Archives de catégorie : Religieux

Appel à communication. La Délégation apostolique du Saint-Siège au Canada (1877-1969)

(Appel communications. Siège apostolique.pdf)-001Si l’histoire des relations entre le Saint-Siège et le Canada a déjà fait l’objet de travaux scientifiques, il reste de nombreux champs de recherche peu explorés parmi lesquels se trouve l’histoire de la Délégation apostolique au Canada. C’est sur cette histoire que se penchera le colloque international, qui aura lieu à l’École Française de Rome les 14 et 15 décembre 2015, sous la responsabilité scientifique de Philippe Roy-Lysencourt.

Représentant du pape auprès du clergé et des catholiques d’une nation, le délégué apostolique n’a, contrairement au nonce ou à l’internonce, aucun caractère diplomatique officiel et n’est pas accrédité auprès des gouvernements. Sa mission est religieuse et non diplomatique. Cependant, le délégué apostolique est souvent choisi parmi le personnel diplomatique du Saint-Siège, les délégations apostoliques ont souvent préparé l’établissement de relations diplomatiques permanentes, et il ne fut pas rare que les délégués fussent envoyés à la demande des États. Dans les faits, certaines délégations ont pu jouer le rôle d’une nonciature officieuse.
L’exemple du Canada est particulièrement représentatif à cet égard. Avant d’établir une délégation apostolique permanente suite aux demandes pressantes du gouvernement canadien, le Saint-Siège envoya un premier délégué en 1877, un Commissaire apostolique en 1883-1884, et un nouveau délégué en 1897. S’ils furent envoyés pour enquêter sur des problèmes touchant les catholiques du pays, ils entretinrent des relations officieuses avec le gouvernement, relations nécessaires à cause de la nature des problèmes sur lesquels ils devaient enquêter et auxquels les gouvernements étaient mêlés. Entre l’établissement de la délégation permanente, en 1899, et la fondation d’une Nonciature apostolique en 1969, dix délégués apostoliques se succédèrent et ils entretinrent, eux aussi, des relations officieuses avec l’État canadien.

L’objectif du colloque est d’étudier la période qui va de l’envoi du premier délégué apostolique au Canada, en 1877, à la fondation de la Nonciature apostolique en 1969. Tout en considérant les événements qui ont marqué l’histoire de la Délégation apostolique du Saint-Siège au Canada, les différents délégués et leurs missions, il s’agira de réfléchir sur la place des délégations apostoliques dans la diplomatie pontificale et sur ses conséquences religieuses, politiques et culturelles au niveau local. En outre, ce colloque a l’ambition de nourrir la réflexion sur la place des délégations apostoliques dans l’historiographie, tant du point de vue des relations internationales et de l’histoire diplomatique que de celle de l’histoire des institutions, notamment ecclésiastiques, et de l’histoire culturelle et politique.

Sans prétendre à l’exhaustivité des questionnements possibles, plusieurs aspects ont été retenus :
– la « figure » des délégués apostoliques. Quelle est leur formation ? Quelle est leur mission et comment est-elle définie ? Quelle est leur autonomie d’action ? Peut-on faire une sociologie de ces acteurs ?
– quels rapports les différents délégués envoyés au Canada entretenaient-ils avec l’épiscopat, les gouvernements, et les catholiques locaux ? Plus largement, quelle place tient le Canada dans la politique du Vatican ? Quelle place tiennent les délégations apostoliques dans la diplomatie pontificale ? Comment définir le statut de ces délégations ?
– quelle fut l’influence des délégués sur l’évolution du catholicisme au Canada ?
– quelles furent les perceptions et représentations des délégués apostoliques ? Inversement, comment furent-ils perçus ?

Partenaires :
– Ambassade du Canada près le Saint-Siège ;
-Centre de recherches en histoire du droit et des institutions (CRHiDI) ;
– Centre Interuniversitaire d’Études Québécoises (CIEQ) ;
Centro di Ricerca sul Nord America (Canada, Stati Uniti) ;
– Chaire de Recherche en Histoire Religieuse du Canada (CRHRC) ;
– Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord (CEFAN) ;
– Collège Pontifical Canadien ;
– Comité Pontifical des Sciences Historiques ;
Concordia Chair for the Study of Québec ;
– Délégation du Québec à Rome ;
– École Française de Rome ;
– KADOC (KU Leuven) ;
– Institut d’Étude du Christianisme ;
– Institut Historique Belge de Rome (BHIR-IHBR) ;
– Institut de Recherche Religions, Spiritualités, Cultures, Sociétés (RSCS) ;
– Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Comité scientifique :
Luc Courtois (Université Catholique de Louvain) ; Jan De Maeyer (KADOC – KU Leuven ; BHIR-IHBR) ; Pierre Hurtubise (Université Saint-Paul, CRHRC) ; Florian Michel (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; Martin Paquet (Université Laval) ; Roberto Perin (York University) ; Gilles Routhier (FTSR de l’Université Laval ; Centre Interuniversitaire d’Études Québécoises) ; Philippe Roy-Lysencourt (Université Laval ; FNRSUCL ; École Française de Rome) ; Matteo Sanfilippo (Università degli Studi della Tuscia- Viterbo) ; Jean-Philippe Warren (Concordia University).

