Archives de catégorie : Carnets de la recherche

Séminaire CHERPA GSRL « Localiser le religieux dans les sciences sociales » 23 février

Le vendredi 23 février, 3ème session du séminaire co-organisé par le CHERPA-SCIENCES PO AIX et le GSRL :

Localiser le religieux dans les sciences sociales. Le religieux entre sciences sociales et science politique, penser avec et penser contre les demandes institutionnelles

Argumentaire, bibliographie et programme en pièce jointe.

Ce séminaire est ouvert au public, sans inscription.

 Espace Philippe Seguin – 31, avenue Jean Dalmas – Aix-en-Provence / salle 003 de 9h30 à 12h30.

Doctorants organisateurs : Hicham Benaïssa (EPHE), Aïcha Bounaga (CHERPA-Sciences Po Aix), Marc-Olivier Del Grosso (CHERPA-Sciences Po Aix – Université de Macquarie), Lucas Faure (CHERPA-Sciences Po Aix), Diletta Guidi (EPHE-Université de Fribourg), Vanille Laborde (CHERPA-Sciences Po Aix), Guillaume Silhol (CHERPA-Sciences Po Aix)

Titulaires référents : Franck Frégosi (CHERPA-Sciences Po Aix), Philippe Portier (EPHE)

Le monastère dit de « la source du baptême » dans la région d’Hébron : une enquête de terrain en cours…

Figure 1 : Cadre environnemental du site (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 1 : Cadre environnemental du site (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Le monastère de ʿAin el-Maʿmoudiyeh, situé à 8 km à l’ouest d’Hébron, est considéré comme tel en raison d’une inscription grecque gravée sur un linteau monumental découvert à terre, en 1946, qui fait mention d’un certain « Démétrios et sa communauté » (fig. 1). En dehors de ce témoignage, peu d’éléments sur place indiquent l’existence d’un ensemble monastique semblable à ceux que l’on connaît dans les campagnes de Judée, si ce n’est sa situation isolée au fond d’un wādī aux pentes escarpées. On y trouve actuellement, au milieu des champs d’oliviers et des vignes aménagés en terrasse, les ruines d’une chapelle baptismale paléochrétienne et d’un bâtiment médiéval (fig. 2).

Figure 2 : Localisation des vestiges 1 : secteur de la chapelle baptismale ; 2 : secteur du bâtiment médiéval (© Geomolg)

Figure 2 : Localisation des vestiges 1 : secteur de la chapelle baptismale ; 2 : secteur du bâtiment médiéval (© Geomolg)

L’enjeu des travaux entrepris sur le site par l’Ifpo, en collaboration avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine, consiste à mettre au jour les différentes composantes architecturales du monastère afin de comprendre l’organisation et la fonction de cette communauté implantée dans ce lieu retiré, non loin d’une ancienne voie de communication reliant Gaza à la vieille cité d’Abraham. Une source souterraine qui jaillit des entrailles de la roche calcaire pourrait constituer l’élément fondateur de cet établissement. C’est elle qui a vraisemblablement dicté l’emplacement du baptistère dont le rôle au sein de cet ensemble pourrait avoir été central. Ces deux composantes, la source et le baptistère, sont à l’origine du nom du site qui nous est parvenu jusqu’à aujourd’hui sous l’appellation ʿAin el-Maʿmoudiyeh (« La source du baptême »,عين المعمودية). Cette association avait permis jadis à Clemens Kopp, fin connaisseur de l’histoire des pèlerinages de Terre sainte, d’évoquer le site comme le lieu du « désert » où saint Jean-Baptiste, dans sa jeunesse, a commencé son ministère avant de faire son entrée sur la scène biblique en se retirant dans la région du Jourdain (Luc. I, 80).

Le baptistère

L’analyse architecturale et l’étude du matériel archéologique permettent de situer la construction du baptistère au cours du ᴠɪe siècle. L’édifice adopte le plan d’une chapelle à nef unique dotée d’une abside inscrite à l’intérieur d’un chevet plat (figs. 3 et 4).

 

Figure 3 : Chapelle baptismale (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 3 : Chapelle baptismale (Tous droits réservés Bertrand Riba)

 

Figure 4 : Plan simplifié de la chapelle et des dispositifs qui lui sont associés (les hachures indiquent l’emplacement du bassin primitif) ; (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 4 : Plan simplifié de la chapelle et des dispositifs qui lui sont associés (les hachures indiquent l’emplacement du bassin primitif) ; (Tous droits réservés Bertrand Riba)

La cuve maçonnée, insérée dans le sol dallé devant l’abside, est l’une des plus grandes de Palestine avec un diamètre de 1,80 m et une profondeur de 1,30 m. Le système hydraulique mis en œuvre est conçu de manière à ce qu’elle soit alimentée en permanence : un souterrain creusé dans la paroi sud du wādī permet de capter la source 11 m plus loin afin d’acheminer l’eau vers la cuve par le biais d’un chenal creusé dans la roche. Un second orifice était destiné à évacuer l’eau par le nord vers l’extérieur du monument. Ce système ingénieux permettait d’obtenir une eau courante, sans cesse renouvelée, et non souillée. Ces fonts baptismaux se distinguent ainsi de la grande majorité des baptistères palestiniens dont les cuves étaient reliées à un réservoir par un conduit ou bien simplement remplies au moyen de récipients et vidées de la même façon. Cette conception peu commune renvoie aux premiers temps du christianisme, à une période où certains écrits, tels que la Didachè, préconisent de pratiquer le baptême dans une eau courante, « vivante », en mouvement, à l’image de celle du Jourdain où fut baptisé le Christ, ou de celles des sources sanctifiées par des baptêmes évangéliques. La chapelle de ʿAin el-Maʿmoudiyeh semble donc témoigner de la volonté de renouer avec une pratique attachée au souvenir d’épisodes bibliques liés à l’origine de ce sacrement. Rappelons également que le souci de conserver l’eau vive à l’état de pureté naturelle et l’aménagement de la cuve dans le sol correspondent aux conditions requises en ce qui concerne la pratique du bain rituel dans le judaïsme. Ainsi, la conception de la chapelle, inspirée des formes classiques issues du monde gréco-romain, telle que l’architecture thermale, paraît ici se conjuguer à une organisation particulière prévue pour répondre aux besoins de rites judéo-chrétiens précis.

Récemment, les fouilles archéologiques ont mis au jour un état antérieur au baptistère. Le monastère n’a donc pas été édifié d’un seul tenant au ᴠɪe siècle pour célébrer une tradition naissante, comme on a pu le supposer, mais il s’inscrit dans une histoire plus ancienne. C’est ce qu’indique un bassin quadrangulaire dont le seul côté entièrement conservé présente une longueur de 2,10 m (fig. 5).

Figure 5 : Bassin primitif en cours de fouille découvert sous l’abside (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 5 : Bassin primitif en cours de fouille découvert sous l’abside (Tous droits réservés Bertrand Riba)

La profondeur exacte demeure inconnue puisque l’installation a été tronquée au moment de la construction de l’abside et de la pose d’un dallage, mais les parties restantes montrent que celle-ci dépassait 1,40 m. Le sol est pavé d’une mosaïque monochrome, tandis que les parois sont recouvertes d’un enduit hydraulique contenant des tessons qui ne semblent pas antérieurs au ve siècle. Dans l’état actuel de la recherche, la fonction de ce bassin primitif doit être précisée. Il pourrait s’agir d’un simple réservoir d’eau, mais sa situation à l’emplacement de la chapelle baptismale actuelle joue plutôt en faveur d’une installation destinée dès le départ à l’accomplissement de rites. L’hypothèse d’un baptistère plus ancien n’est pas à exclure.

