Archives de catégorie : Migrations

L’évolution récente de la population turque à l’échelle des départements, d’après les dernières données officielles

À la fin de l’année 2016 la population de la Turquie avoisine les 80 millions d’habitants selon les derniers chiffres fournis fin janvier 2017 par l’Institut Turc des Statistiques1 (TÜİK). À la lumière des données fournies et de leur première cartographie, on voudrait ici juste esquisser quelques remarques relatives à l’évolution très récente (entre 2015 et 2016) de la population à l’échelle des quatre-vingt-un départements.

  1. D’abord, au niveau national, admettons que le plafonnement de la croissance est confirmé. Avec 1,35 % de croissance annuelle la Turquie n’est décidément plus un pays dynamique du point de vue démographique. Cependant – et c’est une des limites de ces statistiques – il faut préciser que la population syrienne2 n’est pas prise en compte par ce recensement3, comme on le voit avec l’exemple du département de Kilis qui affiche une croissance infime (0,1 %) alors même que sa population effective a doublé du fait des immenses camps ouverts pour accueillir les Syriens4. Ou, dans une moindre mesure, avec le département du Hatay5 (Antakya) qui n’affiche qu’1,4 % de croissance alors qu’il compte deux camps importants et de nombreux Syriens hors les camps.
Les camps du Hatay Source : http://bianet.org/bianet/siyaset/174229-multecilerin-sartlari-kotu-hatay-da-herkes-tedirgin

  1. Les départements qui affichent une croissance remarquable, plus de deux fois supérieure à la moyenne nationale, sont rares et tous situés à l’ouest du pays, à l’exception de trois départements du nord-est dont les performances paraissent étranges/suspectes au premier abord (Giresun6, Bayburt7 et Gümüşhane8 ). Tekirdağ et Yalova, tous les deux localisés dans l’aire d’influence d’Istanbul sont les départements caractérisés par la croissance la plus forte, avec respectivement 36,6 % et 36,5 %. Bilecik, Bolu, Bursa, Eskişehir, Kocaeli, Sakarya et Düzce – tous dans la mouvance d’Istanbul – se distinguent aussi par des croissances relativement soutenues.
  2. En contraste, onze départements ont perdu de la population entre 2015 et 2016, tous à l’est du pays à l’exception d’Edirne9 (-0,2 %), marge extrême-occidentale du pays et sorte de glacis frontalier. Les plus touchés sont ceux qui ont été le théâtre de violences extrêmes depuis juillet 2015 : soit Hakkari (- 40,1 %) et Şırnak (-13,1 %) en premier lieu. Le cas de Tunceli (-46,2 %), département de violences endémiques, est à mettre à part puisque ce département, le moins peuplé et le moins dense du pays, perd de la population depuis longtemps. À noter que la dépopulation de ces départements de l’est est d’autant plus frappante que ces mêmes départements ont des indices synthétiques de fécondité encore très supérieurs à la moyenne du pays. C’est donc la dynamique migratoire qui est à incriminer.
  3. Par ailleurs, la croissance des grandes agglomérations urbaines s’est aussi ralentie avec la généralisation du fait urbain et la saturation du cœur de ces aires : 1 % pour Istanbul, 1,43 pour Ankara, 1,3 pour Izmir et 1,7 pour Antalya. Ces valeurs modestes devraient nous conduire à réviser une image désormais fausse de l’évolution de la population des métropoles de Turquie.
  4. En ce qui concerne l’est du pays il est frappant de constater que les évolutions sont très disparates : au nord-est se trouve une couronne de dépopulation prononcée, d’Artvin à Muş ; on a déjà évoqué les cas extrêmes des départements les plus touchés par une dynamique négative. À tous ceux-ci s’opposent des départements comme Gaziantep (21,7 %) ou (Şanlı)Urfa (25,2 %) à la croissance soutenue due à la conjonction d’une dynamique naturelle et d’une dynamique migratoire positives.

Pour conclure, ces résultats – qui traduisent une réaction démographique immédiate aux bouleversements politiques survenus en 2015 – prouvent une fois de plus que la Turquie est bien engagée dans la transition démographique, en dépit de toutes les incitations natalistes de certains de ses dirigeants. Elle est entrée dans le club très occidental des pays où la question du vieillissement de la population est devenue une question de première importance. La politique de fixation/intégration de la population syrienne – globalement beaucoup plus jeune – pourrait à certains égards être considérée comme une réponse à ce défi.

