Archives de catégorie : Bibliothèques

Le compte rendu de la table-ronde Bibliothèques, archives et ressources numériques du 2ème Congrès du GIS

À l’occasion du Deuxième Congrès du GIS « Moyen-Orient et mondes musulmans » de 2017 une Table-ronde a été organisée par Anne-Cathelineau, responsable de la Bibliothèque Orient – Monde arabe

Avec la participation de :

  • Zouhour Chaabane, chargée du signalement des manuscrits arabes BULAC
  • Jean-Charles Coulon, chargé de recherche CNRS
  • Hassan Moukhlisse, responsable Ressources numériques et valorisation MMSH
  • Pierre Mounier, ingénieur d’études CNRS
  • Muriel Roiland, ingénieure d’études au IRHT, CNRS
  • Michel Tuchscherer, professeur émérite Aix-Marseille Université
  • Mercedes Volait, directrice de recherche au CNRS, directrice du laboratoire InVisu
Cette table-ronde était composée de trois binômes : Ingénieurs d’études ou bibliothécaires / chercheurs ou enseignants-chercheur et a eu pour objectif de présenter les projets numériques en cours et la richesse d’un travail commun sur des fonds d’archives et de manuscrits du Moyen-Orient (collecte, traitement, diffusion, partage, exploitation).

 

Le compte rendu de la table-ronde est désormais en ligne : Compte rendu de la table-ronde « Bibliothèques, archives et ressources numériques »

Fin du livre et bibliothèques de l’avenir selon Octave Uzanne

Dans Les Contes pour les bibliophiles qu’Octave Uzanne et Albert Robida ont publiés en 1895 figure un texte intitulé « La fin du livre« , publié initialement en anglais dans le n° 2 du Scribner’s Magazine du mois d’août 1894. Le narrateur s’y inquiète de l’avenir du livre face aux nouvelles technologies d’alors, à savoir le kinétoscope et le phonographe.  André Lange en donne une bonne présentation sur son site consacré à l’histoire de la télévision.

Si vous souhaitez le lire, vous trouverez sur Wikisource et le Projet Gutenberg, à moins que vous ne préfériez  un vrai livre sur papier. Dans ce cas, je vous renvoie à la réédition parue 2008 aux éditions Manucius dont je vous ai déjà parlé au sujet du Musée de la conversation.

Octave Uzanne est revenu sur le sujet dans un article paru dans la Revue Franco-Allemande, au mois de février de l’année 1901 : « Les bibliothèques de l’avenir. » Voir aussi ici et .

Réouverture de la bibliothèque de l’IMA : 31 mars 2017

Après des travaux de rénovations et de modernisation, la bibliothèque de l’Institut du monde arabe rouvre ses portes le vendredi 31 mars à 13h00. Cette réouverture est marquée par trois jours de festivités (lectures, concerts, ateliers de calligraphie,… ) qui se dérouleront du 31 mars au 2 avril 2017 et dont voici le programme. La bibliothèque sera exceptionnellement ouverte jusqu’à 22h30 le week-end prochain ! Cette réouverture s’accompagne d’une offre enrichie de services aux lecteurs, catalogue (bientôt) en ligne, prêts de tablettes, …et toujours […]

La bibliothèque dans les quartiers populaires

CC Flickr Nozav

CC Flickr Nozav

L’indifférence des habitants des quartiers populaires vis-à-vis des bibliothèques/médiathèques peut sembler un paradoxe. Depuis cinquante ans, les politiques de la culture tentent une démocratisation poussée du savoir et des œuvres littéraires et artistiques, et les bibliothèques, transformées en médiathèques, incarnent le fer de lance de cette volonté de démocratie culturelle. Or les ouvriers et les jeunes des quartiers populaires ne se sentent pas concernés par cette offre.

Alors que des architectes et des économistes de la construction s’évertuent à implanter dans les quartiers de relégation et les banlieues des chefs-d’œuvre de style contemporain et design, élancé et aérien, lumineux et quasiment luxueux à l’intérieur, alors que les budgets de construction, puis de fonctionnement se chiffrent à plusieurs millions, ni le verre, le bois, l’acier ou le béton, ni les collections et les ordinateurs ne captent l’attention des classes populaires. Comment expliquer cette absence de réception ?