Par ailleurs, l’édifice se distingue par le système d’évacuation mis en oeuvre et le parcours de l’eau à l’extérieur de l’édifice. Le liquide était d’abord récupéré par un bassin circulaire, de 0,54 m de profondeur pour 1 m de diamètre, surmonté d’une margelle de facture identique à celle de la grande cuve intérieure. Les dimensions de ce dispositif conviendraient parfaitement au baptême des enfants, mais rien pour le moment ne permet de s’en assurer. Cette petite cuve bénéficiait également d’une eau courante évacuée par deux orifices dont l’un seulement conserve un conduit de terre cuite par lequel le liquide s’écoulait vers une seconde cuve quadrangulaire juxtaposée à une troisième partiellement dégagée. Ce dispositif peu ordinaire de récupération et de redistribution de l’eau par l’emploi de trois bassins distincts soulève diverses interrogations sur la fonction de ces différents contenants et le statut de l’eau après son passage à l’intérieur de la chapelle. Si la première cuve était bien associée au baptême d’enfants, quel était le rôle des deux autres ? Ces installations étaient-elles liées d’une quelconque manière à la liturgie baptismale ou bien jouaient-elles un rôle d’ordre strictement pratique ? Les prochaines campagnes de fouilles permettront sans doute une meilleure compréhension de cette organisation particulière.

La quête des bâtiments communautaires

Si leur place varie dans les provinces de Palestine, les baptistères intègrent toujours un ensemble architectural cohérent destiné à répondre au mieux aux besoins de la liturgie. L’église, dans laquelle se déroule l’eucharistie, était rarement éloignée du lieu du baptême de façon à ce que les différentes étapes de la cérémonie de l’initiation puissent s’enchaîner. Les baptistères se placent donc tantôt dans l’une des annexes qui longent les collatéraux des basiliques, tantôt dans l’une des salles qui flanquent l’abside. D’autres, un peu plus éloignés du côté ouest, étaient accessibles par l’atrium ou le narthex. À ʿAin el-Maʿmoudiyeh, les travaux archéologiques n’ont pas permis de mettre en évidence le contexte architectural dans lequel s’inscrivait le baptistère en dehors d’une cour où se trouvaient les bassins évoqués plus haut. En revanche, les fouilles programmées dans le secteur du bâtiment médiéval, sur les premières hauteurs du versant septentrional du wādī, ont révélé les traces d’installations contemporaines du baptistère. La découverte d’un pavement de mosaïque soigné, malheureusement très endommagé par les constructeurs médiévaux et les pilleurs, indique l’emplacement d’un bâtiment paléochrétien adossé à la paroi rocheuse. Ce témoignage, malgré son aspect très fragmentaire, permet d’envisager l’existence d’une chapelle semi-rupestre semblable à celle que l’on trouve dans certains monastères établis dans les wādīs du désert de Judée. Les fouilles ont aussi mis au jour un second pan de mosaïque associé au même niveau de sol, caractérisé par un tapis de fleurettes comparable à ceux fréquemment employés dans les ensembles religieux du ᴠɪe siècle (fig. 6).

Figure 6 : Pavement de mosaïque d’un édifice protobyzantin (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 6 : Pavement de mosaïque d’un édifice protobyzantin (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Ce sol est connecté à la façade occidentale d’un bâtiment dont seul l’angle sud-ouest a été dégagé, dévoilant un nouveau sol de mosaïque situé à une hauteur supérieure et auquel correspond un conduit destiné à l’évacuation de l’eau depuis l’intérieur du bâtiment. La poursuite des travaux dans ce secteur devrait permettre de préciser le plan et la fonction de ce monument inédit.

L’occupation du site à partir de la période médiévale

Il est trop tôt pour préciser les modalités de l’occupation du site à partir de la conquête arabo-musulmane de la région survenue au ᴠɪɪe siècle. En revanche, la période franque est bien représentée par le matériel céramique et les vestiges de l’édifice qui s’élèvent actuellement contre le flanc nord du wādī, dans la zone des bâtiments protobyzantins évoqués ci-dessus (fig. 7).

Figure 7 : Ruine du bâtiment médiéval (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 7 : Ruine du bâtiment médiéval (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Un mur massif, large de 2 m, est relié à la paroi rocheuse par une voûte en arc brisé surbaissé. La construction se distingue par la présence d’un oculus quadrilobé typique de l’architecture latine. Cette ouverture zénithale, singulière par son emplacement dans la voûte à l’aplomb du passage entre la paroi rocheuse taillée et le mur (fig. 8), s’explique par le besoin d’aérer et d’éclairer l’espace qu’il surplombe.

Figure 8 : Oculus quadrilobé (Tous droits réservés Bertrand Riba)

Figure 8 : Oculus quadrilobé (Tous droits réservés Bertrand Riba)

L’attestation ou non d’un étage permettra de préciser si l’oculus captait directement la lumière du soleil ou bien s’il était inséré dans le sol d’une pièce supérieure. Le labour des cultures situées devant ces ruines n’a laissé aucun vestige en place, mais les tranchées réalisées à cet endroit ont permis d’observer des entailles dans le substrat dont la présence indique l’emplacement d’un mur parallèle, également épais de 2 m. L’amorce d’une voûte visible à la hauteur de la dernière assise du mur conservé témoigne du type de couverture autrefois mis en œuvre entre les deux constructions. Par ailleurs, du côté ouest, le départ d’un grand arc brisé aplati perpendiculaire aux vestiges en place révèle l’existence d’un second corps de bâtiment aujourd’hui disparu. Ce constat permet d’envisager une croisée de voûte au niveau du coude dessiné par les deux ailes du bâtiment. Ainsi, malgré le caractère très mal préservé des ruines, l’analyse architecturale en cours donne l’occasion de mieux comprendre le plan initial de l’édifice. Enfin, l’occupation du site se poursuit au-delà du retrait des Croisés. La période mamelouke est particulièrement bien représentée par des foyers, de la vaisselle et quelques monnaies. Cette population se contente de réoccuper les lieux en y apportant quelques remaniements mineurs.

