Archives de catégorie : Carnets de la recherche

ANR EInSA 2017-06-15 15:57:31

De l’imaginaire sorcellaire à la « chasse aux sorcières »

Comment expliquer la recrudescence des accusations en sorcellerie ces dernières années et les violences qui en découlent souvent? Comment les systèmes judiciaires prennent en charge ces affaires, comment peuvent cohabiter justice coutumière et justice pénale ? CulturesMonde par Florian Delorme le 15 juin 2017 – France Culture

La République centrafricaine traverse, depuis 2012, une crise politico-militaire, mais aussi économique et sociale, le pays est pris au piège dans un cycle de violences duquel il peine à sortir. Pour preuve, le mois dernier encore, un massacre visant les populations de Bangassou faisait plus de 100 morts. Dans ce climat d’insécurité, prolifèrent d’autres chaines de violences et notamment des affaires en sorcellerie qui conduisent au soupçon, à la rumeur, à l’accusation publique jusqu’au meurtre et au lynchage parfois, des affaires qui ont pris ces dernières années une ampleur spectaculaire.

Comment comprendre leur recrudescence ? Qui produit ces accusations ? Et qui est visé ? Comment les autorités, et notamment le système judiciaire, prend-il en charge ces affaires ? Quel poids de la période coloniale dans la construction de cet imaginaire sorcellaire, de ces représentations de la sorcellerie ? Et d’ailleurs : qu’est-ce qu’un fait de « sorcellerie » ?

59min

Intervenants

  • Andrea Mayneri Ceriana : Anthropologue, membre de l’Institut des Mondes Africains
  • Gervais Ngovon : Ancien procureur de la république à Bangui (Centrafrique), juriste auprès de la CEMAC (Communauté économique des états d’Afrique centrale)
  • Virginie Degorge : Psychologue clinicienne, docteure en psychopathologie de l’Université Paris 7-Diderot, rattachée au centre de recherche en psychanalyse et médecine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Journée d’études « Prophétologies musulmanes : discours et représentations »

 

 

On July, the 4th, Prof. Stefan Reichmuth (University of Bochum),  Prof. Denis Gril (University of Aix-Marseille) and Dr. Francesco Chiabotti (INALCO, Paris) will participate to a workshop on Islamic Prophetology, organized and coordinate by Dr. Anne-Sylvie Boisliveau (University of Strasbourg). The program of the workshop can be downloaded here.

Journée d’étude : Politique, croyances et conflits en Afrique Centrale

Politique, croyances et conflits en Afrique Centrale, Libreville, 9 juin 2017

La communauté des chercheurs en sciences sociales s’interroge moins sur le triptyque « Politique, croyances et conflits » en Afrique subsaharienne. Il résulte de ce déséquilibre une limite ouvrant la voie à un fort potentiel de recherche dans les années à venir. De nombreux travaux traitent de manière séparée la politique et les croyances comme source de conflits en Afrique. La littérature existante provient essentiellement de sources institutionnelles et circule sous la forme de travaux d’expertises rédigés en réponse aux commandes des agences d’aides internationales – bailleurs de fonds et ONG (UNESCO, 2005).

Le vendredi 9 juin 2017
9h00 - 17h30
Salle Licence 1 Anthropologie
(Pôle préfabriqué), FLSH/UOB

PROGRAMME

  • 8h30 : Installation
  • 9h – 9h15 : Mot du Vice- Doyen de la FLSH, chargé de la Recherche
  • 9h15 – 9h30 : Présentation de la journée d’étude (Maixant Mebiame Zomo, LABAN)
  • 9h30 – 10h15 : Leçon inaugurale (Joseph TONDA)
  • 10h 15 – 11h : Pause café

PANEL 1 : Politique et conflits

Modérateur : Placide ONDO (Sociologue, UOB)

  • 11h – 11h15 : Les figures du conflit (Alain BOUSSOUGOU, Anthropologue, LABAN)
  • 11h15 – 11h30 : Stigmates comme violence de l’imaginaire : cas des personnes vivant avec le VIH/SIDA (Fabrice ZANG, doctorant, Anthropologie/LABAN)
  • 11h30 – 11h45 : L’usage de la violence politique par les exilés numériques sur les réseaux sociaux (WhatsApp et Facebook) (Oswald MIHINDOU, doctorant, Anthropologie/LABAN)
  • 11h45 – 12h : L’élection présidentielle au Gabon : entre théâtralisation et violence (Armel OVONO, Anthropologue, LABAN)
  • 12h – 13h : Échanges

