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Masculinités et engagements chrétiens, Europe, XIXe-XXIe s.

L’AFHRC relaie l’appel à communications pour le colloque « Qu’est-ce qu’un homme chrétien ? Masculinités et engagements,Europe, du XIXe siècle à nos jours », workshop organisé dans le cadre de l’axe 6 « Genre et Europe » du LabEx EHNE, qui se tiendra à Paris, les 11 et 12 juin 2018.

Quels sont les liens entre construction des masculinités, pratiques religieuses et engagements politiques dans l’espace européen du XIXe siècle à nos jours ? Une attention à l’engagement religieux des hommes pourrait enrichir notre compréhension de la construction des masculinités d’une part, et du politique d’autre part, en tentant de dégager des logiques transnationales. Ces engagements s’inscrivent tout à la fois dans l’espace public et l’espace privé, en portant une attention à la famille, peu étudiée sous cet angle.

Engagements politiques et croyances religieuses au masculin

Dans l’historiographie française, le schéma narratif dominant trace l’histoire d’un recul progressif du religieux au profit du politique à partir des libéralismes nés de la Révolution française (utilisation en histoire du concept de sociologie de « sécularisation »). Dans cette perspective, les travaux ont insisté sur la « féminisation » de la religion en Europe et l’éloignement des hommes de la pratique religieuse (Fouilloux, 1995).

L’histoire politique dresse, quant à elle, le portrait d’un anticléricalisme porté par les hommes soucieux de défendre leur autonomie de pensée et les valeurs démocratiques face à des religions féminisées et contrôlées par des clercs à la masculinité problématique (Healy, 2001). Ce récit n’a pas réellement questionné, avec plus de nuances, le lien entre religion, masculinité et politisation. “L’homme anticlérical” est quelque part devenu un lieu commun peu interrogé (Lalouette, 2001).

Du côté de l’histoire des femmes puis du genre, les travaux se sont intéressés aux modalités de politisation des femmes via l’engagement religieux, réponse à leur exclusion de la sphère du suffrage. La question des hommes liant engagement politique et religieux reste peu traitée, à l’exception peut-être de travaux éclairant les tentatives post-révolutionnaires de conciliation entre religion, modernité politique et masculinité (Harrison, 2014).

Étudier ces questions à l’échelle européenne permettrait de sortir de ces analyses en les confrontant à la diversité des régimes politiques et des situations confessionnelles.  Plusieurs chercheurs ont commencé à s’atteler à ce travail, notamment dans les espaces germanique (Healy 2001, Verhoeven 2008), ibérique (Blasco Herranz 2003, Minguez Blasco 2012), ou encore en Europe du Nord (Werner, 2011). Leurs travaux montrent un lien structurel différencié selon les pays d’Europe entre les identités de genre, nationales et confessionnelles. L’approche comparatiste permettra de confronter les historiographies et de tenter des hypothèses communes.

Pratiques religieuses et définition des masculinités

Considérant comme une évidence la prise de distance des hommes à l’égard de la pratique religieuse, l’historiographie perd souvent de vue que l’on parle principalement du culte dominical. Or, dans les différentes confessions chrétiennes, il ne s’agit que d’une activité religieuse proposée par les Églises parmi un panel bien plus large. D’autres propositions comme les pèlerinages ou les processions sont, par exemple, mixtes. Des engagements de différents types et natures (électoral, syndical, associatif) peuvent aussi être des lieux de défense et d’adhésion des hommes à des idéaux et des valeurs religieuses. Il existe également des dévotions ou des exercices spirituels qui ont pour cadre l’espace privé masculin. Des travaux pionniers commencent par exemple à documenter la participation des hommes à des dévotions domestiques, comme celle au Sacré-Coeur en Belgique (Van Osselaer, 2013).

Plusieurs travaux ont montré que des femmes inscrivent leur engagement politique dans des gestes à valeur spirituelle (Della Sudda, 2007). Quelles pratiques religieuses définissent les hommes qui demeurent croyants ? Cela conduit à interroger ces dernières dans leurs dimensions spirituelles et dévotionnelles mais également dans leur dimension politique. En effet, les acteurs ne dissocient pas nécessairement religion et politique. Une telle réflexion nous pousse également à tracer le continuum qui peut exister entre engagement politique masculin et engagement politique féminin.

Des travaux ont depuis longtemps l’image d’ouvriers détachés de la religion et aujourd’hui l’approche intersectionnelle permet de renouveler les études de genre. Si les classes supérieures valorisent une identité masculine qui passe par une sociabilité particulière, par exemple dans les cercles de charité (Brejon de Lavergnée, 2008) , qu’en est-il dans les autres milieux sociaux ? Que signifie être un homme chrétien quand on est un paysan, un ouvrier, un bourgeois ou un noble ? De même, on peut s’intéresser à ce qui unit les hommes chrétiens au-delà de leurs classes sociales.

Pistes de réflexion

Les participants sont particulièrement invités à réfléchir sur les thèmes suivants, croisant identités masculines, croyances et engagements politiques :

