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Atelier de recherche et de formation

Les Unités mixtes de recherche CeRMI et IREMAM, avec le soutien du GIS Moyen-Orient et Mondes Musulmans et de l’INaLCO, ont le plaisir de vous inviter à :

Atelier de recherche et de formation

Lire les sources en études aréales
L’apport des données biographiques pour l’histoire sociale et culturelle
du monde turko-iranien (IXe-XVIIIe s.)

Atelier 2: mardi 20 avril 2021: L’épigraphie et l’artisanat du monde iranien

Doctorants et étudiants de Master sont encouragés à participer

Inscription à la visioconférence : http://www.inalco.fr/webform/ateliers-sources-etudes-areales

La tradition historiographique en langue persane est particulièrement riche aux époques médiévale et moderne. L’histoire s’écrit la plupart du temps à la cour, souvent suite à la commande de mécènes dont certains sont issus de la dynastie régnante, et d’autres proviennent de milieux liés au pouvoir. L’historiographie produite dans ce contexte présente une version officielle de l’histoire, mais elle est loin d’être la seule : c’est à une autre historiographie, celle qui est produite dans un contexte non-officiel — en dehors de la cour et du siège du pouvoir, dans les régions périphériques, dans des contextes socio-professionnels et familiaux variés —, que nous entendons nous intéresser ici. Cette narration de l’histoire, souvent en complément et parfois en contradiction avec l’historiographie officielle, est perceptible sur une multitude de supports : textes des chroniques ou des histoires locales, recueils biographiques, documents d’archives, mais aussi inscriptions funéraires ou monumentales. Nous en espérons donner à voir la richesse lors des deux séances de cet atelier.

Responsables : Maria Szuppe (CNRS / CeRMI), Camille Rhoné-Quer (Université Aix-Marseille / IREMAM), Sacha Alsancakli (Université Sorbonne Nouvelle / CeRMI)

  • Sacha Alsancakli (Université Sorbonne nouvelle, Paris / CeRMI): Prospects for training and research in France in the field of Turko-Iranian studies/ Perspectives de formation et de recherche en France dans le champ des études turco-iraniennes
  • Ashirbek K. Muminov ( Research Centre for Islamic History, Art and Culture, IRCICA, Istanbul): Epitaphs of Muslim Scholars from Samarkand (10th to 14th c.)
  • Viola Allegranzi ( Institut für Iranistik, Austrian Academy of Sciences, Vienna): Royal lineage in epigraphic sources from pre-Mongol Iran…
  • Sandra Aube (CNRS, Paris /CeRMI): What Woodworks Divulge About Woodworkers: Some remarks on families of craftsmen … (Iran – Mazandaran , 15th c.)

Contacts: maria.szuppe[at]cnrs.fr  / camille.rhone[at]univ-amu.fr

English below

Research and Training Workshop  

Reading Sources in Area Studies
Contribution of biographical data for the social and cultural history
of Turko-Iranian societies (9th-18th c.)

Panel 2: Tuesday 20 April 2021
Epigraphy and craftsmanship in the Iranian world

PhD candidate students and advanced MA students are invited to apply for participation

To register to get the Zoom link :
http://www.inalco.fr/webform/ateliers-sources-etudes-areales

Historiographical tradition in the Persian language has been particularly abundant in the Mediaeval and Modern periods. Most often, history was recorded at court, often upon the order of patrons, some of whom belonged to the reigning dynasty, and others who came from circles close to power. The historiography produced in this context offers an official version of history, but it is far from being the only version. Here, we are interested in another kind of historiography, that produced in a non-official context, outside the court and away from the seat of power, in the peripheral regions, in various socio-professional and family contexts. This account of history, often a complement, sometimes in contradiction with official historiography, can be seen in a variety of forms: the texts of chronicles or local histories, biographical accounts, archive documents as well as architectural or funerary inscriptions. We hope to provide a glimpse of this wealth during the two workshop sessions.

