Archives de catégorie : Actualité de la recherche sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans

PRIX MICHEL SEURAT : APPEL À CANDIDATURES 2017

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Monde arabe contemporain

Le Prix Michel Seurat a été institué par le CNRS en juin 1988 pour « honorer la mémoire de ce chercheur du CNRS, spécialiste des questions islamiques, disparu dans des conditions tragiques. Ce programme vise à aider financièrement chaque année un jeune chercheur, ressortissant d’un pays européen ou d’un pays du Proche-Orient ou du Maghreb, contribuant ainsi à promouvoir connaissance réciproque et compréhension entre la société française et le monde arabe ».

A partir de 2017, l’organisation du Prix a été déléguée au GIS « Moyen-Orient et mondes musulmans », en partenariat avec l’IISMM-EHESS et Orient XXI. Le Prix reçoit en 2017 le soutien du programme européen WAFAW.

D’un montant de 15 000 € en 2017, le Prix est ouvert aux titulaires d’un master 2 ou d’un diplôme équivalent, âgés de moins de 35 ans révolus et sans condition de nationalité, de toutes disciplines, travaillant sur les sociétés contemporaines du Proche-Orient et/ou du Maghreb. Il a pour vocation d’aider un jeune chercheur à multiplier les enquêtes sur le terrain, dans le cadre de la préparation de sa thèse. Les enquêtes doivent avoir lieu à l’étranger. La maîtrise de la langue du pays concerné est une condition impérative.

Date limite de dépôt des candidatures :

Samedi 15 avril 2017 (minuit, heure de Paris)

Constitution du dossier sur papier libre et impérativement en langue française:
  • un plan et un projet de recherche détaillés précisant de manière claire les enquêtes qui seront menées sur le terrain (10 pages maximum) ;
  • un curriculum vitae ;
  • une copie des diplômes obtenus, assortie le cas échéant de leur traduction en français ;
  • une ou plusieurs attestations de personnalités scientifiques : attestations récentes et en rapport avec la candidature au Prix.
Adresser votre dossier uniquement par voie électronique aux adresses suivantes :

prix.michel.seurat@gmail.com, prix.michel-seurat@cnrs.fr

Règlement du 24 février 2017 à consulter, en annexe.

Publication de la revue Égypte/Monde arabe n°13

Résumé

Depuis le soulèvement de 2011 en Égypte, les problématiques de genre ont émergé sous différentes formes dans le cadre des mouvements protestataires – révolutionnaires, réactionnaires – et plus largement, dans celui des transformations sociales se produisant autour et entre ces vagues de mobilisation.

Alors que les relations entre citoyens et autorités étatiques ont été contestées, modifiées, puis repoussées dans une direction réactionnaire, comment les relations de genre ont-elles été contestées depuis 2011 ? Quels nouveaux imaginaires, quels nouveaux rôles et identités ont été revendiqués ? Quelles mobilisations se sont construites face à l’essor saisissant des violences sexistes dans l’espace public ?

Quatre ans après le début de la période révolutionnaire, ce numéro d’Égypte/Monde arabe explore les nouvelles luttes liées au genre en Égypte au prisme de la sociologie, l’anthropologie et la science politique. Chercheuses, expertes et/ou activistes proposent ici un éventail de regards scientifiques et analytiques, et de témoignages militants sur ces combats et mutations, sur l’expérience gagnée et le terrain perdu, à partir d’enquêtes de terrain approfondies sur ces objets de recherche sensibles et parfois éphémères.

TABLE DES MATIÈRES

Introduction – Leslie Piquemal

How can the domestication of women facilitate understanding of their plight in Egypt ? – Dalia AbdElhameed

El-Sissi’s Women ? Shifting gender discourses and the limits of state feminism – Hind Ahmed Zaki

Civic participation and gender institutional legacy since January 25, 2011 – Marta Agosti

Ethnographie de la self-défense féminine dans le Caire révolutionnaire. Modalités de mise en récits de la violence des femmes – Perrine Lachenal

Reconsidering de-politicization : HarassMap’s bystander approach and creating critical mass to combat sexual harassment in Egypt – Angie Abdelmonem

Male voices in a Cairo social movement – Sandra A. Fernandez

Perceptions and management of gender roles and dynamics inside OpAntiSH Intervention Teams in Cairo – Leslie Piquemal

[hisoma] Sixième consulat d’Honorius de Claudien

Titre
Sixième consulat d'Honorius de Claudien
url-activité
http://www.hisoma.mom.fr/recherche-et-activites/rencontres-scientifiques/6e-consulat-Honorius-de-Claudien
source-activité
Laboratoire Hisoma
Body

Atelier organisé par Benjamin Goldlust et Bruno Bureau
- les 15 et 16 octobre 2015 - salle de la Rotonde - Université Lyon 3 - 18 rue Chevreul - Lyon 7e

Date
Jeudi, 15. Octobre 2015 - Vendredi, 16. Octobre 2015

Bel est bien mort

In memoriam, Palmyre (6 avril 32 – 28 août 2015)

« Cependant ce temple si beau et si grand — et je ne parle pas des beautés cachées de son plafond ni de ses nombreuses statues de fer qui étaient recelées dans l’ombre loin du soleil — ce temple est détruit, il est perdu. »

Libanios, Discours XXX, 45, Pro Templis (ive s.)