Conclusion

Cette brève présentation a pour but de mettre en lumière l’importance qu’il convient d’accorder au site de ʿAin el-Maʿmoudiyeh. À ce jour, les récents travaux engagés sur le terrain ont permis de mieux saisir les caractéristiques particulières du baptistère, de localiser certaines composantes architecturales inédites et de préciser l’histoire du lieu. Le site est aussi l’un des rares ensembles archéologiques conservés à offrir l’occasion d’étudier le développement d’un établissement monastique à partir d’une source sanctifiée. La conception de la chapelle et sa relation avec l’eau naturelle appuient en effet l’hypothèse formulée par Clemens Kopp selon laquelle il convient d’enraciner dès l’Antiquité une tradition médiévale relative à la jeunesse de saint Jean-Baptiste administrant le sacrement du baptême à cet endroit. L’ancrage de cette tradition pourrait être le fait de la communauté religieuse soucieuse de hisser le site, en termes de notoriété, au niveau des lieux bibliques renommés attachés à la pratique du baptême. Cette stratégie a pu constituer un bon moyen de susciter l’attrait des fidèles qui sillonnaient les routes de Palestine, et si de prime abord la situation isolée du site à l’écart des axes principaux ne semble guère propice à la pratique du pèlerinage, les prospections récentes ont mis en évidence son accessibilité. Il était relativement aisé, en réalité, d’emprunter cet itinéraire bis par l’embouchure ouest du wādī et de suivre celui-ci jusqu’au monastère avant de remonter ses pentes vers l’est en direction de la prestigieuse cité des patriarches (Hébron) située à quelques kilomètres de là. La présence d’un petit fortin protobyzantin au point culminant d’une colline qui domine le site, renforce l’idée d’un lieu de passage fréquenté. Au cours de la période médiévale, le site continue d’être occupé, mais son rôle à cette époque reste encore à préciser.

Bibliographie

  • C. Kopp et A.-M. Steve, “Le désert de Saint Jean près d’Hébron”, Revue Biblique n° 53, p. 547-575, 1946. Consultable sur JSTOR : http://www.jstor.org/stable/44091167

Pour citer ce billet : Bertrand Riba, « Le monastère dit de « la source du baptême » dans la région d’Hébron : une enquête de terrain en cours… », Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), le 07 février 2018. [En  ligne] http://ifpo.hypotheses.org/7573

Betrand Riba

Betrand Riba

Bertrand Riba est chercheur à l’Ifpo, Territoires palestiniens. Il dirige les travaux archéologiques sur le site de ʿAin el-Maʿmoudiyeh, dans la région d’Hébron, en collaboration avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine. Son domaine de recherche se concentre sur le phénomène du pèlerinage chrétien au cours de la période protobyzantine au témoignage de l’archéologie.

Page personnelle et bibliographie sur le site de l’Ifpo : http://www.ifporient.org/bertrand-riba

Communiqué de presse : « Un partenariat pour renforcer la recherche en islamologie »

Le CNRS et la Fondation de l’Islam de France signent aujourd’hui un partenariat autour d’une mission commune : renforcer la recherche en islamologie, c’est-à-dire l’étude scientifique du fait religieux islamique, en France. Le CNRS est représenté par le Groupement d’intérêt scientifique Moyen-Orient et mondes musulmans (GIS MOMM), un réseau créé en 2013 à son initiative pour rassembler les centres de recherche français spécialisés sur l’étude de l’Islam.

Le GIS MOMM a pour but de soutenir les filières de formation et de recherche sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans. Renforcer l’islamologie, l’étude scientifique du fait religieux islamique, est l’un de ses principaux objectifs. Ce groupement a montré en 20141 que la plupart des domaines composant cette discipline, les études coraniques, l’étude des hadîths2, le droit musulman (fiqh) et la méthodologie du droit (usûl al-fiqh), la théologie (kalâm), le soufisme et la philosophie, n’étaient que très peu enseignés et étudiés au sein des universités françaises. Ils souhaitent ainsi rapprocher cette discipline des standards internationaux de la science, qui reposent sur les principes de l’analyse critique et du dialogue avec les différentes sciences humaines et sociales (notamment l’histoire, la philosophie, la sociologie et l’anthropologie).

De son côté, la Fondation de l’Islam de France, fondation laïque reconnue d’utilité publique créée en 2016, compte parmi ses missions le soutien au développement de pôles d’enseignement et de recherche en islamologie. C’est à ce titre que le GIS MOMM et la Fondation de l’Islam de France ont établi un partenariat. Dans ce cadre, trois actions principales du GIS MOMM seront soutenues par la Fondation :

–    fédérer et accompagner la constitution d’un réseau de formateurs et de chercheurs français en islamologie notamment grâce au financement de contrats doctoraux et de bourses de master sur une période de trois ans (2018-2021) et le financement d’un séminaire de formation doctorale.

–    combler la pénurie de manuels universitaires et d’ouvrages de référence en islamologie en langue française en proposant notamment un programme de traduction d’ouvrages de synthèse, à l’origine en anglais ou en allemand. Ce programme sera accompagné par la réalisation de quatre manuels universitaires en langue française sur les études coraniques, sur l’étude des hadîths, sur le droit musulman et sur la théologie. La création de recueils de textes bilingues, rassemblant des textes en arabe (ou, le cas échéant, en turc, persan, ourdou) et leur traduction en français, et la traduction d’auteurs réformistes musulmans en français sont également prévues.

–    contribuer au développement des ressources numériques sur la connaissance du fait religieux musulman afin que tous puissent aborder, avec tous les outils de l’analyse critique à disposition, les questions qui sont au cœur des débats et des représentations sur cette religion et son histoire, et de déconstruire, de façon argumentée et en s’appuyant sur les textes, les visions simplificatrices de l’Islam.

Télécharger le communiqué de presse

Notes :

1 Voir Le livre blanc des études sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans élaboré par le GIS (2014).
2 Recueil des actes et paroles de Mahomet et de ses compagnons, à propos de commentaires du Coran ou de règles de conduite.

Source et auteur de l’article : Alexiane Agullo, presse CNRS
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/5425.htm?theme1=9

RENCONTRES « AUTOUR DE… » AVEC ISMAÏL WARSCHEID

Chers membres, c’est avec plaisir que nous vous convions aux premières Rencontres « Autour de… » organisées par l’Association Halqa.

Nous aurons le privilège de discuter avec Ismaïl Warscheid, chercheur à l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (IRHT – CNRS), et spécialiste du droit musulman au Sahara aux XVIIe et XIXe siècles.

Cette rencontre aura lieu le jeudi 22 février à 19h, au restaurant le Latin-Saint-Germain , 92 boulevard Saint-Germain (75005). 

Ces rencontres étant l’occasion d’échanger avec un jeune chercheur de renom hors de tout cadre formel, nous espérons vous voir nombreux lors de cet événement !

Rencontre autour de

The Prophet as a ‘Sacred Spring’: Late Ottoman Hilye Bottles

Christiane Gruber (University of Michigan)

* Paper presented at workshop « Between God and Man: Representations of the Prophet in Literature, Arts, and Media » Bochum, 9-10 November 2017.

The Topkapi Palace Library is one of the world’s largest and most important repository of Islamic paintings and manuscripts. It thus came as a surprise to me when, after a decade of research in the collection, the librarian Zeynep Çelik Atbaş pulled me aside last summer to tell me that I should take a look at some glass bottles, which remain unknown and unpublished, and yet surely would interest me. Zeynep could not have been more correct in her assessment: I was left astounded when the staff brought out four large glass bottles into the reading room. These were no manuscripts, and I had never seen objects like these in my fifteen years of working in Turkish collections. Before me were three bottles containing hilyes, or verbal descriptions of the Prophet Muḥammad, while a fourth bottle housed a miniature Qur’an displayed on a wooden stand decorated with colorful beads. Executed by the under-glass painter Mehmed Refat and dated 1308/1891, this bottle has at least four companion pieces held in two other museums in Istanbul.

