Archives de catégorie : Événements culturels

Exposition : Le Caire sur le vif. Beniamino Facchinelli,photographie (1875-1895)

Redécouvert très récemment par le recoupement de recherches de spécialistes de la photographie et du Moyen Orient, le travail de Beniamino Facchinelli réalisé au Caire entre 1875 et 1895 sera présenté pour la première fois à l’Institut national d’histoire de l’art du 21 avril au 8 juillet 2017, illustré par une sélection de tirages originaux, ouvrages scientifiques et cartes postales d’époque.

Établi au Caire au cours des années 1870, Beniamino Facchinelli a réalisé quelque 1 200 vues de ses rues et de ses monuments. Certaines répondent à des commandes passées par des amateurs français ou britanniques engagés dans la conservation et la restauration des monuments du Caire, et s’attachent à en documenter au plus près la physionomie. D’autres saisissent la ville au quotidien, sa vie et les mouvements humains, animaux dans ses rues. Certaines se distinguent par l’originalité de leur facture proche de l’instantané et toutes par leur style documentaire. Elles fournissent à ce titre un témoignage inédit et original de l’univers architectural, ornemental et urbain cairote avant les grandes restaurations du début du XXe siècle.

L’exposition présentée à l’INHA résulte des travaux plus généraux menés par le laboratoire InVisu (CNRS/INHA) sur l’iconographie du patrimoine monumental du Caire. Elle présente un inventaire photographique des architectures civiles, religieuses et des constructions modernes ou pittoresques à la fin du XIXe siècle. Elle revient également sur les techniques photographiques utilisées par Facchinelli, ainsi que sur la circulation de ses images dans les milieux aussi bien savants qu’artistiques.

À l’occasion de cette exposition, un colloque se tiendra à l’INHA le 17 mai 2017 rassemblant des historiens de la photographie et de l’architecture, afin de dresser un bilan des enseignements que peut livrer aujourd’hui ce corpus.

Exposition organisée par l’Institut national d’histoire de l’art, le laboratoire InVisu (CNRS/INHA) et la Bibliothèque nationale de France (BnF)

Commissariat

  • Thomas Cazentre (BnF)
  • Jérôme Delatour (INHA)
  • Mercedes Volait (InVisu, CNRS/INHA)

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Informations pratiques

Galerie Colbert, salle Roberto Longhi
Institut national d’histoire de l’art
2, rue Vivienne – 75002 Paris
Accès : 6, rue des Petits-Champs
Métro : Bourse ou Palais Royal-Musée du Louvre

Du 21 avril au 8 juillet 2017
Du mardi au samedi de 14h30 à 19h30

Entrée libre

Sortie du film turc ABLUKA – Suspicions

Affiche-Abluka-3-personnages-Anglais-copieLe film turc ABLUKA – Suspicions de Emin Alper, (réalisateur de Derrière la colline – Mention Spéciale & Prix du 1er Film, Berlin 2012), qui sortira dans les salles en France le 23 novembre 2016, distribué par Nour Films.

Multiprimé dans les festivals internationaux, ABLUKA (Frenzy) a notamment reçu le Prix Spécial du Jury & Bisato d’Oro du Meilleur Réalisateur à la dernière Mostra de Venise.

SYNOPSIS : Istanbul, dans un avenir proche. Kadir purge une peine de 20 ans de prison et se voit proposer une libération anticipée. En échange, il s’engage à aider la police dans la traque contre le terrorisme et accepte d’être leur informateur. Une fois dehors, Kadir reprend contact avec son petit frère Ahmet, chargé par la mairie d’abattre les chiens errants de la ville.

Mais entre chaos politique et obsession paranoïaque, la situation s’envenime. La violence qui entoure les deux frères et la pression de leurs autorités les entraînent dans une spirale infernale.

Chaos et paranoïa règnent dans cette vision d’Istanbul : des groupes armés combattent la police, les feux éclairent les rues et les citoyens se dénoncent. Dans cette allégorie kafkaïenne, le réalisateur nous livre un thriller psychologique haletant. Dans Abluka ce ne sont pas tant les bombes des terroristes qui détruisent tout, que la machine politique qui instille la peur et la méfiance et pousse les gens à chercher des réponses dans les théories du complot. Emin Alper nous plonge dans l’état d’urgence de la Turquie, sur le point d’exploser à force de haine et de violence rentrées. Il démonte superbement le mécanisme qui, de la suspicion mène à la folie et, dans un geste cinématographique intense, nous plonge dans un Istanbul apocalyptique.

