thermale, paraît ici se conjuguer à une organisation particulière prévue pour répondre aux besoins de rites judéo-chrétiens précis.

Récemment, les fouilles archéologiques ont mis au jour un état antérieur au baptistère. Le monastère n’a donc pas été édifié d’un seul tenant au ᴠɪe siècle pour célébrer une tradition naissante, comme on a pu le supposer, mais il s’inscrit dans une histoire plus ancienne. C’est ce qu’indique un bassin quadrangulaire dont le seul côté entièrement conservé présente une longueur de 2,10 m (fig. 5).

Figure 5 : Bassin primitif en cours de fouille découvert sous l’abside (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 5 : Bassin primitif en cours de fouille découvert sous l’abside (Tous droits réservés Bertrand Riba)

La profondeur exacte demeure inconnue puisque l’installation a été tronquée au moment de la construction de l’abside et de la pose d’un dallage, mais les parties restantes montrent que celle-ci dépassait 1,40 m. Le sol est pavé d’une mosaïque monochrome, tandis que les parois sont recouvertes d’un enduit hydraulique contenant des tessons qui ne semblent pas antérieurs au ve siècle. Dans l’état actuel de la recherche, la fonction de ce bassin primitif doit être précisée. Il pourrait s’agir d’un simple réservoir d’eau, mais sa situation à l’emplacement de la chapelle baptismale actuelle joue plutôt en faveur d’une installation destinée dès le départ à l’accomplissement de rites. L’hypothèse d’un baptistère plus ancien n’est pas à exclure.

Par ailleurs, l’édifice se distingue par le système d’évacuation mis en oeuvre et le parcours de l’eau à l’extérieur de l’édifice. Le liquide était d’abord récupéré par un bassin circulaire, de 0,54 m de profondeur pour 1 m de diamètre, surmonté d’une margelle de facture identique à celle de la grande cuve intérieure. Les dimensions de ce dispositif conviendraient parfaitement au baptême des enfants, mais rien pour le moment ne permet de s’en assurer. Cette petite cuve bénéficiait également d’une eau courante évacuée par deux orifices dont l’un seulement conserve un conduit de terre cuite par lequel le liquide s’écoulait vers une seconde cuve quadrangulaire juxtaposée à une troisième partiellement dégagée. Ce dispositif peu ordinaire de récupération et de redistribution de l’eau par l’emploi de trois bassins distincts soulève diverses interrogations sur la fonction de ces différents contenants et le statut de l’eau après son passage à l’intérieur de la chapelle. Si la première cuve était bien associée au baptême d’enfants, quel était le rôle des deux autres ? Ces installations étaient-elles liées d’une quelconque manière à la liturgie baptismale ou bien jouaient-elles un rôle d’ordre strictement pratique ? Les prochaines campagnes de fouilles permettront sans doute une meilleure compréhension de cette organisation particulière.

La quête des bâtiments communautaires

Si leur place varie dans les provinces de Palestine, les baptistères intègrent toujours un ensemble architectural cohérent destiné à répondre au mieux aux besoins de la liturgie. L’église, dans laquelle se déroule l’eucharistie, était rarement éloignée du lieu du baptême de façon à ce que les différentes étapes de la cérémonie de l’initiation puissent s’enchaîner. Les baptistères se placent donc tantôt dans l’une des annexes qui longent les collatéraux des basiliques, tantôt dans l’une des salles qui flanquent l’abside. D’autres, un peu plus éloignés du côté ouest, étaient accessibles par l’atrium ou le narthex. À ʿAin el-Maʿmoudiyeh, les travaux archéologiques n’ont pas permis de mettre en évidence le contexte architectural dans lequel s’inscrivait le baptistère en dehors d’une cour où se trouvaient les bassins évoqués plus haut. En revanche, les fouilles programmées dans le secteur du bâtiment médiéval, sur les premières hauteurs du versant septentrional du wādī, ont révélé les traces d’installations contemporaines du baptistère. La découverte d’un pavement de mosaïque soigné, malheureusement très endommagé par les constructeurs médiévaux et les pilleurs, indique l’emplacement d’un bâtiment paléochrétien adossé à la paroi rocheuse. Ce témoignage, malgré son aspect très fragmentaire, permet d’envisager l’existence d’une chapelle semi-rupestre semblable à celle que l’on trouve dans certains monastères établis dans les wādīs du désert de Judée. Les fouilles ont aussi mis au jour un second pan de mosaïque associé au même niveau de sol, caractérisé par un tapis de fleurettes comparable à ceux fréquemment employés dans les ensembles religieux du ᴠɪe siècle (fig. 6).

Figure 6 : Pavement de mosaïque d’un édifice protobyzantin (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 6 : Pavement de mosaïque d’un édifice protobyzantin (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Ce sol est connecté à la façade occidentale d’un bâtiment dont seul l’angle sud-ouest a été dégagé, dévoilant un nouveau sol de mosaïque situé à une hauteur supérieure et auquel correspond un conduit destiné à l’évacuation de l’eau depuis l’intérieur du bâtiment. La poursuite des travaux dans ce secteur devrait permettre de préciser le plan et la fonction de ce monument inédit.