  1. Engagement politique et identité religieuse : Dans plusieurs espaces européens, l’identité nationale revendique une dimension confessionnelle forte. Ainsi, le sujet modèle de l’Empire britannique est anglican tout comme le Prussien est luthérien, à l’inverse du citoyen français teinté d’anticléricalisme. La démocratisation conduit-t-elle nécessairement à une masculinité libre-penseuse et contestataire des autorités religieuses ?  Comment les masculinités se construisent-elles dans les pays où le nationalisme passe par une religion d’État et où, plus généralement, l’appartenance religieuse est compatible avec la participation politique ? À l’inverse, en contexte de régime autoritaire ou totalitaire, la religion peut-elle être davantage investie par les hommes et devenir le support d’un refuge voire d’une résistance ?
  2. Le genre de l’athéisme, de l’agnosticisme ou de l’anticléricalisme : Les formes de distance vis-à-vis des Églises sont nombreuses : refus d’adhésion, fidélité sans croyance, ou combat déclaré contre le clergé. Ces différentes attitudes peuvent être relues grâce au concept de genre, pour intégrer ceux et celles qui les manifestent tout autant que les rhétoriques mobilisées. Les travaux sur la libre-pensée n’ont pas réellement interrogé le caractère genré de l’anticléricalisme. La virulence du discours et de la politique anticléricale renouvellent-elles en retour les processus d’identification des hommes ?
  3. Masculinités laïques et religieuses en guerre : les guerres et conflits militaires ouvrent des temps de crise propices à la reconfiguration des liens entre identités de genre et appartenance politique. En France, la camaraderie des tranchées crée un entre-soi masculin qui dépasse le clivage entre laïcs et clercs, qui avaient jusqu’ici interdiction de prendre les armes. Dans les guerres civiles et les résistances (guerre civile espagnole), les ministres du culte sont-ils des hommes comme les autres ? Plus généralement, est-ce que l’attachement religieux des hommes est compatible avec la définition du guerrier soumis à la loi martiale ? Le discours religieux peut-il devenir un élément de légitimation du combat ?
  4. Maris et pères chrétiens : Comment les hommes chrétiens se pensent-ils comme père et mari au sein de leur foyer et de la société ? Est-ce un élément secondaire ou essentiel du discours qu’ils tiennent sur eux-mêmes ? Comment le foyer est-il politisé par des engagements publics divers comme par exemple les ligues au tournant des XIXe et XXe siècles ? Dans un contexte valorisant de plus en plus l’espace domestique et familial, notamment par rapport à la vie religieuse, assiste-t-on à une nouvelle définition du rôle du père et du mari au sein du foyer ?
  5. Le genre des émotions, croyances et pratiques religieuses : À l’heure où se développent les approches d’histoire des émotions, il serait pertinent de s’interroger sur le lien entre les types de dévotion dominants et les régimes de genre. Par exemple, les dévotions du XIXe siècle insistent sur la dimension affective du lien à Dieu, fondé sur l’amour et sur la piété mariale : quelle a été la réception de ce modèle chez les hommes ? Comment une forme de dévotion considérée comme “féminine” a-t-elle pu être rejetée ou appropriée, par eux ? Dans quelle mesure le religieux vient-il reconfigurer les normes de la masculinité laïque ?

Calendrier et modalités de soumission :

Le workshop se tiendra à Paris, les 11 et 12 juin 2018. Les communications seront d’une demi-heure et un temps important sera laissé à la discussion. Les propositions de communication, d’une demi-page et évoquant l’approche, la méthodologie et les sources mobilisées, peuvent s’inscrire dans un ou plusieurs axes. Elles doivent être accompagnées d’une courte biographie de l’auteur. Le comité valorisera les travaux de jeunes chercheurs et les recherches inédites, ainsi que l’exploration de nouvelles archives. Les propositions et les communications peuvent être en français ou en anglais.

Les propositions de communication doivent être envoyées simultanément à Anthony Favier (anthony.favier@live.com), Anne Jusseaume (genreeurope@gmail.com) et Caroline Muller (caroline.muller@univ-reims.fr ), pour le 1er mars 2018. Une réponse sera donnée aux participants fin mars.

Comité d’organisation :

Anthony Favier – Laboratoire de Recherche Historique Rhône Alpes (LARHRA)

Anne Jusseaume – LabEx EHNE, UMR Sirice/Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP)

Caroline Muller – LARHRA/Centre de Recherche en Histoire Culturelle (CERHIC)

Comité scientifique :

Matthieu Brejon de Lavergnée (Maître de conférences HDR à Sorbonne Université – Centre d’Histoire du XIXe siècle), Bruno Dumons (Directeur de recherche, CNRS – LARHRA), Julie Le Gac (Maîtresse de conférences à Paris Nanterre, ISP/LabEx EHNE), Manuela Martini (Professeure d’histoire moderne, Université Lyon 2 – LARHRA), Florence Rochefort (Chargée de recherche au CNRS, GSRL – EPHE/CNRS), Régis Schlagdenhauffen (Maître de conférences à l’EHESS – IRIS/LabEx EHNE)

Références citées :

Immaculada BLASCO HERRANZ, Paradojas de la ortodoxia, política de masas y militancia católica femenina en España (1919-1939), Zaragoza, Prensas universitarias, 2003, 433 p.

Matthieu BREJON DE LAVERGNEE, La Société de Saint-Vincent-de-Paul, 1833-1871 : un fleuron du catholicisme social, Paris, le Cerf, 2008, 713 p.

Magali DELLA SUDDA, Une Activité politique féminine conservatrice avant le droit de suffrage en France et en Italie : socio-histoire de la politisation des femmes catholiques au sein de la Ligue patriotique des Françaises (1902-1933) et de l’Unione fra le donne cattoliche d’Italia (1909-1919), thèse d’histoire sous la direction de Laura Lee DOWNS et Lucetta SCARAFFIA, EHESS, Université de la Sapienza (Rome), 2007, 816 p.

Étienne FOUILLOUX, “Femmes et catholicisme dans la France contemporaine”, Clio, Histoire, femmes et sociétés, 2, 1995.

Carol E. HARRISON, Romantic catholics : France’s postrevolutionnary generation in search of a modern faith, Ithaca : Cornell University Press, 2014, 328 p.

Róisín HEALY, “Anti-Jesuitism in Imperial Germany : the Jesuit as Androgyne”, dans Helmut SMITH (éd.), Protestants, Catholics and Jews in Germany, 1800-1914, Oxford, New York, Berg, 2001, p. 153-183.

Jacqueline LALOUETTE, La Libre pensée en France, 1848-1940, Paris, Albin Michel, 2001, 636 p.

Raúl MÍNGUEZ BLASCO, “Monjas, esposas y madres católicas : una panorámica de la feminización de la religión en España a mediados del siglo XIX, Amnis, revue de civilisation contemporaine Europe/Amériques, 11, 2012.