Comité d’organisation :
En plus des membres du Comité scientifique : Bernard Ardura (Comité Pontifical des Sciences Historiques) ; Luca Codignola Bo (Centro di Ricerca sul Nord America (Canada, Stati Uniti) ; François Dumasy (École Française de Rome) ; Daniela Renosto (Délégation du Québec à Rome) ; Dennis Savoie (Ambassade du Canada près le Saint-Siège) ; Éric Silvestre (Collège Pontifical Canadien) ; Nathalie Tousignant (Université Saint-Louis – Bruxelles ; CRHiDI).

Les propositions de communication doivent être adressées par courrier électronique à Philippe Roy-Lysencourt (philippe.roy.lysencourt[a]gmail.com) en français, en anglais ou en italien, accompagnées d’un résumé d’environ 500 mots et d’un bref curriculum vitae, avant le 30 avril 2015.

Séminaire. Ecclésiologies en Russie à l’époque contemporaine

Le 9 avril 2015, une séance du séminaire Ecclésiologie : éléments pour l’histoire d’une discipline (XVIIIe-XXe s.). Érudition, sciences sociales, théories institutionnelles organisé par Frédéric Gabriel (CNRS), Dominique Iogna-Prat (EHESS) et Alain Rauwel (Université de Bourgogne) portera sur Ecclésiologies orientales : paradigmes, identité, universalité en Russie (XIXe-XXe s.).

Ce cycle de séminaires entend reconstituer de manière archéologique le soubassement d’une discipline relativement ignorée du public cultivé, ou de l’université laïque. D’où sa dimension érudite, au sens de l’importance du doctrinal, du scholarship, et de la tradition dense dans laquelle il s’insère : comment l’histoire est-elle écrite au regard de tel ou tel présent, comment le présent est-il compris par le prisme de tel ou tel passé ? En effet, la constitution de l’ecclésiologie est d’autant plus importante qu’elle se conçoit par principe sur le temps long, mais elle révèle surtout les nœuds problématiques d’une histoire en prise avec le présent et qui est issue de conflits confessionnels profonds. Tout l’intérêt de la reconstitution critique de cette discipline est de proposer une morphologie religieuse de l’Europe récente qui mette en évidence la dynamique des courants, des écoles, la circulation de leurs idées, et les différents concepts qui servent de lieux de rencontre mais aussi de combats. En effet, c’est bien simultanément que l’ecclésiologie écrit son histoire et se confronte au contemporain (individualisme, sécularisation, démocratisation, séparation de l’Église et de l’État).
Ce cycle de séminaires, qui se poursuivra sur plusieurs années, vient prolonger un programme dont les premiers résultats sont publiés en ligne : Les nouveaux horizons de l’ecclésiologie : du discours clérical à la science du social (http://cem.revues.org/12743).

Même si le cycle de recherches entamées dans ces journées d’étude concerne d’abord l’Europe, même si les nationalismes ont joué un rôle décisif dans la pensée ecclésiologique – par exemple dans le cas des autocéphalies – il n’en reste pas moins que celle-ci permet, par sa nature même, de ne pas se limiter aux frontières communes, et de relier des espaces divers. Dès lors, comment ne pas prendre en compte la dernière « nouvelle Rome » en date ? Moscou et la Russie constituent un pôle ecclésiologique que l’on aurait tort de négliger, ne serait-ce parce qu’il permet peut-être de dépasser un binôme trop simpliste entre Occident (Rome) et Orient (Constantinople).

Programme :

9h30-12h30

Frédéric Gabriel, CNRS : Introduction.
Elena Astafieva, CNRS : Comment les théologiens russes définissent-ils l’Église ? Modèles allemands et savoirs orthodoxes au XIXe siècle.
Michel Stavrou, Institut Saint-Serge : L’ecclésiologie des Slavophiles russes : le modèle de la Sobornost.

