Archives de catégorie : Expositions

TYPOGRAPHIAe ARABICAe exposée à la Bibliothèque nationale de Tunisie — 13 avril-30 juin 2017

L’exposition TYPOGRAPHIAe ARABICAe sera visible à la Bibliothèque nationale de Tunisie du 13 avril au 30 juin 2017. Élaborée par la BULAC et l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (EHESS), elle a été présentée pour la première fois au public durant l’été 2015, dans la galerie du Pôle des langues et civilisations. [En savoir plus] Consulter le dossier de presse de l’exposition réalisé en 2015. Vues du vernissage

Exposition : Le Caire sur le vif. Beniamino Facchinelli,photographie (1875-1895)

Redécouvert très récemment par le recoupement de recherches de spécialistes de la photographie et du Moyen Orient, le travail de Beniamino Facchinelli réalisé au Caire entre 1875 et 1895 sera présenté pour la première fois à l’Institut national d’histoire de l’art du 21 avril au 8 juillet 2017, illustré par une sélection de tirages originaux, ouvrages scientifiques et cartes postales d’époque.

Établi au Caire au cours des années 1870, Beniamino Facchinelli a réalisé quelque 1 200 vues de ses rues et de ses monuments. Certaines répondent à des commandes passées par des amateurs français ou britanniques engagés dans la conservation et la restauration des monuments du Caire, et s’attachent à en documenter au plus près la physionomie. D’autres saisissent la ville au quotidien, sa vie et les mouvements humains, animaux dans ses rues. Certaines se distinguent par l’originalité de leur facture proche de l’instantané et toutes par leur style documentaire. Elles fournissent à ce titre un témoignage inédit et original de l’univers architectural, ornemental et urbain cairote avant les grandes restaurations du début du XXe siècle.

L’exposition présentée à l’INHA résulte des travaux plus généraux menés par le laboratoire InVisu (CNRS/INHA) sur l’iconographie du patrimoine monumental du Caire. Elle présente un inventaire photographique des architectures civiles, religieuses et des constructions modernes ou pittoresques à la fin du XIXe siècle. Elle revient également sur les techniques photographiques utilisées par Facchinelli, ainsi que sur la circulation de ses images dans les milieux aussi bien savants qu’artistiques.

À l’occasion de cette exposition, un colloque se tiendra à l’INHA le 17 mai 2017 rassemblant des historiens de la photographie et de l’architecture, afin de dresser un bilan des enseignements que peut livrer aujourd’hui ce corpus.

Exposition organisée par l’Institut national d’histoire de l’art, le laboratoire InVisu (CNRS/INHA) et la Bibliothèque nationale de France (BnF)

Commissariat

  • Thomas Cazentre (BnF)
  • Jérôme Delatour (INHA)
  • Mercedes Volait (InVisu, CNRS/INHA)

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Informations pratiques

Galerie Colbert, salle Roberto Longhi
Institut national d’histoire de l’art
2, rue Vivienne – 75002 Paris
Accès : 6, rue des Petits-Champs
Métro : Bourse ou Palais Royal-Musée du Louvre

Du 21 avril au 8 juillet 2017
Du mardi au samedi de 14h30 à 19h30

Entrée libre

« L’école en Algérie, l’Algérie à l’école, de 1830 à nos jours » : une exposition au Munaé

Installé dans le quartier historique de Rouen, le Musée national de l’Education (Munaé) présente une riche collection d’objets, de documents, et d’iconographie sur l’histoire de l’éducation en France et à l’étranger de 1800 à nos jours. A l’exposition permanente de ses collections, s’ajoutent des expositions temporaires thématiques concernant tous les aspects de l’éducation et de l’évolution du statut de l’enfant dans notre société. La prochaine exposition temporaire intitulée « L’école en Algérie, l’Algérie à l’école : de 1830 à nos jours » ouvrira le 8 avril […]

L’éducation religieuse des enfants : livres et objets des XIXe et XXe siècles

Dans le cadre des Assises des Religions et de la Laïcité organisées par l’ISERL, et en partenariat avec le Musée national de l’Éducation de Rouen (Munaé) , la Bibliothèque Diderot de Lyon présente l’exposition « Apprendre à croire. L’éducation religieuse des enfants aux XIXe et XXe siècles », à partir du 3 octobre et jusqu’au 3 décembre 2016.

