Archives de catégorie : COVID-19

Cinquième séminaire SOCOSMA 5 : 8 septembre 2020

Séance du 08 septembre 2020 (IRMC)
Vivre en Tunisie au temps du Covid-19


Oissila Saaidia
, directrice de l’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) présentera l’ouvrage collectif Vivre au temps du Covid-19.

Deux interventions suivront :

Jamie Furniss, chercheur en anthropologie, MEAE
Les ressources déployées pour comprendre et combattre la crise du Covid-19 ne sont pas exclusivement biomédicales, mais aussi rituelles, spirituelles et culturelles. Celles-ci donnent à voir des manières « locales » d’appréhender et de réagir au péril, qui varient selon les contextes géographico-culturels spécifiques et l’histoire des épidémies précédentes. Jamie Furniss montrera comment le virus déconstruit les limites des séparations supposées étanches entre religion, politique et science, puis examinera des phénomènes par lesquels des liens sont établis entre le savoir médical concernant la propagation et l’impact du virus, d’une part, et des pratiques ou statuts socialement blâmables, d’autre part, donnent lieu à une «moralisation» du virus, montrant que maladie et biomédecine interagissent avec des données culturelles et sociales, s’infléchissant, s’appropriant et se déstabilisant mutuellement.

Marouen Taleb, chercheur post-doctoral, Projet Progrès Migration- GLM (IRMC/AFD)
La situation de crise en rapport avec la pandémie du covid-19 a mis en lumière en Tunisie les chevauchements de compétences entre les institutions élues et celles chargées de représenter l’État. Si en général, l’action publique locale a été marquée par une gestion rigoureuse et solidaire des risques liés à la pandémie, dans certaines régions, en revanche, la gestion de la composante « alimentaire » de la crise a soulevé d’autres problématiques héritées du passé autoritaire qui sont revenues hanter les rapports entre gouvernants et gouvernés. Elles mettent ainsi en lumière la nécessité pour l’État central d’établir de nouvelles relations en termes de gouvernance avec les instances élues locales et la société civile au lieu de se réfugier dans les circuits classiques de l’administration territoriale.

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris  (13h Rabat et Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth et Koweit, 16h Abu Dhabi et Mascate)
L’inscription est obligatoire. Pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, veuillez écrire en précisant votre affiliation institutionnelle ou universitaire et votre domaine de recherche à socosma[at]pm.me

Quatrième séminaire SOCOSMA 4 : 7 juillet 2020

Séance du 07 juillet 2020 (CEDEJ)
L’Egypte sous coronavirus: une épidémie en décalé
Collectif COCOMASR¹

La société politique égyptienne fait face à une épidémie qui, bien que constituée comme crise sanitaire globale depuis mars, a d’abord eu localement une visibilité limitée avant de se développer de façon exponentielle. Selon les chiffres officiels, le nombre journalier de nouveaux cas confirmés est subitement passé, entre le 18 et le 28 mai, d’environ 500 à plus de 1100, pour atteindre près de 1700 au 15 juin. Même si l’Egypte n’est en rien une exception (l’Inde, le Mexique, le Pérou ou encore l’Afrique du Sud connaissent une trajectoire similaire), ce pic est « tardif » par rapport à la temporalité mondiale, largement centrée sur l’Europe et la Chine.
Dans quelle mesure ce décalage temporel s’est-il traduit par des modalités spécifiques de construction de l’épidémie comme problème public en Egypte ? En quoi ceci a-t-il également façonné les modes de perception de la crise et de réception des politiques de gestion par les citoyens égyptiens ? Comment ce décalage temporel se combine-t-il à des décalages spatiaux, dans un contexte où les différences territoriales ne font pas doute mais demeurent invisibilisées ? Enfin, est-ce que ce pic à retardement s’accompagne de l’accélération de conflits politiques et sociaux ?
Pour ce séminaire, nous aborderons quatre points (13 mn chacun, suivi de 15 mn de débat après l’ensemble des interventions) :
1. Prise en charge et mise en visibilité politiques de la pandémie: premières observations (Sarah Daoud, Marine Poirier et Astrid Bourlond)
2. Freiner l’épidémie en Egypte: la gestion du COVID19 en milieu urbain dense (Florian Bonnefoi, Laura Monfleur, Agnès Deboulet, Inès Mir-Moreaux)
3. Coexister avec le COVID19 ? Pratiques sociales et spatiales dans le centre-ville du Caire (Observatoire localisé, Laura Monfleur et Sixtine Deroure)
4. « Coincés à l’étranger »: étude de cas sur les Egyptien.nes en France pendant la crise COVID-19 (Observatoire localisé, Sarah Boisson et Mayada Madbouli)

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris (13h Rabat et Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth et Koweit, 16h Abu Dhabi et Mascate).
L’inscription est obligatoire. Pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, veuillez écrire en précisant votre affiliation institutionnelle ou universitaire et votre domaine de recherche à socosma[at]pm.me

1. Co (collectif) Co (Covid) Masr=Egypte en arabe égyptien. Avec Sarah Boisson, Florian Bonnefoi, Naïma Bouras, Astrid Bourlond, Sarah Daoud, Agnès Deboulet, Sarah Defrawy, Adrien de Jarmy, Alban Delpouy, Sixtine Deroure, Mayada Madbouli, Inès Mir-Moreaux, Laura Monfleur, Marine Poirier, Marie Vannetzel. En gras, la personne qui présentera lors de ce séminaire.

