Tous les articles par GIS Moyen-Orient et mondes musulmans

ANF Digital areal 2020

Une Action Nationale de Formation (ANF) organisée par les trois GIS études aréales (GIS Asie, études africaines, Moyen-Orient et mondes musulmans) s’est tenue le 9 juin 2020 par visioconférence.

L’objectif de cette ANF était de permettre à la communauté scientifique des études aréales extra-occidentales de monter en compétences numériques, d’une part sur les questions générales ouvertes par la dématérialisation et la science ouverte, et d’autre part sur les problématiques qui sont spécifiques à la graphie non-latine de leurs sources textuelles et à la dispersion de leurs corpus. Une nouvelle ANF sur le même thème, mais avec des interventions diversifiées et des ateliers pratiques, est prévue les 14-17 juin 2021.
L’enjeu est de favoriser la transition numérique des recherches aréales, en fournissant en première approche un ensemble de grands principes, ainsi que l’occasion d’expérimentations pratiques et de retours d’expériences.

Lien vers le Livre blanc Vers la science ouverte ? La transition numérique et la recherche sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans en France, publiée en février 2020

Voici les vidéos des cinq intervenants de la journée
Elena PIERAZZO  (CESR, Université de Tours)
Les Humanités Numériques: une perspective historique et sociale
Peter  VERKINDEREN  (Kitab project – Centre for the Study of Muslim Civilisations, AKU, London)
Kitab : researching the pre-modern Arabic book tradition with digital tools
Julie ERISMANN  (In-Visu, CNRS)
Apports de la cartographie à l’exploitation  d’un  corpus iconographique sur la ville du Caire

Najat ESSAIFI  (conseillère formation, CNRS)
Propositions de formation par l’IFSeM (Service Mutualisé d’Île-de-France
Chahan VIDAL-GORENE  (École nationale des chartes)
HTR et langues peu dotées, exemple de l’arménien

Cinquième séminaire SOCOSMA 5 : 8 septembre 2020

Séance du 08 septembre 2020 (IRMC)
Vivre en Tunisie au temps du Covid-19


Oissila Saaidia
, directrice de l’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) présentera l’ouvrage collectif Vivre au temps du Covid-19.

Deux interventions suivront :

Jamie Furniss, chercheur en anthropologie, MEAE
Les ressources déployées pour comprendre et combattre la crise du Covid-19 ne sont pas exclusivement biomédicales, mais aussi rituelles, spirituelles et culturelles. Celles-ci donnent à voir des manières « locales » d’appréhender et de réagir au péril, qui varient selon les contextes géographico-culturels spécifiques et l’histoire des épidémies précédentes. Jamie Furniss montrera comment le virus déconstruit les limites des séparations supposées étanches entre religion, politique et science, puis examinera des phénomènes par lesquels des liens sont établis entre le savoir médical concernant la propagation et l’impact du virus, d’une part, et des pratiques ou statuts socialement blâmables, d’autre part, donnent lieu à une «moralisation» du virus, montrant que maladie et biomédecine interagissent avec des données culturelles et sociales, s’infléchissant, s’appropriant et se déstabilisant mutuellement.

Marouen Taleb, chercheur post-doctoral, Projet Progrès Migration- GLM (IRMC/AFD)
La situation de crise en rapport avec la pandémie du covid-19 a mis en lumière en Tunisie les chevauchements de compétences entre les institutions élues et celles chargées de représenter l’État. Si en général, l’action publique locale a été marquée par une gestion rigoureuse et solidaire des risques liés à la pandémie, dans certaines régions, en revanche, la gestion de la composante « alimentaire » de la crise a soulevé d’autres problématiques héritées du passé autoritaire qui sont revenues hanter les rapports entre gouvernants et gouvernés. Elles mettent ainsi en lumière la nécessité pour l’État central d’établir de nouvelles relations en termes de gouvernance avec les instances élues locales et la société civile au lieu de se réfugier dans les circuits classiques de l’administration territoriale.

