Archives de catégorie : Actualité de la recherche sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans

Bourses de recherche postdoctorales, Conseil arabe pour les sciences sociales, Beyrouth (15 octobre 2015)

Le Conseil Arabe pour les Sciences Sociales lance le second cycle de son programme de bourses de recherche postdoctorales

La date limite pour les demandes de ce cycle est de 15 Octobre 2015.

Le Conseil Arabe pour les Sciences Sociales (CASS) a le plaisir d’annoncer le lancement du second cycle de son programme de bourses de recherche postdoctorales pour chercheuses et chercheurs débutants arabes. Ce programme de bourse de 9 mois a pour objectif de permettre aux chercheurs jusqu’à trois ans après l’obtention de leur doctorat de poursuivre leurs plans de recherche et de publication, de faire partie du réseau de recherche arabe, et d’envisager une carrière de recherche dans la région arabe.

Cette nouvelle initiative s’ajoute aux efforts du CASS pour soutenir et encourager les sciences sociales dans la région arabe, notamment en termes d’investissement dans une nouvelle génération de chercheurs en sciences sociales.

Critères d’éligibilité:

Les bourses seront attribuées selon un processus concurrentiel aux chercheurs en début de carrière qui répondent aux critères décrits ci-dessous.

Un intérêt particulier est réservé afin d’attirer les chercheurs arabes formés à l’étranger.

Les candidats (ils ou elles) sont éligibles si :

– Ils sont citoyens ou nationaux d’un pays arabe : un pays arabe est « un état membre de la Ligue arabe ». Le terme « national » fait référence aux résidents permanents ou à long terme d’un état arabe, y compris ceux qui n’ont pas de nationalités, comme les réfugiés apatrides. Les chercheurs arabes résidents à l’extérieur de la région lors de la demande d’application seront éligibles, seulement s’ils n’ont pas un poste permanent ou une offre de poste permanent, et/ou n’ont pas accès aux ressources de recherche de leurs institutions et/ou pays de résidence. Les chercheurs arabes résidant en dehors de la région seront appelés à passer la période de leur bourse postdoctoraledans la région arabe.

– Ils sont des chercheurs débutants : ce programme cible les chercheurs qui ont obtenu leur doctorat en sciences sociales depuis 0-3 ans (d’un pays arabe ou de l’étranger). Les candidats doivent avoir obtenu leur doctorat au moment du dépôt de candidature. Les candidats doivent avoir obtenu leur doctorat au moment de la demande.

– Ils possèdent des compétences et un potentiel académiques de haut niveau : les candidats doivent soumettre un avant-projet de 10-15 pages, qui souligne leurs compétences académiques et décrit un problème de recherche important que le chercheur doit considérer durant la période de la bourse de recherche. Le candidat doit aussi fournir un plan de publication et une étude de ses 3 ans de carrière.

– Fournir la preuve de l’appui d’un mentor proposé: Lors de la demande d’application, les candidats doivent fournir une lettre d’un tuteur académique basé dans une institution arabe dans la région dans lequel il / elle exprimela volonté de fournir un soutien académique et la supervision nécessaire au boursier potentiel durant la période de sa bourse de recherche.

S’ils sont sélectionnés, les candidats devront alors fournir une lettre officielle d’une institution académique arabe confirmant la capacité de cette institution à les accueillir et à leur offrir le soutien logistique et administratif requis. Le CASS s’engage à offrir aux candidats sélectionnés le conseil relatif aux institutions académiques dans la région qui seraient plus convenables ou plus aptes à les accueillir.

Documents requis lors du dépôt de candidature:

Les candidats doivent remplir le formulaire de candidature en ligne et fournir les documents ci-après :

– Un CV mis à jour et détaillé;

– Une demande / lettre de motivation

– Une preuve de nationalité ou de résidence dans la région arabe;

– Une proposition de projet (10-15 pages): détailler les activités que le boursier a l’intention de travailler sur pendantleur période de bourseCela peut être le même ou un sujet étroitement liée à votre thèse de doctorat ou un sujetentièrement nouveau.

– Une lettre d’un tuteur académique basé dans une institution arabe dans la région dans laquelle il/elle exprime sa volonté de superviser le candidat durant la période de la bourse de recherche;

Orientation disciplinaire et thématique:

Ce programme de bourse de recherche cible les chercheurs en sciences sociales, notamment dans le domaine des sciences politiques, l’économie, la sociologie, l’anthropologie, l’éducation, la démographie, les médias, et les études culturelles, entre autres. Pour le 1er cycle du programme, l’orientation thématique est ouverte.

Le CASS emploie généralement une définition large des sciences sociales qui inclut les sciences socialesfondamentales telles que l’anthropologie, la démographie, l’économie, la science politique, la psychologie sociologie.Ceci est en plus de disciplines connexes” tels que l’art, l’architecture, la géographie, l’histoire, le droit, la littérature, la linguistique, la philosophie et la santé publique et les domaines interdisciplinaires tels que les études de genre, études culturelles, études médias, études sur le développement et les études urbaines.

