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Afriques enchantées, Afriques en chantiers / Les Afriques en débat

Du 9 au 12 juillet auront lieu à Marseille, les 5èmes Rencontres des Études Africaines en France (REAF) sur le thème « Afriques enchantées, Afriques en chantiers », conjointement avec les 4èmes Rencontres des Jeunes Chercheurs en Études Africaines (JCEA) sur le thème « Les Afriques en débat » sur le campus Saint-Charles de l’Université d’Aix-Marseille.

Informations pratiques sur https://jcea2018.sciencesconf.org et sur http://reaf2018.sciencesconf.org

 

 

 

 

 

 

A paraître : Pentecôtistes en Ouganda. Générations, Sida et moralité

Alessandro Gusman, Pentecôtistes en Ouganda, Paris, Karthala, mars 2018

Ces trente dernières années, la mouvance pentecôtiste s’est rapidement imposée en Ouganda, avec des méthodes d’expansion et d’évangélisation agressives, se fondant sur la nécessité d’agir pour libérer et «purifier » les individus et la société ougandaise. En l’espace de quelques décennies, les pentecôtistes sont devenus une force en mesure de peser sur les décisions politiques, notamment en matière de prévention du Sida, et de modifier de manière significative les représentations morales liées à la sexualité, aux relations familiales et aux rapports entre les générations.

L’essor du pentecôtisme en Ouganda coïncide avec la lutte contre l’épidémie de Sida qui a frappé le pays dès le début des années 1980. Cette situation a amené le mouvement à se concentrer sur les jeunes citadins de Kampala, considérés comme génération à sauver, en mettant l’accent sur le contrôle de la sexualité et la nécessité d’une « révolution morale » pour l’Ouganda.
Ce livre analyse le pentecôtisme ougandais comme acteur social qui propose un régime moral normatif et se présente comme l’agent du changement et de la moralisation du pays, en mesure de renforcer les valeurs chrétiennes et de mettre un terme à la corruption qui affecte le corps social. Dans cette perspective, la conversion est considérée comme partie intégrante d’un projet politique qui vise à sauver et à racheter l’Ouganda.

Alessandro Gusman est anthropologue et enseigne à l’Université de Turin. Ses recherches portent sur l’impact social et politique des Églises pentecôtistes en Ouganda, sur la relation entre religion et migration, et sur des questions d’anthropologie médicale. Il est auteur du livre Antropologia dell’olfatto (Roma-Bari, Laterza, 2004) et de nombreux articles parus dans des ouvrages ou des revues nationales et internationales.

 

 

JCEA 2018 : Les Afriques en débat

Rencontres des Jeunes Chercheur.e.s en Études africaines, du 9 au 12 juillet 2018 Université d’Aix-Marseille, campus Saint Charles, Marseille, France

Depuis leur première édition en janvier 2013, les JCEA ont vocation à réunir des jeunes chercheur.e.s et docteur.e.s travaillant sur des terrains africains ou liés, historiquement, géographiquement ou politiquement, au continent. En proposant un vaste état des lieux des travaux des jeunes chercheur.e.s, les JCEA invitent à dépasser les barrières disciplinaires qui structurent encore largement les recherches africanistes. Elles aspirent à faire dialoguer toutes les disciplines des sciences humaines et sociales afin de décrire l’histoire complexe, ancienne et contemporaine, des Afriques. Elles entendent également constituer un lieu d’échanges et de débats rassemblant les jeunes chercheur.e.s, parfois isolé.e.s ou travaillant dans des laboratoires bien souvent non africanistes.

Les Rencontres 2018 sont marquées par une double ouverture, manifeste dans leur choix d’analyser « les Afriques ». D’une part, se tenant à Marseille, ville carrefour et porte d’entrée sur la Méditerranée, elles réaffirment la nécessité de faire dialoguer les recherches portant sur l’Afrique du Nord, en allant du Maroc à l’Égypte, et l’Afrique sub-saharienne et insulaire. Ce faisant, elles s’interrogent sur les modalités du « grand partage » historique et épistémologique qui a conduit à diviser le continent en deux aires culturelles supposées étanches. Si les Rencontres conçoivent l’Afrique dans son unité géographique, elles veulent, d’autre part, rassembler les jeunes chercheur.e.s travaillant autant sur le continent que sur les groupes et les sociétés qui, bien qu’exilés sur d’autres terres du fait de la Traite, de la diaspora ou de la migration, revendiquent une identité « africaine ».

Axe 1 : Circulations

Définie tour à tour comme traduction, diffusion, accès et succès, la notion de « circulation » traverse l’ensemble des disciplines qui portent sur les humanités. La circulation peut en effet être liée à l’intensification de l’activité économique, à la mondialisation, aux avancées technologiques, aux migrations, aux nouveaux modes de transports, etc. Elle peut également renvoyer à la mise en mouvement des personnes, des cultures, des images, des discours, des objets matériels ou immatériels, des constructions symboliques, des biens et des capitaux, etc.

Cet axe entend par ailleurs étudier le phénomène de circulation, d’une part, à l’intérieur de l’Afrique et, d’autre part, entre l’Afrique et le monde extérieur. Il s’intéresse, notamment, aux transferts culturels et technologiques, aux migrations, aux diasporas et à la construction de nouveaux espaces et identités, à l’hybridation, aux influences littéraires, artistiques, éducatives, pédagogiques, didactiques, idéologiques, vestimentaires, alimentaires et linguistiques, à la diffusion des modèles de gouvernance, à la circulation des savoirs, mais aussi aux questions portant sur la santé des populations.