 

Fig. 1 : Le temple de Bel en 2007, depuis le sud-est (cliché Ifpo).

Fig. 1 : Le temple de Bel en 2007, depuis le sud-est (cliché Ifpo).

Alors que l’arc monumental de Palmyre vient à son tour d’être réduit en poussière, nouvelle et désolante étape de la destruction systématique des vestiges de cette cité antique, nous avons souhaité revenir sur l’histoire riche et complexe de l’une des précédentes victimes dudit « État islamique » (E.I.), le temple de Bel. Âgé de presque 2000 ans, le sanctuaire principal de l’antique cité a lui aussi connu ces dernières semaines une notoriété posthume, lorsque l’E.I. l’a détruit à grands renforts d’explosifs, après l’avoir très probablement dépouillé des éléments de sculpture transportables et monnayables. Fleuron des monuments de Palmyre, il était l’un des temples antiques les mieux préservés du Proche-Orient (fig. 1). Si les médias sont revenus largement sur cette destruction en insistant sur l’importance du monument pour l’histoire antique, peu ont mis en avant le fait qu’au cours de ses vingt siècles d’existence il connut plusieurs vies. Temple païen à l’origine, il fut transformé en église et, quelques siècles plus tard, réaménagé en mosquée, fonction qu’il conserva pendant plus de 800 ans. Ironie de l’histoire, c’est la transformation de ce monument, au gré des cultes dominants, qui lui avait permis de traverser les siècles et de parvenir jusqu’à nous en si bon état, jusqu’à son irrémédiable destruction le 28 août dernier.

Fig. 2 : Le temple de Bel à Palmyre, de Henri SEYRIG, Robert AMY et Ernest WILL. Monographie publiée par l’Ifpo (alors IFAPO) en 1968 (album) et 1975 (texte et planches), dans la Bibliothèque Archéologique et Historique (BAH 83).

Fig. 2 : Le temple de Bel à Palmyre, de Henri SEYRIG, Robert AMY et Ernest WILL. Monographie publiée par l’Ifpo (alors IFAPO) en 1968 (album) et 1975 (texte et planches), dans la Bibliothèque Archéologique et Historique (BAH 83).

Dans l’introduction de la publication monographique que l’Institut français d’archéologie du Proche-Orient (IFAPO) lui a consacré, Ernest Will écrivait : « L’œuvre du maître inconnu qui conçut l’édifice, celle des artisans et des ouvriers qui lui donnèrent corps a reçu une consécration digne de leurs efforts dans l’album de planches (…). À lui seul, il suffirait à garantir la survie du monument ». Le directeur de l’IFAPO ne croyait pas si bien dire et les deux volumes de l’ouvrage Le temple de Bel à Palmyre (1968 et 1975, BAH 83) restent aujourd’hui le meilleur témoignage de la majesté de cet édifice (fig. 2).

La demeure de Bel, Yarhibôl et Aglibôl (Ier-IVe siècles)

Au cours de la première partie de son histoire, le monument était dédié à la triade divine palmyrénienne : Bel, le dieu suprême, Yarhibôl, le dieu Soleil et Aglibôl, le dieu Lune. Les vestiges de l’édifice dataient des premiers siècles de notre ère, mais un sanctuaire plus ancien occupait déjà les lieux à l’époque hellénistique. Les fouilles menées par l’archéologue syrien Michel Al-Maqdissi sur la colline artificielle (tell) qui accueillait ce sanctuaire indiquent même qu’un espace sacré existait sans doute là dès le 2e millénaire av. J.-C.

Fig. 3 : Proposition de restitution du temple de Bel à Palmyre, vue perspective depuis l’angle sud-ouest de la cour (SEYRIG, AMY, WILL 1975, pl. 141).

Fig. 3 : Proposition de restitution du temple de Bel à Palmyre, vue perspective depuis l’angle sud-ouest de la cour (SEYRIG, AMY, WILL 1975, pl. 141).

Entre 1929 et 1932, deux archéologues du Service des Antiquités de Syrie et du Liban, Henry Seyrig et Robert Amy, entreprirent l’étude approfondie de ce monument exceptionnel. Une inscription découverte au cours de leurs recherches place la date de consécration du temple – ou peut-être simplement de l’une de ses niches cultuelles (thalamos) – au 6 avril 32 apr. J.-C. De même, il apparut que les différents éléments du complexe architectural avaient été construits et remaniés à maintes reprises, entre le début du ier siècle et le iiie siècle. Le sanctuaire d’époque romaine consistait en un temple placé au centre d’une immense cour de quatre hectares, entourée de portiques. L’architecture du temple présentait, au sein d’une enveloppe composée d’un péristyle de type tout à fait gréco-romain, une cella dont les aménagements répondaient, quant à eux, à des pratiques de culte manifestement sémitiques. Ce temple hybride, qui associait les modèles architecturaux méditerranéens de l’époque romaine à des traits d’influences locales plus anciens, était l’un des plus beaux exemples du syncrétisme que l’on peut observer dans un grand nombre de monuments du Proche-Orient. En détruisant le bâtiment principal (fig. 3) – la cella du temple, où se trouvaient à l’origine des statues des divinités –, l’E.I. a également entraîné la perte de nombreux blocs décorés, souvent exceptionnels, qui nous renseignaient sur la vie et la religion dans l’antique Palmyre (représentation des dieux, processions…).