 

Conditions des bourses:

– Les bourses offriront un financement total (y compris les dépenses de logement et de recherche) pendant 9 mois pour un montant total de 32 000 USD. Ce montant peut largement dépendre des niveaux de prix respectifs dans lespays / pays proposés de résidence où le boursier il résidera pendant son / sa bourse ainsi que si oui ou non le boursier sera d’avoir d’autres sources de revenus tout au long de la période de la bourseSi présélectionnés, les candidats seront invités à fournir un budget estimation (1) les coûts de la vie(2) les coûts de la rechercheet (3pour indiquer si oui ou non ils seront d’avoir d’autres sources de financement et / ou le revenu pendant la période de leurbourse.

– Les frais de voyage d’une moyenne de 900 USD pour chaque boursier seront aussi prévus pour les candidats qui recherchent l’affiliation à une institution qui se trouve à l’étranger par rapport à leur domicile ou à leur pays de résidence.

– Un fonds supplémentaire d’une moyenne de 5 000 USD par boursier, sera disponible pour une deuxième phase (jusqu’à 9 mois) selon un avant-projet proposé par le candidat afin de poursuivre de nouvelles voies de recherche.

– Le boursier devra participer à deux ateliers de travail, au moins, organisé par le CASS durant la période de sa bourse de recherche et devra présenter son travail à ses collègues, et aux chercheurs expérimentés. Le CASS couvrira séparément les frais de participation à de tels événements.

Dans cette annonce, le masculin a été utilisé par souci de simplification du style ; toutefois il désigne aussi bien la candidate, que le candidat.

Les candidats sont invités à consulter le Guide de demande de formulaire (ici) ainsi que le document de ”Questions fréquemment posées” (ici) avant de soumettre leur demande.

Appel à contributions “Femmes libanaises, femmes réfugiées ou migrantes au Liban : de la marginalité sociopolitique aux stratégies de renversement” (15 octobre 2015)

Calendrier et conditions de soumission

Lebanon Support, en collaboration avec l’Association Najdeh, encourage les chercheur(e)s, praticien(ne)s, activistes de droits de l’hommes, les féministes ainsi que les expert(e)s de la société civile à soumettre des contributions portant sur des thématiques ou problématiques concernant les femmes résidant sur le territoire libanais, y compris les femmes palestiniennes, syriennes, tout comme les femmes migrantes (en terme de status, de discrimination ou de violence). Les auteur(e)s peuvent soumettre leurs manuscrits en langue arabe, anglaise ou française. Les manuscrits seront soumis à un processus anonyme d’examen par les pairs et devraient se conformer aux recommandations aux auteurs. Les contributions selectionnées seront publiées en ligne sur le site du Réseau de Recherche et d’Information sur l’Egalité des Genres, rattaché au Civil Society Knowledge Centre. Certaines contributions sélectionnées pourraient être retenues pour publication  notamment dans la “Civil Society Review“.

Les manuscrits adoptant des approches radicales et critiques, aux contributions qui mobilisent un corpus théorique solide tout en étant fondées sur une recherche empirique seront privilégiés par le comité de lecture. Les articles doivent comporter au plus entre 7000 et 10000 mots. Les témoignages des militant(e)s sont aussi encouragés et ne devraient pas dépasser les 3000 mots.

Les propositions d’articles en arabe, anglais ou français (pas plus de 600 mots) doivent spécifier la thématique abordée, le type de travail de terrain mené, les questions de recherches…etc. Les propositions sont à adresser à mabiyaghi@lebanon-support.org(link sends e-mail) et editor@lebanon-support.org(link sends e-mail) avant le 15 octobre 2015 et devront de même être accompagnées d’un CV et d’un exemple/échantillon de texte écrit non révisé.

La sélection des propositions par le scomité de lecture se fera avant le 25 octobre 2015.

La version finale des manuscrits devra être envoyée à Lebanon Support pour évaluation au plus tard le 1er février 2016.

Les manuscrits ne devraient pas dépasser les 15 pages et devraient être conformes aux recommandations aux auteurs.

La publication des articles est prévue au printemps 2016.

 

La question des femmes au Liban et de leurs droits est devenue aujourd’hui un sujet public, donnant lieu à de nombreuses publications médiatiques, militantes, institutionnelles et académiques. Depuis quelques années, elle mobilise même l’expertise des ONG locales et internationales qui en ont fait l’un des thèmes centraux de leurs interventions sur le « terrain libanais ». Cette inscription sur les agendas professionnels et institutionnels s’est accompagnée de la profusion d’écrits et de rapports qui, tous, mettent en évidence les traitements inégalitaires et discriminatoires dont sont l’objet les femmes libanaises ou étrangères résidant sur le territoire libanais (réfugiées, employées domestiques, travailleuses immigrées, etc.). Si cette publicisation de la « question des femmes au Liban » constitue incontestablement un progrès pour la production d’informations et d’études sur la question du « genre », elle a souvent emprunté les registres de la dénonciation et de la victimisation. De ce fait, les études approfondies et sectorielles sur les logiques d’exclusion et de discrimination sont relativement peu nombreuses au regard des approches généralistes sur la condition et le statut des femmes au Liban. C’est précisément pour combler ce déficit en matière de données empiriques et d’analyses théoriques que nous lançons cet appel à contribution, articulé autour de trois axes principaux :