L’exposition s’organise autour de quatre thématiques : l’éducation religieuse dispensée au catéchisme, à l’école, dans la famille et dans les mouvements de jeunesse. Sont présentés des livres et des objets de deux institutions géographiquement distantes mais historiquement liées (elles sont toutes deux les héritières du Musée pédagogique fondé par Ferdinand Buisson à Paris en 1879).
Des visites guidées auront lieu les jeudis à 15h (sauf le 27 octobre).
Bibliothèque Diderot de Lyon
5, parvis René Descartes
69007 Lyon (métro B « Debourg »)

http://www.bibliotheque-diderot.fr

Colloque international : Moissonner la mer, MMSH, 11-12 octobre 2016

Le colloque international intitulé « Moissonner la mer. Économies, sociétés et pratiques halieutiques méditerranéennes, 15e-21e siècle » se déroulera les 11 et 12 octobre prochains à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme. Il est organisé par Gilbert Buti, Daniel Faget, Olivier Raveux, Solène Rivoal et Agnès Rabion du laboratoire TELEMME.  » Occupant aujourd’hui moins de 250 000 actifs pour l’ensemble du bassin méditerranéen, les activités halieutiques ont marqué l’histoire des sociétés littorales depuis l’Antiquité. Sur les rives nord-occidentales, ces activités ont connu depuis le Moyen […]

Faut-il lire les textes des expositions ?

L’exposition est devenue un média, fabriquée par les professionnels (muséographes ou expositeurs) en vue de provoquer des effets sur les publics. Selon la thématique dans laquelle elle est inscrite, ces effets sont de différente nature : esthétiques, scientifiques, sociaux… La spécificité du média exposition est qu’il déploie dans un espace, aménagé et ordonnancé, des œuvres ou des objets exhibés afin qu’ils soient vus, compris ou appréciés par les publics.

Comme d’autres médias, l’exposition combine plusieurs registres de sens afin de construire un contenu à transmettre ou de produire des effets sur les visiteurs. Ces registres (objets, son, décor, éclairage, audiovisuel…) ont pour mission de mettre en valeur les objets ou les œuvres exhibés dans un parcours architecturé. Or, l’un d’eux est parfois laissé de côté ou oublié, le registre textuel. En dépit du peu de cas qu’on lui accorde, l’écrit joue un rôle primordial dans la conception et l’appropriation du discours d’exposition.

Les textes affichés remplissent trois fonctions : signaler (créer une signalétique), étiqueter (apposer des étiquettes ou cartels), commenter (ajouter des panneaux). La signalétique est primordiale afin que le visiteur repère et prévoit le parcours prescrit. Les étiquettes, petits supports discrets placés à proximité de chaque objet, le nomme et l’identifie. C’est la présence d’une étiquette qui fait de lui un objet d’exposition. Les panneaux permettent d’introduire le propos, d’apporter des informations qu’il est impossible de communiquer avec des objets, d’expliquer et commenter tel ou tel aspect de l’exposition.

  • Jacobi D., 2016, Textexpo. Produire, éditer et afficher des textes d’exposition, Dijon : OCIM Editions.
  • Jacobi D., dir., 2016, Culture et éducation non formelle, Québec : Presses Universitaires du Québec, à paraître.

Peut-on se passer de l’écrit ?

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux

La présence des textes fait l’objet de commentaires et d’appréciations très contrastées dans le monde des professionnels (conservateur, commissaire, muséographe, scénographe, curateur) qui conçoivent et signent des expositions originales. Au petit nombre de ceux qui estiment que les textes sont inutiles, qu’il est préférable de s’en passer ou de les réduire au strict minimum, s’opposent ceux qui leur accordent une place non négligeable, voire les travaillent avec soin.

Mais que deviennent-ils quand l’exposition est ouverte aux publics ? On ne dispose que d’informations éparses et partielles sur les pratiques de lecture des visiteurs. Dans les recherches sur l’évaluation des textes, on est passé d’un excès à un autre. Les recherches anciennes, influencées par le modèle de la didactique et donc de l’évaluation administrée dans le cadre scolaire, cherchaient à vérifier que le contenu cognitif des panneaux ou des étiquettes était compris ou retenu par les visiteurs. Les travaux plus récents se sont détournés de l’information textuelle pour prêter plus d’attention à la situation de visite et au média exposition lui-même.

  • Levasseur M., Veron E., 1996, Ethnographie de l’exposition. L’espace, le corps et le sens, Paris : BPI, Centre Pompidou.
  • Shettel H. H., Bitgood S., 1994, « Les pratiques de l’évaluation des expositions », Publics et Musées, n°4, 9-26.