14h30-18h

Konstantin Vetochnikov, Bibliothèque byzantine du Collège de France : « Terza Roma versus seconda » : les théories de Sergej Troickij au sujet des privilèges canoniques du Patriarcat Œcuménique.
Laura Pettinaroli, Institut catholique de Paris : Ecclésiologie russe et césaropapisme au début du XXe siècle.
Hyacinthe Destivelle, Pontificio Consiglio per la Promozione dell’Unità dei Cristiani, Rome : Prémisses d’une ecclésiologie de communion dans la théologie russe à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
Discutant : Pierre Gonneau, Université Paris-Sorbonne, EPHE.

La séance se tiendra à l’EHESS (bâtiment France, 190-198 avenue de France, 13e arrdt., salle 15, Paris)

Pour plus de renseignements sur le cycle de séminaires : http://ssr.hypotheses.org/ecclesiologie.

Un polémiste catholique du premier XXe siècle, Jean Guiraud

guiraudLa publication de l’inventaire très complet des archives de Jean Guiraud (1866-1953), déposées aux Archives nationales à Paris, a permis à Jacques-Olivier Boudon d’organiser une journée d’études et de coordonner ce volume afin de redécouvrir les multiples facettes d’une personnalité complexe, celle d’un homme originaire d’une famille républicaine, qui grandit à l’heure où se construit la République.

Pur produit de la méritocratie républicaine, élève de l’École normale supérieure, marqué particulièrement par son passage à l’École française de Rome, il devient professeur d’histoire à l’université de Besançon. Cet historien du Moyen Âge, spécialiste notamment des Cathares, est aussi depuis sa jeunesse un catholique convaincu, qui va transformer sa vie en un combat pour la défense des intérêts religieux, notamment la famille et l’école, d’abord en se lançant dans l’action politique, dans le Doubs, puis surtout en devenant le rédacteur en chef du journal La Croix pendant l’entre-deux-guerres, ce qui lui assure une position de choix dans l’Église. Il incarne alors la défense d’un catholicisme intransigeant finalement majoritaire au sein du catholicisme français de la première moitié du XXe siècle, ce que les travaux consacrés aux avant-gardes avaient eu tendance à oublier. Avec Jean Guiraud, on comprend aussi pourquoi l’idéologie du régime de Vichy a pu séduire une grande partie des catholiques.

Table des matières

Ségolène de Dainville-Barbiche : Introduction.
Françoise Aujogue
: Le fonds Jean Guiraud : histoire et classement.
Didier Ozanam
: Jean Guiraud, une ascension sociale.
Matthieu Brejon de Lavergnée
: Des terres cathares à l’École normale supérieure: la jeunesse de Jean Guiraud.
Philippe Boutry
: De l’archéologie chrétienne à l’histoire médiévale : les années romaines de Jean Guiraud (1889- 1892).
Jean-Louis Biget
: Jean Guiraud, historien du Moyen Âge, de l’hérésie et de l’Inquisition.
Jérôme Grondeux
: Un essai de science historique catholique : Jean Guiraud et la Revue des questions historiques.
Michael Hoffmann
: L’influence politique de Jean Guiraud en Franche-Comté (1900-1914).
Aurore Deglaire
: Jean Guiraud et l’Union des Associations catholiques de chefs de famille.
Corinne Bonafoux
: Jean Guiraud au cœur du dispositif de défense de l’école catholique.
Yves Poncelet
: Jean Guiraud, rédacteur en chef de La Croix (1917-1939).
Jacques-Olivier Boudon
: Conclusion.

Introduction : Jean Guiraud. Dainville-Barbiche. Introduction

Résumés des communications : Jean Guiraud. Résumés des communications.

Jacques-Olivier Boudon (dir.), De l’École française de Rome au journal La Croix : Jean Guiraud, polémiste chrétien, Rome, Collection de l’École Française de Rome, n°497, 2014, 421 p., ISBN: 978-2-7283-0890-3., prix : 39 euros.

Rencontre autour de la renonciation de Benoît XVI

levillain.couvertureLe 7 avril 2015, aura lieu la présentation du dernier ouvrage de Philippe Levillain, membre de l’Institut, consacré à La papauté foudroyée. La face cachée d’une renonciation examinant la renonciation de Benoît XVI.
La rencontre se tiendra à 19h30 à la librairie Delamain (155 rue Saint-Honoré, 75001 Paris, www.librairie-delamain.com).

Philippe LevillainLa papauté foudroyée. La face cachée d’une renonciation, Paris, Tallandier, 2015, 256 p., 18 €.