 

However, to my knowledge, the three hilye bottles are not attested to in any other publicly accessible institution in Turkey or elsewhere in the world. While one bottle emerged on the art market under the title “lodge hilye” (tekke hilyesi), it is evident from their preservation in Topkapi Palace that these artworks should not be restricted to Sufi practitioners. Rather, as my paper aims to demonstrate, these rare objects appear to have been used for both talismanic and curative purposes. Their therapeutic role in particular is suggested by the hilyes’ use in the production of gold powder, which in all likelihood was combined with water drawn either from local Constantinopolitan sacred springs or else the holy water collected from the Zamzam well in Mecca. As a result, these hilye bottles, I argue, provided a new kind of prophetic pharmacon, whereby Muḥammad was reified—and most likely imbibed—as the ultimate elixir vitae.

 

A close examination of the three hilye bottles lead us to a number of preliminary conclusions. Depending on use and location, such items could be shut closed, opened on demand, or permanently kept ajar. One functioned as a Muḥammadan talismanic art object destined to protect an individual and his home. In the latter case, no further interactions were necessary. In other cases, however, a chain and rope suggest more ritualistic uses, including carrying or suspension in festive commemorations of the Prophet or other religious holidays, including the celebration of his celestial ascension. In such cases, a removable cap and silkcovered stopper enabled the collection and extraction of gold flecks, rubbed off the gilt papers lining the hilye panels’ back sides. Last but not least, in at least one instance, this gold dust or pigment is equated with the nūr Muḥammad, itself the primordial and generative material used by God to create the entire world.

 

These newly uncovered hilye bottles raise a number of issues concerned with late Ottoman artistic traditions as these intersect with devotional practices dedicated to the Prophet, especially in a larger Constantinopolitan setting. Perhaps the two most important questions that arise are: first, what were the uses and purposes of creating gold dust, and, second, what are the origins and hence symbolic meanings of these icon bottles? Examining related textual and artistic evidence can help us expand and refine our range of possible interpretations, chief among them the bottles’ likely use in late Ottoman magico-medicinal practices that involved the mixing of sacred dust or soil with holy water in order to produce liquid suspensions and curative potions believed saturated with prophetic baraka.

 

In addition, these bottles—just like other contemporary devotional icons devoted to the Prophet—provided a material mechanism to make and gather gold pigments. The fact that one of them mentions the nūr Muḥammad leads us, in part, to associate such pigments with the Prophet’s primordial light. That two bottles included hilyes meant to scrape at the inside walls further strengthens this hypothesis. In addition, at this time, the collecting of the water run-off from the ritual washing of the Prophet’s footprint and mantle was a well-known practice in Ottoman palace quarters. This prophetic liquid was then preserved in small flasks, imbibed to break the evening fast during Ramadan, and administered as a curative potion throughout the year. Libations that came into contact with Muḥammad’s relics were understood as the ultimate panacea, and such magico-medicinal liquids quite possibly included other tonics and potions into which were mixed gold prophetic precipitate extracted or poured from hilye bottles. Lastly, during the eighteenth and nineteenth centuries these hilye bottles formed part of a larger production of vessels produced to contain the consecrated water of the Zamzam well in Mecca. Known as Zamzamiyyas, these flasks were made of both transparent glass and imported Chinese porcelain, their necks often fastened shut with a rope or thread in a manner reminiscent of the hilye bottles. The sacred water contained in these Zamzamiyyas was thought to heal the sick and bring them baraka through the process of imbibing and hence physical absorption.

 

Still acting as the carriers of Meccan blessings to the present day, Zamzam water bottles are sold to pilgrims to the holy city. They also remain a staple product in stores located around the Eyüp shrine in Istanbul, which sell devotional goods, souvenirs depicting the Prophet’s relics, and, above all, a wide range of hilyes made in both monumental and miniature size.

 

In sum, it appears that these newly discovered hilye bottles essentially provided a new type of prophetic pharmacon in the Ottoman palace during the eighteenth and nineteenth centuries in particular. At this time, the Prophet’s verbal icon transformed from an amuletic object of visual meditation to an encased relic whose golden by-product was most likely mixed into medicinal paste or Zamzam water destined to be ingested and therefore alloyed with the body of the faithful. Such pious engagements involved multiple senses, especially sight, touch, and taste. Late Ottoman multisensorial practices that involved the imbibing of prophetic baraka heralded a new turn in Muḥammad-centered devotional products as these intersected with proto-medical practices in elite spheres. Like other healing tonics, these new products essentially provided a new kind of prophetic antidote promising cure for illness and a long life. They also reasserted Muḥammad’s supreme standing as the ultimate healing agent ready to be primed, gathered, absorbed, and, above all, embodied by his pious followers.

Nouvelle publication : Le prophète de l’islam

Nouvelle publication : Le prophète de l’islam, numéro special des Archives de Sciences Sociales des Religions (ASSR), sous la direction de Nelly Amri, Rachida Chih, Denis Gril (n° 178, Juillet-septembre 2017, ISBN 978-2-7132-2693-9, 23€)

 

Comment les musulmans, depuis les origines, perçoivent-ils leur prophète ? Quelle relation entretiennent- ils avec lui, dans l’intimité de leur foi et collectivement, comme communauté une ou selon leurs appartenances particulières ? Les études réunies ici répondent à une double inscription, dans le temps et dans l’espace, de la dévotion au Prophète. Elles intéressent aussi bien le Proche et le Moyen-Orient que le Maghreb, les mondes turc et persan et le sous-continent indien et couvrent trois périodes qui correspondent aux trois parties du volume : l’islam primitif ou encore la période « fondatrice » ; la période de formation ou de constitution des savoirs et des appartenances (IXe -XIe  siècles) ; et enfin, du ove  au axe  siècle, l’affirmation croissante de la vénération du Prophète et de son rôle dans la réalisation spirituelle et dans les attentes messianiques.

• Télécharger et lire l’introduction de Nelly Amri, Rachida Chih, Denis Gril.

 

TABLE DES MATIÈRES :

 Introduction

Nelly Amri, Rachida Chih et Denis Gril – La dévotion au Prophète de l’islam : une histoire qui reste à faire , p. 11

 I – Entre humanité ordinaire et sacralité : la construction d’un modèle

Denis Gril – « Comme s’il y avait des oiseaux sur leurs têtes ». L’attitude des Compagnons envers le Prophète, 25

Samuela Pagani – « Roi ou serviteur » ? La tentation du Prophète, ou le choix d’un modèle, p. 43

 II – Le prophète dans les premières vocations mystiques

Jean-Jacques Thibon – Transmission du hadith et modèle prophétique chez les premiers soufis, 71

Pierre Lory – Le modèle prophétique chez Hallâj, 89

 III – Normalisation de la présence et de la vénération du Prophète

Nelly Amri – Figures du Prophète et modalités de sa présence dans les récits visionnaires du Maghreb : la Ru’y. de ‘Abd al-Salâm al-Asmar al-Faytûrî (m. 981/1573), p. 103

Stefan Reichmuth – Aspects of Prophetic Piety in the Early Modern Period, p. 129

Hiba Abid – La vénération du Prophète en Occident musulman à travers l’étude codicologique de livres de piété (xie/xviie-xiiie/xixe siècles), p. 151