  • La situation des femmes dans le milieu professionnel : à partir de travaux de recherches empiriques, il s’agit de comprendre les processus inégalitaires d’accès aux emplois publics et privés, mais aussi les logiques discriminatoires en termes d’avancement, de mobilité, de conditions de travail et de promotions professionnelles. Loin des clichés culturalistes et exotiques sur les « Libanaises étant les femmes les plus émancipées du monde arabe », cet appel à contribution cherche à mettre en évidence les mécanismes d’exclusion et de marginalisation des femmes sur le marché de l’emploi et dans différents secteurs professionnels, relevant du public et du privé mais aussi du secteur informel, très développé au Liban. Nous prendrons en compte également le travail non rémunéré trop souvent considéré comme un « secteur improductif ». Nous encourageons les contributions qui se pencherons sur le travail dans le cadre du secteur associatif, reposant sur le « care », et largement féminin, et qui demeure largement informel et précaire au Liban. En effet, nombre de femmes libanaises ou étrangères au Liban sont rendues totalement invisibles dans les statistiques professionnelles, du simple fait qu’elles travaillent dans le secteur informel. Dans cette veine, cet appel souhaiterait recevoir des contributions sur les conditions de travail et de promotion des femmes dans les secteurs « gris » qui échappent généralement aux études officielles.
  • Les droits des femmes au corps et à la sexualité : source de nombreux fantasmes et de représentations orientalistes, la question du corps des femmes arabes, en général, et des femmes au Liban, en particulier, a été à l’origine de nombreuses représentations artistiques, littéraires, médiatiques et plus récemment cinématographiques, confortant les clichés et les idées reçues (les femmes comme objet sexuel passif). Plus récemment, un regain d’intérêt pour les pratiques sociales autour de la chirurgie esthétique et plastique s’est développé. A l’inverse de ces représentations exotiques, d’autres études plus militantes tendent à se focaliser sur le corps féminin comme objet de soumission et de violences masculines, expression victimaire par excellence du patriarcat dominant. Si ces représentations renvoient à une partie de la réalité, elles ne permettent pas de comprendre les logiques concrètes de « domestication sociale » du corps féminin qui ne se limitent pas aux seuls registres sexuel (la femme objet) ou victimaire (la femme violentée). Ces pratiques de domestication empruntent aussi des formes plus ordinaires et plus banales (dans les relations professionnelles ou amicales par exemple), donc moins visibles, qu’il convient de mettre à jour. Au-delà de tout sensationnalisme ou de tout « victimisme », cet appel voudrait réunir des contributions sur les mécanismes ordinaires de « domestication » des corps féminins et de contrôle de la sexualité féminine, concernant aussi bien des femmes libanaises que des femmes étrangères résidant au Liban.
  • Les femmes comme agents de changement social et politique : si tous les observateurs locaux ou étrangers s’accordent à reconnaitre la quasi-absence et invisibilité des femmes libanaises dans le champ politique officiel (gouvernement, parlement, haute fonction publique nationale, etc.), peu s’intéressent malheureusement aux autres formes d’engagements publics des femmes, comme si ces dernières n’étaient que des actrices secondaires ou marginales des mobilisations sociales. Pire, certaines ressources sociologiques, journalistiques ou militantes, misent sur la représentation à la fois irénique et romantique des femmes au Liban comme « médiatrices » ou « faiseuses de paix » (pacificatrices), ôtant ainsi la capacité des femmes à jouer un rôle central dans la production et le déroulement des conflits sociopolitiques. Or, l’histoire et l’actualité des conflits au Liban tendent à montrer, au contraire, que les femmes ne sont pas simplement des « pacificatrices » ou des « auxiliaires » des combats masculins, mais qu’elles sont aussi (et de plus en plus) des  iniciatrices et des entrepreneuses de conflits sociaux, à partir de leur position de double refus de l’ordre politique et de l’ordre sexuel dominant. Sans verser pour autant dans une représentation fétichisée de la « femme combattante » (autre cliché exotique), il s’agit de s’intéresser à la présence des femmes dans les mouvements sociaux et les mobilisations politiques, en ne se limitant pas à leur statut de « suiveuses » (followers) mais aussi d’incitatrices et de leaders, voire d’inspiratrices de nouveaux champs de conflits.

Parution : Mounir Arbach et Jérémie Schiettecatte (éd), “Pre-Islamic South Arabia and its Neighbours : New Develeopments of Research Proceedings of th 17th Rencontres Sabéennes held in Paris, 6–8 June 2013″, Oxford, Archaeopress, 2015.

Vient de paraître Pre-Islamic South Arabia and its Neighbours  Édité par Mounir ARBACH et Jérémie SCHIETTECATTE Oxford, Archaeopress, 2015 Pre-Islamic South Arabia and its Neighbours : New Developments of Research Proceedings of the 17th Rencontres...