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Ce que guérir veut dire

Colloque international de l’amades, 22, 27, 28 ET 29 MAI

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Le colloque  2015  de l’AMADES (Anthropologie Médicale Appliquée au Développement et à la Santé), en collaboration avec le Centre Norbert Élias, se déroulera cette année à Marseille, Ottawa et Dakar les 22, 27, 28 et 29 mai 2015. A travers cet évènement,  nous proposons aux anthropologues – et plus largement aux chercheurs en sciences sociales et aux professionnels de santé – de discuter des enjeux de la guérison dans ses dimensions théoriques, sociales, culturelles, cliniques et historiques.

Les communications s’organiseront autour des thèmes suivants :

    • Ethnographies du guérir
    • Cohérences et dissonances autour de la guérison
    • Épistémologies de la guérison en biomédecine
    • Politiques et normes de la guérison et de l’éradication
    • La guérison comme métaphore
Sandra Fancello et Sariette Batibonak, membres du programme ANR EInSA,
présenteront une communication au colloque de Marseille.

Dates et lieux du colloque:

Marseille : 27-28-29 mai 2015

Ottawa    : 27-28 mai 2015

Dakar      : 22 mai 2015

A Dakar le colloque aura lieu sur le campus IRD-Hann Maristes.

A Marseille le colloque aura lieu au CRDP

31, boulevard d’Athènes
13232 Marseille Cedex 01
T : 04 91 14 13 12
F : 04 91 14 13 00

Cliquer sur l’url suivante pour le plan d’accès:

http://www.cndp.fr/crdp-aix-marseille/spip.php?article6

A Ottawa le colloque aura lieu à la Faculté des sciences sociales (FSS)

Plus d’information sur le site du colloque.

 

Hommage à Bruno Martinelli

journées d’étude : de la transmission des savoir-faire au traitement des affaires:   Le forgeron, le juge et l’ethnologue.

Les 21 et 22 mai 2015 à la MMSH d’Aix-en-Provence

20150114_114949 (2)Bruno Martinelli, professeur d’anthropologie à l’université d’Aix-Marseille et chercheur à l’IMAf, nous a quittés le 12 octobre 2014, la maladie mettant subitement un terme à la présence et à l’œuvre de notre collègue. Bruno Martinelli était un chercheur entrepreneur qui connaissait remarquablement chacun des terrains qu’il a investis et les chantiers de formation qu’il a ouverts (Togo, Burkina Faso, Mali, et plus tard, Centrafrique et Tchad). Refusant de s’enfermer dans l’alternative entre la monographie ethnologique et une anthropologie comparative de survol, il s’efforçait de pratiquer un comparatisme de proximité qui allie le sens aigu de la singularité des sociétés locales et la recherche de ce qui fait la typicité des techniques, des rapports sociaux et des manières de faire. Son entreprise d’investissement de l’étude de la circulation des techniques de la métallurgie du fer en Afrique s’ouvre sur une approche cognitive des voies de la mémorisation visuelle des « yeux curieux » de l’apprenti, des procédés du travail artisanal, d’une mémoire incorporée et de la transmission des savoir-faire, et introduit logiquement à une politique du patrimoine immatériel. L’ethnographie rigoureuse et classique, au meilleur sens du terme, que pratiquait Bruno Martinelli alliait fortement l’épreuve du terrain, la maîtrise des langues vernaculaires, clé incontournable de la compréhension des autres, mais aussi le savoir pratique et technique des matériaux et des outils de l’agriculture aussi bien que les techniques de coiffure (des chaînes opératoires) ou la compréhension des règles de l’amitié et du pardon. C’est aussi en termes de procédures judiciaires, d’enchaînement d’actes ou de système de places qu’il aborda les enjeux des procès de sorcellerie.

Ces journées seront consacrées à l’évocation de l’oeuvre transversale de Bruno Martinelli, autour de collègues, enseignants, jeunes chercheurs invités à venir présenter les aspects de leurs travaux réalisés en collaboration avec Bruno, soit qu’il les a inspirés, soit qu’il les a accompagnés.

 

Programme

Jeudi 21 mai
9h00-12h30
Salle G. Duby

9h : Introduction : Sandra Fancello

9h30-10h30 : Ouverture
Henri Médard (IMAf), Christian Bromberger (Département d’anthropologie), Jacky Bouju (IMAf), Jean-Bruno Ngouflo (Département d’anthropologie de l’Université de Bangui), Séli Djimet (Département d’anthropologie de l’Université de N’Djamena).