Tine VAN OSSELAER, The Pious sex : Catholic constructions of masculinity and feminity in Belgium, c. 1800-1940, Leuven, University Press, 2013, 271 p.

Timothy VERHOEVEN, “Neither Male nor Female : the Jesuit as Androgyne 1843-1870”, Modern & Contemporary France, 16, 1, février 2008, p. 37-49.

Yvonne Maria WERNER (ed.), Christian masculinity : Men and religion in northern Europe in the 19th and 20th century, KADOC-Studies on Religion, Culture and Society, 8. Leuven University Press, 2011.

Appel en anglais :

What is a Christian Man ?

Commitments and Masculinities in Europe from the Nineteenth Century to the Present

Workshop organized by the research axis 6 ‘Gender and Europe’ of the LabEx EHNE

To take place in Paris, 11th and 12th June 2018.

What are the ties between masculinities, religious practices and political commitments in Europe from the nineteenth century up to the present day ? A close analysis of men’s religious commitments will aid our understanding of both the politics and the construction of masculinities. These commitments take place in both private and public space, while men’s religious role within the family – hitherto little explored by historians – can also provide a new setting for historical analysis of masculine religiosity.

Male Political Commitments and Religious Beliefs

French historiography has emphasized the secularization of society since the French Revolution where politics gained to the disadvantage of religion. It is usually assumed that, as religion in Europe became ‘feminized’, men disengaged from religious practice (Fouilloux, 1995). At the same time, political history has revealed how anticlericalism became a vehicle for men to assert freedom of thought and democratic values in opposition to feminized religions controlled by clergymen with troubled masculinities (Healy, 2001). The ‘anticlerical man’ has become a historiographical commonplace (Lalouette, 2001).

While historians of women and gender have questioned the politicization of women, considering whether religious mobilizations were a response to their exclusion from the political and public sphere, few works have dealt with men’s simultaneous religious and political commitments (e.g. Harrison, 2014). Yet studies of Germany, Spain and Northern Europe have revealed that the configurations of religion, politics and gender vary between countries. Thus, an intersectional approach to masculinities, religion and politics on a European scale will enable us to overcome the limitations and specificities of national approaches.

Religious Practices and Masculinities

Taking for granted that men drifted away from religious practice, historiography often forgets how heavily such assumptions depend on statistics of attendance at Sunday mass. However, Sunday attendance is just one among many religious practices: processions or pilgrimages continued to attract a much more mixed group of participants, while there were also devotions or spiritual practices mainly endorsed by men, such as the Sacred Heart in Belgium (Van Osselaer, 2013). Other political or social commitments could become spaces where men defended religious values and ideas, just as we know that women invested some religious practices with political meaning (Della Sudda, 2007). Are there practices in which Christian men engaged as both religious and political commitments? Such an approach could also shed light on the continuum between male and female political mobilizations.

Historians often portray the working class as highly dechristianized, while the upper classes have a distinct masculinity fostered in charity circles (Brejon de Lavergnée). We would like to mobilize an intersectional approach that incorporates class and gender alongside religion to analyse what it means to be a Christian man as a peasant, a worker, a bourgeois or an aristocrat. To what extent could religion transcend class difference to become something shared and relevant to male identity in general?

Paper proposals could treat one or more of the following issues:

  1. Political commitment and religious identity: in several European countries, religion became an element in the definition of national identity, for example Anglicanism in the British Empire or Lutheranism in Prussia. Consequently, democratization and political participation does not systematically lead to anticlerical masculinities. How are modern masculinities defined in countries where political participation is compatible with religious belonging? On the other hand, in authoritarian or totalitarian regimes, does religion become a particular place where menseek refuge, or a form to resistance?
  2. The gender of atheism, agnosticism and anticlericalism: Distance from the Church runs a wide span, from a simple loss of personal faith through to open war against the clergy. A gendered approach to these attitudes would enrich our understanding of the various forms of estrangement from religious institutions. On the other hand, does the violence of anticlerical discourse strengthen men’s political and religious identity?
  3. Lay and religious masculinities at war: Wars and military conflicts are crisis times prone to define anew gender identities and political belongings. In France, comradeship at the front created a male fraternity that overcame differences between civilians and the clergy who were hitherto forbidden to carry arms. In civil and resistance wars, are clergymen ordinary men among others? Is religious belonging compatible with fighting and military obedience? On the other hand, how can religious discourse legitimate fighting?
  4. Christian husbands and fathers: As home and family became increasingly valued compared to religious orders, how did Christian men consider their role as husbands and fathers? How important are discourses about paternity and marital life in the self-definition of Christian men ? To what extent is home a politicised place at the turn of the twentieth century?
  5. The gender of religious emotions, beliefs and practices: In the wake of history of emotions, we would like to question the relationship between gender and devotional practices. Nineteenth-century religion, more centred on love and marital piety, insists on an affective relationship to God. How did men engage in this kind of piety and devotional practices, mainly considered as ‘feminine’? To what extent does religion create different norms of lay masculinity?

Organisation of the conference

The workshop will be held in Paris on the 11th and 12th June 2018. Presentations should last 30min, and be held in French or English.

How to submit a proposal :

Paper proposals (half a page) including sources and methodological approach, should be sent alongside a short biography to Anthony Favier (anthony.favier@live.com), Anne Jusseaume (genreeurope@gmail.com) and Caroline Muller (caroline.muller@univ-reims.fr ) before 1 March 2018. Candidates will be informed of the scientific committee’s decision by the end of March 2018.