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris  (13h Rabat et Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth et Koweit, 16h Abu Dhabi et Mascate)
L’inscription est obligatoire. Pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, veuillez écrire en précisant votre affiliation institutionnelle ou universitaire et votre domaine de recherche à socosma[at]pm.me

Palmarès du Prix de thèse 2020

Le jury du Prix de thèse sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans 2020 du Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Moyen-Orient et mondes musulmans et de l’Institut d’étude de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) s’est réuni le 10 juin 2020.

Il a désigné les lauréats sur la base de rapports établis sur chaque candidature par les experts qu’il avait mandatés.


Huit prix et six mentions spéciales
ont été décernés, sur un total de 122 candidatures.


Le prix Mohammed Arkoun de la thèse d’islamologie
, soutenu par le Bureau Central des Cultes (Direction des Libertés publiques et des Affaires juridiques) du ministère de l’Intérieur, a été attribué à Madame Yakota Gobran, pour sa thèse en histoire, sociétés et civilisations intitulée « L‘autorité aš‘arite au Ve/Xie siècle. Attributs divins et statut du Coran au cœur des débats contre les mu‘tazilites et les ḥanbalites dits anthropomorphistes », sous la direction de Jean-Jacques Thibon, soutenue à l’INALCO le 2 décembre 2019.


Le prix de la thèse francophone soutenu par la Direction régionale de l’AUF au Moyen-Orient
, a été attribué à Madame Némésis Srour, pour sa thèse en anthropologie sociale et ethnologie intitulée « Bollywood Film Traffic. Circulations des films hindis au Moyen-Orient (1954-2014) », sous la direction de Catherine Servan-Schreiber, soutenue à l’EHESS le 17 décembre 2018.


Les prix du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans ont été attribués à :

  • Le premier prix à Monsieur Maxime Durocher pour sa thèse en archéologie intitulée « Zāwiya et soufis dans le Pont intérieur des Mongols aux Ottomans. Contribution à l’étude des processus d’islamisation en Anatolie médiévale (XIIIe-XVe siècles) », sous la direction de Jean-Pierre Van Staëvel soutenue à la Sorbonne Université le 22 septembre 2018.
  • Le deuxième prix à Madame Farah Hany George Ramzy pour sa thèse en science politique intitulée « Renegotiating Politics on campus. Students in post-2011 Egypt »,  sous la direction de Mounia Bennani-Chraïbi et de Sophie Duchesne soutenue à l’Université de Lausanne en cotutelle avec l’Université Paris Nanterre le 16 octobre 2019.
  • Le troisième prix à Monsieur Antoine Perrier pour sa thèse en histoire intitulée « La liberté des protégés. Souverains, ministres et serviteurs des monarchies marocaine et tunisienne sous protectorat français (1881-1956) », sous la direction de Paul-André Rosental et M’hamed Oualdi soutenue à l’IEP de Paris le 3 juin 2019.

Les prix de L’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) ont été attribués à :

  • Le premier prix à Madame Duygu Tasalp pour sa thèse en histoire, sociétés et civilisations intitulée « Mémoires d’Unionistes et régimes mémoriels en Turquie au 20ème siècle », sous la direction de Taline Ter Minassian et Hamit Bozarslan, soutenue à l’INALCO le 6 novembre 2018.
  • Le deuxième prix à Monsieur Rémi Desmoulière pour sa thèse en géographie humaine et économique intitulée « Géographie d’un milieu : propriétaires, chauffeurs et organisations de minibus à Jakarta », sous la direction de Manuelle Franck et Jérôme Tadié, soutenue à l’INALCO le 13 décembre 2019.
  • Le troisième prix à Madame Delphine  Acloque pour sa thèse en géographie humaine, économique et régionale intitulée « Conquérir le désert: Recomposition des acteurs et des territoires agricoles en Egypte », sous la direction de François Molle, soutenue à l’Université Paris Nanterre le 12 décembre 2019.