Par-delà sa plasticité, la notion de circulation présente l’intérêt de saisir les sociétés par le prisme de l’hétérogénéité, de la diversité, de la plurivocité, de la complexité et de la complémentarité. Penser les situations africaines sous l’angle des circulations permet en effet de dépasser les dichotomies classiques opposant le global et le local, le moderne et le traditionnel, le rural et l’urbain, etc. En quoi les circulations plurielles informent-elles des continuités, des ruptures et des paradoxes de l’histoire politique, économique, démographique, territoriale, linguistique ou encore artistique des Afriques ? Dans quelle mesure la circulation des hommes, des choses, des artefacts, des symboles, etc. révèle-t-elle le pluralisme inhérent aux Afriques contemporaines ?

Axe 2 : Rites et rituels

Cet axe porte sur les phénomènes rituels dans les Afriques, plus particulièrement sur leurs dimensions religieuses, cultuelles et culturelles, du point de vue de l’ensemble des sciences humaines et sociales.

Il propose d’abord de questionner les rites et les rituels en considérant leur diversité première : ils peuvent être afférents ou non à une institution religieuse, s’être développés dans le cadre d’une certaine histoire politique, qu’elle soit ancienne ou contemporaine, comme celle de l’esclavage, la colonisation, l’indépendance et la constitution d’États-nation, etc. Pouvant être appréhendés sous différents angles (symbolique, fonctionnel, phénoménologique, etc.), les rites et les rituels peuvent, également, être interrogés aux travers des objets, des techniques (corporelles, langagières, etc.), de leurs objectifs (identitaire, politique, économique, sacré, transgressif, etc.), des relations ou encore des formes de syncrétismes qu’ils convoquent. Cet axe s’attache ainsi à montrer que les rites et les rituels ont une spécificité qui leur est propre : ils sont performatifs dans la mesure où ils (re)créent des codes, des institutions, des règles, des représentations ou encore des liens sociaux nouveaux.

Par ailleurs, si le fait religieux a depuis longtemps intéressé les recherches en sciences sociales, la prolifération religieuse des années 1990 a permis de réinterroger les théories de la sécularisation et la modernisation. Des outils théoriques originaux ont en effet été forgés pour analyser les nouveaux mouvements religieux, permettant en même temps de repenser l’inscription des religions de et dans l’histoire. L’analyse des cultes, des rites et des rituels au sein de ces mouvements peut alors éclairer leur portée politique, sociale ou économique ou encore interroger la question de la confessionnalité : comment analyser et comprendre les agencements sociaux et culturels générés par le cumul religieux et l’existence de multiples confessionnalités ?

En outre, les rites et les rituels peuvent permettre d’observer et de questionner les phénomènes de « réinvention de la tradition » et les dynamiques de réinterprétation culturelle. Ils sont, en effet, une porte d’entrée pertinente pour penser la façon dont les imaginaires collectifs passés évoluent et se transforment pour répondre aux interrogations contemporaines, notamment à partir des pratiques et des politiques de patrimonialisation de la part des acteurs, tels que ceux issus de la diaspora, des acteurs culturels, etc. `

Axe 3 : Pouvoirs et autorité de (dans) l’État

Cet axe vise à réinvestir l’analyse de l’État et des dynamiques politiques afin de questionner les imaginaires, les pratiques et les relations de pouvoir dans les Afriques.

De quelle manière les États se donnent-ils à voir, maîtrisent-ils ou non leur image et négocient-ils sur la scène internationale ? Quelles représentations et quelles normes régissent le fonctionnement quotidien des institutions publiques et les pratiques de leurs fonctionnaires ? Quelles attentes nourrissent les citoyens ou les usagers à l’égard de leurs administrateurs ? Dans quelle mesure des autorités autres (« traditionnelles », religieuses, privées, économiques, militaires, syndicales, « développementalistes », etc.) investissent-elles l’espace public et revendiquent une certaine légitimité à participer du pouvoir ? Au travers de ces négociations tant diplomatiques que quotidiennes, passées et actuelles, il s’agit notamment de penser, dans une perspective socio-historique, le caractère non linéaire de la construction de l’État, la dimension conflictuelle de la lutte pour l’autorité légitime ou la complexité des relations et des imaginaires politiques.

S’attachant à identifier les recompositions globales et localisées, structurelles et quotidiennes du politique, cet axe veut également saisir la (re)configuration des relations de pouvoir et leur historicité. Il s’agit alors d’inscrire l’analyse des pouvoirs et de l’État dans la problématique plus large du politique, celle des relations de domination (entre les sexes, les genres et les générations, les « riches » et les « pauvres », les « autochtones » et les « étrangers », les Blancs, les Noirs et les Métis, les « développés » et les « développeurs », etc.) que légitiment ou contestent les croyances et les représentations plurielles de l’inégalité.

Axe 4 : Ressources

Dans un contexte où la disponibilité et la diversité des ressources en Afrique sont l’objet de tensions accrues, cet axe propose de mener des réflexions sur la production et la gestion des ressources, prises ici au sens large, tant physiques (foncières, minières, énergétiques, alimentaires, travail, eau, etc.) qu’immatérielles (savoirs, connaissances, langage, arts, etc.).