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Jeunes femmes mossi, Burkina Faso, 1984 (Photo B. Martinelli)

10h30-12h30 : Communications
(Modération : Sarah Andrieu)
Caroline Robion-Brunner (Univ. Toulouse), Sous le regard de l’anthropologue : apport de Bruno Martinelli aux archéo-métallurgistes ouest-africains.
Pascale Maîzi (Univ. Montpellier), Théories des apprentissages et de la reconnaissance au cœur de la Technologie Culturelle défendue par Bruno Martinelli.
Tatiana Fougal (MNHN, Paris), Bruno Martinelli ethno-technologue : entre l’Université d’Aix-Marseille et le Musée de l’Homme.

Repas à la MMSH

 

 

Jeudi 21 mai
14h30-17h30
Salle G. Duby

(Modération : Henri Médard)

Fabio Viti (Università di Modena e Reggio Emilia), Sous le regard de l’ethnologue : les rapports sociaux d’apprentissage (Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo).
Sarah Andrieu (Univ. Nice) et Anaïs Leblon (Univ. Paris 8), Ethnographier et valoriser les espaces du patrimoine en Afrique.
Pause 10 minutes
Gaetano Ciarcia (Univ. Montpellier), « En attendant l’Unesco », dans la forêt sacrée de Savi (Sud-Bénin)
André Mary (CNRS-EHESS), Institutions du pardon et politiques de la délivrance.

Conclusion

Cocktail

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Bruno Matinelli dans l ‘atelier d’une potière mossi, Burkina Faso, 1984 (Photo Djeneba Martinelli)

Vendredi 22 mai
9h30-13h
salle Paul-Albert Février

(Modération : André Mary)
Sandra Fancello (CNRS-IMAf), Présentation de l’ouvrage Penser la sorcellerie en Afrique (2015)
Andrea Ceriana Mayneri (IMAf), Retour sur dix ans de recherches sur la sorcellerie en Centrafrique (2005-2015) : engagement professionnel, bilan et perspectives futures.
Gervais Ngovon (CEMAC, Département des droits de l’Homme), Les procès de sorcellerie en Centrafrique.

Conclusion des journées

Buffet

Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme 
Institut des Mondes Africains
5 rue du château de l'Horloge 
13094 Aix-en-Provence 

Bus n°8 direction Jas de Bouffan 
arrêt Pablo Picasso.

 

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Logo AMU

 

Images de guerre en Afrique

Dans le cadre du séminaire “Images de la violence et violence des images” 

imagesJeudi 5 mars : Images de guerre en Afrique
Andrea Ceriana Mayneri (IMAf), Violence et « cannibalisme » en Centrafrique.
Marie Miran (EHESS), Les théâtres ivoiriens de la violence armée.
à l'EHESS, 
105 boulevard raspail, 75006 Paris, 
de 13h à 17h, salle 8

Séance ouverte à tous.

Programme complet disponible sur le site de l’EHESS.

Pour toute information, s’adresser aux coordinateurs : Sandra Fancello et Jean-Claude Penrad.

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A paraître : Penser la sorcellerie en Afrique

Penser la sorcellerie en Afrique, Éditions Hermann, mars 2015

Couv.défLa sorcellerie a pris dans l’Afrique contemporaine des formes inédites : enfants sorciers, crimes rituels, vols de sexe, possessions diaboliques. Elle ne renvoie plus à un système organisé de croyances et de pratiques mais plutôt à des imaginaires polymorphes suscités par l’insécurité et l’injustice vécues au quotidien. Les faits de violence associés aux affaires de sorcellerie témoignent d’une profonde dérégulation normative et exigent des enquêtes situées qui interrogent les chaînes du soupçon et de l’accusation. 

Cet ouvrage fait le choix d’une approche ethnographique et comparative des diagnostics sanitaires ou religieux et des qualifications judiciaires de la sorcellerie. Les chercheurs sont interpelés comme les juges et les médecins par les processus de pénalisation, sinon de politisation des affaires de sorcellerie. Comment dans un tel contexte entrer et se faire accepter en tant que chercheur dans les tribunaux, les églises, les familles, les entreprises ? Comment éviter les biais liés à une entrée par le point de vue des victimes ? Comment travailler sur des affaires qualifiées par les médias de « crimes rituels » ? Les affaires, les rumeurs, les procès appellent à penser par cas, en interrogeant les stratégies d’acteurs et le positionnement des institutions face à la sorcellerie.