Les mentions spéciales du jury ont été attribuées à :

  • Monsieur Vladimir Dabrowski, pour sa thèse en archéobotanique et archéoentomologie intitulée « Systèmes d’approvisionnement et gestion des ressources végétales en Arabie orientale aux périodes antique et islamique (IVème s. av. J.-C. – XVIème s. ap. J.-C.) : Approches archéobotanique et archéoentomologique », sous la direction de Margareta Tengberg et de Jean-Pierre Van Staëvel, soutenue au Muséum National d’Histoire Naturelle le 4 février 2019.
  • Monsieur Clément Deshayes, pour sa thèse en anthropologie intitulée « Lutter en ville au Soudan. Une ethnographie politique de deux mouvements de contestation : Girifna et Sudan Change Now », sous la direction de Barbara Casciarri, soutenue à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, le 29 novembre 2019.
  • Monsieur Simon Dubois, pour sa thèse en Monde arabe, musulman et sémitique, intitulée « De la marge au centre, de Syrie en exil : itinéraires d’un jeune théâtre syrien », sous la direction de Richard Jacquemond , soutenue à Aix-Marseille Université, le 4 novembre 2019.
  • Monsieur Sébastien Garnier, pour sa thèse en sciences sociales intitulée « Les Adilla d’Ibn al-Šammāʿ. Traductions (vol. 1) et analyse (vol. 2) », sous la direction de Pascal Buresi, soutenue à l’EHESS le 16 novembre 2019.
  • Monsieur Aurélien Montel, pour sa thèse en histoire médiévale intitulée « al-Andalus et le Maghreb à l’époque des Omeyyades de Cordoue. Réseaux d’échanges et ambitions impériales (IIIe/IXe-IVe/Xe siècle) », sous la direction de Dominique Valérian, soutenue à l’Université Lumière Lyon 2, le 6 juillet 2019.
  • Madame Marion Slitine, pour sa thèse en anthropologie intitulée « La Palestine en créations. La fabrique de l’art contemporain, des territoires occupés aux scènes mondialisées »,  sous la direction de Franck Mermier, soutenue à l’EHESS, le 1er octobre 2018.

Le jury, présidé par Choukri Hmed, Maître de conférences HDR à l’Université Paris-Dauphine, était constitué de volontaires du comité de pilotage de l’IISMM et du Conseil Scientifique du GIS Moyen-Orient et Mondes Musulmans :

  • Mohamed Hocine Benkheira, directeur d’études (EPHE), membre du GSRL
  • Assia Boutaleb, professeure des Universités (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
  • Anne-Laure Dupont, maître de conférences (Université Paris-Sorbonne)
  • Vincent Geisser, chargé de recherche (CNRS) membre de l’IREMAM
  • Elise Massicard, directrice de recherche, CNRS, directrice adjointe du GIS MOMM
  • Catherine Mayeur-Jaouen, professeure des Universités (Université Paris-Sorbonne)
  • Alix Philippon, maître de conférences (Sciences Po Aix), Membre de Cherpa
  • Jean Schmitz, directeur de recherche (IRD), membre de l’IMAF
  • Julien Thorez, chargé de recherche (CNRS), membre de Mondes iraniens et indiens
  • Éric Vallet, maître de conférences (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), directeur du GIS MOMM
  • Elise Voguet, chargée de recherche CNRS, Institut de recherche et d’histoire des textes, UPR 841

Quatrième séminaire SOCOSMA 4 : 7 juillet 2020

Séance du 07 juillet 2020 (CEDEJ)
L’Egypte sous coronavirus: une épidémie en décalé
Collectif COCOMASR¹

La société politique égyptienne fait face à une épidémie qui, bien que constituée comme crise sanitaire globale depuis mars, a d’abord eu localement une visibilité limitée avant de se développer de façon exponentielle. Selon les chiffres officiels, le nombre journalier de nouveaux cas confirmés est subitement passé, entre le 18 et le 28 mai, d’environ 500 à plus de 1100, pour atteindre près de 1700 au 15 juin. Même si l’Egypte n’est en rien une exception (l’Inde, le Mexique, le Pérou ou encore l’Afrique du Sud connaissent une trajectoire similaire), ce pic est « tardif » par rapport à la temporalité mondiale, largement centrée sur l’Europe et la Chine.
Dans quelle mesure ce décalage temporel s’est-il traduit par des modalités spécifiques de construction de l’épidémie comme problème public en Egypte ? En quoi ceci a-t-il également façonné les modes de perception de la crise et de réception des politiques de gestion par les citoyens égyptiens ? Comment ce décalage temporel se combine-t-il à des décalages spatiaux, dans un contexte où les différences territoriales ne font pas doute mais demeurent invisibilisées ? Enfin, est-ce que ce pic à retardement s’accompagne de l’accélération de conflits politiques et sociaux ?
Pour ce séminaire, nous aborderons quatre points (13 mn chacun, suivi de 15 mn de débat après l’ensemble des interventions) :
1. Prise en charge et mise en visibilité politiques de la pandémie: premières observations (Sarah Daoud, Marine Poirier et Astrid Bourlond)
2. Freiner l’épidémie en Egypte: la gestion du COVID19 en milieu urbain dense (Florian Bonnefoi, Laura Monfleur, Agnès Deboulet, Inès Mir-Moreaux)
3. Coexister avec le COVID19 ? Pratiques sociales et spatiales dans le centre-ville du Caire (Observatoire localisé, Laura Monfleur et Sixtine Deroure)
4. « Coincés à l’étranger »: étude de cas sur les Egyptien.nes en France pendant la crise COVID-19 (Observatoire localisé, Sarah Boisson et Mayada Madbouli)