Ces tensions, qui se manifestent à des échelles différentes, questionnent les modes de régulation, les rapports de force et les inégalités économiques liés au traitement des ressources. Cet axe propose ainsi d’apporter des éclairages sur les processus de changements passés et actuels dans la production et la gestion des ressources, lesquelles peuvent être considérées au sein des territoires et des espaces (qu’ils soient profanes ou sacrés, publics ou privés, touristiques ou patrimoniaux, etc.) où s’observent des configurations sociales et écologiques spécifiques. Une attention particulière peut, par exemple, être portée sur les recompositions des pratiques et des représentations sociales et culturelles eu égard à l’exploitation des ressources dans un lieu donné, à l’instar d’une mine, d’un lieu sacré ou encore d’un village transformé en site touristique.

Dans cette optique, il importe de dépasser – sans toutefois ignorer – les dichotomies classiques ayant trait à la production et à la gestion des ressources (individu/groupe, hérité/construit, local/global, rural/urbain, État/marché, adoption/résistance, tourisme/sacré, etc.) pour mieux appréhender la complexification des arrangements sociaux, économiques et politiques entre acteurs pour l’accès et l’utilisation des ressources.

Dépendamment des contextes et des échelles concernés, l’enjeu est aussi de comprendre dans quelle mesure ces changements dans la production et la gestion des ressources s’inscrivent dans une continuité historique ou, au contraire, sont facteurs de rupture. Plus précisément, comment ces changements invitent-ils à réinterroger les rapports qui se nouent entre les différentes formes de propriété (religieuse, « coutumière », légale, publique, etc.), entre les processus de décision et les modalités de redistribution des fruits de l’exploitation ? Enfin, dans quelle mesure ces transformations sont-elles soutenables pour les futurs des sociétés africaines ?

Axe 5 : Construction des savoirs

Les origines de la construction des savoirs en études africaines peuvent être rapportées, en France, au début du XXe siècle et à l’organisation de la mission Dakar-Djibouti. Par le personnel qu’elle a convoqué et par son mode d’organisation, celle-ci a associé de nombreuses perspectives, allant de l’ethnologie à la littérature, de la musicologie à la botanique en passant par une démarche muséographique de collecte. Le tournant réflexif en anthropologie et les postcolonial studies ont conduit à une dévalorisation de ces premiers travaux « africanistes » issus des institutions coloniales et missionnaires, mais elle ont également donné lieu à une prise de distance vis-à-vis de la démarche pluridisciplinaire et collectionneuse qu’incarne la mission Dakar-Djibouti. Cette remise en cause va de pair avec une spécialisation disciplinaire croissante et un retour critique sur les matériaux collectés. Cet axe vise d’abord à saisir la spécificité de la démarche de production d’un savoir multidisciplinaire à travers les grandes figures historiques de « l’africanisme ». Il s’ouvre, ensuite, à une réflexion sur la structuration actuelle du champ des études africaines, en interrogeant les conséquences de la spécialisation des chercheurs héritiers de « l’africanisme », la séparation opérée entre les études sur l’Afrique subsaharienne, l’Afrique du Nord et la Caraïbe, la prépondérance de certaines disciplines dans la recherche et les modalités de contact entre elles, dans un esprit qui nous semble caractéristique de l’organisation de ces JCEA. L’exigence épistémologique de cet axe pourra, en outre, permettre de revenir sur des questions méthodologiques récurrentes : ainsi sur les contacts universitaires entre Nord et Sud, la place des « langues africaines » dans la recherche ou encore les enjeux de l’oralité en tant que véhicule du savoir en Afrique. Pourront également être abordées la question de la création artistique et celle des expositions muséales. Comment et où exposer aujourd’hui les « matériaux » du premier africanisme ? De quelle manière l’archive est-elle intégrée dans la création littéraire, cinématographique et artistique ? Comment penser les éventuelles porosités entre savoir et création ?

Liens

Les rencontres de 2018 : https://jcea2018.sciencesconf.org

Le Site des JCEA: https://jcea.hypotheses.org

 

 

 

 

Appel à panels : Afriques enchantées, Afriques en chantiers

Les 5èmes Rencontres Scientifiques des Études Africaines en France se tiendront du  9 au 12 juillet 2018 à Marseille, sur le site Saint Charles d’Aix Marseille Université.

Soutenues par le GIS Afrique, elles sont organisées par les équipes travaillant sur l’Afrique des laboratoires suivants : Laboratoire Population – Environnement – Développement (LPED) Unité de Recherches Migrations et Sociétés (URMIS), Institut des mondes africains (IMAF), Centre Norbert Elias, Centre Interdisciplinaire d’Étude des Littératures d’Aix-Marseille (CIELAM), Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM). Comme les quatre précédentes, ces 5es Rencontres visent à donner une visibilité aux recherches sur l’Afrique en devenir. Il s’agit aussi de faire connaitre nos objets de recherches et nos thématiques aux étudiants inscrits en Licence ou en CPGE afin de les inciter à s’orienter vers nos champs de recherche africains. Pour les contributions, les REAF 2018 sont ouvertes à tous, tout particulièrement aux doctorants et jeunes docteurs.

Pour la première fois, se dérouleront dans le même temps et sur le même lieu, les REAF et les « Rencontres des Jeunes Chercheurs en Études Africaines » : Les Afriques en débat – JCEA 2018

Préambule

Le continent africain, avec plus d’un milliard d’habitants, sa jeunesse, l’importance de ses ressources naturelles, les grands aménagements qui s’y multiplient et la modernisation qui s’y accélère est souvent associé, dans les médias, aux nouveaux miracles économiques, aux innovations sociales, artistiques et culturelles.

Les politiques économiques et sociales déployées dans les mondes africains viennent rencontrer des enjeux locaux de valorisation et de préservation des pratiques culturelles comme des ressources naturelles alimentant tour à tour afro-pessimisme et afro-optimisme, enchantement et désenchantement, mythologies d’une africanité rimant avec authenticité et d’un développement économique rimant avec modernisation.