Le rapport à l’écrit des classes populaires

Depuis 1996, je me consacre au rapport à la lecture des populations qui n’utilisent pas l’écrit dans leur quotidien, que ce soit pour le travail, pour leurs tâches domestiques ou pour le plaisir et la curiosité. J’ai commencé mes enquêtes de terrain auprès de femmes ouvrières dans une usine de conditionnement de cailles de la région grenobloise où la « menace d’illettrisme » avait semé la panique : les normes d’hygiène requérant la lecture rigoureuse des consignes de procédure de lavage et de conditionnement sous vide, ainsi que la lecture de la signalétique posaient problème.

Sur le terrain, je me suis aperçue que ces femmes avaient depuis longtemps bricolé des passerelles vers les consignes (reconnaissance des signes, des mots, lecture à voix haute par des collègues, mémorisation des procédures, spatialisation des repères) et les formations de remédiation contre les situations d’illettrisme étaient jugées par elles comme une inutile perte de temps (de leur repos, à la pause déjeuner, ou de sortie du travail, le soir ou le samedi). Les entretiens individuels m’ont fait comprendre que l’écrit (et la lecture tout particulièrement) est un mal nécessaire au travail et qu’il ne peut être pris comme un outil de salut, de progression, d’émancipation parce qu’il impose tout simplement un effort et une condition de contrainte.

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux

La plupart de ces femmes, dotées d’une grande expérience et d’un ensemble peu commun de compétences pratiques, n’avaient ni le temps, ni l’envie, de revivre leur scolarité, souvent vécue dans une grande souffrance silencieuse ; certaines n’écrivaient pas le français, ayant appris autrefois une autre langue maternelle ou scolaire ; d’autres encore avaient oublié le code scriptural et jugeaient la formation à l’écrit comme un retour en arrière inutile. C’est à cette occasion que j’ai commencé à entrevoir le décalage entre ce que le rapport des lettrés (dont je faisais partie) à l’écrit et le rapport particulier de ces ouvrières à l’écrit. On ne parlait ni de la même chose ni des mêmes enjeux.

Vingt ans plus tard, alors que j’ai poursuivi par d’autres voies les enquêtes sur les personnes éloignées de la lecture en Midi-Pyrénées, notamment par une meilleure connaissance des populations rurales et néo-rurales, des habitants des quartiers des banlieues de relégation et des abonnées à France Loisirs, je constate que cette barrière entre les intellectuels et les classes populaires s’est creusée davantage. Lorsqu’il s’agit de qualifier, de catégoriser, de compter et d’intervenir en matière de lecture, les premiers continuent à traiter la lecture comme la voie aboutissant toujours à l’affranchissement des conditions économiquement et socialement les plus pénibles, les seconds voient le monde de l’écrit comme une galère à éviter coûte que coûte. Ni les processus de qualification des « problèmes », ni les catégories d’intervention et encore moins l’identification des « publics cibles » ne sont neutres lorsqu’ils sont menés toujours par les mêmes acteurs : ceux qui détiennent le pouvoir de l’écrit et de la parole légitime.

Ben Hur, 1959, William Wyler

Ben Hur, 1959, William Wyler

Lorsque l’on prend cette indifférence des habitants des quartiers populaires par l’autre bout de la lorgnette, à savoir du point de vue de ceux qui ne se sentent pas concernés par cette « offre de lecture », on comprend mieux.

Quelques conclusions de mes enquêtes

1) Le rapport aux livres et à la lecture s’inscrit dans une sociologie des pratiques culturelles qui montre comment la culture est un champ traversé par des tensions, des frontières et surtout des inégalités. Loin d’uniformiser les pratiques, les politiques de démocratisation et la massification scolaire ont poussé plus loin la distinction par la culture : s’il est vrai que nous lisons un peu tous les jours, ce que nous lisons (presse gratuite, magazine spécialisé, roman, BD) et comment nous lisons (dans le bruit des transports en commun, assis et immobile en bibliothèque, dans le calme et la solitude…) continuent de maintenir éloignés les pratiques et les goûts de la lecture dans les différents milieux sociaux.