Sainte-Marie-de-Palmyre ? (VIe-VIIIe siècles)

Fig. 4 : Vestiges de la grande scène figurative chrétienne sur le mur intérieur ouest du temple de Bel (photo A. Schmidt-Colinet, in JASTRZEBOWSKA 2013, fig. 7).

Fig. 4 : Vestiges de la grande scène figurative chrétienne sur le mur intérieur ouest du temple de Bel (photo A. Schmidt-Colinet, in JASTRZEBOWSKA 2013, fig. 7).

À la fin du ive s., le christianisme devint la religion officielle de l’Empire romain. Dans les décennies et siècles qui suivirent, des temples païens furent détruits, d’autres transformés en églises – une façon d’imposer la nouvelle religion et de remployer les grands monuments désaffectés des villes et des campagnes. Ce fut le cas du temple de Bel, qui connut une phase d’occupation chrétienne entre le vevie siècles et le viiie siècle. Des vestiges de fresques colorées datant probablement du vie siècle étaient toujours visibles sur le mur ouest de l’ancien temple, de même que deux croix. La loge sud de l’ancienne cella semble avoir été transformée en chœur. Sur le mur ouest, une scène figurative laissait voir cinq personnages, peints avec soin (fig. 4). Selon l’archéologue E. Jastrzębowska, elle aurait représenté la Mère de Dieu tenant l’enfant divin sur les genoux, entourés d’un ange et de deux saints. L’une de ces deux dernières figures aurait pu représenter Saint Serge, un jeune martyr vénéré dans la région, par les tribus arabes particulièrement. Des inscriptions étaient gravées sur les murs de l’antique cella, dont une où un certain Lazare « serviteur de Dieu » salue la « Sainte Mère de Dieu, pleine de grâce ». E. Jastrzębowska propose ainsi que l’église ait été dédiée à la Vierge Marie.

Une mosquée vieille de huit siècles (XIIe-XXe siècles)

Pendant quatre siècles, du viiie au xiie s., le monument semble avoir été abandonné. En 1132-1133, suite à la prise de la ville par la dynastie musulmane des Bourides, l’enceinte de l’ancien sanctuaire fut fortifiée et son temenos, l’enclos antique sacré, devint une forteresse. C’est peut-être à cette époque que commença de se développer, à l’intérieur et aux abords immédiats, un véritable village. L’édifice central, toujours debout, abrita alors, dans ses murs, une mosquée (fig. 5). On suppose que son installation fut le fait du représentant à Palmyre des princes de Damas, Abûl Hasan Yûsuf fils de Fîrûz, celui-là même qui transforma l’ancien sanctuaire en une forteresse. Cette mosquée fut rebâtie une ou deux fois au cours de sa longue existence. Plusieurs inscriptions arabes ont été découvertes dans l’édifice, deux d’entre elles, datées des xiie et xiiie siècles, signalent ces restaurations. La « troisième vie » du monument, mise au service du culte musulman, dura plus de huit siècles. Elle ne s’acheva qu’avec le début des fouilles archéologiques entreprises par le Service des Antiquités de Syrie et du Liban en 1932.

Fig. 5 : Coupe longitudinale sur le temple de Bel, mise en évidence des réoccupations médiévales dans les portiques et la cella (d’après WIEGANG 1932, p. 83).

Fig. 5 : Coupe longitudinale sur le temple de Bel, mise en évidence des réoccupations médiévales dans les portiques et la cella (d’après WIEGANG 1932, p. 83).

1930 : mort d’un village et naissance d’un monument historique

La création du Service des Antiquités de Syrie et du Liban est une conséquence directe de la mise en place du mandat français en Syrie en 1920. Afin de permettre le début des fouilles archéologiques dans l’enceinte du temple, ce service décida en 1929 de déloger les habitants du village, dont les maisons étaient agglomérées autour du temple, pour les reloger dans un village moderne édifié au nord de l’enceinte de la ville antique. Le temple, déjà bien visible, avait pourtant fait l’objet dès 1902 d’une première étude monographique, dans l’ouvrage monumental Palmyra. Ergebnisse der Expeditionen von 1902 und 1917 (Th. Wiegand, Berlin, 1932). Les relevés et photographies présentés dans cet ouvrage sont, avec quelques clichés du fond de photographies anciennes conservées à l’Ifpo, les seuls témoignages des aménagements médiévaux du sanctuaire de Bel. La destruction du village installé dans le temenos avait pour but la restitution de la monumentalité du sanctuaire initial et, pour cette même raison, les aménagements dont le temple avait fait l’objet lors de sa transformation en mosquée furent démontés.