Convenors : Maria Szuppe (CNRS / CeRMI), Camille Rhoné-Quer (Université Aix-Marseille / IREMAM), Sacha Alsancakli (Université Sorbonne Nouvelle / CeRMI)

    • Sacha Alsancakli (Université Sorbonne nouvelle, Paris / CeRMI): Prospects for training and research in France in the field of Turko-Iranian studies/ Perspectives de formation et de recherche en France dans le champ des études turco-iraniennes
    • Ashirbek K. Muminov ( Research Centre for Islamic History, Art and Culture, IRCICA, Istanbul): Epitaphs of Muslim Scholars from Samarkand (10th to 14th c.)
    • Viola Allegranzi ( Institut für Iranistik, Austrian Academy of Sciences, Vienna): Royal lineage in epigraphic sources from pre-Mongol Iran…
    • Sandra Aube (CNRS, Paris /CeRMI): What Woodworks Divulge About Woodworkers: Some remarks on families of craftsmen … (Iran – Mazandaran , 15th c.)

Full details and program: https://cermi.cnrs.fr/reading-sources-in-area-studies-contribution-of-biographical-data-for-the-social-and-cultural-history-of-turko-iranian-societies-9th-18th-c/

Contacts: maria.szuppe[at]cnrs.fr  / camille.rhone[at]univ-amu.fr

Les rendez-vous de la philologie numérique

Le mardi 20 avril à 17h commencera un cycle de conversations autour de l’étude des textes en graphie non-latine à l’heure du numérique.

Dans le cadre d’une résidence à la BULAC et de son post-doctorat en philologie numérique des textes en alphabet arabe pour le GIS MOMM, Noëmie Lucas animera un cycle de rencontres autour des nouvelles philologies numériques. Deux fois par mois, elle recevra un.e chercheur.e autour des questions de reconnaissance automatique des caractères, d’encodage et de fouilles des textes, de catalogage, ou encore de publication.

La rencontre sera retransmis en ligne sur la chaîne YouTube de la BULAC.

Le programme et toutes les informations pratiques sont disponibles sur cette page

Vous pouvez aussi consulter le carnet de recherche philaranum.

Au mois d’avril, noter les deux rendez-vous suivants:

MARDI 20 AVRIL – 17H-18H30

Big data et sources chinoises. Nouvelles perspectives pour l’histoire de la Chine moderne. Entretien avec Christian Henriot — Pour le direct : ICI

JEUDI 29 AVRIL – 17H-18H30

Le numérique au service des textes éthiopiens. Encodage, transcription et publication. Entretien avec Anaïs Wion — Pour le direct: ICI

3ème Forum du GIS MOMM « Au-delà des frontières. La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs au Maghreb et au Moyen-Orient »

Au-delà des frontières. La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs au Maghreb et au Moyen-Orient
Forum en ligne – 23 mars, 30 mars et 6 avril 2021

Depuis 2016, le GIS Moyen-Orient et mondes musulmans organise, en alternance avec son Congrès, un Forum annuel, visant à engager un débat large sur un aspect particulier lié aux pratiques de la recherche sur le Maghreb, le Moyen-Orient et les mondes musulmans. Après la question de l’enseignement (Enseigner les mondes musulmans, Lyon 2016), et celle des nouvelles formes d’écriture de la recherche, notamment numériques ((D’)écrire les mondes musulmans au XXIe siècle, Aix-en-Provence, 2018), le Forum 2020-21 sera l’occasion de s’intéresser aux dimensions régionales et aréales des recherches menées aujourd’hui concernant le Maghreb, le Moyen-Orient et les mondes musulmans.

À l’heure du tournant global de la recherche en sciences humaines et sociales, quelle peut être la pertinence des recherches menées à une échelle régionale, qui ne se cantonnent pas au seul cadre national, sans pour autant se situer à une échelle mondiale ? Quelles représentations régionales et aréales sont encore à l’œuvre dans les découpages épistémologiques et académiques qui innervent la recherche en France ? Dans quelle mesure sont-elles convergentes ou en décalage avec les dynamiques transnationales de la recherche ailleurs en Europe, dans le monde, et tout particulièrement au Maghreb et au Moyen-Orient ?