  1. Voir : www.tuik.gov.tr/PdfGetir.do ?id =24638
  2. Cette population comptée à part est désormais qualifiée par les autorités turques de « population jouissant d’un statut provisoire de protection » ; il ne s’agit pas de réfugiés, contrairement à ce que l’on dit trop souvent. Estimée à plus de 2,8 millions à la fin de l’année 2016, elle est composée d’un dixième seulement de populations résidant dans les 24 « centres d’hébergement provisoires » (ou camps) mis en place.
  3. Voir aussi : http://www.dunyabulteni.net/genel/284795/il-il-turkiyedeki-suriyeli-gocmen-haritasi
  4. Voir : http://www.sabah.com.tr/galeri/turkiye/kilisteki-multeci-kampi-ilk-kez-goruntuledi/9 et http://t24.com.tr/haber/suriyeli-sayisinin-yerli-nufusu-gectigi-kiliste-kiralar-patladi,328204
  5. Voir : http://bianet.org/bianet/siyaset/174229-multecilerin-sartlari-kotu-hatay-da-herkes-tedirgin
  6. Voir : http://www.iha.com.tr/haber-giresunun-nufusu-ne-kadar-2017-621499/
  7. Certains considèrent que cette augmentation subite serait liée à des considérations/manipulations électorales ; voir : http://www.sozcu.com.tr/2015/gundem/bayburtta-nufusa-ne-oldu-831691/
  8. Voir : http://www.sondakika.com/haber/haber-gumushane-nin-2016-nufusu-belli-oldu-9215267/
  9. Le département avait subi une notable décroissance de sa population entre 1990 et 2010 (passant de 404 000 à 390 000 durant ces vingt années) ; la légère reprise survenue depuis n’aurait été donc que très provisoire…

Netsereab Andom’s participation to « The Regional Workshop on International Migration from the Horn of Africa to Sudan and from there Onwards »

Netsereab Andom, PhD candidate at the University of Khartoum and associated with CEDEJ Khartoum, recently presented a paper in « The Regional Workshop on International Migration from the Horn of Africa to Sudan and from there Onwards ».

Organized by the Centre for Refugees, Migration & Development Studies of the Faculty of Community Development of the University of Gadarif and funded by the German international development cooperation agency GIZ, this conference was held from November 27th to 30th, 2016 in the premises of the University of Gadarif. 

Netsereab Andom’s presentation was entitled “Social Networks, Media and Eritrean Diaspora’s Role in the National Youth Out-Migration Challenges from Eritrea to Sudan”. In this presentation, Netsereab Andom discussed the oft-overlooked role of socio-cultural factors in border-crossing(s).

Netsereab Ghebremichael Andom is a PhD-Candidate at the Department of Sociology & Social Anthropology, University of Khartoum. He is also PhD student associate with CEDEJ Khartoum. As a former Eritrean refugee (1985-1991) in Eastern Sudan, his area of interest has remained on “migration and refugee studies.” Having completed his B.A degree in Sociology and Anthropology from the University of Asmara in 2000, he did his BSc (Hon.) and M.Sc. in Sociology from the University of Natal (Republic of South Africa) in 2003 and end of 2004, respectively. His Master’s thesis was on “Socio-Economic Re-Integration of Refugee Returnees in Eritrea: the Case of PROFERI Project in Dige Sub-Zone.” Having served as a lecturer for eight years in various Eritrean institutes of higher learning, since 2014 he also frequently works as a part-time lecturer at the University of Medical Sciences and Technology (Khartoum), Faculty of Economic, Social and Environmental Studies.

Filmer les réfugiés

Ce billet est l’introduction de l’ouvrage qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan, dans la collection « Mondes en mouvement », Filmer les réfugiés. Cinéma d’Enquête. Études Visuelles. Subjectivité Assumée. Documentaires. Films Ethnographiques. Ethno-fictions ou Ego-fictions ? par Fabienne Le Houérou. *** Persévérer à utiliser les images animées comme heuristique scientifique s’est heurté à de telles difficultés qu’il me semblait important de revenir sur cette méthodologie avec le plus d’exhaustivité possible en évitant les prétentions à la vérité absolue. Depuis que j’utilise des documentaires et des rushes filmés … Continuer la lecture de Filmer les réfugiés

Mondialisation, trafics de sexe et de drogues

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CC Pixabay Geralt

La mondialisation a de multiples dimensions. Certaines d’entre elles, comme la politique, l’économie ou la démographie font l’objet de recherches nombreuses, fouillées et « multinationales » ; d’autres sont plus rares, y compris à l’échelle internationale. C’est le cas de La mondialisation criminelle, qui a donné son titre au dernier ouvrage du sociologue Alain Tarrius.