Complémentaire des travaux de Wiegand, la publication réalisée par Henri Seyrig, Robert Amy et Ernest Will, permet aujourd’hui de disposer, malgré la disparition du temple, d’un dossier graphique exemplaire et exhaustif, maigre consolation qui rend un peu moins amère les destructions actuelles. Le temple fut partiellement restauré, la porte d’entrée en particulier, qui bénéficia d’une consolidation en 1932 (fig. 6). C’est d’ailleurs grâce à celle-ci, et à l’utilisation de béton armé, que la porte a résisté à la destruction et s’élève désormais seule sur le podium du temple rasé.

Enfin, l’ouverture de la Syrie au tourisme de masse et le classement de Palmyre au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980 ont fait du temple de Bel un haut lieu touristique, tandis que se poursuivaient encore récemment les travaux archéologiques.

Fig. 6 : Restauration de la porte du temple en 1932. Vue d’ensemble du chantier depuis le nord-ouest (cliché Ifpo) et isométrie des parties hautes, avec mise en évidence des éléments en béton armé (ECOCHARD, Syria 18, 1937, fig. XXXV).

Fig. 6 : Restauration de la porte du temple en 1932. Vue d’ensemble du chantier depuis le nord-ouest (cliché Ifpo) et isométrie des parties hautes, avec mise en évidence des éléments en béton armé (ECOCHARD, Syria 18, 1937, fig. XXXV).

2015, une mort annoncée ?

La chronologie des différents états du temple de Bel, et surtout les processus mis à l’œuvre dans les réaffectations qu’il a subies, trouvent de nombreux parallèles. Beaucoup d’édifices antiques ne sont parvenus jusqu’à nous qu’en raison de leurs réoccupations successives. Ces monuments doivent leur survie à ces transformations qui, en leur redonnant une fonction, les ont sauvés de l’abandon et du démantèlement. Cette pratique semble presque systématique lorsqu’il s’agit d’édifices religieux : l’aspect sacré du lieu, son topos, se perpétue souvent au fil des réoccupations. L’exemple de la mosquée des Omeyyades à Damas est ainsi emblématique et comparable à l’histoire du temple de Bel. Vaste sanctuaire romain consacré à Jupiter, ce monument fut transformé à l’époque byzantine en une église dédiée à Saint Jean-Baptiste, puis devint la mosquée principale du Califat omeyyade, au début du viiie s. Le statut de capitale de la ville, ainsi que son importance économique, ont fait de cette mosquée un édifice majeur.

Palmyre cependant n’est pas Damas, et la modestie des réoccupations a sans doute guidé les archéologues des années 30 dans leurs choix. Jugé insignifiant au regard du monument qui lui servait d’écrin, le village a été sacrifié, selon la logique patrimoniale sélective de l’époque. De ce qui alors était considéré comme une architecture de « squat », dénuée d’importance ou de qualités historiques, il ne reste pour ainsi dire rien, les destructions n’ayant malheureusement pas été accompagnées de travaux de documentation systématique. Les clichés aériens de l’époque permettent à peine de reconstituer le dense réseau des ruelles du village et de suivre le gigantesque chantier qu’a dû être sa destruction (fig. 7).

Fig. 7 : Vues aériennes du sanctuaire de Bel, avant et en cours de dégagement (clichés Ifpo), avant et après sa destruction (clichés satellitaire Unitar-Unosat des 27 et 31 août 2015). Montage Ifpo.

Fig. 7 : Vues aériennes du sanctuaire de Bel, avant et en cours de dégagement (clichés Ifpo), avant et après sa destruction (clichés satellitaire Unitar-Unosat des 27 et 31 août 2015). Montage Th. Fournet.

Seule une maison, celle du mukhtar semble-t-il (équivalent du maire), fut préservée dans l’angle sud-est du temenos et transformée en maison de fouilles (fig. 8). L’idée des archéologues, toutefois, n’était sans doute pas de laisser un témoin de ce qui fut, mais plutôt de se ménager un logement à pied d’œuvre, dans l’une des plus belles maisons du village.

Fig. 8 : La « maison des archéologues », dans l’angle sud-est du temenos du sanctuaire de Bel, seul vestige du village qui l’occupait (clichés Ifpo, vers 1935 ?).

Fig. 8 : La « maison des archéologues », dans l’angle sud-est du temenos du sanctuaire de Bel, seul vestige du village qui l’occupait (clichés Ifpo, vers 1935 ?).

Que penser du choix opéré dans les années 1930 de déplacer un village et sa mosquée au profit de la mise en valeur d’un temple romain ? Avec le recul, il reflète parfaitement la hiérarchisation des périodes et des vestiges historiques pratiquée par les archéologues de la première moitié du xxe siècle, qui privilégiaient par principe l’antique au médiéval, le monumental au vernaculaire, le religieux au civil. Les diverses chartes internationales qui ont vu le jour depuis ont sensiblement fait évoluer cette conception du patrimoine ancien. Il nous semble évident – nous l’espérons en tout cas – que, si se posait aujourd’hui à nouveau la question de la mise en valeur du temple de Bel, un choix moins radical serait adopté. La charte d’Athènes, dès 1931, l’exprime clairement lorsqu’elle recommande « de maintenir l’occupation des monuments, qui assure la continuité de leur vie ». Vider le sanctuaire de Bel de son village médiéval, aussi modeste fût-il, pour permettre au temple de retrouver son intégrité antique, sa « résurrection » comme l’écrit Ernest Will, relevait en fait de la taxidermie : le monument, transformé, réaffecté, mais encore « habité », a subi une première mort en devenant ruine, aussi superbe fût-elle.