CC Pixabay 132369

CC Pixabay 132369

De plus, si les sociologues constatent globalement un relâchement dans l’effort consacré à la lecture-plaisir de temps long, ils enregistrent également un regain de la valeur attribuée par l’école au savoir bien lire, bien écrire et bien parler (Mauger, 1995). En d’autres termes, tandis que les pratiques de lecture de temps long baissent partout et pour tous les supports (journaux, livres, manuels), l’école reconnaît « les siens » par la capacité des élèves (et notamment des collégiens et des lycéens) à résister au relâchement général et à cultiver précisément les contenus et les manières de lire bourgeois et hérités par la famille. Pour les contenus : connaissance de la littérature et compétence à choisir les titres et les auteurs, appréciation des styles et de l’esthétique, la capacité à démêler une offre pléthorique. Pour les manières : solitude élective contre le groupe, lsilence ascétique contre le bruit et la fête, immobilité reflétant la concentration et la contemplation contre l’emprise directe du monde et de la vie (Lahire, 2004). Ces traits distinctifs, désormais de plus en plus rares chez les jeunes, poussent plus loin encore en réalité les frontières et les barrières de classes.

L’absence des classes populaires en bibliothèque impose que l’on quadrille le terrain d’observation aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la bibliothèque afin de comprendre les effets de territoire et de contexte. On ne peut pas voir les régularités et les permanences des inégalités vis-à-vis de la lecture perçue et vécue comme un plaisir ou une ouverture sans découvrir l’angle aveugle des styles de vie populaires et de la place exotique qu’occupe le livre dans les pratiques culturelles populaires (Siblot et al, 2015). D’autant que, pour l’instant, l’école travaille contre la lecture-plaisir menant un silencieux mais incessant travail de sape des peu-dotés en capital culturel envers leur capacité à déchiffrer les codes esthétiques et stylistiques de la grande littérature (Baudelot, Cartier, Détrez, 1999).

2) Désertes, les bibliothèques de quartier populaire ne le sont pas vraiment car les écoles de quartier, les associations et les familles des quartiers aisés y occupent les places que les habitants du quartier ne prennent pas. En revanche, elles sont désertées  par les classes populaires (ouvriers, employés et femmes au foyer et leurs enfants) qui ne la perçoivent pas comme un service à leur disposition. Pourtant, dans d’autres pays, soit plus pauvres, soit plus sensibles à l’accès des classes populaires à la culture, à l’information et aux ressources documentaires, les formes de l’offre se sont progressivement adaptées aux habitudes et aux parcours urbains.

3) Alors que des équipes de bibliothécaires spécialisés sont formées pour les publics dits « difficiles », elles n’accueillent pas de jeunes en situation (économique, scolaire, sociale) défavorisée, ces derniers s’autocensurant et ne considérant pas ce lieu comme une ressource qui leur serait offerte ou proposée. Les jeunes des quartiers populaires ne se sentent sollicités ni par ce que représente la bibliothèque, ni par ce qu’ils s’imaginent être une bibliothèque. Car la plupart d’entre eux n’y a jamais mis les pieds ou, alors, quand ils étaient élèves à l’école primaire. La bibliothèque est associée dans leurs propos aux livres, à l’école et aux devoirs, voire aux femmes bibliothécaires qui se montrent particulièrement rigides envers la jeunesse populaire.

D’ailleurs, même près une première incursion/exploration en bibliothèque, nombreux sont les jeunes et les moins jeunes qui abandonnent : jeunes à la recherche d’un emploi ; pré- adolescents en quête d’un abri qui ne rappelle pas trop l’école ; adolescent-e-s en groupe qui désirent converser, et donc faisant du bruit et dérangeant les « vrais lecteurs » qui sont les seuls vrais publics aux yeux de certains professionnels de la bibliothèque ; migrants en quête de connexion pour parler avec leur famille ou immigrés résidant en France, découragés par la complexité des dispositifs de recherche d’une information ou de classification des livres.

La bibliothèque leur reste hermétique car l’ordre lettré qui la fonde ne fait pas partie du monde populaire, contrairement à d’autres pays où elle s’exporte hors des murs.