Contrairement à un livre précédent dont Mondes Sociaux a rendu compte, il ne s’agit plus de synthèses ou d’actualisations de recherches menées depuis trois décennies, mais d’une série d’enquêtes, d’un enchaînement de terrains et de situations, qui éclairent crûment le phénomène social étudié : les trafics de femmes pour le travail du sexe et de drogues, ainsi que les rapports entre ces deux types de trafics. Et ce depuis la Mer Noire jusqu’aux pays européens de l’espace Schengen.

  • Tarrius A., 2015, La mondialisation criminelle, La Tour d’Aigues : Editions de L’Aube, Coll. Monde en cours, 150 p.
  • Tarrius A., 2015, Etrangers de passage. Poor to poor, peer to peer, La Tour d’Aigues : Editions de L’Aube, Coll. Monde en cours, 175 p.

L’espace circulatoire international des réseaux criminels

CC Pixabay OpenClipartVectors

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Le rapport femmes/drogues est au centre de la libéralisation-globalisation des milieux criminels. L’auteur étudie avec une grande précision les filières transeuropéennes russo-italiennes et plus particulièrement leur proximité avec les territoires circulatoires des transmigrants du poor to poor, autrement dit de la mondialisation par le bas, celle qui affecte les pauvres, mais qui ne concerne pas que les pays pauvres. Les origines des « marchandises » et des marchands sont en fait à l’échelle de la globalisation des marchés : Balkans et Caucase pour les femmes ; Afghanistan, Turquie, Géorgie et Russie caucasienne pour les drogues opiacées ; Albanie, Géorgie, Serbie pour les recruteurs ; Italie du Sud, Levant espagnol, routes françaises, Etats permissifs des pays de l’Europe du Nord pour les consommateurs. Par ailleurs, ces trafics ont une forme réseautique, surtout depuis le début des années 1990.

Ces zones de mœurs ou « moral areas » sont, pour reprendre une notion forgée par le sociologue nord-américain Robert Ezra Park, des espèces d’espaces au sein desquels s’organisent des échanges souterrains et officiels, visibles et cachés.

Selon Alain Tarrius (in Fragments sur les temps présents), « La notion de ‘moral area’, ou ‘zone de mœurs’, est utilisée par l’ensemble des sociologues de l’Ecole de Chicago pour décrire l’attraction et le brassage, souvent nocturne et dérogatoire de ‘l’ordre urbain’, de populations variées autour d’activités mêlant plaisirs et intérêts. Les ‘moral areas’ jouent un rôle essentiel, bien que non reconnu, masqué, dans les transformations urbaines ».

Transmigrantes, ces femmes le sont assurément, elles qui parcourent en cinq ou six années l’ensemble des moral areas évoquées ci-dessus ; évidemment les temporalités ne sont pas les mêmes que celles des transmigrants économiques de « l’entre pauvres », mais les cosmopolitismes de route sont proches et les investissements à l’égard du lieu d’origine souvent identiques. Alain Tarrius l’a constaté en suivant une cohorte de femmes accompagnées de parentèles, frères, sœurs, jeunes parents et proches amis du village ou du quartier d’origine. Ces accompagnateurs travaillent et habitent à proximité des femmes, non loin des clubs prostitutionnels. En outre, ils maintiennent un lien constant avec le milieu d’origine et sont les acteurs résolus de la réalisation du projet de retour.

Pour être clandestin, ce phénomène transmigratoire n’est pour autant ni invisible – pour peu qu’on daigne l’observer –, ni numériquement insignifiant. Les enquêtes ont permis d’évaluer à 10 800 le nombre des femmes originaires des Balkans et du Caucase qui travaillent dans le seul Levant ibérique, puis de chiffrer les importants blanchiments des revenus des drogues (illégales) liées au travail légal du sexe : ainsi, le commerce des seules drogues opiacées rapporte 1,9 milliard d’euros et celui du sexe 1,3 milliard…

CC Pixabay Pijon

CC Pixabay Pijon

Un sociologue à la poursuite de ses objets de recherche

Les investigations d’Alain Tarrius, souvent réalisées avec l’aide de commissaires territoriaux espagnols chargés de surveiller les clubs de prostitution, ont conduit le sociologue sinon à migrer avec les migrantes, du moins à suivre, en live ou à distance, les mêmes routes qu’elles. Ainsi, une enquête auprès de 120 femmes, entre 2009 et 2011, lui a permis de maintenir le contact, via Skype, avec un réseau de 47 informatrices, et d’avoir des entretiens avec 17 d’entre elles le long des routes et autoroutes françaises. Il y a gagné, dans les aires de service des autoroutes, le surnom de « mac boiteux ». Il a été également l’objet de multiples contrôles « sur le terrain », non par des membres du « milieu » qui exploite ces femmes, mais par des personnes appartenant aux sphères commerciales et politiques locales. C’est dire que certains avaient intérêt sinon à empêcher ces investigations, du moins à les limiter dans l’espace et le temps.