Une question peut être posée, même si elle apparaît bien vaine face à la sauvagerie et à la bêtise à l’œuvre aujourd’hui : quel regard les assassins de l’E.I. auraient-ils porté sur le sanctuaire de Bel si les choix des archéologues français du début du xxe s. avaient été différents ? Si le temple, plutôt que d’avoir été restauré et figé dans son état antique, avait été conservé au cœur d’un village habité ? Auraient-ils vu en lui le représentant d’un patrimoine décrété universel par une culture « occidentale » dont ils se défient, patrimoine voué de fait à une destruction symbolique ?

Sa porte imposante se dresse aujourd’hui seule au-dessus d’un tas de gravats, tel un monument dédié à sa propre mémoire, à celle de notre regretté et respecté collègue Khaled Al-Asaad, à celle du temple de Baalshamin, de l’arc monumental et de tant d’autres monuments détruits, à Palmyre et ailleurs. Nos pensées, à nous archéologues de l’Ifpo, vont à tous les Palmyréniens, à tous les Syriens, qui depuis plus de quatre ans souffrent dans leur chair, dans leur âme et jusque dans leurs pierres.

Caroline DURAND, Thibaud FOURNET, Pauline PIRAUD-FOURNET

Fig. 9 : Relevé d’un décor en bas-relief ornant une des poutres du sanctuaire et représentant une procession, avec restitution de la polychromie (SEYRIG, AMY, WILL, 1968-1975) © Institut Français du Proche-Orient.

Fig. 9 : Relevé d’un décor ornant une des poutres du sanctuaire de Bel, représentant une procession (SEYRIG, AMY, WILL, 1968-1975) © Institut Français du Proche-Orient.

Les auteurs remercient chaleureusement Frédéric Alpi, Jean-Baptiste Yon, Maurice Sartre et Annie Sartre-Fauriat pour leur relecture.

Pour en savoir plus :

  • En ligne : Palmyre, fouilles archéologiques (Fanny Arlandis) / Photothèque de l’ifpo (MediHAL)
  • Ecochard Michel, « Consolidation et restauration du portail du temple de Bêl à Palmyre », Syria 18, 1937, p. 298-307.
  • Hammad Manar, “Le sanctuaire de Bel à Tadmor-Palmyre”, dans Lire l’espace, comprendre l’architecture, 2006 (accessible en ligne)
  • Jastrzębowska Elżbieta, « Christianisation of Palmyra: Early Byzantine Church in the temple of Bel », Studia Palmyreńskie 12, Fifty Years of Polish Excavations in Palmyra 1959-2009, International Conference, Warsaw, 6-8 December 2010, 2013, p. 177-191.
  • Sartre Annie et Maurice , Zénobie, de Palmyre à Rome, Paris, 2014.
  • Sauvaget Jean, « Les inscriptions arabes du temple de Bel à Palmyre », Syria 12, 1931, p. 143-54
  • Seyrig Henri, Amy Robert, Will Ernest, Le Temple de Bêl à Palmyre, 2 vol. (Bibliothèque Archéologique et Historique 83), Paris, 1968-1975.
  • Wiegang Theodor (ed.), Palmyra. Ergebnisse der Expeditionen von 1902 und 1917, 2 vol., Berlin, 1932 (accessible en ligne).
  • Yon Jean-Baptiste, Les notables de Palmyre (Bibliothèque Archéologique et Historique 163), Beyrouth, 2002 (accessible en ligne).
  • Yon Jean-Baptiste, As’ad Khaled, avec la collab. de Fournet Thibaud, Inscriptions de Palmyre : promenades épigraphiques dans la ville antique de Palmyre, Beyrouth, 2001.
Pour citer ce billet : C. Durand, Th. Fournet, P. Piraud-Fournet, « Bel est bien mort. In memoriam, Palmyre (6 avr. 32 – 28 août 2015) », Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), 5 octobre 2015. [En  ligne] http://ifpo.hypotheses.org/7020

Photo_duarte-webCaroline Durand est archéologue, chercheuse à l’Ifpo Amman depuis septembre 2012. Sa thèse de doctorat (Lyon 2) portait sur le rôle du royaume nabatéen dans les réseaux caravaniers et maritimes qui reliaient le Proche-Orient à l’océan Indien et au bassin méditerranéen aux époques hellénistique et romaine. Son intérêt pour les échanges commerciaux et culturels dans l’Antiquité l’a amenée à se spécialiser dans l’étude du matériel archéologique, en particulier la céramique. Elle collabore en tant que céramologue à plusieurs programmes archéologiques à Dharih, Pétra (Jordanie), Mada’in Saleh, Dumat (Arabie Saoudite) et Failaka (Koweit).