Écrire pour être lu et par qui ?

L’écriture et la lecture sont indissociables. On écrit toujours à quelqu’un ou pour quelqu’un. Le public des expositions est un visiteur-lecteur. Il est debout et se déplace, le plus souvent en compagnie de ceux ou celles qui l’accompagnent. Et la plupart du temps, il lit en même temps que d’autres visiteurs, ou sous leur regard. Cette lecture est donc différente de la lecture individuelle, silencieuse et personnelle. Le fait d’être debout, dans un espace plus ou moins bien éclairé, face à des textes plus ou moins longs, intéressants ou pas, bien ou mal disposés et parfois pas faciles à comprendre, singularise ce mode de lecture.

Celui qui écrit un texte d’exposition ne perd pas de vue qu’il s’adresse à un visiteur curieux et de bonne volonté. Ce dernier n’aime pas qu’on le croie complètement ignorant ou qu’on l’infantilise. Mais si on s’adresse à lui comme s’il était lui-même un spécialiste, alors il comprend d’emblée que le texte n’est pas pour lui. Et il renonce à continuer de lire avant même d’avoir fini de déchiffrer le premier texte consulté. Pourtant, il est impossible d’imaginer un lecteur moyen. Le public des musées est composé de lecteurs très différents. Ils n’ont ni le même âge, ni le même niveau d’éducation, ni le même capital de familiarité avec le contenu de l’exposition et la nature des objets exposés. Ce qui revient à dire qu’ils n’ont ni les mêmes intérêts, ni les mêmes compétences. Cette hétérogénéité est pourtant une contrainte ordinaire et le scripteur sait qu’il écrit à la fois pour des néophytes et des passionnés déjà bien informés.

Contrairement à la lecture en position assise, où la distance à la page imprimée est invariable, le rapport à l’aire de lecture du texte affiché sur une cimaise est instable et parfois difficile à ajuster. Le même texte est susceptible d’être vu et lu de loin ou de près. De plus, le visiteur est venu d’abord pour voir des œuvres, des objets ou des dispositifs d’exposition. Il ne lit que par nécessité, ou parce que ce qui est exposé l’intrigue ou l’interpelle. Le texte complète et accompagne le regard centré en priorité sur les objets et ne peut évidemment s’y substituer.

De même, il faut abandonner l’idée d’un lecteur docile qui lirait les textes affichés dans l’ordre du parcours. Ou celle d’un visiteur-lecteur appliqué qui déchiffrerait chaque énoncé du début jusqu’à la fin, sans sauter ni ligne ni paragraphe et en relisant ce qu’il n’a pas compris. Non seulement seuls certains textes sont lus, mais de plus chacun lit comme il l’entend : celui-ci ne lit qu’un titre, cet autre ne consulte que les premières lignes tandis qu’un lecteur plus audacieux zappe sur un intertitre ou un paragraphe qu’il isole…

La diversité des lectures d’un même texte affiché a évidemment des conséquences sur la production et l’édition des textes affichés dans les musées, les monuments ou les centres d’interprétation. Ce constat suggère qu’il est prudent pour le scripteur et l’expositeur de proposer différents parcours de lecture d’une aire scripturale ou scriptovisuelle.

  • Jacobi D., Jeanneret Y., 2013, « Du panneau à la signalétique. Lecture et médiations réciproques dans les musées », Culture & Musées, Hors Série, La muséologie, 20 ans de recherches, 47-71.

Combien de visiteurs lisent les textes affichés ?

CC Pixabay Geralt

CC Pixabay Geralt

On sait que classiquement, dans la plupart des enquêtes administrées à la sortie d’une exposition, la question « Avez-vous lu les textes de l’exposition ? » entraîne un taux de réponses positives très faible (entre 10 à 20 % des personnes interrogées). La faiblesse récurrente de tels scores a fini par persuader la communauté des professionnels que les textes sont peu utiles car rarement lus. Pourtant, nous avons déjà montré que cette opinion est en partie erronée. Ou plutôt qu’elle repose sur une fausse idée de l’activité de lecture dans une exposition. Si, comme nous l’avons fait, on pose la question de la façon suivante : « Au cours de votre parcours dans l’exposition, avez-vous jeté de temps en temps un coup d’œil aux textes affichés dans cette exposition ? », le taux de réponses positives avoisine 90 %.