L’occupation du site à partir de la période médiévale

Il est trop tôt pour préciser les modalités de l’occupation du site à partir de la conquête arabo-musulmane de la région survenue au ᴠɪɪe siècle. En revanche, la période franque est bien représentée par le matériel céramique et les vestiges de l’édifice qui s’élèvent actuellement contre le flanc nord du wādī, dans la zone des bâtiments protobyzantins évoqués ci-dessus (fig. 7).

Figure 7 : Ruine du bâtiment médiéval (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 7 : Ruine du bâtiment médiéval (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Un mur massif, large de 2 m, est relié à la paroi rocheuse par une voûte en arc brisé surbaissé. La construction se distingue par la présence d’un oculus quadrilobé typique de l’architecture latine. Cette ouverture zénithale, singulière par son emplacement dans la voûte à l’aplomb du passage entre la paroi rocheuse taillée et le mur (fig. 8), s’explique par le besoin d’aérer et d’éclairer l’espace qu’il surplombe.

Figure 8 : Oculus quadrilobé (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 8 : Oculus quadrilobé (Tous droits réservés Bertrand Riba)

L’attestation ou non d’un étage permettra de préciser si l’oculus captait directement la lumière du soleil ou bien s’il était inséré dans le sol d’une pièce supérieure. Le labour des cultures situées devant ces ruines n’a laissé aucun vestige en place, mais les tranchées réalisées à cet endroit ont permis d’observer des entailles dans le substrat dont la présence indique l’emplacement d’un mur parallèle, également épais de 2 m. L’amorce d’une voûte visible à la hauteur de la dernière assise du mur conservé témoigne du type de couverture autrefois mis en œuvre entre les deux constructions. Par ailleurs, du côté ouest, le départ d’un grand arc brisé aplati perpendiculaire aux vestiges en place révèle l’existence d’un second corps de bâtiment aujourd’hui disparu. Ce constat permet d’envisager une croisée de voûte au niveau du coude dessiné par les deux ailes du bâtiment. Ainsi, malgré le caractère très mal préservé des ruines, l’analyse architecturale en cours donne l’occasion de mieux comprendre le plan initial de l’édifice. Enfin, l’occupation du site se poursuit au-delà du retrait des Croisés. La période mamelouke est particulièrement bien représentée par des foyers, de la vaisselle et quelques monnaies. Cette population se contente de réoccuper les lieux en y apportant quelques remaniements mineurs.

Conclusion

Cette brève présentation a pour but de mettre en lumière l’importance qu’il convient d’accorder au site de ʿAin el-Maʿmoudiyeh. À ce jour, les récents travaux engagés sur le terrain ont permis de mieux saisir les caractéristiques particulières du baptistère, de localiser certaines composantes architecturales inédites et de préciser l’histoire du lieu. Le site est aussi l’un des rares ensembles archéologiques conservés à offrir l’occasion d’étudier le développement d’un établissement monastique à partir d’une source sanctifiée. La conception de la chapelle et sa relation avec l’eau naturelle appuient en effet l’hypothèse formulée par Clemens Kopp selon laquelle il convient d’enraciner dès l’Antiquité une tradition médiévale relative à la jeunesse de saint Jean-Baptiste administrant le sacrement du baptême à cet endroit. L’ancrage de cette tradition pourrait être le fait de la communauté religieuse soucieuse de hisser le site, en termes de notoriété, au niveau des lieux bibliques renommés attachés à la pratique du baptême. Cette stratégie a pu constituer un bon moyen de susciter l’attrait des fidèles qui sillonnaient les routes de Palestine, et si de prime abord la situation isolée du site à l’écart des axes principaux ne semble guère propice à la pratique du pèlerinage, les prospections récentes ont mis en évidence son accessibilité. Il était relativement aisé, en réalité, d’emprunter cet itinéraire bis par l’embouchure ouest du wādī et de suivre celui-ci jusqu’au monastère avant de remonter ses pentes vers l’est en direction de la prestigieuse cité des patriarches (Hébron) située à quelques kilomètres de là. La présence d’un petit fortin protobyzantin au point culminant d’une colline qui domine le site, renforce l’idée d’un lieu de passage fréquenté. Au cours de la période médiévale, le site continue d’être occupé, mais son rôle à cette époque reste encore à préciser.

Bibliographie

  • C. Kopp et A.-M. Steve, “Le désert de Saint Jean près d’Hébron”, Revue Biblique n° 53, p. 547-575, 1946. Consultable sur JSTOR : http://www.jstor.org/stable/44091167

Pour citer ce billet : Bertrand Riba, « Le monastère dit de « la source du baptême » dans la région d’Hébron : une enquête de terrain en cours… », Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), le 07 février 2018. [En  ligne] http://ifpo.hypotheses.org/7573

Betrand Riba

Betrand Riba

Bertrand Riba est chercheur à l’Ifpo, Territoires palestiniens. Il dirige les travaux archéologiques sur le site de ʿAin el-Maʿmoudiyeh, dans la région d’Hébron, en collaboration avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine. Son domaine de recherche se concentre sur le phénomène du pèlerinage chrétien au cours de la période protobyzantine au témoignage de l’archéologie.

Page personnelle et bibliographie sur le site de l’Ifpo : http://www.ifporient.org/bertrand-riba