Thibaud Fournet est architecte et archéologue au CNRS, actuellement affecté à l’Ifpo, à Amman (Jordanie). Ses travaux portent principalement sur l’architecture et l’urbanisme du monde antique méditerranéen et, plus particulièrement, sur le Proche-Orient gréco-romain (Syrie, Liban, Jordanie, Egypte). Il collabore depuis de longues années à la mission archéologique française en Syrie du Sud (Bosra aux portes de l’Arabie) et mène depuis plusieurs années des recherches sur l’histoire du bain collectif en Méditerranée orientale, depuis les balaneia grecs et les thermes romains jusqu’aux hammams contemporains. Il a notamment travaillé sur les « bains de Dioclétien » à Palmyre.

Pauline Piraud-Fournet est archéologue et poursuit sa thèse d’archéologie (Paris IV-Sorbonne) sur l’habitat de la fin de l’Antiquité en Syrie. Elle a passé un diplôme d’architecte (ENSAL) pour se spécialiser dans la recherche en architecture antique. Elle travaille depuis de nombreuses années avec l’Ifpo, le Ministère français des Affaires Etrangères et le CNRS, sur plusieurs sites archéologiques du Proche-Orient (Liban, Jordanie, Syrie, dont Palmyre) en Tunisie, en Egypte, s’intéressant aux sanctuaires, à l’architecture funéraire, à l’habitat. Elle a occupé, de 2006 à 2012, le poste d’architecte pour le département scientifique Archéologie et histoire de l’Antiquité de l’Ifpo, à Damas, puis à Amman.

Séminaire de recherche: MONDES SAHARIENS : SOURCES, ESPACES, SOCIÉTÉS, VIIIE-XIXE SIÈCLE

MONDES SAHARIENS : SOURCES, ESPACES, SOCIÉTÉS, VIIIE-XIXE SIÈCLE

  • Cyrille Aillet, maître de conférences à l’Université Lumière ( CIHAM )Cet enseignant est référent pour cette UE
  • Chloé Capel, doctorante à l’Université Panthéon-Sorbonne, ArScAn ( Hors EHESS )
  • Élise Voguet, chargée de recherche au CNRS ( Hors EHESS )
  • Ismail Warscheid, chargé de recherche au CNRS ( Hors EHESS )

S’il s’agit de l’enseignement principal d’un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e jeudi du mois de 11 h à 13 h (salle des étudiants, IISMM, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 12 novembre 2015 au 12 mai 2016. Séance inaugurale le vendredi 16 octobre (même horaire, salle de réunion de l’IISMM, même adresse)

Les espaces sahariens sont extrêmement divers, et leur histoire politique, économique et culturelle n’est généralement qu’entraperçue à travers le prisme des sociétés maghrébines et des mondes africains, dont elles constitueraient les marges. Or l’histoire des sociétés sahariennes ne peut se limiter aux seules circulations qui les relient à la Méditerranée. Les oasis du Sahara constituent un véritable archipel de cultures régionales, dont les modes d’organisation du territoire et du peuplement, les formes de vie sédentaire et les réseaux commerciaux répondent à des modèles plus variés qu’on ne le dit habituellement. Centres autonomes ou satellisés par un État ou une formation tribale de plus grande ampleur, les foyers de vie sédentaire au Sahara relèvent à la fois de l’histoire locale et de l’histoire connectée.

Les études sahariennes souffrent aujourd’hui, tout particulièrement en France, d’un repli considérable et d’un manque certain de visibilité, notamment en raison du fort morcellement des recherches entre plusieurs disciplines (histoire, géographie, archéologie, histoire des arts, anthropologie) et champs académiques (monde maghrébin, Afrique subsaharienne, histoire moderne et médiévale). Ce domaine d’étude est également très menacé par la disparition des équipes de recherches spécialisées et, bien sûr, par les difficultés d’accès aux terrains. Quant aux patrimoines matériels sahariens, ils sont par endroits menacés de disparition pure et simple.

Inspiré de l’expérience acquise dans le cadre des projets ANR « Touat » et « Maghribadite », cet atelier aura pour premier objectif de faire émerger de nouvelles ressources pour la recherche, qu’il s’agisse de fonds manuscrits, de corpus édités, de sources matérielles ou de sites archéologiques. Ouvert à toutes les formes de décloisonnement chronologique et méthodologique, il pourra également constituer un lieu de rencontre et de débat pour les chercheurs impliqués dans l’étude des mondes sahariens, quelle que soit leur discipline, et un lieu de promotion des recherches internationales les plus novatrices. À plus long terme, il s’agira de poser les jalons d’une histoire précoloniale du Sahara.

L’atelier, d’une durée de 2 h, se déroulera avec une fréquence mensuelle, à raison d’environ neuf séances par an. Chaque année sera consacrée à un thème d’étude spécifique. Les séances seront partagées entre l’intervention d’un spécialiste et une réflexion critique commune, dirigée par un autre intervenant. L’ouverture sur la recherche internationale sera conciliée avec la place laissée aux jeunes chercheurs. Deux séances de travail (de 3 h) sur les sources viendront compléter l’atelier.