Même si l’on a parfois proclamé l’inutilité des textes dans l’exposition ou prédit leur mort ou que l’on ait sans cesse affirmé sans preuve que les visiteurs ne lisent pas les textes proposés, la production d’écrits continue d’occuper une place majeure. Trois raisons permettent de l’expliquer : l’écrit est un moyen de communication efficace et très peu coûteux ; le multimédia, contrairement aux idées reçues, démontre qu’au contraire l’ordinateur et l’Internet se caractérisent par la tyrannie de l’écrit ; enfin, l’écrit est indispensable pour que l’exposition joue, à part entière, sa fonction d’outil majeur d’éducation non formelle, puisque dorénavant on apprend et on se cultive aussi en dehors de l’école et de l’enseignement.

CC Pixabay OpenClipart-Vectors

CC Pixabay OpenClipart-Vectors

Comment rendre compte de cet écart ? La question « Avez-vous lu les textes affichés ? » constitue une double menace pour un visiteur : d’une part, elle semble le rappeler à un devoir (il faut lire les textes dans une exposition !) ; d’autre part, elle renvoie inévitablement à une seule modalité de lecture : la lecture exhaustive et attentive telle qu’elle est enseignée à l’école. Celui qui est interrogé et qui a évidemment lu comme on le fait dans la vie courante (lecture partielle, en diagonale, survol ou écrémage…) craint qu’une réponse affirmative ne conduise l’enquêteur à vérifier s’il l’a effectivement fait. Il a donc intérêt à dire qu’il n’a pas lu. C’est un façon de ne pas perdre la face pour la suite de l’entretien et donc de prévenir ou de justifier son incapacité à répondre ultérieurement à d’autres questions.

La lecture : une activité automatique

Pourtant, non seulement les visiteurs consultent les textes, mais ils les lisent sans même savoir qu’ils le font. En effet, on oublie que la lecture est une activité cognitive automatisée : il est impossible à un visiteur déjà lecteur de ne pas lire une ligne écrite placée dans la ligne de son regard. Certes, les visiteurs ne lisent pas tous les textes affichés. Et ils ne parcourent pas intégralement chacun. Ils se contentent des titres ou de certaines légendes. Ils s’arrêtent de lire quand ils ont trouvé l’information qu’ils cherchent. Mais ils peuvent lire attentivement quand ils en ressentent le besoin ou chaque fois qu’ils sont intéressés. Il suffit de parcourir les expositions pour vérifier que le texte, comme composante du média exposition, est un registre irremplaçable.

CC Pixabay Hermann

CC Pixabay Hermann

Nous avons, avec d’autres, conduit à différentes reprises des recherches visant à explorer l’impact des textes mobilisés dans le patrimoine, les musées et les expositions temporaires. Les panneaux, les étiquettes, la signalétique, les feuillets et autres aides à l’interprétation ont été tour à tour décrits, comparés et auscultés. Plus récemment, l’audioguide, les catalogues, les sites Internet et tous les avant-textes (affiches, flyers) ou les après textes (critiques d’exposition) l’ont été à leur tour. Ces recherches ont établi une série de faits peu discutables et qui confirment que l’écrit inséré dans le média exposition est essentiel et irremplaçable.

Certes, le texte affiché est un peu moins omniprésente qu’autrefois, mais il n’est pas certain que ses substituts (textes électroniques sur des écrans ou projetés, textes oralisés dans des lecteurs mp3 ou des écouteurs…) soient ergonomiquement supérieurs et plus faciles à reconnaître par le visiteur. Mais, quoi qu’il en soit, il s’agit toujours d’un discours en langue naturelle, traduit ou pas en d’autres langues ; d’une part, il apporte des informations originales, d’autre part, il nomme, désigne, interprète ou commente les unités d’exposition disséminées dans l’espace ou le parcours.

La question de savoir si une exposition idéalement scénographiée pourrait se passer du texte suppose une connivence quasi idéalisée entre expositeurs et visiteurs. Un peu comme dans un couple amoureux qui, paraît-il, n’a plus besoin de parler pour se persuader qu’ils s’aiment. Cet idéal est hors de portée. Les textes, parce qu’ils mobilisent notre premier outil de communication – la langue naturelle maternelle -, ne sont pas des accessoires, mais le socle du média exposition On peut affirmer, sans grand risque de se tromper, que modifier les textes est l’une des plus petites modifications de registre susceptible à elle seule de transformer le discours d’exposition au point d’en faire un autre discours.

Crédits image à la Une : CC Pexels Adrianna Calvo

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