La capacité de résistance, de transformation et de résilience des sociétés africaines face aux dominations, aux violences et aux crises, interroge et fascine. Énergie des individus, dynamisme supposé des solidarités, communautés et familles, héroïsme au quotidien des femmes et des plus démunis, élan des mouvements sociaux, créativité religieuse, amplification des circulations licites et illicites, sont mis en avant comme des atouts propres à ce continent. Les versants plus sombres de ces dynamiques interpellent également : prosélytismes et radicalismes armés sur des bases religieuses, culturelles ou communautaires, mobilisation de la sorcellerie dans le champ des concurrences ou des conflictualités  sociales.

Ces illusions, projections, fantasmes et stéréotypes qui collent aux dynamiques plurielles du continent africain sont tenaces, et fondent en partie l’attraction et la séduction exercées par ce continent. Cependant les termes mêmes de domination, de tragédies mais aussi de résistances, d’indocilité ou de résilience, si souvent appliqués au continent africain, risquent d’éluder les rapports historiques, économiques, politiques et sociaux qui s’y jouent.

Les 5e Rencontres scientifiques des Études Africaines en France proposent de revenir sur les mécanismes de construction, de diffusion et d’instrumentalisation de ces représentations. Comment se sont-elles construites ? Comment, dans l’histoire du continent, l’enchantement et ces désenchantements ont-t-ils été fondateurs de multiples formes de convoitises et de dominations ? Qu’en est-il des formes « prolongées » de mises en dépendance héritées d’un passé lointain? Comment sont-elles entretenues ? Les mémoires et les pratiques anciennes ne se prolongent pas seulement dans le présent, et elles devront faire l’objet d’une interrogation en tant que telles. En quoi l’enchantement et ces désenchantements animent-ils des actions politiques nationales et internationales, mais aussi des discours littéraires, politiques, scientifiques et des mobilisations populaires ?

Des ateliers portant sur des thématiques ou des orientations nouvelles de la recherche sur les Afriques, présentant des regards renouvelés sur des objets récurrents, ou mettant l’accent sur des développements récents de la recherche ou des thèmes comparatistes sont attendus. Des ateliers pluridisciplinaires ou interdisciplinaires sont également sollicités. Ils pourront mettre en avant  les thèmes suivants :

Axe 1 : Les chantiers de l’enchantement

Des “objectifs du millénaire” aux “objectifs de développement durable”, les liens entre programmatique internationale,  enjeux nationaux et réalités socio-économiques sont réinterrogés. L’enchantement et les désenchantements suscités par la production des chiffres du développement sont au cœur des débats. Dans quelles conditions ces projets sont-ils déployés ? Comment ces productions chiffrées sont-elles utilisées pour justifier l’action politique nationale et internationale ?

À une autre échelle, la révolution technologique longtemps espérée s’amorce. Les capitales africaines sont en chantier. Ces grands projets riment aussi avec dégradation de l’environnement, déplacement de populations, suppression des activités génératrices de revenus sans qu’aucun programme de substitution ne soit élaboré. Parallèlement, de nouveaux réseaux d’économies alternatives et solidaires sont très visibles et présents sur le terrain : quel est le bilan de leurs activités ? Quels sont les enjeux de l’émergence de ce qui apparaît  comme un eldorado vert ?

Qu’en est-il des grands chantiers coloniaux et des constructions (étatiques, architecturales, intellectuelles) précoloniales ?  Leur contenu intrinsèque de violence, d’oppression, de division aux effets durables seront documentés et discutés.

La créativité culturelle et artistique du continent, et son attractivité touristique, font tout autant objet d’enchantement que d’un « business » dépendant de marchés, mécénats et financements exogènes. L’Afrique est un terreau pour la « world music » cosmopolite quand la plupart des artistes africains vit quotidiennement dans une grande précarité économique.

La réflexion au sein de cet axe portera prioritairement sur les thèmes suivants :

  • L’enchantement des chiffres et des objectifs internationaux
  • Les grands chantiers d’aménagement : un mirage ?
  • Révolution numérique, réseaux sociaux et mouvements des nouvelles économies solidaires
  • Des transmutations et innovations des champs ethnique et religieux à la profusion des  prosélytismes
  • Artistes, écrivains et œuvres africains sur les scènes mondiales

Axe 2 : Une nature enchantée, des patrimoines menacés, une agriculture questionnée 

Les effets de l’urbanisation, de l’installation des sites miniers, des changements climatiques et environnementaux paraissent comme autant de menaces pour la biodiversité, les espaces naturels mais aussi pour la réalisation d’une auto suffisance alimentaire pérenne comme d’une agriculture familiale durable. La pression anthropique est souvent présentée comme étant menaçante pour la préservation de l’environnement pourtant les conditions d’exploitations techniques et économiques des paysans africains (difficile accès au crédit et à l’investissement, manque de soutiens publics) sont plus rarement évoqués comme étant une entrave majeure à l’optimisation d’une production agricole permettant la préservation de l’environnement. Quand elles le sont, c’est surtout dans l’objectif de légitimer des investissements et modes de production changeant radicalement les structures agraires. Ici sera particulièrement mise en débat la capacité des paysans africains à faire face, à partir de leurs savoirs vernaculaires et de leur accès à l’innovation, aux effets des changements climatiques et environnementaux locaux et globaux.