Au fil des années, l’atelier abordera certains des thèmes majeurs liés à l’histoire de ces espaces, comme les modes d’organisation sociale (établissements humains, qṣūr, nomadisme…), les gestions politiques (relations avec les pouvoirs maghrébins et africains, oligarchies, pouvoirs tribaux…), l’hydraulique et les usages de l’eau, la gestion des ressources naturelles (minerais, métaux, sel), les économies de subsistance (agriculture, pastoralisme), l’islamisation, les réseaux et les produits du commerce, l’esclavage, les rites et les espaces religieux…

La première année (2015-2016) questionnera, à partir de projets en cours, les différents types de corpus documentaires et les approches critiques dont ils peuvent faire l’objet. Nous explorerons les riches fonds de manuscrits du Mzab, du Touat et de Tombouctou, les ressources du patrimoine oral et les archives de la culture matérielle.

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

Centre : IISMM – Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman

Site web : http://maghribadite.hypotheses.org/

Site web : http://touat.fr/

Adresse(s) électronique(s) de contact : cyrilleaillet@yahoo.fr, chloe.capel@gmail.com, elise.voguet@irht.cnrs.fr, ismailwarscheid@yahoo.com

CfP : Politics of Dress and Identity in Eastern Mediterranean Societies, Past and Present (16 novembre 2015)

The Politics of Dress and Identity in Eastern Mediterranean Societies, Past and Present

An international symposium organized by the Fitting in/Standing Out project (NWO), Vrije Universiteit Amsterdam, the University of Salento (Lecce), and the Allard Pierson Museum (Amsterdam)

24-26 March 2016, Allard Pierson Museum (Amsterdam)

Dress plays an essential role in the presentation of the self and in the perception of the other. Clothing and headgear, as well as accessories, tattoos, and hair styles, overtly state and sometimes more subtly convey information about a person’s social standing, gender, ethnicity, regional background, affiliations, profession, or religious beliefs – in other words, about the particular position (s)he holds, or would like to show as having, at a certain moment in time within a certain group or society. Dress is also part of the negotiation of identity and status; it allows individuals to articulate, or conceal, different identities, whether these are individual or collective, imposed or chosen. Identificational changes – when entering a new phase of life or assuming a new status or role – are often marked by the rejection of certain dress codes and/or the acquisition of new ones. Similarly, transient identities can be expressed through a new or composite dress vocabulary. Although dress is usually perceived, understood, and represented as an unambiguous statement about one’s identity, it is in fact a source of many potential ambiguities. The meanings and symbolic values associated with dress are not only culturally situated; they are also dependent on the time and place, the wearer, and the audience. Moreover, they constantly change over time.

This international symposium takes an interdisciplinary, diachronic, and comparative approach to explore the interplay between dress and identity in the broader Mediterranean basin, with a special focus on Muslim societies and interconnected cultures, in both the past and present. It aims to bring together anthropologists, sociologists, historians, art historians, archaeologists, and scholars of other disciplines working on this subject, using a wide spectrum of methods – from textual to textile analysis. The study of dress and, in particular, of attempts to control the meanings of dress – whether in practice, depictions, or texts – not only has great potential for social and cultural history, but is also crucial to understand sartorial dynamics within contemporary societies. From the sumptuary laws issued in many ancient societies to the contemporary debate on veiling practices among Muslim women, dress is, and has always been, the site of competing discourses, where authority and resistance, and the interests of the community and those of the individual meet. By bridging the gap between different academic fields, this symposium aims to put perceptions of dress in the past and the present into a broader perspective.

The main themes we aim to discuss are:

  • How is dress used to reify or challenge community boundaries? How do intersecting identities influence choices in dress?
  • How is dress represented in visual and written sources? What is the relation between these and actual dress practices? How do these images and texts contribute to construct, reinforce, or subvert identity categories?
  • How do actual garments, depictions of dress, or discourses on dress refer to the past (i.e. religious or cultural traditions) to legitimize the present?
  • What role does dress play in the articulation of transient or multiple identities, for example in cases of conversion, migration, or the assumption of a new social status?
  • How do political, economic, and cultural connections between the East and the West influence dress? How is exotic dress appropriated locally to negotiate status and identity?

Scholars, PhD candidates, and advanced MA students doing research related to the subject of dress and identity are invited to submit a proposal for the symposium. If application for participation has been successful the following is granted:

  • Participation in the complete program, including lunches and the conference dinners;
  • Not included: travel, accommodation expenses, and other meals.

The conference does not offer travel grants, but we can support applications for additional funding sought from third parties such as the Pasold Research Fund (www.pasold.co.uk)

To apply for participation applications should be send to the symposium organizers: Rosita D’Amora rosita.damora@unisalento.it or Tineke Rooijakkers c.t.rooijakkers@vu.nl

Deadline for application: Monday, 16 November 2015, 24.00 (CET)

This application includes the following:

  • a title and an abstract of 300 words (max.)
  • a short biography of 50 words (max.)

We intend to publish a selection of the papers presented at the symposium in an edited volume. The deadline for the submission of these articles is: Thursday, 15 September 2016.