Sous la direction de Sandra Fancello, avec les contributions de Peter Geschiere, Bruno Martinelli, Julien Bonhomme, André Mary, Maixant Mébiame-Zomo, Andrea Ceriana Mayneri, Jean-Bruno Ngouflo, Sandra Fancello, Bernard Coyault et Bénédicte Meiers.

Sandra Fancello est anthropologue, chargée de recherches au CNRS et membre de l’Institut des Mondes Africains. Coordinatrice du programme « L’État et les institutions face à la sorcellerie dans l’Afrique contemporaine », ses travaux interrogent les représentations sorcellaires et les itinéraires de consultations dans le champ religieux de la guérison en Afrique.

Tables des matières :

Préface
par Peter Geschiere  

Introduction. Penser la sorcellerie en Afrique : 
un défi pour les sciences sociales? 
par Sandra Fancello 

Juger la sorcellerie. Un ethnographe dans l’institution 
judiciaire centrafricaine
par Bruno Martinelli

La sorcellerie à l’ère des médias
par Julien Bonhomme

Épidémie de « crimes rituels » au Gabon. 
Des affaires de sorcellerie au scandale de l’impunité
par André Mary et Maixant Mebiame-Zomo

Une ethnographie des enfants de rues à Bangui 
(Centrafrique)
par Andrea Ceriana Mayneri

Désorceler les machines.La sorcellerie dans l’entreprise 
d’électricité de Centrafrique
par Jean-Bruno Ngouflo

Les acteurs de la lutte anti-sorcellerie. 
Exorcistes et nganga à Bangui et Yaoundé
par Sandra Fancello

La sorcellerie dans la vie d’une Église au Congo. 
Entre déni et contagion
par Bernard Coyault 

« La délivrance, c’est le diplôme ». 
L’ethnologue aux prises avec le Combat Spirituel
par Bénédicte Meiers

Cet ouvrage est publié avec le soutien de l’Agence Nationale de la Recherche dans le cadre du programme “L’État et les institutions face à la sorcellerie dans l’Afrique contemporaine. Violence, justice et droits de l’Homme” (EInSA).

 

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Images et sorcellerie en Afrique

Dans le cadre du séminaire “Images de la violence et violence des images” 

Jeudi 5 février :

André Mary (IIAC), La fabrique en images d’un crime rituel au Gabon

Sandra Fancello (IMAf), Sorcellerie, lynchage et “tradition” sur le Net.

 

à l'EHESS, 
105 boulevard raspail, 75006 Paris, 
de 13h à 17h, salle 1

Séance ouverte à tous. Programme complet disponible sur le site de l’EHESS.

Pour toute information, s’adresser aux coordinateurs : Sandra Fancello et Jean-Claude Penrad

  

6e Conférence européenne des études africaines (appel à communications)

Paris, 8-10 juillet 2015

Mobilisations collectives en Afrique : contestations, résistances et révoltes

Au bord de l’Oubangui le jour de la fête nationale centrafricaine, Bangui, 1er décembre 2012         (S. Fancello)

Les membres du programme EInSA proposent plusieurs panels. L’appel à communications est ouvert jusqu’au 15 janvier 2015. Voir les panels.

Refugees’ and Asylum Seekers’ Experience: Terror of Witchcraft, Cultural Memories, and Bureaucratic Violence

Ceriana Mayneri Andrea / Institut des mondes africains (IMAF) 
Beneduce Roberto / University of Turin

Ce panel voudrait interroger la place de la sorcellerie dans les trajectoires et les récits de réfugiés et de demandeurs d’asile. En Afrique et ailleurs, les représentations de la sorcellerie se sont entremêlées aux ressentiments qui pèsent sur les communautés déplacées et les relations des individus. Devant les institutions du « gouvernement humanitaire », comment des réfugiés peuvent-ils rendre « crédibles » les menaces de la sorcellerie ou amener les preuves des « armes mystiques » qu’ils sentent peser sur eux ? La peur d’être persécuté par les personnes les plus proches émerge souvent dans leurs narrations sous forme de cauchemars ou d’« animaux » habitant leurs corps : pour les demandeurs d’asile, la nécessité de traduire ces images devant les professionnels de l’humanitaire constitue un obstacle supplémentaire dans leur effort visant à remplir les critères d’éligibilité établis par les lois sur la Protection Internationale. Les concepts de « plausibilité » et de « cohérence », au cœur de l’idée d’une narration crédible, insistant sur un modèle d’« Homme rationnel » s’estompent devant ces expressions de l’expérience traumatique et témoignent d’autres formes de moralité. À partir de terrains divers (en Afrique et en Europe) ce panel voudrait interroger la construction politique d’un Sujet Humanitaire et de « régimes de mémoire » à partir d’une interrogation plus fondamentale : comment les réfugiés se souviennent-ils et mettent-ils en récit leurs expériences ?