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris (13h Rabat et Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth et Koweit, 16h Abu Dhabi et Mascate).
L’inscription est obligatoire. Pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, veuillez écrire en précisant votre affiliation institutionnelle ou universitaire et votre domaine de recherche à socosma[at]pm.me

1. Co (collectif) Co (Covid) Masr=Egypte en arabe égyptien. Avec Sarah Boisson, Florian Bonnefoi, Naïma Bouras, Astrid Bourlond, Sarah Daoud, Agnès Deboulet, Sarah Defrawy, Adrien de Jarmy, Alban Delpouy, Sixtine Deroure, Mayada Madbouli, Inès Mir-Moreaux, Laura Monfleur, Marine Poirier, Marie Vannetzel. En gras, la personne qui présentera lors de ce séminaire.

Troisième séminaire SOCOSMA 3 : 16 juin 2020

Séance du 16 juin 2020 (IFPO)
Confinement en situation d’effondrement économique et social :
une révolution suspendue au Liban ?
Joseph Bahout

La pandémie du Covid-19 est venue retrouver et amplifier une situation libanaise déjà au bord de l’effondrement ; huit mois après le déclenchement du soulèvement du 17 octobre, le pays se trouve aujourd’hui dans une triple crise — sanitaire, économico-financière et socio-politique. S’ajoute à tout ceci une situation régionale hautement volatile et appelée à le devenir plus encore dans les mois restants avant les élections américaines. Au niveau politique, l’ensemble des forces est dans l’impasse — un gouvernement paralysé et famélique, une opposition politique démonétisée et sans projet, et une révolution incapable de trouver un socle discursif commun ou tout semblant de direction. Les scénarios qui se profilent donc sont pour le moins noirs, et c’est autour de ceux-ci que l’analyse portera.
Joseph Bahout est chercheur non-résident au Carnegie Endowment (Middle-East Program), enseignant à Sciences-Po Paris, consultant permanent auprès du CAPS-MAEE. Docteur en Sciences Politiques, licencié en économie, il a longtemps enseigné au Liban (USJ), et y a été chercheur (CERMOC-IFPO). Il est anciennement chargé de mission à l’Académie diplomatique Internationale.

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris (13h Rabat et Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth et Koweit, 16h Abu Dhabi et Mascate)
L’inscription est obligatoire pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, auprès de socosma[at]pm.me

Appel à proposition – Séminaires doctoraux en islamologie

Appel à proposition
Séminaires doctoraux en islamologie

Dans le cadre de son programme d’appui à la formation et la recherche publique française en islamologie, soutenu par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Plan SHS / DGRI), le GIS Moyen Orient et Mondes Musulmans apporte un soutien financier pour l’organisation de deux séminaires de formation doctorale intensive d’une semaine en 2020-2021. Tous les aspects de l’islamologie peuvent être concernés : histoire des doctrines et des pratiques religieuses, droit musulman, pensée islamique contemporaine, selon une approche reposant sur les principes de l’analyse critique et du dialogue avec les différentes sciences humaines et sociales (notamment histoire, philosophie, sociologie, anthropologie). Le choix de thématiques ou de domaines en lien avec l’actualité de la recherche internationale sera particulièrement encouragé, ainsi que de formations tournées vers le renforcement des compétences philologiques (lecture, analyse, édition et/ou traduction de documents ou ouvrages, imprimés ou manuscrits). Ces séminaires sont destinés à la formation d’étudiants de niveau avancé (master 2/doctorants), inscrits dans une université française ou étrangère.