La nature autrefois représentée et investie communautairement et spirituellement apparaît aujourd’hui menacée par la marchandisation et la spoliation de ces ressources naturelles et culturelles. Les enjeux de la biodiversité, des politiques de patrimonialisation ou la défense des territoires et les mobilisations du sacré, seront interrogés ici.

La réflexion au sein de cet axe portera prioritairement sur les thèmes suivants :

  • Faits et méfaits de l’urbanisation
  • Nouveaux mondes ruraux
  • Agriculture familiale versus agro-business
  • Les mines entre mirage économique et spoliation
  • Ressources naturelles patrimonialisées, menacées et marchandisées

Axe 3 : Désenchantements, migrations et nouvelles solidarités

Les sociétés du continent africain sont perçues comme développant des solidarités tout à la fois fortes et résistantes face à des changements rapides. Qu’elle s’opère au sein des familles ou entre groupes spécifiques (tontines féminines, grin, chaînes économiques entre grands commerçants, diasporas), l’entraide apparaît comme un marqueur des relations sociales qui se déploient sur le continent.

Ces questions méritent d’être revisitées au regard des nouvelles formes de résidence, mais aussi des nouvelles contraintes économiques qui pèsent sur les individus pour accéder aux soins ou à l’éducation. Qui sont les laissés-pour-compte tant de ces espaces urbains, ruraux et péri-urbains ?

Interroger les capacités de résilience impose également de questionner les nouvelles formes familiales qui se dessinent sur le continent. Pluralité des normes familiales, nouvelles formes de parentalité, de conjugalité et d’alliance seront interrogées au regard des aspirations des individus comme des contraintes socio-économiques. Formes familiales transnationales et parfois transcontinentales contribuent à redessiner les contours de la mondialisation.

Traditionnellement espace de mobilité et de circulation, le continent africain est devenu pour nombre de jeunes en quête d’une vie meilleure, un territoire de l’enfermement. Les tentatives périlleuses de franchissement des frontières de l’Europe témoignent à la fois du désenchantement des jeunesses d’Afrique, de leur dynamisme pour transformer les perspectives d’avenir mais aussi des résistances qu’ils opposent à la dépossession des ressources économiques.

Contribuant à l’amplification des circulations à l’intérieur du continent, ces nouvelles formes migratoires sont rythmées par des temporalités propres et sous-tendues par des ethos migratoires spécifiques. Dans quelle mesure les situations d’incertitude et d’étirement indéfini du temps de l’exil qui caractérisent ces mobilités contribuent-elles à distendre les liens familiaux et les attaches locales ? Dans quelle mesure les formes réticulaires des liens sociaux et les rencontres cosmopolites propres aux itinéraires de l’errance fournissent-elles des opportunités de s’insérer dans des réseaux d’activité licite ou illicite au niveau du continent ? Comment ces nouvelles mobilités s’articulent-elles avec les formes plus anciennes mais toujours vivaces des mobilités religieuses, des circuits commerçants et des déplacements de travail dans les espaces régionaux ?

La réflexion au sein de cet axe portera prioritairement sur les thèmes suivants :

  • Recomposition des États et de la délivrance des services publics
  • Migrations et mobilités
  • Jeunesse et  mouvements sociaux
  • Mutations des familles et recomposition des solidarités
  • Nouvelles élites et émergences des sociétés métisses
  • Réseaux d’activisme artistique

 Consignes :

– Le dépôt de la proposition de panel se fait en ligne sur le site : https://reaf2018.sciencesconf.org

– Un résumé de 500 mots maximum présentant le panel

– Choix d’une thématique unique pour « classer » la  proposition

– Le texte de 500 mots maximum sera soumis à deux évaluateurs. Ce texte est à rédiger directement sur le site. Il n’est pas nécessaire d’inclure la liste des références bibliographiques citées dans le texte.

Calendrier                     

1 / Les propositions de panel sont attendues pour le 8 janvier 2018. 

2 / Validation des propositions de panel par le comité scientifique pour le 30 janvier 2018.

3 / Mise en ligne de la liste des panels le 1er février 2018

4 / Date limite de soumission des communications individuelles pour le 28 février 2018

5 / Composition de leur atelier par les coordinateurs de panel et dépôt en ligne  le 13 mars 2018 .

6 / Validation  des ateliers complets par le Conseil Scientifique avant  le 23 mars

7 / Mise en ligne de la liste et de la composition finale des ateliers le 24 mars 

 Si vous êtes chercheurs, enseignants-chercheurs ou IT, n’oubliez pas de vous inscrire dans l’annuaire du GIS Études africaines en France : http://etudes-africaines.cnrs.fr/annuaires-des-chercheurs/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vient de paraître : L’offrande de la mort. Une rumeur au Sénégal

L’offrande de la mort. Une rumeur au Sénégal, par Julien Bonhomme et Julien Bondaz, aux éditions CNRS, 2017.

Sénégal, janvier 2010 : un mystérieux personnage à bord d’une voiture distribuerait des offrandes de viande et d’argent qui tueraient ceux qui les acceptent. Pendant une quinzaine de jours, cette étrange rumeur circule dans tout le pays, fait la une de l’actualité et provoque plusieurs incidents : des personnes sont accusées d’être le « tueur charitable» et prises à partie par la foule. Parce qu’elle perturbe le cours ordinaire des choses et déstabilise les évidences du sens commun, cette rumeur d’offrande de la mort offre une entrée originale pour étudier des faits sociaux de plus grande ampleur.