Organising committee

Anthony Favier – Laboratoire de Recherche Historique Rhône Alpes (LARHRA)

Anne Jusseaume – LabEx EHNE, UMR Sirice/Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP)

Caroline Muller – LARHRA/Centre de Recherche en Histoire Culturelle (CERHIC)

Scientific committee

Matthieu Brejon de Lavergnée (Maître de conférences HDR à Sorbonne Université – Centre d’Histoire du XIXe siècle), Bruno Dumons (Directeur de recherche, CNRS – LARHRA), Julie Le Gac (Maîtresse de conférences à Paris Nanterre, ISP/LabEx EHNE), Manuela Martini (Professeure d’histoire moderne, Université Lyon 2 – LARHRA), Florence Rochefort (Chargée de recherche au CNRS, GSRL – EPHE/CNRS), Régis Schlagdenhauffen (Maître de conférences à l’EHESS – IRIS/LabEx EHNE)

Bibliography :

Immaculada BLASCO HERRANZ, Paradojas de la ortodoxia, política de masas y militancia católica femenina en España (1919-1939), Zaragoza, Prensas universitarias, 2003, 433 p.

Matthieu BREJON DE LAVERGNEE, La Société de Saint-Vincent-de-Paul, 1833-1871 : un fleuron du catholicisme social, Paris, le Cerf, 2008, 713 p.

Magali DELLA SUDDA, Une Activité politique féminine conservatrice avant le droit de suffrage en France et en Italie : socio-histoire de la politisation des femmes catholiques au sein de la Ligue patriotique des Françaises (1902-1933) et de l’Unione fra le donne cattoliche d’Italia (1909-1919), thèse d’histoire sous la direction de Laura Lee DOWNS et Lucetta SCARAFFIA, EHESS, Université de la Sapienza (Rome), 2007, 816 p.

Étienne FOUILLOUX, “Femmes et catholicisme dans la France contemporaine”, Clio, Histoire, femmes et sociétés, 2, 1995.

Carol E. HARRISON, Romantic catholics : France’s postrevolutionnary generation in search of a modern faith, Ithaca : Cornell University Press, 2014, 328 p.

Róisín HEALY, “Anti-Jesuitism in Imperial Germany : the Jesuit as Androgyne”, dans Helmut SMITH (éd.), Protestants, Catholics and Jews in Germany, 1800-1914, Oxford, New York, Berg, 2001, p. 153-183.

Jacqueline LALOUETTE, La Libre pensée en France, 1848-1940, Paris, Albin Michel, 2001, 636 p.

Raúl MÍNGUEZ BLASCO, “Monjas, esposas y madres católicas : una panorámica de la feminización de la religión en España a mediados del siglo XIX, Amnis, revue de civilisation contemporaine Europe/Amériques, 11, 2012.

Tine VAN OSSELAER, The Pious sex : Catholic constructions of masculinity and feminity in Belgium, c. 1800-1940, Leuven, University Press, 2013, 271 p.

Timothy VERHOEVEN, “Neither Male nor Female : the Jesuit as Androgyne 1843-1870”, Modern & Contemporary France, 16, 1, février 2008, p. 37-49.

Yvonne Maria WERNER (ed.), Christian masculinity : Men and religion in northern Europe in the 19th and 20th century, KADOC-Studies on Religion, Culture and Society, 8. Leuven University Press, 2011.

Une histoire des Éditions dominicaines du Cerf

L’AFHRC signale la publication du livre d’Étienne Fouilloux (avec la collaboration de Tangi Cavalin et Nathalie Viet-Depaule), Les Éditions dominicaines du Cerf 1918-1965, aux Presses universitaires de Rennes (coll. « Histoire », 2017).

Les Éditions du Cerf comptent dans le paysage éditorial français, et pas seulement dans le domaine de l’édition religieuse. Fondées en 1929 par deux religieux dominicains dans le prolongement du succès de la revue La Vie Spirituelle, elles ont rapidement acquis, par leurs périodiques et par leurs livres, une réputation enviable dans l’aile marchante de l’Église de France : mouvement ecclésiologique (collection « Unam Sanctam » du père Congar) ; mouvement biblique (Bible dite de Jérusalem) ; mouvement patristique (collection « Sources chrétiennes ») ; mouvement liturgique (revue La Maison-Dieu) ; mouvement théologique (collection « Cogitatio Fidei »). Elles ont été ainsi un des vecteurs majeurs en France de l’aggiornamento conciliaire voulu par Jean XXIII. Mais leur histoire n’a pas été un long fleuve tranquille : les Éditions du Cerf ont traversé bien des orages du fait de leurs positions d’ouverture sur les grandes crises du XXe siècle : condamnation par Rome de l’Action française, guerre d’Espagne, Seconde Guerre mondiale, guerre froide ou guerre d’Algérie. C’est ce parcours mouvementé, conjuguant histoire générale et histoire religieuse, que retrace ce livre, rédigé de première main par un universitaire familier de tels événements, avec les archives des provinces dominicaines françaises. Il éclaire tout un pan de l’histoire du catholicisme en France au XXe siècle.

Les cardinaux : une élite romaine, 1775-2015

L’AFHRC signale la publication de l’ouvrage collectif dirigé par François Jankowiak et Laura Pettinaroli,  Les cardinaux entre cour et curie : une élite romaine, 1775-2015, Rome, École française de Rome, Collection de l’École française de Rome N°530, 2017, XV-465 p.