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux

C’est ainsi que lors d’une passionnante enquête sur le passage des drogues et des femmes à la frontière franco-espagnole du Perthus, il a mis en évidence un phénomène relevant de la moral area touchant les communes espagnoles frontalières de La Junquera et du Perthus : l’omniprésent clientélisme politique des exécutifs départemental des Pyrénées-Orientales et municipal de la ville de Perpignan qui fait le lit des milieux mafieux russo-italiens gérant ces trafics de l’autre côté de la frontière. Malgré les lois en vigueur sur la drogue et la prostitution, une « communauté morale » transfrontalière s’est construite et renforcée par les mobilités des hommes – consommateurs et trafiquants –, et par la circulation de l’argent. Les conséquences sont multiples. Ainsi, par exemple, des adolescent(e)s des collèges, lycées, centres de formation des Pyrénées Orientales sont devenus des proies faciles pour la pénétration des drogues chimiques, et certain(e)s finissent par être happé(e)s par le dispositif prostitutionnel espagnol.

gerhergherhLe livre s’achève sur les routes et autoroutes françaises, de Narbonne à Avignon, où l’auteur suit les femmes, accompagnées ou non de parentèles. Elles poursuivent leur transmigration européenne pour rejoindre les pays permissifs de l’Europe du Nord ou retournent dans leur pays d’origine à partir de Marseille ou de Lyon. Ces franchissements fréquents des frontières étatiques, mais aussi des frontières entre les univers de la marchandisation des femmes et ceux de leur coexistence avec leurs parentèles d’accompagnement, permettent une anthropologie des aller/retour vers une humanité ordinaire de ces femmes-marchandises, anticipant leur réinsertion dans les milieux d’origine.

Alain Tarrius livre un récit passionnant et inquiétant à la fois. Mais aussi un récit « instructif » : des chercheurs, des travailleurs sociaux, des étudiants, et plus généralement toute personne curieuse des continuités entre mondes souterrains et officiels y trouveront du grain à moudre pour réfléchir et agir, à l’instar des travaux de Robert Ezra Park.

On regrettera cependant que ne soient pas davantage utilisées les ressources de l’analyse des réseaux : l’occasion se présentait d’exposer les rapports que suggèrent les notions de « territoires circulatoires » et de « réseaux ». En effet la formalisation graphique des relations criminelles déployées dans l’espace social des territoires des circulations était aisée : Alain Tarrius décrit en effet ces relations en termes de fonctionnalités (id est les marchandises drogues et femmes) qui se prêtaient à ces figurations de réseaux.

Enfin, le lecteur pourra être frustré par l’absence d’un travail de recherche approfondi sur le retour des femmes au pays et sur leurs « nouvelles » conditions de vie. D’autant qu’au détour d’une phrase, l’auteur relève qu’elles « réalisent dans leur transmigration de six années l’ascension sociale que ne leur aurait jamais permis la sédentarité… ». Une recherche en cours dans le cadre du programme Mobilités, Réseaux, Migrations du Labex toulousain « Structuration des mondes sociaux » lui permettra de questionner la pertinence de cette affirmation. Rendez-vous en 2017 ?

Crédits image à la Une : CC Pixabay Geralt

Ester Serra Mingot’s PhD research on « Transnational Social Protection. How Sudanese migrants in the Netherlands and the United Kingdom and their families in Sudan make use of social protection, locally and transnationally »

CV_picEster Serra Mingot, PhD Candidate at the Faculty of Arts and Social Sciences in Maastricht University is currently doing her PhD on « Transnational Social Protection. How Sudanese migrants in the Netherlands and the United Kingdom and their families in Sudan make use of social protection, locally and transnationally ».

In Sudan, CEDEJ Khartoum will support her fieldwork.