Elle permet d’interroger la place centrale mais problématique de l’aumône et révèle les contradictions entre les politiques de lutte contre la mendicité et les normes de la charité religieuse. Elle pose surtout la question plus générale du sens et de la valeur des dons, dans un contexte où normes religieuses, prescriptions maraboutiques et dettes sorcellaires sont souvent étroitement imbriquées. À qui les dons profitent-ils réellement ? Quels dangers peut-il y avoir à les recevoir ? Quels rapports entretiennent l’aumône, l’offrande et le sacrifice ? Comment tenir compte de la place des entités invisibles, qu’il s’agisse de Dieu ou de génies plus ou moins maléfiques, dans les dons que les humains se font entre eux ?

Ce livre n’est pas seulement l’analyse d’une rumeur révélatrice des mutations politiques, économiques et religieuses d’un pays africain. Il peut également se lire comme un essai sur Mauss. Cette histoire sénégalaise de cadeau empoisonné invite en effet à jeter un nouveau regard sur deux thèmes classiques de l’anthropologie : le don et le sacrifice.

Les auteurs :

Julien BONHOMME
Julien Bonhomme est anthropologue, maître de conférences à l’ENS-Paris et chercheur au Laboratoire d’Anthropologie Sociale. Il est notamment l’auteur de Les Voleurs de sexe. Anthropologie d’une rumeur africaine (2009).Julien BONDAZ
Julien Bondaz est anthropologue, maître de conférences à l’Université Lumière Lyon 2 et chercheur au Laboratoire d’Anthropologie des Enjeux Contemporains. Il est notamment l’auteur de L’Exposition postcoloniale. Musées et zoos en Afrique de l’Ouest (Niger, Mali, Burkina Faso) (2014).

 

ANR EInSA 2017-06-15 15:57:31

De l’imaginaire sorcellaire à la « chasse aux sorcières »

Comment expliquer la recrudescence des accusations en sorcellerie ces dernières années et les violences qui en découlent souvent? Comment les systèmes judiciaires prennent en charge ces affaires, comment peuvent cohabiter justice coutumière et justice pénale ? CulturesMonde par Florian Delorme le 15 juin 2017 – France Culture

La République centrafricaine traverse, depuis 2012, une crise politico-militaire, mais aussi économique et sociale, le pays est pris au piège dans un cycle de violences duquel il peine à sortir. Pour preuve, le mois dernier encore, un massacre visant les populations de Bangassou faisait plus de 100 morts. Dans ce climat d’insécurité, prolifèrent d’autres chaines de violences et notamment des affaires en sorcellerie qui conduisent au soupçon, à la rumeur, à l’accusation publique jusqu’au meurtre et au lynchage parfois, des affaires qui ont pris ces dernières années une ampleur spectaculaire.

Comment comprendre leur recrudescence ? Qui produit ces accusations ? Et qui est visé ? Comment les autorités, et notamment le système judiciaire, prend-il en charge ces affaires ? Quel poids de la période coloniale dans la construction de cet imaginaire sorcellaire, de ces représentations de la sorcellerie ? Et d’ailleurs : qu’est-ce qu’un fait de « sorcellerie » ?

59min

Intervenants

  • Andrea Mayneri Ceriana : Anthropologue, membre de l’Institut des Mondes Africains
  • Gervais Ngovon : Ancien procureur de la république à Bangui (Centrafrique), juriste auprès de la CEMAC (Communauté économique des états d’Afrique centrale)
  • Virginie Degorge : Psychologue clinicienne, docteure en psychopathologie de l’Université Paris 7-Diderot, rattachée au centre de recherche en psychanalyse et médecine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Journée d’étude : Politique, croyances et conflits en Afrique Centrale

Politique, croyances et conflits en Afrique Centrale, Libreville, 9 juin 2017

La communauté des chercheurs en sciences sociales s’interroge moins sur le triptyque « Politique, croyances et conflits » en Afrique subsaharienne. Il résulte de ce déséquilibre une limite ouvrant la voie à un fort potentiel de recherche dans les années à venir. De nombreux travaux traitent de manière séparée la politique et les croyances comme source de conflits en Afrique. La littérature existante provient essentiellement de sources institutionnelles et circule sous la forme de travaux d’expertises rédigés en réponse aux commandes des agences d’aides internationales – bailleurs de fonds et ONG (UNESCO, 2005).

Le vendredi 9 juin 2017
9h00 - 17h30
Salle Licence 1 Anthropologie
(Pôle préfabriqué), FLSH/UOB

PROGRAMME

  • 8h30 : Installation
  • 9h – 9h15 : Mot du Vice- Doyen de la FLSH, chargé de la Recherche
  • 9h15 – 9h30 : Présentation de la journée d’étude (Maixant Mebiame Zomo, LABAN)
  • 9h30 – 10h15 : Leçon inaugurale (Joseph TONDA)
  • 10h 15 – 11h : Pause café

PANEL 1 : Politique et conflits

Modérateur : Placide ONDO (Sociologue, UOB)

  • 11h – 11h15 : Les figures du conflit (Alain BOUSSOUGOU, Anthropologue, LABAN)
  • 11h15 – 11h30 : Stigmates comme violence de l’imaginaire : cas des personnes vivant avec le VIH/SIDA (Fabrice ZANG, doctorant, Anthropologie/LABAN)
  • 11h30 – 11h45 : L’usage de la violence politique par les exilés numériques sur les réseaux sociaux (WhatsApp et Facebook) (Oswald MIHINDOU, doctorant, Anthropologie/LABAN)
  • 11h45 – 12h : L’élection présidentielle au Gabon : entre théâtralisation et violence (Armel OVONO, Anthropologue, LABAN)
  • 12h – 13h : Échanges