Troisième séminaire SOCOSMA 3 : 16 juin 2020

Séance du 16 juin 2020 (IFPO)
Confinement en situation d’effondrement économique et social :
une révolution suspendue au Liban ?
Joseph Bahout

La pandémie du Covid-19 est venue retrouver et amplifier une situation libanaise déjà au bord de l’effondrement ; huit mois après le déclenchement du soulèvement du 17 octobre, le pays se trouve aujourd’hui dans une triple crise — sanitaire, économico-financière et socio-politique. S’ajoute à tout ceci une situation régionale hautement volatile et appelée à le devenir plus encore dans les mois restants avant les élections américaines. Au niveau politique, l’ensemble des forces est dans l’impasse — un gouvernement paralysé et famélique, une opposition politique démonétisée et sans projet, et une révolution incapable de trouver un socle discursif commun ou tout semblant de direction. Les scénarios qui se profilent donc sont pour le moins noirs, et c’est autour de ceux-ci que l’analyse portera.
Joseph Bahout est chercheur non-résident au Carnegie Endowment (Middle-East Program), enseignant à Sciences-Po Paris, consultant permanent auprès du CAPS-MAEE. Docteur en Sciences Politiques, licencié en économie, il a longtemps enseigné au Liban (USJ), et y a été chercheur (CERMOC-IFPO). Il est anciennement chargé de mission à l’Académie diplomatique Internationale.

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris (13h Rabat et Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth et Koweit, 16h Abu Dhabi et Mascate)
L’inscription est obligatoire pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, auprès de socosma[at]pm.me

Veille de l’IREMAM : Covid-19 et mondes arabes et musulmans

Suite à la pandémie, de nombreux articles et autres initiatives en lien avec le Covid-19 et les sociétés des mondes arabes et musulmans ont été publiés Depuis fin mars, l’IREMAM a entrepris une veille documentaire, non exhaustive. Celle-ci comprend une sélection d’articles, de podcasts, de vidéos, de séminaires en ligne, d’appels et d’autres initiatives.
Pour plus d’informations

Podcast : Histoire des épidémies au Proche et au Moyen Orient

Épisode 2. Avec Anne-Marie Moulin
Contagion

 

Comment les sociétés proche et moyen-orientales réagirent-elles face aux épisodes épidémiques qui touchèrent durement la région à travers l’histoire ? Dans quelle mesure les épidémies modifièrent-elles l’évolution du Moyen-Orient ?  Des historiens, des linguistes et des philosophes répondent à nos questions.

Anne-Marie Moulin, directrice de recherche émérite au CNRS et médecin, revient avec nous sur les grandes épidémies qui ravagèrent le Proche-Orient, surtout la Peste noire au XIVe siècle. Elle nous explique comment les savants, notamment les médecins et les théologiens, furent aux prises, chacun à leur manière, avec la question de la contagion. Comment la maladie se transmet-elle d’un individu malade à un individu sain ? Se transmet-elle, d’ailleurs, ou n’est-elle que la marque de la colère divine ? Comment briser la chaîne de la transmission ? Voici quelques questions qui sont abordées dans cet épisode.

Bibliographie

A.-M. Moulin, « Épidémies et contagion dans le monde arabe médiéval », dans La médecine au temps des califes. À l’ombre d’Avicenne, Paris, 1996, p. 247-260.

Ibn Ḫātima (1342-1369), La grande peste en Espagne musulmane au XIVe siècle, éd. et trad. S Gigandet, Beyrouth, IFPO, 2010 (https://www.ifporient.org/978-2-35159-166-6/).

Sur Ibn Al-Ḫatīb, voir François Clément, « À propos de la Muqni‘at al-sā’il d’Ibn al-Ḫaṭīb sur la peste à Grenade en 1348-1349 », dans Épidémies et épizooties. Des représentations anciennes aux approches actuelles, éd. F. Clément, Rennes, 2017, p. 43-56. Lire aussi : https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/21/francois-clement-a-voir-la-legerete-de-certains-on-douterait-des-progres-accomplis-depuis-la-peste-noire_6033920_3232.html

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Épisode 1. Avec Abbès Zouache
La mort qui rôde. Épidémies et guerres.

 

Comment les sociétés proche et moyen-orientales réagirent-elles face aux épisodes épidémiques qui touchèrent durement la région à travers l’histoire ? Dans quelle mesure les épidémies modifièrent-elles l’évolution du Moyen-Orient ?  Des historiens, des linguistes et des philosophes répondent à nos questions.