Here is a brief extract of Ester Serra Mingot’s research plan:

« This study, thus, investigates how Sudanese migrants in the Netherlands and the UK, and their families, in Sudan, make use of different forms of social protection, locally and across borders. I will do this by answering the main research question:
“How do Sudanese migrants in the Netherlands and the UK and their families in Sudan make use of different forms of social protection, locally and across borders?”

In order to answer this question, four sub-questions have been identified:

  • What forms of social protection do Sudanese transnational families use, in order to receive and provide protection?
  • Are different forms of social protection used to address different needs, and if so how?
  • What factors of receiving country contexts influence the forms of social protection used?
  • How do the different forms of social protection affect the relationships between the migrants and their families ‘back home’?

Appel à contributions « Migrations contemporaines, territorialité, information et communication médiatisées » (jusqu’au 20 juin 2016)

Ce colloque international se tiendra les 03 et 04 novembre 2016 à la Maison des Sciences de l’Homme de Clermont Ferrand (MSH). Il s’inscrit dans la stratégie scientifique pluridisciplinaire de la MSH et entre dans le cadre d’un programme de recherche pluridisciplinaire financé par cette institution et dont le sujet porte sur « les Migrations et les liens sociaux : vers des innovations territoriales» (MILISOC). Ce projet interdisciplinaire, coordonné par Khaled Zouari et Mauricette Fournier, associe des enseignants-chercheurs des laboratoires de recherche suivants : Communication et Solidarité (EA 4647),  CERAMAC (EA 997), Geolab, ACTé et Pacte Grenoble.

Télécharger la version intégrale de l’appel à communication

DATES À RETENIR (ÉCHÉANCIER)

20 Juin 2016 DATE LIMITE de dépôt des résumés (anciennement 29 mai) : une prémière page pour mentionner les informations suivantes : Acronym + nom et prénom de l’auteur, fonction, institution d’appartenance, adresse électronique numéro de téléphone, numéro de l’axe. Une deuxième page de résumé de la conférence : 3 000 à 4000 signes. Dépôt des résumés uniquement sur le site du colloque :https://migratic2016.sciencesconf.org/user/submit

12 Juin 2016 30 juin 2016 : Nouvelle date de réponse du comité scientifique aux auteurs.

25 septembre : Date limite d’inscription au colloque (inscription payante : 80 euros pour les enseignants chercheurs, 50 euros pour les doctorants). Adresse d’inscription : https://migratic2016.sciencesconf.org/

30 septembre 2016 : envoi de l’article complet en version numérique (entre 25 000 et 30 000 signes espaces compris) : Dépôt des articles sur le site du colloque : https://migratic2016.sciencesconf.org/user/submit

25 octobre 2016 : mise en ligne des actes numériques.

Jeudi 03 et vendredi 04 novembre 2016 : tenue du colloque à la MSH de Clermont Ferrand.

15 février 2017 : envoi des articles sélectionnés pour publication dans un ouvrage collectif.

30 juin 2017 : publication d’un ouvrage collectif qui recense les meilleures communications.

Contact : Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter : 

Khaled Zouari : khaled.zouari@univ-bpclermont.fr 

Florine Garlot : florine.cerapcoop@gmail.com

CEDEJ Khartoum’s research activities on migration

In 2015 and 2016, CEDEJ Khartoum particularly invested in migration issues (through scientific events, researchers and PhD students’ fieldwork).

 

IMG_9604A scientific conference, organized by CEDEJ Khartoum, CFEE in Addis Ababa and the University of Khartoum entitled “Migration and Exile in the Horn of Africa: State of Knowledge and Current Debates” was held in November 2015 in Khartoum: for two days this major event brought together about forty researchers specialized in the field of migrations in the Horn of Africa.

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picture-115Dr Catherine Wihtol de Wenden is a renowned specialist on migration.

During her visit in CEDEJ Khartoum, we screened the documentary « Time to look at girls: migrants in Bangladesh and Ethiopia »(directed by Marco Speroni, 31 minutes – 2015), produced and researched by Katarzyna Grabska, Nicoletta Del Franco and Marina De Regt.

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  • Dr Katarzyna Grabska’s field research on patterns of return and displacement movements of South-Sudanese en route to Sudan/Ethiopia as a result of the civil conflict in the South.

In January 2016, CEDEJ Khartoum organized the book launch of her book « Gender, Home & Identity: Nuer repatriation to Southern Sudan » (James Currey, 2014) at the University of Khartoum.cover photo

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  • Film screening/debate about migration in March 2016: “Days of hope”, by the Danish director Ditte Haarlov Johnsen

“DAYS OF HOPE” (2013, 74 min) – Every year thousands of Africans leave their families behind and risk their lives in hope of a better life. “Days of Hope” brings us close to these people, providing an inside look at the struggles these emigrants face.