Proposer une communication>>>

Politique de la délivrance et guerre spirituelle des pentecôtistes en Afrique

Gusman Alessandro / University of Turin (Italy) 
Fancello Sandra / CNRS, IMAf (France)

Avec le succès des églises pentecôtistes et des centres de délivrance, la lutte contre les «forces du mal» est devenue un thème de mobilisation dans l’Afrique contemporaine. Le discours sur l’omniprésence de la sorcellerie dans les sphères de la vie quotidienne, alimenté par le «marché de la guérison», contribue à renforcer l’imaginaire de la persécution par les autres, proches ou lointains, le pentecôtisme constituant une forme paradoxale et alternative de discours sorcellaire. La délivrance pentecôtiste se présente comme une ressource individuelle et collective face à la sorcellerie, puisant sa force dans sa dimension discursive autant que dans la performance rituelle et corporelle. La libération du Mal est devenue également un thème politique récurrent dans les discours des chefs d’État africains (de Gbagbo à Bozizé ou Museveni) qui appellent à « guérir la nation » par une chasse aux sorciers (les migrants, les musulmans, les homosexuels, etc.) et une « guerre spirituelle » qui n’est pas toujours métaphorique. Le discours politique de la mobilisation contre la sorcellerie vise en réalité à masquer de désengagement des États par une rhétorique de la victimisation collective. L’atelier propose une réflexion sur les ressorts de la politique de délivrance du discours pentecôtiste au regard de la situation d’«epistemic anxiety» des sociétés africaines actuelles. L’atelier accueille contributions basées sur des recherches ethnographiques en Afrique ou dans la diaspora.

Proposer une communication>>>

 

 

   

 

Colloque international à Yaoundé (Cameroun) : 9-10 décembre

Le pluralisme (médical, religieux, juridique…) en Afrique
Pluralism – medical, religious, anthropological, legal – in Africa
Le regard d’Eric de Rosny

Eric de Rosny au Cameroun

Plusieurs membres du programme EInSA participent à ce colloque qui se déroulera à l’Université Catholique d’Afrique Centrale, Campus de Nkolbisson à Yaoundé.

Le mardi 9 décembre :

Roberto BENEDUCE (membre du comité d’organisation) donnera une conférence plénière intitulée :

Le théâtre de la guérison : entre images de combat et rédemption du passé ou du désir de soigner

Soigner la maladie, accomplir le miracle de la guérison, tel est le rêve par excellence de tout prophète et de tout pasteur, de tout nganga. Si la maladie et les schèmes de causalité proposés par les experts demandent partout à être expliqués, le processus de « guérison » demande lui aussi d’être éclairci. La question reste toujours la même : faut-il croire pour guérir ou, comme le disent certains, faut-il guérir pour croire ? Éric de Rosny a exploré l’efficacité ainsi que les échecs des traitements rituels, le doute du malade face aux interprétations données par le guérisseur, tout comme l’incertitude du savoir des guérisseurs face aux changements sociaux. Il n’a cessé de répéter que la guérison est une véritable lutte, dont le déroulement nocturne et le vocabulaire martial semblent révéler la vérité obscure : réintégrer la « présence » face à une menace provenant souvent de son propre entourage, combattre un sentiment d’être « agi par les autres » qui semble renvoyer à l’histoire d’une dépossession collective plutôt qu’à telle ou telle maladie. C’est dans cette perspective qu’Éric de Rosny est arrivé à définir le propre d’une culture comme la capacité de soigner et de voir…

Le mercredi 10 décembre :

Sandra FANCELLO donnera une conférence plénière intitulée :

Quête de guérison et itinéraires de consultation dans le champ religieux.