Les cardinaux sont connus du grand public comme des figures prestigieuses des Églises et des sociétés locales. Ils suscitent aussi l’intérêt des médias internationaux par leur rôle, majeur mais toujours mystérieux, dans l’élection du pape. Pourtant, la nature de leur charge et la réalité de leurs fonctions demeurent largement dans l’ombre. Les membres du Sacré Collège composent une élite qui ne ressemble à aucune autre : aristocratique au sens du choix des « meilleurs », et cependant non héréditaire, à fort ancrage local mais aussi très internationalisée, placée à partir des Lumières et de la Révolution face au défi de s’adapter à la modernité.
Cet ouvrage est centré sur les aspects spécifiquement romains de l’activité multiforme des « porporati ». Ceux-ci sont saisis à la fois en tant que corps constitué, sede plena (consistoire) et sede vacante (conclave), qu’individuellement, comme responsables de dicastères de la Curie, acteurs majeurs de la diplomatie vaticane, mais aussi protecteurs de congrégations religieuses, dignitaires de la Cour pontificale et détenteurs d’un « titre » cardinalice symbolisant leur ancrage dans la Ville.
Les vingt-cinq contributions réunies dans ce volume, accompagnées d’une bibliographie et de plusieurs index, sont le fruit d’un programme de recherches interdisciplinaires qui a rassemblé une équipe internationale d’historiens et d’historiens du droit, et qui a été conduit par l’École française de Rome, l’Institut catholique de Paris et l’Université Paris-Sud.
Sommaire
François Jankowiak et Laura Pettinaroli : Les cardinaux à la période contemporaine : nouvelles perspectives de recherche
I. Première partie : Une élite politique : entre métamorphoses de la Cour de Rome et États modernes
DES CARDINAUX DE COURONNE A L’INTERNATIONALISATION DU SACRE COLLEGE
Paolo Cozzo et Andrea Merlotti : Tra lealtà alla Corona e fedeltà a Roma : i cardinali degli Stati sabaudi dalla Restaurazione alla fine del XIX secolo.
Ion Cârja : The Backstage of a Failed Ecclesiastical Project : the Appointment of a Romanian Cardinal in the Second Half of the Nineteenth Century.
Audrey Virot : Cardinaux étrangers dans le Sacré Collège : présence à Rome et en Curie.
Claude Prudhomme : Les cardinaux des nouveaux mondes (anciens pays de mission d’Afrique, d’Asie et du Pacifique).
DES RELAIS AVEC LES ÉTATS ET LES ÉGLISES LOCALES
Frédéric Le Moigne et Christian Sorrel : Les cardinaux résidentiels français et Rome durant la période conciliaire (1959-1969).
Marie Gayte : Quand les cardinaux font de la politique : les relations entre les cardinaux américains et Washington pendant les présidences de Ronald Reagan et George H.W. Bush (1981-1993).
LA PROTECTION CARDINALICE : RELIQUE D’UNE SOCIÉTÉ DE COUR ?
Alejandro Mario Dieguez : « Gubernator, protector et corrector » : il processo di nomina del cardinal protettore.
Magali Della Sudda : Entre protection et promotion d’un nouveau modèle d’engagement séculier : les cardinaux protecteurs de l’action catholique féminine.
Miguel Canino Zanoletty sdb : I cardinali protettori dei salesiani (1879-1970).
LE SACRÉ COLLÈGE ET LE PAPE
François Jankowiak : Les cardinaux sede vacante : Libertas Ecclesiae et législation du conclave.
Laura Pettinaroli : « Venerabiles Fratres » : recherches sur le consistoire et les allocutions consistoriales (XIXe-XXe siècles).
Piero Doria : Il ruolo del Collegio Cardinalizio durante il concilio Vaticano II e l’evoluzione teologica del cardinalato secondo Paolo VI.
II. Deuxième partie : Une élite administrative : les cardinaux dans la Curie romaine
CONSEILLERS « NÉS » : L’INFLUENCE DES CARDINAUX DANS LE PROCESSUS DÉCISIONNEL
Gérard Pelletier : Pie VI et ses cardinaux : un art de consulter ?
Roberto Regoli : I cardinali « di peso » sotto il pontificato di Pio VII.
Andrea Ciampani : Il centro cardinalizio per una strategia vaticana nel governo della Chiesa dopo il 1870.
François Weiser : De l’expertise conciliaire au cardinalat. Parcours individuels et logiques de la fabrique cardinalice dans le moment Vatican II et sa réception (1962-2014).
LES CARDINAUX DANS L’ÉQUILIBRE CURIAL
Vicente Cárcel Ortí : Amicizia tra cardinali curiali : il « caso » Gasparri, Pacelli, Tedeschini.
Giovanni Coco : L’equilibrio delle porpore. Gasparri, Pacelli e le nomine cardinalizie nel pontificato di Pio XI : il caso francese.
Francesco Castelli : Il potere conteso. Papi e cardinali del Sant’Uffizio nel primo Novecento (1903-1939).
Marie Levant : Gasparri, Merry del Val et le gouvernement de Pie XI.
Gilles Routhier : Le cardinal Roy : un cas de déconcentration de la Curie.
LES CARDINAUX, ARTISANS DE LA DIPLOMATIE PONTIFICALE
Olivier Sibre : Diplomates et cardinaux, la diplomatie au service du Saint-Siège dans le recrutement et l’organisation de la Curie : esquisse d’évaluation.
Massimiliano Valente : I « cardinali di curia » e il Kulturkampf di Bismarck.
Jean-Marc Ticchi : De authentico romani pontificis magisterio…: le Saint-Siège selon le cardinal Rampolla.
Paolo Valvo : La Curia romana e il Messico : diplomazia pontificia e « diplomazie parallele » (1914-1931).
Conclusion : Philippe Levillain, Habemus Papam.
Voir également le lien : http://www.publications.efrome.it/opencms/opencms/les_cardinaux_entre_cour_et_curie._une_%C3%A8lite_romaine,_1775-2015_19588dc5-d5da-11e7-96a9-000c291eeace.html

Un état des lieux de l’histoire des religions : le bulletin de l’IRER.

Vient de paraître le dernier Bulletin d’informations de l’Institut de recherche pour l’étude des religions (IRER), réalisé par Martin Dumont. Outre les activités de l’Institut, il recense les soutenances de thèses et d’HDR et présente un bulletin bibliographique portant entre autres sur l’histoire contemporaine du fait religieux (judaïsme, christianisme, islam). Ce numéro 12 peut être téléchargé à l’adresse suivante :

http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/Bulletin-informations-IRER-octobre2016.pdf

Nouveau départ pour le DHGE et appel à contributions.