Appel à communication. La politisation des clercs à l’époque contemporaine

Le 26 septembre 2015, se tiendra à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne la journée d’études annuelle de l’Association française d’histoire religieuse contemporaine. Cette année, elle portera sur Quand les clercs entrent en politique (XIXe-XXe siècles).
De l’abbé Grégoire au rabbin Abraham Kook, de l’ayatollah Khomeiny à Camilo Torres Restrepo, bien des clercs ont franchi le pas de l’engagement politique. Que ce soit à Beyrouth ou à New York, du côté du conservatisme ou du progressisme, on peut en retrouver dans la plupart des grandes luttes sociales et politiques des XIXe et XXe siècles. Les prêtres, imams, rabbins, pasteurs, religieuses, évêques, figures religieuses de proximité, peuvent devenir des hommes ou des femmes politiques importants. À ce titre leur politisation a parfois été dénoncée et a fait l’objet d’un contrôle étatique ou religieux. Avec une démarche comparative entre religions, périodes et aires géographiques, cette journée d’étude souhaite éclairer les conditions et les formes de l’engagement direct des clercs en politique.

La réflexion sera organisée autour de trois séries de questions :

- Un travail sur le rôle ?
La politisation impose la nécessité d’un travail sur le rôle de clerc, sur sa définition et sa légitimation. Les contraintes et les ressources de ce travail sont très variables selon le statut du clerc : le prêtre est le représentant d’une institution, ce qui peut limiter son engagement afin de ne pas compromettre cette dernière ou être une ressource d’influence puisqu’il l’engage en s’engageant ; l’imam doit être reconnu par sa communauté, ce qui conditionne son autorité à sa popularité. Dans la mesure où c’est la religion qui fonde l’autorité des clercs, ces derniers peuvent-ils s’engager en politique explicitement ? Ne doivent-ils pas au contraire mobiliser leur compétence religieuse pour contester les délimitations admises des activités religieuses et politiques ? À l’inverse, dénoncer la politisation des clercs n’est-il pas un moyen de cantonner le religieux à la sphère privée et ainsi façonner politiquement le religieux ?

- Des répertoires d’action spécifiques ?
Les clercs élus, militants, manifestants, ont-ils inventé de nouvelles manières de faire de la politique ou ont-ils été des citoyens comme les autres ? Quels répertoires ont-ils mobilisés pour faire de la politique ? Des modes d’actions traditionnellement religieux comme les cérémonies cultuelles, les prêches ou les prières publiques voire les attitudes prophétiques ou l’élaboration d’une doctrine théologique ? Ou au contraire non-religieux comme l’objection de conscience, le lobbying, la création de partis confessionnels, le recours aux droits fondamentaux dans le cadre de procédures judiciaires, les interventions en tant qu’ONG, l’action caritative, le recours à l’histoire et à la protection du patrimoine ou encore l’expertise scientifique ?

- Quels réception et encadrement ?
Comment les prises de position des clercs sont-elles perçues et reçues ? Sont-elles attendues et demandées par les fidèles ou ignorées voire rejetées comme des intrusions illégitimes ? Quels regards les pouvoirs publics ou les institutions religieuses ont-ils sur ces pratiques ? Comment les surveillent-ils ou tentent-ils de les réguler ?

Les communications devront s’inscrire dans l’un des trois axes proposés. Elles peuvent porter sur toutes les religions et les aires géographiques à l’époque contemporaine. Les intervenants à cette journée d’étude sont invités à explorer l’engagement des clercs en politique, mesurer ses conditions, ses ressources, décrire et comparer ses répertoires d’action et sa réception. In fine, s’interroger sur la politisation des clercs doit conduire à penser les luttes pour la construction politique du religieux et la construction religieuse du politique.

Titre, résumé de la communication de 1500 signes ainsi qu’une une courte présentation de l’auteur sont à envoyer à Yann Raison du Cleuziou (yann.raison-du-cleuziou[a]u-bordeaux.fr) avant le 20 avril 2015. Une réponse sera faite à la fin du mois de mai 2015.

Appel à communication : AFHRC. AAC. La politisation des clercs.

Comité scientifique :
Nicolas Champ (Université Bordeaux Montaigne/CEMMC) ; Olivier Chatelan (Université Jean Moulin Lyon 3/LARHRA) ; Anne Jusseaume (Sciences Po Paris/CHSP) ; Laura Pettinaroli (Institut catholique de Paris) ; Florian Michel (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/IRICE) ; Yann Raison du Cleuziou (Université de Bordeaux/Centre Émile Durkheim) ; Sarah Scholl (Fonds national suisse de la recherche scientifique) ; Christian Sorrel (Université Lumière Lyon 2/LARHRA) ; Sara Teinturier (École Pratique des Hautes Études/GSRL) ; Chantal Verdeil (INALCO/IUF).