Sortie du documentaire « Homeland : Irak année zéro » d’Abbas Fahdel

Un Home movie à résonance universelle :

« HOMELAND : Irak année zéro » du cinéaste irakien Abbas Fahdel est une fresque puissante qui nous plonge pendant deux ans dans le quotidien de sa famille peu avant la chute de Saddam Hussein, puis au lendemain de l’invasion américaine de 2003.
Ce documentaire est découpé en deux parties – l’avant et l’après.

I – Avant la chute
La première partie décrit les instants de vie d’une famille qui se prépare à la guerre. Elle va être terrible, mais il y a quand même l’espoir de voir une démocratie s’installer après la chute de la dictature. Que peut-il leur arriver de pire ?

II – Après la bataille
La seconde partie, après la chute du régime, est davantage tournée en extérieur. Les langues se délient et on découvre un peuple anéanti, un pays mis à feu et à sang où dans les rues, les incidents éclatent, les bandes rivales s’affrontent.

Pendant 334′, nous partageons les joies et les craintes de cette famille irakienne qui nous montre à quel point toutes les familles du monde ont les mêmes aspirations : travailler, éduquer leurs enfants, rire, aimer, s’impliquer dans leur société…
Abbas Fahdel nous montre également qu’au cœur de la guerre il existe des hommes, des femmes et des enfants exceptionnels, des héros du quotidien, « des gens qui sont nos frères humains et que l’on quitte le coeur brisé quand le film prend brutalement fin ».

Présentation du Dictionnaire de l’Empire ottoman

Présentation du Dictionnaire de l’Empire ottoman, Fayard, 2015, sous la direction de François GEORGEON, Nicolas VATIN et Gilles VEINSTEIN, le mercredi 25 novembre 2015  de 19h  à 21h en Salle Lombard,  96 Bd Raspail, 75006 Paris

  • François GEORGEON est directeur de recherche émérite au CNRS. Spécialiste des mondes ottomans contemporains et des nationalismes turcs, il est l’auteur d’une biographie d’Abdülhamid II (Fayard, 2003) et de Sous le signe des réformes. État et société dans l’Empire ottoman et dans la Turquie kémaliste (Isis, 2009).
  • Nicolas VATIN est directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EPHE (IVe section). Spécialiste de l’Empire ottoman (XVe-XVIIe siècle), il a notamment publié Rhodes et l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (Éd. du CNRS, 2000), Les Ottomans et l’Occident (Isis, 2001).
  • Gilles VEINSTEIN a participé à la direction du projet jusqu’à son décès en 2013. Titulaire de la chaire d’histoire turque et ottomane au Collège de France et directeur d’études à l’EHESS, grand spécialiste de l’histoire de l’Empire, il a publié Le Sérail ébranlé (avec N. Vatin, Fayard, 2003) ou encore L’Europe et l’islam. Quinze siècles d’histoire (Odile Jacob, 2009).

Pour en savoir plus : cliquez ici

Contact : CARVALHO (etudes-turques@ehess.fr)

Semaine Indienne à l’ENS du 9 au 13 novembre 2015

Semaine indienne à l’ENS, organisée par l’association INDIAS
du 9 au 13 novembre 2015

Septembre-2015-Affiche-Semaine-indienne« I am patriot, I am nationalist, I am born Hindu », annonçait l’actuel premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, lors de sa campagne pour les élections de 2013. Son parti, le BJP (Parti du Peuple Indien) a toujours place l’hindouisme au centre de l’indianiste. Cette identification de l’Inde et de l’hindouisme n’est pas une innovation du nationalisme hindou contemporain : elle constituait par exemple un élément central du regard orientaliste qu’un certain nombre d’occidentaux portaient sur l’Inde aux 18ème et 19ème siècles. A un age d’or antique, temps glorieux des Veda, aurait succédé au Moyen-Age obscur marqué par les invasions musulmanes, avant la renaissance et le progrès portés par la « mission civilisatrice » des colonisateurs : tel était le schéma dominant de l’historiographie coloniale, en grande partie calqué sur le modèle tripartite européen, et largement repris après l’Indépendance dans les manuels scolaires indiens. Or, les contacts de l’islam avec le monde indien ne datent pas d’une hypothétique « ère musulmane » moyenâgeuse : les confrontations, conflits, échanges et synthèses entre l’Inde et l’islam remontent au tout début de cette religion.