Le Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastique (DHGE) souhaite prendre un  nouveau départ : partenariat éditorial avec les éditions Brepols ; extension des possibilités pour les contributions ; mise en ligne rapide des notices approuvées par l’équipe éditoriale. Plus de précisions ci-dessous (en français et en anglais) :

Jacques Pycke a présenté récemment dans la Revue d’histoire ecclésiastique. Louvain Journal of Church History un bilan des sept dernières années du DHGE (109/3-4, 2014, p. 874-895), cette source d’informations sans égal pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Église. Le DHGE couvre les cinq continents et embrasse une vaste période chronologique allant de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Ses articles traitent aussi bien des personnes que des lieux et des institutions.
Le DHGE prendra un nouveau départ après la publication du fascicule 185 (Leyen-Licayrac), qui clôt le tome XXXI. Publié depuis 1909 par les Éditions Letouzey et Ané (Paris), il sera désormais édité par les Éditions Brepols (Turnhout), bien connues dans le monde de l’édition scientifique et qui assument depuis plusieurs années déjà l’accès en ligne à l’ensemble des notices imprimées à ce jour.
Si la direction scientifique de l’entreprise reste assurée conjointement par la Katholieke Universiteit Leuven et par l’Université catholique de Louvain, quelques changements majeurs ont été introduits qui devraient réjouir les utilisateurs. Les nouvelles contributions pourront désormais consister : 1) en une mise à jour ou une refonte complète d’une notice antérieurement publiée (lettres A-L) ; 2) en l’ajout d’une nouvelle notice absente des fascicules déjà publiés (lettres A-L) ; 3) en la rédaction d’une notice relative aux lettres encore non couvertes (M-Z). Ces nouvelles contributions seront immédiatement mises en ligne et régulièrement publiées sous forme papier par fascicule alphabétique (chaque fascicule reprendra les nouveautés mises en ligne de A à Z). Ces notices seront rédigées en français ou en anglais, avec un nombre limité de contributions en espagnol, en italien et en allemand. Enfin, rappelons que les contributions acceptées font, comme auparavant, l’objet d’une rémunération de la part des Éditions Brepols.
L’équipe éditoriale a été renforcée et de nouvelles collaborations sont vivement souhaitées. Les auteurs qui souhaiteraient présenter des mises à jour, ou publier de nouvelles notices, tant pour la partie ancienne que pour la partie non couverte, sont invités à adresser leur(s) proposition(s) à la rédaction (dhge-teco@uclouvain.be) et, ultérieurement, à consulter les informations disponibles sur le site de la RHE (www.rhe.eu.com) ou sur celui de Brepols (www.brepolis.net). Ces notices seront mises en ligne immédiatement après approbation et publiées dans l’année.
L. Courtois, F. Keygnaert et E.Louchez
[Texte français ci-dessus]
The new features of the Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques your articles from A to Z published instantly
Jacques Pycke recently wrote an evaluation of the last seven years of the DHGE in the Revue d’histoire ecclésiastique. Louvain Journal of Church History (109, 2014, no. 3-4, p. 874-895). The DHGE is a source of information without parallel for all of us who are interested in Church history. The DHGE covers all five continents and encompasses a vast chronological period, from Antiquity up to our own times.  Its articles deal with historical figures as much as with places and institutions.  
The DHGE is making a fresh start after the publication of fascicle 185 (Leyen-Licayrac), the final part of tome XXXI. For over a century, since 1909, the Dictionnaire was the product of the Parisian publishing company Éditions Letouzey et Ané. Publishing responsibilities will now be taken up by Brepols (Turnhout), well known in the world of scientific publishing, which has been providing us with an online version of the printed dictionary for the past several years. While the academic development of our new project remains in the safe hands of both the Katholieke Universiteit Leuven and l’Université catholique de Louvain, some important changes have been made which we hope our readers will welcome. To offer a new article to our editorial team, authors can now choose from the following options: 1) an updated or revised version of a previously published lemma (letters A-L); 2) a new article which serves to fill important lacunae in past instalments (letters A-L); 3) new entries comprising the letters M-Z, which were lacking up to now. Each new lemma will be made available online without delay; paper fascicles, assembling the latest new entries, will be published within the year (each fascicle in alphabetical order from A to Z). Articles may be written in either English or French. A limited number will also be published in Spanish, Italian and German. We would also like to bring to your attention that accepted articles will be financially rewarded by Brepols Publishers, as has been the case before.
Our strengthened and rejuvenated editorial team is keenly seeking experts from all over the world to contribute to the dictionary’s time-honoured reputation and high standing: if you want to help us bring older articles up to date, or if you simply want to offer new articles, please contact the editorial staff via email at: dhge-teco@uclouvain.be. Look for further details soon to appear on the website of the Revue d’Histoire Ecclésiastique (www.rhe.eu.com) or on that of Brepols (www.brepolis.net). Your contributions will appear online immediately following final approval, and they will be published in printed form within the year.
L. Courtois, F. Keygnaert and E. Louchez

 

Religion et services publics dans l’espace post-soviétique

Le séminaire « Sociologie politique de la Russie contemporaine », proposé par le Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC), accueillera le vendredi 24 juin  2016, de 11h à 13h, 105 bd Raspail  (salle 1 ) Silvia Serrano  (maîtresse de conférences en Sciences Politiques à à l’Université d’Auvergne, chercheure au CERCEC) qui présentera ses recherches en cours sur le thème « Religion et services publics dans l’espace post-soviétique ».
Le séminaire propose une analyse des évolutions sociales et politiques dans la Russie contemporaine, associée à une réflexion critique sur les modèles interprétatifs qui les concernent. Il est organisé autour de la présentation de recherches en cours sur les pratiques politiques au sens large (militantes, partisanes, électorales, administratives, médiatiques ou gouvernementales) et sur les normes et représentations qui les fondent. Grâce à la présence de discutant(e)s non-spécialistes de la Russie, il permet la confrontation des travaux menés sur le terrain russe aux modèles théoriques de sociologie politique et aux enquêtes réalisées dans d’autres contextes. Organisé par une équipe de chercheurs associés au CERCEC travaillant sur la Russie contemporaine et les États voisins, le séminaire est animé conjointement par A. Colin-Lebedev, F. Daucé, M. Désert, G. Favarel-Garrigues, A. Le Huérou, S. Serrano, C. Sigman, A. Zaytseva et constitue un espace de discussion collectif ouvert à tous les étudiants et chercheurs intéressés par cet espace et ces questions. Le séminaire est ouvert ponctuellement à des interventions portant sur les États frontaliers de la Russie et partageant une histoire commune avec elle.