Rachida Chih – Anthropologie d’une fête musulmane non canonique. La célébration de la naissance du Prophète (al-Mawlid al-nabawî), p. 177

 

 

Conference on the emergence of the Ḥadīṯ, Cairo 2018

 

 

IDEO Conference

The emergence of the Ḥadīṯ as the authority of knowledge
ظهور الحديث النبويّ كمرجعيّة علميّة
يوم الخميس ١١ يناير / Thursday, January 11
(بمسرح المعهد الفرنسيّ بالمنيرة / French Institute in Munira)
٩:٣٠—١٠ صبحًا    كلمة الافتتاح
كلمة الأب جون درويل، مدير المعهد الدومينكيّ للدراسات الشرقيّة
١٠—١١ صبحًا    وليد صالح، أستاذ شرف، أستاذ في الأديان، جامعة تورونتو (كندا)
الحديث والتفسير، عودة التبصّراستراحة / pause

١١:٣٠—١٢ ظهرًا    سعيد الطارشيّ، باحث ثقافيّ في وزارة التراث والثقافة (سلطانة عمان)
الحديث النبويّ كمرجعيّة علميّة عند الإباضيّة في عمان: متى ولماذا؟
١٢—١٢:٣٠ ظهرًا    أحمد وجيه، مدرّس بدار العلوم، جامعة القاهرة (مصر)
موقع الحديث النبويّ من البنية الاستدلاليّة لعلم الكلام: كتاب أساس التقديس للرازيّ نموذجًا
١٢:٣٠—١ ظهرًا    جيوم دفو، باحث بالمعهد الدومينكيّ للدراسات الشرقيّة (مصر)
دراسة تأويليّة: حديث العلماء ورثة الأنبياء

غداء / lunch

٢—٢:٣٠ ظهرًا    إلياس أمحرار، مدرّس مساعد بجامعة مرسيليا (فرنسا)
العقلانية والحديث عند الخطيب البغدادي (٤٦٣/١٠٦٣): قراءة مقتطف لـ«الفقيه والمتفقّه»
٢:٣٠—٣ مساءً    عبد الكريم شتويّ، باحث مستقلّ في الدراسات العربيّة والإسلاميّة (فرنسا)
الحديث كمرجعيّة علميّة وشرعيّة، مثال: خلافة عمر بن عبد العزيز (١٠١/٧٢٠)
(مداخلة باللغة الفرنسيّة)
٣—٣:٣٠ مساءً    علاء بدويّ، باحث في تاريخ الطبّ الإسلاميّ (مصر)
الرؤى الحديثيّة في معالجة وباء الطاعون واستخداماتها في العصر المملوكيّ

Friday, January 12 / يوم الجمعة ١٢ يناير
(French Institute in Munira / بمسرح المعهد الفرنسيّ بالمنيرة)2‒2:30 pm    Presentation and summary of the previous day’s talks
2:30‒3:30 pm    Aisha Geissinger, Guest speaker, Carleton University, Ottawa (Canada)
Ḥadīths, exegetical authority, and gender: From al-Bukhārī’s (256/870) Ṣaḥīḥ to al-Baghawī’s (516/1122) Maʿālim al-Tanzīl

Pause / استراحة

4‒4:30 pm    Raashid S. Goyal, PhD Candidate, Cornell University, Ithaca NY (USA)
The Arghal tradition: A primitive ruling concerning male circumcision, evincing a shared Judaic and Islamic context
4:30‒5 pm    Adrien Candiard, OP, PhD Candidate, EPHE (France) / IDEO (Egypt)
Ḍaʿīf al-ḥadīṯ ḫayr min raʾy: Weakness and strength of the ḥadīṯ in Ibn Taymiyya’s (728/1328) theological thinking (728/ 1328)
5‒5:30 pm    Kamaluddin Ahmed, PhD candidate, Oxford University (United Kingdom)
Revisiting the Raʾy and Ḥadīth synthesis in Islamic law

Pause / استراحة

6‒6:30 pm    Usman Ghani, Assistant professor, University of Sharja (Emirates)
Justifying the role of Prophetic narration in Ḥanafī jurisprudence: The case of al-Zaylaʿī’s (762/1360) Naṣb al-rāya as a Ḥadīth companion to al-Marghīnānī’s (593/1197) al-Hidāya
6:30‒7 pm    Ruggero Sanseverino, Junior-Professor, University of Tübingen (Germany)
Transmission and authenticity in the Maghreb of the 12th century: Conditions and significance of the conservation of the Prophet’s legacy according to al-Qāḍī ʿIyāḍ’s (544/1149) ‘Elucidation concerning the knowledge of hadith transmission’

Saturday, January 13 / يوم السبت ١٣ يناير

10‒12 am Workshops / العمل ورش / ateliers
Participation to the workshops is subject to prior registration at the end of the second day.

يشترط المشاركة في ورش العمل التسجيل مسبّقًا في نهاية اليوم الثاني من الندوة

Lunch

2‒3 pm Plenary session (English)
3‒4 pm Conclusions (English)

JCEA 2018 : Les Afriques en débat

Rencontres des Jeunes Chercheur.e.s en Études africaines, du 9 au 12 juillet 2018 Université d’Aix-Marseille, campus Saint Charles, Marseille, France

Depuis leur première édition en janvier 2013, les JCEA ont vocation à réunir des jeunes chercheur.e.s et docteur.e.s travaillant sur des terrains africains ou liés, historiquement, géographiquement ou politiquement, au continent. En proposant un vaste état des lieux des travaux des jeunes chercheur.e.s, les JCEA invitent à dépasser les barrières disciplinaires qui structurent encore largement les recherches africanistes. Elles aspirent à faire dialoguer toutes les disciplines des sciences humaines et sociales afin de décrire l’histoire complexe, ancienne et contemporaine, des Afriques. Elles entendent également constituer un lieu d’échanges et de débats rassemblant les jeunes chercheur.e.s, parfois isolé.e.s ou travaillant dans des laboratoires bien souvent non africanistes.

Les Rencontres 2018 sont marquées par une double ouverture, manifeste dans leur choix d’analyser « les Afriques ». D’une part, se tenant à Marseille, ville carrefour et porte d’entrée sur la Méditerranée, elles réaffirment la nécessité de faire dialoguer les recherches portant sur l’Afrique du Nord, en allant du Maroc à l’Égypte, et l’Afrique sub-saharienne et insulaire. Ce faisant, elles s’interrogent sur les modalités du « grand partage » historique et épistémologique qui a conduit à diviser le continent en deux aires culturelles supposées étanches. Si les Rencontres conçoivent l’Afrique dans son unité géographique, elles veulent, d’autre part, rassembler les jeunes chercheur.e.s travaillant autant sur le continent que sur les groupes et les sociétés qui, bien qu’exilés sur d’autres terres du fait de la Traite, de la diaspora ou de la migration, revendiquent une identité « africaine ».

Axe 1 : Circulations

Définie tour à tour comme traduction, diffusion, accès et succès, la notion de « circulation » traverse l’ensemble des disciplines qui portent sur les humanités. La circulation peut en effet être liée à l’intensification de l’activité économique, à la mondialisation, aux avancées technologiques, aux migrations, aux nouveaux modes de transports, etc. Elle peut également renvoyer à la mise en mouvement des personnes, des cultures, des images, des discours, des objets matériels ou immatériels, des constructions symboliques, des biens et des capitaux, etc.