En Afrique, le champ des réponses à la maladie est encore majoritairement couvert par les ressources qu’offrent les thérapies religieuses ou magico-religieuses et suscite de nouvelles interrogations sur la diversité et la pluralité des pratiques de consultation et de guérison. Aujourd’hui, la nouvelle donne que représente l’offre thérapeutique émanant des Églises pentecôtistes et des groupes charismatiques court-circuite aussi bien les recours traditionnels que les services hospitaliers, et propose de nouvelles méthodes de diagnostic que nous analyserons à partir de trois entrées dans le champ religieux de la guérison à Bangui et Yaoundé : les centres de délivrance, les nganga et les prêtres-exorcistes. L’implication progressive des Églises pentecôtistes et de leurs agents dans le diagnostic de la souffrance sociale et familiale incite à s’interroger sur les nouveaux dispositifs faisant appel à l’imaginaire sorcellaire.

Le mercredi 10 décembre :

André MARY donnera une conférence plénière intitulée :

« Travail de Dieu » et sorcellerie : du bon usage de l’ambiguïté.

Le « travail de Dieu » initié par E. de Rosny dès 1957, en collaboration avec R. Bureau, chez les Douala, s’est poursuivi dans un compagnonnage ethnologique impliquant le Bwiti des Fang du Gabon mais aussi le monde des Bëti étudié par P. Laburthe-Tolra, et celui des Evuzok de L. Mallart Guimera. Sa contribution dialogique à une anthropologie des catégories de l’evu (evus, evur, ewusu) interroge les fondements sorcellaires du pouvoir et les ressorts dévorants des relations humaines. L’ethnologie d’implication que pratique E. de Rosny passe surtout par l’auto-analyse du système des places qu’il occupe (prêtre, nganga, avocat) ou qu’on lui assigne (accusé, accusateur, guérisseur), et il pose, à la manière des bwitistes mais aussi des charismatiques, la question éthique de savoir si l’on peut être bon et fort à la fois ? En un mot comme lutter efficacement contre la sorcellerie ?

Le mercredi 10 décembre:

Andrea CERIANA MAYNERI interviendra dans l’atelier “Maladie et guérison” pour une communication intitulée :

Dépossession et sorcellerie : expériences de temps, schème persécutif

En s’inspirant d’une remarque d’Éric de Rosny sur les fragilités qui hantent la trajectoire de maints devin-guérisseurs contemporains (1992 : 52), cette intervention se penche sur la place des usages de la mémoire dans les représentations de la sorcellerie en Afrique équatoriale et en Centrafrique en particulier. Ces représentations expriment non seulement l’expérience douloureuse d’une déconnexion transfrontalière qui sépare les sociétés équatoriales des ressources dont jouiraient des pays voisins ou l’Occident, mais aussi l’expérience déchirante d’une dépossession culturelle qui sépare, d’une part, les usages modernes et néfastes des pouvoirs sorcellaires et, d’autre part, les usages ambivalents et éventuellement socialement constructifs qui étaient l’apanage des ancêtres. Face aux affrontements qui secouent la région centrafricaine, cette expérience du passé mérite d’être réinterrogée dans son rapport au schème persécutif qui soutient la perpétuation de violences meurtrières.

 Télécharger le programme complet

Télécharger les résumés des interventions

      

Images de la violence et violence des images

Séminaire “Mondes Africains” coordonné par Bruno Martinelli, Sandra Fancello et Jean-Claude Penrad, à l’EHESS, Paris (programme à venir)

Le thème de la violence et de son exposition par les images  animées  a été approché l’an passé sous l’angle particulier de la sorcellerie en Afrique, considérée comme l’un des défis à relever par les anthropologues sur le plan des méthodes, sur celui des écritures visuelles relatant une part d’invisible, comme sur celui des questions éthiques. Nous proposons cette année d’étendre notre travail à d’autres expressions de la violence en Afrique, notamment celles, politiques, impliquant des échelles différentes, entre local et global, et des modes de diffusion allant d’usages académiques plus ou moins confidentiels, à des réalisations fictionnelles, en passant par des productions documentaires ou journalistiques largement relayées. Cependant, nous considérons aussi que la production d’un savoir ou plus modestement de récits visuels, sur la violence, participe également  à l’expression d’autres facettes de la violence, perceptibles dans les réceptions diverses auprès des « spectateurs », dans les constructions mémorielles conflictuelles, dans les « effets retour » pour les personnes filmées, ou dans les postures éthiques des réalisateurs, pour ne citer que ces quelques développements. C’est donc autant les pratiques de recherche et de réalisation visuelle que les usages qui en sont faits (ou induits) qui orienteront nos présentations et nos débats.