Au-delà de ces enjeux scientifiques, le Forum a pour ambition d’ouvrir un espace de travail commun rassemblant les laboratoires de recherche métropolitains membres du GIS, les UMIFRE du Maghreb et du Moyen-Orient, et un certain nombre d’acteurs locaux ou régionaux de la recherche. Accompagné de la publication d’un Cahier du GIS MOMM consacré aux dispositifs de recherche mis en place dans la région par l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ce Forum s’inscrit dans le travail mené par le GIS depuis 2017 sur les conditions de la recherche au Maghreb et au Moyen-Orient en temps de crise et permettra de poursuivre le dialogue sur ces sujets avec les pouvoirs publics.

L’organisation de ce Forum a bénéficié d’un soutien financier de la DGRI du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (plan SHS 2019).

 

Programme

23 mars 2021

9h15 Introduction, Eric Vallet & Elise Massicard (GIS Moyen-Orient et mondes musulmans)

9h30-11h Table-ronde 1 : Les instituts européens au Moyen-Orient : état des lieux et perspectives

Modéré par Olivier Bouin (RFIEA)

Avec la participation de Raul Motika (Orient-Institut Istanbul), Michel Mouton (CNRS/IFPO), Ingela Nilsson (Swedish Research Institut in Istanbul), et Carol Palmer (British Council in the Levant)

11h15-12h45 : Table-ronde 2 : Favoriser le travail en réseau entre les UMIFRE : l’expérience de SOCOSMA (Séminaire d’Observation du Covid-19 dans les sociétés du Monde Arabe) et des Observatoires urbains

Modéré par Sylvie Demurger (CNRS, InSHS)

Avec la participation de Laurent Bonnefoy (CEFAS, SOCOSMA), Géraldine Châtelard (BnF), Jean-François Pérouse (Univ. Toulouse Jean-Jaurès) et Oissila Saaidiya (IRMC)

14h-16h : Table-ronde 3 : La circulation des savoirs entre Europe et Moyen-Orient à l’âge du numérique : traduction et édition, recherche et réseaux sociaux

Introduction par Marielle Morin (CNRS, GIS MOMM)

Modéré par Richard Jacquemond (Aix-Marseille Université)

Avec Bassam Baraké (Union des Traducteurs arabes), Ahmet Insel ( İletişim) et Franck Mermier (IFEA)

16h Conclusions

Stéphanie Salha (MEAE), François-Joseph Ruggiu (InSHS) et Delphine Pagès-El Karoui (MESRI)

30 mars 2021

9h30-12h : Table-ronde 4 : La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs : Égypte, Proche-Orient, péninsule Arabique

Modéré par Eric Vallet (Université de Strasbourg/GIS MOMM)

Avec Frédéric Abecassis (IFAO), Agnès Deboulet (CEDEJ), Kamel Doraï (IFPO), Pauline Koetschet (IFPO), Dominique Pieri (IFPO), et Abbès Zouache (CEFREPA)

 

6 avril 2021

9-10h30 : Table-ronde 5 : La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs : Maghreb

Modéré par Choukri Hmed (Paris-Dauphine)

Avec Adrien Delmas (Centre Jacques Berque), Augustin Jomier (INALCO), Malika Assam (Aix-Marseille Université).

11h-13h : Table-ronde 6 : La recherche française et les nouvelles circulations régionales des savoirs : mondes turc et iranien, Asie Centrale

Modéré par Elise Massicard (CNRS, GIS MOMM)

Avec Juliette Cleuziou (Université Lyon 2), Adrien Fauve (IFEAC), Denis Hermann (CNRS/IFEA), Sepideh Parsapajouh, Julien Thorez (CNRS/MII), Alexandre Toumarkine (INALCO).

L’« islamogauchisme » n’est pas une réalité scientifique (Communiqué du CNRS)

Le GIS MOMM partage le communiqué du CNRS du 17 février 2021.

« L’islamogauchisme », slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. Ce terme aux contours mal définis, fait l’objet de nombreuses prises de positions publiques, tribunes ou pétitions, souvent passionnées. Le CNRS condamne avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique, indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques. Le CNRS condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance.

Concernant les questions sociales, le rôle du CNRS, et plus généralement de la recherche publique, est d’apporter un éclairage scientifique, une expertise collective, s’appuyant sur les résultats de recherches fondamentales, pour permettre à chacun et chacune de se faire une opinion ou de prendre une décision. Cet éclairage doit faire état d’éventuelles controverses scientifiques car elles sont utiles et permettent de progresser, lorsqu’elles sont conduites dans un esprit ouvert et respectueux.