Cet axe entend par ailleurs étudier le phénomène de circulation, d’une part, à l’intérieur de l’Afrique et, d’autre part, entre l’Afrique et le monde extérieur. Il s’intéresse, notamment, aux transferts culturels et technologiques, aux migrations, aux diasporas et à la construction de nouveaux espaces et identités, à l’hybridation, aux influences littéraires, artistiques, éducatives, pédagogiques, didactiques, idéologiques, vestimentaires, alimentaires et linguistiques, à la diffusion des modèles de gouvernance, à la circulation des savoirs, mais aussi aux questions portant sur la santé des populations.

Par-delà sa plasticité, la notion de circulation présente l’intérêt de saisir les sociétés par le prisme de l’hétérogénéité, de la diversité, de la plurivocité, de la complexité et de la complémentarité. Penser les situations africaines sous l’angle des circulations permet en effet de dépasser les dichotomies classiques opposant le global et le local, le moderne et le traditionnel, le rural et l’urbain, etc. En quoi les circulations plurielles informent-elles des continuités, des ruptures et des paradoxes de l’histoire politique, économique, démographique, territoriale, linguistique ou encore artistique des Afriques ? Dans quelle mesure la circulation des hommes, des choses, des artefacts, des symboles, etc. révèle-t-elle le pluralisme inhérent aux Afriques contemporaines ?

Axe 2 : Rites et rituels

Cet axe porte sur les phénomènes rituels dans les Afriques, plus particulièrement sur leurs dimensions religieuses, cultuelles et culturelles, du point de vue de l’ensemble des sciences humaines et sociales.

Il propose d’abord de questionner les rites et les rituels en considérant leur diversité première : ils peuvent être afférents ou non à une institution religieuse, s’être développés dans le cadre d’une certaine histoire politique, qu’elle soit ancienne ou contemporaine, comme celle de l’esclavage, la colonisation, l’indépendance et la constitution d’États-nation, etc. Pouvant être appréhendés sous différents angles (symbolique, fonctionnel, phénoménologique, etc.), les rites et les rituels peuvent, également, être interrogés aux travers des objets, des techniques (corporelles, langagières, etc.), de leurs objectifs (identitaire, politique, économique, sacré, transgressif, etc.), des relations ou encore des formes de syncrétismes qu’ils convoquent. Cet axe s’attache ainsi à montrer que les rites et les rituels ont une spécificité qui leur est propre : ils sont performatifs dans la mesure où ils (re)créent des codes, des institutions, des règles, des représentations ou encore des liens sociaux nouveaux.

Par ailleurs, si le fait religieux a depuis longtemps intéressé les recherches en sciences sociales, la prolifération religieuse des années 1990 a permis de réinterroger les théories de la sécularisation et la modernisation. Des outils théoriques originaux ont en effet été forgés pour analyser les nouveaux mouvements religieux, permettant en même temps de repenser l’inscription des religions de et dans l’histoire. L’analyse des cultes, des rites et des rituels au sein de ces mouvements peut alors éclairer leur portée politique, sociale ou économique ou encore interroger la question de la confessionnalité : comment analyser et comprendre les agencements sociaux et culturels générés par le cumul religieux et l’existence de multiples confessionnalités ?

En outre, les rites et les rituels peuvent permettre d’observer et de questionner les phénomènes de « réinvention de la tradition » et les dynamiques de réinterprétation culturelle. Ils sont, en effet, une porte d’entrée pertinente pour penser la façon dont les imaginaires collectifs passés évoluent et se transforment pour répondre aux interrogations contemporaines, notamment à partir des pratiques et des politiques de patrimonialisation de la part des acteurs, tels que ceux issus de la diaspora, des acteurs culturels, etc. `

Axe 3 : Pouvoirs et autorité de (dans) l’État

Cet axe vise à réinvestir l’analyse de l’État et des dynamiques politiques afin de questionner les imaginaires, les pratiques et les relations de pouvoir dans les Afriques.

De quelle manière les États se donnent-ils à voir, maîtrisent-ils ou non leur image et négocient-ils sur la scène internationale ? Quelles représentations et quelles normes régissent le fonctionnement quotidien des institutions publiques et les pratiques de leurs fonctionnaires ? Quelles attentes nourrissent les citoyens ou les usagers à l’égard de leurs administrateurs ? Dans quelle mesure des autorités autres (« traditionnelles », religieuses, privées, économiques, militaires, syndicales, « développementalistes », etc.) investissent-elles l’espace public et revendiquent une certaine légitimité à participer du pouvoir ? Au travers de ces négociations tant diplomatiques que quotidiennes, passées et actuelles, il s’agit notamment de penser, dans une perspective socio-historique, le caractère non linéaire de la construction de l’État, la dimension conflictuelle de la lutte pour l’autorité légitime ou la complexité des relations et des imaginaires politiques.

S’attachant à identifier les recompositions globales et localisées, structurelles et quotidiennes du politique, cet axe veut également saisir la (re)configuration des relations de pouvoir et leur historicité. Il s’agit alors d’inscrire l’analyse des pouvoirs et de l’État dans la problématique plus large du politique, celle des relations de domination (entre les sexes, les genres et les générations, les « riches » et les « pauvres », les « autochtones » et les « étrangers », les Blancs, les Noirs et les Métis, les « développés » et les « développeurs », etc.) que légitiment ou contestent les croyances et les représentations plurielles de l’inégalité.

Axe 4 : Ressources

Dans un contexte où la disponibilité et la diversité des ressources en Afrique sont l’objet de tensions accrues, cet axe propose de mener des réflexions sur la production et la gestion des ressources, prises ici au sens large, tant physiques (foncières, minières, énergétiques, alimentaires, travail, eau, etc.) qu’immatérielles (savoirs, connaissances, langage, arts, etc.).

Ces tensions, qui se manifestent à des échelles différentes, questionnent les modes de régulation, les rapports de force et les inégalités économiques liés au traitement des ressources. Cet axe propose ainsi d’apporter des éclairages sur les processus de changements passés et actuels dans la production et la gestion des ressources, lesquelles peuvent être considérées au sein des territoires et des espaces (qu’ils soient profanes ou sacrés, publics ou privés, touristiques ou patrimoniaux, etc.) où s’observent des configurations sociales et écologiques spécifiques. Une attention particulière peut, par exemple, être portée sur les recompositions des pratiques et des représentations sociales et culturelles eu égard à l’exploitation des ressources dans un lieu donné, à l’instar d’une mine, d’un lieu sacré ou encore d’un village transformé en site touristique.

Dans cette optique, il importe de dépasser – sans toutefois ignorer – les dichotomies classiques ayant trait à la production et à la gestion des ressources (individu/groupe, hérité/construit, local/global, rural/urbain, État/marché, adoption/résistance, tourisme/sacré, etc.) pour mieux appréhender la complexification des arrangements sociaux, économiques et politiques entre acteurs pour l’accès et l’utilisation des ressources.

