Archives de catégorie : Carnets de la recherche

CEDEJ Khartoum offers 2 scholarships for PhD candidates in Social Sciences and Humanities

In the framework of the partnership between the University of Khartoum and the French Centre for Economic, Law and Social Studies in Khartoum (CEDEJ Khartoum), the latter offers two ten-month scholarships for PhD candidates in Social Sciences and Humanities.

Eligibility:

The scholarship is open to candidates in Social Sciences and Humanities: Sociology, Geography, History, Political Science, Anthropology, Economy and Law. Applicants must be registered as PhD candidates at the University of Khartoum. Please do note that this scholarship does not cover the registration fees at the University of Khartoum.

Description:

This scholarship is the result of a partnership between the University of Khartoum and the CEDEJ Khartoum with the aim of supporting PhD candidates in their research activities. Each scholarship is planned for a period of 10 months with a monthly amount of 2,000 SDG. The beneficiaries shall become Associate PhD students of the CEDEJ Khartoum and shall actively take part into the research programs of CEDEJ, in collaboration with the University of Khartoum. The two successful candidates will have access to the Centre’s library in Khartoum 2. They will present the progress of their research once a year at the occasion of the seminars organized in CEDEJ Khartoum, or at the University of Khartoum.

Proposals with an emphasis on the following research areas are most welcome:

– Migrations within/from/to/through the Horn of Africa

– Political Islam and processes of radicalization

– Urban studies

– Political Economy

Application and Selection

Applicants have to submit a detailed CV, a motivation letter, their PhD research project (5 pages max) and a document certifying their actual registration as PhD student in the University of Khartoum. Application material – in English – shall be sent by email to cedejkhartoum@gmail.com.

Closing date for application: 15th of June 2017.

A panel of preselected candidates will be interviewed in the following weeks by a commission composed of the Dean of the Faculty of Economic and Social Studies of UofK, the Coordinator of CEDEJ Khartoum and members of the Faculty’s Departments. The interview will take place in CEDEJ Khartoum. The scholarships will then start as soon as possible.

Appel à communication : Politique, Croyances et Conflits en Afrique Centrale

Journées d’étude du LABAN, les 8 et 9 juin 2017 libreville gabon

La communauté des chercheurs en sciences sociales s’interroge moins sur le triptyque « Politique, croyances et conflits » en Afrique subsaharienne. Il résulte de ce déséquilibre une limite ouvrant la voie à un fort potentiel de recherche dans les années à venir. De nombreux travaux traitent de manière séparée la politique et les croyances comme source de conflits en Afrique. La littérature existante provient essentiellement de sources institutionnelles et circule sous la forme de travaux d’expertises rédigés en réponse aux commandes des agences d’aides internationales – bailleurs de fonds et ONG (UNESCO, 2005).

La compréhension des conditions d’émergence des conflits, dans leurs contextes spécifiques, peut devenir un précieux outil pour l’élaboration d’initiatives préventives ou des réponses ajustées lorsqu’une situation est en passe de se dégrader. La majorité des conflits survenant sur le continent africain sont des conflits intra-étatiques. Ceux-ci émergent pour une variété de raisons complexes : croyances, politiques, rapports entre ethnies et rapports économiques.

Cependant, d’une manière générale, il est admis que l’avènement de situations conflictuelles est en partie lié aux processus de mutations sociales que connaissent toutes les sociétés (Bowd et Chikwanha, 2010). Les changements sociaux peuvent ainsi conduire à l’émergence de conflits ; les facteurs structurants tels que le changement de régime politique, notamment le passage d’un système monopartite à un modèle pluripartite est un bon exemple de catalyseur de tensions. Dans son acception la plus large, la notion de conflit – entendue comme l’expression d’intérêts opposés entre au moins deux parties[1] – ne renvoie pas nécessairement à un phénomène négatif au départ. Ce qui est en jeu, c’est surtout la manière dont les sociétés répondent aux conflits émergents.

Karl Marx soulignait déjà que tout système humain dynamique est par nature conflictuel, et implique des logiques d’opposition d’intérêts qui se déploient entre les différentes classes sociales. De ce fait, le conflit se présente comme une situation sociale où des acteurs en interdépendance ayant des intérêts soit convergents ou divergents vont s’affronter de façon manifeste ou latente. Le point essentiel réside dans la manière dont ces tensions sont gérées. Par conséquent, le conflit peut jouer un rôle constructif, si son processus de gestion – les processus sociaux et politiques –, fournit des canaux qui favorisent le dialogue, la participation et la négociation. Il devient un  facteur de santé publique, une partie intégrante de toute société saine qui rétabli « l’unité de ce qui a été rompu » (Simmel, 1995).  À l’inverse, le conflit devient destructeur si les canaux de dialogue sont bloqués et que les besoins de base ne sont pas satisfaits, débouchant ainsi sur les ressentiments et la protestation, la répression et la violence (Atérianus, Mebiame Zomo et Tonda, 2016).

Ce sont donc les capacités d’une société à répondre à un conflit qui font la différence et permettent de changer le cours de celui-ci ou d’en déterminer la dynamique. Ainsi, plus une société est traversée par des rapports de domination ou des relations coercitives, plus grande est la probabilité que des conflits structurels émergent. À l’inverse, si les processus sociaux et politiques permettent une gestion négociée des tensions latentes et des facteurs déclencheurs des conflits, un changement et une transformation pacifique de ces conflits peuvent s’ensuivre. Les facteurs déclencheurs des conflits sont spécifiques à chaque contexte. Toutefois, des caractéristiques communes peuvent être tirées de l’examen de plusieurs conflits intra-étatiques.

Par conséquent, au moins quatre catalyseurs de conflits peuvent être retenus dans le cadre de cette rencontre. Il ne s’agit pas de définir ici les racines majeures des conflits. Les sources des conflits couvrent en effet un large éventail de facteurs, il s’agit tout au plus de pointer les conditions particulières les plus susceptibles d’entraîner un conflit social, économique et politique à la confrontation violente soutenue. La question du conflit sera analysée à travers les axes ci-après :

  • Les griefs politiques, économiques et sociaux majeurs;
  • La concurrence et les conflits entre groupes (identité) ;
  • Les croyances et violation des droits humaines (crimes, assassinats) ;
  • L’absence supposée de voies efficaces pour la résolution non violente des conflits (démocratie).

Les titres et résumés de communication (maximum 500 mots) sont attendus au plus-tard le 06 mai 2017 au l’adresse suivante : lesjourneesdulaban@gmail.com

[1]  Cette définition du conflit est applicable tant aux individus qu’à des groupes et collectifs (dont les États) et suppose que plus de deux parties peuvent être impliquées dans un conflit.

 

Charles Toubin, archéologue et linguiste jurassien

Connaissez-vous Charles Toubin (1820-1891) ? Natif de Salins, ce Franc-Comtois a été l’ami de Courbet et le rédacteur avec Champfleury et Baudelaire du Salut public, éphémère périodique du temps de la révolution de 1848. Il est l’auteur de récits jurassiens, parus d’abord en plusieurs livraisons dans la Revue des deux mondes entre 1854 et 1861 (htm|pdf) avant de faire l’objet d’une publication en un volume en 1869.

Parallèlement il a contribué au débat sur l’emplacement d’Alésia, avec Alesia, Alaise Séquane. Alise en Auxois paru à Besançon en 1857), sa préférence allant à la localité franc-comtoise. A cette production historico-archéologique appartiennent les trois titres suivants, que j’ai trouvé reliés ensemble dans une annexe de la bibliothèque familiale :

Étude sur les champs sacrés de la Gaule et de la Grèce, et en particulier sur celui des Séquanes. Paris : Dumoulin, 1861.

Le Champ sacré des Séquanes, réponse à M. le président Clerc. Paris : Dumoulin ; Besançon : Bulle, 1862. Extrait du Recueil de l’Académie de Besançon.

Du Culte des arbres chez les anciens, étude archéologique. Paris : Dumoulin, 1862.

Voir le compte-rendu de ces ouvrages par Alexandre Tuetey dans Bibliothèque de l’école des chartes, vol. 25 n° 1 (1864), p. 64-67.

Dans les deux premiers, il défend l’idée que la forêt des Moidons sur l’actuelle commune de Molain aurait abrité le mediolan (= lieu sacré central) des Sequanes. Par la suite, il rédigera plusieurs articles parus dans les Mémoires de la Société d’émulation du Jura entre 1869 et 1875 sur les fouilles qu’il a réalisées dans la forêt de Moidons.

« Rapport sur les fouilles faites près des Moidons », Mémoires de la Société d’émulation du Jura,  1869-1870, p. 25-28.

« Nouvelles fouilles dans la forêt des Moidons », Mémoires de la Société d’émulation du Jura, 1874, p. 52-55.

« Fouilles dans les Moidons »,  Mémoires de la Société d’émulation du Jura, 2e série 1er vol. 1875, p. 7-9.

« Fouilles sur le territoire de Cernans, dans la commune de Clucy », Mémoires de la Société d’émulation du Jura, 1880, p. 212-218.

Les recherches linguistiques retiennent son attention

Recherches sur la langue Bellau : argot des peigneurs de chanvre du haut Jura. Besançon, 1868.

Dictionnaire étymologique et explicatif de la langue française et spécialement du langage populaire. Paris, 1886.

Essai sur la dénomination aryenne. Mâcon, 1888.

Essai d’étymologie historique et géographique. Paris, 1892.

 

Jerusalem through the Hebrew Press

Ifpo & IFJ are pleased to invite you to a public lecture by   تقدم محاضرة لـ  Abdul-Hameed Al-Kayyali (Ifpo, Research Associate, Department of Medieval and Modern Arabic Studies / Open Jerusalem) عبد الحميد الكيالي- المعهد الفرنسي للشرق الأدنى- عمّان Hassan Ahmad Hassan (University of Jordan, Faculty of Foreign Languages) حسن أحمد حسن- الجامعة الأردنية- كلية اللغات الأجنبية  القدس نهاية الفترة العثمانية في عيون الصحافة العبرية: مقاربة نقدية Late Ottoman Jerusalem Through the Eyes of the Hebrew Press : A Critical Approach Lecture in Arabic / المحاضرة بالعربية      (في … Continue reading Jerusalem through the Hebrew Press

L’évolution récente de la population turque à l’échelle des départements, d’après les dernières données officielles

À la fin de l’année 2016 la population de la Turquie avoisine les 80 millions d’habitants selon les derniers chiffres fournis fin janvier 2017 par l’Institut Turc des Statistiques1 (TÜİK). À la lumière des données fournies et de leur première cartographie, on voudrait ici juste esquisser quelques remarques relatives à l’évolution très récente (entre 2015 et 2016) de la population à l’échelle des quatre-vingt-un départements.

  1. D’abord, au niveau national, admettons que le plafonnement de la croissance est confirmé. Avec 1,35 % de croissance annuelle la Turquie n’est décidément plus un pays dynamique du point de vue démographique. Cependant – et c’est une des limites de ces statistiques – il faut préciser que la population syrienne2 n’est pas prise en compte par ce recensement3, comme on le voit avec l’exemple du département de Kilis qui affiche une croissance infime (0,1 %) alors même que sa population effective a doublé du fait des immenses camps ouverts pour accueillir les Syriens4. Ou, dans une moindre mesure, avec le département du Hatay5 (Antakya) qui n’affiche qu’1,4 % de croissance alors qu’il compte deux camps importants et de nombreux Syriens hors les camps.
Les camps du Hatay Source : http://bianet.org/bianet/siyaset/174229-multecilerin-sartlari-kotu-hatay-da-herkes-tedirgin

  1. Les départements qui affichent une croissance remarquable, plus de deux fois supérieure à la moyenne nationale, sont rares et tous situés à l’ouest du pays, à l’exception de trois départements du nord-est dont les performances paraissent étranges/suspectes au premier abord (Giresun6, Bayburt7 et Gümüşhane8 ). Tekirdağ et Yalova, tous les deux localisés dans l’aire d’influence d’Istanbul sont les départements caractérisés par la croissance la plus forte, avec respectivement 36,6 % et 36,5 %. Bilecik, Bolu, Bursa, Eskişehir, Kocaeli, Sakarya et Düzce – tous dans la mouvance d’Istanbul – se distinguent aussi par des croissances relativement soutenues.
  2. En contraste, onze départements ont perdu de la population entre 2015 et 2016, tous à l’est du pays à l’exception d’Edirne9 (-0,2 %), marge extrême-occidentale du pays et sorte de glacis frontalier. Les plus touchés sont ceux qui ont été le théâtre de violences extrêmes depuis juillet 2015 : soit Hakkari (- 40,1 %) et Şırnak (-13,1 %) en premier lieu. Le cas de Tunceli (-46,2 %), département de violences endémiques, est à mettre à part puisque ce département, le moins peuplé et le moins dense du pays, perd de la population depuis longtemps. À noter que la dépopulation de ces départements de l’est est d’autant plus frappante que ces mêmes départements ont des indices synthétiques de fécondité encore très supérieurs à la moyenne du pays. C’est donc la dynamique migratoire qui est à incriminer.
  3. Par ailleurs, la croissance des grandes agglomérations urbaines s’est aussi ralentie avec la généralisation du fait urbain et la saturation du cœur de ces aires : 1 % pour Istanbul, 1,43 pour Ankara, 1,3 pour Izmir et 1,7 pour Antalya. Ces valeurs modestes devraient nous conduire à réviser une image désormais fausse de l’évolution de la population des métropoles de Turquie.
  4. En ce qui concerne l’est du pays il est frappant de constater que les évolutions sont très disparates : au nord-est se trouve une couronne de dépopulation prononcée, d’Artvin à Muş ; on a déjà évoqué les cas extrêmes des départements les plus touchés par une dynamique négative. À tous ceux-ci s’opposent des départements comme Gaziantep (21,7 %) ou (Şanlı)Urfa (25,2 %) à la croissance soutenue due à la conjonction d’une dynamique naturelle et d’une dynamique migratoire positives.

Pour conclure, ces résultats – qui traduisent une réaction démographique immédiate aux bouleversements politiques survenus en 2015 – prouvent une fois de plus que la Turquie est bien engagée dans la transition démographique, en dépit de toutes les incitations natalistes de certains de ses dirigeants. Elle est entrée dans le club très occidental des pays où la question du vieillissement de la population est devenue une question de première importance. La politique de fixation/intégration de la population syrienne – globalement beaucoup plus jeune – pourrait à certains égards être considérée comme une réponse à ce défi.

  1. Voir : www.tuik.gov.tr/PdfGetir.do ?id =24638
  2. Cette population comptée à part est désormais qualifiée par les autorités turques de « population jouissant d’un statut provisoire de protection » ; il ne s’agit pas de réfugiés, contrairement à ce que l’on dit trop souvent. Estimée à plus de 2,8 millions à la fin de l’année 2016, elle est composée d’un dixième seulement de populations résidant dans les 24 « centres d’hébergement provisoires » (ou camps) mis en place.
  3. Voir aussi : http://www.dunyabulteni.net/genel/284795/il-il-turkiyedeki-suriyeli-gocmen-haritasi
  4. Voir : http://www.sabah.com.tr/galeri/turkiye/kilisteki-multeci-kampi-ilk-kez-goruntuledi/9 et http://t24.com.tr/haber/suriyeli-sayisinin-yerli-nufusu-gectigi-kiliste-kiralar-patladi,328204
  5. Voir : http://bianet.org/bianet/siyaset/174229-multecilerin-sartlari-kotu-hatay-da-herkes-tedirgin
  6. Voir : http://www.iha.com.tr/haber-giresunun-nufusu-ne-kadar-2017-621499/
  7. Certains considèrent que cette augmentation subite serait liée à des considérations/manipulations électorales ; voir : http://www.sozcu.com.tr/2015/gundem/bayburtta-nufusa-ne-oldu-831691/
  8. Voir : http://www.sondakika.com/haber/haber-gumushane-nin-2016-nufusu-belli-oldu-9215267/
  9. Le département avait subi une notable décroissance de sa population entre 1990 et 2010 (passant de 404 000 à 390 000 durant ces vingt années) ; la légère reprise survenue depuis n’aurait été donc que très provisoire…