 

Une biographie du cardinal belge Godfried Danneels (1933 – )

DanneelsLe cardinal belge Godfried Danneels, né en 1933 à Kanegem, a incarné au fil des décennies écoulées un des visages les plus en vue de l’Église catholique en Belgique. D’abord professeur au séminaire de Bruges, il est nommé évêque d’Anvers en 1977 puis archevêque de Malines-Bruxelles de 1979 à 2010. Créé cardinal en 1983 par le pape Jean-Paul II, il est moins connu pour son rôle de diplomate ecclésiastique et de dirigeant dans nombre d’associations internationales. Ses biographes Karim Schelkens et Jürgen Mettepenningen ont eu recours à des sources orales et ont obtenu l’accès à ses archives privées.

Karim Schelkens est professeur associé d’histoire de l’Église à l’Université de Tilburg et chargé de cours à la KU Leuven. Depuis 2013, il est secrétaire général de l’Association européenne de théologie catholique. Jürgen Mettepenningen est directeur du service Identité du vicariat de l’enseignement de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles et est également chargé de cours à la KU Leuven.

Karim Schelkens et Jürgen Mettepenningen, Godfried Danneels. Biographie, Anvers, Polis, 2015, 512 p., 25 € (19,99 € sous format numérique), disponible en français et en néerlandais.

Journée d’étude “École publique, religions et laïcité”

Le Centre amiénois de recherche en éducation et formation (CAREF – EA 4697) avec le patronage de l’Institut d’Etude des Faits Religieux (IEFR) et sous la direction scientifique de Bruno Poucet et d’Ismail Ferhat, organise une journée d’étude consacrée à l’étude des relations entre l’école publique et les religions. Cette journée se tiendra sur le campus de l’Université de Picardie – Jules Verne à Amiens le vendredi 4 décembre 2015 (salle E 110 – Campus – UFR SHSP).

Les relations entre l’école publique et la religion se sont ordonnées autour de la question de la laïcité qui a pu rendre possible un vivre ensemble dans une société marquée par le pluralisme religieux et où les non croyances occupent depuis les années 1960 une place de plus en plus grande. Or, la laïcité n’a pas toujours été acceptée facilement par les Églises historiques, notamment l’Église catholique. À l’inverse, l’école publique a parfois peiné à reconnaître à leur juste existence les différentes croyances religieuses.

Cette reconnaissance réciproque a notamment été possible grâce à l’action d’un certain nombre d’acteurs : responsables religieux, syndicaux ou éducatifs. L’un de ces acteurs s’appelle Michel Duclercq, prêtre catholique, né à Amiens en 1906 et mort à Paris en 1988. Il fut un passeur de laïcité en France et en Amérique latine, en faisant exister celle-ci parmi les instituteurs catholiques de l’enseignement public. On retrouve la même perspective chez des acteurs syndicaux ou associatifs qui, tout en n’épousant en aucune manière une foi religieuse, se sont montrés à l’écoute de la dimension spirituelle, ce qui était une manière de faire vivre la laïcité.

La réflexion sera organisée en deux temps autour d’un double questionnement : comment l’école publique, grâce à la laïcité, a peu à peu pris en compte la question religieuse ; comment l’école publique, dans un cadre laïque, fait aujourd’hui face à la question religieuse.

Les archives de Michel Duclercq, classées et inventoriées, sont librement consultables aux archives diocésaines d’Amiens et comprennent de très nombreux documents sur la question de la laïcité en France et en Amérique latine.

Programme

8h45. Accueil

9h. Ouverture : Présidence de l’Université, directrice de l’UFR, directrice de l’ESPE, directeur de l’IEFR.

9h30. Introduction : Bruno Poucet (professeur des Universités, UPJV/CAREF)

  1. “Hier”

Présidence de séance : Michel Casta  (maître de conférences, UPJV/CHSSC)

9h40. Xavier Boniface (professeur des Universités, UPJV/CHSSC) : État des lieux dans les années 1930-1950 : l’Église catholique, l’école et la question laïque.

10h. Bruno Poucet: Michel Duclercq : un itinéraire en laïcité, de la France à l’Amérique latine.

10h20. Débat, pause

10h50. Julien Cahon (maître de conférences, UPJV/CAREF): Le syndicalisme enseignant et la laïcité dans les années 1950.

11h10. Bernard Toulemonde (Inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, recteur honoraire) : La laïcité dans l’éducation nationale : que dit le droit ?

11h30. Débat

12h – Repas pris sur place

2. “Aujourd’hui”

Présidence de séance : Alain Maillard (professeur des Universités, UPJV/CAREF)

13h30. Guy Coq (professeur agrégé de philosophie honoraire, Bibliothèque Michel Duclercq et association Confrontations) : L’Église catholique et la question laïque dans les années 2000.

13h50. Charles Coutel (professeur émérite des Universités, Université d’Artois, directeur de l’IEFR) : Enseignement des faits religieux, morale et laïcité à l’école publique.

14h10 Débat

14h30. Ismaïl Ferhat (maître de conférences, UPJV/CAREF) : De l’école privée au voile : le tournant de la laïcité scolaire ?

14h50. Sarah Croché (maître de conférences, UPJV/CAREF) : Les discours de vérité. Regard décalé à partir de l’Afrique noire.