 PANEL 2 : Religion, société et conflits

Modérateur : Bertin YANGA NGARY (Sociologue, UOB)

  • 14h30-14h45 : L’exercice de la parentalité comme vecteur de conflits et manifestations de la violence interpersonnelle au Gabon. Un antagonisme entre lois, normes culturelles et pratiques sociales (Ulrich PISSAMA, Anthropologue, LABAN)
  • 14h45-15h00 : Arbres-bornes et représentations sociales à Libreville (Alex TSYTSY, Anthropologue, LABAN)
  • 15h00-15h15 : L’Islam au Gabon, du conflit à la cohésion communautaire (Doris EHAZOUAMBELA, sociologue et anthropologue, IMAF, EHESS)
  • 15h15-15h30 : Conflit intra-religieux au Gabon : cas du Bwete (NDONG OBIANG, doctorant, Anthropologie/LABAN)
  • 15h30-15h45 : Hydropisie et pratiques funéraires chez les Ngyemba du Cameroun : une anthropologie de la gestion d’un type de handicap (Célestin WAGOUM, Anthropologue, LABAN)
  • 15h45-16h00 : L’État et le crime (Dominique ETOUGHE, Philosophe, UOB)
  • 16h00-17h30 : Échanges
  • 17h30 : Fin

 

 

Normes et territorialité entre Orient et Occident : invention, partage et mémoire des espaces sacrés (IXe-XIXe siècle)

Jérusalem, 29-31 mai 2017 Programme Normes et pratiques du religieux entre Orient et Occident École française de Rome, École française d’Athènes, Centre de recherche français à Jérusalem CéSor, CERCEC, Université catholique de Louvain, CRHIA-Université de Nantes On 29-31 May, 2017 Vincent Lemire and Stéphane Ancel (director and member of the core team of Open Jerusalem) will intervene at the conference “Normes et territorialité entre Orient et Occident : invention, partage et mémoire des espaces sacrés (IXe – XXe s.)”. Their presentation will discuss the … Continue reading Normes et territorialité entre Orient et Occident : invention, partage et mémoire des espaces sacrés (IXe-XIXe siècle)

CEDEJ Khartoum offers 2 scholarships for PhD candidates in Social Sciences and Humanities

In the framework of the partnership between the University of Khartoum and the French Centre for Economic, Law and Social Studies in Khartoum (CEDEJ Khartoum), the latter offers two ten-month scholarships for PhD candidates in Social Sciences and Humanities.

Eligibility:

The scholarship is open to candidates in Social Sciences and Humanities: Sociology, Geography, History, Political Science, Anthropology, Economy and Law. Applicants must be registered as PhD candidates at the University of Khartoum. Please do note that this scholarship does not cover the registration fees at the University of Khartoum.

Description:

This scholarship is the result of a partnership between the University of Khartoum and the CEDEJ Khartoum with the aim of supporting PhD candidates in their research activities. Each scholarship is planned for a period of 10 months with a monthly amount of 2,000 SDG. The beneficiaries shall become Associate PhD students of the CEDEJ Khartoum and shall actively take part into the research programs of CEDEJ, in collaboration with the University of Khartoum. The two successful candidates will have access to the Centre’s library in Khartoum 2. They will present the progress of their research once a year at the occasion of the seminars organized in CEDEJ Khartoum, or at the University of Khartoum.

Proposals with an emphasis on the following research areas are most welcome:

– Migrations within/from/to/through the Horn of Africa

– Political Islam and processes of radicalization

– Urban studies

– Political Economy

Application and Selection

Applicants have to submit a detailed CV, a motivation letter, their PhD research project (5 pages max) and a document certifying their actual registration as PhD student in the University of Khartoum. Application material – in English – shall be sent by email to cedejkhartoum@gmail.com.

Closing date for application: 15th of June 2017.

A panel of preselected candidates will be interviewed in the following weeks by a commission composed of the Dean of the Faculty of Economic and Social Studies of UofK, the Coordinator of CEDEJ Khartoum and members of the Faculty’s Departments. The interview will take place in CEDEJ Khartoum. The scholarships will then start as soon as possible.