 PANEL 2 : Religion, société et conflits

Modérateur : Bertin YANGA NGARY (Sociologue, UOB)

  • 14h30-14h45 : L’exercice de la parentalité comme vecteur de conflits et manifestations de la violence interpersonnelle au Gabon. Un antagonisme entre lois, normes culturelles et pratiques sociales (Ulrich PISSAMA, Anthropologue, LABAN)
  • 14h45-15h00 : Arbres-bornes et représentations sociales à Libreville (Alex TSYTSY, Anthropologue, LABAN)
  • 15h00-15h15 : L’Islam au Gabon, du conflit à la cohésion communautaire (Doris EHAZOUAMBELA, sociologue et anthropologue, IMAF, EHESS)
  • 15h15-15h30 : Conflit intra-religieux au Gabon : cas du Bwete (NDONG OBIANG, doctorant, Anthropologie/LABAN)
  • 15h30-15h45 : Hydropisie et pratiques funéraires chez les Ngyemba du Cameroun : une anthropologie de la gestion d’un type de handicap (Célestin WAGOUM, Anthropologue, LABAN)
  • 15h45-16h00 : L’État et le crime (Dominique ETOUGHE, Philosophe, UOB)
  • 16h00-17h30 : Échanges
  • 17h30 : Fin

 

 

Appel à communication : Politique, Croyances et Conflits en Afrique Centrale

Journées d’étude du LABAN, les 8 et 9 juin 2017 libreville gabon

La communauté des chercheurs en sciences sociales s’interroge moins sur le triptyque « Politique, croyances et conflits » en Afrique subsaharienne. Il résulte de ce déséquilibre une limite ouvrant la voie à un fort potentiel de recherche dans les années à venir. De nombreux travaux traitent de manière séparée la politique et les croyances comme source de conflits en Afrique. La littérature existante provient essentiellement de sources institutionnelles et circule sous la forme de travaux d’expertises rédigés en réponse aux commandes des agences d’aides internationales – bailleurs de fonds et ONG (UNESCO, 2005).

La compréhension des conditions d’émergence des conflits, dans leurs contextes spécifiques, peut devenir un précieux outil pour l’élaboration d’initiatives préventives ou des réponses ajustées lorsqu’une situation est en passe de se dégrader. La majorité des conflits survenant sur le continent africain sont des conflits intra-étatiques. Ceux-ci émergent pour une variété de raisons complexes : croyances, politiques, rapports entre ethnies et rapports économiques.

Cependant, d’une manière générale, il est admis que l’avènement de situations conflictuelles est en partie lié aux processus de mutations sociales que connaissent toutes les sociétés (Bowd et Chikwanha, 2010). Les changements sociaux peuvent ainsi conduire à l’émergence de conflits ; les facteurs structurants tels que le changement de régime politique, notamment le passage d’un système monopartite à un modèle pluripartite est un bon exemple de catalyseur de tensions. Dans son acception la plus large, la notion de conflit – entendue comme l’expression d’intérêts opposés entre au moins deux parties[1] – ne renvoie pas nécessairement à un phénomène négatif au départ. Ce qui est en jeu, c’est surtout la manière dont les sociétés répondent aux conflits émergents.

Karl Marx soulignait déjà que tout système humain dynamique est par nature conflictuel, et implique des logiques d’opposition d’intérêts qui se déploient entre les différentes classes sociales. De ce fait, le conflit se présente comme une situation sociale où des acteurs en interdépendance ayant des intérêts soit convergents ou divergents vont s’affronter de façon manifeste ou latente. Le point essentiel réside dans la manière dont ces tensions sont gérées. Par conséquent, le conflit peut jouer un rôle constructif, si son processus de gestion – les processus sociaux et politiques –, fournit des canaux qui favorisent le dialogue, la participation et la négociation. Il devient un  facteur de santé publique, une partie intégrante de toute société saine qui rétabli « l’unité de ce qui a été rompu » (Simmel, 1995).  À l’inverse, le conflit devient destructeur si les canaux de dialogue sont bloqués et que les besoins de base ne sont pas satisfaits, débouchant ainsi sur les ressentiments et la protestation, la répression et la violence (Atérianus, Mebiame Zomo et Tonda, 2016).

Ce sont donc les capacités d’une société à répondre à un conflit qui font la différence et permettent de changer le cours de celui-ci ou d’en déterminer la dynamique. Ainsi, plus une société est traversée par des rapports de domination ou des relations coercitives, plus grande est la probabilité que des conflits structurels émergent. À l’inverse, si les processus sociaux et politiques permettent une gestion négociée des tensions latentes et des facteurs déclencheurs des conflits, un changement et une transformation pacifique de ces conflits peuvent s’ensuivre. Les facteurs déclencheurs des conflits sont spécifiques à chaque contexte. Toutefois, des caractéristiques communes peuvent être tirées de l’examen de plusieurs conflits intra-étatiques.

Par conséquent, au moins quatre catalyseurs de conflits peuvent être retenus dans le cadre de cette rencontre. Il ne s’agit pas de définir ici les racines majeures des conflits. Les sources des conflits couvrent en effet un large éventail de facteurs, il s’agit tout au plus de pointer les conditions particulières les plus susceptibles d’entraîner un conflit social, économique et politique à la confrontation violente soutenue. La question du conflit sera analysée à travers les axes ci-après :

  • Les griefs politiques, économiques et sociaux majeurs;
  • La concurrence et les conflits entre groupes (identité) ;
  • Les croyances et violation des droits humaines (crimes, assassinats) ;
  • L’absence supposée de voies efficaces pour la résolution non violente des conflits (démocratie).