Dr Kasia GRABSKA and Dr Azza AZIZ, anthropologists with interest in migration issues, lead an after-screening discussion of the film.

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« The border between the Central African Republic and Sudan has always been porous and the Central African’s presence in Darfur is old. However, the migration of Central African in Khartoum seems to be more recent and linked with the troubles since the putsches of François Bozize and Michel Djotodia. This small community has still a low visibility and has not been studied since now. I focus my study on why and how they left the Central African Republic and came into Sudan. I try to find which networks lead them up to Khartoum and help to their integration. I also ask the question of the status of these migrants. This last point reveals a link between the refugees and the students. Actually, the main network for the Central African to integrate them in Khartoum seems to be the International University of Africa. » – Khadidja Medani

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  • Miralyne Zeghnoune’s ongoing fieldwork on Sudanese migrants in France and in Sudan.

Miralyne Zeghnoune, a master student, is currently collecting data on Sudanese migrants’ conditions in France (migratory route, reasons for leaving, future projects, connections with the family in Sudan, etc.). After two-month fieldwork in France (Paris, Lyon, Calais), she will study in Khartoum these migrants’ family and entourage (initial project, administrative procedures, contacts with the migrant, etc.).

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  • Alice Koumurian’s fieldwork on Syrian migrants (since 2011) in Khartoum.

Undeniably, the phenomenon of the increasing flow of Syrians coming to Sudan, resulting from the closing of the Turkish border coupled with the facility of entrance to Sudan due to the fact that they do not need a visa to enter Sudan and permission of stay is not unduly complicated, also requires the collection and analysis of data.

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La présence espagnole en Isère et dans le Rhône entre 1936 et 1939, accueil et insertion des populations

  • Par Louis Verger
  • Master 1 sous la direction de Claire Zalc

Au cours de l’entre-deux-guerres, la France a été une terre de forte immigration à la fois en provenance de l’Empire colonial et des autres pays européens. Cette immigration, encouragée et même organisée par le gouvernement et les entreprises fut, selon les périodes, les contextes économiques et politiques, plus ou moins bien acceptée par la population française. A la fin des années 1930, le délitement du Front Populaire et le contexte international de plus en plus tendu conduisent à un rejet de l’immigration et des étrangers par l’opinion publique de plus en plus xénophobe. C’est également au cours de cette période qu’éclate en Espagne la Guerre Civile suite au pronunciamiento du général Franco en juillet 1936. Dès le début, puis surtout à partir de 1939 et la chute de Barcelone, ce conflit pousse environ 455000 personnes sur les routes de l’exil en direction de la France. Durant les dernières années avant la Seconde Guerre mondiale cohabitèrent donc en France deux populations espagnoles différentes, l’une issue de l’immigration d’avant 1936, majoritairement économique, et l’autre composée d’exilés politiques poussés à chercher un refuge en France, alors l’une des dernières démocraties continentales de l’Europe de l’Ouest. Se pose donc la question du traitement différencié par les autorités de ces deux groupes, et des variations de statuts entre ressortissants d’un même pays.

Ce travail adopte une approche à l’échelle locale et prend pour point de départ la question du statut, ou justement de l’absence de statut de ces deux populations au niveau départemental. Les préfets, représentants de l’exécutif dans le département étaient ainsi chargés de contrôler leur population, et en particulier les étrangers dès 1938. Nous essayons également de montrer comment les autorités prirent en charge les Espagnols arrivant en France dépourvus de ressources et fuyant la guerre par la mise en place de structures d’hébergement au travers d’un système de camps d’internement. Pour cela nous nous appuyons sur le cas du département de l’Isère, concerné par ces politiques d’accueil d’urgence dans une mesure raisonnable en termes d’effectifs à héberger. Enfin, un autre axe de notre travail porte sur la mise en place d’un véritable réseau de solidarité, organisé à l’échelle européenne et mondiale, mais ayant également des représentations à l’échelle locale au travers d’associations et de groupes antifascistes. L’étude de ces réseaux permet de montrer les concordances et les divergences entre les associations à caractère politique et les associations proprement humanitaires en fonction des populations qu’elles aident en priorité.

Cette étude locale, permet donc de mieux comprendre comment, à l’échelle de deux départements, les autorités gérèrent une problématique de l’immigration tendue dans un contexte social crispé et xénophobe.