Séminaire organisé par :

1er jeudi du mois de 13 h à 17 h 
salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris 
du 6 novembre 2014 au 7 mai 2015. 
Les séances des 4 décembre 2014 et 5 février 2015 se dérouleront en salle 1

programme:

Jeudi 6 novembre : 
Cécile Boex, Le collectif Abounaddara face aux médias et aux vidéos amateurs.
Charif Kiwan, La guerre des images : récits cinématographiques contre récits médiatiques

 

Jeudi 4 décembre :

 

Jeudi 5 février : Violence et sorcellerie en Afrique

André Mary (IIAC), La fabrique en images d’un crime rituel au Gabon

Sandra Fancello (IMAf), Sorcellerie, lynchage et “tradition” sur le Net.

 

Jeudi 5 mars :

Andrea Ceriana Mayneri (IMAf), Violence et « cannibalisme » en Centrafrique.

Roberto Beneduce (Université de Turin)

Jeudi 2 avril : salle 1

 

Jeudi 7 mai : Genre, homosexualité et violence en Ouganda

Henri Médard (Aix-Marseille Université) et Florence Brisset (Univ. Paris 1-Sorbonne)

 

Mots-clés : Anthropologie, Cinéma, Ethnicité, Génocides (études des), Histoire, Image, Politique, Post-coloniales (études), Violence, Visuel,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Renseignements : prendre contact avec les enseignants par courriel.

Direction de travaux d’étudiants : sur rendez-vous.

Réception : sur rendez-vous.

Contact : penrad(at)ehess.fr, sandra.fancello(at)mmsh.univ-aix.fr, martinelli(at)mmsh.univ-aix.fr

Visa pour l’Image: Zoom sur les déchirements en Centrafrique

Le festival “Visa pour l’image” accueille deux expositions consacrées à la Centrafrique, signées par les photographes Michaël Zumstein et Pierre Terdjman. L’édition 2014 rend également hommage à Camille Lepage, tuée dans ce pays en mai dernier.

Le photographe franco-suisse Michaël Zumstein est arrivé en Centrafrique en septembre 2013, au moment où les tensions entre les rebelles de la Seleka et les forces anti-balaka étaient sur le point d’éclater. Pour le journal “Le Monde”, il photographie pendant des mois ce conflit, la plongée dans le chaos en décembre, cette violence sans cesse plus cruelle entre chrétiens et musulmans.

Le Français Pierre Terdjman se trouvait aussi à Bangui en décembre 2013. La Centrafrique était encore peu connue. Il se souvient d’une situation humanitaire dramatique, de villages se vidant de leurs habitants terrifiés par les exactions. Et de ce camp de réfugiés qui s’est organisé en quelques jours près de l’aéroport de Bangui.

Comme tous les reporters qui ont couvert la Centrafrique, il a été témoin de cette haine sans discernement, qui a déchiré les communautés musulmanes et chrétiennes, en connaissant parfois des conditions de travail extrêmement dangereuses. Pierre Terdjman admet avoir eu de la chance… Ce ne fut pas le cas de tous.

À 26 ans, Camille Lepage a été tuée en Centrafrique alors qu’elle témoignait, elle aussi. La jeune photographe laisse derrière elle un travail remarquable… Visa pour l’image lui a rendu hommage cette année et remettra un prix portant son nom en 2015.

Lire la suite sur l’Agence Centrafricaine de Presse http://www.lanouvellecentrafrique.info/perpignan-visa-pour-limage-zoom-sur-les-dechirements-en-centrafrique/

 

Centrafrique : le calvaire des réfugiés musulmans au Tchad, au Cameroun et en RDC

http://www.jeuneafrique.com/photos/082014/001082014110012000000bangui.jpgPlus de 500 000 personnes ont été déplacées en raison de la crise centrafricaine, selon Médecins sans frontières (MSF). Dans un rapport alarmant, l’ONG dénonce le désastre humanitaire que subissent les réfugiés musulmans, avant et pendant leur exode dans les pays voisins.