Dépendamment des contextes et des échelles concernés, l’enjeu est aussi de comprendre dans quelle mesure ces changements dans la production et la gestion des ressources s’inscrivent dans une continuité historique ou, au contraire, sont facteurs de rupture. Plus précisément, comment ces changements invitent-ils à réinterroger les rapports qui se nouent entre les différentes formes de propriété (religieuse, « coutumière », légale, publique, etc.), entre les processus de décision et les modalités de redistribution des fruits de l’exploitation ? Enfin, dans quelle mesure ces transformations sont-elles soutenables pour les futurs des sociétés africaines ?

Axe 5 : Construction des savoirs

Les origines de la construction des savoirs en études africaines peuvent être rapportées, en France, au début du XXe siècle et à l’organisation de la mission Dakar-Djibouti. Par le personnel qu’elle a convoqué et par son mode d’organisation, celle-ci a associé de nombreuses perspectives, allant de l’ethnologie à la littérature, de la musicologie à la botanique en passant par une démarche muséographique de collecte. Le tournant réflexif en anthropologie et les postcolonial studies ont conduit à une dévalorisation de ces premiers travaux « africanistes » issus des institutions coloniales et missionnaires, mais elle ont également donné lieu à une prise de distance vis-à-vis de la démarche pluridisciplinaire et collectionneuse qu’incarne la mission Dakar-Djibouti. Cette remise en cause va de pair avec une spécialisation disciplinaire croissante et un retour critique sur les matériaux collectés. Cet axe vise d’abord à saisir la spécificité de la démarche de production d’un savoir multidisciplinaire à travers les grandes figures historiques de « l’africanisme ». Il s’ouvre, ensuite, à une réflexion sur la structuration actuelle du champ des études africaines, en interrogeant les conséquences de la spécialisation des chercheurs héritiers de « l’africanisme », la séparation opérée entre les études sur l’Afrique subsaharienne, l’Afrique du Nord et la Caraïbe, la prépondérance de certaines disciplines dans la recherche et les modalités de contact entre elles, dans un esprit qui nous semble caractéristique de l’organisation de ces JCEA. L’exigence épistémologique de cet axe pourra, en outre, permettre de revenir sur des questions méthodologiques récurrentes : ainsi sur les contacts universitaires entre Nord et Sud, la place des « langues africaines » dans la recherche ou encore les enjeux de l’oralité en tant que véhicule du savoir en Afrique. Pourront également être abordées la question de la création artistique et celle des expositions muséales. Comment et où exposer aujourd’hui les « matériaux » du premier africanisme ? De quelle manière l’archive est-elle intégrée dans la création littéraire, cinématographique et artistique ? Comment penser les éventuelles porosités entre savoir et création ?

Liens

Les rencontres de 2018 : https://jcea2018.sciencesconf.org

Le Site des JCEA: https://jcea.hypotheses.org

 

 

 

 

Appel à panels : Afriques enchantées, Afriques en chantiers

Les 5èmes Rencontres Scientifiques des Études Africaines en France se tiendront du  9 au 12 juillet 2018 à Marseille, sur le site Saint Charles d’Aix Marseille Université.

Soutenues par le GIS Afrique, elles sont organisées par les équipes travaillant sur l’Afrique des laboratoires suivants : Laboratoire Population – Environnement – Développement (LPED) Unité de Recherches Migrations et Sociétés (URMIS), Institut des mondes africains (IMAF), Centre Norbert Elias, Centre Interdisciplinaire d’Étude des Littératures d’Aix-Marseille (CIELAM), Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM). Comme les quatre précédentes, ces 5es Rencontres visent à donner une visibilité aux recherches sur l’Afrique en devenir. Il s’agit aussi de faire connaitre nos objets de recherches et nos thématiques aux étudiants inscrits en Licence ou en CPGE afin de les inciter à s’orienter vers nos champs de recherche africains. Pour les contributions, les REAF 2018 sont ouvertes à tous, tout particulièrement aux doctorants et jeunes docteurs.

Pour la première fois, se dérouleront dans le même temps et sur le même lieu, les REAF et les « Rencontres des Jeunes Chercheurs en Études Africaines » : Les Afriques en débat – JCEA 2018

Préambule

Le continent africain, avec plus d’un milliard d’habitants, sa jeunesse, l’importance de ses ressources naturelles, les grands aménagements qui s’y multiplient et la modernisation qui s’y accélère est souvent associé, dans les médias, aux nouveaux miracles économiques, aux innovations sociales, artistiques et culturelles.

Les politiques économiques et sociales déployées dans les mondes africains viennent rencontrer des enjeux locaux de valorisation et de préservation des pratiques culturelles comme des ressources naturelles alimentant tour à tour afro-pessimisme et afro-optimisme, enchantement et désenchantement, mythologies d’une africanité rimant avec authenticité et d’un développement économique rimant avec modernisation.

La capacité de résistance, de transformation et de résilience des sociétés africaines face aux dominations, aux violences et aux crises, interroge et fascine. Énergie des individus, dynamisme supposé des solidarités, communautés et familles, héroïsme au quotidien des femmes et des plus démunis, élan des mouvements sociaux, créativité religieuse, amplification des circulations licites et illicites, sont mis en avant comme des atouts propres à ce continent. Les versants plus sombres de ces dynamiques interpellent également : prosélytismes et radicalismes armés sur des bases religieuses, culturelles ou communautaires, mobilisation de la sorcellerie dans le champ des concurrences ou des conflictualités  sociales.

Ces illusions, projections, fantasmes et stéréotypes qui collent aux dynamiques plurielles du continent africain sont tenaces, et fondent en partie l’attraction et la séduction exercées par ce continent. Cependant les termes mêmes de domination, de tragédies mais aussi de résistances, d’indocilité ou de résilience, si souvent appliqués au continent africain, risquent d’éluder les rapports historiques, économiques, politiques et sociaux qui s’y jouent.

Les 5e Rencontres scientifiques des Études Africaines en France proposent de revenir sur les mécanismes de construction, de diffusion et d’instrumentalisation de ces représentations. Comment se sont-elles construites ? Comment, dans l’histoire du continent, l’enchantement et ces désenchantements ont-t-ils été fondateurs de multiples formes de convoitises et de dominations ? Qu’en est-il des formes « prolongées » de mises en dépendance héritées d’un passé lointain? Comment sont-elles entretenues ? Les mémoires et les pratiques anciennes ne se prolongent pas seulement dans le présent, et elles devront faire l’objet d’une interrogation en tant que telles. En quoi l’enchantement et ces désenchantements animent-ils des actions politiques nationales et internationales, mais aussi des discours littéraires, politiques, scientifiques et des mobilisations populaires ?

Des ateliers portant sur des thématiques ou des orientations nouvelles de la recherche sur les Afriques, présentant des regards renouvelés sur des objets récurrents, ou mettant l’accent sur des développements récents de la recherche ou des thèmes comparatistes sont attendus. Des ateliers pluridisciplinaires ou interdisciplinaires sont également sollicités. Ils pourront mettre en avant  les thèmes suivants :

Axe 1 : Les chantiers de l’enchantement

Des “objectifs du millénaire” aux “objectifs de développement durable”, les liens entre programmatique internationale,  enjeux nationaux et réalités socio-économiques sont réinterrogés. L’enchantement et les désenchantements suscités par la production des chiffres du développement sont au cœur des débats. Dans quelles conditions ces projets sont-ils déployés ? Comment ces productions chiffrées sont-elles utilisées pour justifier l’action politique nationale et internationale ?

À une autre échelle, la révolution technologique longtemps espérée s’amorce. Les capitales africaines sont en chantier. Ces grands projets riment aussi avec dégradation de l’environnement, déplacement de populations, suppression des activités génératrices de revenus sans qu’aucun programme de substitution ne soit élaboré. Parallèlement, de nouveaux réseaux d’économies alternatives et solidaires sont très visibles et présents sur le terrain : quel est le bilan de leurs activités ? Quels sont les enjeux de l’émergence de ce qui apparaît  comme un eldorado vert ?

Qu’en est-il des grands chantiers coloniaux et des constructions (étatiques, architecturales, intellectuelles) précoloniales ?  Leur contenu intrinsèque de violence, d’oppression, de division aux effets durables seront documentés et discutés.

La créativité culturelle et artistique du continent, et son attractivité touristique, font tout autant objet d’enchantement que d’un « business » dépendant de marchés, mécénats et financements exogènes. L’Afrique est un terreau pour la « world music » cosmopolite quand la plupart des artistes africains vit quotidiennement dans une grande précarité économique.

La réflexion au sein de cet axe portera prioritairement sur les thèmes suivants :

  • L’enchantement des chiffres et des objectifs internationaux
  • Les grands chantiers d’aménagement : un mirage ?
  • Révolution numérique, réseaux sociaux et mouvements des nouvelles économies solidaires
  • Des transmutations et innovations des champs ethnique et religieux à la profusion des  prosélytismes
  • Artistes, écrivains et œuvres africains sur les scènes mondiales

Axe 2 : Une nature enchantée, des patrimoines menacés, une agriculture questionnée 

Les effets de l’urbanisation, de l’installation des sites miniers, des changements climatiques et environnementaux paraissent comme autant de menaces pour la biodiversité, les espaces naturels mais aussi pour la réalisation d’une auto suffisance alimentaire pérenne comme d’une agriculture familiale durable. La pression anthropique est souvent présentée comme étant menaçante pour la préservation de l’environnement pourtant les conditions d’exploitations techniques et économiques des paysans africains (difficile accès au crédit et à l’investissement, manque de soutiens publics) sont plus rarement évoqués comme étant une entrave majeure à l’optimisation d’une production agricole permettant la préservation de l’environnement. Quand elles le sont, c’est surtout dans l’objectif de légitimer des investissements et modes de production changeant radicalement les structures agraires. Ici sera particulièrement mise en débat la capacité des paysans africains à faire face, à partir de leurs savoirs vernaculaires et de leur accès à l’innovation, aux effets des changements climatiques et environnementaux locaux et globaux.

La nature autrefois représentée et investie communautairement et spirituellement apparaît aujourd’hui menacée par la marchandisation et la spoliation de ces ressources naturelles et culturelles. Les enjeux de la biodiversité, des politiques de patrimonialisation ou la défense des territoires et les mobilisations du sacré, seront interrogés ici.

La réflexion au sein de cet axe portera prioritairement sur les thèmes suivants :

  • Faits et méfaits de l’urbanisation
  • Nouveaux mondes ruraux
  • Agriculture familiale versus agro-business
  • Les mines entre mirage économique et spoliation
  • Ressources naturelles patrimonialisées, menacées et marchandisées

Axe 3 : Désenchantements, migrations et nouvelles solidarités

Les sociétés du continent africain sont perçues comme développant des solidarités tout à la fois fortes et résistantes face à des changements rapides. Qu’elle s’opère au sein des familles ou entre groupes spécifiques (tontines féminines, grin, chaînes économiques entre grands commerçants, diasporas), l’entraide apparaît comme un marqueur des relations sociales qui se déploient sur le continent.

Ces questions méritent d’être revisitées au regard des nouvelles formes de résidence, mais aussi des nouvelles contraintes économiques qui pèsent sur les individus pour accéder aux soins ou à l’éducation. Qui sont les laissés-pour-compte tant de ces espaces urbains, ruraux et péri-urbains ?

Interroger les capacités de résilience impose également de questionner les nouvelles formes familiales qui se dessinent sur le continent. Pluralité des normes familiales, nouvelles formes de parentalité, de conjugalité et d’alliance seront interrogées au regard des aspirations des individus comme des contraintes socio-économiques. Formes familiales transnationales et parfois transcontinentales contribuent à redessiner les contours de la mondialisation.

Traditionnellement espace de mobilité et de circulation, le continent africain est devenu pour nombre de jeunes en quête d’une vie meilleure, un territoire de l’enfermement. Les tentatives périlleuses de franchissement des frontières de l’Europe témoignent à la fois du désenchantement des jeunesses d’Afrique, de leur dynamisme pour transformer les perspectives d’avenir mais aussi des résistances qu’ils opposent à la dépossession des ressources économiques.

Contribuant à l’amplification des circulations à l’intérieur du continent, ces nouvelles formes migratoires sont rythmées par des temporalités propres et sous-tendues par des ethos migratoires spécifiques. Dans quelle mesure les situations d’incertitude et d’étirement indéfini du temps de l’exil qui caractérisent ces mobilités contribuent-elles à distendre les liens familiaux et les attaches locales ? Dans quelle mesure les formes réticulaires des liens sociaux et les rencontres cosmopolites propres aux itinéraires de l’errance fournissent-elles des opportunités de s’insérer dans des réseaux d’activité licite ou illicite au niveau du continent ? Comment ces nouvelles mobilités s’articulent-elles avec les formes plus anciennes mais toujours vivaces des mobilités religieuses, des circuits commerçants et des déplacements de travail dans les espaces régionaux ?

La réflexion au sein de cet axe portera prioritairement sur les thèmes suivants :

  • Recomposition des États et de la délivrance des services publics
  • Migrations et mobilités
  • Jeunesse et  mouvements sociaux
  • Mutations des familles et recomposition des solidarités
  • Nouvelles élites et émergences des sociétés métisses
  • Réseaux d’activisme artistique

 Consignes :

– Le dépôt de la proposition de panel se fait en ligne sur le site : https://reaf2018.sciencesconf.org

– Un résumé de 500 mots maximum présentant le panel

– Choix d’une thématique unique pour « classer » la  proposition

– Le texte de 500 mots maximum sera soumis à deux évaluateurs. Ce texte est à rédiger directement sur le site. Il n’est pas nécessaire d’inclure la liste des références bibliographiques citées dans le texte.

Calendrier                     

1 / Les propositions de panel sont attendues pour le 8 janvier 2018. 

2 / Validation des propositions de panel par le comité scientifique pour le 30 janvier 2018.

3 / Mise en ligne de la liste des panels le 1er février 2018

4 / Date limite de soumission des communications individuelles pour le 28 février 2018

5 / Composition de leur atelier par les coordinateurs de panel et dépôt en ligne  le 13 mars 2018 .

6 / Validation  des ateliers complets par le Conseil Scientifique avant  le 23 mars

7 / Mise en ligne de la liste et de la composition finale des ateliers le 24 mars 

 Si vous êtes chercheurs, enseignants-chercheurs ou IT, n’oubliez pas de vous inscrire dans l’annuaire du GIS Études africaines en France : http://etudes-africaines.cnrs.fr/annuaires-des-chercheurs/