Abbès Zouache, historien au CNRS et directeur du Centre français d’archéologie et de sciences sociales (CEFAS), revient avec nous sur le lien intrinsèque entre épidémie et guerre. Il nous emmène au Proche Orient (Égypte et Bilad al-Sham) au XIIe siècle, un siècle qui s’ouvre et se clôt par des épidémies, et traversé par des combats successifs. Propagation de la maladie dans les armées, tentation du châtiment divin et réponse sanitaire sont quelques-uns des thèmes abordés dans cet épisode.

Bibliographie

Zouache, Abbès « La mort qui rôde. Épidémies, sociétés et guerre au Proche-Orient (XIIe siècle) », in Épidémies, épizooties. Des représentations anciennes aux approches actuelles, éd. F. Clément, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, p. 93-120.

Carayon, A., « Représenter son identité, imposer son pouvoir. Les jeux guerriers des Mamelouks et  la symbolique guerrière de  la furûsiyya », dans Guerre et paix dans le Proche-Orient médiéval (Xe-XVe siècle), éd. M. Eychenne, S. Pradines et A. Zouache, Le Caire, Ifao-Ifpo, 2019.

Mitchell, P.D, Intestinal parasites in the crusades: evidence for disease, diet, and migration. In: Boas, A. (éd) The Crusader World, Routledge, 2015 p. 593-606.

Lien de l’IFPO : https://www.ifporient.org/podcast-histoire-des-epidemies-au-proche-et-au-moyen-orient/

Second séminaire SOCOSMA 2 juin 2020

Séance du 2 juin 2020
Politique des chiffres au Maroc en temps de pandémie
David Goeury / Youssef Oulhote

La crise du Covid-19 a été marquée très rapidement par la question de l’accès aux données épidémiologiques et de la collecte de ces données.
De nombreux gouvernements ont été accusés de masquer la réalité de l’épidémie. D’autres ont institué des points de presse régulier pour jouer la carte de la transparence de l’information comme le Maroc ou la Tunisie alors que le graphique publié dans The Lancet sur vague épidémique et capacité du système de santé se popularisait et était abondamment mobilisé pour justifier les politiques publiques de confinement. Les données statistiques apparaissent fondamentales pour comprendre l’épidémie mais aussi pour garantir un déconfinement efficient.
Ici, nous souhaiterions interroger à partir du cas du Maroc, la question de l’accès et de l’interprétation de ces données.
Dans un premier temps, il s’agira de réfléchir sur les données de santé communiquées par le gouvernement et la part d’incertitude qu’elles contiennent du fait même de la nature de la pandémie. Dans un second temps, nous souhaitons aussi dépasser la question purement médicale pour interroger aussi la vulnérabilité à travers d’autres critères notamment sociaux et ainsi réfléchir aux choix opérés alors que désormais l’épidémie affecte des catégories de population de plus en plus modestes du fait de la démultiplication de clusters industriels ou militaires.
Youssef Oulhote est titulaire d’un doctorat en épidémiologie et santé publique de l’EHESP. Il est enseignant chercheur d’épidémiologie et biostatistique à l’Université Publique du Massachusetts et ingénieur de recherche à l’école de santé publique de l’Université de Harvard. Il est membre du comité scientifique de Tafra.
David Goeury est docteur en géographie de Sorbonne Université. Il est membre du laboratoire Médiations de Sorbonne Université et chercheur associé au Centre Jacques Berque de Rabat. Il est l’auteur avec Philippe Sierra d’une Introduction à l’analyse des territoires. Il est membre du comité scientifique de Tafra.

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris (12h Rabat, 13h Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth, 15h Koweit, 16h Mascate)
L’inscription est obligatoire pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, auprès de socosma[at]pm.me

CERI – Dossier : Le monde à l’épreuve du Covid-19

Depuis le début de la flambée mondiale du Covid-19 à la mi-mars, le CERI s’est mobilisé pour réaliser un dossier consacré à l’impact international de la pandémie. Il réunit des contributions inédites de nos chercheurs, portant aussi bien sur des pays ou des régions du monde concernés par cette crise que sur des enjeux globaux qu’elle a crées.

Le dossier, disponible en ligne et évolutif, est aujourd’hui composé de 19 articles ou entretiens en français, dont la majorité sont aussi disponibles en version anglaise.

Initiative d’archivage/publication de témoignages : « Genre & confinement dans le monde arabe »

Collecte et publication de témoignages (écrits ou audios) sur « confinement et genre dans le monde arabe ».
Les témoignages reçus sont publiés sur le site du GREGaM, un réseau rassemblant des chercheuses et chercheurs travaillant sur le genre au Maroc. Vous trouverez plus de détails sur cette initiative dans l’appel : https://gregam.hypotheses.org/appel-%d8%af%d8%b9%d9%88%d8%a9

Témoignages déjà publiés :
https://gregam.hypotheses.org/category/coronavirus-confinement-et-genre/temoignage

Le projet a été initié par :
– Mériam Cheikh (chargée d’étude pour le projet européen Operas au sein de l’infrastructure OpenEdition-CNRS).
– Leila Bouasria (professeur de sociologie, Université Hassan II, Aïn
Chock – Casablanca)
– Yasmine Berriane (chargée de recherche CNRS, Centre Maurice
Halbwachs).