Ils ont été plusieurs milliers de civils à fuir les exactions à Bangui. Certains ont emprunté les convois mis à disposition par l’armée tchadienne. D’autres ont pris la route, pendant des mois, pour rejoindre la frontière camerounaise, tchadienne ou, plus rarement, congolaise. Pour tous, l’exil a été une déchirure psychologique et le trajet, un parcours semé d’embûches.

Dans un rapport alarmant, publié le 16 juillet et intitulé “La valise et le cercueil”, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé une situation humanitaire “catastrophique” pour les réfugiés musulmans centrafricains qui ont fui au Tchad, au Cameroun ou en République démocratique du Congo (RDC).

Entre le 26 mars et le 8 avril 2014, les membres du centre épidémiologique de l’ONG ont mené une enquête de mortalité rétrospective à Sido, au sud du Tchad, auprès de familles qui ont fui le pays voisin, en proie aux violences. Assimilées aux ex-Séléka, les populations musulmanes n’ont pas eu d’autre choix que de prendre la fuite, après l’attaque de Bangui par les milices anti-Balaka en décembre, pour éviter d’être la cible des violences.

Un tiers des réfugiés ont perdu un membre de leur famille

Le rapport de l’organisation dénonce la sous-estimation de la violence. Depuis le début de la crise centrafricaine, aucun rapport n’avait fait état du taux de mortalité lié aux départs des populations. “Nous souhaitions documenter l’exode, explique Mégo Terzian, le président de MSF. Les rapports actuels minimisent les persécutions.”

Près de 3 500 familles, soit plus de 32 000 personnes, ont raconté leur expérience au personnel de MSF. Au total, près de 2 600 personnes sont mortes entre novembre et avril 2014, la plupart d’entre elles avant leur départ vers le Tchad ou pendant leur exode. Un tiers des réfugiés ont perdu au moins un membre de leur famille. La majorité des décès constatés sont dus à l’extrême violence qui a touché avant tout les hommes, mais n’a pas épargné femmes et enfants.

Dans les convois chaotiques, la promiscuité des passagers a entraîné la mort par étouffement de plusieurs nouveau-nés, quand les réfugiés n’étaient pas victimes d’embuscades sur le trajet. Ceux qui ont choisi de s’y rendre à pieds ont dû se cacher dans la brousse pour éviter les attaques et les pillages, et se nourrir de racines.

L’espoir de retrouver un proche

Le Cameroun accueille actuellement plus de 100 000 réfugiés centrafricains qui s’entassent dans les camps et sont dans un état de santé déplorable. Près d’un enfant sur deux souffre de malnutrition. Après avoir marché pendant plusieurs mois, les Centrafricains sont physiquement épuisés mais ils sont nombreux à errer de camp en camp pour tenter de retrouver des membres de leur famille, ce qui ne facilite pas le suivi de certains enfants malnutris. Aujourd’hui, une centaine de réfugiés passent la frontière camerounaise chaque jour.

En sécurité dans les camps, les Centrafricains réfugiés au Tchad doivent, de leur côté, faire face à un nouvel obstacle. Le 10 mai, le gouvernement tchadien a décidé de fermer ses frontières pour des raisons sécuritaires. “Cette mesure a obligé les Centrafricains déjà à bout de forces à marcher davantage, à prendre des risques pour aller se réfugier au Tchad”, explique Jessie Gaffric, coordinatrice de projet de MSF.

Une situation d’urgence

Autre problème : les convois empruntés étaient mis à disposition dans le cadre d’une opération d’évacuation des ressortissants tchadiens en Centrafrique, lancée en décembre 2013. Les Centrafricains qui ont fui Bangui et voyagé dans ces convois sont donc désormais considérés comme des citoyens tchadiens de retour dans leur pays, et non comme des réfugiés.

Lundi 14 juillet, la commission de l’Union européenne a annoncé le lancement d’un fonds fiduciaire pour stabiliser la Centrafrique. Ce fonds, baptisé Békou, qui signifie “espoir” en langue sango, devrait “permettre aux pays voisins de surmonter les conséquences de la crise”. Au Cameroun, au Tchad et en RDC, les organisations humanitaires, elles, espèrent une gestion sur le long terme, pour faire face à la situation d’urgence.

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Emeline Wuilbercq
Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Crise centrafricaine | Centrafrique : le calvaire des réfugiés musulmans au Tchad, au Cameroun et en RDC | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique