Élections locales, décentralisation et gouvernance en Afrique du Nord : quels changements après « les révoltes arabes » ?

Nous souhaitons interroger les élections locales comme une composante du processus de décentralisation en Afrique du Nord. En effet, l’ensemble des États du Maghreb affiche dans leurs constitutions une volonté de transférer des compétences spécifiques cohérentes par rapport aux échelles de décision, et d’alléger le principe de tutelle de l’État central par la création d’une logique de partenariat mais aussi par l’organisation d’élections concurrentielles au suffrage universel d’assemblées représentatives afin de doter ce processus d’une relative légitimité. Cependant, les mises en œuvre institutionnelles de ces collectivités territoriales sont très différentes. Dans certains pays (Algérie et Égypte), les collectivités locales restent encore dépendantes du gouvernement central et l’administration. Au Maroc, la loi de 2015 a permis une plus forte autonomie politique des élus mais l’écrasante majorité des collectivités territoriales restent dépendantes financièrement de l’État central. En Tunisie, les élections de 2018 ont été organisées avant la publication des décrets d’application du nouveau code des collectivités territoriales.