Les titres et résumés de communication (maximum 500 mots) sont attendus au plus-tard le 06 mai 2017 au l’adresse suivante : lesjourneesdulaban@gmail.com

[1]  Cette définition du conflit est applicable tant aux individus qu’à des groupes et collectifs (dont les États) et suppose que plus de deux parties peuvent être impliquées dans un conflit.

 

Vient de paraître : Le pentecôtisme à la conquête du Gabon

Le pentecôtisme à la conquête du Gabon, Maixant Mébiame-Zomo, Paris, l’Harmattan

couverture-maixantMaixant Mébiame-Zomo est anthropologue, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS, Paris). Il enseigne la sociologie et l’anthropologie des religions à l’Université de Libreville (Gabon). Ses recherches portent sur la transnationalisation du pentecôtisme gabonais, la sorcellerie et les crimes rituels. Il a co-édité, avec A. Atérianus et J. Tonda, La violence de la vie quotidienne à Libreville, Paris, L’Harmattan, 2016.                          « Cet ouvrage tend à combler un vide en matière de sociologie et d’anthropologie des religions au Gabon. Il traite du pentecôtisme, un mouvement religieux effervescent aux prétentions thérapeutiques et thaumaturges et qui a suscité d’emblée l’intérêt de la population gabonaise des années 1930. Le livre analyse les enjeux sociohistoriques de la transnationalisation de ce mouvement religieux. Il aborde la question de la conversion de nombreux fidèles à travers trois thématiques : le mariage, la guérison et la famille.

Enfin, les conséquences sociales de ce changement religieux sont étudiées, la conversion impliquant d’importants remaniements des anciennes appartenances et des référents identitaires. Le pentecôtisme propose alors à ses fidèles de nouvelles formes de sociabilités qui leur permettent de faire face au monde des non-convertis. » (Quatrième de couverture).

Table des matières

Remerciements 
Préface
Introduction 

Première partie : L’implantation de l’œuvre pentecôtiste 
et ses stratégies d’évangélisation  au Gabon 
Chapitre 1: Le Gabon, une terre de missions ? 
Chapitre 2: La naissance du pentecôtisme au Gabon
Chapitre 3: Les Assemblées de Dieu du Gabon : plaque tournante 
de l’expansion du pentecôtisme en Afrique centrale

Deuxième partie : Les Assemblées de Dieu et la conquête des fidèles  
Chapitre 4 : L’institution 
Chapitre 5 : La politique des lieux de culte   
Chapitre 6 : Les campagnes d’évangélisation   

Troisième partie : Conversion et identité pentecôtiste au Gabon 
Chapitre 7: Les conversions au pentecôtisme  
Chapitre 8 : Des conversions classiques ou en « douce » 
aux conversions « forcées »  
Chapitre 9 : Être pentecôtiste au Gabon   

Conclusion 
Références bibliographiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exposition « Présumées coupables », Archives nationales, Paris.

 exposition Présumées coupables

Du 30 novembre 2016 au 27 mars 2017 : Site de Paris – Hôtel de Soubise

Restituer la voix des femmes à travers les pièces de procédure de la fin du Moyen Âge au 20e siècle, telle est l’ambition de cette grande exposition. Plus de 320 procès-verbaux d’interrogatoires, qui sont parfois les seules traces écrites de destinées fragiles, nous livrent les propos tenus par des femmes confrontées aux juges qui les questionnent.
L’exposition privilégie cinq archétypes : la sorcière en Europe aux 16e-17e siècles, l’empoisonneuse, l’infanticide, la pétroleuse de la Commune de Paris et, enfin, la traîtresse incarnée le plus souvent par la femme tondue lors de la Libération.
Au-delà de la foule des anonymes jugées pour des « crimes atroces », seront bien sûr exposés les interrogatoires des personnalités : Jeanne d’Arc, La Voisin, La Brinvilliers, Violette Nozière, Arletty, etc.
De courts extraits, défilant sur écran, transcrits et traduits, permettront aux visiteurs de lire et entendre des fragments de propos évoquant la violence, la haine, les malheurs et, ça-et-là, l’amour, tels qu’un greffier les a notés dans les procès-verbaux d’interrogatoires, les « auditions de bouche », les confrontations aux témoins, les notes et plumitifs d’audiences, etc.
En regard de ces mots restitués, un environnement iconographique, particulièrement foisonnant, viendra rappeler à quel point l’image véhicule et accentue les stéréotypes dans l’imaginaire social, à travers notamment l’estampe, le livre illustré, la presse illustrée, la photographie, l’image animée (cinéma ou fiction télévisuelle). Confronter archives judiciaires et représentations sociales de la femme dangereuse est aussi un des buts de l’exposition.

En savoir plus sur le site des Archives Nationales :http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/presumees-coupables-xiv-xxe-siecles

Enjeux scénographiques
L’enjeu majeur réside dans la médiation qui va permettre au public de lire ou entendre des extraits de plus de 320 documents d’archives qui sont, pour la plupart, illisibles à cause des difficultés paléographiques et linguistiques (latin, dialectes européens). La consultation par les visiteurs de transcriptions intégrales de documents particulièrement riches sera possible, à l’écart du parcours principal.

Préface d’Élisabeth Badinter
320 pages, 25 euros.

France Culture partenaire de l’exposition

Logo de France culture
 https://www.franceculture.fr/evenement/presumees-coupables-xive-xxe-siecles
Affiche : La Passion de Jeanne d’Arc, Carl Dreyer, 1927 © GettyImages / graphisme Costanza Matteucci

 

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