Cette semaine indienne sera l’occasion de remettre en question deux idées assez répandues : celle d’une Inde principalement hindoue, et celle d’un islam principalement arabe ; idées qui reflètent peut-être indirectement ce que Marc Bloch a appelé la « hantise des origines ». L’impression qu’il suffirait pour comprendre tel ou tel phénomène de mentionner d’où il vient rejoint en partie la tendance à associer systématiquement une culture ou une religion à son lieu de naissance. Pour notre part, nous souhaitons nous intéresser aux intersections autant qu’aux lignes, aux carrefours autant qu’aux routes, aux mets autant qu’aux ingrédients et à la chimie qui les transforme. Si le monde indien est d’une si grande richesse et d’un si grand intérêt, c’est parce qu’il est depuis très longtemps une zone de contact, rendant visible les multiples façons dont les idées et les pratiques sociales se rencontrent, s’affrontent et s’influencent.

 Programme de la semaine indienne

Genèses du Moyen Orient Le Golfe persique à l’âge des impérialismes (1800-1914) par Guillemette Crouzet

Au tout début du XXe siècle fut inventé ce « Moyen-Orient » qui aujourd’hui semble se défaire dans le sang sous nos yeux. Or, c’est du côté des Indes que l’on doit chercher l’origine de cette construction géographique, du côté des Indes parce que le « Moyen-Orient » est alors conçu comme l’ensemble des territoires gardant l’approche de l’Empire anglo-indien face aux menaces ottomanes, russes, françaises et allemandes. Mais cette invention ne peut se comprendre à la lumière des seuls enjeux politiques et économiques de l’âge des impérialismes. Elle procède d’une lente genèse qui eut, à partir de 1809, pour cadre l’aventure britannique dans le Golfe Arabo-Persique.
L’impérialisme britannique et anglo-indien, actif tout au long du XIXe siècle dans les eaux et sur les rivages de la péninsule Arabique, de la Perse et du nord de l’océan Indien, est au cœur de l’ouvrage de Guillemette Crouzet. Par la violence mise en œuvre contre des « pirates » accusés de perturber la libre circulation des biens et des hommes, par une politique systématique de traités conclus avec les pouvoirs locaux, par des grandes entreprises cartographiques marquant symboliquement une prise de possession spatiale, par une lutte acharnée contre des trafiquants d’esclaves qui légitimait les patrouilles de croiseurs de Sa Majesté, par le grand projet de création d’un route rejoignant par l’Euphrate la Méditerranée, Londres, Bombay et Calcutta imposent leurs règles, avançant peu à peu du détroit d’Ormuz jusqu’au Koweït. Dans ce contexte, les flux commerciaux, licites et illicites, augmentent, et le Golfe participe à une mondialisation croissante de l’économie ; ce sont alors autant de trafics de perles, de dattes, d’armes, autant de réseaux marchands et de connections multiples avec des espaces plus ou moins lointains qui se découvrent.
Guillemette Crouzet le souligne, certes l’or noir n’est pas encore exploité mais le Golfe Arabo-Persique a déjà acquis une centralité stratégique minorée jusqu’à présent par les historiens. Il s’ensuit que si le « Moyen-Orient » protège le « joyau de la couronne britannique » que sont les Indes, dans la géopolitique mondiale de la fin du XIXe siècle il est déjà en voie de s’autonomiser…

Un volume 15,5 x 24 de 752 pages, ISBN 979.10.267.0050.0, 2015, 35 euros

 

Au-delà du toponyme

Le colloque « Au-delà du toponyme. Approche interdisciplinaire de la territorialité » est suscité par un constat : la recherche égyptologique multiplie ces dernières années les études dites de « géographie religieuse », très majoritairement fondées sur une opposition irréductible entre géographie administrative / géographie sacerdotale, la première étant perçue comme « réelle » ou « objective », l’autre relevant de la fiction.

Interactions religieuses dans l’Arménie ancienne

À distance de plus d’un quart de siècle de la publication de la thèse de James Russell, « Zoroastrianism in Armenia », ce colloque est l'occasion de faire une première mise à point de la situation à la lumière de l’avancement de la recherche, des nouvelles découvertes et des nouvelles perspectives interdisciplinaires, permettant de voir le cas arménien dans un cadre plus complexe.

Représentations des martyrs en mondes musulmans

Partant du constat largement partagé d'une exposition aussi nombreuse que diverse des figures de martyrs dans les espaces publics de pays musulmans, cette journée d'étude se consacre à l'analyse des processus de fabrication (peintures, photographies, pochoirs, images numériques...), des supports d'affichage (murs, musées, internet) ainsi qu'à la mise en rapport de ces productions par-delà les singularité des pays, des conflits et des mythologies, pour en interroger le sens et les évolutions.