15h10. Débat, pause

15h30-17h. Table ronde avec des acteurs locaux, régionaux et nationaux : présidence Roselyne Lebourgeois (maître de conférences d’histoire honoraire/CAREF) : Jérôme Damblant (IA-IPR d’histoire-géographie, référent laïcité de l’académie d’Amiens), Alain Bergougnioux (Inspecteur général honoraire d’histoire et géographie), Paul Oudart (professeur d’Université honoraire de géographie, équipe enseignante, ancien responsable académique du SGEN), Jacques Estienne (professeur certifié honoraire d’histoire et géographie, ancien responsable académique et national de la FEN, ancien président des PEP 80).

Conclusion : Michel Casta.

Cette manifestation scientifique qui donnera lieu à publication est organisée par le CAREF avec le soutien de l’Université de Picardie – Jules Verne, de l’UFR de sciences humaines et sociales, de l’ESPE de l’académie d’Amiens et de l’IEFR.

Contacts : bruno.poucet[at]u-picardie.fr et ismail.ferhat[at]u-picardie.fr

Inscription obligatoire auprès du secrétariat (nicole.debureaux[at]u-picardie.fr), gratuite (sauf éventuel repas : 10€).

Religion et spectacle religieux, XVIe-XXIe siècles

La mise en spectacle de la pratique religieuse vise à ébranler les volontés, convaincre et gagner l’adhésion des spectateurs. Or, s’il vise à renforcer la religion pour laquelle il est mobilisé, le « spectacle religieux » ne la dénature-t-il pas tout autant ? C’est à cette question que répond l’ouvrage publié sous la direction d’Alain Joblin, Christophe Leduc et Olivier Rota, intitulé Religion et spectacle religieux du XVIe siècle à nos jours. Ce volume qui rassemble dix contributions se propose de comprendre sur quels mécanismes repose l’entreprise de séduction, et les éléments de contestation qui lui ont été opposés, à la fois en milieu catholique et protestant, aux époques moderne et contemporaine.

Table des matières

Alain Joblin : Introduction au volume.
Christophe Leduc :  Spectacle religieux baroque et critique épiscopale à la fin du XVIIe siècle : l’attitude pondérée de Fénelon.
Philippe Martin : La messe, espace symbolique social. Les messes rouges.
Éric Roulet : Le théâtre d’évangélisation en Nouvelle-Espagne au XVIe siècle. Un théâtre du sensible.
Alain Joblin : Un « povre monde misérablement trompé » : une critique protestante de la religion spectacle.
Paul Chopelin : Le spectacle de la Nouvelle Alliance. Les messes de la fédération et la mise en scène du providentialisme révolutionnaire (1789-1790).
Olivier Rota : La Passionsspiel d’Oberammergau entre légitimation et critique, de 1860 à nos jours.
Lee Hyunjoo : Le théâtre du martyre au séminaire de Yongsan 1920, Corée du Sud.
Suzanne Bray : Des actes de culte à l’art du spectacle : James Welch à la BBC (1939 à 1946).
Mokhtar Ben Barka : Religion, spectacle et mass-média aux États-Unis. L’exemple de l’« Église électronique ».

 

Alain Joblin, Christophe Leduc et Olivier Rota (dir.), Religion et spectacle religieux du XVIe siècle à nos jours, Arras, Artois Presses Université, coll. « Études des Faits Religieux », 2015, 191 p., 18 €.

Fondation et construction du couvent dominicain de Lyon

Image Saint-NomLa collection “Documents et mémoires” de la revue Chrétiens et sociétés XVIe-XXIe siècles vient de publier, sous la direction scientifique de Jean-Marie Gueullette, les actes de la journée d’étude co-organisée par le couvent et la paroisse du Saint-Nom de Jésus et l’équipe Religions, Sociétés Et Acculturation du Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes (LARHRA UMR 5190) pour le 150e anniversaire de la consécration de l’édifice.

En 1856, les fils de saint Dominique s’installent à Lyon, une quinzaine d’années après la restauration de l’ordre en France avec pour objectif de vivre selon la « stricte observance ». En 1863, le cardinal de Bonald consacre la chapelle conventuelle, qui fait l’objet d’un programme iconographique original dans les décennies suivantes. Ce sont ces deux moments que les différents contributeurs de cette publication se proposent d’étudier et de remettre en perspective.

Jean-Marie Gueullette est professeur à la Faculté de théologie de Lyon, directeur du Centre interdisciplinaire d’éthique de l’Université catholique de Lyon et membre  du LARHRA.

Table des matières

Jean-Marie Gueullette, o.p. : Introduction.
Christian SorrelLe catholicisme lyonnais au milieu du XIXe siècle : dynamisme et intransigeance.
Tangi Cavalin, Nathalie Viet-Depaule : Un couvent pour la « Stricte Observance ». Les fondateurs du Saint-Nom de Jésus à Lyon.
Isabelle Parizet : L’atelier de vitraux du couvent du Saint-Nom de Jésus à Lyon. Relecture prosopographique des archives.
Bruno Carra de Vaux, o.p. : L’expulsion des Dominicains (septembre 1870).
Philippe Dufieux : Le Saint-Nom de Jésus de Lyon et les chantiers catholiques contemporains.
Catherine Guillot : Les verrières du Saint-Nom de Jésus, héritières d’une conception collective de l’art établie dans les années 1830-1840 ?
Jean-Marie Gueullette, o.p. : « Par la parole et par l’exemple » : exprimer l’identité dominicaine par l’image et le texte.

Annexes
P. Didon : compte-rendu de l’inauguration de l’église.
La chapelle du Rosaire au couvent de Lyon.
Programme iconographique des vitraux du Saint-Nom de Jésus.

Un passé recomposé. Fondation et construction du couvent dominicain de Lyon 1856-1888, textes réunis par Jean-Marie Gueullette, Chrétiens et Sociétés, collection “Documents et Mémoires” n° 25, 2015, 167 pages (20 illustrations couleurs et noir & blanc + cahier couleur hors texte), 22 €.