4) C’est une question de place : si les livres sont dans les murs, sur les rayonnages, enfouis dans une classification peu-intelligible, alors les classes populaires ne peuvent pas être « dedans » (cf. La tête en friche, film de Jean Becker). La réception de l’offre de la bibliothèque ne peut advenir sans que celle-ci accepte de ne pas penser ses ressources comme destinées à un public de lecteurs/lectrices acculturé à ses codes, familier des choses littéraires, et autonome. L’autonomie littéraire et culturelle est une construction contemporaine qui nie les rapports sociaux et place l’individu seul face à une masse ingérable de ressources, d’informations, d’injonctions.

Lire en bibliothèque présuppose de faire silence, de rester concentré et immobile et surtout de choisir une solitude élective. Or les classes populaires n’ont pas le goût des loisirs solitaires et silencieux. Elles n’ont pas d’affinité particulière pour les lieux où on s’enferme pour écouter de la musique, encore moins pour apprécier un morceau de littérature.

Les adolescents fils d’ouvriers sont les plus nombreux aujourd’hui à définir leur manière emblématique d’être jeune par le fait de ne pas lire. Les rares collégiens garçons que j’ai rencontrés en bibliothèque dans les quartiers populaires sont soit en groupe bruyant et donc poursuivis par les bibliothécaires et vigiles ou médiateurs, soit des garçons solitaires ne pouvant, pour une raison ou une autre, faire partie du groupe. Afin de les attirer dans ses murs, la bibliothèque doit s’intéresser à ce que sont les habitants des quartiers populaires, à leurs styles de vie, à leurs besoins, attentes et usages, à leurs soucis au quotidien. Sans cela, elle restera un univers étrange, trop éloigné des préoccupations réelles et sans doute trop abstrait et épuré. Et pour tout dire, une cathédrale dans un désert.

  • Siblot Y., Cartier M., Coutant I., Masclet O., Renahy N., 2015, Sociologie des classes populaires, Paris : Armand Colin.
  • Baudelot C., Cartier M., Détrez C., 1999, Et pourtant ils lisent…, Paris : Le Seuil.
  • Mauger G., 1995, « Les mondes des jeunes », Sociétés Contemporaines, n°21, 5–14.
  • Lahire B., 2004, La culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi, Paris : La Découverte.
  • Roger M.-S., 2008, La tête en friche, Arles : Éditions du Rouergue. Un film de Jean Becker, sorti en salle en 2010, a été tiré de ce roman.

Crédits image à la Une : CC Flickr Jean-Pierre Dalbéra

 

Journée BULAC : diffuser la science dans un nouveau contexte juridique

Pour la première fois cette année, la BULAC propose le jeudi 1er décembre une journée d’information pour répondre aux questions pratiques  sur le libre accès à l’information scientifique (Open Access). Cette manifestation est conçue pour les enseignants, chercheurs, et doctorants de sciences humaines et sociales dans le champ des études aréales.

Pour en savoir plus et vous inscrire, consultez le site dédié à cette journée.

Présentation de la journée :

Le 9 octobre, la loi pour une République Numérique a été définitivement adoptée. Cette loi autorise les chercheurs à diffuser de façon ouverte les résultats de leurs recherches dans des délais encadrés et parfois inférieurs aux délais imposés par les éditeurs.

Cette loi ouvre des possibilités nouvelles pour la diffusion de la recherche et l’accès aux publications scientifiques ; il est désormais indispensable pour tous les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche d’identifier et d’exploiter les possibilités offertes par l’Open Access pour nourrir et diffuser ses travaux.

La journée se déroulera en deux temps :

–  un partage d’expériences et des discussions autour de la publication en libre accès lors de deux tables rondes qui réuniront des chercheurs, des documentalistes et des juristes autour de la double question de possibilités offertes par l’archive ouverte HAL-SHS et du rôle renouvelé joué par les revues en développant les exemples de titres ayant fait le choix précoce de formes d’accès ouvert.

– des ateliers pratiques animés par des bibliothécaires de la BULAC pour accompagner les chercheurs vers une meilleure appréhension des outils de l’open access,

N’hésitez pas à nous contacter à l’adresse enseignement-recherche[at]bulac.fr si vous souhaitez des informations complémentaires.

Laïcité, ambiguïté, perplexité

En reprenant son titre, je voudrais simplement vous renvoyer un point de vue sur les bibliothèque publiques et les religions publié par Bernard Huchet dans le Bulletin des bibliothèques de France, n° 9,  juillet 2016., p. 104-112. L’article me semble important dans son analyse des origines et des limites de la laïcité à la française. et je pense qu’il peut intéresser d’autres personnes que les personnels de bibliothèques auxquels s’adresse le BBF.

Quelques souvenirs de vacances au Portugal sous le signe du livre

Cet été, avec mon amie et comme des milliers de Français cette année, nous sommes allés au Portugal. Voici quelques souvenirs de vacances, tous liés aux livres, aux bibliothèques et aux librairies. Les autres, je les distillerai petit à petit…

La Livraria Lello & Irmao

Lello1906Des librairies d’abord, et en premier lieu, la Livraria Lello & Irmao, sise 144 rua das Carmelitas à Porto. Cette merveille architecturale inaugurée en 1906 (voir ci-dessus la photographie d’Aurélio da Paz dos Reis) est aujourd’hui très fréquentée par les touristes (cf.  ci-dessous).

Lello1Lello2Il est vrai qu’elle fait partie des plus belles librairies du monde et les images la concernant sont nombreuses sur Internet. En voici une, signée Joana Miranda, qui nous renvoie au thème de la lecture et du lecteur.

Lello3Si vous souhaitez en savoir plus et que l’obstacle linguistique ne vous fait pas peur,  je vous renvoie aux articles en portugais figurant sur les sites et blogs suivants :

A Cidade Surpreendente

Direção-Geral do Património Cultural

Wikipedia (plus complet que celui en français)

Ceci dit, il existe aussi des articles en français, comme celui du blog Bomdia Portugal réalisé par une passionnée de ce pays.

Après la visite de cette institution culturelle portuane, dans la même rue, vous pourrez vous désaltérer à la terrasse d’un café installé dans une ancienne librairie, dont la façade a été conservée.

Librairie-transformee-en-cafeLes librairies d’Óbido

Pour rester dans les changements d’affectation de bâtiments, nous avons vu tout au bout de la rue principale d’Óbidos, charmant village médiéval proche de Nazaré, une librairie installée dans une ancienne église.

Obddos-librairie-eglise1Obidos-librairie-eglise2Obidos-librairie-eglise3Obidos-librairie-eglise4Obidos-librairie-eglise5En revenant en arrière le long de la rue principale, nous sommes également entrés chez un bouquiniste… qui vendait aussi quelques  fruits et légumes (voir tout au fond de la salle sur la photo ci-dessous).Obidos-bouquiniste-primeur

Bouquinistes portugais et culture française

A propos de bouquiniste (alfarabista en portugais), ce n’est pas le premier que nous visitions au Portugal. Voici  une photographie de la vitrine de l’un d’eux, rua dos Flores à Porto, où vous remarquerez des ouvrages en français, en l’occurrence de Voltaire de de Théophile Gauthier.

Porto-bouquiniste

Un peu plus loin dans la même rue, à la Livraria Chaminé da Mota, j’achetais une traduction française d’un ouvrage d’Arthur Koestler, Le Yogi et le Commissaire, parue chez calmann-Lévy en 1954.

Yogi-Koestler1Yogi-Koestler2

 

 

 

 

 

C’est que les livres en langue française ne manquent pas dans les librairies potuguaises, qu’il s’agisse de livres neufs comme à la Livraria Lello…

Lello4… ou de livres d’occasion, comme chez ce bouquiniste installé à la gare routière de Lisbonne.

Lisbonne-bouquiniste

Par ailleurs, on y trouve aussi des traductions en portugais d’ouvrages universitaires français comme le Marx Engels de Jean Bruhat

Bruhat-Marx… ou de séries pour la jeunesse, de Martine, rebaptisée Anita, à  Langelot. N’est-pas une belle preuve de l’influence de la culture française ؟ (ceci est un point d’ironie)

Martine-AnitaLangelotLa Biblioteca Joanina de Coimbra

Pour finir ces souvenirs décousus, je me dois de conclure avec la visite de la magnifique Biblioteca Joanina de Coimbra, ville universitaire fort attachante. Comme c’était interdit, je n’ai pas pu photographier la partie principale, avec ses trois salles en enfilade et leurs galeries successivement noires, rouges et noires. Mais vous  trouverez de nombreuses images sur internet.

En outre, je vous recommande chaudement l’ouvrage bilingue portugais-anglais qui lui est consacré par Paulo Mendes et Carlos Fiolhais. Publié par l’université de Coimbra qui propose aussi sur son site une visite virtuelle, il en est à sa deuxième édition et les photographies sont accessibles en ligne sur le site de Paulo Mendes.

Biblioteca Joanina-livreLors de la visite réelle, certains détails éloignés peuvent échapper au visiteur, surtout quand ce dernier est un peu myope… Je pense notamment aux petites « chinoiseries » peintes sur les galeries.

ChinoiseriesDans l’autre partie de la bibliothèque, située en dessous, dans une salle voûtée, les visiteurs pouvaient de nouveau s’emparer de leurs appareils-photos. Je ne m’en suis pas privé…

Biblioteca-Joanina-salle-vouteeBiblioteca-Joanina-salle-voutee2Biblioteca-Joanina-vieux-livres… et j’ai pu admirer dans une vitrine la traduction d’un ouvrage du jésuite portugais Gabriel de Magalhães, Nouvelle relation de la Chine.

Magalhaes-ChineJe n’en ai malheureusement pas trouvé trace dans Alma Mater, la bibliothèque numérique de l’université de Coimbra, mais je reviendrai prochainement sur ce livre, tant il correspond bien à un de mes thèmes préférés.

Enfin, à titre de curiosité professionnelle pour mes collègues de Tours, je terminerai par une photographie de la salle de lecture de l’actuelle bibliothèque universitaire de Coimbra, Calme et étude : le bonheur…

Coimbra-BU

La bibliographie consacrée à l’art islamique du VIIe au XIXe siècle

Les collections de la bibliothèque sont centrées sur l’art et l’archéologie, des origines à nos jours, principalement en Occident. Cependant on compte plus de 600 ouvrages traitant de l’art islamique, avec notamment : les catalogues de la Nasser D. Khalili collection of Islamic art, les publications de l’Aga Khan Museum, les volumes des collections « Arts and archaeology of the Islamic world » édités chez Brill ou « Constructing the study of Islamic art » chez Ashgate (repris par Routledge) et plusieurs numéros de la collection « Islam » lancée par les Presses de l’université Paris-Sorbonne sous la direction de Jean-Pierre Van Staevel. A celles-ci s’ajoutent des revues vivantes comme Muquarnas : an annual of Islamic art and architecture ou Ars orientalis : the arts of Islam and the East. Ce ne sont là que quelques exemples.

Les collections patrimoniales ne sont pas en reste avec : les dessins et études orientalistes de Jules Bourgoin, des albums photographiques sur la Turquie, la Syrie, la Perse (albums Dieulafoy) et l’Egypte (B. Facchinelli) ainsi que des fonds d’archives concernant l’archéologie de l’Afrique du Nord (Poinssot, P. Salama) et la Syrie (Deschamps, le fonds offrant une prospection intéressante des pays du Levant bien que l’historien soit plus connu pour son étude des châteaux croisés en Terre sainte comme nous l’explique Clément Moussé).

Ce qui vaut à la Bibliothèque de l’INHA de figurer en bonne place dans le « Guide des bibliothèques et médiathèques françaises » établi par le groupement d’intérêt scientifique du CNRS « Moyen-Orient et Mondes musulmans » visant à répertorier les lieux de ressources documentaires pour la recherche sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans.

En raison de cette richesse parfois méconnue, il nous a paru intéressant de faire le point sur les acquisitions relativement récentes de la bibliothèque portant sur l’art islamique du VIIe au XIXe siècle à travers une bibliographie.

Loin d’être exhaustive, la bibliographie proposée prétend simplement offrir un aperçu de ces collections, réunies dans le sillage de l’orientalisme et d’une politique documentaire ouverte sur la variété des pays associés à cette thématique. Les références y sont classées, dans une première partie, par corpus (généralités, muséologie, musées et collections privées, architecture, arts décoratifs…) et dans une seconde partie, par aires géographiques. Cette sélection repose principalement sur une recherche par mots-clés en français et en anglais et sur un recoupement avec les bibliographies établies par la Bibliothèque nationale de France sur « L’art des grandes religions » et « Les arts du Maroc ». Elle se limite volontairement aux ouvrages publiés à partir de l’an 2000.

Encore une fois, loin de vouloir rivaliser avec une bibliographie de chercheur, il s’agit seulement de vous donner envie de parcourir encore davantage notre catalogue et bientôt les rayonnages du libre accès de la nouvelle bibliothèque !

Les bibliothèques et médiathèques françaises

Liste non exhaustive de bibliothèques disposant des fonds
intéressant les études sur les mondes musulmans.

Toutes les bibliothèques sont détaillées dans le
Guide des bibliothèques.

BIBLIOTHÈQUES NATIONALES ET UNIVERSITAIRES
Bibliothèque nationale de France
Bibliothèque universitaire des Langues et civilisations (BULAC)
Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (BIS)
Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC)
Bibliothèque de l’École normale supérieure, Paris
Bibliothèque de la FNSP – Sciences Po Paris
Bibliothèque de Sciences Po Paris – Campus Moyen Orient Méditerranée, Menton
Bibliothèque Diderot de Lyon
Bibliothèque Chevreul, Lyon
Bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée – Jean Pouilloux
Médiathèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH), Aix-en- Provence, Aix-Marseille Université
Bibliothèque universitaire Schuman LSH, Aix-en-Provence, Aix-Marseille Université
Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg
Bibliothèque de l’Université de Toulouse Jean Jaurès
Bibliothèque de l’Université de Rennes 2
Bibliothèques de l’Université de Bordeaux Montaigne
Bibliothèque de l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis

BIBLIOTHÈQUES D’INSTITUTS ET DE CENTRES DE RECHERCHE
Bibliothèque de l’Institut de France, Paris
Bibliothèque de l’Académie des sciences d’outre-mer
Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art
Bibliothèque de Institut des traditions textuelles (Villejuif)
Bibliothèque de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (IRHT)
Bibliothèque de l’Institut de papyrologie de la Sorbonne
Bibliothèque de l’Institut d’études arabes, turques et islamiques, Collège de France, Paris
Bibliothèque de la Société asiatique
Bibliothèque des Sciences religieuses, École pratique des hautes études, EPHE
Bibliothèque de l’Institut de recherches sur Byzance, l’Islam et la Méditerranée au Moyen Âge (IRBIMMA), Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne
Bibliothèque de recherches africaines BRA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Bibliothèque Orient-monde arabe de Paris-III Sorbonne nouvelle
Bibliothèque Henri Massé, Paris-Sorbonne (Paris-IV)
Centre de documentation sur les Arts de l’Islam, Paris-Sorbonne
Bibliothèques de la Maison de l’Asie regroupent en un même lieu la bibliothèque de l’EFEO et de divers centres de recherches (CEIAS, CASE)
Bibliothèque du Saulchoir

BIBLIOTHÈQUES DE CENTRES DE RECHERCHE FRANÇAIS A L’ETRANGER
Bibliothèque de la Casa de Velázquez, Madrid
Médiathèque de l’Institut français du Proche-Orient
Bibliothèque de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO), Le Caire
Bibliothèque du Centre d’études et de documentation économique et juridique CEDEJ, Le Caire
Bibliothèque de l’Institut dominicain d’études orientales (IDEO), Le Caire
Bibliothèque du Centre d’études alexandrines
Bibliothèque du CEFAS, Sanaa
Bibliothèque de l’IRMC, Tunis
Institut des Belles-Lettres arabes (IBLA), Tunis
Bibliothèque du Centre Jacques Berque, Rabat
Bibliothèque de l’IFEA, Istanbul
Bibliothèque de l’IFRI, Téhéran

BIBLIOTHÈQUES D’INSTITUTIONS CULTURELLES ET MUSÉALES
Bibliothèque de l’Institut du monde arabe, Paris
Bibliothèque de l’Alliance Israélite Universelle
BPI Centre Pompidou
Médiathèque du Quai Branly, Paris