Les projets devront être portés par un ou plusieurs responsables scientifiques affiliés à l’une des structures membres du GIS (les autres intervenants ou formateurs peuvent être extérieurs aux structures du GIS). Les formations devront être organisées si possible sur le Campus Condorcet et se tenir avant mars 2021. Il conviendra de préciser les modalités envisagées en cas d’impossibilité à organiser le séminaire en présentiel.

Le dossier de candidature devra être composé d’un argumentaire présentant le thème, les axes et les dates proposées pour le séminaire (2 pages maximum), d’un budget prévisionnel indiquant des éventuels co-financements, le nom du ou des porteurs du projet et son/leur laboratoire de rattachement, le nombre estimé de participants et la liste des encadrants pressenti, français ou étrangers. Sont éligibles les dépenses : frais de déplacement et d’hébergement, repas, frais d’impression, dans la limite de 10.000 euros par séminaire de formation.
Les propositions seront évaluées sur la base d’expertises externes sollicitées par le GIS et sélectionnées par le conseil scientifique du GIS de septembre 2020.

Date limite d’envoi des candidatures : 15 juillet 2020.
Adresse d’envoi : francesco.chiabotti[at]inalco.fr

Veille de l’IREMAM : Covid-19 et mondes arabes et musulmans

Suite à la pandémie, de nombreux articles et autres initiatives en lien avec le Covid-19 et les sociétés des mondes arabes et musulmans ont été publiés Depuis fin mars, l’IREMAM a entrepris une veille documentaire, non exhaustive. Celle-ci comprend une sélection d’articles, de podcasts, de vidéos, de séminaires en ligne, d’appels et d’autres initiatives.
Pour plus d’informations

Podcast : Histoire des épidémies au Proche et au Moyen Orient

Épisode 2. Avec Anne-Marie Moulin
Contagion

 

Comment les sociétés proche et moyen-orientales réagirent-elles face aux épisodes épidémiques qui touchèrent durement la région à travers l’histoire ? Dans quelle mesure les épidémies modifièrent-elles l’évolution du Moyen-Orient ?  Des historiens, des linguistes et des philosophes répondent à nos questions.

Anne-Marie Moulin, directrice de recherche émérite au CNRS et médecin, revient avec nous sur les grandes épidémies qui ravagèrent le Proche-Orient, surtout la Peste noire au XIVe siècle. Elle nous explique comment les savants, notamment les médecins et les théologiens, furent aux prises, chacun à leur manière, avec la question de la contagion. Comment la maladie se transmet-elle d’un individu malade à un individu sain ? Se transmet-elle, d’ailleurs, ou n’est-elle que la marque de la colère divine ? Comment briser la chaîne de la transmission ? Voici quelques questions qui sont abordées dans cet épisode.

Bibliographie

A.-M. Moulin, « Épidémies et contagion dans le monde arabe médiéval », dans La médecine au temps des califes. À l’ombre d’Avicenne, Paris, 1996, p. 247-260.

Ibn Ḫātima (1342-1369), La grande peste en Espagne musulmane au XIVe siècle, éd. et trad. S Gigandet, Beyrouth, IFPO, 2010 (https://www.ifporient.org/978-2-35159-166-6/).

Sur Ibn Al-Ḫatīb, voir François Clément, « À propos de la Muqni‘at al-sā’il d’Ibn al-Ḫaṭīb sur la peste à Grenade en 1348-1349 », dans Épidémies et épizooties. Des représentations anciennes aux approches actuelles, éd. F. Clément, Rennes, 2017, p. 43-56. Lire aussi : https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/21/francois-clement-a-voir-la-legerete-de-certains-on-douterait-des-progres-accomplis-depuis-la-peste-noire_6033920_3232.html

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Épisode 1. Avec Abbès Zouache
La mort qui rôde. Épidémies et guerres.

 

Comment les sociétés proche et moyen-orientales réagirent-elles face aux épisodes épidémiques qui touchèrent durement la région à travers l’histoire ? Dans quelle mesure les épidémies modifièrent-elles l’évolution du Moyen-Orient ?  Des historiens, des linguistes et des philosophes répondent à nos questions.

Abbès Zouache, historien au CNRS et directeur du Centre français d’archéologie et de sciences sociales (CEFAS), revient avec nous sur le lien intrinsèque entre épidémie et guerre. Il nous emmène au Proche Orient (Égypte et Bilad al-Sham) au XIIe siècle, un siècle qui s’ouvre et se clôt par des épidémies, et traversé par des combats successifs. Propagation de la maladie dans les armées, tentation du châtiment divin et réponse sanitaire sont quelques-uns des thèmes abordés dans cet épisode.

Bibliographie

Zouache, Abbès « La mort qui rôde. Épidémies, sociétés et guerre au Proche-Orient (XIIe siècle) », in Épidémies, épizooties. Des représentations anciennes aux approches actuelles, éd. F. Clément, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, p. 93-120.

Carayon, A., « Représenter son identité, imposer son pouvoir. Les jeux guerriers des Mamelouks et  la symbolique guerrière de  la furûsiyya », dans Guerre et paix dans le Proche-Orient médiéval (Xe-XVe siècle), éd. M. Eychenne, S. Pradines et A. Zouache, Le Caire, Ifao-Ifpo, 2019.

Mitchell, P.D, Intestinal parasites in the crusades: evidence for disease, diet, and migration. In: Boas, A. (éd) The Crusader World, Routledge, 2015 p. 593-606.

Lien de l’IFPO : https://www.ifporient.org/podcast-histoire-des-epidemies-au-proche-et-au-moyen-orient/

Second séminaire SOCOSMA 2 juin 2020

Séance du 2 juin 2020
Politique des chiffres au Maroc en temps de pandémie
David Goeury / Youssef Oulhote

La crise du Covid-19 a été marquée très rapidement par la question de l’accès aux données épidémiologiques et de la collecte de ces données.
De nombreux gouvernements ont été accusés de masquer la réalité de l’épidémie. D’autres ont institué des points de presse régulier pour jouer la carte de la transparence de l’information comme le Maroc ou la Tunisie alors que le graphique publié dans The Lancet sur vague épidémique et capacité du système de santé se popularisait et était abondamment mobilisé pour justifier les politiques publiques de confinement. Les données statistiques apparaissent fondamentales pour comprendre l’épidémie mais aussi pour garantir un déconfinement efficient.
Ici, nous souhaiterions interroger à partir du cas du Maroc, la question de l’accès et de l’interprétation de ces données.
Dans un premier temps, il s’agira de réfléchir sur les données de santé communiquées par le gouvernement et la part d’incertitude qu’elles contiennent du fait même de la nature de la pandémie. Dans un second temps, nous souhaitons aussi dépasser la question purement médicale pour interroger aussi la vulnérabilité à travers d’autres critères notamment sociaux et ainsi réfléchir aux choix opérés alors que désormais l’épidémie affecte des catégories de population de plus en plus modestes du fait de la démultiplication de clusters industriels ou militaires.
Youssef Oulhote est titulaire d’un doctorat en épidémiologie et santé publique de l’EHESP. Il est enseignant chercheur d’épidémiologie et biostatistique à l’Université Publique du Massachusetts et ingénieur de recherche à l’école de santé publique de l’Université de Harvard. Il est membre du comité scientifique de Tafra.
David Goeury est docteur en géographie de Sorbonne Université. Il est membre du laboratoire Médiations de Sorbonne Université et chercheur associé au Centre Jacques Berque de Rabat. Il est l’auteur avec Philippe Sierra d’une Introduction à l’analyse des territoires. Il est membre du comité scientifique de Tafra.

Le séminaire se tiendra en visioconférence via zoom entre 14h et 15h heure de Paris (12h Rabat, 13h Tunis, 14h Le Caire, 15h Beyrouth, 15h Koweit, 16h Mascate)
L’inscription est obligatoire pour recevoir le lien et mot de passe de la réunion, auprès de socosma[at]pm.me