Appel à communication : Politique, Croyances et Conflits en Afrique Centrale

Journées d’étude du LABAN, les 8 et 9 juin 2017 libreville gabon

La communauté des chercheurs en sciences sociales s’interroge moins sur le triptyque « Politique, croyances et conflits » en Afrique subsaharienne. Il résulte de ce déséquilibre une limite ouvrant la voie à un fort potentiel de recherche dans les années à venir. De nombreux travaux traitent de manière séparée la politique et les croyances comme source de conflits en Afrique. La littérature existante provient essentiellement de sources institutionnelles et circule sous la forme de travaux d’expertises rédigés en réponse aux commandes des agences d’aides internationales – bailleurs de fonds et ONG (UNESCO, 2005).

La compréhension des conditions d’émergence des conflits, dans leurs contextes spécifiques, peut devenir un précieux outil pour l’élaboration d’initiatives préventives ou des réponses ajustées lorsqu’une situation est en passe de se dégrader. La majorité des conflits survenant sur le continent africain sont des conflits intra-étatiques. Ceux-ci émergent pour une variété de raisons complexes : croyances, politiques, rapports entre ethnies et rapports économiques.

Cependant, d’une manière générale, il est admis que l’avènement de situations conflictuelles est en partie lié aux processus de mutations sociales que connaissent toutes les sociétés (Bowd et Chikwanha, 2010). Les changements sociaux peuvent ainsi conduire à l’émergence de conflits ; les facteurs structurants tels que le changement de régime politique, notamment le passage d’un système monopartite à un modèle pluripartite est un bon exemple de catalyseur de tensions. Dans son acception la plus large, la notion de conflit – entendue comme l’expression d’intérêts opposés entre au moins deux parties[1] – ne renvoie pas nécessairement à un phénomène négatif au départ. Ce qui est en jeu, c’est surtout la manière dont les sociétés répondent aux conflits émergents.

Karl Marx soulignait déjà que tout système humain dynamique est par nature conflictuel, et implique des logiques d’opposition d’intérêts qui se déploient entre les différentes classes sociales. De ce fait, le conflit se présente comme une situation sociale où des acteurs en interdépendance ayant des intérêts soit convergents ou divergents vont s’affronter de façon manifeste ou latente. Le point essentiel réside dans la manière dont ces tensions sont gérées. Par conséquent, le conflit peut jouer un rôle constructif, si son processus de gestion – les processus sociaux et politiques –, fournit des canaux qui favorisent le dialogue, la participation et la négociation. Il devient un  facteur de santé publique, une partie intégrante de toute société saine qui rétabli « l’unité de ce qui a été rompu » (Simmel, 1995).  À l’inverse, le conflit devient destructeur si les canaux de dialogue sont bloqués et que les besoins de base ne sont pas satisfaits, débouchant ainsi sur les ressentiments et la protestation, la répression et la violence (Atérianus, Mebiame Zomo et Tonda, 2016).

Ce sont donc les capacités d’une société à répondre à un conflit qui font la différence et permettent de changer le cours de celui-ci ou d’en déterminer la dynamique. Ainsi, plus une société est traversée par des rapports de domination ou des relations coercitives, plus grande est la probabilité que des conflits structurels émergent. À l’inverse, si les processus sociaux et politiques permettent une gestion négociée des tensions latentes et des facteurs déclencheurs des conflits, un changement et une transformation pacifique de ces conflits peuvent s’ensuivre. Les facteurs déclencheurs des conflits sont spécifiques à chaque contexte. Toutefois, des caractéristiques communes peuvent être tirées de l’examen de plusieurs conflits intra-étatiques.

Par conséquent, au moins quatre catalyseurs de conflits peuvent être retenus dans le cadre de cette rencontre. Il ne s’agit pas de définir ici les racines majeures des conflits. Les sources des conflits couvrent en effet un large éventail de facteurs, il s’agit tout au plus de pointer les conditions particulières les plus susceptibles d’entraîner un conflit social, économique et politique à la confrontation violente soutenue. La question du conflit sera analysée à travers les axes ci-après :

  • Les griefs politiques, économiques et sociaux majeurs;
  • La concurrence et les conflits entre groupes (identité) ;
  • Les croyances et violation des droits humaines (crimes, assassinats) ;
  • L’absence supposée de voies efficaces pour la résolution non violente des conflits (démocratie).

Les titres et résumés de communication (maximum 500 mots) sont attendus au plus-tard le 06 mai 2017 au l’adresse suivante : lesjourneesdulaban@gmail.com

[1]  Cette définition du conflit est applicable tant aux individus qu’à des groupes et collectifs (dont les États) et suppose que plus de deux parties peuvent être impliquées dans un conflit.