The organizing committee: Rosita D’Amora, Tineke Rooijakkers, Bas ter Haar Romeny, Mat Immerzeel, Judith Kindinger, and Alexandra Pleşa

CFP : Bourdieu and Islam

The work of French sociologist Pierre Bourdieu (1930-2002) has had a resounding influence in the humanities and social sciences, and the proposed book, Bourdieu and Islam, would be the first to reflect upon, outline, and gather representations of this influence in Islamic Studies. Although having himself been trained in philosophy, Bourdieu turned to sociology at the very beginning of his professional career, and his first application thereof took the form of ethnographic fieldwork in an Islamic society, specifically rural Algeria in the late 1950s. Over the ensuing decades, he effectively refined and employed his signature “theory of practice,” a subtle model for the analysis of human cultural and social phenomena that has proven to be fruitfully applicable to a wide range of substantive research topics. Initially only few scholars of religion were drawn to Bourdieu; however, this has been considerably changing in recent years, with the number of Bourdieu-oriented studies of religion now amounting to a robust body of literature, a growing segment of which treats Islam. Bourdieu and Islam will thus serve two fundamental purposes: 1) to cull into a single volume Bourdieu’s most important explicit writings on Islam and provide expert commentary on them; and 2) to take stock of the present state of the Bourdieuian study of Islam via discreet essays on the topic and via solicited and juried work by scholars of Islam whose work is oriented by Bourdieu.

 

Interested scholars are invited to submit abstracts, completed essays, proposals, or works in progress to the editors at their earlier convenience. Submissions in English are preferred, but any relevant work in Arabic, French, or Spanish will also be carefully considered and, if accepted for inclusion in the volume, translated by the editors into English. The volume’s table of content will be finalized by December 31, 2015, with an aim to have final versions of all chapters suitable for publication by April 15, 2016. Electronic submissions or hard copies are equally welcome and may be sent to the editors at the following addresses:

 

trey@temple.edu

 

Terry Rey, Ph.D.

Associate Professor

Department of Religion

629 Anderson Hall

1114 Polett Walk

Temple University

Philadelphia, PA 19012

USA

 

About the Editors

Terry Rey is associate professor of religion at Temple University. Author or editor of six books and dozens of scholarly articles and book chapters, he writes primarily on African and African diasporic religion, and much of his work, whether historical, anthropological, or sociological, is centrally oriented by Pierre Bourdieu. His 2007 book Bourdieu on Religion: Imposing Faith and Legitimacy (Routledge) has enjoyed unanimously favorable reviews in scholarly journals, been well received internationally, and been widely cited, and it will thus serve as a springboard for Bourdieu and Islam and a generator of interest from potential contributors and readers alike.

 

Khalid Blankinship is associate professor and chair of religion at Temple University. Internationally renowned as an historian of Islam and fluent in classical and contemporary Arabic, he has lectured in Egypt, India, Jordan, Malaysia, Morocco, and Saudi Arabia. In addition to numerous articles published in scholarly journals, book chapters, or online fora, Blankinship is author of The End of the Jihâd State: The Reign of Hishâm ibn ‘Abd al-Malik (724-743 CE) and the Collapse of the UmayyadsThe History of al-Tabarî, Vol. XI, The Challenge to the Empires: A.D. 633-635/A.H.; and The History of al-Tabarî, Vol. XXV, The End of Expansion: The Caliphate of Hishâm A.D. 724-738/A.H. 105-120.

 

Contact Info:

Terry Rey

Department of Religion

AB 629, 1114 Polett Walk

Temple University

Philadelphia, PA 19012

USA

Contact Email:

CFP : The 2015 Moise Khayrallah Lebanese Diaspora Studies Prizes (15 octobre 2015)

The Khayrallah Prize recognizes excellence in scholarly studies from any discipline focusing on any aspect of Lebanese migration. Two awards will be given. The first prize, in the amount of $1000, is awarded to an established scholar. The second prize, in the amount of $500, is awarded to a graduate student.

  1. Established Scholars: Articles published between June 1, 2014 and May 30, 2015 are eligible for consideration for the 2015 prize and may be submitted by the author or the publisher of a journal, anthology, or volume containing independent essays. A committee of Lebanese Migration scholars, representing diverse disciplines, will select the winning article.
  2. Graduate Students: Papers authored between June 1, 2014 and May 30, 2015 are eligible for consideration for the 2015 prize and may be submitted by the author. A committee of Lebanese Migration scholars, representing diverse disciplines, will select the winning paper. The paper will be subsequently published in the Mashriq & Mahjar: Journal of Middle East Migration Studies.

Send a PDF copy of the article/essay to: akhater@ncsu.edu.

Applicants must verify date of actual publication for eligibility. ONE entry per scholar or publisher is allowed annually. Essays written in part or in whole in a language other than English must be accompanied by English translations.

Deadline for submission is October 15, 2015. Winners of the award will be announced at the award ceremony of the Middle East Studies Association annual meeting.

http://lebanesestudies.ojs.chass.ncsu.edu/index.php/mashriq/announcement/view/2

Call for applications: 8 training grants

In the framework of its training programme for 2016, the IEMed offers 8 professional training grants for postgraduate students. The training is carried out in the following IEMed areas of work:

  • Euro-Mediterranean Policies
  • Resources and documentation
  • Arab and Mediterranean World
  • Socioeconomic Development
  • Civil Society
  • Gender
  • Communications
  • Institutional support and Euro-Mediterranean relations

Applications deadline:
Friday, 13th November at 2pm