La polémique actuelle autour de l’«islamogauchisme», et l’exploitation politique qui en est faite, est emblématique d’une regrettable instrumentalisation de la science. Elle n’est ni la première ni la dernière, elle concerne bien des secteurs au-delà des sciences humaines et des sciences sociales. Or, il y a des voies pour avancer autrement, au fil de l’approfondissement des recherches, de l’explicitation des méthodologies et de la mise à disposition des résultats de recherche. C’est là aussi la mission du CNRS.

C’est dans cet esprit que le CNRS pourra participer à la production de l’étude souhaitée par la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation visant à apporter un éclairage scientifique sur les champs de recherche concernés. Ce travail s’inscrirait dans la continuité de travaux d’expertise déjà menés sur le modèle du rapport « Recherches sur les radicalisations, les formes de violence qui en résultent et la manière dont les sociétés les préviennent et s’en protègent » réalisé en 2016 par l’alliance Athena, qui regroupe l’ensemble des forces académiques en sciences humaines et sociales dans les universités, les écoles et les organismes de recherche, ou du rapport « Les sciences humaines et sociales face à la première vague de la pandémie de Covid-19 – Enjeux et formes de la recherche », réalisé par le CNRS en 2020.

Source : http://www.cnrs.fr/fr/l-islamogauchisme-nest-pas-une-realite-scientifique

« Islamo-gauchisme » : stopper la confusion et les polémiques stériles (communiqué de la CPU)

Le GIS MOMM partage le communiqué de la Conférence des présidents d’université (CPU) du 16 février 2021.

« Interrogée sur CNews, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation a annoncé qu’elle allait demander « notamment au CNRS » de faire une enquête sur « l’ensemble des courants de recherche » à propos de « l’islamo-gauchisme » à l’université, « de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ».

La CPU fait part de sa stupeur face à une nouvelle polémique stérile sur le sujet de l’« islamo-gauchisme » à l’université. «L’islamo-gauchisme» n’est pas un concept. C’est une pseudo-notion dont on chercherait en vain un commencement de définition scientifique, et qu’il conviendrait de laisser, sinon aux animateurs de Cnews, plus largement, à l’extrême droite qui l’a popularisé. Utiliser leurs mots, c’est faire le lit des traditionnels procureurs prompts à condamner par principe les universitaires et les universités.

Comme l’avait justement rappelé dans une tribune le 26 octobre dernier la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, « l’université n’est ni la matrice de l’extrémisme, ni un lieu où l’on confondrait émancipation et endoctrinement. L’université n’est pas un lieu d’encouragement ou d’expression du fanatisme, » mais « le lieu où s’apprennent le doute comme la modération ainsi que la seule de nos institutions capable d’éclairer l’ensemble de la société, de l’école aux médias, par une connaissance scientifiquement établie, discutée et critiquée collégialement. » Rien ne saurait justifier un changement de discours à ce sujet.

La CPU regrette donc la confusion entre ce qui relève de la liberté académique, la liberté de recherche dont l’évaluation par les pairs est garante, et ce qui relève d’éventuelles fautes ou d’infractions, qui font l’objet si nécessaire d’enquêtes administratives (par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche), ou d’enquêtes pénales. La CPU s’étonne ainsi de l’instrumentalisation du CNRS dont les missions ne sont en aucun cas de produire des évaluations du travail des enseignants-chercheurs, ou encore d’éclaircir ce qui relève « du militantisme ou de l’opinion ». La CPU réclame, au minimum, des clarifications urgentes, tant sur les fondements idéologiques d’une telle enquête, que sur la forme, qui oppose CNRS et universités alors que la recherche est menée conjointement sur nos campus par les chercheurs et les enseignants-chercheurs.

La CPU appelle à élever le débat. Si le gouvernement a besoin d’analyses, de contradictions, de discours scientifiques étayés pour l’aider à sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce, les universités se tiennent à sa disposition. Le débat politique n’est par principe pas un débat scientifique : il ne doit pas pour autant conduire à raconter n’importe quoi »

Source : http://www.cpu.fr/actualite/islamo-gauchisme-stopper-la-confusion-et-les-polemiques-steriles/